‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservation (volume 2)Chapitre 4 sur 28 · GIRARD. III · texte numérisé non relu

GIRARD. III

d'articles étranglés au milieu de leur longueur et renflés avant l'extrémité, celles des femelles tantôt élargies en palette avant l'extrémité, la partie élargie formée d'articles courts et aplatis, tantôt plus grosses et plus ou moins comprimées vers le bout, l'aréole de l'aile antérieure ordinairement pentagonale, parfois quadrilatère ou même subtriangulaire, la tarière cachée. Nous figurons le /. picta, G.-Mén., femelle (pi. Lxxvn, fîg. 7), du Brésil, varié de noir et de jaune, les ailes rembrunies au bout, les pattes noires en dessus, l'abdomen avec six taches jaunes et les jambes postérieures avec deux.

CRYPTIDES.

Tète transverse. Écusson plan ou convexe. Abdomen convexe et pétiole, avec le pédicule étroit et allongé. Tarière longue et saillante.

Dans le genre Cryptm, Graw, le?, antennes sont longues et grêles, souvent épaissies vers l'extrémité dans les femelles; les yeux ovales, plus ou moins proéminents; l'écusson plus ou moins convexe, triangulaire ou subcarré; les ailes médiocres, avec l'aréole pentagonale ou quadrangle ; les pattes longues et grêles, surtout les postérieures; l'abdomen des mâles long et étroit, ovale et élargi chez les femelles, le premier segment hsse et subarqué, avec deux lignes élevées distinctes; la tarière longue et saillante, partant d'une proéminence du sixième segment ventral, se plaçant au repos dans la fente des segments 7 et 8, puis emboîtée par les valves, lesquelles sont fixées au bout de l'abdomen, quelquefois plus courtes que la moitié de l'abdomen, le plus souvent plus longues, rarement de la longueur de tout le corps. Les Cryptes, qui ont près de 200 espèces en Europe, sont parasites de larves variées, telles que des Saperdes (Coléoptères), des chenilles de Vanesses, de Smérinthes, de Zygènes, de Bombyciens, de la Noctuelle des Pins, etc.; d'Hyménoptères des genres Osmia, Eumencs, Odynerus, Tripuxybu, Pclopœus, Crabro; de Tenthrédiniens, tels que les Cimbex, les Lophyres du Pin, etc. Citons C. tarsolcucm, Grav., à tarses blancs, attaquant les nuisibles chenilles de Trachea l'iniperda, etc.

Les Mesostenus, peu nombreux en espèces européennes, ont l'aréole petite et subcarrée; les pattes grêles et longues, surtout les postérieures; le corps généralement long et étroit, principalement chez les mâles; la tarière de longueur très- variable. L'espèce type et fort répandue est le M. ijladialor, Scopoli, dont la tarière est beaucoup plus longue que le corps, noir, avec les appendices variés de roux, les tarses en grande partie blancs, parasite des larves d'Osmia, à'Aminophila; d'autres espèces attaquent les chenilles des genres Acronijcta, Itarpyia, Zijgcma, etc.

Les l'ezuniachus, Grav., offrent des espèces de petite taille, qui se dis-

CUYPTIDES. — TRYPl ION IDES. 19

tinguent immédiatement des autres Icliucumuniens par leurs courtes ailes impropres au vol, ou même nulles. Le corps est grêle; la tête rétrécie en arrière ; le thorax gibbeuxà divisions très-profondes, l'écusson suivant les variations de développement des ailes ; les pattes assez fortes ; l'abdomen des femell»^.s en ovale assez large, aussi long que la tête et le thorax réunis, avec le pédicule coudé en arrière, comme chez la plupart des Cryptus; la tarière médiocre, plus courte que l'abdomen, ou tout au plus aussi longue que lui. On trouve les Pezomachus, qui comptent en Europe près de deux cents espèces, courant à terre dans les lieux secs, pierreux ou sablonneux. Ainsi, aux environs de Paris, le /*. pedicularius, Panz., à ailes très-étroites, velues, sans nervures apparentes; les P. pedestris, Fabr., et agilis, Fabr., n'ayant pour ailes que des moignons blanchâtres; le /'. formicarius, Linn., noir varié de roux, absolument sans ailes, ayant l'aspect d'une longue Fourmi. Les l'ezumachus vivent à l'intérieur des larves de Tortricides, de Tinéides, de Psychides, dans des galles de Cynipiens, dans des nids terreux d'Araignées, etc. (1).

\.c?, Heinitelcs, Grav.,sont des Cryptides de taille petite et très-petite, au nombre de près de cent espèces en Furope, reconnaissaliles à leur aréole pentagonale et ouverte en dehors, à leurs ailes rayées de bandes brunes dans beaucoup d'espèces, notamment celles qui sortent des fourreaux des Psyché gramincUa, calvella, etc. (ce caractère semble général pour les Ichneumoniens parasites des Psychides), à leur tarière parfois aussi longue et plus longue que l'abdomen, souvent plus courte. On cite les yit'j/iïïe/es comme parasites internes des Papillons rliopalocères et hétérocères, notamment des Psychides, des M icrog aster {double parasitisme), des Cécidomyies (Diptères), des Chrysopes (Névroptères propres;, des Rhoditrs (Cynipiens), des cocons à œufs d'Araignées, etc. 11 faut respecter dans nos maisons des llemiteles à longue tarière tripile, et certains autres genres, qu'on voit souvent courir sur les vitres des fenêtres et sur les rideaux, (les insectes ont vécu aux dépiiiis des chenilles funestes des Teignes domestiques, des larves des Anubiiun Coléoptères) destructeurs des bois ouvrés, etc.

TRYPHOMDES.

tête transverse. Antennes sétacéos, souvent un peu épaisses, n'atteignant pas la longueur du corps, formées d'articles courts. Fcussoii plan ou convexe; aréole très-variable, rhomboidale, triangulaire (ui subor-

(1) Giraud et Laiioulbèae, U.i/n des ér/osions d'Inscefes, ctciAtm. Suc. cntcnn. France, 1877, p. 397). Cette note est Iros-intéressunte ù consulter iiour toulc^ les tribus d'Hyménoptères eutomopliajjes.

20 HYMÉNOPTÈliliS.

biculaire, pctiolée ou scssile, oblitérée ou nulle. Abdomen à court pétiole ou d'aspect subsessile, convexe ou parfois déprimé. Tarière cachée ou à peine sortie.

!tlETOB>il.'<i», Panzer, ou Peltastes, Illiger. — Tùte couilc et large, avec une sorte de bouclier sur la face. Antennes droites, assez épaisses, un peu plus courtes que le corps. Mandibules larges et barbues, avec dent obtuse à la base. Écusson quadrangle à angles apicaux aigus, avec les bords latéraux relevés et libres, et le bord postérieur avancé sur le postécusson. Aréole grande, rhomboïdale. Pattes à cuisses postérieures un peu renflées. Abdomen long, subdéprimé à la base, à bords à peu près parallèles, couvert de points serrés a^sez épais, s'élargissanl peu à peu en arrière. Tarière cacbée.

On reconnaît les sexes dans ce genre en ce que les femelles ont un lobe allongé et impair dans la fente des arceaux qui terminent l'ubdomen en dessous, et que les mrdes ont, à la place de ce lobe, une plaque terminale supportant deux appendices arqués, formant par leur réunion une sorte de pince qui sert sans doute à l'accouplement, lin outre, l'arceau supérieur du dernier segment de l'abdomen supporte, chez les deux sexes, les deux filets ou appendices velus qu'on remarque dans tous les Ichneumoniens. Les Metophis sont parasites de Lépidoptères hétérocères et aussi des fausses chenilles nuisibles du Lophyre du Pin. Ils ne comptent qu'une douzaine d'espèces en Europe, dont le type est le M. necatorius, Fabr., des environs de Paris, d'Allemagne, d'Italie, noir, avec la tête, le thorax et l'écusson variés de jaune, les pattes noires, tachetées de jaune, l'abdomen noir avec les cinq premiers segments bordés de jaune. Nous figurons une autre espèce des environs de Paris et d'Allemagne, le M. dissectus, Panzer, ou sicariu.s, Grav, (pi. lxxvu, fig. 9), noir, avec un anneau fauve vers le bout élargi de l'abdomen.

Le genre Tryphon, Fallen, ollre des antennes de longueur moyenne, grêles, plus ou moins courbées au bout; le thorax convexe, avec l'écusson gibbeux et triangulaire; l'aréole des ailes antérieures triangulaire ou suborbiculaire, très-petite, parfois nulle; les pattes souvent un peu grêles et allongées ; l'abdomen subpétiolé ou subsessile, le premier segment canaliculé et à deux tubercules latéraux ; cet abdomen oblong, plus long que le thorax, parfois lancéolé ou fusiforme chez les femelles, peu à peu dilaté vers le quatrième segment ; la tarière très-courte, un peu sortie. Beaucoup d'espèces de Tryphons vivent dans des fausses chenilles de Tenlhrédiniens nuisibles aux Conifères, arbres forestiers et fruitiers, aux Rosiers {Athalia, Selandria, Lophyrus, JSematus, Cimbex), cl dans des chenilles de Torlriciens. On en compte en Europe près do 150 espèces. Citons T. elef/nnUdum, Grav., et T. Vespariiin, llatzeburg, ce dernier détruisant les larves de Guêpes.

OPHION, KTC. 21

OPIIIOiNIDES.

Antennes filiformes longues et très-grèles. Abdoinea pétiole, comprimé ou en faucille d'une maniri'c plus ou moins complète, tronqué au bout. Tarière ordinairement courte et souvent même peu ou point visible.

Ol>9IIO\, Falir. — Antennes sélaeées, aussi longues que le cor|is, les articles terminaux tronqués obliquement de liant eu lias. Ailes antérieures à aréole ou cellule cubitale intermédiaire nulle, la cellule cubitale interne recevant les deux nervures rccurrentes. Pâlies grêles, de loni,nicur médiocre, les crochets des tarses pectines et la pelote très-petite. Ab Ionien comiu-imé et tranchant à partir du troisième segment, les serments i et 2, et surtout 1, plus larges en arrière (pi'en avant. Tarière à peine saillaule.

I.a brièveté de la tarière donne parfois quelques difficultés [)our distinguer les sexes des Ophinns. (Ihez les femelles, le bout de l'abdomen est oblique de baut en bas et d'arrière en avant cbez les mâles et tronqué cbez les femelles; les appendices génitauv des milles imitent assez exactement les valves de la tarière pour ((u'on puisse souvent s'y tromper. LTùirope compte environ 2.î espèces du genre Oiihioii , vivant presque exclusivement dans les chenilles des genres Buinlnjx, lldrpyia, Dicramira, CaUimorpha, CucuUia, Acronijcla, et divers Noctuéliens. Les Processionnaires et la Noctuelle piniperde rencontrent en eux d'utiles ennemis. On peut prendre comme type l'O. luteum, F.inn., commun dans presque toute l'Europe, d'un jaune testacé, à tète roussâlre, les mandibules noires au bout, deux lignes plus pâles sur le protborax, l'écusson jaune, les ailes transparentes, très-légèrement enfumées, l'abdomen rembruni vers l'extrémité. Nous figurons une espèce voisine, l'O. marijinatiun, Jurine (pi. lxxvu, fig. 6), d'un jaune assez clair, les ailes jaunes dans leur partie antérieure et médiane.

Le genre ylnomrt/o», firav., comprend un nombre d'espèces en Europe plus que double de celui des Ophions, et qui vivent dans des Spbingiens, des Hombyciens, des Noctuelles, plus rarement chez des Zygènes ou des Papillons rhopalocères (.1. tenuicorne, (irav., dans les chenilles de Thais et de Don'tis). (le genre manque d'aréole aux ailes antérieures. Les pattes sont grêles et les tarses postérieurs sont épais et larges, les crochets tarsaux étant simples, l/abdomen très-long, à pédoncule long et grêle, est comprimé et tranchant à partir du deuxième segment. La tarière des femelles est courte et ses valves sont un peu élargies. Nous citerons A. circumjlexum, Linn., des environs de Paris, d'Italie, d'Allemagne, d'Angleterre, du sous-gcnre Exochilum, Wesmael, parasite de chenilles de Bombyciens.

Le genre Campoplex, Grav., compte en Europe plus de 1 00 espèces dont

les larves vivent dans les chenilles de Bombyciens, de Noctuéliens, de Tortriciens, de Tinéens (Yponomeutes et Coléophores), et aussi dans les fausses-chenilles des Cimbex et du Lophyre du Pin. Les antennes sont plus courtes que le corps, sétacées et assez épaisses. Les ailes de devant sont pourvues d'une aréole généralement triangulaire, quelquefois pentagonale, tantôt pédiculée, tantôt sessile, parfois nulle. Les crochets des tarses sont larges et pectines, parfois faiblement, avec la pelote presque aussi longue que les crochets eux-mêmes. L'abdomen est médiocrement comprimé, avec le premier segment globuleux à son extrémité. La tarière des femelles est tantôt courte, tantôt presque aussi longue que l'abdomen et un peu recourbée en haut. Nous citerons, comme communs aux environs de Paris et dans presque toute l'Europe, les C. inculcator, Linn., elpugillatoi-, Linn. Audouin donne, parmi les destructeurs de la Pyrale de la Vigne, le C. maialis, Grav., ou Limneria, Holragren, pour d'autres auteurs. Le C. sordidus, Grav., attaque les chenilles si nuisibles des Yponomeutes des Pruniers et des Pommiers.

PIMPLTDES.

Abdomen d'aspect sessile ou large à sa base, déprimé plus ou moins fortement dans toute son étendue. Tarière longue dans la plupart des genres, mais très-courte et cachée dans l'abdomen chez quelques-uns, Écusson triangulaire ou suborbiculaire.

AC«I';\'1TES, Latr. — Tête courte et large. Antennes courtes, assez épaisses et filiformes. Ailes antérieures dépourvues d'aréole, avec la nervure moyenne sinueuse et se continuant avec celle qui gagne le bout de l'aile, une nervure perpendiculaire à sa direction la séparant de la cellule cubitale ou marginale. Pattes fortes, de longueur médiocre pour les paires 1 et 2, avec les cuisses postérieures épaisses et les pattes postérieures longues, les crochets des tarses bifides, la pelote assez longue. Abdomen ovoïde, de la même largeur que la tête et le thorax, avec le dernier arceau ventral des femelles en fer de lance; la tarière quelquefois aussi longue que le corps, quelquefois n'ayant que la moitié de la longueur de l'abdomen.

Le genre Acœnites n'a que peu d'espèces, à peine 10 en Europe. Les deux espèces les plus communes sont \\i. dubitatur, Panzer, d'Allemagne, de Piémont, de France, noir, à ailes diaphanes ci d'un jaune brun-llre, les pathis fauves, avec les hanches et les jambes posléricures noires, l'abdomen avec les segments 2 et 3 fauves, les autres noirs, 5, 6 et 7 bordés de blanc. Nous figurons VA. arator, Grav., d'Italie, d'Allemagne, de France et des environs de Paris (pi. i.xxvni, fig. 1, femelle : 1 o, tCte vue de face ; 1 6, mâchoire et palpe ; 1 c, lèvre infé-

ACŒNITES, ETC. 23

rieiire de profil ; 1 d, id. de face ; 1 e, abdomen de profil, avec tarière et valves; 1 f, jambe et larse postérieurs). Cette espèce est noire, avec les ailes translucides d'un brun fauve, les cuisses postC'rieures fauves.

Le genre Pimpla, Fahr., présente des antennes, tantôt de la lonj^ueur du corps, tantôt plus longues, le plus souvent très-minces dans les femelles et comme noueuses dans les mâles parle rétrécissement de la partie moyenne de chacun de leurs articles. Les ailes antérieures ont l'aréole triangulaire ; les cuisses sont généralement courtes et épaisses, ce qui donne un bon caractère distinctif, et les crochets des tarses simples; l'abdomen a les segments moyens généralement plus larges que longs et marqués de sillons ou de dépressions en travers, incisés, chez les femelles, d'une fente ventrale longitudinale, avec la tarière tout au plus aussi longue que le corps, et, dans la plupart des cas, beaucoup plus courte que lui. Outre des espèces exotiques des deux mondes et de l'Australie, les Pimples comptent en Europe près de quatre-vingts espèces, vivant dans les chenilles de diverses Piérides nuisibles et des Lépidoptères hétérocères de tous les groupes, et notamment d'espèces Irès-nuisibles de Bombyciens, de Géomètres, de Pyraliens et de Teignes, comme les Vponomeutes, dans les fausses-chenilles des Némates et des Lophyres, dans des larves de Cynipiens et de Cécidomyies (Diptères), celles des Saperdes (Coléoptères), dans des cocons à œufs d'Araignées, etc. C'est un genre qui nous rend de grands services. Il faut citer le/*, instigalor, Panzer, espèce très-commune, à forte odeur acétique, type d'un groupe d'espèces noires, à ailes plus ou moins enfumées, à pattes roussâtres, à tarière de la moitié de la longueur d(^ l'abdomen. Ce Pimple m'est sorti en abondance des nids soyeux de la Processionnaire du Chêne; on l'a obtenu aussi des Liparis chrysorrhea et (lispar, du Bombyx Neustria, espèces si funestes, d'Orgyes, des fourreaux de diverses Psychides, et aussi de fausses-chenilles de Némates. Le P. stercorator, Fabr., est noir, à face et chaperon jaunes; les antennes noires, teslacées en dessous, avec le premier article jaune dans le mrde, un point blanchâtre à la base des ailes ; les pattes rousses; les jambes postérieures blanchâtres, noires aux deux bouts; l'abdomen noir en entier, avec la tarière de la femelle de sa longueur; des Bombyx Neustria, Liparis Monacha, Orgya antiqua, Yponomeula cofptatella, etc. Le P. (Javicans, Fabr. (sous-genre Theronia, Ilolmgren), est fauve, avec des lignes et taches noires; il est fréquent aux environs de Paris. On l'a vu sortir de diverses chrysalides de Lépidoptères, notamment de celles de Vanessa polychloros.

Le genre Rhy ssa, Gvav., comprend les plus grands Fchneumoniens, à antennes longues et sétacées, mais plus courtes que le corps, leur premier article olfrant une grande échancrure latérale ; le dos du métathorax ridé en travers, les ailes antérieures avec une aréole triangulaire; écusson grand, peu élevé, presque carré, le postécusson court

et transversal; les cuisses et les jambes de devant arquées et contournées dans les deux sexes, les crochets des tarses simples. L'abdomen, très-allongé, n'est ni tuberculeux, ni sillonné en travers ; il est comprimé à l'extrémité dans les femelles, avec une tarière généralement beaucoup plus longue que le corps, dont la base est reçue dans une fente des derniers arceaux ventraux. 11 est cylindroïde ou filiforme chez les mâles, avec le huitième et dernier article portant une sorte de languette longue et étroite, en partie cachée par deux valves, dont chacune renferme une pièce terminée en pince, à la façon de la pince didactyle du Scorpion ou de l'Écre visse. iSous citerons R. perstiasoria, Linn., et R. clavala, Fabr., ce dernier du sous-genre Thalessa, Holmgren {Monographia Piinplarum Sueciœ, 1860), espèces de grande taille, noires et jaunes, qu'on voit s'abattre sur les troncs des Ormes et des Chênes, cherchant à percer sous l'écorce, dans les profondeurs, les larves des Cérambyciens. Il y a deux gigantesques espèces américaines, R. atrata, Fabr., des États-Unis du Sud, noir, avec tète, pattes et antennes variées de jaune, dont la tarière atteint 120 millim. pour un corps long de ZiO, et R. limator, Fabr., des mêmes régions et de la Guadeloupe, à corps varié de brun et de jaune, avec des chevrons ou lunules jaunes sur les côtés de l'abdomen. La longueur du corps de la femelle est de 50 millim., avec tarière de 95.

Le genre voisin, Ephialtes, Grav., présente les antennes plus courtes que les Rhyssa, l'écusson tantôt carré, tantôt triangulaire et subsaillant, les crochets des tarses plus ou moins bifides, avec une très-petite pelote entre eux, les segments de l'abdomen à aspect tuberculeux, le reste des caractères des Rhyssa. L'Europe compte près de 20 espèces d'Ephialtes, qui peuvent se ranger parmi les protecteurs des forêts, occupés sans relâche, devant les troncs des arbres ou les amas de bûches coupées, à chercher à atteindre par leur longue tarière les larves lignivores profondément enfoncées. Le type est une grande espèce noire, à ailes plus ou moins enfumées, à pattes rousses en partie, commune dans tous nos bois, l'^. manifeslator , Linn., dont la larve vit dans celles du Xylotrupes Bajulus et du Bupreste des Pins {Ruprestis Mariana). L'E. tuberculatus, Fourcroy, espèce très-voisine, mais plus petite, attaque la larve d'un Charanson nuisible, le Cnjpturhynckus Lapathi. Enfin, \E. carbonarins. Christ, attaque les larves de grands Cérambyciens xylophages, les Saperda populnea et oculata, l'énorme larve du Cerambyx Héros, qui gâte les bois de Chêne, et les chenilles des Sésics à l'intérieur de leurs galeries dans les liges ligneuses.

itii>iîojïrii|iiii4> «!<»s iciiiidimonitMiM. — (iravculiorst, Ichncumoloji/d eiirupœa, iireslau, 18129. C'est un ouvrage fondamenlal, publié aux frais de Fauteur. — J. C, Schiôdte, Ichneumonidarum ad faunam Danùe Ijcrtincntiitni gênera et species nuvœ {Revue zoubigique, 1838, t. I, p. lo9-

RRACOMENS. 2.")

I/|1 ; Morjasin do /nolonù, 18;j9 (Iiisiictes), pi. vi ;'i x; Knnicr Xalur. Tidsskr., IS/iO-il, t. III, p. 96 à 100). — Royer de l'oiiscoloinlx', Ichneumologie provençale (Ann. Soc. enloiii. de France, 18iG). — 0. XN'csiiiJicl, Tentamen dispositiunis nietliodicœ Ichncnuimum Beljiii tMcm. Acad. de Bruxelles, 18^5, t. XVIII); — Manlissa Ichneumonuin Bi'ltjii , Bruxelles, 18/i8; — Adnotationes ad descriptiones Ichneunionum Beli/ii, 18/i8. — Dans les Bulletins de VAcad. royale de Belgique : Revue des \\n- MAf.ox de Belgique, 18/i9, I. XVI, u" S, et NoUce sur les Ichneuinonides de Belgique appartenant aux genres MetopiC'^, Banculs cl (;ol,l•;()(.l•:^- TRiîs, t. XVI, n^G; — IcJmeumones amblypygi europœi, 185o-185/i, Appendieo au Bulletin; — IcJineumologica Miscellanea, 1855, t.XXIi, u"9 ; Ichnenmologica Otia, 1857, 2" série, II, w 6. — Arn. Forster, VerJmudl. des natur. Vereines der preuss. Bheinlunde und W'esl/dlcns, Bonn, 185."» à 18G0,

— Ilolmgi'en, Monographiu Tnjphonidiun Suecia\ 1855; Manugr. Ophioniduni Suecid', 1861). — .1. H. Ka\all, Sur les Iclineuintjtiides de Bussie et de Courlande (Bulletin de la Soc. impériale des naturalistes de Moscou, 18G5, 2"^ part., t. XXXVIII, p. 331)-; — Enneas Ichneumonidaruni Curoniœ quas descripsit novas (Description de neuf espèces nouvelles du genre Ichneumon), même Bulletin, 1868 (t. XM, 2^^ partie, p. 503). — Nous citerons dans les Verhandl. zooL-hotan. (iesellsrh. in M'ien : A. Forster, Die Gattung Campoplex, t. XVIll, p. 761. — C. Tscliek, UeOer Oesterreichische Pimplarien, 1868, t. XVIII, p. 260, /i/iO ; — Die Oesterr. Tryphoniden, t. XVIII, p. /|57 ; — Die Oesterr. Crypioiden, 1870, t. XX, p. 189, /i03 ;

— Ueber einige Crypioiden, ineist aus der Oeslerreichischen Fauna, 1872, t. XXII, p. 231; — Ichneuniologische Fragmente, 1871, t. XXI, p. 37. — Slettin entomul. Zeilung : Tischbein, Ilymenopterulogische Beitrdge die Ichneumon in \V interquartier, 18G8, p. 2/iS ; 1871, p. 15."); — l'eber der Europaischen Arten desGenuslc]i-s.v.y}^OK (yiesvaaeX), 1873, p. /|17; 1871, p. lOi, 153, 288. — Krieclibaumer, Sur des ScJdupfirespen de ilclineu- ■niidugie eurupèoine, 1875, p. 39 ; Sur divers Ichncumoniens, p. 386 ; Iclineumolugischcs, dans Entomol. Xachrichlen von I)'' F. Katlcr, 1878, n" 19.

ïiunu DES UKAC'^^.^IE.^T^.

F.es Braconiens sont restés longtemps confondus aves les Ichnenmoniens, auxquels ils ressemblent beaucoup par l'aspect et complètement pour les mœurs. Les uns ont chez les femelles une longue larièn; saillante, plus longue ou plus courte que le corps, entourée de ses valves, ce qui les range d.nis les Muscœ tripiles, tout comme l(!s Icbneumoniens ; tandis que d'autres ont cette tarière à peine sortie, et d'autres tout à fait cachée. On comprend donc comment tous les anciens auteurs ont réuni les deux trii)us, qui n'ont été bien séparées que par dravenhorst (1829), lequel n'a étudié qiu; les Icinieunioniens. Xees \on

Esenbeck, peu après , a cherché à faire un travail analogue sur les liraconiens (1).

En général, leur taille est moindre que celle des Ichneumoniens, ou, plus exactement, ils manquent, en Europe du moins, d'espèces de grande taille; aussi la plupart des Braconiens se développent en nombre considérable dans le corps d'un même insecte, qui ne donne, ordinairement issue qu'à quelques Ichneumoniens ou même qu'à un seul. Aussi Swammerdam rapporte, dans sa Biblia natiirœ, que de quatre chrysalides de papillo^is sortirent 5û5 mouches, toutes de la môme espèce (c'étaient des Braconiens). Imbu de la même erreur que Goedart, croyant à une transformation dans le sens des métamorphoses de la mythologie, il dit « que la vie et le mouvement de ces quatre chrysalides semblaient avoir opéré une transmigration dans la vie des 5Zi5 autres insectes » .

Un certain nombre de Braconiens paraissent préférer pour leur ponte les larves de Coléoptères, ainsi de Charansons, et leurs larves filent leurs cocons attachés au corps même de leurs victimes. Des Bracon détruisent les Scolytiens ennemis des forêts; le Microctonus terminatus. Nées von Es., est sorti de l'adulte d'une Coccinelle, sous le cadavre de laquelle la larve a filé son cocon. D'autres attaquent les Timarcha (Chrysoméliens), les Cift des Bolets, et de très-petites espèces viennent dans les maisons pondre leurs œufs dans le corps des larves de Ptines. D'autres genres de Braconiens s'attaquent plus spécialement aux chenilles : ainsi le genre Microgaster, Latr., type delà famille des Microgastridœ, bien que sorti parfois de Chrysomèles ou de Charansons, nous est très-utile en vivant surtout dans les chenilles de Piérides, de Bombyciens très-nuisibles {Bombyx Neustria, Linn., Liparis chrysorrhea, Linn.)^ de Noctuelles, de Tortriciens, d'Yponomeutes, etc. Réaumur remarque que les larves sorties en trouant la peau de la chenille continuent à être sociales, car elles filent leurs petits cocons à côté les uns des autres. Elles ont l'instinct d'abriter par une bave de soie floconneuse et plus grossière ceux des cocons qui ne seront pas recouverts par d'autres. Le jardinier doit respecter avec soin ces amas de cocons, tantôt jaunes, tantôt blancs, rarement testacés, et dont la couleur de la soie peut être plus ou moins pâle dans la môme espèce, étant peutêtre influencée par l'espèce de chenille qui a servi à nourrir les larves du Microgaster. De là les noms d'iclmpumons à coton jaune ou à coton blanc donnés par Uéaumur et par Geoffroy à ces auxiliaires de l'hoiticulture. Tantôt ces amas de cocons sont à côté du corps de la chenille, toute vidée et mourante, ainsi ceux du Microgaster glomeraius, Linn., sortis de la chenille de la Piéride du Chou; tantôt ils entourent le corps desséché de la chenille et simulent un gros cocon d'un Bombycien séricigène : tels sont ces amas de cocons blancs du Microgaster pcrspi-

(l)Nces von Esenbeck, Ibjmenoptcra Ichneumonihns affinin, 2 vol. in-8", 1834.

BRACONIENS. 27

CHUS, Wosm., brillant dans la sombre vcrduro dos lAizerncs o,\ qno j'ai vu prendre pour une nouvelle espèce de Ver à soie vivant dans les ï-é,numincuses fourragères. Ces cocons de Microfjaster sont souvent hantés par des parasites de parasites, parfois de très-petites espèces d"Ichneumoniens, le plus souvent des Chalcidiens que leur bel éclat niétallique fait fout de suite distinguer des sombres Microfjaster.

D'nuires Draconiens, des genres l'eriiifus, Nées von Es., et Metnnrus, lluliday, de la famille des Périlitides, affectionnent aussi les chenilles des Bombyciens {Bombyx NeHstria, Liim., procrssionea, Linn., etc.), des Zygéniens, et, moins souvent, des larves de Coccinelliens, de Serropalpides {Orchesia). Ce qu'il y a de curieux, c'est que les cocons filés par les larves de ces Draconiens sont suspendus chacun à un fil de soie : ainsi Meleorus pcndiilator, Halid., ([ui en tire son nom. [.a larve se suspend probablement à un fil au moment où elle va commencer la filature du cocon, et tous les fils de celui-ci prennent comme support ce fil fondamental. Réaumur connaissait très-bien ces cocons suspendus à l'extrémité des feuilles on des petites branches. Les anciens auteurs, I.euwenhoeck d'abord, remarquèrent aussi les mœurs de toute une famille de minuscules Draconiens, les Aphidiides (genres : Aphidius, Nées von Es., Elassus, Wesmael, Trioxijs, Haliday, etc.), qui semblent destinés par la nature à limiter la funeste multitude des Aphidiens. Ce sont les FlexiUventres de M. Westwood, en raison de l'habitude qu'ils ont de replier l'abdomen sous le thorax entre leurs pattes, de sorte que la tarière, dépassant la tête, pique le corps des fhicerons. On reconnaît très-bien, sur les espècesvertes du Rosier, les Pucerons piqués, dont la peau devient jaune et tendue, et qui restent immobiles sur les fouilles. La larve du Draconien vit courbée en cercle dans le corps du Puceron, sort en perçant la peau de celui-ci, qu'elle tapisse de soie blanche et qui lui sert de coque nymphale fixée à la feuille. L'adulte sorti de la nymphe aussi courbée en cercle s'envole par une ouverture qu'il perce dans la peau du Puceron. Ces ennemis des Pucerons font concorder leurs services avec ceux des larves de Coccinelles et de Chrysopes, et celles-ci, par la rotation ordinaire du parasitisme, sont victimes de petits Proctotrupiens, que les PuceroTis, dit de Geer, devraient aimer comme leurs vengeurs, s'ils étaient doués de connaissance.

On ne peut confondre les Draconiens qu'avec les Ichneumoniens; il nous suffira donc d'indiquer les caractères qui les séparent. Les antennes des Draconiens n'ont qu'un seul petil article, après le scape ou premier article visible, qui est toujours le plus grand ou au moins le plus gros de tous, chez eux et chez les Iclineumoniens, l'antenne de ceux-ci ayant au contraire toujours après le scape deux petits articles. Les Draconiens ont, aux ailes antérieures, la cellule discoïdale extérieure toujours ouverte, tandis qu'elle est toujours fermée chez les Ichneumoniens, ou, en d'autres termes, les premiers n'ont qu'une seule nervure récurrente, l'cNlerne manquant, taudis qu'elle existe chez les Iclnieu-

28 HYMÉNOPTËIÎES.

inoiiieiis, qui oui deux nervures récurrentes. Enfin, selon M. Wesivvood, les segments 2 et 3 de l'alKlnmen des Draconiens sont soudés et ne sont distincts que par une fausse articulation. Dans le plus grand nombre des espèces de Draconiens, l'ahdonien a les trois premiers segments plus grands que les autres, et chez le groupe des Cryptogastres (genres Chelonus, iuv'mc, Siiialphus, N. von Es., etc.), les trois premiers segments sont les seuls qui se voient en dessus, tous les autres, plus réduits encore que d'iiabitude, se cachant sous les précédents.

On consultera, à titre de travaux spéciaux sur les Draconiens : C. Wesmael, Motiofjrapkic des Braconidcs de Belgique (Méin. de l'Acad. royale de nriLvelles, 1835, t. IX; 1837, I. X; 1838, t. XI). —Arnold Fùrslcr, Synopsis der Familien und Gattungen der Braconen {Vevhandlungen des natur. Vereines der preuss. Bheinlande und Westfalens, t. XIX, 1862, p. 225-288, Donn). — H. Heinhard, Berliner entoinolog. Zeitschrift (G. Kraaiz, réd.) : Beitrcige zur Kenntniss einiger Braconiden Gatlungen, iSGli, t. VIII, p. 321 à 336; 1865, t. IX, p. 2/i3 à 267 ; mêmes .l/(«a/fs : J. F. Ruthe, Beitruge zur lùniitniss der Braconiden, 1858, t. II, p. 1 à 10 ; Deutsche Braconiden, 1860, t. iV, p. 105 à 160; 1861, t. V, p. 132 à 162. — S. C. Snellen van Vollcnhoven, PinacograpJtia : Illustrations d'Ichneumonides (dans le sens llnnéen : Ichneumoniens, Draconiens, Proctotrupiens) du nord-ouest de l'Europe, en anglais et en hollandais, livraisons in-Zi'^; s'Gravenhage, 1875 à 1878, avec de fort belles planches coloriées. — Du même: Espèces nouvelles ou peu cumiues d'' Hyménoptères térébranis [Tijdschrijt voor Entomologie, ann. 1877-78, n"- 3 et /i, p. 153).

G EN II }• S PRINCIPAUX

KR.%COi\, Fabr. — Amennes sétacées, longues et grêles, les derniers articles indistincts. Tête transversale. Palpes peu développés, les maxillaires de 5 articles, les labiaux de 3. Ailes supérieures ayant trois cellules cubitales. Patlcs grêles, terminées par deux crochets très-petits, entre lesiiuels est une pciole assez grosse. Abdomen d'aspect sessite, ovalaire, de six ou sejd segments, les premiers plus ou moins impressionnés. La tarière des femelles très-longue dans certaines espèces.

Les Bracon constituent un genre très-nombreux en espèces de tous pays, les plus belles et les plus grandes des Draconiens. 1/Europe seule en renferme plus de 100. Ils appartiennent aux Draconiens endodontes, c'est-à-dire dont les dents ou l'extrémité des mandibules sont dirigées en dedans, ces mandibules se rencontrant lorsciu'elles sont fermées, (^1 aux cyclostomes, à chaperon profondément échancré, de sorte iju'il existe une ouverture à peu près circulaire entre lui et les numdibules. E(;s Bracon paraissent surtout attaquer, outre quelques chenilles de Tinéidcs et les fausses-chenilles des Némates (Uymén. Tenthrédiniens),

RHYTIGASTER. 29

les larves de Scolyliens cl de Charansons. Ainsi, le Urucnn iiu'lialor, l'abr., (lu genre Cd'loUlrs, Wesmael, vit dans la kirve du l'issoilos nolatiis, et aussi des Astynomus pdili.s et Bhagium /nc/aiya/or (Cérambyeiens) , des liracon vivent dans lesBruehcs et les Apions. De très-utiles espèces s'attaquent aux destructeurs des forêts : ainsi le Bracon palpebralor, Ualzehnvg,au\ Pissodes iiotatus, Hijlesinus Piniperda, Toinicus Laricis et bidons; le, Bracon Hylesini, Fcirster, à divers Hylésines; les Bracon [Cadoides] fdifonnis, Ratz, et melanotus,V^'csm., à YHijlesinus Fraxini : le Bracon (Cn:loidcs) sculijticida, Wesni., aux Scolytus destructor et mulfistriatus, etc. Nous représentons une riche espèce exotique des environs diî Cayenne, le B. ornator,, Fabr. (pi, lxxviii, tîg. 3, femelle, 3 a, tète vue de face), d'un fauve rougeâtre, à ailes brunes aux Ixiuts et avec \n\Q bande noire, le bout de l'abdomen noir, ainsi que la longue tarière, et, même planche, deux espèces de France, le B. dcnicjralor^'S. von Es. (genre Atanycolus, Forster) (tig. h, mandibule; h a, mâchoire et palpe; /i b, lèvre inférieure et palpes), et le B. nom/nator, Fabr. (fîg. 5, femelle, à tarière bien plus longue que le corps, grandeur naturelle à côté, à droite ; 5 a, tète vue de face). Le B. dcnigrator est signalé comme parasite de la larve d'un Buprestien lignivore, Anthaxia Morio^ par Ed. l'erris. Le B. nominalor est une espèce de la plus grande partie de rEuro[)e et des environs de Paris, aimant à voler sur les Ombellifères. Cette espèce, longue de 8 à 10 millimètres, a le corps d'un fauve vif, le prolhorax et le mésothorax tachés de noir, le métatliorax noir, les ailes enfumées avec une bande transversale blanchâlre, les pattes rousses, variées de noir, l'abdomen roux, souvent avec des taches et bandes noires.

llllt'TK^AiiiTlOR, Wesmael. — Ailes siipiTieurcs ayant une cellule radiale allongée et trois cellules cubitales^ la première recevant la nervure récurrente, la seconde subrectangle. Abdomen offrant au-dessus trois segments voûtés et reiifli-s, les autres flécbis en dessous. Tarière des remelles cacliée.

Ce genre est formé par le /?. irroralm', Fabr., du n(U(l de l'Iùndjn' et des environs de I*aris (pi. i.xwui, tig. i); 9 r/, abdomen île la leniclle trôs-grossi cl \ii de jirofil), long di-' (Sa 10 nnilimèlres, noir couvert duw duvet grisâtre, le thorax rugueux, les ailes irisées, enfumées au boni, les pattes velues noires et testacéosau milieu, l'abdomen très-rugueux, l'extrémité couverte d'un duvet soyeux doré; attaque des chenilles de iNoctuelIes, notamment celles des Acranycta Psi et tridens. Ce genre, dans les Draconiens endodontes, appartient au groupe des Cryptogastres, ayant le chaperon entier, l'occiput convexe, l'abdomen n'ayant de visible en dessus qu'une sorte de carapace formée par les trois premiers S(!gm(!nls. Au même groupe se rapporte le genre Sigalphits, N. von Es., à tarière saillante, les antcmies sétacées, la tête avec deux grandes fossettes en dessus du chaperon, les ailes à deux cellules cubitales, doni la première reçoit la nervure récurrente. Le type est le S.obscurus, X. von Es. ,

noir en entier, les ailes diaphanes, les pattes variées de fauve, de France, des environs de'Paris, de Belgique. Les Sigalphes attaquent des chenilles de Tinéideset des larves de divers Coléoptùres, notamment du Charanson des Pins {Pissodes 7wtatus). C'est aussi aux Cryptoyastres qu'appartient le gem-e suivant.

CIIKliO.\i«i>, Jiirine. — Yeux velus. Ailes à trois cellules cubitales, dont la première est confondue avec la discoïdale externe. Carapace de l'abdomen d'une seule pièce. Tarière cachée.

11 y a près de 30 espèces de ce genre en Europe. D'après Haliday et Léon Dufour, les femelles de Chelonus pondent leurs petits déjà parvenus à l'état de nymphe, par un fait analogue aux Diptères pupipares. Si ce fait, qui me semble douteux, est vrai, on peut se demander à quoi sert le parasitisme à l'intérieur de Charansons, de Saperdes et de Tordeuses indiqué pour les Chélones de diverses espèces. Nous représentons une espèce commune en Europe et des environs de Paris, voltigeant sur les Ombellifères et les Graminées, le C. oculator, Fabr. (pi. i.xxvni, fig. 10), long de h millim., noir, très-rugueux, à ailes diaphanes, à pattes rousses, l'abdomen subcylindrique, ayant à sa base une tache d'un jaune pâle de chaque côté.

lllCItO(;.mTi']It, Latr. — Antennes sélacées et multiarticulées. Yeux velus. Mâchoires et lèvre sans prolongement. Ailes avec une cellule radiale grande, triangulaire et deux ou trois cellules cubitales ; dans ce cas l'intermédiaire très-petite. Pattes fortes avec les cuisses comprimées. Tarière cachée ou courte.

Ce genre, ainsi que le suivant, Agathis, Latr., appartient aux Draconiens aréolaires, ayant le chaperon entier, le vertex plus ou moins échancré en arrière, la seconde cellule cubitale des ailes supérieures très-petite et pouvant manquer, rappelant l'aréole des Ichneumonien?, Les Microgaster comprennent un grand nombre d'espèces de petite taille, près de 150 en Europe, de couleur sombre, attaquant jjeaiicoup de chenilles, d'où sortent les larves qui tilent en commun de petits cocons oblongs, de couleur jaune ou blanche. Une des plus utiles est le M. (jlomeraius, Linn., Ylchneumun a colon jaune de Geoffroy, de 2 à 3 millimètres, noir, à ailes diaphanes et irisées, les pattes tcslacées, l'abdomen noir, avec les bords latéraux d'un fauve testacé près de la bâte. Cette espèce rend les plus grands services à riiorticuUiue, dans les ijotagers du nord de la France et des environs de Paris, en limitant de la manière; la plus efficace l'extension du Pieris lirass/ar, Liiui., Lépidoptère si nuisible aux Crucifères. Il y a des années où nous n'aurions pas de choux sans ce Microgaslre très-fécond ; on a vu souvent les chenilles de Piérides saines ne subsister dans une éducation que 3 ou h sur 200. On aperçoit sur les murs des jardins les amas de petits cocons

AGATHIS. — HELCON. 31

jaunes, qu'il faut respecter, à côté du corps flasque de la chenille inouraute. Cette espèce attaque aussi les chenilles nuisibles de Liparis dispar, de Lasiocampa Eini, de Liparis aurijlua, de Notodonta zigzag, etc. lue espèce très-\oisine, le M. perspicuus, Wesm., entoure de ses cocons blancs les chenilles mortes de Clostera anastonwsis, de IHmia ChrijsitiSj de Zerene grossulariata (Phalénides), de Tortricides, de Ptérophorcs (1), etc. Kous représentons une troisième espèce, aussi des environs de Paris, le M. depriinator, Fabr. (pi. i.xxvin, fig. 6), long de h millimètres, noir, tres-ponctué, à grandes ailes diaphanes et irisées, à pattes rousses. Le M. alvcarius, Spinola, de* France, d'Italie, s'attaque aux fausses-chenilles de Némates. Ses détails sont représentés pi. i.xxvui (fig. 7, mandibule; 7 a, mâchoire et palpe; 7 6, labre; 7 c, lèvre inférieure et palpes; 7 (/, abdomen vu de protllj.

AtilATIIIS, Latr. — Antennes loii;;;ues et liliformes. Yeux glabres. Mâchoires et lôvrcH prolongées en l'orme de bec. Ailes supérieures ayant une cellnlo radiale coni[ilète et lancéolée et trois cellules cubitales, la première conlondue avec la discoïdale externe, la seconde très-petite, triangulaire ou quadrangulaire. Tarière longue et filiforme.

Les Agatliis ne comptent eu Lurope qu'une dizaine d'espèces. Nous rcpi'ésentons, d'Allemagne, de France et des environs de Paris, r.4. pur- (gator,N. \on Es. pi. lxxvui, fig. 2, mâle; 2 a, tète vue de face), entièrement d'un fauve vif, avec les ailes très-rembrunies, les supérieures traversées par une large bande blanche, bordée de noir.

lli'ïl.l'O.V, Nées von Esenbeck. — Antennes sétacées. Vertex convexe, ayant le bord supérieur de la face unidenté. Troisième article des palpes maxillaires large et irréguUer. Ailes antérieures à trois cellules cubitales, l'attes posté -

• rieures longues et fortes, avec les cuisses très-renllées. Abdomen plat et allongé. Corps long et étroit. Tarière très-gréla, à peu près de la longueur du corps.

Ce genre appartient au\ l>raconii;iis //o/(/;/;oryj/(c.v, qui ont le cliaperoa entier, la portion pustérieure du vertex convexe, la sec(nide cellnle cubitale grande et manquant quel([uefols, l'abdomen formé de six ou sept segments. 11 y a en Europe une dizaine d'espèces d'//e/con, parasites de larves lignivores de divers CalUdium (Côrambyciens), de chenilles de Liparis Monacha et de Tortrix. i\ous représentons une espèce des en\ irons de Paris, à corps noir, à ailes irisées, à cuisses postérieures fauves, 1'//. spinator, Andiiiet-Serville (pi. i.xxvin, fig. 8, femelle; 8 a, tète vue de face; 8 b, abdomen vu de prolii).

(4) Maurice Girard, Les petits jirotecteurs des luzernes et des prairies arlifi^ cielles {Insectologie uyricole, Paris, Donnaudj 1869, 3" année).

ABiVmiA, Latr. — Tète courte, transversale^ échaiicrée en arrirre. Anlenncs multiarticulées, de la longueur du corps. Mandibules larges, trilobées ou tridentées. Thorax ovalaire. Ailes antérieures à stigma grand et triangulaire, à trois cellules cubitales et trois discoïdalcs. Pattes grêles, à cuisses un peu rcnnées. Abdomen aplati, en ovale un peu élargi, avec le second segment trèsgrand. Tarière Ires-variable^ courte dans les uns, à peu près de la longueur de rabdomen dans d'autres espèces.

Les Alysies comptent en Europe près de 80 espèces. Ce sont des carnassiers internes d'insectes fort divers, de Charansons, de Saperdes et d'Altiscs (Coléoptères), de clienilles de Phalénides, et du Macroglo.Ksa SteUatarum, et surtout de larves de Diptères Musciens appartenant aux genres Sarcophaga, Lucilia, Anthomyia, Agromiza, Tephritis, etc.

Ce genre Ahjsia fait partie des lîraconiens exodontcs, offrant les dents des mandibules dirigées en dehors ; celles-ci sont larges, fortement dentées, ne se touchant pas quand elles sont fermées et demeurant ordinairement ouvertes après la mort de l'insecte. Nous représentons une des espèces les plus répandues en France et en Allemagne, IM. anducator, Fabr. (pl. lxxviu, fig. 11; 11 a, tête vue de profil; 11 b, lèle vue de face). Ce Rraconien, long de 6 à 8 millimètres, a le corj)s noir, rugueux et ponctué, les ailes translucides et enfumées, les pattes rousses, l'abdomen d'un noir brillant. 11 est cité par Giraud comme sorti des asticots de Lucilia Cœsar.

HTl'A*a\yit:r<î, Jurine. — Tète lubcrculée au sommet. Mandibules courtes et très-épaisses. Antennes très-minces et sétacées, à articles allongés. Palpes maxillaires exlrèmenient longs. Thorax rétréci à sa partie antérieure. Ailes supérieures ayant une radiale longue et étroite, atteignant le bout de l'aile, deux cellules cubitales, trois discoïdales, la première en parallélogramme, la seconde rectangle, la troisième ouverte et prolongée jusqu'au bout de l'aile. Pattes des paires 1 et 2 moyennes, à jambes un peu contournées, les postérieures liès-allongées et très-I'ortcs, à cuisses renflées et garnies de plusieurs dcnls en dessous, les jambes comprimées à la base, renflées au bout. Abdomen long, en ovale oblong, le premier segment en long pédoncule épais et cylindroïde, inséré à la partie postérieure et suiiérieure du métathorax. Tarière plus longue que le corps.

Le genre Stephanus est de classification difficile ; l'insertion abdominale le faisait placer par Brullé dans les Evaniens. M. E. Blanchard le range à la fin des Ichneumoniens. C'est aux lîraconiens que l(!s ouvrages les plus récents le rapportent. Les pattes des Stéphaiies peuvent s'appliquer contre le corps, ce qu'atteste la présence de fossettes , obliques sur les côtés du thorax ; probablement ces insectes simulent ainsi la mort. En Europe sont trois espèces de ce genre, dont le type, qu'on voit voler sur les bois secs, en France, en Allemagne, en

CHALGIDIENS. 33

Autriche, est le S. serrator, Fabr., en raison des dents des cuisses postérieures. Long de 16 à 20 millimètres, il est noir avec les ailes reml)runies, ayant une tache hyaline, les jambes, les tarses et l'abdomen roux. Des espèces de grande taille (sous-genre Megischus, Brullé) appartiennent aux régions chaudes des deux mondes, Indes, Brésil, etc. Nous représentons, pi. lxxvu, fig. 5, la femelle du S. furcatus, Aud.-.Serville, du Brésil (5 a, bord antérieur du prothorax et tète vus en dessus; 5 6, tète vue de face). Cette espèce, dont le corps atteint 3 centimètres et la tarière à, est noire, avec les joues et la base des mandibules rousses, les ailes d'une teinte bistrée avec les nervures noires, le second segment de l'abdomen lisse, les valves de la tarière noires.

Tribu des CllAl.cmiE^'S.

Les Chalcidicns forment, avec la tribu suivante, les Proctotrupiens, ces Hyménoptères entomophages, tous de faible taille, que Linnœus appelait les petits Ichneumons {Ichneumones minuti). Ils correspondent aux Pteroinalini de Dalman, aux Diplolépaires de Spinola, aux Chalcididœ de Walker, aux PteromaU'dœ de C. G. Thomson. On rencontre ces petits insectes en très-grand nombre sur les plantes de toute nature, les femelles en quête de larves pour pondre, les mâles recherchant les femelles pour l'accouplement. On les ramasse en forte proportion en promenant le filet fauchoir sur les feuilles et les fleurs, surtout dans les prairies et dans les bois. On les obtient aussi en élevant des larves d'insectes, et c'est le seul moyen de connaître leurs mélamorphoscs. Le plus grand nombre des Chalcidiens vit dans les larves d'insectes de divers ordres, ne cherchant d'ordinaire que de la chair fraîche, et prenant leurs victimes non-seulement dans les espèces du même ordre, mais aussi d'ordres différents. Des Chalcidiens variés nous rendent de grands services en diminuant le nombre des Scolytiens si nuisibles aux forêts. Le fermier doit se réjouir quand il voit ses sacs de blé couverts de petits Chalcidiens d''un vert brillant destinés à anéantir la Calandre {Sitoijhilus çjranarius); un Encijrtus détruit l'utile Coccinelle à sept points. Beaucoup d'Hyménoptères nidifiants sont attaqués par les Chalcidiens, aussi bien les Mellifiques que les Fouisseurs : ainsi j'ai vérifié qu'un Euryfoma détruit dans les tiges creusées de la Vigne la larve du Pempliredun luyubris A.cs Leitcaspis inlioùniscni, da.ns les nids des Abeilles maçonnes et dans les cellules à larves des Guêpes, leur longue tarière, portée au repos sur le dos, et que la femelle, soulevée sur le bout de ses tarses, fait passer en dessous, entre son corps et ses pattes, par la même manœuvre que les Pimples.

Les Tenthrédiniens nuisibles sont les fréquentes victimes des Cliak'idiens. Ainsi le Pteromaliis sulifumatus, Hatz.,vit dans les fausses chenilles GIRARD. m. — 3

du Lophyre du Pin. Les chenilles des Lépidoptères sont la proie la plus ordinaire des larves de Clialcidiens : ainsi le Pteromalus puparinn, \Ànn., auxiliaire des cultivateurs de toute l'Europe, vit en société et subit sa nymphose dans le corps d'un grand nombre de chenilles, notamment de la Piéride du Chou, et plus de mille peuvent sortir du corps d'une grosse chenille. Les nichées d'adultes ainsi éclos offrent parfois les deux sexes mélangés, parfois un seul, mftle ou femelle, fait que nous retrouverons pour beaucoup dePsychides (Lépidopt.j, et qui est peut-être un moyen naturel d'éviter les unions consanguines. Parmi les Hémiptères, les Aphidiens sont la proie de divers Chalcidiens, ainsi du Pteromalus Aphidis, Nées d'Es. ; plusieurs Eticyrtus et le genre Coccobius, Ratzeburg, vivent uniquement aux dépens des Cocciens. Les Diptères ne sont pas épargnés. Si ÏEupelmus Sijrphi, Bouché, donne pour nourriture à ses larves les larves utiles des Syrphus Ribesii et balteatus, les Pteromalus sont de précieux agents contre les Diptères qui détruisent le blé, et les larves de Spalangia nigra, Latr., dévorent les entrailles des pupes de Musca domestica.

11 y a des Chalcidiens qui pondent dans les galles, ainsi surtout les Callimome à longue tarière, soit dans les galles des Cynipiens, et alors les larves sorties de leurs œufs mangent les larves féculivores des Cynips et des Synergus, soit dans les galles des Cécidomyies, où les larves des Chalcidiens dévorent les petites larves des Diptères; des Eulophus, ainsi E. gallarum, Linn., de toute l'Europe (genre Olynx , Fôrster); des Elachcstus, Spinola, pondent dans les galles où vivent les fausses Chenilles des Némates (Tenthrédiniens). Il y a de très-petits Chalcidiens dont la ponte se fait dans les œufs des insectes : un Pteromalus pond dans les œufs de la funeste Galéruque de l'Orme; VEntedon ovuloruiu, Ratz., dans les œufs de Tenthrédiniens; un Eupelmus dans les œufs de VAttacus Yama-maï, G.-Mén. ; un autre, E. Cicadœ, Giraud, dans les œufs des Cigales. On voit éclore de l'oothèque de la Mante religieuse le rare Palmon pachymerus, Dalman, du type des Torymus, d'un indigo violet brillant, à pattes jaunes, avec les cuisses postérieures très-larges et dentelées, d'un bleu verdâtre brillant (pi. i.xxix, fig. 16; 16 a, cuisse postérieure très-grandie). La femelle enfonce sa longue arière dans les œufs de l'oothèque.

Les Chalcidiens offrent les plus nombreux exemples de parasites de parasites, ou parasitisme du deuxième degré (le docteur Giraud a même constaté un cas de parasitisme du troisième degré). Les Braconiens entomophages sont les fréquentes victimes de Chalcidiens; on ne peut pas élever de chenille piquée par les Microgaster, sans voir éclore en outre des Chalcidiens; du corps des Aphidius renfermés dans divers Pucerons sort le Chrysolampus aphidiphagus, Ratz., etc.

Il y a des Chalcidiens dépourvus d'ailes, surtout chez les femelles : ainsi les femelles de beaucoup à' Eupelmus et celles du genre CcrocephaUti Wcstw. ; parfois des espèces ordinairement aptères prennent des

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