‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservation (volume 2)Chapitre 24 sur 28 · GIRARD. II · texte numérisé non relu

GIRARD. II

610 LEMDOPTÈRES.

Le genre Hadena, Och., est nombreux en espèces appartenant à toutes les parties du monde, mais préférant les contrées tempérées ou froides. Les antennes sont pubescentes, rarement subpectinées dans les mâles, le thorax est carré, convexe, velu, avec le collier court, un peu relevé et suivi d'une crête bifide, l'abdomen souvent crête, terminé carrément dans les mâles, robuste et terminé en pointe obtuse dans les femelles; les ailes supérieures sont épaisses et subdentées, à taches bien distinctes, offrant souvent sous la réniforme une tache bidentée plus claire que le fond, la ligne subterminale anguleuse, formant dans son milieu la lettre g couchée bien visible; chenilles rases, cylindroïdes, à tête globuleuse^ de couleurs assez vives, vivant sur les arbres et les plantes basses; chrysalides enterrées.

Une espèce nuisible de ce genre est //. Oleracea, Linn., la Potofière, Engr., the Brif/ht-lme Broivn-eye, de Zlx à 38 millimètres d'envergure, les deux sexes pareils, les ailes supérieures d'un brun ferrugineux assez uniforme, avec les lignes médianes perdues dans la couleur du fond, la subterminale blanche et bien distincte, formant en son milieu un s dont les angles n'atteignent pas la frange, la tache réniforme couleur de rouille, l'orbiculaire pupillée, bordée de blanc, les ailes inférieures d'un gris jaunâtre clair, avec un point cellulaire et le bord externe noirâtre; papillon commun partout, dans les prés et surtout dans les jardins, de mai à novembre, ayant deux générations par an; chenille verte ou parfois d'un rouge obscur, avec lastigmatale blanche ou jaune, se trouvant principalement en juin, puis en septembre, sur une foule de plantes basses des prairies et des potagers, surtout sur les dahlias, mangeant aussi les feuilles de framboisier et de groseillier; elle est très polyphage; ainsi je l'ai trouvée fréquemment en septembre dévorant les feuilles des Tamarix de nos côtes normandes. Une espèce nuisible aux épinards, aux œillets d'Inde, aux reines-marguerites, aux géraniums, etc., est H. chenopftdii, cat. de V., la Triste, Engr., the Nutmeg, de 32 à 35 millimètres, offrant, dans les deux sexes, les ailes supérieures d'un gris cendré, avec des nuances mélangées de Toussâtre, des taches costales moires et toutes les lignes d'un gris clair, bordées de noirâtre, la subterminale dentée, bien marquée en s dans son milieu; ailes inférieures d'un gris pâle, avec le bord externe largement noirâtre. Le papillon se trouve dans les jardins potagers, les prés, les champs, les bruyères, dans toute la France, en mai, puis en juillet, août, septembre, plus ou moins commun selon les localités. La chenille est verte, avec la ligne vasculaire blanche teintée de rouge, et vit de juillet en octobre sur beaucoup de plantes basses. Moins commune et par suite peu nuisible est une belle Noctuelle nommée //. airipUciSy Linn., VArrochiere, Engr., non indiquée dans les catalogues anglais, ûg Zi2 millimètres d'envergure, les deux sexes pareils, les ailes supérieures d'un brun chatoyant en violet, avec la base, l'espace subtcrminal et les deux taches ordinaires d'un vert brillant, les ligraes médianes d'un gris

NOCTUÊLTETXS, 611

viol-itrc, Ixu'dées de lunules noires des deux cùlés, k subterminale blaiiclii!, très dislim-te, largement ondulée ; le caraclère saillant de cette espèce est la tache foidentée, partant de la tache orbkulaire, et qui est grande, blanehe ou rosée ; ailes iîifériexiTes noirâtres, à frange jaur.ritre; papillon en juin et juillet, puis en septembre, dans les jardins, les fermes, près des habitations; soiiveTit appliqué le lonii des murs de clôture ou au pied des arbres; chenille épaisse, rougeùtre, à lignes perlées, en août, septembre et octobre sur les plantes basses, au bord des mares et des ruisseaux, près des fermes et dans les basses-cours, dans les jardins, sur l'oseille, les chénopodes, les anaaranthes, la persicaire (Polygonum pnsicaria), l'arroche des jardins {Atriplex hoi-tensis), etc., parfois assez commune. Cette chenille est nocturne et se cache pendant le jour sous les plantes dont elle se nourrit.

Les Xylinides présentent d'îs papillons à antennes presque toujours simples, avec une longue spiritrompe et des palpes bien développés, le tiorax robuste et très carré, les ailes supérieures longues et étroites, à dessins longitudinaux, les lignes transverses ordinaires peu nettes et confuses, les ailes très repliées au repos le long du corps, de façon à donner à l'insecte une forme allongée; chenilles à seize pattes égales, cylindroïdes, allongées, rases, parées de vives couleurs, se tenant à découTertsur les feuilles ou les tlenrs des plantes basses et des arbres. Le genre Xylina, Ochs., a des papillons dont le thorax est muni d'une crête bifide, l'abdomen plat et garni de poils sur les côtés, les ailes oblongues, mais arrondies au bout, croisées et presque parallèles au plan de position dans le repos, les pattes épaisses, le front muni d'un toupet bifide; chenilles courtes et molles, ayant toutes les lignes distinctes, vertes au moins dans le jenne âge, vivant sur les grands arbres; chrysalides enterrées. L'espèce la plus importante est X. Ornithopus, Hufnagel, syn. : Rhi-ulitha, cat de V., la Nébulmse, Engr., the (Jray Shonldcr-Knot^ deZiO millimètres d'enyergure, les ailes supérieures d'un gris blanchâtre, la réniforme roussàtre, l'orbiculaire peu visible, la ciavil'ornie petite, un trait basilaire noir, trifurqué, la frange grise, festonnée, précédée d'une série de points noii's, les ailes inférieures d'un gris noirâtre; papillon dans les bois de septembre à novembre, reparaissant de mars à a\Til de l'année suivante, après hibernation, se prend aisément en batilant les arbres, ou sur les troncs des grands arbres, sartont des ormes; chenille à la fin de mai, sur le chêne, l'orme, etc., commune partout, ainsi que l'adulte, d'un vert pomme très claiT, «emée de quelques poils, l^ns le genre Calooampa, Stephen*, la spiritrompe est robuste, le thorax velu et pen convexe, à coiiier sinué et caréné, l'abdomen très déprimé, lisse, velu latéralement, semblable dans les deux sexes, les ailes supérieures dentées, ('paisses, très oblongues, à bords subparallèles, à dessins rayonnes el à taches distinctes; bien que les ailes soient assez larges, surtout les inférieures, elles sont au repos tellement plissées et repliées les unes sur les autres.

que le papillon a une forme très allongée, et ressemble beaucoup moins à un Lépidoptère qu'à une feuille sèche roulée ou à un fragment de bois mort; leur couleur brune et les stries nombreuses des ailes ajoutent tellement à l'illusion qu'il faut les toucher pour s'assurer que ce sont bien des êtres vivants; c'est une puissante protection par imitation défensive; les papillons ne volent que la nuit. Ce genre est un des plus beaux des Noctuéliens, surtout par la taille et les couleurs vives et bigarrées des chenilles, très longues, cylindroïdes, à tête petite et globuleuse; elles vivent de plantes basses et s'enterrent profondément pour se chrysalider. Nous devons citer C. Exoleta, Linn., l'Antique, Engr., the Strord Grass, de 58 à 62 millimètres, les deux sexes pareils, les ailes supérieures d'un jaune ocreux pâle teinté de verdâtre vers le bord interne, avec la côte et de nombreuses lignes longitudinales d'un brun rougeâtre, les ailes inférieures grises, jaunâtres au bord abdominal, la tète d'un jaune fauve, ainsi que la partie antérieure du thorax, qui est en outre bordé de deux lignes rousses; dessus du thorax gris brunàlre, dessus de l'abdomen teinté de noir; partout, sans être jamais très commun, en septembre et octobre, et certains individus en murs et avril de l'année suivante, provenant de chrysalides retardées qui ont passé l'hiver. La chenille est très belle, tantôt dun vert pomme, tantôt d'un beau vert glauque, avec la stigmatale rouge, ainsi que des taches dorsales bipupillées, et une raie jaune de chaque côté du dos; elle vit en juin, juillet et août sur un grand nombre de plantes basses, l'œillet des jardins, la scabieusedes champs, le cucubale,les pavots, les genêts, le Silène otites, l'arrète-bœuf {Ononis arvensis), et surtout sur les trèfles et les luzernes; en outre, dans les potagers et les jardins, elle dévore les laitues, les pavots et scabieuses cultivés, etc., parfois nuisible en raison de sa grande taille. Une seconde espèce très voisine est C. Vetusta, Hubner, dont le papillon, à ailes supérieures ocreuses, veinées de brun rougeâtre clair, présente la moitié du bord interne et les deux tiers du bord terminal d'un brun rouge, ce qui explique le nom des auteurs anglais, the Red Sivord Grass: l'espèce, de toute la France, jamais très commune, se retrouve au Canada sans aucune modification; chenille d'un vert foncé, à stigmatale jaune, vivant en mai et en juin dans les prés marécageux, se nourrissant de Graminées et surtout de Carex, ce qui fait que l'espèce n'est jamais nuisible ; on se procure cette chenille en fauchant dans les prairies basses; mêmes mœurs et époques d'éclosion du papillon que pour l'espèce précédente.

Les Héliothides sont des papillons de taille petite ou moyenne, qui volent presque aussi bien pendant le jour que le soir, et qu'on reconnaît aisément à leurs ailes, qui sont en dessous tachées de noir sur fond clair. Les antennes, non peclinées, sont presque complètement filiformes dans les deux sexes, le thorax robuste, l'abdomen lisse, subconique, et les jambes munies soit il'épines, soit d'onglets. Los ailes supérieures ne sont jamais oblongues, ni rayonnées dans le sens de la

NOGTUÉLIENS. 61 J

longueur, avec les lignes et les taches ordinaires visibles. I.es chenilles sont cylindroïdes, moniliformes, luisantes, non atténuées, à seize pattes égales, vivant à découvert au sommet des tiges des plantes basses, mangeant les fleurs et les jeunes feuilles; chrysalides très aiguës et sans gaine ventrale de la spiritrompe, souvent enterrées superficiellement dans des coques peu solides. F.c genre Chariclm, Steph., syn. : /Vr<'jihanes, Ilubner, ne renferme en Europe qu'une seule espèce, importée (l'Orient, d'après certains auteurs, le C. (letphiiiii, Linn., Y Incarnat, iMgv., the Pease-blosso7n, la plus jolie de nos Noctuelles, de 30 à 32 millimètres d'envergure, la spiritrompe longue, le thorax proéminent, avec le collier relevé en pointe obtuse et une crête bifide à sa base, l'abdomen crèté sur le premier anneau, les ailes supérieures d'un charmant rose tendre, avec les espaces basilaire et subtermiual d'un rose vineux ou violet, les lignes médianes très distinctes, d'un ton plus clair, lisérées de violet noir, la tache réniforme visible, l'orbiculaire souvent nulle, la frange jaunâtre, les ailes inférieures blanchâtres, plus foncées cliez la femelle, pareille, quant au reste, avec un peu de rose au ])ord terminal, les nervures et une bordure noirâtres, les pattes forte?, sans épines, mais avec des onglets. Le papillon est assez commun près de Paris et dans le nord de la France, peu commun au contraire dans le centre, paraissant manquer dans nos départements de l'Est; il vole en plein jour en mai et juin, dans les jardins et dans les champs, butinant souvent sur les trèfles et les luzernes aux environs de l'aris. La chenille, non moins belle que l'adulte, de la tin de juin à la tin d'août, mange les fleurs et surtout les fruils du pied-d'alouetlc, cultivé dans les jardins, et de l'espèce de Dclphinium, spontanée dans les blés, se trouve aussi parfois sur les aconits des jardins et des champs. Elle est rose ou bleue, avec de gros points noirs, vit par groupes dans sa jeunesse, et se chrysalide enterre, en cotjue terreuse, pour donner l'adulte l'année suivante. Ees variétés roses ou bleues semblent assorties à ces deux mêmes couleurs des fleurs du pied-d'alouette. Les jardiniers doivent détruire cette chenille, qui est diurne. Dans le midi de la France, où l'espèce manque, c'est la chenille verte de /'o/m ('appu, Mubner, qui dévore les pieds-d'alouette des jardins. Nous dirons aux amateurs qui veulent élever les chenilles de C. d('lphiiiii,dc, ne les chercher que sur les pieds-d'alouctte simples, et d'avoir soin de les isoh!r, car elles sont très carnassières et dévorent même les chrysalides de celles qui se sont métamorphosées les premières. Le genre Heliuthis, Ochs., nous ofl're des papillons ayant le front uni, le tJKU'ax saillant, les jambes épiruuises, les ailes épaisses, à taches et lignes disliiicics el bordées de noir en dessous; l'abdomen, (d)lus à l'extrémité dans les deux sexes, se termine dans les mâles par un faisceau de poils. Les ciienilles sont lisses, allongées, moniliformes, à points trapézoïdaux petits, mais saillants et garnis de quelques poils isolés, la fêle grosse, un peu aplatie, et vivent sur les plantes basses, principali'UKMil aux dépens des fleurs; clirysa-

lides enterrées. Ou ti-ouve dans tous les pays du globe VH. Arinigeru, Hubner, the Scarce bordered Straïc, de 38 millimètres d'envergure, les ailes supérieures d'un ocreux brunâtre assez clair et quelquefois d'un brun plus ou moins foncé, avec l'espace siibterminal en bande plus obscure, les lignes médianes brunes pen marquées, la tache orbiculaire indiquée par un petit point, la réniforme peu marquée, les ailes inférieures d'un jaune pâle, avec une large bordure terminale, les nervures et un trait cellulaire noirâtres. Le papillon éclôt de juin jusqu'en septembre, et vole en plein soleil dans les champs et les jardins, un peu partout, comme dans le midi de la France. La chenille est d'un brun rougeâtre, à ventre plus clair et points trapézoïdaux noirs, et se trouve en juin et juillet sur une foule de plantes basses, plantain, ajonc, tabac, fleurs et feuilles de courge, luzerne, réséda jaune, etc. l>ans le midi de la l-'rance, elle cause de grands ravages dans les jardins et les champs. Guenée dit avoir vu autour de La Voulte (Ardèche) des cultures entières de pois chichea, dont chaque gousse contenait une chenille, de sorte que la récolte a dû, cette année-là, être complètement nulle. Elle cause souvent de grands dommages dans les champs de chanvre, dont elle dévore les graines, et encore plus dans les champs de maïs, en s'introduisant dans les épis qu'elle dévore, au point de n'y pas laisser un seul grain. Une espèce plus petite et conajûune dans les lieux arides où croissent les chardons et dans les champs de trèfle et de luzerne, où elle vole à l'ardeur du soleil, d'un vol assez rapide, mais peu soutenu, en mai, puis en juillet et août, est ÏA. D/psacea, Linn., la Dipsacép, Engr., the Marbled Clover, de 30 millimètres d'envergure, ailes supérieures d'un ocracé olivâtre, avec deux bandes transverses d'un brun roussâtre, se réunissant inférieurement, la première contenant la tache réniforme, qui est granile; orbiculaire indiquée par un point, lignes très (ines, très souvent formées de points, frange brune; ailes inférieures d'un blanc légèrement verdàtre, avec la base, une grande tacbe cellulaire et une large brodure noires, cette dernière ornée dans son milieu, près du bord terminal, d'une tache allongée de la couleur du fond; femelle semblable, souvent plus brune. La chenille varie beaucoup pour la couleur du fond, qui est paille, verte, violette ou rougeâtre, avec les sous-dorsales blanches; elle vit sur une foule de plantes basses des champs, surtout sur les linaii-es (Scrophulariées), en mai et juin, puis en août et septembre; on se la procure aisément en fauchant.

Dans la méthode de Guenée vient ensuite une tribu de Moctuelle* qu'il nomme Minores (cat. d'Eure-et-Loir, p. 223), dont les papillons sont de petite taille, à corps peu velu, à pattes non épineuses; ils volent généralement en plein jour. Les chenilles ont de 10 à 16 pattes, par dégradation des caractères des Noctuelles propres, et imitent celles desl'haléniens ou des Tortriciens. La (aimille des Acontides présente des j)apillons à corps roliusle, très sqiiamcux, le thorax large, gl(d)uleux, à.

NOCTUÉLIENS. Ciâ

collier court, l'abdomen peu velu, uou déprimé, les antennes moyennes, minces, filiformes dans les deux sexes, les ailes épaisses, squameuses,, un peu luisantes, les supérieures recouvrant entièrement les infé-; Heures au repos et en toit très incliné. Chenilles à dix, douze ou quatorze pattes, et marchant par suite en arpentcuses, effilées, un peu renflées postérieurement ; chrysalides enterrées. Dans le genre Âcontia, Treitscke, les antennes sont courtes et cylindriques, la tète petite, la spiritrompe moyenne, les palpes courts, le thorax globuleux, lisse, squameux, l'abdomen grêle, cylindroïde, lisse, squameux, l'abdomen grêle, cylindroïde, lisse, terminé en pointe obtuse, les ailes supérieures larges, luisantes, à fond blanc ou jaunâtre, marbré de noir, avec la frange longue, double, bicolore, les ailes inférieures à bord flexueux, souvent avec bordure noire. Les chenilles, très longues et très effilées, sont tout à fait arpenteuses (sauf celle de Luctuo.s(i), n'ayant que deux paires de pattes membraneuses, la tête petite et un peu carrée, vivant sur les plantes basses, les chrysalides dans de petites coques terreuses- Ce genre nombreux et qui habite tous les pays de la terre, a des espèces souvent très jolies. Nous citerons : A. Lucida, Hufnagel, syn. ; Solaris, cat. de V., nom plus répandu, la Rupicole, Engr., the Pale Schoulder, de '2G millimètres d'envergure, pareil dans les deux sexes, les ailes supérieures ù base blanche avec un point noir et nuagée de gris bleuâtre, le reste de l'aile d'un brun noirâtre mêlé de gris, et avec quelques taches noires, une grande tache costale carrée et blanche, le bord terminal blanc dans sa moitié inférieure, avec une série de taches irrégulières d'un gris plombé; tache réniforme très fine, en forme d'un petit 8 blanchâtre; frange ayant sa moitié inférieure blanche; ailes inférieures blanches à la base, avec trois ou quatre rayons noirâtres et une large bordure marginale noire; tout le corps d'un gris plombé; deux éclosions du papillon, en mai et juin, puis en juillet et août, mais moins abondamment; l'espèce est surtout des pays calcaires et ne vole que durant les heures les plus chaudes du jour, charmante .Noctuelle quand elle est bien fraîche, aimant les coteaux secs et arides, lu surtout où croît le chardon roland (Eri/nfiium canipestre), volant souvent aussi sur les luzernes exposées au midi; chenille verte ou d'un gris violâtre, à anneaux anguleux, avec une pyramide anale, en juin, puis en septembre, sur les mauves et sur les liserons sauvages; A. Luctuosa. cat. de V., la Fam^rc, Rngr., Vltalique, Oliv., thi' Four-.spolteil, L''i millimètres d'envergure, ailes supérieures d'un noir plus ou ukjïus marbré de brun et de bleuâtre, la cote otVraut une grande tache blanche allongée et parfois teuitée de rosé, les lignes ordinaires fines, noires, souvent peu visibles, la frange blanche entrecoupée de gris; ailes inférieures noires, avec une bande traosverse blanche étranglée dans son milieu et un petit point blanc au bord marginal, la frange blanche avec un peu de noir en son milieu ; a[)domen d'un brun noir, avec des zones grises; «e papillon, bien plus commun et moins localisé que le précédent, offre

les mC'mes mœurs, volant, de mai à septembre, eu plein soleil, et aussi au crépuscule, dans les terrains arides et calcaires, sur les prairies artificielles, etc. ; chenille grise et rayée, cylindroïde, à seize pattes, exception remarquable comparativement à l'espi^-ce précédente si analogue pour l'adulte; cette chenille vit, en mai et juin, sur les liserons qui bordent les chemins, et aussi, d'apr(>s M. Trimoulet, sur le plantain et la mauve. Dans le genre voisin, Agrophila, Boisd., syn. : Emmelia, Hubner, l'abdomen est long, lisse, caréné, subconique dans les mâles, avec des zones noires, les ailes supérieures oblongues, bigarrées et à frange fortement entrecoupée, les ailes inférieures unicolores en dessus; les papillons sont très petits et volent avec vivacité en plein soleil; les chenilles, à douze pattes, rases, effilées, cà tête petite et globuleuse, vivent dans les lieux secs, sur les plantes basses, et les chrysalides se font dans de petites coques de terre. Le type est A. Sulphuralis, Lian., Y Arlequinette jaune, Engr., Ihe Spotted Sulphur, de 20 millimètres d'envergure, les ailes supérieures d'un jaune de soufre, avec des taches, points et bandelette ondulée noirs, les ailes inférieures noirâtres, à frange jaune. Ce petit papillon est commun presque partout, au printemps et en automne, particulièrement abondant dans les champs de trèfle et de luzerne et sur les chardons; on le fait partir aisément pour peu qu'on agite les plantes, car il s'envole alors rapidement pour aller se reposer à peu de distance. La chenille est verte ou brune, à stigmatale pâle, et vit en juillet sur les liserons qui croissent au bord des chemins (Convolvulus arvensis et sepium).

Les Euclidides sont constitués par des papillons assez petits, et qui volent en plein jour, avec les antennes pubescentes, la tète petite, la spiritrompe grêle, les palpes courts, l'abdomen court, les ailes entières et arrondies, les supérieures bigarrées de larges taches foncées, les inférieures bicolores, les jambes postérieures épineuses. Les chenilles sont très allongées, à tète grosse, et atténuées postérieurement; par arrêt de développement, elles semblent n'avoir que quatorze pattes, la première paire de leurs pattes membraneuses étant très petite; elles vivent à découvert sur les plantes basses, et, au repos, tiennent toute la partie antérieure du corps rephée en hélice. Les chrysalides sont renfermées dans des coques assez solides, construites avec des débris de mousses à la surface. Ces caractères sont ceux du genre unique Euclidia, Trcitscke; les insectes parfaits volent très bien en plein jour, surtout la première espèce, E. Mi, Linn., \'E. noire, Engr., the Shiplon, 32 millimètres d'envergure, les ailes supérieures d'un gris noir à lignes blanchâtres, les ailes inférieures noires, avec une tache cellulaire et deux séries siimeuses de taches blanches; abdomen noirâtre, annelé de blanc; papillon commun partout, en mai, volant dans les prairies sèches; les luzernes, les clairières des bois, facile à confondre d'aspect avec certains ^'j/r/c/ti/m.v; chenille longue, d'un jaune clair, à lignes roussâtres, en juillet et août sur les trèfles, le Alyrica gale ((Joossens) el

NOGTUKLIl-NS. 617

diverses plantes basses; E. Clijpltira, I>iiiii., la Doublure j(nuie, iùigr., the Burnet, 30 millirriL'tres d'cnverj^ure, les ailes supérieures d'uii gris brunâtre, avec deux bandes transverses et une lâche à la cùle, d'un brun marron; ailes inférieures d'un noir brun de la base jus([u'au milieu, puis d'un jaune fauve, avec deux lignes noires transverses et ondulées; papillon en mai, puis en juillet et août, dans les champs de trèfle surtout, et les prairies chaudes, commun; chenille roussâtre, finement rayée, à stigmalale jaune, en juin, puis en août et septembre, sur les Vicia, sur les divers trèfles, sur la bugrane [Ononis spinusa), difficile à trouver, parce qu'elle se tient cachée entre les feuilles inférieures de ces plantes.

Les Plusides à papillons pareils dans les deux sexes, ont les antennes presque toujours grêles et filiformes dans les deux sexes, la spiritrompe longue, les palpes ascendants, bien développés, avec le troisième article souvent long, le lliorax à plérygodes saillants et muni d'une crête bifide très développée, l'abdomen velu, crôté sur les premiers anneaux, conique dans les deux sexes, les pattes longuc«, avec des épel'ons prononcés, les ailes supérieures luisantes, généralement ornées de places brillantes (sauf chez les Abrostola, Ochs.), ou de signes éclatants d'or ou d'argent, les ailes inférieures unies, au contraire; les chenilles sont généralement {Plusia) à douze pattes, manquant des deux premières paires de pattes ventrales, et marchant en arpenteuses, bouclant les anneaux du milieu; elles sont atténuées en avant, à tête petite et globuleuse, généralement de couleur verte ou blanchâtre, vivant à découvert et souvent en plein jour sur diverses plantes basses et sur quelques arbrisseaux; les chrysalides, brunes et d'une consistance très molle, sont renfermées dans des cocons d'un tissu de soie léger, plus ou moins blanc, sans corps étranger, fi\és, à peu de distance du sol, aux feuilles ou aux tiges des plantes qui ont nourri la chenille. Les Plusia, Ochs., sont, à l'état adulte, les plus brillants des ISoctuéliens; les espèces d'Europe, au nombre d'environ quaraiile, volent habituellement à l'entrée de la nuit; mais les espèces qui habitent les hautes montagnes, dans le voisinage des glaciers, \oh'iit 1res activement en plein soleil, et butinent sur les Heurs, tui niènie lemps que les Diurnes. L'espèce la plus commune est /'. (iumina, Liiui., le Lambda, Geoirroy, Engr., the Siluer Y, de /lO millimètres d'envergure, les ailes supérieures d'un gris un peu rosé, satiné et luiancé de gris plus foncé, de noirâtre, de gris verdàtre, avec des refh'ts métalli(iii('s, avec une ligne suhcellulaire de couleur d'or pâle, sur un fond brun, ayant la forme de la lettre grecque gamma (7), couchée; volant presque toute l'année, soit le jour, soit au crépuscule, dans les jardins, les cham[)S, les prairies naturelles et artificielles; en certaines aimées, il y a des apitaritions très nombreuses de ce papillon si connnun, qui sont peut-être dues à des migrations; ainsi en 187!), en même temps (jne la grande migration de Pyramt'is cardui; la chenille, (jui s'acconunodc de toutes Ic'S plantes, est

d'un vert pomme ou d'un vert pâle, avec le onzième anneau un peu relevé, marquée dans toute sa longueur de six lignes fines, très sinueuses, blanches ou d'un blanc jaunâtre; à la hauteur des stigmates, il y a une raie fine, longitudinale, d'un jaune blanchâtre, bordée supérieurement par une teinte plus foncée ; tout le reste est vert. Cette chenille peut devenir très nuisible, mais de loin en loin, en certaines années. Réaumur parle des ravages qu'elle fit dans les jardins potagers, en 1735. Citons encore P. Chrysitis, Linn., le Vert Doré. Engr., the Bnrnished Brass, de 36 à liO millimètres d'envergure, avec les ailes supérieures d'un brun violâtre, ornées de deux larges bandes brillantes d'un vert doré métallique, quelquefois cuivreux ; des prés et jardins, comme partout, en mai et juin, quand il provient de chrysalide ayant passé l'hiver; en juillet et août s'il est de la seconde génération; chenille d'un vert clair, à traits }3lancs obliques, en avril, puis septembre, sur les orties, les menthes au bord des ruisseaux, le lamier blanc, la bardane, etc., aimant les lieux frais et humides; le papillon vole au crépuscule et se prend aisément à la miellée ; P. festucœ, Linn., la Riche, Engv., the Gold Spot, de 3/i millimètres d'envergure, les ailes supérieures d'un brun rougeàtre, sablé d'or, décorées de trois taches d'argent un peu jaunâtre, les ailes inférieures d'un gris jaunâtre, avec la frange rougeàtre, la tête et le thorax d'un fauve vif, les ptérygodes bruns; vole le soir en juin, et surlout en août, et parfois dans l'après-midi, sur les fleurs des Labiées, dans les jardins humides et les prairies marécageuses; partout, mais peu commun, se prend à la miellée; chenille sans éminence, verte, avec lignes d'un vert foncé, blanches et jaunes, en juin et juillet sur plusieurs plantes aquatiques, la fétuque, les carex, les Sparganium, etc.

D'après l'opinion de la grande majorilé des auteurs, nous rattacherons aux Noctuéliens la légion des Deltoïdes de Latreille, qui tire son nom de la forme des ailes au repos chez les papillons; les ailes supérieures ne sont ni relevées, ni roulées autour du corps, ni étalées à plat et découvrant bien les inférieures, comme chez les Phaléniens; elles sont étroitement appliquées aux corps et un peu inclinées, ne se recouvrant jamais entre elles, rapprochées simplement l'une de l'autre parles bords anaux, laissant parfois un peu voir les ailes inférieures, qui sont bien développées, peu ou point plissées. Le papillon au repos offre ainsi la forme d'un triangle ou delta majuscule (A). Les i)eltoï(les sont des papillons de taille moyenne, de couleurs peu éclatantes, habitant généralement les^bois et les lieux ombragés qu'ils semblent préférer aux lieux secs; leurs habitudes ressemblent à celles des IMuiléniens, comme eux ils s'appliquent presque toujours sur la surface iidérieure des feuilles, où ils rcsleiit immobiles [)endant le jour, à moins qu'un choc imprévu ne \:(;nri(! à les déranger de leur paisible retraite; dans ce cas, ils s'envolent avec assez de rapidité, mais leur vol est court, et ils ne tardent pas à trouver un nouvel abri. Ils ne commencent guère à

DELTOÏDES. G 19

voler qti'au crépuscule, mais cependant uu peu avant les Nocluélieas d'habitudes nocturnes, les uns dans les allées ombragées des bois (type Herininia), les autres autour des plantes qui nourrissent les chenilles {type Hypena). Tous les Deltoïdes sont vivement attirés par les feux et les lumières, ce qui permet aux amateurs d'en capturer beaucoup à la lanterne ou aux miroirs réflecteurs. Ce groupe de Lépidoptères est bien connu aujourd'hui pour les espèces d'Europe, du moins à l'état adulte, car il reste encore beaucoup à faire pour l'étude des chenilles; il est abondant en espèces exotiques, répandu sur tout le globe, principalement le continent Indien et les deux Amériques.

Les papillons des Deltoïdes ont les antennes longues, à tige mince, cylindrique, pubescente, ciliée ou subpectinée chez les mâles, garnie de cils isolés chez les femelles, souvent déviée, renflée ou garnie, au delà du milieu, de nodosités velues ou squameuses. La spiritrumpe est toujours bien développée, quoique grêle et de moyenne longueur, les palpes labiaux très visibles, comprimés, jamais incombants, à second article long, dépassant toujours et de beaucoup la tête, soit qu'ils s'étendent en a\ant, soit qu'ils la contournent pour s'élever au-dessus. Le corps est habituellement grêle, lisse, avec le thorax court, arrondi, peu convexe, couvert de poils légers peu adhérents ou d'écaillés, avec le collier non relevé et les ptérygodes minces, sans poils redressés, l'abdomen peu consistant, jamais crèté, long, peu velu, n'ayant, chez les femelles, ni oviscapte saillant, ni bourre anale dépassant sa largeur. Les ailes sont proportionnellement larges, minces, rarement dentées, peu squameuses, leurs écailles fines et peu adhérentes, ces ailes bien développées aux deux paires, les supérieures habituellement saupoudrées d'atomes bruns sur un fond gris ou testacé, marquées des lignes ordinaires, et aussi, quoique avec moins de constance, des taches ordinaires des Noctuéliens, les inférieures tantôt unies et sans dessins, tantôt reproduisant ceux des supérieures, rarement mar([iiées de dessins ou couleurs distincts. Les pattes sont longues, non \('lues, les antérieures, à jambes beaucoup plus courtes que les cuisses, ont ces jambes souvent renflées et munies de poils disposés en pinceaux ou palettes, les intermédiaires pourvues d'une paire et les postérieures de deux paires d'éfierons toujours longs et robustes, surtout l'interne.

Les chenilles des Deltoïdes sont moniliformes, ù incisions proloudes, jamais velues ni complètement glabres, les points trapézoïilauv souvent verruqueux et piiifères, ayant six pattes écailleuscs et deux anales constantes, les ventrales ne variant que de six à huit, ce qui donne un total de quatorze ou seize pattes-, elles ne sont jamais renfermées dans des fourreaux, mais vivent à découvert sur les arbres ou les plantes basses. Dans le type Hypena, les chenilles sont cylindroïdes, allongées, vives et frétillantes, et se trouvent souvent, sinon en familles, du moins ij;roupées en assez grand nombre sur la même touffe de plantes; celles

620 LÉPlDOPTtllES.

du type Herminia sont ibrt lentes, et passent leur vie cachées sous les feuilles sèches, dans les endroits humides des bois, du moins d'une manière générale. Les chrysalides sont rnutiques, rases, à anneaux abdominaux libres, de forme conique, et terminées par des crochets ou épines ; elles sont contenues dans des cocons lilés entre les feuilles, ou parfois en terre, mais peu profondément.

TRIf^oxiA, Guenée. — Antennes légèrement pubescentes, avec deux cils plus longs [lar articles; palpes ascendants perpendiculaires; thorax large et velu ; abdomen dépassant beaucoup les secondes ailes, effilé et terminé en pointe aiguë; ailes étroites, assez épaisses, les antérieures prolongées carrément dans leur moitié supérieure, les postérieures subcarrées, fortement coudées et même prolongées au milieu ; pattes moyennes, à jambes renflées, les antérieures plus courtes, garnies d'une masse de poils laineux, les postérieures à tarses épineux.

Ce genre appartient à la famille des Platydides, Guenée, qui relie très bien les Deltoïdes aux Noctuelles ordinaires, et qui se composent d'insectes de l'Amérique méridionale et des Indes orientales. Le genre Trigonia, Guenée, est remarquable parla curieuse structure de toutes les pattes. Les antérieures ont la jambe courte et recouverte d'un manteau triangulaire de poils, qui cachent complètement l'épiphyse, et la cuisse garnie de longs poils laineux et frisés; les inlermédi;iires ont la jambe longue, l'enflée et comme vésiculeuse; aussi est-elle creuse et renferme -t-elle un faisceau de longs poils soyeux que le papillon fait épanouir à volonté; enfin les postérieures ont, à l'extrémité de la jambe, une sorte de manchette de poils qui cache en partie la dernière paire d'éperons. Nous représentons, pi. xcvii, fig. 5, T. Cydonia, Cramer, G. Mén., syn. : Crjdionialis, Guenée, de Zi5 millimètres d'envergure, les ailes d'un gris blanc foncé, varié de lignes et de points d'un blanc olivâtre, aux ailes supérieures une tache costale blanche et triangulaire, et, au milieu de la côte, une tache d'où descend un grand trait lunule cellulaire, puis deux lignes qui divergent, en se rendant au bord interne; ailes inférieures avec une bande discoïdale irrégulière d'un blanc violacé, divisée par une ligne foncée et dentée; pattes brunes à tarses blancs; du Bengale et de Java, d'après Guenée; de Cayenne, selon Guérin-iAIéneville.

HITEU», Sclirank. — Antennes longues, minces, pubescentes, à cils fascicules chez les mâles, à cils isolés chez les femelles; spiritrompe courte et grêle; palpes droits, étendus, squameux, épais et très longs; front pourvu de stennnates; thorax globuleux, squameux; abdomen elfilé, nmni d'une petite crête sur le premier anneau; ailes supérieures minces, souvent talquées à l'angle apical. munies d'une aréole portant de petites <rèles d'écaillés redressées; les inférieures très larges, minces, un jieu plissées, à franges longues. — (Chenilles allongées, minces, cylindriques, à tête assez grosse et globuleuse, à points tra-

IIYPENA. (521

pézoïdaux munis de poils distincts, à quatorze pattes seulement. — Chrysalide? allongées, contenues dans des coques de soie.

Le genre Eyiiena est le type de la famille des Hypùiiides, conslitué'' par des papillons phaléniformes, volant le soir dans les prairies, les lieiu garnis de broussailles, le voisinage des habitations de campagne et même dans l'intérieur des appartements; les chenilles vivent à découvert dans les lieux frais et ombragés, sur les saules, les orties, le houblon, etc., et filent de trùs légers cocons entre les feuilles ou les mousses. Les papillons du genre Hijpena sont très reconnaissables au second article de leurs palpes démesurément long, droit et étendu en avant. Il y a deux espèces très communes partout et pareilles dans les deux sexes : H. Proboscidalis, Linn., le Museau, Devillers, the Snout, de oO à 38 millimètres d'envergure, les ailes supérieuresaiguësà l'angle apical, falquées au bord terminal, d'un gris jaunâtre ou roussàtre strié de brun, traversées par trois lignes brunes, les ailes inférieures d'un gris clair: le caractère essentiel de l'espèce est dans les palpes, plus longs que le thorax, très comprimés, droits et dirigés en avant en forme de trompe (d'où le nom spécifique) sur l'insecte vivant, sauf les articles terminaux qui divergent, écartés dans toute leur longueur lorsque l'insecte est mort: papillon très commun en juin, puis en août, volant le soir autour des orties qui nourrissent la chenille; celle-ci, qu'on trouve en mai et juillet, est effilée, d'un vert velouté, plus clair en dessous, avec la ligne vasculaire plus foncée et les sous-dorsales plus claires, la tête et les pattes vertes: H. Rostralis, Linn., le Toupet, Devillers, the Buttoned Snout, espèce plus petite, de 25 à 28 millimèlres d'envergure, variant beaucoup pour la couleur du fond, les ailes supérieures d'un gris brunâtre nuancé de fauve, avec la moitié de leur surface, à partir de la base jusqu'à la ligne médiane, d'une teinte plus foncée, cette ligne médiane noire, flexueusc, bordée de blanchâtre extérieurement, l'espace médian traversé perpendiculairement au corps par un trait noir, ayant quatre points noirs en relief, deux à chaque extrémité, les ailes inférieures d'un gris noirâtre uni; papillon en juillet, puis en septembre et octobre, commun partout sur les haies, les broussailles, les murs de jardin, et jusque dans les appartements; il est probable qu'un certain nombre de ces papillons hivernent, car on en voit voler dès les premiers jours d'avril; chenille verte, avec la vasculaire fine et brune et les stigmatales blanches, la tCte et le corps garnis de petites verrues noires, très vive, se Irouvant en mai, puis en août et septembre sur le lioublon, et principalement sur la vigne vierge. Nous représentons des détails d'une espèce voisine, A. Obesalis, Treitscke, syn. : Crassatis, Hubner, Fabr.?, the Beautiful Snout, (pi. xcvii, fig. 6), tète vue de profil et trois arficles de l'anteinie; cette espèce, très localisée et jamais commune dans le centre de la France, plus fréquente dans le nord et dans les montagnes, vole avec beaucoup d;' vivacité en mai et juin, puis en

6212 LÈPJDUPTÈnES.

août, et il est rare de la prendre en bon état; la chenille vit, dit-on, sur les orties, coname celle des Proboscidalis.

Les Herminides, qui terminent la légiondes Deltoïdes, ont les antennes dont la tige est souvent fléchie ou garnie de nodosités chez les mâles, ou de paquets de poils ou d'écaillés, les palpes \ariables, les jambes antérieures souvent renflées et contenant des pinceaux de poils soyeux ou munis dç poils laineux ou écailleux; les ailes supérieures sont épaisses et saupoudrées, sans fascicules d'écaillés saillante?, les inférieures ayant toujours traces des lignes des supérieures; les papillons sont répandus un peu partout, s'appliqxiant pendant le jour sous les feuilles, comme les Phaléniens, se déplaçant le soir d'un vol rapide, mais court, préférant les endroits humides et ombragés des bois, bien qu'on en trouve aussi dans les lieux secs; chenilles rugueuses, épaisses, ramassées, aplaties en dessous, ayant les trapézoïdaux plus ou moins verruqueux et quatorze pattes (Sophronia, Gnenée, ou seize pattes {Herminia, etc.); elles vivent plus ou moins cachées et filent pour la nymphose des cocons variables. Les Herminia, Latreille, <juenée. ont la spil'itrompe moyenne, les palpes très ascendants, longs et comprimés, les pattes longues, les antérieures ayant souvent la jambe élargie et garnie chez les mâles de pinceaux de poils extensibles, les ailes supérieures mates et pulvérulentes, traversées pai' trois lignes, dont celle du milieu sinueuse; les chenilles, à sei^e pattes, sont rases, courtes, très atténuées aux extrémités, à incisions profondes, aplaties en dessous, à tête petite, ainsi que le premier anneau, et vivent cachées dans les lieux herbus parmi les feuilles sèches ; les chrysalides sontr enfermées dans des cocons filés dans les plis des feuilles. L'espèce de beaucoup la plus commune est H. Barbalis, Linn. (sous-genre Pechipogon, Stephens), VHerminie barbue,, de Latreille, the Common Fan-foot, de 28 à 30 millimètres d'envergure, les deux se\es pareils, les ailes supérieures d'un gris testacé ou jaunâtre, avec trois Ugnes brunâtres peu marquées, les inférieures plus claires, traversées par deux lignes courbes, un peu sinuées, les antennes fortement ciliées chez le mâle, filiformes chez lu femelU,', les jambes antérieures des mâles garnies intérieurement d'une épaisse touffe de poils; le papillon vole même pendant le jour, en mai et juin dans tous les bois, non seulement dans les clairières, mais même dans les fourrés les plus épais; chenille à anneaux coupés carréinent, d'un brun cannelle clair ou ferrugineux, très aplatie en dessous, à ligne vasculaire fine et noire, à trapézoïdaux petits et noirs, les stigmates petits et noirs, la tête rousse, parsemée de poils, ainsi que la plaque du cou et colle de l'anus; elle vit sur le chêne, la ronce, et aussi de feuilles sèches, comme d'autres espèces de la famille, se trouve aisément en octobre et novembre en battant les chênes, passe l'hiver et arrive à iouie. sa faille en février et mars.

Nous devons faire mention d'tm genre curieuit, qu'on ne sait où placer parmi les Noctuelles européennes; mais, dans la classitication

GONOPTERA, nr.tPIllDLS. 6^

générale, beaucoup de genres exotiques viennent combler les lacunes. (^est le genre Scoliopteryx, (Jermar, on Gonoptera, Latr.,dont les papillons ont les antennes ciliées, les palpes très longs, droits et relevés, un toupet frontal saillant, le thora\ subcarré, Fabdomen déprimé, les ailes anguleuses et souvent découpées, les pattes très fortes, tachées de blanc. Les chenilles sont longues, lisses et veloutées, à seize pattes, vivant à découvert, étendues sur les feuilles, les chrysalides coupées carrément à la partie postérieure, non enterrées, mais dans un cocon soyeux filé entre les feuilles. Une seule espèce européenne, G. UbatrLx\ Linn., la Découpure, Geofl'r., Engr., the Herald, de Z|5 millimètres d'envergure, les ailes supérieures très anguleuses et profondément dentelées au bord terminal, d'un gris rougeàtre, mêlé de blanc vers la cote, avec un point blanc à la base, l'espace basilaire et la plus grande partie de l'espace médian d'un jaune rougeàtre, les lignes médianes blanchâtres, bien distinctes, sinueuses, la tache orbiculaire figurée par un point blanc et la réniforme par deuv points noirs, les ailes inférieures grises, avec une ligne transverse obscure. Le papillon se trouve j>artout, jamais très commun, plus abondant près de Paris en septembre, octobre et novembre, bien qu'on le trouve à peu près toute l'année. Il ne vole qu'au crépuscule et passe l'hiver dans les trous des murs, les caves, les grottes et souvent les greniers des maisons de campagne. La chenille est eftilée, d'un beau vert velouté, avec les incisions jaunâtres, la ligne vasculaire foncée et la sous-dorsale Jaune, lisérée intérieurement de noir; elle vit à découvert, en juillet et août, sur les feuilles des saules et des peupliers, et lie ensemble des feuilles à l'extrémité d'une branche pour y filer un cocon d'une belle soie blanche.

Les Noctuéliens se terminent naturellement par une famille aberrante, les Bréphides ou IMialénoïdes (fiuenée), faisant un passage évident aux Phaléniens. La plupart des organes de l'adulte sont avortés, la spiritrompe très courte et sans usage, les palpes iiulistincls, réduits à un moignon couvert de poils, le thorax court, sans collier ni ptérygodes distincts, les éperons des pattes rudimentaires; mais les ailes sont bien dévelopi>ées, ainsi que les antennes, plus épaisses et subpectinées dans les mâles, tiliformes chez les femelles, quoique sensiblement dentées et non rélrécies à l'extrémité; le corps est grêle, entièrement velu et hérissé. Les valves anales des mules et les organes génitaux conservent une singulière vitalité, qui persiste plusieurs jours après la mort de l'insecte (Edouard Bureau). Les chenilles vivent à découvert sur les arbres des forêts, et pendeni parfois suspendues à un long fil de soie, comme celle des IMialéuieiis; elles sont rases, lisses, allongées, à seize pattes, mais dont les deux premières paires des pattes membraneuses sont plus courtes que les autres et impropres à la marche, de façon que ces clieailles progressent en arpentant. Les chrysalides qui se forment à la fin de l'été sont renfermées dans de légers cocons, placés entre les mousses contre la surface du sol, ou dans les fissures des écorces des

62/i LÉPIDOPTÈRES.

arbres. La famille des Bréphides habite exclusivement l'Europe. Les insectes parfaits éclosent à la fin de l'hiver ou au commencement du printemps; leur vol est vif et élevé, saccadé, exigeant les rayons du soleil, car, à peine l'astre est-il voilé, même pour un instant, que ces papillons suspendent leur vol, pour le reprendre aussitôt qu'il recommence à briller; ils se posent volontiers sur la terre humide ou sur les troncs des bouleaux. La famille ne comprend qu'un seul genre, Biephos, Ochs., et les couleurs de ses jolis papillons les font un peu ressembler d'aspect à des Catocala en miniature. Nous possédons en France deux espèces : B. Parthenias, Linn., l'Intruse, Engr., the Orange Underu-ing des entomologistes anglais, 135 millimètres d'envergure chez le mâle, les ailes supérieures d'un brun obscur, saupoudré d'écaillés cendrées, avec les espaces médian et sublerminal teintés de ferrugineux, deux taches blanchâtres à la côte, la tache réniforme arrondie, noirâtre, entourée de blanchâtre, les ailes inférieures d'un jaune fauve, avec une étroite bordure noire et une grande tache triangulaire noire longeant le bord abdominal et s'avançant vers le milieu de l'aile; femelle plus grande, plus saupoudrée de blanc, à lignes plus distinctes, et pour laquelle M. G. -A. Poujade a fait connaître un caractère distinctif, qui manque dans les femelles des deux autres espèces, Notha et Puella : en examinant la partie ventrale, on aperçoit les cinquième et sixième segments munis d'une sorte de brosse de couleur rousse, qui tranche sur les poils gris, et qui est formée de longues écailles dirigées obliquement vers la partie anale, chacune de ces écailles, vue au microscope, se montrant sous la forme d'une longue lame qui s'élargit graduellement de la base à l'extrémité fortement recourbée en crochet, la courbure dirigée en dehors; rien d'analogue chez les mâles, cette partie tenant peut-être à quelque détail de la ponte; papillon en mars et même dès la fin de février dans les clairières, allées et chemins des bois; chenille verte, à lignes et trapézoïdaux jaunes, en juin et juillet sur le bouleau, parfois sur le chêne et le hêtre; B. Notha, Hubner, the Liyt Orange Underwing, espèce plus petite, très analogue de coloration à la précédente, un seul point blanc à la côte des ailes supérieures, la tache noire triangulaire des ailes inférieures plus ondulée à son bord inférieur que chez les Parthenias, en outre les antennes du mâle garnies de lames spatulées et non de lames simples, comme chez les Parthenias; espèce du centre et du nord de la France, moins commune et moins répandue que la précédente, en avril, plus tardive par conséquent, de sorte que les premiers Xolha éclosent quand les (leniiers rarihcnias disparaissent ; chenille en juin et juillet sur le bouleau, verte, à ligne noire latérale et tête lacliée. 1 ne troisième espèce, B. Puella, Lang., manque en France; elle est d'Allemagne, d'.\ulriche, de Hongrie.

ilibifograpiiic iI«'h .\octuciicnN. — A consulter : A. (iuenée, Xolice sur quelques nouveaux genres a établir dans l'ordre des Lépidoptères, et

PHALÉNIENS. 625

principalement dans le genre Noctua, Linn. {Ann. >oc. entom. France, t. VI, 1837, p. 219-228); Essai pour servira la classification des Noctuélides {Ann. Soc. entom. Fr., t. VI, 1837, p. 311-368^; Matériaux pour servir à la classification des iVoctuélides (Ann. Soc. entom. Fr., [. Vil, 1838, p. 107-125, 201-239, et t. VIII, 1839, p. 473-522); Essai sur la classification des Noctuélides {Ann. Soc. entom. Fr., t. X, 18/jl, p. 53-83, 217-234); Xoctuarum Europœarum Index mcthodicus,classificatio in Ann. Soc. entom. Gallicœ tabulam fimjens {Ann. Soc. entom. Fr.,{. \, Ibi'il, p. ^Sb-'lbO) ; Noctuélites dans le species des Lépidoptères, 3 vol. in-8, Paris, Roret, 1852 ; Deltoïdes, 1 vol., 1851. — .J. Lederer, Versuch die Europaïschen Lepidopteren, etc. {Verhundlungen Wien zool. botan. Verein, 1852, t. II, p. 14-54, 65-126); Die Nocluinen Europas, mit Zuziebung einiger bisher meist dazu gezdhlten Arten der asiatisclien Russlands, Kleinasiens, Syriens und Labradors {Wien Gerold, 1857, t. Vill, p. 16 et 252, tab. 4). — E. Berce, Fauno française des Lépidoptères, Xoctuîe, t. III et IV, 1870, Paris, E. Deyrolle; Deltoïdes, t. VI, 1878.

Tribu des pualk\IE.\S.

Les espèces de la tribu des Phaléniens sont celles que les amateurs, transportant à tout le groupe ce qui ne convient qu'à la chenille, nomment Arpenteuses ou Géomètres, la réduction du nombre des patte.s membraneuses, qui n'était qu'une assez forte exception chez les Noctuéliens, devenant ici la règle presque générale. Les papillons de cette tribu ou les Phalènes proprement dites ont, en immense majorité, le corps grêle, le thorax étroit et les ailes proportionnellement larges, ce qui fait que leur vol est plus incertain, plus vacillant que .celui des autres Hétérocères de même taille. Ce vol se rapproche notablement de celui des Diurnes, ce qui s'explique par l'analogie de conformation que nous venons d'exposer ; mais il n'en a pas l'énergie et la durée en raison de la faible charpente nervulaire et de la minceur de la membrane alaire. Les soirées sereines et sans vent plaisent particulièrement aux Phalènes. Il n'y en a qu'un très petit nombre qui aient réellement un vol diurne, ainsi les Pi'oJos, dont les] papillons, de petite taille et de couleurs sombres, volent au soleil dans les régions élevées des montagnes alpines et sous-alpines, le Tanagra Atruta, Liim., syn. ChœrophylUita, Linn , noir dessus et dessous, sauf la frange blanche à l'angle apical de l'aile supérieure et dont le mâle vole sans cesse en plein soleil dans les lieux herbus de toutes les montagnes de la France, les Aspilates, le Lythria Purpuraria, Linn., commun en iJoauce, les Oporabia Dilutata et Autumnata, qui volent en octobre et novembre dans les futaies de nos bois parisiens dès que le temps est clair, la plupart tles Fidonia, h GIRARD. m, — llO

antennes très plumeiises, à ailes agréablement tachetées de points et de bandes noires sur fond clair, jaune ou rougeatre, la plupart des Anaitis, comme A. Plagiaria, etc. ; toutefois si la très grande majorité des Phalènes ne vole spontanément qu'au crépuscule, on peut les chasser en plein jour tout aussi bien qu'à l'entrée de la nuit. Pendant toute la durée du jour elles demeurent cachées dans l'épaisseur du feuillage, dans les crevasses des rochers, ou s'appliquent sur le tronc des arbres, sur les murailles, aux rebords des toits, etc. ; mais la moindre secousse ou même une simple commotion de l'air, déterminée par un bruit de quelque intensité, comme l'approche d"'un homme ou d'un animal, suffisent pour leur faire abandonner leur retraite, afin d'en chercher une autre à quelque distance. Dans l'état de repos quelques Phalènes tiennent les ailes relevées perpendiculairement au corps (la plupart des Fidonia) à la façon des Diurnes ; mais la plupart ont une attitude très différente et caractéristique. Elles s'appliquent étroitement contre les murs et les troncs d'arbres ou sous les feuilles, les quatre ailes étendues et bien découvertes, presque parallèles au plan de position, leur bord ayant tout juste l'inclinaison nécessitée par la faible épaisseur de la poitrine. Cette position semble si naturelle aux Phalènes, qu'elles s'y placent du premier coup, tantôt faisant succéder brusquement une immobilité absolue à l'agitation du vol, tantôt après avoir exécuté quelques battements d'ailes et décrit un demi-tour sur elles-mêmes, comme pour trouver une assiette définitive. Au moindre trouble, ou bien elles s'envolent ou bien elles se laissent tomber dans l'herbe ou les feuilles sèches ; mais tandis que les Noctuelles, en,pareil cas, se bornent à retirer les pattes sous le corps, font une simple chute verticale par leur poids, en restant immobiles dans la position où cette chute les a placées, les Phalènes, en quittant les arbres, les rochers, les murs, se servent de leurs ailes étalées comme d'un parachute et vont tomber en parabole dans l'herbe sous laquelle elles se glissent, ou sur le sol où elles étendent de nouveau leurs ailes à plat avant de reprendre l'immobilité.

Les Phaléniens ont des dimensions moyennes ou petites, il en est peu qui mesurent 50 à 60 millimètres d'envergure (certains Boarmia, Amphidasys et surtout Urapteryœ), et presque tous ont des proportions beaucoup moindres. On peut dire que les papillons de cette tribu se montrent dans toutes les saisons de l'année ; on voit souvent éclore en janvier Phigalia Pî"/osarm, Hubner,les premières llibernides apparaissent en février et se prolongent en mars, d'autres sont de la fin d'octobre et de novembre, les Oporabia se prolongent jusqu'en décembre, qui est le mois habituel de l'éclosion à l'état parfait de la nuisible Phalène hyémale {Chcimatohia Brumata). Il faut remarquer que tous ces papillons de l'hiver (sauf les Oporabia) ont les femelles à ailes très rudimentaires, impropres au vol ou tout à fait nulles, le l'ait est général dans la famille des Hibernides propres. Les mois les plus lavorables à l'apparition des

PHALEMENS. 627

Phalènes sont ceux de juin et de juillet, et c'est en mai et septembre qu'on récolle la plus grande quantité de leurs chenilles. Les doubles générations annuelles sont fortement subordonnées à la latitude, à l'altitude et surtout aux températures du printemps et de l'automne; elles n'ont donc qu'une médiocre importance dans les catalogues. Il y a des espèces qui n'ont pas d'époque fixe d'apparition et se succèdent sans interruption à tous leurs états, depuis les premiers beaux jours jusqu'à l'arrière-saison ; telles sont : Strenia Clathrata sur les luzernes et les trèfles, Eubolia Palumbaria et Anthena Candidata, aux ailes d'un blanc de lait. Les Phaléniens ont certaines espèces qui nuisent à nos végétaux utiles, bien qu'eu proportion moindre que les Noctuéliens et les Bombyciens. Les Ennomos, les Ampludctsijs, les Ephyra, les Cabcra. les Oporabia, quelques Boarmides, etc., dévorent les arbres de nos forêts ; les Halia et les Abraxcis dépouillent souvent nos groseillers de toutes leurs feuilles. Les arbres fruitiers sont surtout exposés aux ravages des Phaléniens. Les Hibernides propres ont des espèces qui attaquent fortement nos vergers en certaines années, ainsi Ilibernia Defoliaraa, Linn. ; en outre une Eupithecia E. Recta nijulatci , Linn.) et surtout une espèce de la famille des Larentides, qui est un fléau de l'horticulture, le Cheimatobia Brumata, Linn.

Les chenilles des Phaléniens semblent, dans leur progression, me surer combien de fois l'espace qu'elles parcourent contient la longueur de leur corps, ce qui leur a valu les noms d'Arpcnteuses et de Géomètres, appliqués par extension à leurs papillons. A bien peu d'exceptions près (les chenilles vivant de Lichens du genre Aventia, Duponchel, ont seize pattes, mais les trois premières paires de pattes membraneuses beaucoup moins longues que les autres), ces chenilles n'ont que dix pattes, les six écailleuses ou thoraciques, qui vont en grandissant du premier au troisième anneau, et quatre pattes membraneuses seulement attaî chées aux deux derniers anneaux, latérales, élargies, trapéziformes et montées sur de robustes mamelons, ce ([ui les rend éminemment propres à la préhension; aussi servent-elles à ces chenilles au moins autant pour le repos que pour la marche. Les six armeaux intermédiaires dépourvus de pattes, ou au moins les cinq jtremiers, sont beaucoup plus grands que la somme des longueurs des anneaux extrêmes, surtout des trois derniers, qui sont extrêmement ramassés. En général, tous ces anneaux sont plissés transversalement, surtout près des incisions, ce qui est nécessaire pour des segments qui doivent subir des flexions considérables et qui peuvent aussi de la sorte exécuter des torsions latérales et permettre à la chenille «le porter la tète en tous sens pour chasser des ennemis. (Juand une chenille de Piialénieu veut marcher, elle fixe d'abord ses six pattes thoraciques aussi loin qu'elle peut trouver un point d'appui; elle ramène ensuite, en recourbant en boucle tout le milieu du corps, ses quatre pattes postérieures aussi près que possible des six [iremières, de sorte qu'elle se trouve avoir parcouru, sans le

toucher, un espace presque égal à sa propre longueur. D'où l'on voit que le petit nombre des pattes des chenilles des Géomètres, loin de ralentir leur marche, sert plutôt à l'accélérer, et ce système, en même temps qu'expéditif, leur est aussi très avantageux, car il leur permet de circuler aisément parmi les herbes et les broussailles: partout où elle trouve un point d'appui dont l'éloiguement n'excède pas la longueur de son corps, la chenille peut passer sans être arrêtée, comme le serait une chenille à seize pattes complètes, par les solutions de continuité dans l'espace à parcourir. Si nous passons de la marche à l'état de repos, nous verrons que ce sont les deux paires de pattes de l'extrémité de l'abdomen qui font toute la besogne. Les pattes anales s'écartent, se rejettent en arrière et forment comme une base sur la surface de position, tandis que les ventrales à l'aide de leurs longs mamelons, de leurs crochets recourbés et de leurs puissantes couronnes en entourent les parties saillantes, de sorte que la chenille se trouve à la fois assises sur quatre points et accrochée par deux. Certaines chenilles se tiennent alors recourbées, la tète en l'air, en arquant leurs anneaux intermédiaires; beaucoup d'autres {Vrapteryx, Ennomos, Boarmia, etc.) se raidissent et tiennent leur corps entièrement rectiligne, les pattes écailleuses dirigées en avant, la tête ramenée en dessous, les trois segments thoraciques ramassés et froncés de manière à paraître n'en faire qu'un seul. La chenille ainsi cramponnée au support par les seules pattes postérieures est en situation verticale, ou oblique, ou horizontale, ou renversée et conserve ainsi une immobilité et une rigidité parfaites pendant de longues heures, et parfois durant la journée entière.

C'est là un des nombreux exemples des harmonies naturelles entre les animaux et les milieux où ils sont destinés à passer leur existence. Généralement revêtues des formes et des nuances des objets qui les environnent, ces chenilles échappent aisément, à l'aide de cette ressemblance souvent frappante, aux recherches de leurs nombreux ennemis. Ce sont surtout les espèces arboricoles qui possèdent cette précieuse faculté imitative (mimicry) qui leur permet de se dissimuler aux regards sans prendre la peine de se cacher : leur corps arrondi, de couleur d'écorce ou de Lichen, bosselé çà et là par des protubérances charnues simulant des bourgeons, imite si parfaitement un petit rameau de bois sec, que, lorsqu'elles se tiennent immobiles et rigides, formant un angle avec la branche qui les supporte, l'œil humain le plus exercé est presque toujours impuissant à les distinguer des mille brindilles qui garnissent les rameaux des arbres et des arbustes; les chenilles de leur espèce ou d'autres Phaléniens partagent même l'erreur ; on en voit, qui trompées par cette fallacieuse rigidité, montent sur leurs semblables, et s'y implantent commo sur une branche, jusqu'à ce que fatiguée du contact, la patiente prenne le parti de secouer cette incube d'une nouvelle espèce; il est bien probable (}ue

PHALÉNIENS. (329

les insectes ennemis et même la vue perçante des Oiseaux sont souvent en défaut.

Les couleurs et les dessins sont beaucoup moins remarquables, moins compliqués et moins constants chez les chenilles des Phaléniens que chez celles des Bombyciens et des Noctuéliens. Quand ces dessins sont biens accusés on y retrouve les lignes ordinaires des chenilles de Noctuelles et les points trapézoïdaux, très écartés et plutôt en rectangle qu'en trapèze, sur les longs anneaux intermédiaires dépourvus de pattes. La dernière paire du onzième anneau est presque toujours plus saillante et forme fréquemment deux pointes pyramidales ou une arête transversale; ce qui est spécial aux Phaléniens, c'est que les chenillos ont souvent sous le ventre des dessins analogues à ceux de la région dorsale, en particulier une "vasculaire médiane fortement accusée, quoiqu'elle ne recouvre pas ici une série de cœurs artériels comme en dessus. Des points correspondants aux trapézoïdaux y existent aussi, également verruqueux et portant un poil raide et court. Ces chenilles sont plus sujettes que dans les autres tribus à offrir des excroissances charnues, comme des bourgeons appendiculaires. Indépendamment des excroissances sur le onzième anneau que nous venons d'indiquer, on en rencontre fréquemment sur le dessus des anneaux /i et 8 et sur les côtés de l'anneau 5. Ces excroissances sont surtout l'apanage des chenilles qu'on a nommées Ârpenteuses en bâton, c'est-à-dire qui présentent le plus de ressemblance avec des brindilles de bois sec, ce qui complète l'illusion de coloration et de raideur qui assure leur sécurité, ainsi dans la famille formée du genre Ennomos et des genres dérivés.

Les mœurs des chenilles de Phaléniens sont moins variées que celles des chenilles de Bombyciens et Noctuéliens. Nous n'y trouvons pas de chenilles à fourreaux, comme chez les Psyché et chez beaucoup de Microlépidoptères, ni de chenilles souterraines, ou endophytes (Cossiens, Sésiens), ou aquatiques, ii la façon de certains genres de Pyraliens (Cataclysta, Ilubner, Xymphula, Hubner ou Hydrucampu, Steph., Latr., (in.). La plus grande partie de ces chenilles, qu'elles soient herbivores, arboricoles ou lichénivores, vivent à découvert sur les feuilles des arbres ou des plantes basses, mangeant soit pendant le jour, soit pendant la nuit. A la moindre secousse, elles se laissent tomber en émettant un long til, soit qu'elles se laissent tomber jusqu'au sol, soit qu'elles attendent, suspendues en l'air, que le danger soit passé. Elles remontent à volunté avec ce fil qu'elles pelotonnent rapidement entre les pattes tlioraciques intermédiaires. 11 en est qui se cachent entre les écorces, d'autres qui se roulent dans la corolle des fleurs, ou rongent les folioles des bourgeons, ou passent toute leur vie dans les fruits capsuleux; ainsi beaucoup d'fu/î/fAec/a, analogues par ces mœurs aux Diiinthœria des Noctuéliens. Le mode de transformation en chrysalides n'est pas très varié : ou bien celles-ci sont renfermées dans un cocon lAche et peu détini, filé entre les fouilles ou les broussailles ou

630 LÈPIDOP'lÈRliS.

entre les brins de monsse, on bien elles s'enterrent dans nne cavité très fragile qni mérite à peine le nom de coque terreuse. Il est aisé en général de distinguer ces chrysalides de celles des Noctuelles par leur partie abdominale plus conique et plus aiguë, l'enveloppe des ailes plus courte, la couleur d'un brun rougeàtre moins dominante et plus souvent mêlée de vert ou de noir, la peau chitineuse moins épaisse et plus translucide. Il n'y a que peu d'exceptions aux modes de nymphose ([ue nous venons d'indiquer : les Ephyra suspendent leurs chrysalides à la façon des Diurnes du genre Thaïs, par un lien caudal fixé aune feuille, sans coque ni réseau, parfois en outre avec une ceinture de soie; ces chrysalides sont vertes ou testacées, marquées de petites lignes élevées, la partie antérieure tronquée presque carrément ; VUrapleryx Sambucaria, Linn., enferme sa chrysalide dans un élégant hamac de soie, suspendu à une branche de l'arbuste qui a nourri la chenille et balancé par le vent; dans le genre Pericallia, Stéphens, des linnomides, les chrysalides sont courtes, renflées au milieu, renfermées dans un léger l'éseau, attaché et suspendu aux branches par les parties supérieures.

Nous résumons comme il suit les caractères généraux de l'anatomie externe des Phaléniens : antennes variables, à tige mince, sans nodosités, parfois pjumeuses dans les mâles par exagération des antennes cihées de certains Noctuéliens, formées comme elles de lames pubescentes, mais plus minces, plus longues, plus contournées, moins régulières, garnies de cils plus ténus; ces lames ne vont pas en décroissant régulièrement du quart ou de la moitié de l'antenne jusqu'au sommet, celles de l'extrémité étant au contraire fort longues et la hampe comme perdue au milieu d'elles; en général, les antennes des mâles se rapprochent de la ciliation ordinaire des Noctuéliens, mais avec les lames plus grêles et les poils plus fins ; les écailles de la hampe et parfois aussi celles des lames sont entremêlées de gris blanchâlre et de brun, d'où résulte un aspect farineux ou pulvérulent tout parliculier, bien visible chez les Boarmides, les Fidonides et beaucoup d'Ennomides; parfois enfin les antennes sont simples dans les deux sexes; front dépourvu de stemmates; spiritrompe généralement grêle, plus souvent membraneuse que cornée, sans écailles à la base comme cliez les Pyraliens, formée de deux gouttières de couleur pâle (emlanl à se disjoindre, parfois nulle ou presque nulle dans certaines espèces ; palpes assez courts, rarement velus; corps grêle; thorax très court, très souvent arrondi, jamais huppé, ni crête, à courts ptérygodes ; abdomen des mâles presque toujours grêle, allongé, peu velu, sans crêtes ; l'abdomen est marqué, chez beaucoup de l'Iialénicns, de deux séries dorsales de taches noires; il y a exception pour la forme du corps dans les Ainphidasydes (ainsi Ainphidasys betularia, Linn. , Prodromaria, cat. de \'. , etc.), chez lesquels le corps est beaucoup plus renflé, le thorax se rapprochant de celui des Bombyx, l'abdomen de celui des Noctuelles ; ailes

LRAPTERYX. 6S1

munies de l'appareil du frein, minces, délicates, les inférieures non plissées, participant souvent aux couleurs et au.v dessins des supérieures; ces ailes ont d'ordinaire les trois lignes i)rincipales des Noctuelles {Y extrabasilaire, la coudée et la subterminale de Guenée), la coudée, la plus constante des trois, existant souvent seule et étant presque toujours commune aux quatre ailes (caractère spécial aux Phaléniens); parfois, au contraire, les trois lignes se multiplient, en se dédoublant, dans la majeure partie des Larentides ; les taches orbiculaire et claviforme manquent, la réniforme sest transformée eu un simple point, nommé cellulaire ou discoïdal, ou en un petit anneau ovale, point ou anneau se reproduisant presque toujours sur les ailes inférieures; quant au contour des ailes, caraclére qui reste constant dans les variétés d'une espèce, il olfre fréquemment une dent ou échancrure plus profonde que les autres aux ailes inférieures, reproduite parfois aussi aux ailes supérieures; ces mêmes ailes ont encore, chez beaucoup d'espèces, une particularité assez curieuse; c'est une petite vésicule, placée près de leur base, au-dessus de la nervure sous-médiane qu'elle fait parfois dévier; cette vésicule n'est pas, comme chez les Satyrides, un renflement de cette nervure, mais seulement une légère con\exité en dessus de la membrane alaire, à laquelle répond en dessous une fossette de même étendue; pattes longues, peu ou point renflées, les postérieures à jambes souvent renflées et presque toujours munies, au moins dans l'un des sexes, de deux paires d'éperons; le renflement des jambes postérieures forme souvent une gaine ou étui dans lequel est renfermé un faisceau de poils susceptibles de s'épanouir dans des circonstances données; parfois il y a atrophie, qui peut devenir presque complète, des tarses postérieurs, ainsi dans la majorité des Acidalides; enfin les cuisses antérieures de certains genres sont armées d'un ongle, ou épine recourbée très robuste, analogue à celle qu on observe chez certains Noctuelles, comme les lléliolhis. — Chenilles à incisions peu profondes, lisses, ayant les trois premières paires de pattes membraneuses presque constamment absentes, et dans tous les cas plus courtes que les autres. — Chrysalides rases, mutiques, à anneaux abdominaux libres.

Nous nous contenterons d'indiquer quel(}ucs types intéressants de la tribu des Phaléniens.

LUAl*'i'i;iii X, Leacli. — Aulomies simples dans les deux sexes, plus épaisses chez le mâle; spiritrompe longue; dernier article des palpes très petit, ne dépassant pas le chaperon, qui est large et velu ; thorax robuste et velu ; ailes assez épaisses, cotonneuses, à nervures refoulées vers la côte, l'angle apical des ailes supérieures très aigu; milieu chi bord terminal des inférieures prolongé en queue; [uittes robustes. — Clienille très allongée, raniiforme, à tête lenticulaire, l'auueau .3 renflé, munie île caroncules et d'éminences sur les anneaux 5 et 7. — Chrysalide reul'erniée dans un léger réseau suspendu par des fils.

Nous n'avons en Europe qu'une seule espèce U. Samhucata, Linn., la Soufrée à queue de Geoll'roy, the Swalloio-tailed Moth.. de /i5 à 60 millimètres d'envergure, les deux sexes pareils; corps soufré, avec le devant de la tète d'un brun cannelle ; antennes et tarses blancs ; ailes d'un jaune soufré, avec quelques stries oblongues olivâtres, les supérieures à sommet aigu, un peu falquc au bord terminal, qui est un peu denté, avec deux lignes olivâtres, écartées et un trait cellulaire, les inférieures avec une seule ligne olivâtre et une queue amincie et arrondie au bout, au-dessus de laquelle est une tache rouge entourée de noir et une tache ou un trait noir; frange d'un rouge ferrugineux. Ce remarquable papillon vole avec rapidité au crépuscule autour des buissons, dans les prairies et surtout dans les grands jardins, à la fin de juin et en juillet; il n'est jamais très commun près de Paris et l'est davantage dans les régions boréales de l'Europe. La chenille, qui passe l'hiver et se chrysalide en avril et mai, se trouve de septembre à mai, surtout sur le chèvrefeuille et le sureau, aussi sur le lierre, la ronce, le prunellier, etc. Elle est très longue, aplatie et effilée antérieurement, d'un brun de bois, la tête lenticulaire, élargie et coupée carrément en avant, la vasculaire plus foncée et deux autres lignes plus claires et vagues, les pattes écailleuscs portées sur deux forts mamelons, deux caroncules latérales sur le cinquième anneau, une caroncule dorsale recourbée en avant sur le septième; elle a la fréquente habitude de rester suspendue par un fil pendant de longues heures; chrysalide d'un ochracé pâle, striée, avec une ligne vasculaire plus sombre.

Cette espèce est le type d'une famille, décomposée par Guenée en plusieurs genres, offrant de nombreuses espèces exotiques, la plupart de la plus grande taille des Phaléniens, et faisant comme un passage aux Crâniens. Elles sont principalement de l'Amérique méridionale chaude et du Mexique, et aussi du continent Indien, de Chine, d'Australie, de Tasmanie. Nous représentons, pi. xcvii,fig. 1, Z7.il/ac/monar«a, Boisd., de Colombie, 52 millimètres d'envergure, entièrement d'un blanc mat, avec trois bandes transversales brunes aux ailes supérieures, deux aux inférieures, celles-ci prolongées en une petite queue, dont la base est marquée de deux gros points noirâtres; frange des quatre ailes brune, jaunâtre à l'angle anal des inférieures; dessous sans taches ni bandes. Contrairement à l'opinion de Boisduval et de Guérin-Méneville, Guenée a retiré cette espèce et d'autres analogues de la tribu des Piialéniens, pour la placer dans les Attaciens, en raison de la nervulation, des antennes bipectinées et à lames pubescentes des mâles, de l'absence de spiritrompe, de l'abdomen ramassé et velu, des pattes courtes et laineuses ; la coiuuiissance exacte des premiers états décidera la question. (Voyez à ce sujet une discussion de Guenée à propos du genre Micrunia, Phalénites, II, ou X du S/jec/cs, 1857, p. 23.)

Les Eiuiomides constituent une famille de belles Phalènes à ailes généralement dentées ou anguleuses, avec les antennes des mâles

PHALÈMEiVS. 633

presque toujours garnies do lames pubescentes, qui les font paraître pectinées, l'abdomen épais chez les femelles ; les clictiilles, ramiformesou pédunculiformes, ont le plus souvent 10, mais parfois 12 ou IZi pattes et vivent à découvert sur les arbres et arbrisseaux. Le genre Metrocampa, Latr.. a des papillons à ailes supérieures anguleuses et aiguës au sommet, les inférieures dentées; les chenilles allongées, aplaties en dessous, garnies d'ajtpendices filamenteuv sur les côtés à la façon des C'atocala, munies de 12 pattes, dont 10 seulement servent à la marche. Le type est M. Manjaritata, Linn., le Crladon, Geoffr., Ihe Light Emeruld, les quatre ailes d'un joli vert tendre, se changeant en gris de perle sur les sujets secs ; bois de chênes et surtout de hêtres en mai, et sujets de /i2 à /t5 millimètres d'envergure, puis en août, et alors pareils, mais beaucoup ])lus petits, 30 à ;i5 millimètres d'envergure ; chenille grise à dessins dorsaux et points trapézoïdaux du onzième anneau jaunâtres, vit en avril, puis en septembre et octobre sur le chêne, le hêtre, l'aulne, etc. Dans le genre liumia, Duponchel, les papillons ont les antennes simples dans les deux sexes et les ailes entières, sans angles; les chenilles sont ramiformes, avec un tubercule très élevé sur le sixième anneau, ont lli pattes et ne portent d'appendices filamenteux qu'entre les deux dernières paires. Le type est li. Cratœgata, Linn., la Citronelle rouillée, Geoffr., the Brinstone Moth, de 32 millimètres d'envergure, d'un beau jaune citron, avec deux lignes flexueuses composées de lunules grises plus ou moins bien marquées, très commun en mai, puis en août, dans tous les bois et sur les haies, vole au crépuscule; chenille sur les prunelliers, les auliépines, les alisiers, etc., en mars et avril, puis de juillet à décembre, devenant chrysalide dans une coque assez solide, fixée aux branches ou entre les feuilles. Les Lnnomides qui vont suivi'e ont toutes des chenilles à dix pattes. Les VenUia, llup., ont les antennes simples dans les deux sexes, les ailes aiguës au sommet et volent en plein jour; les chenilles, sans éminences, vivent sur les plantes basses. Le type, très commun dans tous les bois, en mai et juin, volant avec Thcda ruhi,, est V. Maciilata, Liim., la Panthère, Geoffr., the Speckled Yelloiv; 28 millimètres d'envergure, pareil dans les deux sexes, ailes d'un jaune d'or, parfois ocreux, parfois au contraire d'un citron pâle, avec beaucoup de taches noires, inégales, irrégulières, formant des bandes interrompues ; parfois quatre taches costales seulement, ou, au contraire, toutes les aih^s envahies par le noir; chenille verte, avec les incisions et la ligne vasculaire plus foncées, celle-ci placée entre deux tilets blancs, la tête verte, avec deux traits latéraux blancs; en août et septembre sur divers plantes basses, surtout les Chicoracées et les Lamium (Labiées); chrysalide enterrée. Les Angerona, Dup., ont les antennes très pectinées dans les mâles, la spirilrompe longue, les ailes larges, striées, sans lignes bien distinctes, les inférieures échancrécs. Le type est A. Prunaria, Linn., la Phalenr du prunier, Devillers, the Orange Moth, les ailes d'un beau jaune orangé vif,

couvertes de petites stries noires, avec un trait épais, noirâtre sur le disque de cliaque aile; une variété, plus rare, a les ailes envahies par le brun; d'autres présentent des albinismes partiels et irréguliers par décoloration; papillon en juin dans les allées des bois et les routes plantées d'arbres; chenille allongée, grise, striée et marbrée de brun, avec deux tubercules bifides, l'un sur le quatrième, l'autre, plus élevé, sur le huitième anneau, sortant de l'œuf en septembre, passant l'hiver engourdie sous la mousse ou dans les fentes des arbres, arrivant à toute sa taille à la fin de mai de l'année suivante, vivant surtout sur le prunellier et sur les pruniers cultivés. C'est surtout dans les jardins qu'il faut chercher une fort belle et rare Phalène, en mai et juin, puis en août, au crépuscule, Pericallia (Steph.) Syringaria, Linn., la Phalène jaspée, (leoffr., la Phalène du lilas, Encycl. méth., the Lilac Beauhj, à ailes larges et échancrées, jaspées de rose, de lilas, de jaune fauve et de verdâtre,- avec les antennes pectinées dans les deux sexes, plus fortement chez les milles, la spiritrompe rudimentaire, les pattes courtes; la chenille brune, à manteau ferrugineux, est très curieuse par sa forme et sa bizarre altitude au repos; elle est courte, épaisse, pubescente, amincie en avant, munie sur le dos de six caroncules saillantes, dont deux sur le septième anneau formant de longs filaments re'courbés en arrière; elle vit ay printemps et en automne sur les chèvrefeuilles, les lilas, les jasmins, les troènes. Au lieu de se tenir, au repos, raide et en bâton, comme ses congénères, elle se tient repliée, les deux parties du corps appliquées l'une contre l'autre, la tète un peu relevée, position qui rend fortement saillantes les caroncules dont son corps est orné; la chrysalide est également très courte et logée dans un réseau à larges mailles que la chenille suspend à une feuille ou à un rameau. Le genre Ennomos, Treitscke, a les antennes très pectinées, à lames longues et serrées dans les mâles, dentées en scie par de courtes lames chez les femelles, la spiritrompe rudimentaire ou nulle, les palpes saillants en bec aigu, le thorax épais et velu, l'abdomen grêle et terminé par un bouquet de poils chez les mâles, épais et ovoïde chez les femelles, les ailes dentées avec une dent plus saillante au milieu du bord terminal ; les chenilles, à tête plus large que le cou, globuleuse et aplatie en avant, sont longues, ramiformes, garnies de tubercules sur le dos et sur les côtés et vivent sur les arbres; les chrysalides, vertes ou testacées, sont renfermées dans de légers réseaiLX entre les feuilles. L'espèce la plus commune est /:..4/i(/u^ar/a, cat.de \. , la Zoni-. i'.eoi\'i.,tlie Augmt Thorn, de 38 à ZiO millimètres d'envergure, variant considérablement, d'un fauve jaunâtre ou rougeâtre, avec bandes brunâtres, dans les boisen juillet, août, septembre, très abondantà Compiègnedans les futaies d(! hêtres et de charmes, appliqué sur les troncs ou à terre sur les roules ou les feuilles sèches, le mâle volant en plein jour pour peu qu'il soit dérangé ; chenille en juin, sur la plupart des arbres forestiers, très effilée, d'un brun rougeâtre, avec une petite carène dorsale et deux

l'HALÉMENS. (JiiS

latérales sur cliacun des anneaux 5 et 6, une carène dorsaic .sur 8, deu\ pointes saillantes écartées sur 11. Dans le genre voisin Himera, Dup., les papillons ont les antennes plumeuses jusqu'au sommet et à lames très longues cliez le raàle, la spiritrompe grêle, les palpes très courts, le corps velu, les ailes minces, peu dentées, avec la nervulation ditlërente dans les deux sexes, les chenilles luisantes, sans éminences, à tèle globuleuse, les chrysalides enterrées. Le type est II. Pennaria, Linn., la Phalfiteeiiiplumée, Kncycl. méth., the Fmthered Tliorn, de 42 millimètres d'envergure, d'un jaune ocreux chez le mâle, plus pâle chez la femelle, avec lignes rougeâtres et poinlillures d'un rouge brique, espèce des jardins, des avenues de bois, des taillis, en septembre, octobre et même novembre en battant, si commune parfois que les allées des bois sont jonchées de ses débris abandonnés par les oiseaux et surtout les chauvessouris qui en font une grande desiruction ; chenille lisse, d'un gris clair, avec losanges nuancés de brun et de blanc, le ventre bleuâtre et deux pointes rouges sur le onzième anneau; en avril, mai, juin, sur le chêne et le prunellier; chrysalide enterrée.

Les Amphidasydes présentent des papillons bombycifornies, à antennes pectiuées ou plumeuses dans les mâles, sélacées dans les femelles, la îète petite et cachée sous le prothoi'ax, la spiritrompe nulle, les palpes rudimentaires et cachés sous les poils du front, le thorax robuste, velu et bombé, l'abdomen velu chez les milles, picolé de noir chez les femelles, les ailes épaisses, les supérieures prolongées au sommet, les inférieures plus courtes; les femelles sont souvent aptères ou n'ayant que des moignons d'ailes rudimentaires. Les chenilles, à iO pattes, sont allongées, raides, souvent luisantes, ramiformes, vivant le plus souvent à découvert sur les arbres, parfcns sur les plantes basses ; chrysalides enterrées. Le genre l'higalia, Dup., présente des papillons à cuisses velues et à femelles abs<jlument aptères, les chenilles hérissées de petites pyramides pilifère». Citons I'. Pilosaria, Linn., la Phalène velue, lincycl. méth., the Pale lirindled Beauty, le mâle de û'i millimètres d'envergure, les ailes entières, minces, d'un gris verdâtre comme le corps, avec quatre taches d'uji brun bistré à la côte et des lignes transverses nébuleuses et tlexueuses, la femelle aptère, à tête et thorax d'un gris verdâtre, à abdomen rougeâtre et zone de noir, comme celui du mâle; papillon eu février (parfois janvier) et mars, sur le tronc des arbres, les palissades des jardins, les allées (U's bois, les promenades publiques plantées d'ormes ou de tilleuls ; chenille brune, à tubercules subepiueux sur les anneau.x Zi, 5, 6 et IJ, vivant en mai et juin sur le chêne, l'orme et les tirbres fruitiers, très délicate à élever, ce qui explique pourquoi le [lapillon est assez rare, tandis que la chenille est très commune, et nuisible à nos vergers, en certaines années, à la façon de YHibernia Defoliaria. Le genre iVt/ss«fl, J)up., est analogue au précédent, avec l'abdomen court, conique, ù poils hérissés, les ailes oblongues, petites relativement au corps, demi-transparentes, à nervures saillantes,

les femelles n'ayant que des moignons d'ailes arrondis, à peine visibles, les chenilles vivant sur les arbres et les plantes basses, les chrysalides enterrées. L'espèce la plus intéressante est N. Zonaria, cat. de V., the Belted Beauty, 30 millimètres d'envergure chez le mâle, les ailes blanchâtres, avec la côte, les nervures et l'espace terminal noirâtres, et deux lignes blanches, subparallèles, la femelle avec des moignons d'ailes très courts, noirs, bordés de poils blancs, l'abdomen îarge, ovoïde, garni de poils blancs, terminé en pointe, noir, annelé de poils roux, comme celui du mâle; papillon à la fin de mars et en avril, sur les plantes basses et sur le tronc des arbres, les mâles volant à l'entrée de la nuit seulement, à la recherche des femelles toujours immobiles ; environs de Paris, Compiègne, France centrale, Alsace-, assez rare. Ce papillon a été fort abondant pendant un assez grand nombre d'années, contre Paris, dans les prairies d'Ivry, près du confluent de la Seine et de la Marne, au lieu dit Bosse-de-Marne. C'est vers 18/i3 que cette station fut découverte par des amateurs de Coléoptères qui allaient dans ces prairies, au premier printemps, pour y capturer le Meloe Scabrosus; on y prit des milliers ùc Xijssia Zo/ia?-îa pendant plusieurs années, de manière à fournir toutes les collections ; il y a quinze à dix-huit ans, j'en capturai encore quelques spécimens dans cette localité, avec mon collègue et ami M. J. Fallo; actuellement les constructions et les petites cultures ont entièrement détruit l'espèce. La chenille, lisse, cylindrique, sans éminences, est d'un vert pomme, avec la ligne stigmatale large et d'un jaune clair; elle habite les prés humides, vivant en mai et juin sur différentes plantes basses, la sauge des prés, la mille-feuille, la jacée, etc.; elle se change en terre, sans coque, en une chrysalide qui passe l'hiver. Le genre ffîsfon, Leach, offre des femelles ailées comme les mâles, des papillons très velus, d'aspect de Bombyx, les antennes plumeuses, le corps court et robuste, le thorax très développé, hérissé de poils épais, la spiritrompe et les palpes atrophiés, les ailes vigoureuses et fortement charpentées, pulvérulentes et à demi diaphanes; les chenilles sont cylindroïdes, sans bourgeons, à lignes longitudinales. Le type est le B. Hirtarius, Linn., la Phalène à ailes velues, de Geer, la Phalène hérissée, Encycl. méth., the Brindled Beauty, UO millimètres d'envergure, les ailes demi-transparentes, surtout chez les femelles, où elles sont souvent à demi développées et roulées sur les bords, d'un gris roussâtre fortement saupoudré de noir, avec lignes noires ondulées, le thorax hérissé de poils très épais, mêlés de gris et de brun, l'abdomen très velu et roussâtre; chenille d'un gris violàtre ou brunâtre, à sous-dorsales jaunes, vivant sur plusieurs arbres ou arbustes, surtout l'orme et le tilleul, se tenant le jour entre les rides de l'écorce, descendant au pied des arbres en août et septembre et se changeant sur le sol, entre les herbes, sans cocon ni coque, en une clirysalide courte, rugueuse, d'un brun noir, munie d'une pointe trèstine à son extrémité postérieure; papillons en mars et avril, sur les troncs, ne vivant que

PHALÉNIENS. 637

peu de jours, s'accouplant tout de suite et pondant des petits tas d'œufs ; l'espèce était autrefois très commune à Paris, sur les boulevards extérieurs, plantés en ormes ou en tilleuls; on n'avait, en hiver, qu'à fouiller au pied de ces arbres pour se procurer la chrysalide. Accidentellement cette espèce peut être nuisible aux poiriers (1). [,e genre Amphidasys, Treitscke, a aussi des papillons printaniers, ailés dans les deux sexes, avec la tige des antennes entrecoupée de blanc, ces antennes pectinées et non plumeuses chez les mâles, filiformes chez les femelles, les palpes et la spiritrompe visibles, le thorax large et robuste, l'abdomen court, les ailes opaques, épaisses, grises, pointillées et rayées de noir, triangulaires ; les chenilles très longues, à tète échancrée et aplatie, de couleurs très variées, vertes, grises, rougeàtres, brunes, avec desboutons sur plusieurs anneaux, les chrysalides enterrées, sans coques. L'espèce la plus commune est A. betularia, Linn., la Phalène du bouleau, Devil- 1ers, thc Peppered Moth, de Ixb millimètres d'envergure, en avril et mai, parfois jusqu'en juin, dans les jardins, les avenues, les bords des routes, sur les haies, etc.; chenille sur presque tous les arbres forestiers, ayant des appendices filamenteux entre les fausses pattes. Une espèce beaucoup moins commune, qu'on trouve en février et mars sur le tronc de.-; arbres qui bordent les 'chemins et avenues et parfois sur le sol, est ,•1. Stratarid, Hufnagel, syn. : Prodromaria, cat. de V., la Printaniére, Geoffroy, the Oak Beauly, un peu plus petite que la précédente; chenille en été sur les peupliers, les chênes, les trembles, etc., sans appendices filamenteux entre les fausses pattes.

Nous indiquerons, dans d'autres familles, les Géométrides, dont les papillons ont les palpes grêles, la spiritrompe grêle, les pattes glabres, les ailes presque toujours vertes et délicates, les chenilles raides, rugueuses, plissées, à tète bifide, avec deux pointes au cou et deux à l'anus, les chrysalides renfermées entre les feuilles : type Geumeira (Linn.) Papilionaria, Linn., la Grande iVaïa(/e,Fourcroy, la Papillonnairc, Devillers, the Large Emerald des Anglais, 45 à 50 millimètres d'envergure, les ailes grandes, larges, d'un beau vert de pré, avec lignes blanches ombrées antérieurement de vert plus foncé, un croissant discoïdal vert foncé, tête et corps verts, antennes et pattes janutitres; en mai puis en juillet, au crépuscule, avenues des bois humides, bords des eaux, rare ; chenille verte, à stigmatale jaune, en juin, puis en septembre, sur le bouleau, l'aulne, le hêtre, le noisetier, le saule marsault, etc., très adhérente au rameau sur lequel elle se fixe, au point de se laisser déchirer en deux parties, plutôt que de l'icher prise, si on veut l'en arracher. Les chenilles de seconde génération donnent des chrysalides qui passent l'hiver. Les (îéomélrides ont d'assez nombreuses espèces exotiques, dont plusieurs très remarquables par rélègance de

(1) Maurice Girard, Soie sur lu Phalèm: hcrissée [Journal Soc. centr. d'hortir. de France, 1879, 3<^S(-ri.', 1, |i. i3-.'iG).

leur dessin, la vivacité de leurs couleurs et parfois l'étrangeté de leurs formes. La famille des Epliyrides suspend ses chrysalides comme les Diurnes. Le genre Ephyra, Dup., syn. Zonosoma, Lederer, est formé d'élégantes Phal^-nes qui paraissent deux fois et surtout au printemps^ s'appliquent sous les feuilles les ailes étendues et se laissent tomber dans l'herbe au moindre choc. Une espèce très commune dans tous les bois est E. Pnnctaria, Linn., la Ponctuée, Devillers, the Maidens Blush, de mai puis d'août, 22 à 28 millimètres d'envergure, pareille dans les deux sexes, variant beaucoup de taille, de couleur, de sablé, par la présence ou l'absence des lignes, etc.; ailes d'un jaune ocreux pâle, avec de fins atomes bruns, le disque des supérieures presque toujours sablé de ferrugineux, lignes de points noirs, ombrées d'un brun rouge; chenille verte ou testacée, avec les sous-dorsales jaunes, taches rouges dorsales du quatrième anneau aux suivants, en juillet et septembre sur le chêne elle bouleau. Les Acidalides forment une famille considérable et qui s'augmente tous les jours, surtout pour les espèces exotiques et l'on peut encore y espérer des découvertes pour nos espèces indigènes. Le genre principal Acridalia, Treitscke, très nombreux en espèces, est formé de papillons de petite taille et de couleurs peu brillantes et peu variées, à palpes peu développées, à antennes courtes et rarement pectinées chez les mfiles, à spiritrompe distincte, à pattes mutiques, les ailes minces, pAles, à lignes communes aux deux paires, le corps grêle. Les papillons habitent les bois, les prés, les jardins et ne volent que quand ils sont troublés. Les chenilles sont grêles, carénées» raides, plus épaisses postérieurement et vivent cachées sur les plantes basses. Dans le genre f/a/î«,Dup., syn. : Thamnonoma, Lederer, les papillons ont les antennes ciliées dans les deux sexes, les ailes veloutées, à sommet obtus, les chenilles ont les trapézoïdaux verruqueux et garnis de poils. Une seule espèce européenne, H. Wavaria, Linn., le Damas cendré;, Geoffr., the V. Moth des Anglais, de 25 à 30 millimètres, les ailes d'un cendré jaunâtre avec quatre taches brunes à la côte, dont la seconde descend en forme de > jusque vers le milieu de l'aile; papillon en juillet dans les jardins et sur les haies; chenille verte ou rougeàtre, à stigmatale jaune et trapézoïdaux noirs, en mai et juin sur le prunellier et beaucoup plus sur les divers gi'oseilliers des jardins, qu'elle dépouille souvent de toutes leurs feuilles; aussi il faut écheniller.

Les Fidonides ont les antennes des mâles tantôt plumeuses, tantôt plus ou moins fortement pectinées, quelquefois simplement ciliées, les palpes courts et velus, la spiritrompe grêle, presque toujours courte, souvent nulle, le thorax étroit, plus souvent squameux que velu; abdomen des mâles long et presque toujours un peu conique ; ailes larges, entières, presque toujours saupoudrées, au moins sur une surface, d'atomes plus foncés. Cette l'amilk' a de nombreux genres, surtout eu espèces d'Europe. Les papillons habitent les prairies plutôt que les bois et principalement les lieux secs et eu pente, exposés au soleil et où

SCODIONA. 63i>

abondent les gentîts. Les chenilles sont longues, cylindroïdes, ordinairement sans éminences, à tète globuleuse, avec la partie anale terminée par deux pointes parallèles au corps.

SCOOl«\.*, Boisd. — Antennes des mâles pectinées jusqu'au souiiiict; palpes courts, écarti'-s, coniques ; spiritronipe courte ; corps velu ; ailes entières, pulvérulentes, avec un point discoidal sur chaque aile, les supérieures traversées par deux lignes de points plus ou moins bien marqués et formant un trapèze, les inférieures avec une seule ligne. — Chenilles lisses, épaisses, cylindroïdes, avec le douzième anneau bifide et un tubercule spiriforme sur le onzième.

Les clienilles de ce genre vivent de plantes basses et s'enterrent pour sechrysalider. Les espèces de France sont méridionales, à l'exception de S. Belf/aria, lluhn.,sjn. :Belgiaria, Guenée, F(ivillacea,i\.'Slén., Favillacearia, Guenée ; pi. xcvji, tig. 3, tète vue de profil, 3a, ùl. de face, oh, portion de l'antenne du mâle très grossie, 30 millimètres d'envergure, les ailes entières d'un gris blanchâtre ou d'un gris roux, chargé d'atomes bruns, avec un point allongé au centre de chacune d'elles, les supérieures traversées par deux lignes noirâtres punctiformes, les inférieures par une ; papillon en juin et juillet, Angleterre, ouest de la France, Vendée (Graslin), Fontainebleau (Berce) ; la chenille éclôt en juillet, hiverne, parvient à toute sa taille en mai de l'année suivante, et se nymphose dans un léger cocon à la surface de la terre.

Le genre Strenia, Boisd., syn. : Phasiane, Dup., présente des papillons à antennes pubescentes, les ailes de couleur uniforme et à dessins communs auv deux paires, à frange fortement interrompue : ils volent en plein jour et même au soleil. Les chenilles sont assez courtes, à trapézoïdaux peu saillants, mais surmontés de poils, et ^ivent cachées sous les plantes basses. Le ty'pe est S. Clathrata, Linn., la Phalène à barreaux Encycl. méth., the Latticed Heath, de 25 à 30 millimètres d'envergure, les quatre ailes d'un jaune ocreux, plus ou moins mêlé de blanc, traversées par quatre lignes d'un brun noir aux supérieure^ et trois aux inférieures, lesquelles coupées à angle droit par les nervures de même couleur, simulent un grillage; un trait cellulaire noir sur le disque de chaque aile ; papillon très commun pendant toute la belle saison sur le& champs de trèfle et de luzerne et dans toutes les prairies où sont intercalées aux Graminées de? petites Légumineuses; chenille à tète verte, à corps cylindroïde, d'un vert pâle, avec deux tilets dorsaux blancs liserés de vert foncé, une sous-dorsale pareille et une stigmatale blanche-, au printemps et en automne sur les Medicago, Hedysarum, Trifoliitm,Melilotus, etc. Dans les Fidonia, Treist., les antennes des mâles sont pectinées, souvent plumeuses, celles des femelles dentées, la spiritrompe nulle ou rudinientairi', les ailes mates, de couleur jaune ou fauve saupoudrée d'atomes foncés, avec des dessins ou des taches noires ou brunes. La plupart volent en plein jour dans les clairières des bois

remplis de genêts ou de bruyères, et portent au repos les ailes relevées à la façon des Diurnes; aussi, comme conséquence, les couleurs sont elles plus vives et les dessins plus nets en dessous qu'en dessus. Chenilles allongées, cylindroïdes, sans éminences, à tête globuleuse, à lignes ordinaires distinctes, vivant sur les arbres et les plantes basses. Chrysalides enterrées. A signaler : F. Atomaria, Linn., la Rayure jaune, Geoffr., the Common Hcath, de 27 à 32 millimètres d'envergure chez le mâle, les antennes très plumeuses, les ailes d'un jaune d'ocre plus ou moins loncé, sablé de brun, les supérieures traversées par quatre lignes brunes dentées, les inférieures par trois; femelle plus petite, d'un jaune pâle ou blanchâtre ; papillon très commun dans tous les bois et sur tous les coteaux à genêts en avril et mai, puis en juillet et août; chenille verte, rose ou brune, avec dessins en losange et lignes blanchâtres, sur les genêts, les scabieuses, les coronilles, les Lulus, l'armoise, etc., en juin, puis en septembre; F. Piniaria, Linn. (sous-genre, Bupalus, l^each), la Phalène du pin, Devillers, the Bordered White, 35 millimètres d'envergure chez le mâle, qui a les antennes pectinées, les ailes d'un jaune pâle, avec bordures et bandelettes d'un brun noirâtre; la femelle plus grande, à couleur du fond variant du brun roux au fauve; en Angleterre, on trouve fréquemment une variété, très rare en France, où les taches jaunes du disque sont blanches; dans tous les bois de pins ou sapins en avril et mai ; chenille allongée, verte, à lignes longitudinales, dont les trois médianes blanches, les latérales ou stigmatales jaunes; d'août en octobre, sur les pins et sapins. On se la procure en battant au parapluie; elle s'élève aisément, et c'est le meilleur moyen d'obtenir le papillon bien frais, car il vole ordinairement au sommet des arbres et n'est pas facile à capturer. 11 y a plusieurs belles espèces de Fidonia dans la France méridionale. Le genre Lylhria, Hubn., offre les antennes des mâles plumeuses et courtes, le corps velu, les ailes courtes et mates, les chenilles vivant de plantes basses. Les papillons sont de jolis insectes à couleurs vives, volant en plein jour dans les lieux secs et chauds. Le type, de 20 à 25 millimètres d'envergure, est L. Purpuraria, Linn., l'Ensanglantée, (îeoffr. , les ailes variant du fauve au fauve olivâtre, avec deux bandes d'un rose pourpré sur les supérieures, la frange des quatre ailes roses; toutes les collines sèches en mai, puis en août, commun en Beauce; chenille verte ou vineuse, à ventre clair, sur les Rumex et les Pulygonitm, en juin et en septembre. Les Zérénides offrent des papillons dont les antennes sont presque toujours simples, épaissies seulement chez les mâles, les yeux gros, les palpes très courts, la spiritrompe bien développée, le thorax court, demi-velu, à ptérygodes écartés, l'abdomen des mâles, long, eftilé, souvent marqué de taches noires, les ailes larges et entières, soyeuses, molles, à fond ordinairement blanc ou jaune, souvent marquées de taches ou lignes noires, très apparentes, les pattes rases. Les chenilles sont épaisses, assez courtes, non atténuées, sans éminences. Cette

Page 1