I. — Légion des RIIOPALOCÈRES
Antennes plus ou moins renflées à leur extrémité. Les quatre ailes, ou au moins les supérieures, ordinairement conniventes, et relevées plus ou moins perpendiculaires au corps dans le repos. Point d'yeux lisses ou stemmatcs, sauf de très rares exceptions. Point de crin au bord antérieur des ailes inférieures. Vol diurne.
CesPapillons se subdivisent assez naturellement, avec certaines exceptions, en trois groupes, d'après la manière dont les chrysalides sont attachées par les chenilles dont elles proviennent. Les exceptions peuvent être assez considérables pour les genres exotiques dont les métamorphoses sont inconnues pour la plupart; nous conserverons toutefois ce groupement en prévenant qu'il s'applique surtout aux espèces européennes. Les Succincts {Succinct i] ont les chrysalides attachées à la fois par la queue et par un lien en forme de ceinture, constitué par plusieurs fils de soie accolés. Ce sont les tribus des Papilioniens et des Lycéniens. Réaumur a décrit avec de grands détails les manœuvres des chenilles qui recourent à cette double fixation. La chenille file d'abord, à l'endroit où elle veut s'attacher, un petit faisceau de soie qui enveloppe les crochets des pattes anales elles retient. Puis la chenille, ainsi adhérente par ses dernières pattes, se tient seulement sur les autres pattes membraneuses et redresse le plus possible sa tète et le thorax ; portant alors la tète vers le flanc, à la hauteur de la première paire de pattes membraneuses, elle cherche un point où elle fixe un fil, dont la seconde extrémité sera établie à la même hauteur, de l'autre côté de son corps. Pour donner à cet anneau transverse le diamètre nécessaire, elle maintient le centre du fil sur ses pattes thoraciques jusqu'au moment où cette ceinture, par des additions successives de brins de soie, a acquis la solidité suftisante. C'est alors seulement que la chenille engage sa tête dans le lien demi-circulaire qu'elle a façonné, et parvient, par des mouvements de contraction, à l'élever jusqu'au milieu deson corps. Cet anneau maintiendra lachrysalide; assez souple pour ne pas gêner la nymphose, servant en outre de point d'appui pour l'adulte, lorsqu'il sort de la chrysalide. Lu autre groupe, les Sus[)endus (Suspcnsi), correspondauts à la tribu des .Nyraphaliens, présente les chrysalides suspendues seulement par le pinceau de fils de soie eau-
160 LÉPIDOPTfcRES.
dal. Enfin les Enroulés (Involuti), qui formeront la tribu des Hespériens, offrent les chrysalides enveloppées dans les feuilles roulées, maintenues par un léger tissu comme une toile d'Araignée, attachées par la queue, et souvent, en outre, par un ou plusieurs fils transversaux.
M. Guenée subdivise les Rhopalocères en deux grandes divisions, les Bicalcarati et les Quadricalcarati. Les premiers comprennent les tribus des INymphaliens, desLycéniens et des Papilioniens. Les papillons n'ont aux pattes qu'une seule paire d'éperons ; leurs antennes sont terminées par une massue sans crochet. Us volent en plein soleil, et au repos ils appliquent leurs quatre ailes l'une contre l'autre, dans le même plan. Les chenilles vivent généralement en plein air. L'ordre des tribus que nous adoptons pour les Bicalcarati n'est pas celui qui est le plus habituel aux collectionneurs de France, qui mettent en tête de leurs collections le genre Papilio, ce qui amène à commencer l'étude des Rhopalocères par la tribu des Papilioniens. En opérant ainsi, on est obligé d'intercaler une tribu de tétrapodes, à quatre pattes seulement propres à la marche (Nymphaliens), entre deux tribus /tea-opoc/fs (Lycéniens et Papilioniens), dont les six pattes servent à la locomotion sur le sol ou sur les appuis. On arrive enfin aux Hespériens, ou Quadricalcarati, Guenée, dont la place, à la fin des Rhopalocères, n'a jamais été mise en question. Or cette dernière tribu est hexapode. L'ordre que nous adoptons en commençant par les Tétrapodes groupe ensemble ensuite tous les Hexapodes, ce qui amène naturellement aux Hétérocères, dont les six pattes sont toujours ambulatoires. Nous disposons les Papilioniens immédiatement avant les Hespériens. Ceux-ci, en effet, ont des analogies médiocres par les espèces européennes; mais il en est autrement pour les exotiques, dont beaucoup ont de longues queues aux ailes inférieures, à la façon du genre Papilio. En outre les chenilles des Parnassius, dans les Papilioniens, s'enveloppent d'un léger réseau soyeux, lors de la nymphose, à la façon des chenilles des Hespériens. La division en Tétrapodes et Hexapodes est celle adoptée par M. G. Bar (1) dans un récent et remarquable travail; nous sommes d'accord avec cet auteur pour la plupart des familles, sans attacher du reste d'importance à ces détails. Ainsi nous laissons les Libythéides dans les ^ymphaliens, tandis que M. G. Bar les place avec les Erycinides, famille de la tribu des Lycéniens pour nous; notre excuse nous est fournie par M. G. Bar lui-même, page 29 : « Le genre Libytheaesl peut-être, de tous les Lé[iidoplères Rhopalocères, le plus inévitablement aberrant; c'est, comme je le dis ailleurs, une difficulté jetée comme à plaisir par la nature dans le champ des méthodistes : quelque part qu'on le place, il vient tout déranger. »
(1) Constant Bar (de Cayenne), Note critique sur les différents systèmes de classification des Lépidoptères lihopalvcères, établis depuis l'époque de Latreille {A7m. Soc. eulom. de France, 1878, t. VII, p. 1 à 30).
liit'ii avant M. C. Bar, Bruaiidd'Uzellcs avaitproposé une, classificalion (les Lépidoptères Rhopalocères, de manière à ne pas avoir d'interruplion sériale sous le rapport des pattes ambulatoires (Procès-verbaux de la Société philomafhiquc, 185Zi, p. 31j. Il commence, comme M. C. Bar, la division à quatre pattes ambulatoires par les Satijridœ, puis les Nijmplialidœ et les Att/yiinidœ, à la fin desquels il laisse le genre aberrant des Libythea. Les Hhopalocùres à six pattes ambulatoires comprenneui les Polyommatidœ (genres Polyommatus, Lycœna, Thecla), les Pieridœ igenTe& Gonoptcryœ ou Rhodocera, Collas, Anthocharis, Zeqris, Leucophasia, /'/em, se terminantpar P/?r/s ou Leucunea Crata'yi), puis les Parnassidœ (genres />)or///s, commençant ])av immaciilatus formant passaget^;f!/'a/«'^/, Parnassius,Thais);cnRn\es Papilionidœ (genre Papilio), puis'les Hesperidœ. Comme on le voit, cette classification ne se rapporte qu'aux espèces européennes; les exotiques peuvent la modifier dans ses détails.
Tribu des i\yiiphaliei%s ou tétrapodes.
Cette tribu, composée de plusieurs familles fort distinctes, se trouve par suite dénuée de nombreux caractères généraux. A peu d'exceptions près, dans les deux sexes ou seulement chez les mâles, les pattes ambulatoires sont au nombre de quatre seulement, les antérieures restant rudimentaircs et impropres à la marche. Cete tribu correspond aux Suspendus (Suspensi) du D' Boisduval, car les chrysalides pendent verli. calcment, attachées seulement au support par un faisceau soyeux au bout de la queue.
Tête généralement plus étroite que le thorax ; massue des antennes allongée, peu épaisse et se 'confondant insensiblement avec la tige. Yeux glabres et bordés inférieurement d'une paupière blanche. Ailes inférieures ayant la cellule discoïdale ouverte le plus souvent, cl le bord interne plus ou moins profondément creusé en gouttière pour recevoir l'abdomen. — Chenilles à peau chagrinée, ayant tantôt des épines ou des tubercules épineux sur le dos, tantôt avec la tète épineuse seulement. — Chysalides plus ou moins carénées, portant généralement sur le dos une protubérance déprimée latéralement, quelques-unes ornées de taches métalliques.
Les espèces de la tribu des Nymphaliens sont très nombreuses et paraissent répandues dans toutes les parties du monde, en bien plus grande quantité dans les régions chaudes. C'est aux Nymphalionsqu'apparticiment les plus beau\ Papillons, et l'on peut dire les plus splendides insectes du monde entier, les Morplio, des pays les plus chauds de l'Amérique. En Europe, nous n'avons comparativement qu'une quantité restreinte d'espèces de Nymphaliens, mais c'est également à cette tribu que se rattachent les plus remarquables de nos Papillons diurnes par l'éclat de leurs couleurs.
GIRARD. m. — 11
AGERONIDES.
Palpes contigus, longs, ascemlants. Cellule discoïdale des ailes inférieures fermée; ailes inférieures ayant le bord abdominal 1res développé, enfermant complètement un abdomen court et peu épais. Les six pattes développées, les antérieures imparfaites, à tarses des mdles couverts de longs poils, subcylindriques, composés d'un seul article, sans crochets, tarses antérieurs de la femelle écaillcux, composés de cinq articles ; crochets des tarses un peu bifides. — Chrysalides allongées, munies de prolongements épineux, suspendues par la queue et par un lien ceinturai. — Chenilles non décrites.
La famille des Agéronides, de place zoologique difficile et incertaine, ne renferme que le genre Aueronia, Doubleday, (syn. : Peridromia, E. Blanchard, Amphichlora, Boisduval, Nyinphalis, Godart). Il comprend une dizaine d'espèces, à ailes très tachetées de noir, de blanc, de vert, avec des bordures d'ocelles verts. Ces espèces, dont les principales sont .1. Feronia, Hubner, très commune à la Guyane près des habitations, A.formax, Hubn., ont pour patrie le Mexique, le Venezuela, lesGuyanes et le Brésil. Ce sont des Papillons doués d'un vol très rapide, mais de courte durée, accompagné d'un bruit qui peut être comparé au frôlement d'un parchemin sec. Ils fréquentent les bois d'Orangers et se plaisent à se reposer à chaque instant sur les troncs de ces arbres, les ailes étalées, se laissant prendre à la main. Lacordairc fait remarquer que, contrairement à certains auteurs, le genre Ageronia o\\ les genres qui en dérivent doivent être retranchés de la tribu des Nymphaliens, parce que la cellule discoïdale des secondes ailes est fermée et que la chrysalide est suspendue et ceinturée par un iil, comme celle des Papilio; d'autre part, il y a un degré d'imperfection dans les pattes antérieures des milles, ce qui fait une exception en sens inverse. La place me paraît ad libitum.
LIBYTHÉIDES.
Massue des antennes peu distincte de la tige, qui va en grossissant de la buse au sommet. Palpes très longs, contigus dans toute leur étendue et en forme de bec dépassant beaucoup la tête. Ailes anguleuses, à cellule discoïdale des inférieures ouverte. Pattes ambulatoires au nombre de quatre chez les mâles, de six chez les femelles. — Chenilles dépourvues d'épines, légèrement carénées.
Celte famillcj anormale comme la précédente et de place naturelle fort difficile, ne présente qu'un seul genre, d'Kurope, d'Amérique, de Madagascar et des îles Sondaïques.
I.IKVTlir..\, l'abr. — Corps court. Palpes quatre fois aussi lougs que la tête, droits et contigus, larges à leur base, assez l'ortemcnt aplatis, très velus, ayant le troisième artlcletiès petit et pointu; antennes un peu moins lonyucs que le
LIBYTHEA. 163
corps, droites, épaisses, cjiiiulroïdes. Tète aussi large que le tliorax. Yeux gros, saillants. Thorax allongé^ robuste. Ailes graiules, plus ou moins dentelées, le*» supérieures ayant le sommet tronqué, fortement échancrées à leur boni postérieur, les inférieures régulièrement dentées. Pattes courtes, velues, assez épaisses ; jambes et tarses garnis en dessous de très petites épines; tarses à articles peu distincts, à crochets écartés, petits, recourbés. Abdomen très cumiirimé et caché entièrement par les deux bords internes des ailc's inférieuri's, ipii forinrut gouttière au repos. — Chenilles inermes, légèrement puhescentes, de forme allongée et cylindrique, avec la tète sphérique. — Chrysalides non anguleuses, carénées sur le dos, terminées antérieurement en pointe mousse, sans taches métalliques.
Ce geiiiu; u'ollre, en Europe, qu'une cspècC;, qui est de l'Europe méridionale. I>lle existe en I'>aiice, sur le pourtour méditerranéen, et paraît en mars, puis en juin : c'est le L. Coltis, Fahr., à ailes brunes, les supérieures avec cinq taches fauves. La chenille vit sur le Micocoulier {Cdtis mtstralis), et probablement aussi sur d'autres arbres, car on peut la nourrir avec le Cerisier, et le papillon existe près de Florac (Lozère), où il n'y a pas de Micocouliers, et aussi au mont Cenis, ù une hauteur où cet arbre ne croît plus. — Cette chenille se trouve on avril et mai, puis en juillet. Elle varie de livrée en changeant de peau. Après sa dernière mue, elle est pubescente, offrant alors deux variétés : la première est verte en entier, y compris les pattes et la tète, avec trois lignes longiliulinales blanches, ui\e dorsale et deux latérales, entre lesquelles sont placés des points noirs, groupés deux par deux sur chaque anneau. Chez l'autre variété, la ligne blanche latérale est remplacée par une bande couleur de chair pointillée de brun, et, de plus, les pattes soni noires et la tète d'un jaune terne. — La chrysalide est ovale, à angles arroudis, avec une seule pointe oblusc à la tète. Elle est de couleur verte, les fourreaux alaires bordés de blanc, et une ligne blanche sur la carène du dos.
UANAIDES.
Tète ronde; antennes graduellement terminées en massue. \eux ovales, proéminents. Palpes divergents, relevés, dépassant à peine le front, distinctement de trois articles. Thorax médiocrement robuste. Ailes larges, les supérieures allongées, à cellule diseoïdale fermée, les inférieures subovales, à cellule discoïdale fermée et à gouttière abdominale toujours ample. Pattes assez robustes, sauf celles de la première paire, allongées; la première paire imparfaite, avec des variations suivant le sexe ; les paires 2 et 3 ayant les jambes épineuses et à éperons peu développés; tarses ayant les cinq articles tous épineux en dessous et les crochets simjjles. Abdomen assez grêle, presque aussi laiicc que
le bord abdominal des ailes inférieures. — Chenilles robustes, cyliudroïdes, amincies antérieurement, offrant sur un ou plusieurs de leurs segments une paire de longs tentacules, grêles, flexibles, charnus, non rétractiles. — Chrysalides suspendues, courtes, lisses, un peu ovoïdes, contractées vers la partie médiane.
Les Danaïdes ne comprennent que quelques genres, presque tous de l'ancien monde, surtout des îles de l'archipel indien, des parties chaudes de l'Asie, d'Australie, de la ÎVouvelle-Guinée, de certaines îles du Pacifique, des îles Maurice et i>ourbon, le genre Danais seul à .peu près également des deux continents.
l>.%!l.%l$n>, Lalr. — Antennes de la longueur de la moilic du corps, se terminant graduellemcnl en massue ovalaire. Bord interne des ailes supérieures rcctilignc. Pattes do la première paire ayant les cuisses et les jamttcs de la même longueur ; les tarses plus courts, ceux du mâle vaguement partagés en deux articles, ceux des femelles composés de quatre articles, le dernier souvent peu distinct, tous armés d'épines sur les côtés; crochets des tarses des autres paires longs, à peine recourbés. — Chenilles subcylindri(iues, se rétrécissant vers la tète, présentant, sur les troisième et dernier segments et quel(}uefois sur le sixième, des tentacules longs, charnus, non rétractiles. — Chrysalides suspendues, ovoïdes, rétrécies vers le milieu, à abdomen très-court, ayant quelques taches dorées.
L'ancien et le nouveau continent renferment une quarantaine d'espèces du genre Danais, fréquentant les fleurs, surtout celles de la famille des Asclépiadées. Chaque continent ofl'rc une espèce type, et les deux sont analogues par les couleurs noirâtres et fauves, une lx)rdure de taches blanches aux ailes des deux paires, une série de grandes macules blanches transversales vers le sommet noirâtre des ailes supérieures. On trouve dans l'ancien monde Z>. Chrysippus, Liim., et var. Alcippiis, Godart, répandue dans toute l'Afrique jusqu'au Cap, et de l'Asie Mineure jusqu'en Chine, se trouvant aux îles Canaries. Elle a existé pendant plusieurs années, au commencement du siècle, dans les environs de Naples, mais a été détruite par l'hiver de 1808, qui fui très-rigoureux dans l'extrême midi de l'Lurope. La chenille, qui vit sur plusieurs Asclépiadées, est d'un blanc violâtre, annelée de jaime et de noir, avec six tentacules noirs, deux sur le cou, deux sur le milieu du dos, les deux autres vers la partie anale; la tête a trois raies noires, dont l'intermédiaire tachetée de jaune près du front. La chrysalide est d'un jaune pâle, avec quebfues points dorés. L'espèce^ fondamentale amréicaine est D. Archippus, Fabr., se trouvant du Canada au sud du Hi-ésil, partoutoùcroissentles Asclépiadées. — Lachenille, qui se nourrit burtuiit (le VAsclepias Curassavica, est blanchâtre, avec des bandes jaunes et des raies noires Irunsverses, portant deux tentacules noirs et fourchus, un vers le cou, l'autre \(!rs la partie anale; les pattes sont également noires. — L;i chrysalide est obtuse, d'un ver' pâle, avec des lâches
HliLICONlA. 165
dorées; elle est suspendue verticalement et par la queue au bord des rcuillcs. C'est en mai que paraît l'adulte aux Élafs-IJnis.
Nous représentons une esp(>ce de Java, D. Eunicp, dodarl (pi. i.xxx, iig. /( ; Il (I, corps vu de profil; /i /j, patte antérieure; ti c, paltc postérieure; /i (I, extrémité grossie du tarse postérieur). Celte riclie espèce a les ailes supérieures d'un bleu sombre, avec de petites taches d'un bleu azuré vers le sommet, et, sous la cellule discoïdale, une grande fâche bleue, en ellipse échancrée avec un trait blanc interne ; les ailes inférieures d'un brun violacé comme le corps, avec deux taches bleues près du bord externe; toutes les ailes finomcnt lisérées de taches blanches allongées.
HÉIJCOiNIDES.
Tête large; antennes allongées, terminées graduellement en massue. Yeux volumineux, proéminents. Palpes largement écartés à leur base, non convergents, relevés, plus longs que la tète, distinctement triarticulés. Thorax assez grêle. Ailes supérieures allongées, presque toujours arrondies à leur bord externe, rarement subtriangulàircs, à cellule discoïdale toujours fermée, les inférieures beaucoup plus courtes que les supérieures, transversalement allongées, ovales, à cellule discoïdale toujours fermée, dépourvues de gouttière abdominale. Pattes de la première paire imparfaites, quelquefois plus développées dans les femelles que dans les mâles; pattes des paires 2 et 3 presque toujours peu développées, leurs tarses à crochets simples. Abdomen allongé, grêle, quelquefois terminé en massue légère ou au contraire bien accentuée, ordinairement de la même longueur que le bord abdominal des ailes inférieures, parfois même un peu plus long. — Chenilles inconnues. — Chrysalides lisses, suspendues par leur partie postérieure.
A l'exception du genre Flamadriias, qui existe dans les îles les plus orientales de l'archipel indien, ainsi que dans celles de la Polynésie, les nombreuses espèces des lléliconides, divisées en plusieurs geiu'es, habitent les régions chaudes de l'Amérique méridioiuile et les Antilles.
IIKI.IC'O.VIA, Latr. — Tète large; antennes allongées, environ de la longueur (lu corps, graduellement terminées en massue et à articles peu dislincls. Yeux ovales, trcs-proémiuents. Palpes dépassant beaucoup le front, écailleux, munis de poils allongés, disséminés çà et là. Thorax médiocrement robuste. Ailes supérieures allongées, à lionl antérieur arrondi et à peu prés deux fois plus long que le bord extérieur, ipii est généralement arrondi, parfois anguleux; bord interne plus long que l'externe, lecpiel est légèrement sinueux. .Viles inférieures plus ou moins subovales, ayant le bord costal deux fois aussi long que le bord abdominal. Pat les de la première paire du mâle écailleuses, à
166 LÉPlDOPTiilSES.
cuisse et jambe renflées ; tarses subcylindriques, comprimés, pamissant formés d'un seul article", pattes de la première paire de la femelle plus développées, à cuisse et jambe écailleuses, revêtues de poils allongés; tarses à cinq articles; pattes des paires 2 et 3 médiocrement allongées, à jambes épineuses. Abdomen allongé, terminé en massue, s'étendant souvent bien au delà des ailes inférieures. — Chenilles et chrysalides inconnues.
I,c genre Heliconia compte une soixantaine d'espèces, exclusivement américaines, s'étendant un peu au delà des deux tropiques, plus abondantes dans la région équatoriale, paraissant avoir leur maximum d'espèces à la Guyane hollandaise, habitant souvent des régions assez élevées, remarquables par une sécrétion de mauvaise odeur, probablement défensive contre les oiseaux.
Les Héliconics ont été étudiées sous le rapport des mœurs par Lacordaire, dans son Mémoire {op. cit.) sur les Lépidoptères diurnes de la Guyane française. Il divise leurs nombreuses espèces en six groupes : 1° A taches blanches sur un fond noir ou bleuâtre : //. Hécate, SapiJht, Antiocha, des forêts seulement, à vol large et facile, s'élevant peu dans les airs. 2" A taches rouges ou jaunes sur les ailes supérieures, avec les inférieures sans rayons colorés : //. Melpomene, Callicopis, Sara, Thamar, les plus communes des Héliconies de la Guyane, des endroits halnlés, ayant un vol tantôt haut, tantôt bas, faciles à prendre. 3" A lâches jaunes ou rouges sur les ailes supérieures et à rayons rouges ou fauves sur les inférieures: H. Doris, Erato, Cijnisca, jEde, Andremone, rares, des forêts voisines des habitations, s'élevant peu au-dessus de terre, s'avançant en ligne droite, moitié en planant, moitié en voltigeant ; il en est de même pour E. Ricini, qui a d'autres couleurs et dont la chenille vit sur le Ricin, h" Espèces où le jaune prédomine, mêlé au noir : H. Eva, Pasinunlia, Egena, Numata, Polymnia, des bois seulement. Celles à ailes très-étroites et à abdomen allongé ont le vol lent, inégal, sautillant et se posant souvent en grande quantité sur les lleurs, où on les prend aisément ; les autres, à ailes moins allongées et dont l'abdomen dépasse peu ou point les ailes inférieures, ont le vol rapide et inégal, s'élevant souvent dans les airs et en redescendant aussitôt après, sans jamais planer, et sont difficiles à prendre ; 5° espèces à ailes plus ou moins transparentes : H. Niscea, Flora, /Egle, et du même groupe <liaphana,ijazoiia, qui sont du Brésil, constamment des plus pro- Iniidcs forêls, en petites sociétés, voltigeant lentement dans les broussailles, pas à plus d'un mètre du sol, se posant à chaque instant sur les feuilles; de même, dans un genre voisin, TJiyridia Psidii, espèce de grande taille. 6" Espèces semblables à des Piérides pour les couleurs, H. Vocnla et Melhymna, habitudes des précédentes. 7° Espèces d'un aspect spécial, différent de celui des antres Héliconies : //. Euterpe, Calliope, Phlf'iiid, Suzamia. L'//. Calliope vit dans les fourrés les plus épais et les plus ombragés; son vol est semblable A celui de certains
Acr.£iuLS. 167
Lépidoptères nucliuncs, lent, mou, et, comme eux, elle se pose à la surface inférieure des feuilles, ne parcourt jamais que des espaces trùs bornés et se cache à chaque instant.
Acu i:iDi:s.
Corps à thorax court, à abdomen allongé et terminé en massue. Antennes peu allongées, assez brusquement terminées en massue; Palpes courts, renflés, garnis de poils peu serrés et longs, ayant leur second article fort grand et comme vésiculeux, le dernier très-petit, terminé eu pointe aiguë. Ailes supérieures allongées et coupées obliquement, les inférieures beaucoup plus courtes et subovales. Pattes de la première paire grêles et assez longues, à tarses plus ou moins imparfaits; celles des paires 2 et 3 courtes, leurs tarses ayant leur premier article moins long que les deux suivants réunis, les articles 2, o, U allant un peu en décroissant de longueur, 5 presque aussi long que le précédent, à crochets assez fortement recourbés, environ moitié moins longs que le dernier article.
La famille des Acr.TÎdes ne comprend que des espèces étrangères à l'Europe, et qui sont surtout des régions chaudes Oe l'ancien monde. Elles sont toutes plus ou moins transparentes et comme gaufrées, avec des taches, et certaines parties colorées. Le genre principal, Arr(Pa, Fabr., a les palpes divergents, dépassant beaucoup le front; le prothorax très distinct ; les ailes supérieures subtriangulaires, allongées, diaphanes en partie ou en totalité, avec le sommet plus ou moins arrondi, le bord antérieur très peu arqué, le bord interne presque droit, les ailes inférieures subovales, avec le bord antérieur presque droit; l'externe très arrondi, le bord interne embrassant légèrement la base de l'abdomen ; les tarses antérieurs du mâle, ou bien uniarticulés, ou bien à quatre ou cinq articles peu distincts; ceux de la femelle de quatre ou cinq articles, ce dernier très petit, quand il existe; l'abdomen allongé, arqué, terminé en massue, avec le dernier segment de la femellemuni d'un appendice corné. — Les chenilles sont cylindroïdes et épineuses, les chrysalides grêles,, anguleuses, ordinairement suspendues par la queue. — Ce genre manque en Polynésie et est surtout abondant dans l'Afrique chaude, sur la cùle occidentale, Congo, Sierra- Leone, Guinée, Ashanti, etc., et aussi à .Sainte Marie et à Madagascar; il offre également des espèces en Chine et aux Indes orientales, cl quelques-unes dans le nouveau monde, au lirésil, à la Cuyane hollandaise, en Colombie.
AUCV.NMi)LS.
Palpes assez notablement redressés et écartés. Ailes inférieures ayant la cellule discoïdale ouverte, le bord abdominal formant souvent une
gouttiire prononcée pour recevoir l'abdomen, qui est caché au repos. — Chenilles garnies d'épines plus ou moins longues, simp les ou ciliées; chrysalides anguleuses, souvent munies de tubercules ou de pointes et de taches dorées ou argentées.
Les espèces de cette famille, presque toutes parées des plus belles couleurs, se répartissent entre toutes les parties du monde. Il y a quelques genres exotiques dont la coupe d'ailes rappelle les liéliconides et les Acrai'ides : ainsi les genres Eucides, du Brésil, du Venezuela ; Colœnia, du Venezuela, du Brésil, de la Guyane. Nous citerons, de ce dernier pays, les C. Julia, Juno, Pherusa, Libya, des plantations, d'un vol Irùs rapide, se posant rarement, pour quelques secondes, les ailes fermées au repos, de capture très difficile ; et C. Dido, Linn., à ailes étalées au repos, se tenant au sommet des arbres des jardins et volant même rapidement par la ville de Cayenne, presque impossible à se procurer. Les Celhosia (Kabr., non GoJart) sont d'Asie méridionale, des îles Sondaïques et d'Australie ; les Agraulis, du Mexique, des Guyanes, du Venezuela, de la Nouvelle-Grenade, près de Cayenne : A. Vanillœ, Linn., et A. columbina, ont les mœurs de nos Argynnes, dont elles ditfèrent peu génériquement, leurs chenilles étant cylindriques , avec de longues épines ciliées, leurs chrysalides anguleuses et tuberculées.
ARGYU'IVIS, Fabr. — Tête assez large, couverte do poils; antennes terminées brusquement par un bouton court, aplati en dessous. Yeux lisses, presque ronds: spiritrompe longue et prolongée au delà du thorax. Palpes avancés, écailleux, revêtus de longs poils, divergents, dépassant beaucoup le front; le 3"^ article nu à son extrémité et pointu. Thorax arrondi, ovale, assez robuste. Ailes sinuées ou denticulées, les supérieures triangulaires, avec le bord antérieur arrondi, l'externe presque droit ou légèrement concave ou souvent arrondi, le bord interne presque droit, à peu près de la même longueur que le bord antérieur; ailes inférieures subovales, avec leurs bords subégaux en longueur et généralement arrondis. Pattes de la première paire du mâle revêtues de longs poils, à jambes courtes, à tarses uniarticulés ; celles de la femelle écailleuses, légèrement frangées, à tarses de cinq articles ; pattes des paires 2 et 3 à jambes épineuses, à tarses épineux, de cinq articles. Abdomen plus court que les ailes inférieures. — Chenilles cylindroides, couvertes d'épines verlicillées ; celles du prothorax souvent plus longues que les autres, et au moins au nombre de deux. — Chrysalides anguleuses, garnies de deux rangées de pointes dorsales, ornées de taches métalliques, avec la tète presque toujours bifide.
Les Argynnes présentent de nombreuses espèces des régions tempérées des deux continents et s'étendant en Europe jusqu'aux régions boréales, au delà du cercle arctique. Llles ont le vol assez soutenu e rapide. Le fond de la couleur des ailes est le jaune fauve, avec des taches
ARGYNNIS, 169
noires, offrant souvent en dessous, surfout aux ailes inférieures, des taches nacrées, qui ont fait donner à ces Papillons le nom de nacrés par les vieux auteurs. Les femelles sont pareilles aux mâles, mais plus i;randes, et les emportent dans raccouplement.
Nous citerons les espèces les plus répandues en l'Yance, qui habitoiit presque exclusivement les bois.
Un premier groupe, qu'on peut appeler, d'une manière générale, des ijrandes Argynnes, offre le second article des palpes presque toujours très-renflé et la seconde nervure subcostale prenant naissance avant l'extrémité de la cellule discoïdale. Les îles Britanniques possèdent dans ce premier groupe les A. Paphia, Aglaia, Adippo et Lathonia. — Une des espèces les plus communes de ce groupe et des moindres en taille, oG millimètres d'envergure, est A. Lathonia, Linn., le petit Nacre de (ieoffroy, se trouvant aux îles Canaries, très largement nacrée en dessous, quelques petites taches à l'angle apical des ailes supérieures, et aux inférieures, sur un fond ferrugineux, cinq grandes taches d'une nacre argentée très brillante sur le disque, i-l un rang antémarginal de sept taches nacrées, surmontées d'une bande ferrugineuse, ornée d'yeux à prunelle argentée. Très commune en mai, puis en août et septembre dans toute la France, dans les bois et aussi au dehors, par exception des autres Argynnes, le long des chemins, dans les prairies artificielles et les jardins. Aberration Valdensis, Esper, offrant les taches nacrées du dessous des ailes inférieures réunies en forme de bandes, et les taches noires du dessous des supérieures plus grosses et absorbant la couleur du fond (A. Guenée). (Ihenille en avril et en juillet, isolément sur la Pensée {Viola tricolor) et le Sainfoin (Hoilijsariun Onobrychis), et aussi la Bourrache et la Buglosse, d'un brun gris.ltre, avec une ligne blanche le long du dos et soixante épines, qualre sur le premier et sur le dernier segment et six sur chacun des autres, celles des deux premiers anneaux étarit les plus courtes, celles des anneaux du milieu les plus longues. Chrysalide grisAfre en avant, verdàtrc en arrière, avec des taches dorées sur le corps et les points de la tête arrondis. Le papillon éclôt au bout de quinze jours. — .1. Aglaia, Linn., le- grand Nacré de Geoffroy, assez commun en juillet et août dans les allées des bois et sur les grandes baies des routes ([ui les bordent, se posant volonli(!rs sur les fleurs des Ronces et des (Hiardoiis; de 58 millimètres d'envergure ; d'un beau fauve, avec la frange jaunAtrc et beaucoup de taches noires, les nervures noires renflées sur le disque des ailes du mAle, une rangée discoïdale de cinq points noirs aux inférieures, celui du mili(!u étant le plus petit, leur dessous d'un jaune d'ocre pâle, avec beaucoup de taches argentées, ombrées de vert; la femelle plus grande, à ailes plus arrondies, leur base plus largement feintée de noir verdâlre, les nervures non renflées aux ailes supériisures. Chenille en juin sur la Viuleffe sauvage {Viola canina), nt)irâfre, avec une rangée ongitudinalc sur les (;ùtés de huit fac^hes rousses, carrées, et une ligne
170 LÉPIDOPTËUES.
plus pâle le long du dos, les trois premiers anneaux, et les dcu\ derniers portant chacun quatre épines, les autres chacun six. Chrysalide rousse, ondée de brun, avec les deux points de la tête arrondie et les éminences du corps peu sensibles. — A. Adippe, Cat. de Vienne, de mômes taille, époque et habitudes que l'espèce précédent.e, à laquelle elle ressemble beaucoup en dessus dans les deux sexes ; existe au Japon très agrandi en taille, le dessous des ailes inférieures d'un fauve pille, avec beaucoup de taches argentées, dont plusieurs groupées près de la base, les autres formant deux lignes transverses postérieures, renfermant une série de taches oculaires ferrugineuses. Une aberration Cleodoxa, Ochs. assez fréquente, mais moins commune que le type et des mômes lieux, manque tout à fait des taches argentées en dessous, qui sont remplacées par du jaune clair, les yeux ferrugineux avec leur prunelle argentée persistant seuls. Chenille d'un rouge-brique ou d'un vert olivâtre, suivant IVige, avec une ligne dorsale blanche et bordée par des points noirs ; six rangées d'épines, dont une paire sur le premier anneau ; vivant sur la Violette odorante (Viola odorata) et sur la Pensée [Viola fricolor). Chrysalide roussâtre, avec des taches argentées, donnant son papillon au bout d'une quinzaine de jours. — A. Paphia, Linn., le Tabac d'Espagne, de Geoffroy, de 65 millimètres d'envergure, ayant un vol assez rapide et l'élan brusque; d'un fauve vif chez le mâle, plus ou moins mélangé de vert à la base des ailes chez la femelle, ces ailes traversées par quatre rangées de taches noires, plus grandes chez les femelles, subquadrangulaires ou subtriangulaires, avec les quatre dernières nervures noires et très renflées chez le mâle, non renflées dans la femelle; en dessous l'angle apical glacé de vert aux ailes supérieures, les inférieures totalement, avec quatre bandes argentées transversos et un double rang en bordure de gros points verts. Cette espèce, la plus grande de nos Argynnes, existe en Corse et se trouve très commune dans les bois de toute la France, sur les fleurs de Ronce et de Chardon, en juillet et août, et va butiner aussi dans les champs de Luzerne voisins des bois. Cette espèce pond de gros œufs d'uii blanc jaunâtre. Les femelles persistent parfois assez longtemps, car j'en capturai une, très usée, dans la forêt d'Armainvilliers, près de i\iris, aux premiers jours d'octobre. Il y aune variété femelle curieuse par mélanisme : c'est Valesina Esper, qui remplace les femelles du type dans le Valais et qu'on trouve, mais rare, à Compiègne, Saint- Germain-en-Laye, Meudon, Armainvilliers, Fontainebleau, etc., près de Paris, et avec des passages rembrunis au type ordinaire; le mâle noir a été trouvé, mais rarissime. Valesina ditlère de Paphia par une teinte générale d'un noir un peu verdâtrc et par deux taches blanchâtres vers la côte des ailes supérieures, le dessous de celles-ci plus blanchâtre (|ue le type et le dessous des inférieures d'un vert plus foncé que dans le type de la femelle de Paphia. Les taches noires du type continuent à se voir sur le fond noir, comme on distingue les taches ocellées noires sur le fond noir |ilns mat du |iclage de la l'autlière noire de Java, alierralinn
ARGYNNIS. 171
mélanieunc de la Pantlière, qui se rencuntre crordiiiairc dans l'île malaise pour un petit sur quatre de chaque portée. Chenille de Paphia (pi. r.xxxi, fig. .'>), vivant solitaire sur la Violette sauvage {Viola canina) et sur le Framboisier sauvage (/{«6«s idœm), brune, avec des taches jaunâtres le long du dos, deux épines grandes, fortes, presque cylindriques sur le premier anneau, celles des autres coniques, deux sur le second segment, six sur chacun des suivants, quatre sur le dernier. Chrysalide grisâtre, suspendue (pi. lxxxi, fig. .'5 a), avec plusieurs éminonces dorées, les anneaux ayant des tubercules arrondis au lieu de pointes aiguës. Dans la variété iinmaculata, de France et de Corse, les bandes du dessous des ailes inférieures sont oblitérées, au moins en grande partie. On a signalé l'hermaphrodisme bilatéral chez .1. Paphia: ainsi Ochsenheimcr a eu un siyet mâle à droite, femelle à gauche, Hiibner un sujet mâle à gauche et à droite femelle, var. Valesina. Wesmaël décrit un hermaphrodite mâle à droite, femelle à gauche, avec de remarquables mélanges; l'aile antérieure gauche réunit des couleurs du mâle et de la variété femelle Valesina ;V aile antérieure droite est mâle, avec une rangée de taches noires postérieures aussi marquées que chez la femelle; enfin l'aile inférieure gauche est de la variété \'alesina; l'abdomen ofl're à droite la branche de la pince copulatrice mâle et un faisceau de poils, ces pièces manquant àgauche. M. Berce a signalé un mâle d'.l. Paphia oil'rant l'aberration mélanienne propre habituellement à la femelle, var. Valesina. — CarolVa pris près de Paris un mâle d'A • Paphia présentant quatre ovales blancs, un sur chaque aile. — A. PanJora^ Cat. de Vienne, ou Cynara, Godart, grande et belle espèce A' Espagne, de l'Autriche et Hongrie, de Corse, des provinces moldo-valaqucs, des îles Canaries, se trouvant par places en France, toujourslocalisée, dans le Midi et l'Ouest, volant avec rapidité, se posant sur les fleurs de Chardon, ainsi près de Bordeaux, très commune en juillet sur les vieux remparts de la l{()chelle (H. Dclamain), sur les dunes de la Vendée (de Graslin), rare dans le Cantal (Maurice Sandj, disséminée et rare en divers points de la lîrelagne (Oberthur). Les ailes inférieures ont en dessous une riche marbrure verle et argentée. On cite de cette espèce un hermaphrodite bilatéral.— .1. Ino, Esper, de/iO millimètres d'envergure, d'un fauve vif, avec des taches noires assez grosses; le dessous des ailes supérieures plus clair, avec le sommet jaunâtre, le dessous des inférieures ayant la base d'un jaune clair, avec deux lignes médianes rousses ; le reste de l'aile varié de violet, de jaune et de roux, fondus ensemble et chatoyants, avec une série d'yeux ferrugineux à prunelle verdâtre. lui juin et juillet dans les bois du nord et de l'est de la F^anc(^ Compiègne, Mormale, Vosges, Auvergne, dans la Creuse, foret de Châteauvert, au Lioran.dans le Cantal (Maurice Sand); se trouve aussi dans le nord de l'Europe, ainsi aux environs de Saint-Pétersbourg; se rencontre en Chine, aux en~ virons de Pékin, pareille au type de France. Chenille en mai sur la Violette odorante, et nnssi sur Vrtira iirnis, d'ai)rès de Villicrs et duenée.
172 LÉPIDOPTLKES.
La seconde section des Argynnes de France, qu'on peut appeler les petites Argynnes, a le second article des palpes peu renflé, et la seconde nervure subcostale prenant naissance au delà de l'extrémité de la cellule discoïdale. 11 en est trois propres aux bois de la plaine, fréquentes dans lesalléesctsurtout les clairières, en mai, puis une seconde fois en juillet et août, les cbenilles à leur taille se trouvant en mai et juin, puis en septembre. Ce sont les yl. Dia, Linn., la petite Violette d'Engramelle, de 3û millimètres d'envergure, offrant le dessous des ailes supérieures d'un fauve plus clair que le dessus, avec le bord terminal entrecoupé de jaune et de ferrugineux, le dessous des inférieures d'un ferrugineux viol.ltre, varié de jaune, avec deux bandes de taches nacrées, entre lesquelles est une ligne transverse d'un violet blanchâtre, longée extérieurement d'une autre ligne formée de six taches oculaires ferrugineuses, dont les deuxième et troisième, à partir de l'angle anal, offrent seules une prunelle jaunfttre. Outre les bois, l'espèce se trouve encore dans les prés et jardins, et il y a des variétés où les taches noires du dessus amplifiées occupent presque toute la surface des ailes. Chenille grise, avec des rangées d'épines alternativement blanches et rougerUres, vivant sur plusieurs espèces de Violettes. Chrysalide jaunâtre, variée de noir. — A. Euphrosyne, Linn., envergure 40 millimètres, des bois etdes prés, de montagne comme de plaine, à ailes d'un fauve terne, tachées de noir, le dessous des inférieures n'offrant qu'une seule bande de taches nacrées longeant le bord postérieur, ces taches non surmontées de chevrons noirs, et deux taches nacrées, l'une au centre, l'autre près de la base. Chenille noire, épineuse, avec deux bandes dorsales de taches orangées, sur les Viola camna et inontana. — A. Seleiie, Cat. de Vienne, 38 millimètres d'envergure, le petit Collier argenté d'Engramelle, espèce un peu moins répandue que les deux précédentes, des prairies comme des bois; le dessous des ailes supérieures marqué de jaune et de ferrugineux, celui des inférieures ferrugineux avec trois bandes nacrées, la postérieure surmontée de chevrons noirs, la médiane interrompue en son milieu, la troisième rapprochée de la base et formée de trois lâches nacrées séparées entre elles par deux taches d'un jaune clair, à la base trois autres taches plus petites et dont la plus rapprochée du bord interne est faiblement nacrée. Chenille sur la Violette, d'un noir de velours avec les épines jaunes (Goosscns). Les petites Agrynnes n'existent pas en Corse, où la plus petite qu'on rencontre est .1. Lathonia. Dans les îles IJrilanniques ne se rencontrent de ce groupe que les A. Selene ci Euphrosyne.
Nous avons encore en France plusieurs autres espèces d'Argynnes qui sont spéciales aux montagnes; nous ne citerons que la plus comnuuie : A. Pales, Cat. de Vienne, des Alpes et des l'yrénées, oll'rant plusieurs variétés, volani à une grande élévation dans les j)rairi('s des haulcs régions, en juilUïl cl août, aisée à prendre, car elle se pose V()l(inli(!rs sur le^; lleurs. Chenille en mai, sur l'iola moiilihna. Il y a des
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Argyiiues qui soûl propres uu\ régions les plus scipleulriouales de l'Europe : ainsi A. Chariclea, Ochs., du iio/d de la Suède; .1. Frijjuu, Tluiuberg, du uord de la Suède et delà Laponie méridionale. C'est le genre Arijynnis qui paraît fournir le Lépidoptère rliopalocère le plus septentrional, l'A. polaris, Boisduval, des extrêmes latitudes nord du Groenland (S. Scuddcr, A Nortlt Greenland Ihilteifly/m l'sycJw, avril 1875, t. I,p.57- 59). Ou consultera encore, à propos des Argynnes, Natural Ilistory of Argyimis Papliia (Ihc Entomologist monthly Magazine, t. \IV, p. 252).
Il y a déjà longtemps qu'un organe curieux a été constaté par Charles 15onnet (de Genève) sur les chenilles des Argynnes, en 17o7. C'est une vésicule existant sous le premier ainicau thoracique, communiquant à une cavité interne contenant une liqueur acide qui rougit le papier bleu de tournesol. Bonnet fit part de sa découverte à Réaumur, et plus tard à de Geer. Ils reconnurent que, selon les espèces, la vésicule a la forme hémisphérique ou tubulaire, ou bifide, et crurent à une seconde filière : idée singulière pour des chenilles de Diurnes, qui ne font pas de cocons ; tandis que cette filière sup|)lémentaire n'existerait pas dans les chenilles de Bombyciens, qui n'ont pas cet organe et fontsouvcnl des cocons très-soyeux. Lacordaire [Introduct. à l' Entomologie) rejette cette opinion, et suppose qu'il y a là un organe à sécrétion odorante défensive. M. Goossens, un de nos entomologistes les plus experts pour tout ce qui concerne les chenilles, a repris l'étude de cet organe, qu'il a reconnu aussi sur les chenilles de Mélitées, de Vanesses, etc., et d'un grand nombre de Diurnes, plus ou moins développé. Il objecte à l'hypothèse de Lacordaire que, lorsqu'on inquiète ces chenilles, elles mettent aussitôt la lêtc entre leurs pattes et se roulent, cachant et annulant ainsi ce qui devrait les protéger, tandis que les chenilles des Papiiio et des Thai.s font saillir au contraire les caroncules odorantes, placées en dessus du premier anneau et non en dessous. M. (ioossens est porté à penser que la vésicule sous la gorge est pressée lors du mouvement des pièces buccales de la ch(!nille, et laisse s'échapper la liqueur acidulée, qui prépare la feuille à une trituration prochaine, à la Caron d'une sali\c.
Nous représentons une espèce exotique, A. monda, Geyer, du Mexique, du Venezuela et de la Colombie (j)l. i.xxxi, profil en dessous), avec la base des ailes supérieures rouge, leur sommet brun, comme le dessous des secondes ailes, avec de larges et nombreuses taches, analogues à des pièces d'argent. Elle est du genre actuel Agraulis, formé d'espèces américaines, ressemblant beaucoup aux Argunnis et ayant les mêmes mtjeurs. Les chenilles sont cyliudri(iues, armées de longues épines ciliées; les chrysalides sont anguleuses et tuberculées. Près deCayenne se trouvent les Agraulis colombina et Vanillœ, Linn., cette dernière très répandue dans l'Amérique chaude, et se rcnconiraiit aussi aux îles Canaries, où il n'y a pus dejVanilles. — A consulter, pour les Argynnis : H. Lucas, Qnclqura rcmarquca sur lea Lépidoptères du genre
AiiGYNXis, quihabitent les environs de Pékin, et Description d'une nouvelle Espèce de cette coupe générique, avec 1 pi. {Ann. Soc.entom. Fr., 1856).
.mKLilT/EA, Fabr. — Tète assez petite, couverte de poils, avec le front rétréci. Spiritrompe un peu plus longue que le thorax; antennes brusquement terminées par une massue piriforine. Palpes très-velus, divergents, dépassant de beaucoup le front. Yeux ovales, non saillants. Thorax poilu, en ovale allongé. Ailes entières ou ù peine denticulées, n'offrant jamais de taches argentées, les supérieures subtriangulaires, le bord antérieur à peine arrondi, l'externe légèrement arrondi, l'interne rectilignc ;les inférieures subovales, à angle anal saillant, le bord antérieur presque droit, le bord extérieur très arrondi. Pattes de la première paire du mâle poilues et écailleuses, ù tarses cylindriques d'un seul article, celles de la femelle à jambes courtes, à tarses de cinq articles ; pattes des paires 2 et 3 assez robustes , avec les jambes et les tarses revêtus d'écaillés. Abdomen médiocrement robuste, arqué, ne dépassant pas le bord interne des ailes inférieures. — Clieniiles subcylindroïdes, amincies aux deux bouts, à tubercules charnus munis d'épines courtes, finement rameuses, d'égale longueur. — Chrysalides peu anguleuses, obtuses antérieurement, munies sur le dos de six rangées de points verruqucux peu saillants, de couleurs variées, mais sans taches métalliques.
Les Mélitées ressemblent assez aux Argyniies pur les couleurs et dessins du dessus des ailes, mais s'en distinguent tout de suite par labsence de taches nacrées en dessous. En outre, leur vol est peu rapide et assez régulier. Elles habitent les bois et les prairies qui les avoisinent; les femelles emportent les mâles accouplés à elles. Les chenilles vivent presque toutes sur des plantes herbacées; certaines espèces sont très abondantes pendant tout l'été, à tel point qu'on trouve parfois cinq ou six individus sur une même fleur. Tandis que les Argynnes n'ont que rarement des aberrations de dessin, les Mélitées varient au contraire d'une manière considérable dans certaines espèces, soit par des absences de pigment des ailes, soit par confluence plus ou moins forte des taches noires, et les collections des amateurs présentent des passages presque sans nombre. La disposition des couleurs du dessus des ailes est un mélange de noirâtre et de fauve qui rappelle la combinaison de teintes des cases d'un échiquier, et a fait donner aces Papillons le nom général de Damiers; en dessous, les ailes sont ornées de dessins jaunes, bruns et noirs. Les femelles sont, en général, pareilles aux mrdes et un peu plus grandes. Les espèces de Melilœa sont assez nombreuses, et paraissent limitées aux zones tempérées et boréales de l'ancien et du nouveau continent. L'Europe compte une quinzaine d'espèces de Mélitées qui manquent tout à fait en Corse. Nous signalerons les plus répandues en France :
M. Artemis, Cat. de Wenint, le Damier de Geolfroy, espèce Irès-commuiie parloiit, (ixistant dnns les îles Urilanniques, de mai en juillet,
MELIT A. 17;')
envergure ob millimètres ; les ailes d'un fauve rougeâlre, avec une bande transverse de taches jaunâtres et quelques taches de cette couleur sur le disque ; sept à huit lignes noirâtres sur les supérieures et une ligne courbe de six points noirs sur les inférieures; en dessous, le scminiet et une partie du bord externe des ailes supérieures jaunâtres, (rois bandes d'un jaune clair bordées de noir sur les inférieures, et entre les deux bandes terminales une série de points noirs cerclés de jaune. Chenille en société dans le jeune âge, sur les Plantago et Scahiom, en avril, puis en juillet et septembre, les sujets de seconde éclosion hivernant dans une sorte de toile ou de tissu soyeux ; la partie supérieure du dos et des épines noires, la partie inférieure jaunâtre, le dos et chacun des côtés offrant une ligne longitudinale de points blancs très-petits ; la tète noire, les pattes d'un rouge brun. Chrysalide d'un blanc verdâtre, avec des points noirs et un grand nombre de pelils tubercules jaunes vers l'extrémité du corps. Des variétés : Mcrupc, Prunner, des montagnes alpines et pyrénéennes, plus petites, toutes les taches d'un jaune plus pâle, généralement plus chargée de noir, surtout aux ailes inférieures, qui n'offrent souvent que quelques petites taches jaunes; provincialis , Boisduval, taille très agrandie, surtout chez les femelles, d'un fauve plus vif, avec les taches anténiarginales très claires chez la femelle^ commune en Provence et dans les Alpes-Maritimes en mai. — M. Cmxin, Linn., envergure 35 millimètres chez le mâle, allant parfois à Zi5 millimètres chez certaines femelles; ailes légèrement dentées, d'un fauve terne, réticulées de noir, les inférieures un peu aiguës à l'angle anal, et ayant le second rang de taches fauves orné d'une série de points noirs ; dessous des supérieures avec l'extrémité d'un blanc jaunâtre et quelques points noirs; dessous des inférieures avec cinq bandes transverses de taches, la deuxième et la quatrième d'un fauve roussâtre, les trois autres d'un jaune pâle, toutes ces bandes lisérées de noir. Espèce très-commune en Europe et des iles Britanniques, en mai et juin, puis en août. Chenille en avril, puis en août et septembre, sur la Véroni(iue, l'Oreille-deëouvh (Sedumalbum), le Pkniain, la Pilosellc, la .lacée (Cmiaurea Jacra), sociale dans le jeune âge, la seconde génération passant l'hiver sous une tente soyeuse, la plus facile à trouver des chenilles de Mélitées. — ,U. Athalia, E^'per, envergure 38 millimètres ; les palpes noirs en dessus; la couleur fauve disposée en larges bandes sur les ailes, bordées de brun noir avec des rangées de taches fauves ; le dessous des ailes inférieures d'un jaune pâle, avec. deux bandes fauves bordées de noir; la supérieure large, l'inférieure étroite, marquée de lunules plus foncées, excepté près de la côle. Très commune en Europe, y compris les îles Drilanniques, en juin, puis en août, dans toutes les clairières des bois et les prairies voisines; variant beaucoup selon les sujets, le noir ou bien le fauve dominant. On prend tous les ans à Eardy, près de Paris, par les journées les plus chaudes, l'aberration Pyronia
de M. Atludia, de couleur loncée en dessus. Chenille en mai, puis en septembre, sur plusieurs Plantains et sur le Melampyrum pratense.
— M.Parihenia, Godart, espùce plus petite queM. Athalia, etluiressemblant beaucoup; offrant des difticullés de détermination, car beaucoup d'amateurs assurent que nous n'avons pas le type de Borkhausen, qui serait spécial à quelques régions de l'Allemagne; notre type de France, moins brun et plus grand, serait parthenioides , Keferstein.
— 31. Maturna, Linn., d'assez grande taille, se reconnaît tout de suite par le ton d'un fauve rouge de ses ailes, volant en juin dans les bois profonds et touffus, d'Allemagne, de Carniole, de Suède , de Laponie. Longtemps les amateurs français ont fait venir cette espèce d'Allemagne; on a depuis constaté qu'elle existe en France, mais localisée: ainsi, près de Paris, à Bondy, Montmorency, Armainvilliers, Ozouer-le- Voulgis, puis à Villers-Cofterels, aux environs d'Épernay, dans le Loiret, de la forêt d'Allogny, dans le Cher, mais rare (Maurice Sand, etc.). Chenille passant l'hiver; noire, épineuse, avec trois lignes jaunes, maculaires, longitudinales, une sur le dos, deux sur les flancs, celle du dos divisée par une ligne noire ; vivant sur les Plantains et les Scabieuses, et aussi sur des arbres, Tremble, Saule marsault, Hêtre et même Frêne(Bellierdela Chavignerie. A rechercher à toute sa taille en mai. — M. Pliœbc, Cat. deVienne, legrand /)a?/u>r d'Fngramelle, de /lO millimètres d'envergure chez le mâle et bien plus chez la femelle'; à ailes du mâle sinuées au bord, les inférieures dentées, d'un fauve jaunâtre avec taches rousses et réseau noir ; les inférieures en dessous d'un jaune clair, avec des points noirs à la base, et deux bandes fauves très irrégulières avec taches rousses et lisérés noirs. Espèce méridionale, existant, localisée et rare, dans le centre de la France, ainsi en juillet sur les coteaux calcaires à vignobles des environs d'Autun, de Chalon-sur- Saône, de Mùcon ; près de Paris, en juin et juillet, dans les forêts de Sénart et de Fontainebleau. Chenille en mai et septembre, sur la Jacée (Centaurea Jacea).
Les Mélitées de l'Amérique du Nord, du sous-genre l'hijciodes, ont des différences dans la disposition des dessins noirs et fauves: ainsi P. Nyctcis, Doubleday, se rapproche des Vanesses. Nous représentons dans ce sous-genre Phyciodes, llûbner, une espèce du Brésil, que Godart plaçait dans les lléliconies, le /'. Lanysdor/ii, Godart (pi. i.xxx, iig. 3), dont les ailes supérieures ont le contour subanguleux; le corps est brun, ainsi que le fond des ailes, les supérieures largement tachées de jaune et de fauve, les inférieures traversées en leur milieu par une bande jaune perpendiculaire au corps.
.*Il.%*i»C'll.\i.\, Doubleday. — Tète à longs poils, formant une loulTe ilc chaque côté (hj la base des antennes. Yeux poilus, ovales, médiocrement saillants. Ailes supérieures un |ieu sinuées au burd externe, les inférieures subanyuleuses au milieu du bord externe, le bord interne légèrement échancré. Tarses antérieurs
AliASCHMA. 177
du mâle uniarticulés, ceux du la femelle de ciuij aiLicles, tous, saul le cinquième, armés de chaque côté, à leur souiuiet, d'une épiue assez robuste. Abdomen plus court que les .ailes inférieures. I.es autres caractères des V/i- ?iessa. — • Chenilles épineuses, avec la tète armée de deux épines plus Ioniques que celles du corps; segment prothoraciquc muliquc. — Ciirysalidcs anguleuses, couvertes de tubercules, avec la tèlc bifide.
Ce genre a été avec raison séparé des Vanesscs, dont il a longtemps (ait partie, et par ses caractères et surtout par ses mœurs, qui difîerenl «le celles des Vanesses et des Mélitées en ce que les chrysalides provenant de la génération d'été passent l'hiver. La seule espèce du genre est polymorphe, habite plusieurs parlics de l'Allemagne et de la France, et manque en Angleterre, localisée toujours dans les bois ombragés et humides : ainsi, près de Paris à f'ondy, et surtout dans la vallée de la iJièvre, notamment à la .Minière près de N'ersailles; à St-Germain eu i,aye ; aussi dans la forêt de Conijdègne, surtout près de Pierrefonds, aux étangs de Batlignies, dans la forêt de Villers-Cotlerets, près de Soissous et de Senlis; dans plusieurs localités du Cher, forêt de Saint-Palais, etc. (Maurice Sand;; dans le nord de la France, aux environs de Valenciènnes, aux environs de Colmar, de Strasbourg, etc. On voit voler en juillet A. Prorsa, Linn., la ('arte géugrapliique bri'.ne\d'Engvamc\\c, offrant des taches noires arrondies et des bandes blanches sur un fond brun, dessins qui rappellent une carte de géographie. La descendance de cette espèce produit à la fin d''avril cl en mai un autre type dit Levana, Linn., la Carte géoQrapJiique fauve d'Engramelle, généralement un peu plus petit, où le noir est remplacé par du fauve foncé et dont le l'iiuve clair constitue le fond. Cette variété printanière, qu'on voit plus rarement voler, et qu'on oJjtient de l'èclosion après hibernation des chry salides des chenilles d'automne issues de la ponte de l'torsa, a longtemps été regardée comme une autre espèce. Lnfin on trouve encore, plus rare, une aberration intermédiaire, Porima, Ochs., avec le fond de Levana et les taches de Prorsa, différant de Prorsa en ce que la bande Ijlanche des ailes supérieures est teintée de fauve, la bande des inférieures étant fauve aussi et presque toujours divisée en deux, près du bord abdominal, le dessous, à couleurs vives, participant de Levana et de Prorsa. Cette aberration s'obtient surtout en élevant des chenilles trouvées en septembre et en tenant les chrysalides à la chaleur arlifiçielle des appartements pendant l'hiver. Comme le D' Boisduval l'a reconnu le premier, toutes les différences proviennent des époques d'éclosion : les chenilles de juin donnent Prorsa en juillet et août; celles de septembre, qui hivernent en chrysalides, produisent Levana au printemps. C'est un effet de température sur la chrysalide. La chenille est mélangée de noirâtre et de fauve et garnie d'épines, dont deux plus grandes derrière la tête, et vit en petites sociétés sur l'Orlie dioïque. La chrysalide est dentée, noirûtre en dessus, jaunâtre en des- GiRARii. nr. — 12
SOUS. D'après M. Goosseus, les chenilles qui donneronl Prorsa, ou le type noir, sont presque toutes noirâtres et quelques-unes grises, et celles qui produiront Levana, ou le type rouge, sont toutes grises, mais la tête demeurera pareille, ainsi que les épines et leur nombre.
Renard, de Saint-Quentin, et Pierret ont étudié les éclosions de cette curieuse espèce, ce dernier pendant douze ans. On peut dire que jamais les individus d'une année ne sont absolument semblables à ceux d'une autre. Le type bien noir de Prorsa ne se produit en juillet que dans les années sèches et chaudes, tandis que, dans les années pluvieuses, les sujets tendent Jv se rapprocher du type fauve du printemps et surtout de la variété Porima, qui éclôt parfois en automne de sujets tardifs de la génération d'été. 11 y a donc là un passage à ce que les sujets qui ont hiverné et subi davantage l'action du froid et de l'humidité donnent Levana, entièrement fauve et encore plus écartée du type. Pierret a constaté en 18/i5, où l'été fut froid, que les éclosions de la finX de juillet se rapprochaient toutes de Porima, que celles des premiers jours d'août étaient des Porima, enfin que celles du 10 août furent presque Levana. En 1835, Pierret avait vu éclore chez un amateur, M. Delamontagne, aumilieu d'un grand nombre à.& Prorsa, trois Levana, fauves comme au printemps ; en 185^, sans moyens artificiels, M. Bellier de la Chavignerie vit, au milieu des Prursa écloses en été, quelques Porima et une véritable Levana, de la même ponte, oclose en môme temps, pareille au type qui éclôt après hivernalion de la chrysalide, sauf une taille plus grande. Plusieurs amateurs allemands, et, en France, un amateur de Saint-Quentin, M. Garpentier-Bougié^ ont obtenu la variété intermédiaire Porima au moyen de chrysalides dont l'éclosion fut retardée artificiellement jusqu'au mois de septembre, époque où d'habitude on ne rencontre plus l'espèce dans la nature. Sur environ trois cents chrysalides, M. Goossens en laissa cent à l'air libre jusqu'en avril, et toutes lui donnèrent Z,ey«îia; les autres furent réfrigérées à partir de février, sans que la température pût jamais s'élever au-dessus de -f 10 degrés, et celajusqu'àla finde juin, àTépoque de l'éclosion naturelle des Prorsa ; les chrysalides furent alors portées au soleil, et ne donnèrent que des Levana, comme en avril, et il en fut de même pour tous les sujets qu'on laissa accidentellement se réchauffer d'avril à la fin de juin.
M. Goossens a reconnu la manière très curieuse dont Prorsa d'été pond ses œufs. Bien qu'on trouve les jeunes chenilles par trente ou quarante sous la même feuille d'Ortie, les œufs ne sont pas déposés en masse les uns près des autres. Cha([ue ponte se compose de neuf à quinze œufs ainsi arrangés : un petit œuf allongé, d'un vert clair, est planté sur le bord d'une feuille ; puis un autre, un peu plus gros, est collé sur le premier, puis un troisième, un peu plus gros, sur le second, etc., ce qui sinmleunepelitecoloniuî torse appuyée sur la feuille d'Ortie. Si l'œuf le plus près de la feuille, pondu le premier, éclosaitle premier.
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une fois cassé, les uulres tomberaient ; aussi c'est le cuiilrairc qui arrive. Le dernier œuf pondu éclôt le premier, et, aussitôt après, l'autre; enfin le premier pondu éclôt le dernier. M. Guossens a constaté, comme caractère distinctif à ajouter au genre Araschnia., que l'organe place près de la bouche, sous le premier anneau de la chenille, n'a pas la même forme que chez les Vane.ssa, et est bien plus développé.
%".t.\ES»SA, Fabr. — Tète très poilue; antennes ayant environ les trois quarts de la longueur du corps, se terminant graduellement en une massue peu prolongée, avec le dernier article pointu. Yeux poilus et plus ou moins ovales. Spiritromiie ayant à peu près les deux tiers de la longueur du corps. Palpes très ])oilus, parallèles, dépassant beaucoup le front. Tliorax revêtu de longs poils. Ailes supérieures subtriangulaires, à sommet tron([uc, à bord antérieur peu courbé, sauf quelquefois une forte échancrure iila base ; bord externe écliancrc, sinueux, dentelé, avec une dentelure prédominante près du sonmiel ; bord interne sensiblement droit. Ailes inférieures un peu subovales, ayant le bord interne le plus long de tous, le bord antérieur arrondi, le bord externe sinueux, dentelé, avec une dent prédominante à la terminaison de la troisième nervure médiane. Pattes palatines poilues, à tarses uniarticulés chez les mâles, de cinq articles chez les femelles; pattes ambulatoires à longueurs d'articles assez variables, à tarses épineux de cinq articles. Abdomen robuste, ayant les deux tiers ou la moitié de la longueur du bord interne des ailes inférieures. — Chenilles cylindriques, à verticilles de longues épines poilues. — Chrysalides anguleuses, à tète bifide, avec des tubercules parfois nuancés de brun, de gris ou d'olivâtre, des taches dorées ou argentées, parfois toutes dorées.
Les 'Vanesses sont des Papillons de taille moyenne, à ailes dentelées sur les bords externes, habitant les régions tempérées et subtropicales des deux continents, avec quelques espèces d'Australie et de la Nouvelle- Zélande. Leur vol est vifet rapide, raaisdepeu de durée, et ils reviennent iréquemment à l'endroit d'où on les a fait partir, souvent sur la même feuille ou le même tronc d'arbre. Ils aimentlc voisinage des babilalions, les promenades, les jardins, les champs cultivés et découverts, et ne se trouvent qu'accidentellement dans les grands bois et les lieux incultes et sauvages. Les chenilles des Vanessesvivent sur les plantes herbacées, surtout les Orties, et aussi sur des arbres et des arbrisseaux. Elles sont fréquemment attaquées par des insectes carnassiers entomophages, soil Hyménoptères, soit surtout Diptères de la famille des Tacliinaires (Musciens), Mouches qu'on voit frc''(]uemment voler sur les Orties, à la recherche des chenilles de Vanesses. Les larves de Diptères incluses permettent d'ordinaire la nymphose, sortent des chrysalides en soulevant les fourreaux alaires, d'où l'on voit pendre ensuite des tilauienls blancs de fibrine coagulée, et tombent sur le sol ou sur l'herbe pour devenir pupes. F^es Vanesses d'Europe sont assez variables sous le rapport de leurs éclosions. Les V. Polychlorus, Autiopa, Cardut, n'ont qu'une
seule génération par an, en juillet, août et septembre; V. C album et Atalanta ont deux générations, en mai et fin d'août ou septembre; les V. Urticœ et lo ont plusieurs générations dans l'année, selon la chaleur. Il est très difticile de constater les accouplements des Vanesses, comme aussi des Argynnes. On voit souvent les Vanesses de deux sexes se poursuivre longtemps avec acharnement, s'élever ensemble dans les airs, disparaître au-dessus d'un arbre ou d'une maison. L'accouplement ne dure que très peu de temps et les sujets se détachent immédiatement. Le D'' Doisduval a fait tomber des sujets accouplés de V. Antiopa.
On a subdivisé le genre Vanessa en genres dont nous ne ferons pour la plupart que des sous-genres. Dans les Vanessa propres, les ailes sont en dessous très différentes de ce qu'elles sont en dessus; au lieu des riches couleurs d'un fauve ou d'un rouge plus ou moins sombre, avec taches noires, jaunes, bleues, on ne voit que des marbrures nuageuses et très foncées, d'un brun noir ou grisâtre, ce qui doit contribuer à une imitation défensive, quand le papillon au repos tient ses ailes relevées. La plupart des sujets de la tin de l'été, au moins dans nos pays, se retirent pour hiverner dans les creux d'arbres, sous les écorces, dans les feuilles sèches, souvent même dans les granges, les greniers, sous les corniches et les auvents des toitures; aussi leur vie àl'étatadulteest très longue, et on les voit reparaître, avecles couleurs souvent ternies et les ailes plus ou moins usées aux bords, dès les premiers soleils de février, où ils volent dans les campagnes et les jardins, alors que le^ haies et les arbustes sont encore privés de feuilles. Ces sujets d'hiver font souvent croire à une génération printanière. Ils s'accouplent et donnent les premières chenilles de l'année. Les chenilles des vraies Vanesses n'ont pas d'épines sur la tête, ni sur le premier segment thoracique, qui sont mutiques. Une espèce très répandue, peut-être la plus cosmopolite de ces Vanesses vraies, est V. Urticœ, Linn., la petite Tortue d'iingramelle, les ailes d'un fauve vif, avec une bordure brunâtre, limitée en dedans par une bande noire que surmonte une autre bande noire contigûe, ornée de lunules bleues. Les ailessupérieures ont une dent externe au-dessous de l'angle apical et six taches noires, trois à la côte, grandes et subrectangles, séparées par des éclaircies jaunes et suivies à l'angle apical par une tache triangulaire d'un beau blanc, trois autres sur le disque, deux au milieu circulaires (importantes), et une quadrangle, plus grosse, contre le bord interne, prolongée extérieurement en jaune clair; les ailes inférieures sont dentées au bord externe, surtout inférieurement, et leur base largement noire. Câienillc épineuse, noirâtre, à épines noires, avec quatre lignes jaunâtres, tiont peux le long du dos et une sur chacun des côtés, en famille sur les Orties, se dispersant souvent après la première mue. Chrysalide d'un jaune brunâtre, piquetée de points dorés.
Les sujets de la petite Tortue vivent si longtemps à l'état adulte, que les deux générations de l'année se rejoignent et qu'on voit voler le pu-
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pilloii pendant dix mois au moins dans le Midi, de février à novembre. On rencontre cette espèce dans toute l'Europe et jusqu'à une altitude considérable, ainsi sur les sommets de la Sierra-Nevada, à 3G00 mètres de hauteur, là où la végétation a presque entièrement disparu. M. ,]. FallouTa prise au-dessus de l'hospice du Saint-Bernard, et les Orties cessent de croître bien au-dessous. V. Urticœ est rare en France dans les Charentes. Elle existe aux îles Canaries, et en Chine aux environs de Pékin, pareille au type de France. On a signalé beaucoup d'aberrations : ainsi une à points noirs tous confluents aux ailes supérieures et une autre à couleur du fond des ailes très clair ( Depuiset); une autre entièrement albinos, prise à Bondy enjuin 1859 par M. Bellier de la Chavignerie, et par le même, éclose d'une chenille des environs de Paris, une aberration femelle obscurcie presque entier emen par une teinte brune, s'étendant comme un nuage et se fondant avec la couleur dn fond, les deux petites taclies noires rondes du disque des ailes supérieures ayant disparu presque entièrement. En Corse et en Sardaigne, la petite Tortue est remplacée par une espèce très voisine, ou plus probablement par une race insulaire, V. Ichnusa, Bonelli, qui a le fond d'un fauve rouge beaucoup plus vif et manque des deu\ taches noires et circulaires du disque de l'aile supérieure. Rambur, en élevant en Corse beaucoup de chenilles d'Ichnusa, a vu reparaître parfois les deux points noirs, peu marqués, dans certains sujets, cl, à l'inverse, ils disparaissent quelquefois chez V. Urticœ, en tout ou en partie.
U)ie espèce analogue, aussi commune et répandue dans toute l'Europe, de la même durée d'apparition, est V. F'ulj/cldoros, Linn., lu grande Tortue d'Engramelle, de taille bien ])Ius grande, avec le fond d'un fauve plus jaune que rouge, mamiuant de la tache blanche aux ailes supérieures, ayant sur le disque de ces mêmes ailes quatre taches noires arrondies, en outre des trois taches noires costales, une grande tache noire placée contre la côte des ailes inférieures, dont la base est beaucoup moins noircie. Chenilles d'abord vivant en petites sociétés sous un . abri soyeux, puis se dispersant en juillet et septembre sur l'Orme, le Chêne, le Peuplier, l'Alisier, le Cerisier et divers arbres fruitiers. Dans le midi de la France, et surtout en Italie, ces chenilles sont parfois très nuisibles aux Ormes. La chenille est bleuâtre ou brunâtre, avec une ligne latérale orangée, les épines un peu branchues et jauniltrcs; chrysalide incarnate, avec des taches dorées près du cou. On a signalé diverses aberrations de V. l'olijchloras : ainsi (à'amer ligure [Papillons cxo- . tiques, t. [V, p. 80, pi. 330), sous le nom de l'ijromelas, une variété prise en Sibérie et où les taches noires des ailes sont maculées de blanc; en outre des taches blanches peu arrêtées en dessous et des points noirs œillés, et les lunules bleues manquant à la bordure du dessus des ailes inférieures. Dans V Encyclopédie, (iodart indi(iue trois variétés de V. Volijchloros, à savoir [i et y ressemblant à Pyromelas, et a ou Tcstudo d'Esper^
différant de Polychloros en ce que les deuxième et troisième taches noires costales sont réunies en une seule grande tache noire; que le disque ne porte que deux points noirs presque réunis en une bande parallèle au bord interne; les ailes inférieures avec le fond entièrement d'un brun noir et une seule bande fauve séparée par les nervures, le dessous plus foncé et sans point blanc central. Engramelle a figuré une aberration décrite par Esper, sous le nom de Pyrrhomeleuca, et retrouvée par Duponchel, où les taches du milieu des ailes supérieures sont réunies. V. Polychloros, de même que V. Urticœ, fait partie de la faune britannique.
Une espèce voisine est V. Xanthomelas, Esper, offrant quelques différences d'avec Polychloros dans les taches, ayant la bordure terminale des quatre ailes plus large et plus noire et les lunules marginales plutôt violettes que bleues; de diverses régions de l'Allemagne, ainsi près de Francfort, en Autriche et en Hongrie, en Alsace, près de Strasbourg, mais rare. Se trouve en juillet, et sa chenille en sociétés, en juin et juillet, sur diverses espèces deSaules. Au Japon existent, très agrandies en taille, les V. Xanthomelas et Polychloros, la seconde double de la nôtre: les Vanesses et les Argynnes d'Europe acquièrent au Japon une taille considérable, et leurs dessins s'amplifient, sans modifications, en restant dans le même rapport.
Une autre Vanesse commune et qui est le plus beau de nos papillons diurnes, est V. la, Linn., le Paon de jour de Geoffroy et Engramelle, l'OEil de paon, the Peacock des Anglais, Oculus pavoninus major de Seba, volant en avril et mai, puis en août, et hivernant, du bord des bois, des champs de Luzerne, des jardins; se laissant aisément prendre, car il se pose volontiers sur les fleurs et sur le sol des routes. On reconnaît tout de suite ce beau Papillon aux quatre grandes taches oculaires qui, sur un fond pourpré sombre, se trouvent vers les sommets des quatre ailes, avec un centre noir, bordé d'un superbe anneau du bleu violacé le plus riche, et en outre deux petites taches d'un bleu violet, sous l'ocelle, aux ailes supérieures. Chenille vivant en sociétés sur plusieurs espèces d'Orties et sur le Houblon, d'un noir luisant, avec les épines simples et noires, les pattes membraneuses ferrugineuses, les anneaux couverts de points d'un blanc vif, disposés par lignes transverses, qui l'ont fait nommer chenille à bandes de perles. Chrysalide d'abord verdâtre, puis brunâtre, avec des taches dorées. On signale plusieurs aberrations de V. lo: ainsi loides, Ochs., pareil au type, mais de taille moitié plus petite, avec les ailes inférieures bien moins dentelées sur les bords, variété naine décrite d'abord, avec sa chenille, sous le nom d'Ocitlus jmvom'nus minor, dans la compilation confuse de Seba(l). Une autre aberration, extrêmement rare, est celle dans laquelle les ailes sont privées d'yeux.
(1) A. de Seba, LocupleiissDnirerum naturalium thcscmri. Amsterdam, 1765, t. IV, [..5, pi. I, fis:, H (1, 2, 3).