CHALCIDIENS
ailes dans les automnes chauds, ainsi pour le Ckoreius ineptus, Dalman, par le même fait d'excès de développement que chez la Punaise des lits et la Lygée aptère. Le genre Monodontomerus, Westw., offre ce fait curieux, que les femelles ailées entrent pour pondre dans les nids des Anthophores et des Osmiens, soit sur leurs larves, soit sur un Acarien parasite qui les dévore, VUeteropus ventricosus, taudis que les mâles, qui n'ont que des rudiments d'ailes, par le même fait que certains mâles de Némoures (Névropt.), ne peuvent quitter le nid où ils sont nés. Il y a des Chalcidiens sauteurs, surtout ceux où les jambes intermédiaires sont armées d'un grand éperon, ainsi dans les Encyrtus. Cette faculté du saut appartient à de très-petites espèces à pattes grêles, et des espèces à cuisses postérieures renflées, comme les Chalets, ne sautent pas. De même les Sagra (Chrysoméliens), à cuisses postérieures trèsrenflées, ne sautent pas. Foudras a donné, à propos des Attises (voy. 1. 1"^% p. 799), l'explication anatomique de ce fait.
Il y a parfois de grandes variations sexuelles chez les Chalcidiens, outre une autre structure des derniers anneaux de l'abdomen et leur nombre différent, ordinairement sept chez les mâles et six chez les femelles. Les mâles de divers Eurytomides, ont les antennes noueuses et ornées de longs poils; dans les Eulophides, les antennes des mâles sont très-ramifiées, offrant 2, 3, Zi, 5, 6 et même 7 branches. Les Cerocephala ont la tète surmontée de trois cornes dans les mâles; certains genres ont le dernier article des palpes des mâles grands et globuleux, ou les pçilpes maxillaires fourchus par prolongement de leur troisième article, etc.
Parfois les Chalcidiens sortent adultes des larves ou des nymphes qui les ont nourris. Parfois leurs larves, ayant atteint leur développement, quittent la larve nourricière et se fixent à son corps ou aux feuilles voisines, à l'aide d'un enduit agglutinant. En général, les nymphes de Chalcidiens ne se renferment pas dans des cocons ; certaines espèces font entrer dans la construction de leur enveloppe les débris des larves dont elles ont vécu. Les espèces à longue tarière ont cet organe couché sur le dos pendant l'état nymphal, fait qu'offrent aussi les espèces à longue tarière des autres tribus d'Hjinénoptères entomophages. Les espèces à étroit pédicule abdominal sont pliées en deux dans la nymphose (Haliday). Les larves des Chalcidiens sont de très-petits vers apodes, le plus i^ouvent blanchâtres et d'aspect charnu. Leur forme est ovaleallongée, avec l'extrémité postérieure amincie et de légères traces d'articulations; la tète, petite et sphéroïde, pouvant rentrer dans le premier anneau du thorax. Parfois la face inférieure du corps présente deux tubercules par segments, rudiments d'autant de pattes. C'est ce qui arrive pour la larve de Sptilangia nigra vivant dans la Mouche domestique (Bouché). Nous verrons un fait analogue pour les larves apodes des Volucelles (Diptères, Syrphiens).
Caractères^ généraux des Cbaleidiens adultes. — Coips toujours petit, le plus souvent avec éclat métallique, vert, bleu, d'un bronzé doré ou rougeâtre, ainsi dans les types Perilampiis, Tonjmus, Eupelmus, Pteromalus, etc.; parfois terne et noir ou brun foncé, comme dans les types C/ioic/5, Eurytoma, Encijrtus, au moins pour la tète et le thorax, etc. Antennes brisées, éloignées des yeux, ayant au maximum treize articles, souvent épaissies au bout. Pronotum n'atteignant pas les écailles. Ailes supérieures n'ayant pas de cellules complètes, la nervure postcostale atteignant le bord antérieur de l'aile loin après la base et y formant un stigma le plus souvent linéaire, les autres nervures plus ou moins abrégées. Pattes à articles tarsaux en nombre variable (exception chez les Hyménoptères), les cuisses postérieures quelquefois renflées et dentées en dessous (Chalcis), les jambes intermédiaires parfois épaisses et armées d'un long éperon denté en scie au côté interne. Abdomen à segments libres, leur bord latéral non aigu, parfois étroitement et longuement pédicule, le plus souvent d'aspect sessile. Tarière des femelles le plus souvent droite et cachée sous la face ventrale de l'abdomen, qu'elle ne dépasse pas, s'insérant à une gi-ande distance de son extrémité, parfois très-longue et grêle, ou bien saillante au dehors et rectiligne {Callimome), ou bien se recourbant en dessus sur le dos, par persistance de l'état nymphal (Leucaspis).
M. C. G. Thomson (1) divise les Chalcidiens en deux sections : i° Macrocentri : Antennes le plus souvent multiarticulées; mésosternum parfois en bouclier; ailes supérieures ayant le stigma plus long que la côte, la nervure radiale souvent grande, parfois courbée; jambes antérieures armées d'un grand calcar recourbé, tarses pentamères. 2° Microcenin. Antennes le plus souvent de peu d'articles; ailes supérieures ayant le plus souvent le stigma long, parfois plus long que la côte, les nervures radiale et métacarpienne le plus souvent courtes; jambes antérieures n'ayant qu'un calcar grêle, court et droit ; tarses le plus souvent tétramères, rarement trimères, très-rarement hétéromères.
Kous adopterons la division artificielle, commode, des catalogues de collections: Chalcidiens pentamères {Macroccntri), tétramères et trimères (Micrucentri).
PENTAMKHblS.
IjI'II «".*<*I»I«, Fabr., ou LeucosI'IS. — L;ibre allongé et échancré. Ailes antérieures pliées en long' au repos, comnie chez les Guêpes et ayant une cellule radiale. Jambes postérieures Ircs-arquées, caiialiculées en dessous, prol(»ni,^ées
(1) S/ift/u/tnrwic'Hs liijmenuptcru, genre Vtcromulus, Swederus. Lund, 1875, I. IV, lasc. \.
LEUCASPIS, CHALCIS, ETC. 37
en épine; cuisses postérieures très-renflées, ovalaires, dentelées en dessous. Tarière des femelles longue et grêle, recourbée au repos sur le dos de l'abdomen.
Les Leucaspis sont les plus grands Glialcidiens, vivant des larves de Guêpes, de Chalicodomes, d'Osmies, ornés de taches jaunes ou rouges sur fond noir. Une quinzaine d'espèces du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique. A citer deux espèces à taches jaunes : L. gigas, Fabr., de 12 millim.,du midi de la France et d'Algérie, en juin et juillet, sur les fleurs, et L. dorsigera, Fabr., de 8 à 10 millim. Nous représentons L. pediculata, G.-Méii. ^pl. lxxix, fig. 7, femelle), de Java, noire, à bandes d'un jaune fauve.
caAL,rm, Fabr. — Antennes de 13 articles, insérées au milieu du front, plus ou moins fusiformes. Jambes intermédiaires avec un calcar au bout; jambes postérieures prolongées au bout en épine longue et forte ; cuisses postérieures très-larges, avec le bord inférieur en scie ou dentée. Abdomen brièvement pédicule.
Les Chalcis comptent plus de vingt espèces en Europe et d'assez nombreuses exotiques. Les espèces d'Europe sont parasites de larves de Gassides, du Fourmilion, de Zygènes, etc. Nous représentons ('. Lasnieri, G.-Mén. (pi. i.xxix, fig. h), de Guba, d'un rouge écarlate, à ailes d'un brun noirAtre, et les détails d'une espèce d'un genre très-voisin, Smicra, Walker, à abdomen longuement pétiole, les jambes intermédiaires sans calcar, le S. sispes, Linn., de Suède, de France, très-rare auprès de Paris, attaquant les larves des Stratiumijs (Diptères), noir, à ailes enfumées, les pattes variées de roux (pi. lxxix, fig. 5, antenne du mâle ; 5 a, labre; 5 b, mandibule ; 5 c, mâchoire et son palpe; 5 d, abdomen vu de profil). Le genre \omn, Phasganophora, Westw., formé d'exotiques, à cuisses comprimées et ovales, à abdomen brièvement pédicule, à tarière droite et saillante, aussi longue que l'abdomen, est figuré par le P. caudata, G.-Mén., femelle, du Brésil (pi. lxxix, tig. G), noir, à ailes transparentes et jaunâtres, les tarses jaunes, les cuisses postérieures avec une tache jaune en croissant. Le genre Dirhinus, Dalman, compte deux espèces du midi de l'Allemagne, et le type d'Egypte et d'Algérie (H. Lucas), D. exmvatus, Daim. (pi. lxxix, fig. 10, tète vue de face avec les antennes; 10 a, tète vue en dessus), insecte noir, à ailes hyalines, les pattes variées de jaune tesfacé. Le genre se dismigue surtout des Chalcis par les mandibules très-proloiigées en avant et par la tète profondément bifide.
Le genre exotique Tlwracanlha, Latr., a le corps trèfi-épais et comme globuleux; la tète fort large; l'écusson prolongé de mp.nière ii recouvrir les ailes au repos, et l'abdomen, à la façon des Scut.ellériens (Ilémipl. hétéropt.), fendu au milieu et prolongé postéric:urement en deux pointes aiguës, et toutes les pattes grêles. Ex. : T. Latreillei, G.-.Mén.,
du Brésil, entièrement d'un noir bleuâtre très-luisant (pi. lxxix, fig. 8; 8 a, corps de profil ; 8 6, tête vue de face ; 8 e, mâchoires et lèvre inférieure; 8 d, antenne grossie).
On a rapporté de Sierra-Leone (Afrique occidentale) un Chalcidien des plus étranges, VAgaon pai-adoxum, Dalman (pi. lxxix, fig. 9, tôte vue en dessus avec les antennes ; 9 a, id. en dessous). Le corps, en entier d'un jaune testacé, a l'abdomen très-étroit, se terminant chez la femelle par une tarière sétiforme plus longue que lui. Les pattes sont trèsgrâles et le corselet muni de deux épines latérales ; les ailes supérieures larges, les inférieures très-étroites, ciliées postérieurement. La tôte surtout est très-singulière|: très-longue et subrectangle, recouverte inférieurement par deux lamelles quadridentées au côté interne, partant de la base des mandibules; les antennes avec le premier article en grande palette triangulaire, les suivants très-grêles, les trois derniers très-renflés et subrectangles, formant une massue allongée ; les palpes maxillaires nuls.
PERII.AMPI'^, Latr. — Tête grande et arrondie; antennes courtes, de 13 articles. Thorax court et épais; écusson grand, prolongé en pointe postérieurement. Pattes médiocres, assez grêles. Abdomen d'aspect subsessile, court, subarrondi, les segments 2 et 3 les plus grands, U petit, les autres rétractés. Tarière cachée.
Les Périlampes, à corps métallique et brillant, comptent près de vingt espèces en Europe et d'autres exotiques. Ex. : P. violaceus, Fabr. (pi. LXXIX, fig. 12, mâle; 12 a, antenne très-grossie ; 12 6, labre; 12 c et 12 d, mandibules; 12 e, mâchoire et palpes). Cette espèce, très-répandue en Europe, de France et près de Paris, d'Angleterre, d'Allemagne, de Suède, vole au printemps sur les fleurs des Rosacées. Longue de Il millim., elle a la tôte et le thorax d'un vert bronzé, l'abdomen et les pattes bleus, avec les genoux et les tarses ferrugineux;
DECMTOM.v, Spinola. — Corps épais. Antennes courtes, de 11 articles, terminées par une massue de 3 articles, sans verticilles de poils chez les mâles. Ailes supérieures avec un stigma épais, subcarré ou oblong, au-dessous duquel est, le plus souvent, une marque enfumée transverse, dépassant souvent le milieu du disque. Pattes assez robustes, avec jambes postérieures ;\ deux calcars, souvent munies de soies raides au bord externe. Abdomen ayant dans les lieux sexes urt assez long pétiole, cylindrique, grêle et défléchi. Tarière des femelles un peu' saillante.
Le genre Decaft oma compte en Europe une quinzaine d'espèces. Nous représentons, pi. lxxix, fig. 11, le I). s'ujnainm Nées d'Es., var. Cooperi, Curtis, femel'j^e, de France et d'Angleterre (fig. 11 a, anlonne de la femellf'»; H />, tarse postérieur; 11 r, altdomen de profil). A côté
DECATOMA, ETC. - EULOPHUS. 39
de ce genre se placent les genres Eunjtoma, Illiger, à antennes des mâles ornées de verticilles de poils (/:'. plumatum, Illig.), comptant soixante espèces européennes, et Isosoma, Walker, ayant plus do trente espèces en Europe. Ces genres offrent des espèces noires, rarement tachées de jaune, sans éclat métallique, vivant le plus souvent dans les galles de Cynipiens et de Diptères, et qui sont aussi parasites de Microgastres, d'Osmies et de divers Fouisseurs, de Scolytiens, etc. Dans le genre Cleonymus, Latr., les antennes sont de onze ou douze articles (pi. i^xix, fig. 13), terminées par une massue conique, et elles sont, dans le genre Encyrtus, Latr., filiformes et poilues chez les mâles, comprimées et se dilatant peu à peu vers le bout chez les femelles, en une massue largement tronquée (pi. lxxix, fig. l/i). Les Encyrtes, trèsnombreux en espèces, ont le corps grand et robuste, avec la tOte et le thorax non métalliques, l'abdomen l'étant quelquefois.
Le genre le plus nombreux des Chalcidiens pentamères est celui des Pleromalus, Swederus, ayant en Europe plus de six cents espèces, qui vivent dans les insectes de tous ordres. Leur corps, d'un vert bronzé ou bleuâtre, est un peu poilu, avec les cuisses grêles, les pattes pubescentes, les antennes filiformes et grêles, de treize articles, le thorax large et court, l'écusson ovale, l'abdomen ovalaire, plus court que le thorax et beaucoup moins large, la tarière cachée ou à peine saillante. Le type est le P. puparum, Linn., le Cynips des chrysalides des papillons de Geoffroy, long de 3 millim., d'un vert bronzé obscur, à ailes hyalines, l'i jambes et tarses testacés, sortant fréquemment des chrysalides des Pieris Brassicœ et Rapœ et de nos Vanesses indigènes.