‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservation (volume 3)Chapitre 30 sur 118 · I. — MYRMÉLÉONTIDES · texte numérisé non relu

I. — MYRMÉLÉONTIDES

Tête grosse, avec les yeux arrondis ou oblongs, et alors divisés par un sillon en segments d’étendue relative variable ; antennes de longueur très-variable, tantôt claviformes avec massue s’accroissant graduellement vers le bout, tantôt en soie et avec un bouton terminal. Prothorax variable ; ailes grandes, allongées, hyalines, avec ou sans taches, parfois colorées, surtout par places, offrant cinq nervures longitudinales principales plus ou moins ramifiées, et un réseau serré dû à de nombreuses nervures transverses; l’espace costal compris jusqu'au pterostigma, entre la costale et la postcostale ou humérale, est traversé par un assez grand nombre de nervules presque toujours simples. Le pterostigma est peu distinct, mal circonscrit ou pas du tout. La seconde nervure longitudinale se réunit après le pterostigma à la nervure suivante ou troisième, qui jusqu'alors en était très-voisine et subparallèle. Les pattes sont fortes et assez courtes; le cinquième article du tarse presque toujours le plus long et plus long que le premier, portant deux onglets ayant à leur base une saillie munie de deux soies et parfois en outre d'épines; les jambes sont armées à leur extrémité de deux éperons mobiles ou calcars, souvent courbés, variables pour la longueur. L’abdomen est plus ou moins long, les anneaux du dos et du ventre souvent séparés, surtout vers le milieu, par une partie membraneuse très-large. L’extrémité porte en général, chez les mâles, un forceps saillant, à branches courbes, plus ou moins poilues, destiné à maintenir la femelle lors de l’accouplement, et parfois se termine chez la femelle par deux valves apparentes.

Les larves sont ovoïdes et déprimées, à tête sur un cou bien mobile,

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subquadrilatère, munie d'antennes assez longues, sétiformes, multiarticulées, d'une saillie de chaque côté, contre l'antenne, portant des stemmales, six le plus souvent, comme sur la tête des chenilles, mais plus serrés, et en avant de deux énormes mandibules creuses, dentées surtout en dedans, parfois en outre épineuses en dehors, constituant une pince destinée à saisir les insectes et à sucer leurs parties fluides. Le prothorax est rétréci, les deux autres anneaux thoraciques pareils à ceux de l'abdomen; ceux-ci les plus larges au milieu, puis régulièrement décroissants ; tous portant des tubercules, des touffes de poils, des rangées d’épines; le neuvième ou dernier, pelit et étroit, ayant un anus très-étroit visible à une forte loupe, et une filière pour le cocon. Les énormes mandibules, dont la tête est armée, rendraient, en effet, fort difficile l'usage d’une filière buccale, comme celle des chenilles. Les pattes sont composées d'une hanche longue et qu'on prendrait pour une cuisse, si elle ne portait un trochanter: d’une cuisse, d’une jambe et d’un long tarse d'un seul article, dont l'articulation ne se distingue pas aux pattes postérieures (Rambur). Ces larves chassent le plus souvent à découvert, quelquefois dans des entonnoirs de sable.

Cette famille se distingue en deux groupes ayant pour centres respectifs les genres Myrmeleon et Ascalaphus.

Groupe des FOURMILIONS,

Les antennes des insectes de ce groupe sont en général beaucoup plus courtes que le corps, minces à la base, puis s'épaississant peu à peu en massue terminale médiocre, celle-ci souvent amincie au bout. Les yeux, globuleux, sont entiers; le corps long et grèle; l'aile antérieure souvent pourvue à son bord postérieur d’un iris semi-circulaire noir, quelquefois avec un point ocelliforme (Glenurus, Hagen); les ailes le plus souvent hyalines, avec des marques noires ou brunes, parfois colorées (Glenurus, Stilbopteryx, Newman). On entend dans ces ailes, par espace apical, l'extrémité du bout de l'aile, limité en avant par le bord antérieur, en arrière par une nervure qui va obliquement en bas et extérieurement, et qui, après la réunion de la souscostale et de la médiane ou radius, forme la continuation de ces nervures. Dansles Fourmilions propres, cet espace est traversé par de nombreux secteurs parallèles au bord antérieur, entre lesquels des nervures transversales multiples et perpendiculaires forment un réseau de cellules régulières oblongues : c'est cette réticulation qui à fait placer dans ce groupe le genre Stilbopteryx.

Les Fourmilions sont répandus dans tous les pays de la terre, des régions chaudes surtout et tempérées, et ne comptent pas moins de trois cents espèces, car M. Hagen, en 1866, en énumère 287 réparties en seize genres, dont la plupart n’ont qu'une valeur de sous-genres. Il

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avoue au reste que les monographes ont encore bien à trier et à rectifier dans cette foule d'espèces, dont beaucoup sont très-voisines ou mal connues. Il a cependant essayé de les séparer en genres plutôt que de jeter une quantité énorme d'espèces dans un grand sac appelé Myrmeleon.

Nous possédons sur ce groupe quelques indications d'anatomie interne dues à L. Dufour (Observations, etc., dans Mém. des savants étrang., 1541), et à M. Fr. Brauer (Beitrüge zur Kenntniss der inneren Baues und der Verhandlungen der Neuropteren, in Verhandl. der zool.-botan. Vereins in Wien, 1855, p. 701 et suiv.).

La larve du type des f'ourmilions offre en avant de la tête non une bouche ouverte, mais deux grandes pinces creuses qui réunissent leurs canaux à l'entrée du tube alimentaire. Ces organes, dus à la soudure de la mandibule et de la maxille, sont à la fois des pièces de préhension par la courbure de leurs pointes, qui agissent comme des tenailles, des instruments vulnérants par les fortes dents qui garnissent leur bord interne, et de véritables suçoirs par leur état tubuleux et l’ostiole pratiquée près de leur extrémité et découverte par Réaumur.

Les dissections de L. Dufour pour le groupe des Fourmilions ont porté sur les espèces Myrmeleon Formicarius, Vallisn., et formicalynx, Fabr., et Palpares libelluloides, Linn., et celles de M. Brauer sur le M. tetragrammicus, Pallas. Les aliments liquides sucés par les deux crochets buccaux de la larve insectivore (mandibule et mâchoire soudées) se rendent dans un canal digestif qui, déplié, atteint près de trois fois la longueur du corps. L’œsophage, d'une ténuité capillaire, se dilate dans le métathorax en un jabot ovoïde ou globuleux, mais central, avec fibres musculaires longitudinales, rempli d'une bouillie noirâtre. Vient ensuite, s paré par un col étroit, l’estomac oblong, très-ample dans les sujets abondamment nourris, souvent étranglé en forme de calebasse vers son tiers postérieur, couvert de gros points saillants granuliformes, Il se termine par un col -très-grêle, et qui doit faire l'office de valvule ; il appartient bien à l'estomac et non à l'intestin, car il offre en arrière la première insertion des vaisseaux de Malpighi au nombre de huit (L. Dufour ; M. Brauer n’en figure que six), blanchâtres, capillaires, ayant une seconde insertion en verticille vers le tiers postérieur de l'intestin grêle, non indiquée par M. Brauer, Celui-ci est très-ténu, flexueux et replié, difficile à voir, terminé par un bouton lenticulaire charnu, qui doit renfermer une valvule ne permettant que la sortie des excréments, et qui aboutit au rectum, ovale et aminci en arrière, pour arriver à l'anus. Celui-ci, nié par les anciens auteurs, s'aperçoit bien au dehors ; quand on presse doucement entre les doigts l'abdomen de la larve, on peut en voir sortir une gouttelette excrémentitielle, ou même le rectum extroversé. Il faut remarquer que l'ampleur du jabot et de l'estomac, qui permet de conserver longtemps des matières réduites par la succion à leurs parties fluides et assimilables, et d’autre part la masse énorme de graisse blanche, ressemblant à des raclures de cire blanche,

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qui remplit le vaste abdomen des larves, nous expliquent la faculté qu'ont ces larves de passer tout l’hiver sans nourriture, subissant ainsi un jeûne de six mois, sans parler des intermittences de la nutrition, qui ont nécessairement lieu dans l'existence d'insectes carnassiers {rèspeu mobiles, attendant leurs aliments des hasards de l’'embuscade.

Les Fourmilions adultes ont, à l'entrée de l'appareil digestif, deux glandes salivaires très-petites, consistant, de chaque côté, en un vaisseau capillaire replié, dont la longueur rectifiée ne dépasse pas le mésothorax. Le tube digestif, très-réduit en longueur comparativement à celui de la larve, se rend, presque en ligne droite, de la bouche à l'anus. L'œsophage capillaire se continue presque immédiatement en un long jabot, se renflant peu à peu et dont la paroi est mince et très-extensible, prolongé jusque vers le tiers postérieur de l'abdomen, muni avant sa terminaison, chez les vrais Fourmilions à entonnoir, d’une panse latérale oblongue, droite ou courbe, de même texture que le jabot. C’est un caractère assez fréquent des ordres suceurs.

Dans le Palpares libelluloides, la panse latérale est remplacée par un cul-de-sac digitiforme, parfois long de 4 à 6 millim., terminant le jabot en arrière ; il en résulte que l'insertion de l'estomac se fait brusquement vers le milieu de la face inférieure du jabot, Au jabot succède un petit gésier ovoïde, d’une teinte ambrée, offrant à l’intérieur une valvule formée par la connivence de huit écailles saillantes, cornées et brunèâtres, arrondies au bout antérieur, en pointe lancéolée en arrière. L'estomac, en renflement piriforme dausles Fourmilions, allongé et cylindroïde chez le Palpares, est couvert extérieurement de granulations arrondies et serrées, et à son extrémité postérieure s’insèrent en couronne huit canaux de Malpighi (six, d’après Brauer), longs, capillaires, très-repliés, n'ayant plus la seconde insertion intestinale qu'offrait la larve et qu’on trouve aussi chez des Coléoptères hétéromères. Enfin, le tube alimentaire se termine par un court intestin, formé d'un intestin grêle, cylindroïde ou renflé suivant la réplétion, suivi d'un réctum très-dilatable, ayant dans sa moitié antérieure six boutons charnus etombiliqués, analogues à ceux du rectum des Hyménoptères.

L'examen des organes génitaux par L. Dufour a porté sur les Myrmeleon formicarius et Formicalynæ, etsur Le tetragrammicus par M. Brauer. Deux testicules bien séparés, en petit sachet ovoide-oblong, de couleur jaune, sont placés vers le tiers postérieur des flancs de la cavité abdominale, et chacun contient, à l'instar de plusieurs Hyménoptères, cinq capsules spermifiques en forme de massue oblongue. Il en part un conduit déférent capillaire, communiquant à deux organes qui sont ou des vésicules séminales ou des glandes annexes, constitués de chaque côté par un renflement ovalaire et par un boyau allongé et qui s’abouche avec son congénère pour former le canal éjaculateur. Les ovaires de la femelle nous présentent chacun dix gaines ovigères allongées, unilatérales, externes, multiloculaires, maintenues en faisceaux par un liga-

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ment suspenseur propre à chaque gaine, et les deux ovaires s’attachant dans l'intérieur du thorax par un ligament suspenseur commun. Les gaines étant unilatérales, le calice de l'ovaire l’est aussi, et règne tout le long du bord interne du faisceau. Les deux calices se conjoignent par leurs bouts inférieurs en un oviducte, et leur réunion offre une forme de fer à cheval.

D'après M. Fr. Brauer, le système nerveux de la larve du Y. tetragrammicus présente un cerveau sans lobes optiques, avec des filets pour les antennes et les stemmates, un petit ganglion sous-æsophagien, trois gros ganglions thoraciques très-espacés, 1 et 2 ovoïdes, 3 sphéroïde, sept ganglions abdominaux très-rapprochés; le dernier, ovoïde, est plus gros. Chez l'adulte, le cerveau offre sur Les côtés deux gros lobes optiques pédonculés et le ganglion sous-æsophagien plus développé que chez la larve, puis trois ganglions thoraciques beaucoup plus rapprochés comparativement ; quant aux ganglions abdominaux, également sphéroïdes, mais bien plus petits, les quatre premiers sont très-espacés, les trois derniers au contraire peu distants, le dernier bien plus gros et longuement ovale.

GENRES PRINCIPAUX

MYRMELEON, Linn., ou MYRMECOLEON, Burm. — Palpes labiaux plus longs ou à peu près aussi longs que les maxillaires, à dernier article fusiforme, quelquefois en massue. Corps presque glabre ; antennes claviformes, plus courtes ou seulement un peu plus longues que la tête et le thorax réunis. Aïles tachetées ou non, la nervure discoïdale ou infra-médiane (cubitus de Burmeister) partagée dès la racine en trois rameaux, les deux supérieurs à peu près parallèles, le postérieur rectiligne et se dirigeant obliquement vers le bord inférieur de l'aile, parfois un peu courbé avant sa terminaison. Calcars ou éperons terminaux des jambes droits ou faiblement courbés, non crochus, articles 2 et 3 des tarses. beaucoup plus courts que le premier; ongles très-longs, peu fléchis. Mâle ayant parfois des appendices anaux. — Larves construisant ou non des entonnoirs.

Leses pèces très-nombreuses, difficiles à séparer, de ce genre sont de tous les pays. Nous prendrons pour types les espèces les plus répandues en Europe, assez communes près de Paris, mais tendant à diminuer en raison de l'extension des constructions dans les campagnes. Ce sont

leM. Formicalynæ, Fabr., et le M. formicarius, Vallisn. Sa larve (pl. Lxvrr, fig. 2) est rosée, courte, ramassée, avec de nombreux faisceaux de poils courts, la tête large et carrée, les deux premières paires de pattes dirigées en avant, la troisième en arrière. Les ocelles sont posés sur un tubercule arrondi, de chaque côté au nombre de six, sphériques, et d’un noir brillant pendant la vie ; les mandibules tridentées; le dern er anneau obtus, sans appendices.

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Les mœurs des larves de Fourmilions proprement dits, de ces deux. espèces et d’autres, ont donné le nom à la famille, et ont excité de bonne heure l'attention des entomologistes. Quand on se promène pendant la belle saison sur des terrains secs et légers, dans les routes encaissées entre des talus et percées dans les bois sablonneux, et surtout près des parois des excavations d’où l’on retire le sable, il n’est pas rare que les yeux soient frappés par des entonnoirs très-réguliers creusés dans le sable, d'ordinaire exposés au levant ou au midi. Ces entonnoirs, à orifice circulaire, sont creusés à l'abri de la pluie, au pied des vieux murs, dans les creux accidentels des talus, au-dessous de quelque souche d'arbre, de sorte qu'une pierre, une paroi en surplomb, l’inclinaison du tronc ou d’une grosse racine arrête l’eau pluviale, qui agglutinerait ensemble les grains sableux de l’entonnoir, et les empêcherait de rouler avec facilité jusqu'au fond. Ces entonnoirs sont appropriés à la taille, c'est-à-dire à l’âge des larves qui les façonnent. Leur diamètre supérieur varie de 2 à 3 millimètres jusqu'à environ 60, et leur profondeur, quand ils sont récemment faits, est à peu près des trois quarts du diamètre de la plus grande ouverture. Ils ne sont habités que pendant quelques jours par la même larve, qui en sort lorsque les parois sont devenues trop peu inclinées par suite de nombreux éboulements, et que la construction d'un nouveau piége de chasse est chose moins difficile que la réparation de l’ancien, ou enfin lorsque la larve s'aperçoit au manque de victimes que l’entonnoir est mal placé.

Ces entonnoirs’sont en effet des embuscades sans lesquelles des larves assez lentes, et surtout ne marchant qu’à reculons, seraient dans l’impossibilité d'atteindre une proie vivante et agile. La larve du Fourmilion est tapie au fond, cachée par le sable qui la recouvre, ne laissant sortir que la pince aux branches écartées qui doit percer et déchirer la proie, et les stemmates permettant d'observer ce qui se passe. Malheur à l’insecte imprudent qui chemine sur les bords du trou perfide, le sable cède sous ses pas, et la Fourmi est le plus souvent précipitée d’un seul coup dans une vraie fosse de lion. Si l’insecte, plus adroit, cherche à se cramponner aux parois mouvantes, surtout s'il parvient à remonter, la larve se sert comme d'une pelle de sa lage tête plate, portée sur un cou mobile. D'un mouvement brusque elle projette sur la victime le sable qui charge sa tête et l’étourdit sous plusieurs jets de mitraille. Dès que l'insecte est au fond, il est saisi par la pince, enfoui sous le sable et sucé à loisir. On nourrit très-bien ces larves en captivité avec des Mouches à ailes coupées ; on les jette dans les entonnoirs que ces larves creusent dans le sable de la boîte où on les tient prisonnières.

Les Fourmilions sont souvent obligés à attendre plusieurs jours leurs victimes, et doivent pouvoir supporter de longs jeûnes, car on en conserve pendant plusieurs mois sans aliments. Tous les Articulés leur sont bons, Chenilles, Moucherons, aussi bien que Cloportes et Araignées, et les individus de leur propre espèce tombés accidentellement

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dans leurs piéges. Il faut seulement que la proie soit vivante; ils ne sucent pas les sujets morts, même tout récemment, et les jettent hors de leur trou, d'un coup de tête, comme ils le font des cadavres dont ils ont épuisé les sucs. La résistance des insectes saisis semble exciter leur appétit et augmenter leur jouissance. Les insectes vigoureux et même bien armés, comme les Abeilles, tentent en vain de leur échapper; le Fourmilion, cramponné au sable avec ses pattes crochues, étourdit peu à peu sa victime en la secouant rudement et battant son corps contre le sable.

Ces larves restent quelquefois des heures entières immobiles à la surface du sable, surtout lorsque les rayons du soleil les réchauffent, car elles paraissent frileuses ; mais lorsqu'elles sont pressées par la faim ou que le temps est chaud et couvert, elles travaillent à construire l'entonnoir. La larve décrit pour cela, en marchant à reculons, une spirale dont les tours internes s'enfoncent régulièrement au-dessous du plan de la circonférence externe. Dès qu'elle a fait un pas, elle s'arrête, pour charger de sable sa tête carrée, et aussitôt, la soulevant brusquement, jette le sable qui la couvrait en dehors de la circonférence de l'enceinte.

Celle des jambes de la première paire qui est du côté de l’intérieur du trou sert à l’insecte comme d'une main pour pousser sur sa tête le sable qui est du même côté, et cela par mouvements prompts et sans intervalles. L'ouvrier occupé à creuser un fossé ne jette pas plus sûrement hors de ses bords, et pas si vite, la terre que sa bêche a coupée, que la tête du Fourmilion ne lance hors de l’entonnoir le sable dont elle a été couverte. Après cet exercice répété deux ou trois fois à la même place, la larve fait en arrière un nouveau pas, charge sa tête de sable, etc., sé retrouvant par intervalles presque aux mêmes lieux quand elle est aux deux extrémités des diamètres de même direction des spires concentriques. Quand la jambe qui charge la tête s’est fatiguée, l’animal la remplace par son homologue de la même paire ; ce qui l'oblige à se retourner bout pour bout, et à décrire ensuite des cercles de sens contraire aux précédents, afin que la jambe chargeuse soit toujours du côté interne. A cet effet, il traverse le cône formé du sable qui reste à enlever, et passe de l’endroit où ilest à l'endroit opposé diamétralement. Quand, au cours du travail, se rencontre une petite pierre trop pesante pour que la larve puisse l’expulser d'un coup de tête, elle se glisse en dessous de manière à la placer sur son dos. Le difficile est alors de la conserver en équilibre pendant le transport, en montant à reculons le long d’une pente mouvante et escarpée. Si la pierre échappe et roule au fond du précipice, la larve, comme un nouveau Sisyphe, reprend à cinq ou six reprises le fardeau et sa pénible ascension.

Les larves de Fourmilions vivent longtemps, et passent l'hiver dans leurs entonnoirs ou engourdies sous le sable. C’est dans l’entonnoir, mais plus profondément, ou dans le sable, où elle creuse de longs et tortueux

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sillons, que la larve en été subit sa nymphose. Elle se tisse un cocon sphéroïde au moyen d’une filière en forme de tuyau pointu, rétractile comme une lunette, placée à l'extrémité du corps. Elle a été figurée par M. Wetwood (introd. tv the modern Classif. of Insects, I, p. 41), d'après Réaumur, qui a découvert cette filière en pressant le bout de l’abdomen de la larve. Quand, en juillet ou août pour les environs de Paris, on remue le sable où sont des entonnoirs, ou qui en a présenté antérieurement, on trouve des boules, qu'on croirait au premier abord formées d’un amas de grains du sol pulvérulent qui les entoure. Chaque boule est une coque dont l'extérieur est fait de parcelles associées par de faibles liens de soie très-fine. Si on l’ouvre avec des ciseaux, on est émerveillé de l'aspect de la surface interne, bien différente du granulage rugueux de l’extérieur. Le plus beau satin blanc n’a pas un luisant ni un tissu de délicatesse comparables, car la soie qui le compose n’est jamais aussi ténue ni aussi artistement mise en œuvre. Dans ce moelleux berceau repose une nymphe courbée en arc, et qui présente toutes les parties de l'adulte recouvertes d’une mince pellicule blanche, et à côté est la dépouille de la larve avec ses crochets meurtriers. Au bout de trois semaines environ, l'adulte, retirant ses ailes et ses pattes de leurs gaines, ronge avec ses mandibules une partie des fils qui tapissent sa coque et de ceux qui lient les grains de sable, et paraît au jour. On est étonné de la grandeur des ailes de gaze de l'élégant insecte qui sort de cette petite nymphe, et ce fait est à peu près général pour les Hémérobiens. Au premier abord il semble qu'on voie une Libellule; mais les antennes grenues terminées peu à peu par un renflement, les ailes plus larges et plus pointues à la fois, couchées en toit au repos et dans la marche le long du corps, la forme des appendices anaux, etc., ne laissent aucun doute sur la différence. L'erreur est surtout impossible pour qui a vu voler le Fourmilion. Ses ailes molles s’agitent lentement, et il est obligé de se reposer bientôt, tandis que les Libellules ont un vol rapide et longtemps soutenu. Il répand une odeur de rose, comme plusieurs autres insectes des sables. il semble voler assez rarement, car on n’en observe pas souvent dans les airs, même dans les lieux où les entonnoirs des larves sont abondants. Geoffroy a remarqué que les femelles, en sortant du cocon, laissent aussitôt tomber de leur corps quelques œufs inféconds.

Le M. formicarius, Vallisn. (le Formicaleo de Poupart, le Fourmilion) de Geoffroy, est l'espèce la plus anciennement connue; celle de Réaumur, de Geoffroy, qui rapporte n’en avoir pas trouvé d'autre près de Paris, de Ræsel, etc. Le corps est long de 16 à 26 millim., l’aile antérieure de 24 à 32. Les antennes, plus courtes que la tête et le thorax pris ensemble, dilatées et un peu excavées vers l'extrémité, sont d'un brun roussâtre ainsi que les palpes. Le corps est d'un gris noir, la tête et le thorax tachetés de jaune ; l'extrémité des segments abdominaux est annelée de jaune ; la région anale est épineuse, légèrement velue. Les

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ailes, à pterostigma diffus blanchätre, sont hyalines, à nervures brunes variées de blanchâtre ; les antérieures avec six marques brunes oblongues, les postérieures en ayant deux ou quatre et quelques points vers le sommet; les pattes d’un brun jaune, avec les éperons des jambes antérieures droits, aussi longs que le premier article du tarse. Cette espèce célèbre a été assez bien figurée et décrite dans ses mœurs par Poupart (Mém. Acad. royale des sciences, 1704, p. 255, et pl. vis, p. 146). Il reconnaît très-bien que les adultes sortis du cocon de soie du Fourmilion ne sont pas pareils aux autres Demoiselles des eaux et des buissons, à cause des deux antennes qui sont menues proche la tête, et vont en grossissant jusqu'au bout. Ils ont, ajoute-t-il, deux gros yeux aux côtés de la tête et n’en ont pas dessus (des stemmates), comme les autres espèces de Demoiselles. Leur ventre n'est point cannelé tout du long, comme il arrive aux autres, et le bout de leur queue est hérissé de poils. Leurs ailes sont d'un blanc cendré marqué de quelques points noirs, et ne sont bigarrées d’aucunes vives couleurs. Vallisnieri paraît avoir le premier indiqué cette espèce, mais sans figures, ou une autre d'Italie, et ses mœurs, dans un dialogue qu’il suppose entre Malpighi et Pline (Galerie de Minerve, Venise, 1697). Il la nomme Vermis formicarius, @t son fils, je crois, reproduit bien plus tard une très-mauvaise copie des figures de Poupart (Opere fisicomediche, Venezia, 1733, t. 1, p. 77, pl. 1 etp. 299). Les taches tendent à s’'effacer chez les sujets usés ou récemment éclos.

La seconde espèce importante est le M. Formicalynæ, Fabr., ou innotatus, Rambur, long. du corps 22 à 26 millim., long. de l'aile 26 à 40 millim., à peu près de la taille ou un peu plus grand que le précédent, brunätre avec un duvet léger et court, les pattes jaunâtres ainsi que le bord postérieur des segments abdominaux. La différence réside dans les ailes un peu plus grandes, irisées, entièrement transparentes et sans taches, sauf les pterostigma bien visibles, d'un blanc très-légèrement jaunâtre. Ces deux espèces parisiennes sont de l'Europe centrale et méridionale; le formicarius ne paraît pas dépasser Paris en France. On le prend fréquemment à Fontainebleau. Lè Formicalynæ remonte plus au nord ; je l'ai trouvé dans la forêt de Compiègne. C'est le seul Fourmilion qui existe en Suède, et à qui s'applique la diagnose de Linnæus : calæ hyalinæ, vents fuscis reticulatæ» (Fauna suecica, 2° éd., 4751, Hemerobius Formicaleo). On le trouve aussi en Sibérie. Linnæus a fréquemment confondu les deux espèces : celle à ailes tachées est son Formicaleo (Syst. nat., 64. 10°, Poda), celle à ailes immaculées son formicarium (Syst. natur., 6d. 49°, et Formicaleo (Fauna suecica, 64. 2°) (4). On ne connait pas jusqu'à présent de Fourmilions dans les îles Britan-

(4) R. Mac Lachlan, Remarks concerning the identification of Myrmeleon Formicaleo. Formicarium and Formicalynx 0/ Linnæus (Trans. Soc, Entom. of London, 1871, part. 1v, December),

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niques, et il est très-probable que c’est le Formicalynx seul, à ailes immaculées, qui pourrait s'y rencontrer; mais il n'y a guère à espérer sa capture dans un pays aussi bien exploré par les entomologistes nationaux.

Dès qu'on s'avance vers le sud de la France, à partir de Paris et vers le centre, apparaissent d’autres espèces de Myrmeleon : ainsi, dans ce genre propre, le M. distinguendus, Rambur, des bois du département des Landes, de l’Andalousie, du Sénégal, espèce moitié plus petite que le M. formicarius, brune, variée de jaune, à ailes blanchâtres ou trèslégèrement jaunâtres, lisses et brillantes, à réseau roussâtre, sans taches, à pterostigma insensible. Un sous-genre, établi par Leach et Brauer sous le nom de Formicaleo, est caractérisé surtout par les calcars ou éperons terminaux des jambes à peu près de la longueur des quatre premiers articles destarses. L'espèce principale estle 47. ou F. tetragrammicus, Pallas, Fabr., plus grand, à antennes bien plus longues que le formicarius. On le rencontre à Fontainebleau, volant le soir, et l'on devra le rechercher encore plus près de Paris, ainsi à Bouray, à Lardy, peutêtre à Champigny. Il se trouve en Corse et dans une grande partie de l'Europe centrale et méridionale, en Algérie, en juin et juillet (cercle de la Calle), dans les lieux sablonneux et couverts d'herbes; long. corps o' 30 à 32 milim., © 24 à 26; aile antérieure dans les deux sexes;32; commun de juin à septembre. Le corps est d’un gris noir tacheté de jaunâtre, les segments abdominaux ayant à la base deux taches jaunes et à la pointe un anneau d’un jaune pâle. Les ailes, plus longues et plus aiguës que chez le M. formicarius, ont la branche postérieure du cubitus daus l'aile antérieure droite dans toute sa course, avec une petite tache noirâtre en forme de croissant à son extrémité au bord postérieur, et, dans l'aile postérieure, la tache noirâtre d'avant le pterostigma ne dépasse pas la bande costale : ces ailes sont autrement marquées de taches brunes que chez le formicarius, car on n'en voit que trois principales aux antérieures, aux postérieures une petite tache noirâtre vis-à-vis du pterostigma, et une grosse tache brune ovoïde au bord postérieur, qui manque chez le formicarius. Les pattes sont aussi bien différentes, plus velues, d'un brun jaune, noirâtre aux articulations, les tarses annelés de jaune et de noir, avec les trois premiers articles de la longueur des éperons des jambes. Au même groupe se rattache le M. ou F. lineatus, Fabr., de la Russie méridionale et de la Sibérie. Les larves des Formicaleo ne creusent pas d’entonnoirs, se cachent dans le sable et se jettent en avant sur la proie. Leurs mandibules (pince de succion) sont à trois dents; leurs yeux sont portés sur de grandes élévations; leur dernier anneau mousse, muni de deux plaques cornées dentelées. La larve du M. ou F. tetragrammicus décrite par Fr. Brauer (op. cit., 1854, p. 467) offre de chaque côté six stemmates sur un bouton cylindroïde ; des antennes à premier article renflé, les autres moniliformes, à terminaison de l’antenne un peu renflée en fu-

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seau ; les mandibules tridentées en dedans, poilues en dehors; la tête en trapèze allongé; les pattes grêles ; l'abdomen lisse et plat en dessous, renflé en dessus, avec bouquets de poils sur les côtés gontlés des segments, ainsi qu'aux mésothorax et mélathorax.

Parmi les autres sous-genres détachés du grand genre Myrmeleon, nous citerons le s.-genre Macronemurus, Costa, ayant les ailes étroites; l'abdomen du mâle plus long que les ailes, avec forceps au sommet; les calcars de la longueur des deux premiers articles des tarses; et comme type, le M. appendiculatus, Latr., plus petit que formicarius, à antennes brunes variées de jaune, à face jaune ; à thorax glabre, jaune avec trois bandes d’un brun violâtre ; l'abdomen aussi long ou plus long que les ailes, d'un brun violâtre, avec bande jaune de chaque côté, avec trèslong forceps du mâle poilu, roussâtre, jaune à la base ; les patles jaunes, sablées de brun; les ailes larges, peu aiguës, à membrane finement crispée, le réseau brun, parfois très-varié d’atomes jaunes, les pterostigma petits et jaunâtres; du département des Landes, de Corse, d'Espagne, d'Arabie.

Dans le sous-genre Creagris, Hagen, les ailes sont étroites et allongées. Le type est le J. ou C. plumbeus, Oliv. (syn. : pallidipennis, Brullé), brun varié de jaune, de la taille du formicarius, à éperons des jambes antérieures de la longueur des trois premiers articles du tarse ; les ailes un peu sinuées en arrière à leur extrémité et très-évidées dans cette partie aux postérieures, transparentes, luisantes, à nervures rougeâtres variées de brun ; très-commun en Espagne, surtout en Andalousie, du midi de la France, se trouvant en juin et juillet dans l’est de l'Algérie (Constantine, Milah, Sétif, cercle de la Calle), dans les lieux sablonneux, volant pendant la plus grande chaleur du jour, aimant à se reposer le long des tiges desséchées des grandes herbes. Une autre espèce, le M. ou C. tenellus, Klug, se prend en juin, dans les lieux sablonneux, près de Sétif.

Nous signalerons, parmi les genres voisins des Myrmeleon, le genre Megistopus, Rambur, dont on ne connait encore que peu d'espèces, surtout américaines. Les antennes sont dilatées en massue à l'extrémité, comme chez les Ascalaphes, mais beaucoup plus courtes; les pattes à tarses très-longs et sinueux, le cinquième article le plus long, très-velu en dessous, les éperons de l'extrémité des jambes un peu courbes, un peu plus longs que le premier article du tarse. Le type d'Europe, des régions méridionales, est le M. flavicornis, Rossi, ou bisignatus, Rambur, où bipunctatus, Hagen, plus petit que formicarius, ayant les antennes rousses, avec la massue et la base jaunes, l'abdomen jaune et noir, les ailes courtes et transparentes, avec une tache brune au milieu du bord postérieur ; de Hongrie, des environs de Montpellier?, de la lande des alentours de Bordeaux, mais assez rare.

I faudra rechercher en France une très-belle espèce d'un genre cosmopolite, Glenurus, Hagen, à antennes allongées, à ailes colorées de

ACANTHACLISIS. 427

belles taches brunes, les antérieures ayant le bord postérieur ocellé au milieu. C’est le G. pantherinus, Fabr. (Dendroleon, Brauer). M. Brauer a rencontré ce rare insecte aux environs de Vienne, dans lesbois secs des arbres aciculaires. Il a trouvé sa larve en avril, dans le Prater, dans un terreau rougeâtre de Trembles. Elle porte les ocelles de chaque côté sur une élévation faible; offre des mandibules tridentées, et le dernier anneau abdominal sans armatures, cylindrique, bien détaché, paraissant apte à grimper. Elle ne se creuse pas d’entonnoirs, mais se cache en terre et s'élance rapidement sur ses victimes. On peut l’élever dans le sable en la nourrissant de Mouches. Elle se file en juin un cocon entremêlé de grains sableux, dont l'adulte sort six semaines après, en juillet.

Une espèce anciennement connue, du même genre et de l'Amérique septentrionale, est le G. gratus, Say, ou roseipennis, Burm., à grandes et larges ailes transparentes, avec l'extrémité des supérieures rosée, et de grandes taches brunes arrondies et découpées au bout des ailes des deux paires, figuré dans l'ouvrage de Rambur.

ACANTHACLISIS, Rambur. — Antennes claviformes, beaucoup plus courtes que le corps; lèvre inférieure cordiforme. Palpes maxillaires à dernier article cylindrique, un peu atténué au bout, les labiaux beaucoup plus longs, à dernier article très-long, terminé en massue. Ailes longues et étroites, peu ou pas tachées, les inférieures toujours moins marquées que les supérieures, les nervures colorées alternativement en plus clair et plus foncé ; nervure inframédiane (cubitus) partagée en trois dès l’origine, la branche postérieure rectiligne, dirigée obliquement vers le bord postérieur, et, dans l'aile inférieure, vers labranche postérieure du rameau moyen du cubitus. Pattes courtes, ayant les éperons terminaux des jambes crochus, échancrés en dedans vers leur milieu, la pointe rabattue à angle droit, beaucoup plus longs que les deux premiers articles du tarse; ongles fortement courbés, ayant une dilatation saillante et arrondie à leur base. — Larves sans entonnoirs.

Ce genre, principalement des régions chaudes de l'Asie, de l’Afrique, de l'Australie, comprend près de trente espèces, dont trois américaines, et deux d'Europe. La principale de celles-ci est l'A. occitanica, de Villers, ou pisana, Rossi, de la Prusse orientale, de la Hongrie, de l'Italie, du midi de la France, des Landes, du Bordelais, de la Saintonge, d'un brun roussâtre avec lignes longitudinales noires et poils blanchîtres ; à ailes lancéolées, transparentes, à nervures et nervules variées de blanc jaunâtre et de noirûtre, les ailes inférieures (comme d'autres espèces du genre) ayant à la base postérieurement un petit prolongement muni d'une pelote. La cinquième nervure des ailes est marquée de lignes noires ; il y a également une petite tache près du pterostigma et quelques autres vers l'extrémité ; la membrane de l'aile est en outre tachetée de blanchâtre, surtout aux supérieures, et l’espace costal offre deux rangées d’aréoles. On connaît la larve de cette

128 NÉVROPTÈRES.

espèce, plus grosse et plus allongée que celle des Fourmilions, décrite

et figurée par M. Fr. Brauer, ainsi que la nymphe (Verhandl. z0ol.-

botan. Vereins in Wien 1855, p. 777), conlournée dans le cocon. Ces

larves, qui ne creusent pas d’entonnoirs, ont des élévations oculigères,

des mandibules à trois dents, élargies au milieu, le dernier anneau

arrondi, sans plaques cornées. Elles ont été trouvées en France près

de Bordeaux, en grattant le sable dans les dunes landaises de l'étang de Biscarosse. Leur couleur les fait confondre avec les sables blancs des

dunes, car elles sont d'un blanc d'ivoire, convexes, ayant au dos de l'abdomen cinq séries de petites taches brunes, le ventre tout à fait immaculé. La tête, carrée, débordée par les mandibules plus longues qu’elle, est excavée antérieurement, porte de chaque côté quatre ocelles en carré

et est marquée de deux lignes brunes. Le prothorax, à six taches, est

atténué en avant, les autres segments du thorax ridés en travers et obscurément tachés ; le dernier segment abdominal se termine par trois lobes, dont l'intermédiaire est le plus grand, munis de soies noirâtres qui concourent à la locomotion. La longueur de la larve est de 16 millimètres, non compris les mandibules. Ces larves peuvent résister à plusieurs semaines de jeûne; elles s’enfoncent à reculons dans

le sable, mais peu profondément, et leur présence ne se trahit que par une légère convexité du sable, précédée d’une faible dépression, au fond de laquelle on voit la tenaille ouverte. Quand elles ont saisi un insecte, elles l’entrainent à reculons dans un sillon sous-arénacé d’environ 3 centimètres, le sucent, et lancent le cadavre loin du gite.

Elles savent aussi marcher en avant assez gauchement, sortir en entier de leur tanière pour s’élancer sur les insectes qui passent, puis s’enterrer ensuite à reculons avec eux (1). Une seconde espèce très-voisine d'Acanthaclisis se trouve en Andalousie. C’est l'A. bætica, Rambur, probablement l'espèce rencontrée en Algérie par M. H. Lucas, aux environs d'Oran.

ParPamEs, Rambur, — Antennes claviformes, beaucoup plus courtes que le corps, le plus souvent plus courtes que la tête et le thorax réunis. Mâchoires fortement ciliées; lèvre inférieure quadrilatère, légèrement échancrée ; palpes labiaux plus longs que les maxillaires, les palpes des deux sortes à dernier article élargi au bout. Les quatre ailes larges et presque toujours couvertes de taches plus ou moins nombreuses, plus grandes aux postérieures, une seule rangée d’aréoles dans l’espace costal, la nervure inframédiane (cubitus) partagée en trois branches dès la racine de l’aile, la postérieure en forme d’arc. Éperons terminaux des jambes faiblement courbés, beaucoup plus longs que le premier

(1) L. Dufour, Excursion entomol. aux dunes de Biscarosse et d'Arcachon (Actes Soc. Linn. de Bordeaux, 1853, t, XIX, p. 283). — E. Perris, Nouvelles excursions dans les grandes Landes (Ann. Soc. Linn. de Lyon, 2° série, 1857, t. IV, p. 83 et suiv.).

PALPARES. b29

article du tarse; les quatre premiers articles des tarses d’égale longueur, trèscourts, granuliformes, ensemble pas plus longs que le dernier. Appendices abdominaux des mâles en pince poilue, souvent très-longs. — Larves sans entonnoirs,

Il y a près d'une quarantaine d’espèces de Palpares, toutes de l’ancien monde, des Indes, de Ceylan et surtout desdiverses régions de l'Afrique. Les mâles, d'après Rambur, ont, postérieurement à l'articulation des ailes inférieures, une petite dilatation munie à son extrémité d’une petite pelote composée de poils, formant une masse compacte et s’appliquant dans une cavité latérale de la partie postérieure du métathorax. L'espèce fondamentale est celle du bassin méditerranéen, de tout le midi de l'Europe, volant par les jours chauds de l'été dans les lieux sablonneux des régions les plus méridionales de la France, à vol assez lent et assez lourd, existant dans les îles méditerranéennes et aux environs de Constantinople, de toute l'Algérie au printemps et dans une grande partie de l'été, dans les lieux ombragés et herbus. C'est le P. libelluloides, Linn., de 60 millimètres de long sur 120 d'envergure, ayant le second article des palpes labiaux plus long à lui seul que les maxillaires ; le corps pubescent, jaune varié de noir; avec bandes noires longitudinales et latérales; les pattes rougeûtres, à tarses noirs ; les appendices du mâle de 10 millimètres environ, courbés, un peu renflés avant le milieu, les deux valves anales de la femelle hérissées d'épines courtes; les ailes grandes, larges, duveteuses, jaunâtres vers les bouts, tachetées de nombreuses marques brunes, surtout près du bord costal, avec trois taches sur le disque, la médiane oblongue, l’extrème en croissant aux inférieures. La larve de cette magnifique espèce, décrite par Percheron (1), est longue de 4 centimètres, toute noire et poilue, les mandibules ayant trois dents au côté interne, sans épines intermédiaires. La tête a la forme d'un trapèze dont le grand côté est antérieur, Concave en dessus, convexe en dessous, insérée sur le prothorax au moyen d’un cou très-mobile et susceptible d'un grand allongement. Elle porte sur une élévation de chaque côté six stemmates très-brillants, en triangle sur trois rangs, 4, 2, 3, le sommet regardant les mandibules.Les antennes ont un premier article long et cylindrique, suivi d’une trentaine d'articles beaucoup plus étroits etmoniliformes. On observe en dessous le labre et la lèvre sinuée antérieurement, couverte de poils roides, ainsi que ses palpes, ceux-ci de quatre articles, le premier très-gros et ovoide, les trois autres subégaux et filiformes, moins longs ensemble que le premier, le dernier arrondi au bout. Les mandibules sont plates, assez larges à la base, environ de la longueur de la tête et arquées à partir du tiers de leur longueur, puis s’effilant peu

(4) Note sur la larve du Myrmeleon libelluloides (Magaz. de z00/, de Guérin, 1833, classe IX, pl. 59).

L30 NÉVROPTÈRES.

à peu en pointe très-aiguë. On voit tout le long de la mandibule comme une suture plus saillante : c’est la mâchoire accolée et-mobile dans sa rainure, ainsi que l'ont reconnu Bonnet et Réaumur (le siphon de celui-ci) pour la larve du, Fourmilion ordinaire, et ce mouvement fait monter par capillarité les liquides de l'insecte sucé et percé par le bout très-acéré de la mandibule. Le prothorax est rétréci, les deux autres anneaux du thorax très-analogues à ceux de l'abdomen; celui-ci ovoïde, bombé en dessus, plat en dessous, très-garni de poils roides, et le bout du neuvième segment très-petit, portant deux appendices cornés et allongés, la filière étant au bout de l'abdomen, comme chez la larve du Fourmilion, où Réaumur l’a découverte. Les pattes des deux premières paires sont seules visibles en dessus et dirigées en avant, les posté rieures tournées en arrière et servant à creuser à reculons ; les tarses, d’un seul article, se terminent par deux ongles très-écartés pour aider à appuyer la larve, qui marche continuellement dans le sable. Elle ne fait pas d’entonnoir et se jette en avant sur la proie à sa portée, comme on à pu le voir sur un individu qui a vécu plusieurs mois en captivité chez M. E. Blanchard.

L'Europe offre une seconde espèce, le P. hispanus, Hagen, dont l'abdomen n'a que dés taches sur les côtés, au lieu des bandes noires, le thorax étant plus velu et comme laineux ; d’Andalousie et du Cap. Il faut y joindre le P.cephalotes, Klug, d'Égypte, et le P. Percheroni, G.-Mén., à corps jaune avec des macules noires, du Sénégal, espèce plus petite, mais analogue au libelluloides, Elle est représentée planche rxvn (fig. 1, mâle à appendices jaunes; 1 &, tête grossie ; 1 b, mâchoire et palpe ; 4 c, antenne).

M. Hagen a détaché du type des Palpares un certain nombre d'espèces dont il a formé des genres nouveaux : Sfenares, à ailes allongées, maculées, avec l’espace costal bi- ou tri-aréolé, l'abdomen du mâle à forceps, offrant deux espèces, l’une de Sierra-Leone, l’autre des Indes orientales ; Pamexis, à ailes larges et tachetées, la subcostale épaissie au sommet, les antennes orbiculaires au bout, pour trois ou quatre espèces de l'Afrique australè ; Tomatares, à caractères analogues aux Pamexis, les ailes plus larges, maculées, l'abdomen du mâle à forceps, à espèces indiennes et africaines; Dimares, aussi à ailes tachées, du Brésil et du Pérou.

Groupe des ASCALAPHES.

Les Ascalaphes, envisagés dans le sens général, se distinguent par des antennes longues, filiformes d'ordinaire, terminées brusquement en un bouton épais et piriforme, quelquelois allongé. Leur longueur, comparée à celle du corps, varie, et parfois chez les mâles elles sont

ASCALAPHES. h3A

denticulées ou en scie dans certaines parties (genre chinois et indien Acheron, Lefebv., à antennes du mâle denticulées en dedans vers la base), ce qui n’a jamais lieu chez la femelle. La partie basilaire peut être glabre ou offrir des poils verticillés. Les yeux présentent un caractère très-important et qui a servi à Lefebvre (Magas. de zool. de G.-Mén., 1842) à partager les Ascalaphes en deux grandes séries. Les Schizophthalmes ont les yeux dédoublés et séparés par un sillon en deux segments d'étendue comparativement variable, la portion supérieure débordant un peu sur linférieure, cette dernière ressemblant à un petit œil ordinaire sphérique : ce sont ceux qui offrent le plus grand nombre de genres et les seuls que nous ayons en Europe. Les Holophthalmes offrent au contraire les yeux entiers et sphériques, à la façon ordinaire. Le thorax est de grandeur et de villosité variées,

Les ailes présentent à l'extrémité, ou espace apical, un petit nombre d'aréoles irrégulières, polygonales, grandes, en rangées confuses. L'examen de la partie basilaire du bord interne fournit de bons caractères. Ordinairement la base n'offre qu'une simple petite excision avec l’angle axillaire plus ou moins proéminent; parfois la partie basale du bord interne présente une longue excision, rendant les ailes presque pétiolées et avec une grande projection dentiforme, auquel cas les ailes sont dites appendiculées (genres Haploglenius, Burm., et Ptynæ, Lefebv., etc.). Cette dent est en réalité l'angle axillaire qui s’étend en avant par suite de l'incision du bord postérieur, et ce caractère appartient aux deux sexes. Les ailes postérieures donnent de bons caractères par l'examen de la nervure de la portion basilaire du bord postérieur. Dans beaucoup de genres, et en exceptant certains genres américains, le cubitus inférieur (5° nervure de Rambur) offre près de la base un léger coude d’où part une nervure oblique allant vers la nervure longitudinale inférieure ou anale ; parfois cette nervure oblique est à peine indiquée, et ne se décèle que par le coude du cubitus cité plus haut. Cela coïncide avec une profonde excision du bord interne, et le raccourcissement de la base de l'aile qui en résulte oblitère un peu à la fois la nervure oblique et la nervure anale. Les pattes ont une force et une longueur comparatives qui diffèrent suivant les genres, ainsi que la longueur des éperons des jambes postérieures par rapport à celle de l’article basilaire du tarse. L’abdomen peut varier de longueur et de forme d'un sexe à l’autre, offrant quelquefois chez les mâles des bosselures dorsales, et enfin donne des caractères selon la présence ou l'absence des crochets anaux chez les mâles, et leur forme, quand ils existent. 2

Ces insectes sont des carnassiers de proie vivante à leurs deux états d'activité. Les larves ne se creusent pas d’entonnoirs et chassent à l'embuscade sur le sol, ressemblant d’une manière générale à celles du groupe des Fourmilions. La différence principale consiste en saillies latérales des segments. Elles sont courtes dans le type Ascalaphus, pourvues

h32 NÉVROPTÈRES.

de cils ou de saies, et les mandibules de succion sont à trois dents au bord interne. Ces saillies ciliées sont très-longues dans des larves exotiques, ainsi celles des Ulula, Ramb., d'Amérique, avec mandibules à trois dents, et celles probablement des Suphalasca, Lefebv., de Rockhampton, Australie orientale, larves plates et circulaires, à saillies avec cils très-longs, avec mandibules à une seule dent longue, et la tête beaucoup plus large que longue.

Les Ascalaphes sont des insectes de régions chaudes, surtout abondants dans les contrées tropicales, s'étendant par places jusqu'aux parallèles de 40 degrés à 50 degrés N. et 30 degrés à 40 degrés S. On y compte aujourd'hui plus de cent espèces réparties en vingt-sept genres. Les genres de l'ancien monde ne se retrouvent pas dans le nouveau. Sont propres au bassin méditerranéen les genres tous schizophthalmes : Ascalaphus, Fabr., avec extension dans l’Europe centrale et dans l'Asie centrale; Bubo, Ramb., d’Espagne, de Syrie, d'Égypte, etc.; Puer, Lefebv., spécial au midi de la France, Theleproctophylla, Lefebvre. L’Asie a comme représentant principal le genre schizophthalme Hybris, Lefebv., de l'Inde, de la Chine, du Japon, de l'archipel malais, et présente un genre holophthalme, /dricerus, Mac Lachl. En Afrique, se rencontrent d’autres genres des deux sortes d’yeux. Ainsi, dans les schizophthalmes, les Proctarrelabris, Lefebvre, et Helcopteryx, Mac Lachl., de l'Afrique australe. Dans les holophthalmes : les genres Melambrotus, Mac Lachl., du S. O.; Tmesibasis, Mac Lach]., du S. E.; Cormodes, Mac Lachl., de l'Afrique occidentale. En Australie, se trouvent les genres Suphalasca, Lefebvr., et Acmonotus, Mac Lachl., tous deux schizophthalmes. Enfin, dans le nouveau monde, les holophthalmes ont comme représentants les genres Haplogenius, Burm., et Ptynx, Lefebv., et les schizophthalmes, principalement les genres Ulula, Ramb., Orphne, Lefebv., etc.

Les ouvrages récents à consulter pour l’étude des Ascalaphes sont : H. Hagen, Uebersicht etc. (Entom. Zeit. zu Stettin, 1851, p. 186), pour la bibliographie, et un excellent mémoire de M. R. Mac Lachlan, intitulé : An Attempt towards a systematic Classification of the Family Asca- TAPHIDÆ (Linn. Soc. Journal, Zoor., t. XI, p. 219).

Section des ASCALAPHES SCHIZOPHTHALMES.

ASCALAPHUS, Fabr. — Antennes glabres, fortes, aussi longues ou un peu plus longues ou un peu plus courtes que les ailes, sans poils à la base et un peu arquées, spécialement chez le mâle, terminées par un bouton en toupie se déprimant et se creusant par dessiccation; chaque réseau oculaire partagé par un sillon avec le segment supérieur ovoïde plus long que le second. Mandibules épaisses, trièdres, tridentées; mâchoires poilues, à lobe externe cylindrique,

ASCALATHUS. 433

triarticulé, les palpes à articles 3 et 5 plus longs que les autres ; lèvre inférieure ciliée, large, subcordiforme, à palpes plus longs ou aussi longs que les maxillaires, à premier article très-court, 2 et 3 subégaux; front et vertex couverts de poils longs et serrés. Thorax poilu, avec prothorax très-petit. Ailes antérieures en forme de scalpel, avec la bande costale élargie à la base, rétrécie au milieu, les postérieures ayant leur plus grande largeur au milieu, souvent presque {riangulaires, avec un pterostigma plus ou moins distinct aux deux ailes, qui sont toujours colorées vu tachetées. Pattes courtes, avec éperons terminaux des jambes postérieures ne dépassant pas le premier article des tarses; ceux-ci munis de deux ongles puissants. Abdome: poilu, obèse chez la femelle, et offrant chez le mâle une pince à son extrémité.

Le caractère distinctif très-important du genre Ascalaphus est Ta forme de la bande costale des ailes de devant. Le forceps d’accouplement des mâles est à peu près de même forme dans toutes les espèces, et au-dessous se trouve une pièce trifide ou trilobée. La fine tige de l'antenne se compose d'une trentaine d'articles, celui de la base plus gros et plus fort que les suivants, ceux-ci pour la plupart cylindroïdes, avec un renflement terminal brusque, ce qui leur donne, à la loupe, un aspect noueux. Près de l'insertion de l'organe sur la tête, ces articles plus courts, plus rapprochés, se prêtent plus spécialement aux mouvements généraux de l'antenne, à sa projection en avant ou en arrière. Si l'on détache sur l'insecte vivant le bouton ovoïde et-abrupt qui la termine, on voit qu'il est formé d'une douzaine de cerceaux annulaires, opaques et noirâtres, séparés par autant d’insertions linéaires blanchâtres et membraneuses, qui permettent aux cerceaux de s’écarter ou de se rapprocher, de manière à faciliter le renflement vésiculeux et variable du bouton, qui est ovoïde ou turbiné, ou ellipsoïde, avec un petit appendice subulé noirâtre à son bout antérieur, formant comme une clef de voûte. L'intérieur de cette capsule antennaire offre une pulpe très-délicate, comme nerveuse, pleine de trachéoles ; ce bouton à enveloppe dilatable, peut-être érectile, paraît être pour L. Dufour un organe commun de l’ouïe et de l’odorat. Les ailes sont toujours élargies au bord postérieur, surtout les secondes, où ce bord forme un angle très-obtus. Leur couleur est toujours variée de noir ou de brunûâtre, de jaune (parfois de blanc) et de roussàtre, avec la base des postérieures noire ou brune. On peut établir deux divisions d’après la coloration des ailes : tantôt elles sont d’une couleur jaune roussätre ou fuligineuse, ne formant pas de taches bien tranchées, incomplétement opaques, à réseau très-serré, ainsi les À. longicornis, macaronius, corsicus, ete.; d'autres fois le réseau est un peu moins serré et les taches jaunes sont tout à fait opaques, ce qu'on voit chez les À, meridionalis, lacteus, etc. La forme des antennes et les couleurs parfois brillantes et vives des ailes ont fait confondre ces insectes avec des papillons par quelques entomologistes comme le montrent les

L3l NÉVROPTÈRES,

noms de Papilio Macoronis de Scopoli (1763), de Papilio coccajus de Schrank (1776).

Les Ascalaphes sont des insectivores, ce que dénotent à priori leurs mandibules robustes et aiguës, leurs pattes courtes, fortes et hérissées de poils rudes, leurs larges ailes, leurs ongles longs et acérés. Le vol de la plupart des espèces est rapide, mais de courte durée. Quand on n’inquiète pas ces insectes, ils planent et s'écartent peu des limites normales de leur habitation. A l'approche du danger et quand on les poursuit, ils s’abattent au milieu des herbes des prairies, et, en repliant leurs ailes en toit le long du corps et rejetant leurs antennes en arrière, ce qui est leur station de repos, se faufilent si bien à travers le gazon, qu'il devient difficile de les apercevoir. Leur accouplement commence dans l'air, le mâle s’élançant sur la femelle et la cramponnant avec son forceps anal; puis le couple s’abat sur quelque plante ou sur le sol pour consommer l'acte.

Nous prendrons pour type de l'anatomie interne des Ascalaphes celle de l’A. italicus ou meridionalis par L. Dufour (1). Les glandes salivaires sont simples, comme chez les Myrmelean, les Osmylus, les Sialis; mais au lieu d'avoir la forme d’un tube sécréteur grêle suivi d’un réservoir renflé, l'organe de sécrétion est au contraire une capsule ovaleoblongue, dont la cavité sert de réservoir à la salive élaborée par les parois; la capsule est munie en avant d’un col capillaire plus long qu'elle, et les deux cols confluent dans la tête en un canal excréteur très-court, s’ouvrant dans la bouche. Le tube digestif, de la longueur du corps, n’est pas flexueux. A l’œsophage capillaire succède un jabot musculo-membraneux, recevant en arrière et latéralement une panse, qui devient oblongue et très-grosse dans les Ascalaphes gorgés de débris d'insectes. Après se trouve un petit gésier ovalaire, roussätre, élastique. ayant à l’intérieur une valvule de huit écailles brunes, coriacées, ovalaires ; il communique à un long estomac droit, blanc, conoïde, hérissé de très-courtes papilles, et marqué de place en place de contractures annulaires déterminées par des rubans musculeux. Son extrémité postérieure présente un anneau sombre, indice d’une valvule de sortie parallèle à celle de l'entrée, formée de huit écailles brunâtres el ovalaires. A chacune de celles-ci a lieu l'insertion en couronne de huit vaisseaux de Malpighi, comme chez les Myrmeleon (L. Dufour), Osmylus, Nemoptera, très-longs, blancs et lisses, à bouts libres et flottants, formant entre tous les viscères d’inextricables entrelacements, L’intestin qui suit, d'abord cylindrique, se dilate en un rectum offrant six disques musculeux ovalaires, dont la contraction détermine l'expulsion des matières stercorales. Un tissu adipeux blanchâtre, contenu dans des sachets grêles entourés de ramuscules trachéens et nerveux, entourant

(4) Recherches anatomiques sur l’Ascalaphus meridionalis (Ann, se, natur, Zoo, 4° série, 1860, XIIE, p. 193),

ASCALAPHUS, h35

les divers organes internes, sert à maintenir par sa résorption l'existence de l’Ascalaphe, quand des pluies prolongées s'opposent à la chasse de sa proie ailée.

Les testicules du mâle sont bien séparés et placés de chaque côté de la base de la cavité abdominale, chacun lisse, ovoïde-allongé, d'un blanc mat un peu jaunâtre, rempli de capsules spermifiques vésiculaires, ovoïdes et sessiles; d’où part un conduit déférent capillaire aboutissant au bout de l'abdomen à une vésicule séminale très-rapprochée de sa congénère, et formée d'une agglomération de petites utricules ovoïdes et sessiles.

Chaque ovaire de la femelle est un faisceau de dix gaines ovigéres multiloculaires, contenant chacune vingt-cinq à trente ovules en développement variable, formant un corps en cône allongé dont la pointe est un ligamment suspenseur uni à celui de l’autre ovaire et fixé au thorax.

Les deux calices cupuliformes où s’abouchent les gaines se réunissent en arrière en un oviducte commun, où tombent les œufs, assez gros, ovalaires, obtus et blancs. A la face dorsale de l’oviducte s’insère une poche copulatrice arrondie, sessile, blanchâtre, à tunique d'aspect charnu, et dans laquelle le pénis du mâle doit déverser le sperme lors de la copulation ; elle porte en dessus une sorte de baguette cornée et brunâtre. A l'extrémité de la cavité abdominale l’oviducte reçoit le conduit excréteur commun de deux glandes sébifiques, destinées à enduire les œufs au moment de la ponte d'un vernis, grâce auquel la femelle les colle en double rangée le long des tiges de Graminées (Fr. Brauer). Chaque glande sébifique est formée d’un long vaisseau sécréteur avec quelques courtes digitations à son bout aveugle, et se rendant à une poche de réserve oblongue qui aboutit au canal de sortie. s

L'appareil de la respiration offre les stigmates habituels, six très-peu visibles à l'abdomen, d’après Fr. Brawer, et des trachées presque toutes tubulaires ou élastiques, offrant seulement dans la tête quelques dilatations, que L. Dufour suppose destinées à alléger les balanciers antennaires dans la locomotion aérienne.

Le système nerveux présente un fait remarquable et qui doit être général pour les lobes optiques du cerveau des Ascalaphes schizophthalmes. Le sillon de la cornée correspond à une intersection fibromembraneuse dans la pulpe optique, sans aucune trace de filets nerveux, ce qui coïncide avec l'absence de cornéules; de sorte qu'il y a deux yeux composés accolés, aussi distincts dans leur profondeur que dans le tissu aréolaire de leur surface externe. Viennent ensuite, après le ganglion sous-æsophagien, trois ganglions thoraciques et six ganglions abdominaux, le dernier sphéroïde et plus gros que les autres.

Nous examinerons rapidement les principales espèces d'Europe, qui ne sont pas sans difficulté de synonymie. L’A. longicornis, Linn., a le corps noir, avec les antennes très-longues et les poils en avant de la

h36 NÉVROPTÈRES.

tête roussätres. Les ailes supérieures ont une tache brune, qui part de la base et va en s'élargissant, et une petite tache de même couleur à la base de la partie élargie de l'espace costal ; une ligne semblable vers le bord antérieur part du milieu de ce bord et remonte jusqu'au pterostigma noir. Les ailes inférieures ont une large tache brune basilaire occupant tout le premier tiers de l'aile, et un croissant presque noir qui cerne son extrémité ; le reste des ailes est transparent, d'un roussâtre enfumé et souvent avec une teinte soufrée, surtout aux ailes inférieures. Cette espèce, dit Lafresnaye, qui l’observait à Nonancourt, département de l'Eure, sur une colline sablonneuse, vole avec une grande rapidité à l’ardeur du soleil, et se pose sur l'extrémité des plantes. Quand le mâle passe au-dessus de la femelle, celle-ci s'élance vers lui verticalement, comme une pierre qu'on jette de bas en haut ; le couple s'accroche aussitôt, puis va tomber obliquement sur les plantes. La larve, trouvée par de Cérisy et analogue à celle des Fourmilions par la forme, en diffère beaucoup par les mœurs, car elle se cache sous de petites pierres, et s'empare des mouches et autres insectes qu'elle suce, et dont elle n’abandonne la dépouille que complétement desséchée. On trouve cette espèce près de Paris,en juin, sur les coteaux secs de Lardy, de Poqueney, de Bouray, ainsi que dans la forêt de Fontainebleau, le Limousin, les Pyrénées, etc. Elle habite aussi l'Espagne, l'Italie, l'Algérie. Elle est citée comme capturée en août à Lardy et près deChartres en mai, ce qui semble indiquer deux époques d'éclosion. Une espèce voisine est l'A. ictericus, Charp., ou barbarus, Latr., de taille un peu plus petite que le longicornis, à antennes moins longues, à premier article taché de jaune, les ailes plus roussâtres, à taches brunes analogues, mais sans croissant au bout de l'aile postérieure, de l'extrême midi de la France (environs d'Hyères), du Portugal, d'Espagne, d'Italie, de Sicile, de Grèce, de l'Afrique méditerranéenne. On trouve cette espèce. dans l'E. et l'O. de l'Algérie, particulièrement aux environs de Constantine et dans le cercle de la Calle, au début du printemps dans les lieux ombragés, herbus et assez humides. Le type allemand analogue est l'A. macaronius, Scop., ou hungaricus, Ramb., d'Autriche, de Hongrie, de Dalmatie, de Turquie, de Russie méridionale, à ailes d'un beau jaune, les antérieures presque hyalines, moins tachées de brun que longicornis, les postérieures à peu près semblables par la tache basale brune et celle en croissant du bout de l'aile. Cette espèce est commune par places aux environs de Vienne, dans les prés exposés au soleil, de la fin de juin au milieu d'août, et a été bien étudiée par M. Fr. Brauer (1); elle nous servira de type pour les métamorphoses du genre Ascalaphus. il dit que les adultes volent très-haut, seulement au soleil levant et par un temps

(4) Verhandlungen des zo0l.-botan. Vereins in Wien, 1854, p. 463;\1855, p. 479.

ASCALAPHUS. 137

calme; leur vol ressemble à celui des Zygènes (Lépid. hétérocères), mais plus ferme. Le matin, et par les journées chaudes et pluvieuses, ils se posent sur des tiges de gazon, les ailes repliées en toit sur le corps. Ils sont alors difficiles à voir, parce qu'ils remarquent chaque mouvement de l'observateur, et tournent autour de la tige qui les porte, de façon à demeurer toujours cachés. C'est pendant le vol que le mâle saisit la femelle avec sa pince, et tous deux tombent à terre ou se posent sur une plante, leurs corps à l'opposé, comme chez les Noctuelles et beaucoup d’autres Lépidoptères. Quelques jours après la copulation, la femelle pond ses œufs, au nombre de quarante à cinquante, fixés en deux rangs parallèles sur une tige de gazon. Ces Ascalaphes pourchassent au vol divers insectes et surtout les papillons. Les jeunes larves, quoique écloses en août, grossissent très-lentement jusqu'à la fin de l'hiver ; elles sont alors très-difficiles à trouver, se cachant le plus souvent dans la mousse et sous les petites pierres, et paraissent vivre de Pucerons. Elles commencent à grossir plus rapidement au printemps et mangent davantage. Elles ont les mandibules fortement dentées de chaque côté, avec neuf dents ou épines au côté interne, cinq épines au côté externe, L’antenne offre le premier article gros et renflé, les autres moniliformes, un peu plus épais dans la moitié terminale. La tête est en large trapèze, creusée en dessus, hérissée d’épines, avec six stemmates arrondis de chaque côté, sur un support cylindrique. Les palpes labiaux ont quatre articles, le premier ovale, très-gros, armé de quatre épines, les autres grèles, 4 plus long que 2 et 3, un peu subovoïde. Le prothorax est étroit, le mésothorax très-excavé en avant. Les pattes 4 et 2 sont dirigées en avant, 3 en arrière, toutes épineuses, et les tarses sont {erminés par deux forts ongles crochus. Les bords des anneaux du mésothorax, du métathorax et de l'abdomen offrent des prolongements verruqueux courts et cylindroïdes, hérissés chacun d'une touffe de poils roides. Ces prolongements latéraux saillants sont la principale distinction de ces larves d'avec celles du type Fourmilion, les larves d’Ascalaphes et de Fourmilions ayant neuf segments abdominaux. Le dernier segment de l'abdomen de la larve de l'A. macaronius se termine par un bouton cylindrique hérissé de forts piquants noirs. Au mois de juin ces larves filent des cocons ovoïdes au milieu des plantes basses, gros comme une noisette moyenne, collés aux feuilles ou aux fourches de rameaux. A l'intérieur se trouve la nymphe recourbée, les antennes couchées derrière les yeux, les pattes pendantes en dessous, les ailes repliées sur les côtés dans leurs fourreaux, l'abdomen dans une autre direction que le thorax, à anneaux très-nettement visibles, ainsi que les stigmates, et même gonflés. Une dernière espèce du type à ailes translucides et une des plus petites est l’A. corsicus, Ramb. (syn.: siculus, Ramb.), à ailes fuligineuses, les antérieures n'ayant qu'une tache basilaire allongée et la sous-costale brune en entier, ainsi que le pterostigma, l’inférieure à base obscurcie avec une

L38 NÉVROPTÈRES.

tache linéaire médiane brune, sans croissant au bout ; espèce de Corse, de Sardaigne, de Sicile, de Grèce. Toutes les espèces de ce premier groupe ont les jambes jaunes et les tarses noirs.

Nous prendrons comme type des espèces du second groupe à taches opaques et luisantes, l'A coccajus (Wiener Verzeichniss), où meridionalis, Charp., ou étalicus, Latr. : long. corps, 44 à 18 millimètres; long. aile antér., 18 à 24 millimètres. La couleur du corps est noire et les jambes postérieures sont noires à la moitié extrême. Les ailes antérieures sont hyalines avec nervures d’un brun noir, enfumées de gris brun, seulement à la base dans la bande costale et dans l’espace situé derrière la bande cubitale, avec une sorte de coup de pinceau longitudinal noir dans la bande cubitale; les ailes postérieures sont trèslarges au milieu et d'un beau jaune opaque, ayant à la base un large, coup de pinceau noir, qui au bord postérieur est allongé jusqu'à l'angle postérieur de l'aile, le bord postérieur et l'encadrement de la pointe jaune étant hyalins, avec des nervures enfumées d'un brun noir. Cette espèce est d'Autriche (près de Salzbourg) et d'Allemagne, s'étendant au nord jusqu'en Thuringe, de Suisse, d'Espagne, d'Italie, de Grèce, du midi de la France, et aussi de ses régions centrales. C'est très-probablement cette espèce que M.E. Blanchard (1) dit avoir trouvée dans les lieux marécageux entre la Dordogne et la Garonne, ayant suivi le canal du Midi depuis la Provence, et ne se rencontrant pas dans l’intérieur des terres. On a indiqué cet À. meridionalis comme rencontré près de Nemours, de Montbéliard (Doubs), à Fontainebleau, à Lardy,. et aussi accidentellement dans le jardin du Muséum, à Paris (2). C'est sans doute la larve de cette espèce qui est décrite et figurée par Bonnet (Betrachtungen über die Natur. Uebers. von Tilius, 5. Ausgabe, IT, 509; — Abhandl. zur Insectologie. Uebers, von v. Gütze, IT, 147), et c’est elle probablement dont Réaumur fait mention, en disant que Bonnet lui a envoyé de Genève des larves plus foncées que celles du Fourmilion parisien, ayant les yeux posés sur un tubercule plus saillant, et le bout de l'abdomen terminé par deux plaques qui semblent formées chacune de quatre poils collés; elles ne font pas d’entonnoir, se cachent sous le sable, et saisissent en marchant en avant les insectes qui passent près d'elles.

Les espèces les plus voisines de la précédente sont les 4. italicus, Fabr., à taches opaques d’un blanc jaunâtre, d'Italie et de Sicile, et A. lacteus, Brullé, ayant ces taches blanches, de Grèce, de Turquie, d'Asie Mineure, de Dalmatie, d'Italie et du midi de la Russie. -On ne doit pas oublier une espèce qui offre une extension septentrionale re-

(1) Sur d’Ascalaphe italique (Actes Soc. Linn. de Bordeaux, t. I, p. 162).

(2) Voyez, au sujet des À. longicornis, Linn., etmeridionalis où italicus, Latr., Ann. Soc. entom. Fr., 1842, Bullet, XNII; 1845, Buëlet., LXXV, LXXX, OXI, CXIV ; 1846, Bullet., CI, CV; 1854, Bullet., XLVIII.

ASCALAPHUS, CORDULECERUS, L39

marquable pour un genre méditerranéen, par le même fait que pour certains Lépidoptères, et en raison de la grande chaleur de l'été des climats les plus continentaux : c’est l'A. sibiricus, Eversmann, de Kiakhta en Sibérie etde Mongolie, à ailes supérieures enfumées, et la partie noire basale des ailes inférieures prolongée en deux lignes jusqu’au bord inférieur, l’une suivant le cubitus supérieur, l’autre la nervure anale. Parmi les genres voisins, citons le genre Theleproctophylla, Lefebv., ayant les yeux partagés, avec la partie antérieure au moins deux fois aussi longue que la postérieure, les antennes assez courtes, moins longues que les ailes, celles-ci offrant l’espace costal également large de la base jusqu'au pterostigma, les ailes postérieures plus étroites que les antérieures, non échancrées au bord postérieur, l'abdomen du mâle terminé par quatre appendices, les supérieurs en forceps crochu, les inférieurs et latéraux un peu obtus, la femelle ayant deux appendices foliacés ; une seule espèce, T. barbara, Linn., ou australis, Fabr., à ailes transparentes, un peu roussâtres, le pterostigma d'un roux obscur, le plus souvent accompagné d’une tache de la même couleur .qui s'étend plus ou moins sur le disque, du midi de la France, de Corse, de Sardaigne, de la Dalmatie méridionale; le genre Puer, Lefebvr., à ailes postérieures triangulaires, se distinguant surtout du précédent par l'absence des appendices anaux; une seule espèce, P, maculatus, Oliv., rare, de la Provence seulement, ainsi aux environs d'Hyères, de taille médiocre, les ailes antérieures hyalines, à pterostigma noir, avec l’espace costal traversé par des nervules en forme de y renversé, les inférieures bien plus courtes, avec quatre ou cinq taches subcarrées, d’un brun roux ; le genre Bubo, Ramb., offrant la partie antérieure du réseau oculaire divisé seulement un peu plus longue ou égale à la postérieure, l’espace costal de largeur égale de la base au pierostigma, les ailes hyalines, à pterostigma distinct, le plus souvent non tachetées, les antérieures échancrées à la base au bord postérieur, les postérieures plus étroites et en forme de scalpel comme celles-ci; une espèce d’Andalousie; une autre de Perse, du sud du Caucase, de Syrie, d'Égypte, de l’est de l'Algérie, du cercle de la Calle et des bois du lac Tonga, avec un vol assez lourd, dans les lieux arides et sablonneux, se reposant sur les tiges des herbes desséchées : c’est le B. hamatus, Klug, de la taille de l'A. meridionalis ou pius grand, d’un brun gris, à poils blanchâtres, le thorax marqué en dessus de larges taches jaunes, les ailes étroites, transparentes, à nervures roussâtres ainsi que le pterostigma, la nervure anale des postérieures fourchue, l'abdomen du mâle terminé par de longs appendices un peu courbés en dehors vers l'extrémité, ayant une petite pointe dans leur milieu en dessous (ressemblance avec un hamecçon).

CORDULECERUS, Rambur., — Antennes aussi longues que les ailes, ayant à la base extrème un petit nombre de poils verticillés, la massue allongée, ovale et

hAQ NÉVROPTÈRES.

très-concave en dessus ; une touffe ‘épaisse de poils entre les antennes ; yeux avec des divisions égales. Thorax fortement et longuement poilu. Ailes amples, ordinairement larges, mais variant beaucoup, les antérieures non appendiculées, mais avec une notable excision à la base extrême du bord interne, dilatées au milieu, le bord interne contracté au point où les cubitus se terminent, le sommet pointu ; les postérieures avec la portion anale du bord interne en général doublement et fortement sinuée chez le mâle, légèrement chez la femelle, larges à la portion anale, contractées à la terminaison des cubitus, sans branche transversale du cubitus inférieur, la nervure anale fortement sinueuse. Pattes ayant les éperons des jambes postérieures excédant quelque peu en longueur les deux premiers articles du tarse. Abdomen court, plutôt grêle dans le mâle et sans appendices, plus court et très-obèse chez la femelle.

Les Cordulecerus sont des Ascalaphes schizophthalmes propres aux régions tropicales et méridionales de l'Amérique. Il a longtemps régné une grande confusion sur la synonymie de leurs espèces. Nous représentons le C. vulpecula, Burm. ou surinamensis (texte) de Guérin-Méneville, non de Fabricius, ou brasiliensis (planches) de G.-Mén. (pl. Lxvir, fig. 3; 3 a, tarse postérieur), du Nicaragua et de la province de Minas- Geraes (Brésil intérieur), ayant la tête et le thorax couverts en dessus d’une pubescence serrée et roussâtre, les antennes d’un brun roux, avec la massue d’un jaune ochreux; les pattes jaunâtres, à jambes entourées de brunâtre; l'abdomen brun, marqué de roux en dessus; les ailes larges, inégales, d'une teinte dorée pâle, à nervures et nervules roussâtres, le pterostigma jaunâtre, le bord anal des ailes inférieures du màle fortement découpé, faiblement chez la femelle, et la base offrant une grande tache brune irrégulièrement triangulaire ; long.corps du mâle, 30 millim., 24 Q; long. aile antér. 74 millim., aile post. 66. Rambur a confondu cette espèce avec une autre très-voisine qu'il figure, et qui est le C. Maclachlani, Sél.-Longch., du Brésil, à bord anal des ailes postérieures à peine excisé.

Un genre rapproché est celui des Ulula, Rambur, de l'Amérique septentrionale, centrale et méridionale. Nous citerons l'U. Macleyana, uuilding, espèce observée à l’île Saint-Vincent (petites Antilles). Elle vit solitaire, volant pendant le jour ‘dans les broussailles de l'ile, se nourrissant d'insectes, se reposant fréquemment sur les arbustes morts, et trompant alors ses ennemis par sa couleur et sa position, les antennes et les ailes appliquées contre la branche, l'abdomen se détachant obliquement et simulant un rameau latéral. L'adulte pond à l'extrémité d'une branche de 65 à 75 œufs, cendrés, lancéolés-elliptiques, avec un point blanc au sommet, collés en deux séries alternes, et entourés comme protection de cercles de poils. La larve est ovale, aplatie, poilue, ciliée de chaque côté de dix longs prolongements noirs. Cest cette larve que M. Westwood figure dans son Introduction comme type de celle des Ascalaphes, erreur qui se trouve reproduite dans les

CORDULECERUS. — ASCALAPHES HOLOPHTHALMES. hi

premières éditions de mes Métamorphoses des Insectes. Une autre larve du genre Ulula a été trouvée par M. Bates dans son exploration de l’'Amazone. Ovale, longue de 18 millim., avec les mandibules, et ayant 10 millim. dans sa plus grande largeur, elle présente des mandibules armées de trois longues dents équidistantes, entre lesquelles sont des dents très-courtes et tuberculeuses ; la tête est à peu près carrée et rugeuse, profondément concave en arrière, les bords denticulés et frangés; les yeux au nombre de douze, six de chaque côté, placés sur les angles saillants antérieurs de la tête ; les segments du thorax et de l'abdomen sont munis chacun d'une longue lamelle aplatie, légèrement courbée, fortement frangée d’épines, la première lamelle du thorax plus longue et plus large que les autres; les pattes sont entièrement cachées sous le large abdomen, concave en dessous. M. Bates dit que les espèces du type Ascalaphe sont très-nombreuses dans Ja contrée sèche et sablonneuse des Tapajos, et beaucoup plus rares dans les forêts vierges humides du Para et de l’'Amazone supérieure. Les Ulula, Ramb., et les Colobapterus, Ramb., se rencontrent particulièrement dans les bois secs et les savanes herbeuses et sèches, restant posés pendant le jour sur des tiges de bois morts ct sur les buissons, la tête baissée et Les ailes en toit, comme dans tous les genres du groupe des Ascalaphes, sauf le genre Haploglenius, Burm.

M. Mac Lächlan divise en deux séries les genres des Ascalaphes schizophthalmes. Les uns, tous américains (Orphne, Cordulecerus, Ulula, Colobapterus), ont le rameau oblique du cubitus inférieur manquant à la seconde paire d'ailes, et la nervure anale allongée et sinueuse; les autres, de l’ancien monde, offrent le rameau oblique du cubitus inférieur des ailes postérieures joint à la nervure anale et parfois presque oblitéré, et cette nervure anale courte.

Section des ASCALAPHES HOLOPHTHALMES.

Cette section, moins nombreuse en genres et en espèces que la précédente, ne comprend que des genres exotiques des deux mondes, surtout du nouveau. Le plus curieux de ces genres, au point de vue physiologique, est celui des Haploglenius, Burm., de l'Amérique centrale et méridionale. En effet, leurs ailes, au lieu d’être couchées au repos le long du corps, ainsi que cela a lieu dans les autres genres d'Ascalaphes, restent étalées horizontalement à la façon des Libellules, la tête relevée, le prothorax des mâles se prolongeant en dessus en une grande valvule postérieure. Ces insectes ont un vol court, mais rapide, dans les forêts ombragées. Leurs ailes antérieures sont appendiculées dans une partie des espèces, c’est-à-dire ont à la portion basilaire du bord

Lh2 NÉVROPTÈRES.

interne une longue et étroite excision, ce qui produit un angle axillaire avancé en forme d'une large dent triangulaire : ces ailes appendiculées se retrouvent aussi dans les genres Ptynæ, Lefebv.,des États- Unis du Sud, et Melembrotus, Mac Lachl., à ailes très-élroites, de l’Afrique australe occidentaie. D’autres holophthalmes ont les ailes sans appendices : ainsi les Cormodes, Mac Lachl., de l'Afrique occidentale, à ailes larges, à corps court et très-robuste; les Zdricerus, Mac Lachl., du nord des Indes, à ailes étroites, à corps long et grêle.

II, — HÉMÉROBIIDES.

Antennes sétiformes, moniliformes ou pectinées {mäles du genre Dilar), sans massue terminale. Tête non prolongée. Ailes postérieures de forme ordinaire, très-rarement très-réduites (Psectra, Hagen). Pattes homonomes. Larves à pince de succion sans dents.

Les genres nombreux de cette famille ont été divisés par M. Hagen en trois groupes, fondés sur des caractères de nervation des ailes.

I. —— Subcostale jointe à la nervure médiane (radius de Burmeister), avant le bout de l'aile, le premier secteur parallèle au radius émettant les autres secteurs.

GENRES PRINCIPAUX

NymæHES, Leach, — Antennes sétiformes, assez épaisses dans la première moitié, se terminant peu à peu en pointe, au moins aussi longues que le thorax ; pas d’ocelles ; lèvre échancrée au milieu ; palpes des deux sorles, comme dans les Myrmeleon. Ailes subégales, allongées, pointues au sommet, avec beaucoup de nervures transverses, l’espace subcostal ayant de nombreuses nervules transverses. Jambes postérieures ayant une paire d’éperons presque insensibles ; tarse plus court que la jambe, de cinq articles courts, à ongles simples courbés, ayant entre eux une pelote allongée et bifide. Abdomen très-long, atténué à la base, épaisse en massue au bout,

Ce genre offre une remarquable transition avec les Fourmilions, dont il a l'aspect général par la forme et la nervation des ailes et l'abdomen allongé ; mais les antennes et la plantule tarsale l'en séparent tout de suite. Rambur (Névropt., 1842, p. 412) a établi pour lui la petite famille des Nymphides, et M. E. Blanchard (Hist. des Ins., 1845, p. 302) subdivise les Hémérobiides en Nymphites et Hémérobiites. Le type vivant de ce genre est de la Nouvelle-Hollande : c'est le N. myrmeleonides, Leach (pl. Lxvin, fig. 4, a, son tarse), de la taille du Myrmeleon formicarius,

NYMPHES, OSMYLUS,. Lh3

pubescent, ayant les antennes noires, rousses à la pointe, le thorax roux avec les côtés et la poitrine jaunes, les pattes rousses, l'abdomen d'un jaune roussâtre, avec une bande dorsale et une ligne latérale noires. Les pattes sont courtes, surtout les antérieures, la pelote tarsale divisée en deux larges lanières, presque aussi longues-que les ongles. Les ailes sont transparentes et irisées, avec presque toutes les aréoles quadrilatères, ayant aux deux paires le sommet et la partie du bord antérieur qui comprend le pterostigma d’un brun roux, avec une grande tache blanche centrale, de sorte que le tout simule une élégante virgule blanche renversée, à contour roux ; toute cette partie est striée de nervules très-nombreuses, extrêmement fines et peu visibles. Ce genre, anomal et de passage, a été autrefois représenté en Europe, car il a deux espèces fossiles, l’une d'elles trouvée à Eichstätt (haut Palatinat bavarois), l’autre dans les succins. Les métamorphoses des Nymphes sont inconnues, du moins aux savants européens. Une autre espèce douteuse d'Australie, qui est peut-être un Osmylus, et deux espèces australiennes du genre voisin Wyiodactylus, Walker, genre ayant aussi les antennes filiformes et pas d’ocelles.

OSMYXELUS, Latr. — Antennes moniliformes, beaucoup plus courtes que les ailes; trois ocelles sur le vertex ; labre entier, transversal; mandibules cornées, tranchantes, sans dents ; lobe externe des mâchoires arrondi en avant et velu, lobe interne étroit, pointu, garni de soies crochues ; palpes maxillaires de cinq articles, le dernier en pointe prolongée, les trois premiers plus courts ; lèvre arrondie, entière, velue, avec palpes labiaux latéraux de trois articles oblongs. Quatre ailes vitrées, avec nombreuses nervules transverses, les postérieures plus courtes et plus étroites que les antérieures, l’espace costal large, mais très-rétréci à la base, l’espace subcostal avec une seule nervule transversale basale, le premier secteur rapproché de la nervule médiane (radius, Burm.) et projetant beaucoup de branches parallèles. Hanches antérieures des femelles munies d'une sorte de corne crochue ; tarses de cinq articles, le premier au moins aussi long que le dernier, avec ongles simples et une peïote. — Larves à vie semi-aquatique, semi-terrestre.

Le genre Osmylus, si bien caractérisé par la présence des trois ocelles, renferme une douzaine d'espèces, d'Europe, des Indes, d'Australie, de Tasmanie, de la Nouvelle-Zélande, et une espèce fossile des succins. M. Hagen propose de former un genre pour l'O. strigatus, Burm., d'Australie, chez qui l’espace subcostal présente plusieurs nervules transversales au sommet, et qui offre le premier secteur bien séparé de la nervure médiane.

Le type est l'O. chrysops, Linn., plus connu sous le nom d'O. maculatus, Fabr. (pl. Lxviu, fig. 2; 2 a, vertex avec ocelles ; 2 b, larve grossie ; 2 c, grandeur naturelle), long. du corps, 12 à 16 mullim.; long. aile antérieure, 18 à 24; envergure, près de 50 millim. Il a un peu l'aspect

hhh NÉVROPTÈRES.

d'un Fourmilion. Le corps est d'un gris noirâtre; a tête, à vertex bossu, d’un brun rouge clair. Le thorax est jaunâtre en dessus au milieu, les nervures des ailes variant entre le brun noir et le jaune pâle. Les taches des ailes diffèrent beaucoup en sombre et en grandeur suivant les individus; ilen est-où le champ costa: de l'aile antérieure est presque sans taches. Leur couleur, parfois d’un jaune brun, est le plus souvent d'un noir plus ou moins foncé; les pterostigma sont indiqués par un trouble laiteux. Dans les sujets bien marqués, l'aile antérieure a tout son pourtour bordé de macules subcarrées, six dans la bande costale avant le pterostigma, deux au delà vers Le sommet, huit au bord inférieur, cinq du milieu au sommet, trois entre ce milieu et la base, en outre une petite tache ronde au milieu du disque, et trois petites taches rondes près de l'insertion de l'aile; l'aile inférieure offre seulement sur la bande costale le pterostigma et une tache brune au delà, près du sommet. Les deux sexes sont semblables ; cependant la femelle a d'ordinaire les ailes un peu plus grandes. On consultera, pour l’histoire spéciale de cette importante espèce : L. Dufour, Recherches sur l'anat. et l'hist. natur. de l'O. maculatus (Ann. sc. nalur., Zoor., 3° série, 1848, IX, p. 344, pl. xvi). — H. Hagen, Die Entwicklung und der innere Bauvon Osmylus (Linnæa entomologica, Berlin, 1852, p. 368, VII, pl. 11 et 1v).

L'O. maculatus pond ses œufs par rangées régulières, les uns à côté des autres. Ils sont longs d’un millimètre et demi, et quatre fois.moins larges, oblongs allongés, convexes en dessus, un peu plus arrondis à la moitié postérieure, aplatis en dessous, et si fortement collés, qu'on les endommage en essayant de les détacher. A la partie antérieure et contenant le micropyle, se trouve fixé obliquement un petit bouton sphérique, un peu avant le bout, muni d'un col à court étranglement, et analogue à celui des œufs de certains Perliens. La couleur de ces œufs est d'abord, y compris le bouton, celle de la cire blanche, et elle devient d'un gris perle à mesure que l'embryon se développe. Leur surface est rugueuse, et, avec un fort grossissement, on y reconnait un réseau à fines mailles, qui fait partie de l'enveloppe externe. Ces œufs sont presque opaques ; cependant, observés sous l'huile ou sous l'eau, ils permettent de voir assez bien ce qui se passe à l'intérieur. L'embryon présente un organe transitoire très-intéressant, déjà découvert par Kirby, Spence et Oken pour l'éclosion des œufs de certains Pentatomes (Hémipt. hétéropt.), retrouvé bien plus tard par M. Balbiani sur les larves naissantes des Phalangium (Arachnides) et des Puces (Insectes aphaniptères). Dès la veille de la sortie de la larve de l'Osmyle, on voit apparaître à l'extrémité antérieure de l'œuf un trait foncé et net, long d'un demi-millimètre. Le lendemain matin de bonne heure, les enveloppes se fendent, d'abord à partir du bouton, sur environ un tiers de la longueur tetale de l’œuf, et l'extrémité brune et brillante de la tête de la larve se presse à travers la fente étroite et peu élastique, jusqu’à ce que toute la larve soit sortie, par une série de mouvements ondula-

OSMY LUS, hh5

toires d’arrière en avant. On trouve, engagé dans la fente de sortie, un corps en manière de feuille cornée, dure, d'un jaune brun, presque aussi long que la fente de l'œuf, et où le microscope laisse voir une suite de dents de scie dirigées en arrière. Elle s'implante sur une sorte de £asque, et une extrémité plus large, courte, arrondie, surplombe la peau adhérente dans la région du bouton, et ressemble au manche d’une scie. C’est un organe transitoire, comme le tubercule corné de la mandibule supérieure du bec des jeunes poulets, servant à la larve à fendre la peau de l'œuf, avec l'impulsion que donnent les mouvements ondulatoires dont nous avons parlé. Cette scie et la peau adhérente demeurent dans l'œuf, une première mue s'opérant à l’éclosion même, ainsi que cela a aussi été observé sur des Araignées sortant de l'œuf.

Les larves des Osmyles ont une existence amphibie, en partie dans l’eau, en partie dans la terre humide des berges. Elles ont éié étudiées tant à l’état libre par Fr. Brauer (Wiegmann’s Archiv, 1851, p. 255-258, pl. nr, fig. 1), qu’au moyen d’éducations en captivité et à tous les âges par M. Hagen, qui les conservait dans des vases de verre dont le fond était couvert de sable humide, de terre, de fragments detuiles et. de mousse, Au repos et sans contraction, la larve, parvenue à tout son développement, offre 2 centim. de longueur de l'extrémité des mandibules au bout de la queue, et sa plus grande largeur est de près de 4 millim. Elle est fusiforme, un peu aplatie, ressemblant aux larves des Chrysopes, ou Lions des pucerons de Réaumur. La tête est petite, arrondie, peu rétrécie en arrière et d’un brun noir. Les mâchoires grêles, en forme de sabre, sont d'un brun rouge ; longues de 3 millim., d'abord droites, elles sont à l'extrémité recourbées extérieurement et en haut. Elles sont constituées par les mandibules et les maxilles très-rapprochées, ne s'écartant jamais à la volonté de l'insecte, et leur base est renflée en massue. C'est la mandibule qui se recourbe extérieurement; la maxille reste droite, et s’insère un peu plus bas, au côté inférieur de la tête, appuyée sur quelques petites plaques cornées. La maxille s'adapte dans une gouttière longitudinale de la mandibule, à peu près comme chez la larve du Fourmilion. A un fort grossissement, la pointe des mâchoires se montre finement dentelée sur environ un quart de leur longueur, la mandibule en dedans, la maxille en dehors, avec un sens inverse pour la direction des dents; en outre le bord enveloppant de la gouttière longitudinale est muni de dents dirigées obliquement vers la tête. Les dents de la mandibule sont en scie, celles de la maxille en peigne. La pointe extrême de la maxille paraît sans dents et un peu plus mousse que la mandibule, qui reste tranchante et dentelée jusqu'au bout. Quand les dents sont implantées dans la proie, le mouvement de va-et-vient de la maxille produit le broiement des parties saisies, C'est-à-dire une très-fine mastication, et les parties ainsi divisées s avancent vers l’œsophage. Il n'y a ici de succion véritable qu'autant

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que la bouillie alimentaire s'achemine, non comme ailleurs entre les deux mandibules et les deux maxilles, mais entre une mandibule et une maxille de chaque côté. Entre les mächoires s'insère un peu en dessous une: lèvre inférieure séparée en deux papilles oviformes, et portant des palpes labiaux à quatre articles cylindriques finissant en pointe fine.

Les antennes sont articulées en avant de la tête, un peu en dessus des mandibules, et de couleur jaune claire comme les palpes. L'article basilaire, entouré d’un bourrelet, est gros et cylindrique ; puis vient un long tube terminé en soie grêle, et autour duquel s’insèrent une quarantaine de plaques cornées en croissant, reliés par une membrane transparente et portant des soies. Le labre est indiqué par un bord étroit et bien détaché; il n’y a pas d'ouverture buccale en dessous, car la même peau réunit le labre, la lèvre inférieure et la base des mächoires.

Enfin, au bord externe de la tête, en arrière et en dehors des an tennes, sont six yeux simples en deux rangées, de chaque côté.

Après un cou ovoide se présente le thorax en trois segments bien séparés, le prothorax étroit et subcarré, les deux anneaux suivants renflés et ovales, le plus grand diamètre en largeur. Six pattes grêies s’y attachenten dessous. L’abdomen comprend neuf segments, dont les huit premiers ressemblent de forme aux mésothorax et métathorax, mais vont en diminuant progressivemeut de largeur à partir du quatrième; ils portent, ainsi que les deux derniers segments thoraciques, sur les côtés, des tubercules d'où partent deux soies, dans la partie médiane une double série de dessins oblongs, de chaque côté d’une ligne dorsale centrale, et, par anneau, deux rangées transversales de soies portées sur de petits tubercules. Le neuvième segment est en forme de cylindre allongé.

De chaque côté de ce dernier segment se détachent en divergeant deux tubes, en partie rétractiles, et dont ia fonction est caractéristique et importante, Quand les tubes sont un peu saillants, chacun présente six taches foncées ; mais, si on les fait sortir davantage, elles se relèvent en six rangées consécutives de crochets jaunes, environ douze par rangée, de grandeur croissante vers le corps de l’insecte, couchés au repos, la pointe tournée vers l'animal. Les deux derniers segments de l'abdomen servent de propulseurs, et les tubes à crochets, au contraire, saillants à la volonté de la larve, d'organe à la fois moteur et fixateur, la larve ayant besoin d'être retenue solidement par les crochets quand la victime, embrochée par les mâchoires, cherche à entrainer son agresseur. M. Hagen a vu des larves se soutenir en l’air, suspendues par ce seul appareil. Ces crochets sont analogues à ceux des pattes ventrales des chenilles, et paraissent servir à retenir en arrière sur la berge la larve amphibie, lorsqu'elle pêche au bord des ruisseaux: Au dernier segment, un peu échancré en dessous, s'adapte un anus

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très-peu visible, et qui est aussi pour M. Hagen l’orifice de la filière.

Les larves élevées par cet observateur semblaient peu vives, quand on ne les inquiétait pas ; elles faisaient seulement mouvoir la tête et les mâchoires avec fréquence. Quand on les touche, elles simulent la mort, comme celles des Fourmilions, mais pour peu d’instants. Elles restaient d'ordinaire couchées dans la mousse, où le long des fragments de tuile, en attitude de guet. Elles ne peuvent pas nager, ni résister à un courant. Elles restent cependant dans l’eau assez longtemps, et celles observées par M. Fr. Brauer avaient été pêchées par lui. M. Hagen a vu souvent les jeunes larves tomber pendant la nuit dans un vase rempli d'eau, destiné à les empêcher de fuir, et y rester tranquillement couchées presque à la surface, sans avoir souffert. Il me parait probable qu'elles viennent respirer au dehors, car on ne leur irouyve aucun appareil branchial; elles recherchent probablement leur proie à proximité des rivages, et, sans doute aussi, sous l'eau, en longeant le fond, afin de pouvoir se fixer par leurs tubes à crochets pour saisir la proie.

A défaut d'autre nourriture, M. Hagen leur donnait des vers de farine (Tenebrio molitor, Coléopt.) découpés, dont elles cherchaient en vain à percer la peau coriace, et les plus jeunes furent alimentées avec des mouches écrasées. Elles étaient la plupart du temps peu gloutonnes, surtout les vieilles larves, et il fallait mettre la proie tout près d'elles, ou même avec une pince la poser sur leurs mâchoires. Elles ont la vie dure ; elles choisissent leurs quartiers d'hiver à proximité de l’eau, sous la mousse, sur des troncs d'arbres morts, où on les trouve encore engourdies à la fin d'avril. Elles vivent dans le voisinage des ruisseaux ombragés et à cours rapide, avec un rivage et un fond résistants de graviers et de pierres. D'après leur croissance, M. Hagen estime à une année la durée de l’état de la larve.

Peu avant leur nymphose, ses larves captives cessaient de manger, et tendaient parfois dans le bocal, en travers et en croix, des fils grossiers, dont un seul suffisait pour porter la larve ; après avoir trouvé un endroit propice, la larve filait son cocon, la plupart du temps de forme irrégulièrement arrondie, dans une feuille repliée, entre des morceaux de tuile, et même contre la paroi du verre. Cette opération se fait par la pointe de l’abdomen, pendant que la bête repose couchée sur le dos, et les mouvements en sont lents. Le dernier article de l'abdomen, qui est mousse (les tubes à crochets étant entièrement rentrés), assujettissait par une pression molle le fil qui en émergeait. Il semble hors de doute que les tubes à crochets ne sont pas eux-mêmes des filières, et n'ont pas de rôle dans cette opération ; on doit au con: traire considérer l’orifice anal rudimentaire comme étant aussi celui d’une filière analogue à celle des larves de Fourmilions; auxquelles manquent complétement les tubes à crochets. De temps en temps seulement, quand une portion du tissu est assez achevée, l'extrémité

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de l'abdomen se porte à un point plus éloigné pour y recommencer ce travail, avec la même lenteur.

Vue au microscope, la structure des cocons présente un tissu irrégulier à mailles grossières, dans lequel sont mélangés de petits grains de sable ; dans les unsil est lâche et transparent, et alors les plus grandes mailles sont rattachées par une mucosité vitrée, durcie, analogue à la bave séchée des Limaces; dans d’autres il est plus compacte, plus ferme, presque papyracé. La larve referme soigneusement les trous qu'on fait à son cocon au début. Quand la construction est achevée, au bout de trois à quatre jours, la larve se couche accroupie, la tête contre le ventre, au fond du cocon, sans s’y fixer autrement.

M. Hagen fut très-surpris de trouver bientôt après les mächoires détachées, au ras de leur extrémité basilaire en massue ; elles se trouvaient de chaque côté de l'abdomen, et, après la mue en nymphe, qui s'opère une dizaine de jours environ après le commencement du cocon, ces mâchoires gisaient librement sur l'abdomen de la nymphe. Ce n'est pas un dégagement par résorption d’une partie interne plus mince, c'est une vraie cassure, comme le montre le microscope. Cette rupture semble se faire par la volonté de la larve, qui appuie sa tête, un peu recourbée en dessous, sur la pointe des mâchoires, tandis que, l'extrémité abdominale fixée à la partie supérieure du cocon, elle roidit horizontalement son corps. On comprend que, dans cette position, un effort modéré doit facilement amener la rupture des mâchoires à la base, plus large, mais probablement d'une texture moins coriace qu'à la pointe. Aucun autre insecte ne parait présenter un pareil procédé avant sa nymphose; les choses se passent autrement pour les larves de Fourmilions, chez lesquelles les mâchoires restent fixées et intactes à la peau de la larve. Il faudra chercher à voir ce qui se passe à la même phase pour les larves de Chrysopes. M. Ragen pense que, sans cette rupture, lorsque la nymphe sort de la peau de larve par une fente dorsale du thorax, la tête, fortement recourbée contre la poitrine, blesserait l'abdomen par les pointes acérées des mâchoires, et c'est sans doute en prévision d’un danger analogue que, dans la mue de la jeune larve, contre la règle générale, l'extrémité caudale se dégage la première, et la tête en dernier. Ce danger n'existe pas pour les larves de Fourmilions, car les mâchoires, fortement recourbées en avant, forment une surface mousse et arrondie. Les trachées de l'Osmyle, comme cela a lieu souvent, participent à la dernière mue, ainsi qu’on le reconnait en examinant la peau de la larve qui reste dans le cocon.

C'est le soir ou la nuit qu'avait lieu la métamorphose en adulte. Les insectes parfaits étaient très-paresseux, posés immobiles ou se trainant lentement çà et là. Les ailes se dépliaient instantanément, sans rester pliées un certain temps, comme chez le Fourmilion. Leurs taches apparaissaient dès la première nuit, entièrement colorées.

La distribution géographique de l'O. maculatus est très-étendue,

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comme cela arrive souvent pour les insectes dont la vie est en partie aquatique. Il manque complétement en Laponie (Zetterstedt), et ne paraît pas dépasser le milieu de la péninsule scandinave dans sa limite septentrionale. On le rencontre en Danemark, dans toute l'Allemagne, au nord à Dantzig et Hambourg, à l’est jusqu'en Silésie, dans toute l'étendue du Rhin au Niemen, au sud dans toute l'Autriche, en Carinthie et en Carniole. Il se trouve en août à l’état adulte en Angleterre, localisé et même très-commun en beaucoup d’endroits ; à la même époque, par places et médiocrement fréquent, dans toute la France et en Suisse. On l’a rapporté de la Sicile et du Caucase, ce qui fait supposer son existence dans les vastes régions intermédiaires ; on n’a pas de données sur son existence- en Espagne et en Portugal. On ignore ses limites d'extension en altitude.

L’Osmyle tacheté vit aux mêmes endroits que sa larve, sur les bords des ruisseaux très-ombragés, et ne paraît pas s'éloigner beaucoup des lieux de sa naissance. Il est insectivore, d’après les résidus trouvés à l’autopsie stomacale par L. Dufour, et n'épargne même pas les individus de sa propre espèce, du moins en captivité. Pendant le jour, il reste le plus souvent posé sous la face inférieure des feuilles, ou dans les abris du sol, dans les broussaillés, dont on le fait partir en battant. C'est un insecte crépusculaire, volant le soir; ses ailes, couvertes d'une villosité moelleuse, exercent un vol faible, peu prolongé et tout à fait silencieux. Les muscles du thorax sont en effet insuffisants pour un vol énergique. Aussi, à de courts intervalles, l’insecte est obligé de se poser, les ailes repliées sur le corps; il court assez vite. Cette espèce a été prise, le soir, par M.J. Fallou, à la miellée, c’est-à-dire sur des arbres enduits de miel; peut-être cela indique-t-il un insecte porté à rechercher les pucerons à sécrétions sucrées. On connait mal la durée de la vie de l'adulte.

M. Hagen observa le rapprochement sexuel sur un couple de ces insectes en captivité dans une cage de gaze. Ils restèrent d’abord à petite distance, les corps du mâle et de la femelle agités de mouvements vermiformes. Puis le mâle glissa ses ailes gauches sous les ailes droites de la femelle, les pointes abdominales se rapprochèrent, le corps du mâle courbé en S et se glissant sous celui de la femelle, son extrémité fixée entre les appendices vulvaires redressés de la femelle, et exécutant des mouvements rhythmiques à intervalles intermittents. La copulation dura une heure, puis les insectes se séparèrent et coururent ou voletèrent très-vivement dans la cage. Pendant plusieurs heures la femelle porta sous le ventre, presque jusqu'aux pattes, la vulve et la poche copulatrice, comme un long cornet blanc, extroversées. IL n'y eut pas de nouveau coït, quoique le mâle en fit plusieurs fois les préludes. Plus tard tout rentra en place chez la femelle, et les appendices vulvaires reprirent la position normale. La ponte dura cinq ou six jours. De son abdomen un peu recourbé la femelle collait les œufs

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en rangées d’une dizaine au moins, ou parfois isolés, sur des pierres, des tuiles, des fragments de plantes, la partie de l'œuf avec le petit bouton sortant la dernière. L’autopsie de la femelle ne montra plus qu'un petit nombre d'œufs restés dans les ovaires affaissés.

Les caractères distinclifs des sexes chez l'O. maculatus consistent surtout dans un examen minutieux des pièces génitales externes. Les crochets des hanches antérieures subcornés, roussâtres, à peine arqués et assez longs, propres aux femelles, ne servent pas d'appui au mâle pendant la copulation, comme le supposait L. Dufour. L'orifice génital du mâle se trouve dans la membrane de connexion entre les huitième et neuvième segments ventraux, et, de chaque côté, sont deux pointes coniques cornées, courtes et émoussées, d'un seul article ; en soulevant le huitième segment ventral et en pressant un peu sur la fente longitudinale destinée à la sortie du pénis, on trouve, de chaque côté de cette fente, un petit cylindre charou dont une plaque cornée tranchante couvre l'extrémité, et cet appareil, muni de petits muscles, sert trèsprobablement à écarter les deux valves cornées qui recouvrent lorifice vulvaire de la femelle entre les quatre cônes cornés du neuvième segment ventral, et un peu au-dessus d’eux est situé l'anus, protégé de chaque côté par deux longues plaqués cornées roussâtres, triangulaires, qui sont réellement les rudiments bifides du dernier segment dorsal. Sur la partie externe de chacune de ces plaques existe une petite bosse hémisphérique blanche, d'usage inconnu, se détachant très-visiblement par sa couleur et les poils plus abondants qui la recouvrent. M. Hagen est tenté de la regarder comme le vestige du tube à crochet de la larve. Chez la femelle, au-dessous et au bout de l'abdomen, dont la pointe porte un simple palpe vulvaire, est une plaque noire en rectangle, légèrement échancrée en avant, munie en arrière de deux plaques oblongues, d'un seul article, et entre lesquelles s'ouvrent la vulve et l'anus ; de forts muscles, situés sur la face dorsale de l’abdomen, dressent ces valves presque verticalement, quand la poche copulatrice extroversée fait saillie entre elles. Derrière ces muscles, à l'extrémité du corps, débouche l'anus, à côté duquel se trouve, chez la femelle comme chez le mâle, cette bosse blanche hémisphérique, aux contours très-accusés, dont nous avons parlé.

L'anatomie interne de l’Osmylus, type important de passage aux genres Hemerobius et Chrysopa d'une part, d'autre part aux genres à larves tout à fait aquatiques, comme Sisyra, nous présente d’intéressantes particularités.

Le système nerveux ressemble complétement à celui des Chrysopes (voy. Lüw, Linnæa entomol., 1848, p. 379). Le grand ganglion céphalique montre très-bien les lobes optiques épais, cylindriques, trois rameaux fins allant aux ocelles, deux aux antennes; il est très-éloigné du thorax. Les trois ganglions thoraciques sont très-rapprochés, tellement que leur intervalle est à peine plus grand que le ganglion lui-même.

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Le premier, celui du prothorax, est coupé droit en avant, et tous trois sont d’égale grandeur. L’abdomen présente sept ganglions, le premier rapproché du ganglion métathoracique, les suivants très-distants les uns des autres, les deux derniers tout près l’un de l’autre, mais sans se confondre. Les six premiers sont d'égale grandeur et très-pe'its, le dernier bexucoup plus gros, semblable aux ganglions thorac'ques, avec {rois paires de nerfs de chaque côté, les deux premières dirigées en avant, la dernière postérieurement. Une abondante couche de trachées et de graisse recouvre le système nerveux de l'adulte. M. Hagen n’a pu suivre qu'incomplétement les systèmes nerveux de la nymphe et de la larve; dans celle-ci, les premiers ganglions abdominaux bien espacés, le dernier très-gros, les deux précédents très-rapprochés, fort différents du système nerveux de la larve du Fourmilion, avec ses ganglions serrés en grains de collier.

L'appareil dizestif de l'adulte est entouré à son début de glandes salivaires très-analogues à celles des Sialis, formées par un vaisseau tubuleux sécréteur plus ou moins courbé en anse, muni d'un réservoir ovalaire, s'atténuant en avant en col, les deux cols confluant dans un très-court canal excréteur s'ouvrant dans la bouche. Le tube digestif est droit et de la longueur du corps. L’œsophage se dilate dans le thorax en un jabot muni d'une panse latérale allongée (Saugmagen, estomac de succion des Allemands), de forme et d’ampleur très-variables, parfois rempli d'une bouillie brune. Entre le jabot et l'estomac, et enchatonné à la base du jabot, vient un petil gésier ambré, analogue à celui de l'Hémérobe et du Fourmilion, avec huit colonnes calleuses internes, bordées d'un filet corné brunâtre, et constituant un organe interne de trituration, les huit pointes effilées et convergentes de ces colonnes formant une valvule à l'entrée de l'estomac gastrique. Celuici, extensible, allongé, cylindrico-conique, marqué parfois de rubans musculeux annulaires, se termine en arrière par un lézer bourrelet annulaire, indice d’une valvule analogue à l'iléo-cæcale des Vertébrés ; tout autour, et toujours comme dans les deux types cités, s'implantent isolément huit canaux urinaires, longs capillaires flexueux, les bouts flottants dirigés les uns en avant, les autres en arrière. Après l’estomac vient l'intestin, beaucoup plus court, plus ou moins contracté à son origine, et se terminant par un rectum peu développé.

Dans la larve, après l’'æsophage, l'estomac, en forme de citron, porte des bandes transversales de points glanduleux; son tiers antérieur est entouré par la panse ou estomac suceur, qui y est comme collée, et présente, développée, un tube à deux courbures, terminé par un élargissement oblique, s’abouchant par l'autre bout, en bas et postérieurement,au jabot. La pointe inférieure de l'estomac est entourée de sept vaisseaux urinaires et non huit, comme chez l'adulte et les espèces voisines. L'intestin, très-différent de celui de l'adulte, offre, immédiatement après l'insertion des vaisseaux urinaires, un court élargissement

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piriforme, puis un long tube aussi grêle que l'œsophage, contourné, et dont la longueur égale celle du jabot et de l'estomac réunis, se terminant, avant son entrée dans le gros intestin, par une courte portion courbée, dont les sinuosités sont fixées ensemble. Le gros intestin a la forme d'une carotte, gros et coupé droit en haut, puis s'effilant peu à peu et un peu recourbé, légèrement élargi deux fois avant son extrémité ; ses parois glan lulaires ridées transversalement, sans connexion avec les tubes à crochets. Il sert, d’après M. Hagen, de réservoir commun aux excréments et à la matière de l'appareil fileur. Celui-ci est une longue glande, en boyau cylindroïde, contournant tout l'intestin, et débouchant à l'entrée du gros intestin. |

L'appareil respiratoire de l'O. maculatus consiste en trachées entièrement tubulaires ou élastiques en rapport avec le vol faible de l’insecte. Les stigmates sont visibles, même presque sans grossissement, sur le vivant.

L'appareil génital a été l’objet d’une étude très-approfondie, et il est remarquable par sa complication, surtout dans le mâle. Les deux testicules, déjà dans la nymphe, sont renfermés dans un scrotum unique, comme cela a lieu chez les Hyménoptères et chez beaucoup de Lépidoptères; d'une couleur jaune intense, visible même à travers la peau, ovale-cordiformes; les testicules, séparés, mais très-rapprochés, sont d'un jaune blanc, piriformes, contenant chacun une vingtaine de capsules spermifiques, en tubes cylindroïdes courts appliqués les uns contre les autres, leurs extrémités libres formant la pointe du testicule, qui est dirigée en avant, les autres bouts se réunissant en pointe, d’où part le canal déférent. Celui-ci commence de chaque côté par une boucle blanche, étendue dans le scrotum le long du testicule, puis perçant l'extrémité postérieure et s’avançant dans la cavité ventrale en forme de gros vaisseau libre droit d’abord, puis offrant quatre courbures spiralées. Ensuite il s'applique extérieurement sur l'intestin, se relève sous la pointe triangulaire de la vésicule séminale, décrit une double courbe, et va s'insérer dans l’appendice inférieur de cette vésicule; toute sa première moitié est entourée d’un mince réseau épiploïque graisseux. Les vésicules séminales, très-complexes, offrent deux parties, la vésicule propre située en haut, et un déversoir commun placé en bas. Les vésicules proprement dites sautent d’abord aux yeux par leur volume considérable, quand on ouvre l'insecte. Elles forment deux tubes rigides et contigus, où l'on distingue trois parties, placées derrière l'extrémité inférieure de l'estomac. La partie médiane est un gros cylindre droit, environ une fois aussi long que large, assujetti côte à côte à son congénère, blanchâtre, avec une teinte jaune-citron à l'intérieur, perçant à travers ses parois blanches; la seconde partie, placée au-dessus de la médiane, blanchâtre, est comme un boudin formant une boucle se recourbant en haut et du côté extérieur, ayant son extrémité pointue, fermée en forme de sac. La troisième partie, insérée inférieu-

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rement au cylindre médian, forme un petit sachet triangulaire, reposant libre à côté de son congénère. A l'intérieur un tube creux continu existe à travers les trois parties, contenant un cylindre transparent de texture gélatineuse, rempli de nombreuses touffes de spermatozoïdes, pareils à ceux des Lépidoptères, serrés les uns contre les autres et immobiles. En outre, une petite glande annexe (vésicule accessoire de L. Dufour) se trouve à l'extrémité inférieure de la partie médiane, constituée par un tube court, étroit, aveugle à un bout, un peu élargi à sa naissance et roulé fortement sur lui-même. Les canaux déférents se continuent depuis les vésicules séminales jusqu'à un déversoir unique, blanc, piriforme, dont la partie inférieure rétrécie aboutit à un court canal éjaculateur, se rendant à un pénis membraneux, dont deux plaques cornées triangulaires recouvrent la pointe fendue en dessous. Il peut saillir à travers la fente longitudinale qui s'ouvre à l’extrémité postérieure de l'insecte, pour transmettre par sa fissure terminale le sperme dans la vulve de la femelle.

La forte extroversion de la poche copulatrice et de la vulve de celle-ci, indique que le pénis pénètre très-loin pendant la copulation, et l'extroversion est indubitablement produite, lors du retrait du pénis, par les pointes divergentes des plaques cornées qui recouvrent le gland.

L'Osmyle mâle présente enfin un organe Spécial, que L. Dufour qualifie d'insolite. Tout à l'extrémité de l'abdomen se trouve, de chaque côté, un corps aplati, oblong, enveloppé à l’extérieur d’une bourse membraneuse blanche, qui s'adapte complétement à la face interne des plaques cornées triangulaires, dont nous avons parlé comme rudiments du dernier segment dorsal. Si l’on ouvre ce sac, il en sort une plaque large, veloutée, d'un noir foncé, que L. Dufour compare justement à une semelle de soulier d’après sa forme, enveloppée d’une légère couche graisseuse blanche, constituée par une poche plate, dont toute la paroi interne est une peau couverte de touffes de villosités. De l'extrémité la plus étroite de cette poche part un conduit évacuateur court et noir, qui semble fixé près de la bosse blanche de la plaque cornée entourant l’anus, et à l'extérieur près des deux petits cornés. M. Hagen n'a pu découvrir d'orifice externe à ce canal, mais s’est assuré qu'il n’est en communication ni avec les parties génitales, ni avec le gros intestin. On est dans une complète ignorance de l'usage de cet appareil. L. Dufour émet l'hypothèse assez singulière (non sans quelque rapport avec ce qui se passe chez certains poissons, les Syngnathes) que le mâle collerait les œufs pondus par la femelle avec une sécrétion de cet organe; mais M. Hagen a constaté que le mâle ne prend, comme d'ordinaire, aucune part à cet acte, et que la femelle opère sa ponte quelques jours après la mort du mâle.

M. Hagen a trouvé de grandes analogies entre le développement de l'appareil génital chez l'Osmyle et ce qu'avait reconnu de Suckow dans

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l'étude qu'il a faite, en ce genre sur le Lasiocampa Pini (Lépid.). Chaque testicule commence par se former isolément, et ils ne se réunissent sous un scrotum commun de couleur jaune qu'à la fin de la vie de la larve (c'est seulement au début de la chrysalide chez L. Pini). Les vésicules séminales, si grandes chez l'adulte, ne commencent à apparaitre chez la nymphe que le quatorzième jour. M. Hagen n’a trouvé qu'un seul canal déférent chez la larve, peut-être formé par l’accolement intime des deux canaux devant se séparer plus tard, et alors que la réunion des testicules dans un scrotum unique était encore récente et visible par translucidité. Chez l'Osmyle comme chez le L. Pini, le développement complet du pénis et de ses annexes ne se montre qu'à la fin de la vie nymphale. Enfin on voit, à l’extrémité de l'abdomen de la larve, de petites cavités glandulaires qui ne semblent pas appartenir aux parties génitales, mais sont le premier rudiment de l'appareil en forme de semelle de soulier.

Dans la larve femelle de l'Osmyle à sa grandeur complète, les ovaires se montrent sous la forme de petites lames blanches, en carré irrégulier, à angles un peu recourbés, avec quatre rangées parallèles longitudinales en bourrelet, fixées dans le voisinage de l'estomac par des trachées, et l’oviducte n’est pas encore nettement distinct. Chez la femelle adulte les deux ovaires forment des fuseaux grêles et allongés, contenant chacun dix gaines ovigères multiloculaires, dont les pointes convergentes aboutissent à un ligament suspenseur très-ténu, adapté au thorax, et dont les parties inférieures se rattachent latéralement aux parois ventrales par de forts ligaments. Les deux ovaires se réunissent par un Col court en un oviducte ayant à son origine un renflement à parois épaisses. Deux glandes sébifiques sont annexées à cet oviducte. Chacune offre un organe sécréteur et un conduit efférent. Le premier est une très-petite vésicule ovoïde et un peu aplatie, d'une faible teinte roussâtre, constituée par une capsule incluse et une enveloppe charnue subdiaphane, peut-être contractile; le conduit efférent est un long filet très-ténu, élastique à la façon d’un ressort de montre et s’enroulant en spirale à tours de divers diamètres, dont la tunique est la continuation de celle de l'organe sécréteur, et qui s’insère à la partie supérieure et postérieure de l’oviducte. Fil et vésicule sont recouverts d'une couche blanchâtre de graisse et de trachéoles, ressemblant beaucoup au réseau graisseux du canal déférent du mâle. L. Dufour compare cette structure à celle de la glande sébifique, impaire et unique, d'un Diptère, le Scenopinus fenestralis, formée d’une \ésicule oblongue et d'un filet efférent, élastique et en spirale, ayant plusieurs fois la longueur de tout le corps de l’insecte. Sur le côté gauche et derrière l'oviducte de la femelle de l'Osmyle, se trouve la poche copulatrice impaire, en réservoir oblong et membraneux, plus ou moins boursouflé suivant la quantité de sperme qu'il tient en réserve. C'est celte poche copulatrice dont nous avons mentionné l’extroversion, qui per-

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siste quelque temps après le coit; elle débouche par un col dans le vagin, qui continue l'oviducte.

Les gaines ovigères sont, jusque près de leur abouchement dans le col de l'ovaire, remplies d'une seule rangée d'œufs, de grandeur décroissante jusqu'aux pointes supérieures, celles-ci constituées par une membrane amorphe, et sans qu’on y distingue de vésicules germinatives libres. Là où se montrent les premiers œufs, la paroi des gaines ovigères prend un aspect glanduleux. Un œuf pris à l'extrémité supérieure des gaînes accusait la forme ovale sans Le petit bouton. Le vitellus se compose de petits granules de graisse ronds et simples, et est entouré d'une membrane vitelline claire et amorphe, Autour de cette membrane se trouve une couche de cellules arrondies, à gros grains, qui formeront plus tard l'enveloppe externe. Au milieu de l'œuf et plus près de la surface, se trouve la très-grande vésicule germinative, en forme de cercle, et, dans cette vésicule, la tache germinative, é galement circulaire ; toutes les deux sont transparentes et jaunâtres. Sur des œufs plus grands et très-rapprochés de l'oviducte, on aperçoit la peau externe de l'œuf déjà complétement constituée, et ce qui sera plus tard le petit bouton en forme de bosse mousse et déjà emplie ‘d’une masse amorphe d'un brun foncé. On distingue encore bien la vésicule germinative, avec la tache, mais cette vésicule relativement très-pelite, et le vitellus à granules assez gros et simples.

Il est très-vraisemblable que Réaumur, dans deux très-mauvaises figures (t. IE, pl. xxxin, fig. 44 et 15), a représenté la larve de l'Osmyle. Il la plaçait dans le même groupe que celle du Drepanopteryx phalænoides, d'après l'absence des tubercules piligères propres aux larves des vraies Chrysopes, sans se préoccuper de la différence des mâchoires, droites pour l'Osmyle, recourbées pour le Drepanopteryæ.

M. Walker, sous le nom de Stenosmylus, a créé un genre voisin des Osmyles, aussi à trois ocelles, à prothorax allongé et subcylindrique, à ailes allongées, étroites, tantôt subarrondies au sommet, tantôt aiguës, à ‘pattes grêles, avec la pelote tarsale bifide. Ce genre comprend des espèces d'Australie et de la Nouvelle-Zélande, et peut-être de l'Amérique du Nord.

SISYRA, Burm. — Antennes moniliformes, un peu plus courtes que l'aile antérieure ; pas d’ocelles ; palpes maxillaires avec le dernier article très-grand, comprimé, aplati, pointu au bout; palpes labiaux petits et peu visibles. Prothorax court. Aïles avec un peu de nervules transversales, ayant l'espace subcostal large et libre, la subcostale et*la médiane se rejoignant au sommet, les postérieures un peu plus petites que les antérieures ; nervules transversales dans la bande costale simples, une partie trouble à l'endroit du pterostigma, un seul secteur du radius (ou nervure médiane) avec deux ou trois rameaux fourchus à leur extrémité. Pattes cylindriques, tarses à onglés simples et très-grêles, ayant entre eux une pelote saillante. Corps couvert de longs poils. — Larves aquatiques à respiration branchiale,

456 NÉVROPTÈRES.

:" L'intérêt de ce genre est la vie aquatique des larves, fait exceptionnel parmi les Hémérobiens. Le type est le S. fuscata, Fabr.; long. du corps, h millimètres; long. aile antér, 6 millimètres. Cette petite espèce n’est guère plus grande qu’une Mouche domestique, et encore c’est l’étendue des ailes qui lui donne cette grandeur, car le corps même est petit et grêle. Les antennes sont noires, avec un grand nombre d'articles ronds et fort velus; les yeux sont sphériques, d'un noir luisant gros et saillants. La tête et le thorax, bombé et arrondi en dessus entre les ailes, sont d’un brun noir; l'abdomen d’un brun roussâtre, en forme de fuseau et pointu au bout, avec quelques petits tubercules d'où partent des touffes de poils. Les ailes, ovales-allongées, sont appliquées contre les côtés du corps, au-dessus duquel elles forment un toit trèsaigu. Elles sont d’un brun pâle transparent, avec les nervures d’un brun obscur. Leur couleur semble plus foncée quand elles sont appliquées au repos les unes sur les autres que quand elles sont étalées; elles sont irisées sous certaines incidences, et chargées de poils assez longs tout autour de leurs bords et même sur les nervures, des deux côtés; il y a deux nervures transversales entre le radius et son secteur. Les pattes sont d'un jaune brun. Cet insecte est de toute l'Europe, et se prend au printemps près des fossés et des mares, où vit sa larve; tantôt communément, tantôt rare, suivant les localités.

Sa larve vit toujours dans l’eau et se rapproche beaucoup de celle du genre Osmyle, parmi les genres d'Hémérobiens ayant aux tarses des appendices préhenseurs ou fixateurs. Le contour, la consistance des téguments, l'attitude, la forme des mâchoires sont les mêmes; la différence considérable est dans la présence des branchies ventrales. Elle est moindre si, comme le pense M. Hagen, il y a, outre les stigmates thoraciques, qui sont indubitables, des stigmates abdominaux à côté des branchies ; de mème les larves de Sialis, pourvues d'organes branchiaux, ont aussi à chaque segment abdominal un stigmate visible antérieurement à la base de l'appareil branchial. Bien que les larves des Chrysopes aient des contours du corps semblables, elles ressemblent . moins à celles des Osmyles et des Sisyres, parce que la forme courbe des mâchoires les rapproche davantage des larves du groupe dont les adultes manquent d'appendice entre les ongles (Myrmeleon, Ascalaphus, Nemoptera).

La larve de Sisyra, inconnue à de Geer, qui décrit l'adulte, a été publiée à peu près en même temps par MM. Grube et Westwood (1). Ce dernier la trouvait en abondance dans les eaux douces de l'Angleterre,

(1) Ed. Grube, Beschreibung einer auffallenden, an Süsswasserschwämmen lebenden Larve (Wiegmann’s Archiv für Naturgeschichte, Berlin, 4843, t. XVI, p. 331, pl. x). — J. 0. Westwood, Description of some Insects which inhabit the tissue of Spongilla fluviatilis (Trans. of the Entomol, Soc. of London, 1841-43, t. II, p. 105, pl. vin, fig. 4 à 12).

SISYRA. 57

au milieu des spicules de la Spongille (Spongilla fluviatilis), et même attribue à ces insectes les mouvements de l’eau et ses ondulations, et non à quelque principe animal contractile de l'Éponge même. Il avait bien reconnu qu'il avait affaire à une larve, mais la nommait Branchiotoma Spongillæ, dans l'ignorance de l’insecte à qui elle donnait naissance. Elles sont de petite taille, n'excédant pas en longueur un septième de pouce anglais, d’une consistance mollement membraneuse, d’une couleur grise pâle, plus vive aux pattes, déprimées, ovalesoblongues, composées de treize segments, dont le premier est une tête petite, ayant une tache noire sur chacun des angles postérieurs, offrant de chaque côté un amas de plusieurs gros stemmates brillants (cinq sur la figure). Les antennes ont à peu près la moitié de la longueur du corps, et commencent par un article basilaire épais au devant des yeux; la partie terminale de l'antenne est très-grêle, cylindrique, et très-indistinctement articulée. La tête est garnie de plusieurs longs poils latéraux. La lèvre inférieure, dépourvue de ligule et de palpes labiaux, élargie fortement vers la base sur les côtés, offre en arrière deux courts éperons, obliques et pointus, à partir desquels sortent en dessous de chaque côté deux soies trés-délicates, aussi longues que les antennes, un peu espacées entre elles à la base, rigides et dirigées en avant et en haut, une des deux plus foncée en couleur et plus forte que l’autre, toutes deux entièrement dépourvues d'articulations. Ces quatre soies dressées, conjointes, mais séparées, sont les mandibules et les maxilles, qui forment une gouttière de succion de la proie moins parfaite que chez les larves de Fourmilions et de Chrysopes. Il n’y a pas de rudiments de labre ni de palpes maxillaires.

Le thorax est formé de trois segments, parmi lesquels le prothorax est le plus petit; à chacun de ces trois segments s'attache une paire de pattes assez longues, amincies, composées d'une forte hanche, d’une cuisse robuste, d'une jambe allongée, et d’un farse de deux articles sans ongle terminal. Les pattes sont peu fournies de poils, mais ils sont longs, minces et rigides. La surface supérieure des segments thoraciques ne présente aucun rudiment de fourreaux alaires, ce qui montre bien qu'on à affaire à une larve de Névroptère à métamorphoses complètes.

L'abdomen, de neuf segments, offre le premier segment plus petit que le métathorax, et ils vont graduellement en décroissant de largeur. De chaque côté des segments est un tubercule portant plusieurs soies; ces tubercules vont en grossissant à mesure qu'on approche du bout de l'abdomen, et les soies qu'ils portent vont en augmentant de longueur, ainsi que celles qui garnissent directement les côtés du corps. A la face ventrale chacun des sept premiers segments de l'abdomen porte latéralemeni de longs et minces filaments aplatis, dénués de cils et dirigés, d'abord en avant, puis en arrière; ces quatorze filaments (très-analogues à ceux des larves de Sialis, Raphidiens) sont articulés et ont l’appa-

158 NÉVROPTÈRES.

rence de pattes faibles : ce sont en réalité des organes respiraloires, car on voit aisément à leur intérieur un ou deux minces tubes trachéens. Le huitième segment abdominal est dépourvu de ces filaments, mais garni de tubercules sétigères plus larges que ceux des segments précédents, et le segment terminal est d'ordinaire petit et simple. En outre, chaque segment abdominal offre en dessus une paire de taches d’une couleur plus sombre, coriaices, émettant de leur bord postérieur trois longues soies.

Je suppose que cette larve, par analogie avec ce qui se passe pour les larves d'Osmylus et de Sialis, sort de l'eau au moment de la nymphose, gagne la terre, et se construit, soit un cocon soyeux, soit une coque de terre agglulinée, pour passer la période d'inactivité précédant l’état adulte.

Les Sisyres n'ont jusqu à présent que peu d'espèces connues, et il y a là sans doute encore à découvrir. Outre le type précité, nous citerons le S. terminalis, Curt., d'Europe ; le S, Dalii, Mac Lachl., d'Angleterre ; une espèce de l'Amérique du Nord, et deux espèces fossiles des succins.

Près du genre Sisyra se place le genre américain Po/ystæchotes, Burm., établi pour des insectes d'assez grande taille, celle de nos Fourmilions. Leurs quatre ailes sont en ovale allongé et subégales, avec une nervule transversale basale dans l’espace costal aux deux ailes ; le premier secteur, rapproché de la nervure médiane, qui se joint au bout de l'aile à la sous-costale, émet une seule série en gradins de nervures transversales parallèles. Il y a deux espèces, des États-Unis du Nord et du Canada. La plus répandue est le P. punctatus, Fabr. Le corps est noirâtre en dessus et épais; les ailes antérieures chargées, surtout aux contours, de macules brunes pénétrant aussi sur le disque; aux inférieures, le contour seul a quelques légers points bruns, et tout le milieu de l'aile est occupé par les transversales émanées du secteur parallèle au radius, formant de grandes aréoles rectangulaires parallèles, coupées au milieu par une nervule à angle droit, et le bord inférieur est frangé ; les quatre ailes sout hyalines, à reflet brunâtre. Ce grand insecte, très-nocturne, vole lentement à la nuit close, et M. Hagen émet l'opinion que sa larve est probablement aquatique. L'autre espèce est le P. vitlatus, Say.

I. — Subcostale et nervure médiane (radius) séparés ; premier secteur parallèle au radius émettant les autres secteurs.

DiLAaR, Rambur. — Palpes très-courts; antennes des mâles assez longues, molles, à longues dents pectinées, distantes, placées d’un seul côté, celies de la femelle simplement denticulées ; trois ocelles écartés, les postérieurs trèsgros. Prothorax court et large. Ailes à nervures longitudinales fines et assez nombreuses, le radius à deux secteurs, les nervures transversales peu nom--

DILAR. h59

breuses, excepté à l’espace costal. Premier article des tarses beaucoup plus long que les autres ; deux ongles simples, très-grêles, ayant entre eux une pelote bien saillante, Abdomen de la femelle terminé par ua long oviducte très-grêle.

Les espèces de ce genre si curieux sont encore très-mal connues et à rechercher. Elles sont d'Espagne, d'Arménie, de Syrie, de Turquie et une de Ceylan. L'oviscapte si développé de la femelle est l’exagération du rudiment de tarière de la femelle des Hemerobius. Le type est le D. nevadensis, Ramb. (pl. rxvin, fig. 3, mâle; 3 a, femelle; 3 b, antenne du mâle grossie), de taille variable, les plus grands sujets ayant 30 millim. d'envergure, d’un roux obscur et un peu noirâtre, velu. La tête, renflée au vertex, est testacée, les antennes brunes; Le thorax d’un jaune roussâtre taché de brun; l'abdomen brun, jaune à l’extrémité et à la base; les pattes longues, d’un jaune brunâtre. Les ailes, surtout de la première paire, ont toute la région antérieure couverte de nombreuses stries brunes interrompues, et une tache circulaire centrale brune sur chacune. Elles sont larges, oblongues, arrondies à l'extrémité, avec une petite touffe de poils assez longs aux bords antérieur et postérieur de l'aile inférieure, à la base et vers le bout. La femelle a les ailes plus petites, avec les taches rondes moins apparentes, et ces ailes plus brunâtres en raison des stries plus larges et confluentes sur une grande partie de la marge des supérieures. Rambur dit avoir trouvé assez fréquemment cette remarquable espèce en été, aux environs de Grenade, dans les petits bois des parties élevées de la Sierra- Nevada,

A la même division des Hémérobiides se rattache le genre Sartena, Hagen, établi sur une espèce de la Corse, le S. amœna, Hagen (Ann. Soc. entom. fr., 1864, p. 41), formant une intéressante transition entre les Sisyra et les Chrysopa. I ressemble à ce dernier genre par les antennes moniliformes beaucoup plus courtes que les ailes, les ocelles nuls, les palpes, le corps, la sous-costale et la médiane des ailes séparées jusqu'au bout, la réticulation trois ou quatre fois bifurquée et deux séries de nervules transversales en gradins; mais il offre, comme les Sisyra, les jambes cylindriques, les tarsés à premier article plus long que les autres, les ongles simples, courbés, accompagnés d'une pelote ovoïde.

Enfin, il faut encore mentionner, en raison d’une réduction organique insolite chez les Hémérobiens, le genre Psectra, Hagen, créé pour l’ancien Hemerobius dipterus, Brauer. L'espace subcostal présente deux nervules transversales au milieu ; les ailes n'ont que peu de nervules transversales et les postérieures sont rudimentaires chez le mâle. Le P. diptera, Br., mâle, d’une envergure de 7 millim., est brun, hérissé de poils, les antennes d'une couleur de poix, capillaires, moniliformes, plus longues que le corps, seulement légèrement pubescentes. Les ailes supérieures sont elliptiques, légère-

260 NÉVROPTÈRES.

ment teintes d’ocre, à nervures poilues, brunes autour des bords, les nervures transversales formant des taches brunes irrégulières; les ailes inférieures ressemblant à deux petits lobes ovales; les pattes d'un ochreux pâle, avec les genoux couleur de poix. Cette rare espèce, que nous engageons beaucoup à rechercher dans le nord de la France, a été prise en juin par M. C. Dale, en Angleterre, dans le Somerset, sur un Nôisetier à la lisière d’un bois (Curtis, Trans., Soc. Entom. of London, 1854-1856, série 2, t. IT, p. 56; Mac Lachlan, Entom. monthly Magaz., t. HI, p. 269, année 1865). M. Hagen indique cette espèce comme étant d'Europe et aussi de Sibérie, par suite non spéciale à l'Angleterre.

HIT. — Subcostale et nervure médiane séparées; nervure médiane émettant tous les secteurs.

DREPANOPTERYX, Burm., ou DREPANEPTERYX Leach. — Antennes moniliformes, plus courtes que l’aile antérieure ; pas d’ocelles ; palpes maxillaires plus grands que les labiaux, à dernier article comprimé et pointu. Prothorax court. Ailes aiguës au bout, échancrées en arc au bord postérieur près de la pointe ; ailes antérieures avec de nombreuses nervures longitudinales et transversales ; l’espace costal large, avec un rameau basal recourbé, l’espace subcostal avec un petit nombre de nervules transversales vers la base ; la première nervure transversale entre la costale et la sous-costale fortement fourchue, se dirigeant en arrière vers la base de l'aile, la nervure médiane émettant douze secteurs et plus; deux séries en gradins d’aréoles. Dernier article des tarses épaissi, avec ongles très-courbés, non dilatés, munis d’une pelote entre leurs bases saillantes.

Le type de ce genre est un insecte européen qui ressemble grossièrement à un petit papillon de nuit roussâtre, d’où son nom de D. phalænoides, Linn., long. corps, 8 millim.; long. aile antér., 12 millim. La couleur, tant du corps que des ailes, est d’un brun roussàtre ou jaunâtre, ainsi que les pattes. Les antennes, à peu près de la longueur du corps, sont d’un brun plus obscur, composées de nombreux articles arrondis et velus; les yeux d'un bleu luisant. Les ailes postérieures sont translucides, leurs nervures, comme celles des ailes antérieures, d'un jaune brun et parsemées de beaucoup de petits poils.

Les ailes antérieures ont une consistance presque opaque, analogue à celle des pseudélytres de beaucoup d’Orthoptères. Grandes et larges, elles s'avancent beaucoup en avant en forme arrondie, de sorte qu'elles cachent presque entièrement la tête et le prothorax, que l'insecte porte ordinairement baïissés. Au repos, il les tient conniventes supérieurement, mais non croisées, en toit très-aigu. Leur bord postérieur est d'un contour singulier, concave et découpé comme à l’emporte-pièce, de

DREPANOPTERYX, HEMEROBIUS. GA

sorte qu'il forme deux pointes avancées, l’une au milieu, l'autre à l'extrémité de l'aile; la forme est analogue, mais moins prononcée, à l'aile inférieure. L’aile de devant porte à l'extrémité une forte raie longitudinale brune, et deux fines lignes obliques brunes la traversent, aiosi que de nombreuses et légères ondulations brunâtres. Au milieu du bord postérieur est une tache blanchâlre triangulaire encadrée de brun, et les bords antérieur et postérieur paraissent plus foncés que le reste, en raison d’un semis de piquetures brunes. Les ailes inférieures, qui n’ont que très-peu de nervules sur le disque, sont munies antérieurement à leur base d’une nervure saillante, constituant une échancrure au bord de l’aile et portant plusieurs soies, analogue au frein des Lépidoptères chalinoptères.

Cette jolie espèce est indiquée par F. Brauer comme très-commune parfois en Autriche, sur les Ormes, dans le mois de juin. Elle est touours rare en France et habite les bois toute l’année. Je l'ai prise au commencement de novembre, à Clamart et à Meudon près Paris, en battant les taillis : c’étaient probablement des sujets adultes destinés à hiverner, ainsi que les Chrysopes qu’on rencontre à la même époque. Réaumur indique la larve de cette espèce comme ressemblant à celles des Chrysopes, mais dépourvue d’aigrettes de poils sur les côtés; elle se tisse avec sa filière anale une coque sphérique de soie. Le genre Drepanopleryx présente en outre une espèce de l’'Hindoustan, une de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, et une autre de cette dernière région.

HEMEROBIUS, Linn. — Antennes moniliformes ; pas d’ocelles ; palpes maxillaires ayant le dernier article fusiforme, terminé en une pointe fine. Quatre ailes transparentes, ou colorées ou tachetées ; les antérieures plus grandes que les postérieures, ayant l’espace costal large, avec un rameau basal recourbé en arrière vers la base de l'aile, se rattachant en avant à la costale par plusieurs branches ; espace subcostal avec une seule ou un petit nombre de nervules transversales basales ; nervure médiane pourvue d'au moins deux secteurs, nervures transverses formant deux séries en gradins. Jambes cylindriques ou fusiformes. — Larves aphidivores, sur les arbres.

Le genre linnéen Hemerobius est actuellement réduit à de petites espèces, souvent difficiles à séparer, à ailes finement velues, tantôt d’un brunâtre plus ou moins clair, tantôt tout à fait hyalines, se rencontrant sur beaucoup de végétaux, surtout sur les Conifères. On en compte plus de soixante espèces, dont plus de vingt de l'Amérique du Nord, une quinzaine de l'Europe, où il reste encore à découvir; d’autres de l'Australie, de l’Inde, de Ceylan, du Brésil, de la Guyane, du Chili; enfin plusieurs espèces fossiles des terrains jurassiques et tertiaires et des succins. Nous n'indiquerons en détail que les espèces les plus communes. Tels sont : l'A. hirtus, Linn., de toute l’Europe, y compris la Laponie, des îles Canaries, de Sibérie, assez fréquent par-

62 NÉVROPTÈRES.

tout en juillet et août, s'élevant sur les montagnes jusqu’à la région des Sapins ; long. corps, 5 à 6 millimètres; long. aile antér., 8 millimètres. Il a le corps d’un brun noir, les deux premiers articles des antennes jaunâtres, les autres d’un brun jaune; les pattes d'un jaune brun; les ailes antérieures arrondies au bout, ayant les nervules transverses brunies et quelques lignes brunes peu sensibles vers les bords, la base et l'extrémité ; les inférieures transparentes, avec un peu de brunâtre sur les bords et à l'extrémité, avec deux marques semblables sur la marge postérieure; les nervures de toutes les ailes fortement ciliées. — L’H. Humuli, Linn., long. corps, 6 millim.; long. aile antér., 8 millim., espèce commune partout de juin à septembre, de toute l’Europe, de Sibérie, de l'Amérique du Nord; le front et le clypeus jaunes, les antennes jaunes, à peine annelées de brunâtre ; le thorax jaune sur les côtés, brunâtre en dessus; l'abdomen varié de jaune et de brun : les pattes d'un jaune pâle; les ailes antérieures hyalines avec une tache brune au bord postérieur, des taches et des bandes nébuleuses d'un brun pâle vers l'extrémité; les nervures longitudinales blanchâtres, ponctuées de brunâtre, les nervures transversales brunes; les ailes postérieures hyalines, à nervures transversales brunes, avec quelques nervures longitudinales parfois brunâtres, et parfois également des taches nébuleuses grises à l'extrémité. — L'A. nervosus, Fabr., de toute l'Europe, y compris la Laponie, et de Sibérie, de taille analogue aux précédents ; à tête brune, d'un blanc jaunûtre soufré en dessus, les antennes grises, tachetées de brun obscur; les yeux d'un brun obscur un peu verdâtre; le thorax jaunâtre; l'abdomen grisâtre, avec des mouchetures brunes; les pattes d'un gris pâle; les ailes supérieures un peu cendrées, à demi transparentes, toutes les nervures marquées d'un grand nombre de points noirâtres, d’où partent des poils, avec des raies transversales en zigzag d'un cendré pâle, et, par places, des lignes ondées transversales noires, qui ne sont visibles qu'à la loupe; les ailes inférieures très-transparentes, à nervures grises, toutes les ailes bordées tout autour de poils courts; l'abdomen a aussi quelques toulfes de poils. De Geer dit avoir obtenu cette espèce à la fin de mai d'une coque ronde de soie très-blanche, d’un tissu lâche, qui était logée dans un enfoncement d’une galle résineuse de Pin. La dépouille de la nymphe était en entier hors de la coque, percée d’un grand trou, et cette dépouille était cramponnée sur la galle par les fourreaux des pattes antérieures et intermédiaires. Cette observation fait connaître que la nymphe perce la coque, et qu'elle sait faire usage de ses pattes pour se transporter à quelque distance de là et s’y accrocher, avant qu'elle se délasse de la dernière enveloppe pour paraître avec des ailes. Elle est analogue en cela aux nymphes des Phryganes. Citons encore, comme espèce très-septentrionales, H. lutescens, Zetterstedt, de Laponie et du nord de l'Europe, et A. obscurus, Zett., du Groenland.

Quelques auteurs ont adopté le genre Megalomus, Rambur; qui ne

MICROMUS. 163

diffère des Hemerobius que par l'espace costal moins large et plusieurs nervules transverses à la base de l’espace subcostal, au lieu d’une seule. IL comprend quelques espèces de nos -Hemerobius d'Europe, comme hirtus, Linn., une espèce sibérienne, algidus, Erichson, une du Mexique, pictus, Hagen, plusieurs du Chili. Je crois, comme M. Fr. Brauer, que ce genre est inutile.

MICROMUS, Rambur. — Antennes moniliformes ; pas d’ocelles ; dernier article des palpes maxillaires plus grand que les autres, comprimé, aplati, pointu au bout. Quatre ailes transparentes, colorées ou tachetées, les antérieures plus grandes que les postérieures ; espace costal des ailes antérieures étroit; la première nervule transversale entre la costale et la sous-costale droite ou fourchue, mais ne se recourbant pas en arc vers la base de l'aile, les autres nervules pour la plupart fourchues ; espace subcostal avec une seule nervule transversale basale ; de un à six secteurs de la nervure médiane (radèus). Jambes fusiformes.

Les Micromus comprennent trois ou quatre espèces d'Europe, cinq des États-Unis (Hagen, 1861), une du Mozambique, plusieurs de Ceylan, une de la Tasmanie, une de la Nouvelle-Zélande, peut-être la même que la précédente. Nous décrirons quelques espèces d'Europe. Ainsi le M. aphidivorus, Schrank, ou villosus, Zett., indiqué par Rambur (sous le nom de tendinosus) comme commun partout, existant aussi en Sibérie, se rencontrant notamment en octobre et novembre; long. corps, 4 à 5 millimètres ; long. aile antér., 6 à 7 millim.; les ailes antérieures d’un brun roux, à nervures jaunâtres, celles du champ discoïdal d'un brun noir, accompagnées de taches nébuleuses ramifiées; les ailes postérieures vitrées, à nervures longitudinales pâles; les antennes d’un jaune rougeâtre, annelées de brun rouge foncé; le vertex et le pronotum avec une ligne longitudinale plus claire ; les pattes d'un jaune pâle, avec les cuisses et les jambes parfois annelées de brunâtre.— M paganus, Villers, se trouvant de juin à septembre sur les arbustes rabougris, un peu plus grand que le précédent ; long. corps, 6 millimètres ; long. aile antér., 9 à 10 millimètres ; les ailes antérieures vitrées comme les postérieures; les antennes d'un jaune pâle, annelées de brun; le corps d’un jaune. brunâtre, avec thorax d’un jaune blanchätre en dessus au milieu; les pattes d’un jaune pâle. Ces deux espèces ont les ailes postérieures sans taches, seulement les nervures parfois foncées à leur extrémité, l'aile antérieure avec quatre secteurs de la nervure médiane ou plus. — Le M. variegatus, Fabr., long. corps, 4 millimètres; long. aile antér., 5 à 6 millim.; se rencontre dans toute l'Europe de juin à juillet, très-rare en Autriche, d'après M. Fr. Brauer; offrant les ailes postérieures tachetées à l'extrémité, sur le tiers externe et sur le bord, avec un ou trois secteurs de la nervure médiane à l’aile antérieure ; les antennes d’un jaune pâle, annelées de brun; le front et le clypeus d’an brun jaune

L6/4 NÉVROPTÈRES.

brillant, le vertex ct le thorax d’un brun gris, avec la ligne médiane jaunâtre; les pattes d’un jaune pâle; les ailes antérieures hyalines, à nervures blanches, ponctuées de brun noir, la fourche terminale à l'extrémité et les nervures transversales dans le champ discoïdal enfumées de brun ; des taches brunes dans la région du pterostigma; les ailes postérieures transparentes, à nervures blanches, d’un brun noir vers l'extrémité tachetée. Ces longues descriptions sont nécessaires pour que les amateurs débutants puissent reconnaître ces difficiles petites espèces.

III — CHRYSOPIDES.

Nervures subcostale et médiane séparées ; premier secteur presque parallèle à la nervure médiane, brisé.

Le nom donné à cette famille par les entomologistes vient de la belle couleur des yeux des espèces à l’état vivant, qui sont brillants d’un éclat doré ou rouge ou vert. Aussi, dans les langues des divers peuples, on appelle vulgairement ces insectes Yeux d’or. Par la disposition des nervures des ailes, le principal genre de cette famille, Chrysopa, Leach, se relie aux genres Hemerobius, Linn., et Drepanopteryæ, Burm., par les genres Sisyra, Burm., et Polystæchotes, Burm., et son affinité au genre Osmylus, Latr.,se fait par le genre Apochrysa, Schneider. C'est dans le genre Chrysopa qu'on trouve le premier développement régulier des cellules discoïdales et de l'aire cubitale (dépendant de la nervure discoïdale ou inframédiane, ou cubitus, Burm.), encore étroite, qui se perfectionne chez le genre Osmylus, et manque dans les Hémérobiides. Nous ne poursuivrons pas les analogies plus éloignées avec les Mantispa et les Nemoptera.

Le corps des Clirysopides est plus ou moins grêle ; la tête plus ou moins bombée au vertex, sans ocelles, à antennes sétacées, à articles subcylindriques, égalant la longueur du corps ou la surpassant du double, tandis que les antennes des Hémérobiides sont moniliformes. Les ailes inférieures sont un peu plus courtes que les supérieures, la subcostale parallèle à la médiane restant séparée jusqu’au bout de l’aile et ne l'y rejoignant pas; les nervures simples entre la costale et la sous-costale ; deux secteurs simples issus de la nervure médiane près de la base de l'aile, entre lesquels sont placées obliquement des cellules discoïdales oblongues, à quatre ou à cinq angles, formées par deux, trois ou quatre séries de nervules en gradins, simplement fourchues à la fin; la nervure discoïdale (cubitus) ou parallèle au premier secteur, ou s’en écartant, et formant avec lui une aire cubitale étroite, remarquable par une

CHRYSOPA. -465

seule série d’aréoles ou quinquangulaires ou sexangulaires ou quadrangulaires ; les tarses ont les crochets ou dilatés à la base ou simples.

Les œufs sont placés sur une longue tige fine élastique. La larve est allongée, fusiforme, parfois déprimée, offrant de chaque côté six ocelles placés en cercle ; sur les côtés des trois segments du thorax et sur ceux des sept segments abdominaux se trouve une verrue portant quelques poils soyeux, plus ou moins fins, sur un petit capitule terminal, ou dépourvue de capitule. La nyrophe ressemble beaucoup à l'adulte, comme chez tous les Hémérobiens, et reste gisante très-recourbée dans une petite coque, solidement tissée de fils de soie, placée entre les feuilles des arbres ou les fissures des écorces.

CHRYSOPA, Leach. — Tête conique en avant, un peu allongée, à vertex plus ou moins convexe ; autennes sétacées, égalant la longueur du corps ou plus grandes, jusqu’au double, les articles à sommet orné de deux poils soyeux opposés entre eux; dernier article du palpe maxillaire comprimé au bout, tronqué, parfois acuminé ; ailes postérieures un peu plus courtes que les antérieures ; espace costal des ailes antérieures rétréci à la base, sans nervule récurrente ; deux séries de nervules en gradins dans l'aire discoïdale entre les deux secteurs de la nervure médiane ( radius); nervure discoïdale (cubitus) formant avec le premier secteur du radius une aire cubitale étroite, surtout composée d’aréoles quinquangles, rarement quadrangles ; troisième cellule cubitale divisée par une nervule sécante, qui, ou recourbée s'ouvre dans le premier secteur du radius, ou droite se joint à la plus voisine cellule cubitale ; pattes simples et courtes, premier article du tarse le plus long, le dernier ayant au bout deux longues soies et deux ongles grêles, très-recourbés au sommet, tantôt simples, tantôt dilatés à la base, ayant entre eux une pelote cordiforme; abdomen de veuf segments, 2 et 3 un peu plus longs que les autres, cylindrique, subcomprimé sur les côtés. — Larves aphidivores ou coccivores, vivant à l'air sur les plantes, à peu près glabres ou poilues, offrant latéralement des verrues piligères, directement ou sur un capitule terminal, — OEufs portés sur de longs et grêles pédicules.

Le corps des Chrysopes, long et plus ou moins grêle, n’a que quelques poils courts sur le prothorax, les pattes et l'abdomen, et un faisceau de longs poils au bout de l'abdomen, autour de l’anus et des parties sexuelles. La couleur la plus habituellede ce corps est le vert, passant du blanc verdâtre par le jaune verdâtre jusqu'aux plus belles teintes bronzées et jusqu'au vert d'herbe; la couleur jaune, variant du verdâtre au brun, est moins fréquente, et, plus rare encore, la couleur brune. On trouve réunies les couleurs jaunes, orangées, rouges, brunes, noires, dans les diverses parties du corps et dans ses points, lignes, bandes et taches.

Les antennes, insérées sur le front, entre les yeux et rapprochées, diffèrent parfois de longueur suivant le sexe, toujours plus longues

h66 NÉVROPTÈRES.

chez le mâle ; elles sont formées de 70 à 400 et plus articles, le premier le plus long, le plus épais et en massue, le second le plus court, conique, le troisième plus long que le second, cylindrique, un peu épaissi vers le sommet, les autres allant peu à peu en s'amincissant et se raccourcissant vers le bout de l'antenne, mais pareils de forme; du troisième à l’avant-dernier, ces articles sont munis au sommet de deux poils soyeux distants et opposés, les autres ayant trois ou cinq séries de poils subtils très-couris. Les yeux sont placés postérieurement sur les côtés de la tête, grands, proéminents, globuleux, d'un vert magnifique ou d’un rouge doré ou parfois d’un brun métallique sur le vivant, après la mort d’un brun verdâtre le plus souvent, ou bruns ou noirs, mais conservant rarement quelque éclat métallique. Le labre est coriacé et transverse, tantôt entier et arrondi en avant, tantôt émarginé en avant, muni de courtes franges; les mandibules trigones-allongées sont robustes, cornées, recourbées, très-aiguës au sommet et avec une petite dent et quelques poils très-fins à la partie interne; elles ne dépassent pas Le labre. Les maxilles, un peu plus longues que les mandibules, offrent un stipe portant deux lobes, l’un interne et ovale, l’externe ou galéa plus long, composé de deux parties, dont la supérieure et la plus longue est allongée et quadrangle, chaque lobe ayant au côté interne de longues et épaisses franges: les palpes maxillaires sont sétacés, longs et grêles, de cinq articles, portant de courts poils épars et de longueur croissante, 4 et 2 plus courts, 3 et 4 subégaux.

La lèvre, insérée sur un court menton transverse et subrectangle, est pelite, presque orbiculaire, rétrécie en avant, portant un prolongement mobile subrectangle et des poils courts, entourée de deux palpes labiaux de trois articles croissants de longueur, le 5%e, comme le 5%e du palpe maxillaire, fusiforme, obliquement tronqué au sommet ou acuminé, ces articles portant de courts poils épars.

Le prothorax est aussi large ou un peu plus large que la tête, plat en dessus, semi-cylindrique, le pronotum le plus souvent subcarré, parfois moitié, pariois le double plus long que large, avec un sillon transversal au milieu; le mésothorax quadrangle offre un mésonotum grand, triangulaire et un petit écusson ; le métathorax, plus court, a le métanotum composé de deux parties trapézoïdes, et un postécusson convexe, oblong-quadrangle.

Les quatre ailes membraneuses, plus longues que le corps, s'appliquent sur luï en forme de toit lors du repos; elles sont hyalines, très-rarement tachées, les nervures le plus souvent de la couleur du corps, ces ailes, très-richement irisées par réflexion, resplendissantes de couleurs vertes, rouges, bleues, violettes, rétrécies vers la base, les supérieures elliptiques, les inférieures parfois plus cunéiformes, arrondies au sommet ou plus où moins visiblement acuminées, deux ou trois fois plus longues que larges aux deux paires, frangées, à nervures ténues, peu poilues:

CHRYSOPA. : k67

La disposition des nervures de l'aile inférieure est la même qu'à la supérieure, avec la côte très-droite de la base au ptérostigma et la 2we ou 8% nervure cubitale simple.

Les pattes sont marcheuses, lantôt grèles, tantôt plus renflées et alors plus courbes, pareillement distantes entre elles, revètues çà et là de poils courts, les antérieures les plus courtes, les moyennes un peu plus longues, les postérieures les plus longues.

L'abdomen chez les mâles est plus grêle et partout d’égale épaisseur, obliquement tronqué au bout, un peu plus épais chez les femelles, un peu rétréci avant le milieu, s'atténuant peu à peu au bout. Le dernier segment porte l'anus, et, placés sous lui, les organes génitaux; les organes sexuels du mâle forment un renflement, fendu au milieu, renfermant le pénis et remarquable à l'extérieur par deux crochets cornés très-courbes; vers ce renflement une écaille coriacée, comme une valve, est tournée du bas vers le haut, ayant une forme coch'éaire, creusée, munie d’une pointe aiguë recourbée en haut et vers l’intérieur; les organes sexuels externes de la femelle consistent dans une simple fente, s'ouvrant au milieu d'un petit renflement visible sous l'anus. Un oviscapte était inutile, d'après la manière dont s'opère la ponte. h :

L'anatomie interne des Chrysopes adultes, étudiée d'abord par Ramdohr et Marcel de Serres, a été complétée par les travaux de L. Dufour (op, cit, Sav. éir. 1841, p. 600) sur les Chrysopa vulgaris, Schn., et italica, Rossi, espèce du midi de l'Europe et de taille double de la précédente, et de H. Loew (Linnæa entomol. Posen, 4848, p. 376) sur C, vulgaris, Schn. Le tube digestif des Chrysspes est entouré à son début par un appareil salivaire compliqué, consistant essentiellement en un canal unique débouchant dans la tête, puis se divisant en deux canaux traversant tout le thorax, se recourpbant chacun en anse vers l'extérieur et remontant en sens inverse, ensuite se divisant en touffe de rameaux simples, bifides ou multifides, entrelacés entre eux, et même avec ceux du côté opposé. Le canal alimentaire est court ét droit, trèssensiblement de la longueur du corps de l'insecte. L'æsophage, avec quelques fissures transverses, s'élargit peu à peu et aboutit à un grand Jabot ovoïde, à plis transverses qui s'effacent quand il est rempli d’aliments; à sa partie inférieure est une panse latérale (estomac de succion des auteurs allemands), jaunâtre, à parois assez épaisses et contractiles, lancéolée et froncée si elle est vide et contractée, ellipsuïdale ou ovale pointue, avec paroi lisse, quand elle est en plénitude. Après le jabot vient un petit gésier globuleux, marqué autour de son orifice antérieur de huit traits bruns subtrianguluires, indices d’une valvule intérieure formée d'autant de lames ou de plaques calleuses. L’estomac se sépare du gésier par une contracture annulaire peu profonde. Il est : allongé, cylindroïde, rentlé inférieurement, muni de fibres circulaires, à surface lisse ou à peine légèrement pointillée, sans les granulations

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de l'estomac des Fourmilions. A sa base s’insèrent isolément les canaux de Malpighi ($ d’après L. Dufour, 6 d’après Loew), longs, flexueux, entrelacés dans la graisse et les trachéoles, et dont les bouts flottants, dirigés en arrière, se replient en peloton autour de l'intestin.

L'intestin grêle a en longueur la moitié de l'estomac; sa paroi est robuste, avec fibres longitudinales. Il commence par un renflement musculeux peu apparent, et en offre un autre, plus apparent, au milieu ; il est suivi d’un court rectum, ayant à sa base deux paires de boutons charnus, hémisphériques et bien saillants.

Le système respiratoire, formé de trachées tubulaires, n’a rien de spécial; on peut signaler deux trachées qui suivent le tube intestinal dans toute sa longueur de chaque côté et s’y fixent par de nombreux rameaux courts et grêles: chacune d'elles s’envoie un fort rameau au jabot qu’elle suit jusqu'à l'extrémité de la panse.

Le système graisseux participe d'ordinaire de la couleur du corps de l'insecte vivant, plus ou moins vert ou jaune verdâtre, selon les sujets, chez C. vulgaris, et, dans d’autres espèces, souvent jaune en partie et richement bronzé.

Les testicules des mâles sont séparés et varient de forme selon les espèces, ceux de C. vulgaris, ou perla de la plupart des auteurs, sont d’un beau jaune, en forme de trois plis spiralés de grandeur décroissante, remplis de spermatozoïdes jaunâtres, en fils très-fins, sans renflements. De chaque testicule part un conduit déférent droit, un peu renflé à l'origine, réuni à son congénère pour constituer un court canal éjaculateur entouré à sa base de très-courts vaisseaux appendiculaires, avec des vésicules de diverses formes. Chez la femelle, les deux ovaires séparés offrent chacun un faisceau de dix à douze gaines ovigères, multiloculaires, allongées, unilatérales, insérées au côté externe du calice et convergentes per leur bout effilé, de manière à venir s'attacher au ligament suspenseur commun qui se fixe dans le thorax. Les ovules, chez C. vulgaris, sont d'abord blancs, puis deviennent verts ou jaunes, selon la couleur des sujets qui les renferment. La couleur des œufs est verte chez les types verts de C. vulgaris, C. chrysops, septempunctata et abbreviata, imitant parfaitement celle de l’insecte ; on n’a pas suffisamment observé si, dans les espèces d’une couleur autre que la verte, ainsi C. italica et capitata, les œufs se conforment aussi à la couleur du corps. Les calices se réunissent en un oviducte commun, court et assez large, portant un réservoir de semence impair, en forme d’une grande vésicule subovale, brièvement pétiolée. Il y a deux appareils annexes, l’un binaire, formé de deux vésicules oblongues, cylindroïdes, aboutissant dans une cavité commüne et qui est sans doute une glande sébifique, donnant l'enduit de la coque des

. œufs, l’autre unique, très-compliqué, se terminant par deux arbuscules d’utricules ovoïdes ou oblongues, probablement destiné à fournir la matière glutineuse qui formera le pédicelle des œufs, car ceux-ci, soit

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dans les calices, soit dans l’oviducte, ont l'aspect ordinaire, sans support pédicellé.

Les œufs, quelques jours après la ponte, perdent leur couleur, blanchissent, et laissent voir distinctivement, comme un corps opaque, l'embryon qui deviendra la larve. Il a été l’objet d'études récentes par M. Packard, et comparé à celui de divers insectes et particulièrement des Libelluliens (1).

Le système nerveux des Chrysopes n’est pas également conformé chez les diverses espèces, de sorte qu'on ne peut pas arbitrairement supposer que celui qu’on a observé chez l’une d'elles, puisse convenir à une autre. Voici ce qu'il présente de commun chez plusieurs espèces étudiées par M. Loew. Le ganglion cérébroïde est grand et bombé, et les filets qui le rattachent au ganglion prothoracique sont très-longs ; immédiatement après leur naissance dans le ganglion cérébroïde ils se recourbent en dehors en un faible renflement, laissant entre eux une petite ouverture pour le passage de l’œsophage, ce qui constitue un petit ganglion céphalique sous-æsophagien. Les trois ganglions du thorax sont rapprochés l’un de l’autre, de sorte qu'entre eux les filets nerveux de connexion sont à peine plus longs que ces-ganglions euxmêmes. Le ganglion du prothorax a une conformation particulière : il est tronqué en avant, et cela résulte de ce que les deux très-fortes paires de nerfs qui en partent, prennent naissance à ses angles antérieurs et se dirigent en avant plus que d'habitude ; les ganglions du mésothorax et du métathorax gardent la forme arrondie ordinaire, et la naissance des nerfs qui en partent est normale. Les ganglions abdominaux sont petits et reliés entre eux par des connectifs très-délicats ; les antérieurs sont beaucoup plus rapprochés que les suivants, la distance des deux derniers très-petite, et le dernier un peu plus grand que les autres. On ne trouve qu’une paire de nerfs partant de chacun de ces ganglions abdominaux, sauf du dernier qui en présente trois. Chez plusieurs espèces, les filets nerveux qui rattachent entre eux les ganglions thoraciques sont fortement renflés vers leur extrémité postérieure. On ne remarque pas de renflements de ce genre dans C. vulgaris; on n'y aperçoit pas non plus de nerfs partant de ces filets même de réunion, tandis que d’autres espèces offrent dans le thorax un nerf assez fort partant de chaque côté de chacun de ces connectifs.

Les larves des Chrysopes ont le corps étroit, longuement prolongé, déprimé, seulement un peu bombé en dessus, plan à la partie inférieure, fusiforme, composé de treize segments bien distincts, y compris la tête, seule cornée, les autres segments mous. Toute la surface supérieure du corps est couverte le plus souvent de poils. M. Schneider distingue deux types dans les larves connues : dans l’un, le corps paraît

(4) The embryology of Chrysopa, etc., American naturalist, vol. V, september 1871.

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lisse, et les élévations verruciformes placées sur les côtés des segments, sont directement recouvertes de poils sétacés courts, peu nombreux; chez les autres, ces verrues portent un capitule proéminent, orné d’un faisceau d’une douzaine de poils sétacés, plus longs et rigides. La tête est petite et cordiforme, portée sur un cou distinct. Le labre ne se sépare pas du bord antérieur de la tête; les mandibules cornées sont grandes, beaucoup plus longues que la tête, courbées, peu à peu rétrécies, acuminées au bout, très-excavées et fendues au côté intérieur en manière de tistule; les maxilles cornées, un peu plus courtes que les mandibules, de même forme, tronquées obliquement au bout, sont appliquées contre les mandibules par leur partie interne, et les deux organes, étroitement joints par leurs bords, forment un appareil fistuleux, propre à la succion, offrant un petit trou sur l'extrémité des mandibules prolongées et où tinissent les maxilles ; ces maxilles descendent plus du côté de la tête, s'approchant du labre et articulées avec lui à la base; les palpes maxillaires manquent. La lèvre, située entre les branches inférieures des maxilles, est transverse, trapézoïde, garnie de quelques poils courts et insérée postérieurement à un menton oblong, munie latéralement de palpes labiaux sétacés, de quatre articles, plus courts que le tiers des mandibules et maxilles soudées.

Les yeux petits, semi-globuleux, sont au nombre de six de chaque côté, disposés en cercle, les deux postérieurs les plus petits, placés sous les mandibules, aux angles proéminents de la tête. Les antennes sont sétiformes, égalant en longueur les mandibules, placées sur le front en avant des yeux et entre eux, trimères, ayant le premier article court et épais, le second plus court, plus ténu, le dernier, sans articulations visibles, formant une soie subtile, terminée en pointe.

Le prothorax forme le plus long segment du corps, divisé en trois bourrelets par des incisions transverses; le premier un peu plus large que la tête, le second et Le troisième surtout encore plus larges, et au milieu du bord latéral de chaque bourrelet une verrue piligère, de l'un ou l’autre type selon les espèces; le mésothorax, plus large et plus court que le prothorax, et le métathorax, un peu plus large et plus long que le segment précédent, n'offrent de chaque côté pour l’un et l’autre qu'une grosse verrue piligère ; ils sont aussi partagés par des sillons transverses formant des bourrelets. Les pattes, insérées sous les trois segments du thorax, sont courtes, fines, cylindriques, un peu comprimées sur le côté ; les jambes plus grêles et plus l'ngues que les cuisses, surtout à la paire postérieure ; les tarses très-courts, d'un seul article, que dépasse par dessous une longe soie rigide née du bout de la jambe ; à l'extrémité du tarse sont deux petits ongles simples, recourbés, ayant entre eux une pelote, comme une petite lame longuement pétiolée et finissant en triangle.

Le premier segment de l'abdomen est à peu près des mêmes longueur et largeur que le métathorax, mais manque des élévations ver-

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ruciformes sur chaque côté; le second segment est plus large et un peu plus long, le troisième le plus large de tous, puis les autres de largeur graduellement décroissante, de sorte que le huitième est petit, trèscourt, comme cylindrique et que le neuvième et dernier, le plus petit de tous, ressemble à une petite verrue oblongue; les six premiers offrent des bourrelets formés par des sillons transverses, les -trois derniers sont lisses ; chacun, du second au septième inclusivement, a sur le côté une élévation verruciforme ornée d’un faisceau de poils, ou portant un capitule, muni de poils rigides plus longs, comme au thorax. Le dernier segment, qui est en même temps un pseudopode servant à porter le corps en avant, renferme l'anus et l'organe destiné à fournir les fils de soie du cocon.

La nymphe du genre Chrysopa présente déjà la forme de l'insecte parfait, sauf que les ailes ne sont indiquées que par de courts rudiments. Elle repose courbée dans la coque, de sorte que le bout de l'abdomen touche presque la bouche. Le corps paraît couvert de poils épars, et sa couleur est pâle au début, jaunñâtre ou jaune verdâtre. La tête inclinée en dessous, petite et proéminente comme chez l'adulte, à pièces buccales saillantes et brunes, porte un labre subrectangle, arrondi en avant et aux angles, du moins pour les espèces où il garde cet aspect chez l'adulte; les mandibules sont courbes, à bout bidenté et peu proéminent, avec trois petites dents au bord interne ; les maxilles, non soudées aux mandibules comme chez la larve, à deux lobes poilus sur un stipe et à palpes maxillaires sétacés et de quatre articles (organes nouveaux) ; la lèvre arrondie, subcordiforme, à courts poils, avec des palpes labiaux courts, trimères, portés sur un torus stipitiforme. Les yeux sont semi-globuleux, comme chez l'adulte, et de couleur ferrugineuse ; les antennes se recourbant en S à la partie supérieure, placée en dessus des rudiments alaires, de sorte que leur pointe regarde l'extérieur, sont insérées sur le front, entre les yeux, sétiformes, subégales au corps en longueur, offrant plusieurs articles bien distincts, le premier le plus long et le plus épais, le second non moins épais, mais beaucoup plus court.

Le prothorax est semi-cylindrique, à bords latéraux un peu inclinés en dessous, le mésothorax et le métathorax plus larges que le prothorax et portant les fourreaux des ailes; ceux-ci ont presque la moitié de la longueur du corps, sont glabres et appliqués sur les côtés, les fourreaux des ailes postérieures un peu en dedans et en dessous de ceux des antérieures; les pattes sont courtes, à articles peu nettement distincts ; la jambe un peu plus longue que la courte cuisse, les tarses pentamères, le premier et le cinquième article les plus longs, les ongles pelits, peu courbés, simples, sans pelote entre eux, qui ne se formera qu'après la dernière mue. Ces pattes sont appliquées au corps, les postérieures tout à fait cachées sous les rudiments des ailes, les médianes et les antérieures apparentes par les jambes, les antérieures

Lh72 NÉVROPTÈRES.

allant jusqu'aux yeux, les tarses visibles au bord extérieur de l'aile, et la suivant presque jusqu’au bout. L’abdomen est cylindrique, de neuf segments, un peu comprimé sur les côtés, à organes sexuels non apparents.

Les Chrysopes à l’état adulte, nommées parfois Demoiselles terrestres par une analogie de formes, assez éloignée toutefois, avec les petits Libelluliens, sont des insectes généralement lents, restant souvent immobiles ou marchant sur les feuilles et les rameaux des plantes, très-vraisemblablement pour chercher leur nourriture, et choisissant toujours pour se reposer la face intérieure des feuilles. Dans le vol, qui est lent et court, elles agitent les ailes à la façon des papillons ; elles aiment l'ombre et restent en repos pendant la chaleur du jour; mais aux heures du matin et du soir jusqu'au crépuscule, et aussi par les temps couverts, elles semblent joyeuses et voltigent très-souvent. Timides en raison de la lenteur de leurs mouvements, elles se laissent aisément capturer, et ne paraissent pas avoir d'autre moyen défensif que l'odeur fétide, excrémentitielle, persistante, qu’elles répandent quand on les touche, très-forte surtout chez C. chrysops ; nous rappellerons à ce proposla sécrétion d'odeur très-désagréable des Coccinelles (Coléoptères), autres aphidiphages. Les Chrysopes habitent dans les arbres et les buissons des jardins et des bois, surtout ceux qui sont couverts de Pucerons, de Psylles, de Coccides, très-souvent sur les rosiers et diverses espèces de tilleuls et de saules, sur le prunelher, le chône, le sureau noir, le prunier, le poirier, etc. Au contraire, les Conifères si fréquentés par les véritables Hemerobius, le sont peu par les Chrysopa.

Ces insectes ne sont pas sociaux, ce qui est le propre des carnassiers ; si on les trouve parfois rapprochés et en certain nombre, toujours restreint du reste, c’est en raison de l’agglomération des insectes dont se nourrissent leurs larves, et probablement aussi les adultes. La forme des pièces buccales et la brièveté de leur tube digestif sont en rapport avec un régime animal, probablement des Pucerons ou autres petits insectes. On a vu que des C. vulgaris, enfermées dans un flacon, suçaient avidement de l’eau sucrée, et ce fait, rapproché de celui de l'Osmylus maculatus capturé à la miellée, laisse supposer queles Chrysopes aiment les sucs doux des plantes, peut-être aussi les sécrétions des Aphidiens.

On n'a pas observé leur copulation, mais on connaît comment s'opère la ponte des œufs. Sur une plante habitée par les Pucerons, aliment futur des larves, la femelle, tâtant la place avec ses antennes, choisit un rameau, un pétiole ou un limbe de feuille, très-rarement un fruit. Puis elle reste en place, les antennes en mouvement, et secoue son abdomen en trémulation, à mesure qu'un œuf arrive à la sortie; ensuite, le bout de l'abdomen étant exactement appliqué à la plante, elle lance de sa vulve une matière tenace, inhérente à la surface placée

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en dessous, et, relevant son abdomen en haut, façonne cette substance en un fil ténu, élastique, durcissant aussitôt à l'air, et au bout duquel adhère l'œuf sorti de la vulve ; pour cela, la femelle hausse encore un peu plus son abdomen et l'œuf demeure fixé sur sa tige. Ces filets ont une longueur variable selon la grandeur des espèces, ordinairement de 10 à 45 millim., parfois jusqu'à 25. La femelle réitère le même manége à chaque œuf pondu et en dépose ainsi douze à quinze de suite. Si le lieu est bien choisi et si elle n’est pas troublée, la ponte se termine en une heure environ; mais elle peut durer plusieurs heures si la femelle est dérangée ou si l’endroit ne lui paraît pas tout à fait convenable. C’est ce qui explique comment tous les œufs sont parfois en bouquets sur une seule feuille ou sur un seul pétiole, ou, au contraire, posés çà et là isolément; cela dépend du choix d'une place plus ou moins favorable, et du repos ou du trouble de la femelle pendant la ponte. On ne saittrop à quoi sert le filet basilaire, si c’est pour soustraire l'œuf aux insectes ennemis, ou pour le mieux exposer à l'air et à la chaleur.

Les anciens auteurs connaissaient ces œufs, fixes sur des tiges grêles et blanches, à peine de la grosseur d'un cheveu, ayant toutes les directions, rarement droites, d'ordinaire un peu courbées, mais ils les prenaient pour les végétaux; quand l’œuf est éclos et que sa sommité est ouverte, on dirait des espèces de fleurs ou de cupules, analogues aux organes de fructification de certaines mousses, et l'on a gravé ces productions dans les Éphémérides des Curieux de la nature, comme des petites fleurs très-singulières ayant crû sur une feuille de sureau.

Ces œufs sont oblongs, ovales, acuminés au bout inférieur, plus plats à l’autre, et leur longueur varie, selon les espèces, de 1 millim. à 4,5 millim., avec un diamètre d’environ moitié. A peu près une semaine après la ponte, la larve, parvenue à son développement, rompt le bout supérieur obtus de l'œuf, muni d’un opercule orbiculaire, et d'abord recourbée, les pattes repliées, sort peu à peu de la coque. Le bout anal dégagé, elle commence à s'étendre, à se servir de ses pattes et à agiter ses antennes et ses pièces buccales, auparavant immobiles. La coque abandonnée et forces prises, les larves se projettent au dehors par un véritable saut, en courbant le bout de l'abdomen sur leur dos, puis le débandant, elles tombent ainsi sur les feuilles où abondent le plus d'aliments.

Ces larves, que Réaumur nomme lions des Pucerons, d’après leur régime et leur analogie de formes avec les lions des Fourmis, sont trèsvoraces, et, aussitôt sorties des œufs et encore molles se jettent résolument sur les proies vivantes dont elles veulent se nourrir. Elles sont souvent assez nombreuses sur le même arbre ou arbuste, de même que les larves de Coccinelles, mais, pas plus qu’elles, ne vivent en société, car elles s'attaquent quand elles se rencontrent, jusqu’à ce que la plus forte ou la plus heureuse remporte la victoire. Elles ne vivent pas seu-

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lement de Pucerons, de Psylles, de Kermès et de Cochenilles, mais aussi de larves de Mouches et de Coléoptères et de petites chenilles. Schneider, qui les a élevées en captivité depuis l'œuf jusqu'à la nymphose, leur donnait des mouches récemment tuées, dont elles suçaient joyeusement les sucs. Les larves des Syrphes (Diptères), émules de celles des Chrysopes pour la chasse aux Pucerons, sont pour elles de très-redoutables ennemis, car, cachées entre les Pucerons, elles saisissent et sucent de la même manière les larves des Chrysopes sans défiance, à la recherche de la même nourriture, Si on élève des larves de Chrysopes, il faut avoir bien soin, quand on leur apporte des feuilles chargées de Pucerons, de ne pas y laisser de larves de Syrphes, qui détruisent bientôt toute l'éducation.

.Les larves de Chrysopes marchent lentement et en avant, en se servant du dernier segment abdominal comme d'un pied, mais les mouvements de leurs corps, grâce à ses nombreuses incisions transverses, sont vifs, agiles et variés. La tête surtout, ainsi que les pièces buccales et le prothorax, s'agitent continuellement de côté et d'autre, à la recherche de la proie. Dès qu'elle est à portée, la larve ouvre ses mandibules, et, par leurs pointes, comme avec une pince, perfore l'animal saisi, de sorte que les fins orifices des pinces buccales entrent dans ses parties internes; cela fait, la larve suce longtemps tous les sucs jusqu’à ce qu'il ne reste qu'une peau vide, qui, abandonnée par les mandibules, est rejetée en arrière, par une rapide projection de la tête et des pinces. Il y a certaines espèces, ainsi ©. chrysops, où, de même que pour les larves du genre Hemerobius, la larve se recouvre sur le dos des peaux vides et sèches des Pucerons qu’elle a sucés, comme Hercule s'était couvert et fait un trophée de la peau du lion qu'il avait vaincu et tué. Ces larves, dans leur instinct de protéger ainsi leur peau molle contre Faction siccative de l'air, peuvent se servir d’autres substances que des peaux vidées, ainsi de flocons de soie arrachés à des cocons, ou de ratissures de papier. Les parcelles qui forment la housse du corps ne tiennent ensemble que par un entrelacement grossier, et n'adhôrent au corps qu'en s'emboilant entre les interstices et les rugosités des anneaux. Quand la tête à brusquement lancé en arrière la peau ou le flocon saisi entre les mandibules, elle se renverse sur le dos, et presse les uns contre les autres les objets mous qui sont tombés sur les premiers anneaux, de manière à les faire glisser peu à peu jusqu'aux derniers. On peut alors la comparer à un chef sauvage portant à sa ceinture les scalps de ses malheureux adversaires. Si on lui enlève cette belliqueuse couverture, elle sème le carnage autour d'elle, et, en quelques heures, s'est refait une nouvelle toilette de dépouilles opimes. Ce ne sont pas ces opérations seules qui attestent la grande facilité de mouvement de la tête des larves de Chrysopes : si on les couche sur le dos, elles se relèvent très-aisément par une culbute, en retournant la tête, jusqu’à ce qu'elle soit entre le dos et le plan sur lequel le dos est posé.

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Une larve de Chrysope à tout son développement paraît pouvoir manger en un jour vingt pucerons el même plus, mais une mouche suffit à une demi-journée et même à une journée. La larve semble très-courageuse quand elle attaque une proie, menaçant l'ennemi de ses mandibules écartées ; mais elle bat en retraite devant un adversaire trop robuste. On trouve en France ces larves à divers degrés de croissance de juin à septembre et même plus tard, ce qui est en rapport avec plusieurs générations annuelles, car l'évolution complète de la larve, depuis sa sortie de l'œuf, ne demande que deux à trois semaines. On est peu renseigné sur leurs mues, soit pour leur nombre, soit pour le procédé suivant lequel elles s'opèrent. Schneider a seulement trouvé quelquefois de fines peaux blanches rejetées par les larves qu'il élevait en captivité.

La larve à toute sa taille, se préparant à la nymphose, recherche un lieu propice, soit dans une feuille enroulée ou pliée, soit dans une fissure d’écorce, soit, pour peu d'espèces, entre les feuilles aciculaires des Pins. Elle se tisse avec la filière anale une petite coque de soie blanche, ovale-oblongue, plus rarement sphéroïdale, dont la grosseur est très-faible, 3 à 4 millim. en diamètre, eu égard à l'extension de l'adulte ; c'est à peine la dimension d'un gros pois pour les plus grandes espèces. La larve plie en cercle son corps très-flexible, pour opérer la filature avec une agilité surprenante; le corps entier change de place en glissant sur l'enveloppe sphérique ébauchée, à la façon de la roue d’une meule. La période nymphale est de deux à trois semaines en été et d'environ huit mois en cas d’hibernation, car les larves de la dernière génération, qui filent leurs coques en septembre ou même en octobre, passent l'hiver en nymphes, le corps des larves de nos pays étant trop mou pour supporter le froid de la mauvaise saison; on ignore tout à fait ce qui se passe à cet égard pour les larves dans les régions tropicales.

«La nymphe, d'abord très-pâle, se colore peu à peu, de sorte que les couleurs propres à l'adulte apparaissent de plus en plus, ce qu’on voit bien à travers le tissu pellucide de la coque. Au moment final, la nymphe coupe avec ses mandibules, ou par l'expansion du corps, le bout supérieur de la coque de soie et l'ouvre en forme d'opercule orbiculaire. Elle sort, au moyen de ces pattes devenues libres, la région antérieure du corps, encore lâche et mou, et, au dehors de la coque, reprend ses forces et rejette la dernière pellicule qui enveloppe l'adulte; ily a là nne différence importante d'avec la très-grande majorité des Lépidoptères, où l’adulte se fait dans le cocon. La peau de la tête et du thorax est bientôt rompue en dessus par les agitations du corps; l'insecte sort aussitôt sa tête, ses antennes et ses pattes du fourreau cutané, enfin, les agitations continuant, les ailes et l'abdomen, L'insecte délivré se repose dans un lieu propice, et les parties de son corps, jusqu'alors molles, durcissent. Les ailes blanches et courtes prennent

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rapidement leur accroissement, puis s'ornent de leur belle transparence et de la riche variété des couleurs de l'iris. Les teintes pâles du corps et des nervures deviennent peu à peu plus foncées et plus vives, les peintures rouges, jaunes ou noires de la tête et du thorax se forment, ainsi que celles visibles dans les nervures des ailes, à peine apparentes dans l'adulte récemment sorti de la nymphe, et parfaite-" ment nettes au bout de plusieurs heures après la dernière transformation. La peau rejetée est une membrane, très-tendre et très-fine, de couleur blanche ; mais l'enveloppe des pisces buccales, un peu plus solide, est d’une belle couleur fauve. Dans la partie du thorax où les fourreaux des ailes étaient fixés, on aperçoit en dedans, de chaque côté, des fils très-fins, au moyen desquels la peau de la nymphe était attachée à l'image incluse.

Le genre Chrysopa est répandu dans tous les pays de la terre, et compte environ cent trente espèces, dont deux fossiles de l’époque tertiaire. M. Hagen en cite une quarantaine d'espèces d'Europe et trente-sept de l'Amérique du Nord (H. Hagen, Synopsis ofthe Neuroptera of north America, Washington, Smithsonian institution, 1861, p. 211). Je ne crois pas qu'on ait encore rencontré ce genre à la Nouvelle- Zélande. Les Chrysopes européennes, surtout des plaines, sont aussi des montagnes, et ont, le plus souvent, deux apparitions dans l’année, parfois plus (C. vulgaris, Schn.). On peut dire que ce sont des insectes fort utiles pour nos cultures, et pas assez communs malheureusement. Il est bon, non-seulement de respecter toutes les espèces des jardins et des bois, mais même de les introduire, de même qu'il faut le faire pour les Coccinelles, sous les châssis, dans les serres, dans les jardins entourés de murs élevés, afin de diminuer la multitude des Aphidiens et des Cocciens, qui nous sont si nuisibles. On devra consulter spécialement pour l'étude de ce genre : G.T. Schneider, Symbolæ ad monographiam generis Chrysopæ, Leach, Vratislaviæ (Breslau, 1851, en latin), et un travail un peu plus ancien : Wermael, Notice sur les Hémérobides 1e Belgique (Bull. Acad. royale de Bruæelles, t. VIE, n° 4), qui a l'avantage de donner à très-peu près les espèces des environs de Paris.

Schneider établit deux divisions dans l’étude descriptive des espèces du genre Chrysopa, étude souvent fort difficile en raison de synonymies multipliées. Nous figurons quelques détails anatomiques empruntés à une espèce d'Égypte, pl. zxvir, fig. 5, machoire très-grossie ; 5 a, et 5 b, antenne.

La première division contient les espèces offrant le labre entier au bord antérieur, c’est-à-dire non émarginé. Dans une première section, le second article de l'antenne n’est pas tacheté, et un certain nombre d'espèces ont toutes les nervures des ailes de la même couleur. A ces espèces appartient C. vittata, Wesm. (Hemerobius proæimus de Rambur), ou alba, Panzer, Olivier, espèce d’un joli vert, avec une bande jaunâtre parcourant la tête et tout le dos, longueur 17 millim., variant

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au reste avec le sexe, les antennes courtes et fauves, les ailes étroites, acuminées, ayant toutes les nervures d’un vert pâle, de nombreuses nervules en gradins, en deux séries rapprochées, parallèles, les franges de la côte et des nervures très-courtes et noires. La larve est de couleur soufrée, ayant sur la tête en dessus deux courtes lignes divergentes, et postérieurement deux lignes parallèles noires, les yeux noirs, les mandibules et les antennes fauves, les pattes d’un beau jaune de soufre, le milieu du prothorax, le mésothorax, le métathorax et les côtés de l'abdomen subfauves, les élévations latérales chargées de courts poils fauves, et sans capitules proéminents. Cette espèce, moins commune que la suivante, est de toute l’Europe et de Sibérie, des plaines et des montagnes, sauflesrégions très-septentrionales comme la Laponie; elle a une première apparition en juin et juillet, et une seconde génération en août et septembre. L'espèce la plus répandue est le C. vulgaris, Schn., ou perla des auteurs (non Linn.), longueur 9 à 10 millim., d’un beau vert dans le type, le thorax et l'abdomen ayant une bande médiane jaunâtre. Les antennes sont fauves, et une bande sanguine se trouve de chaque côté de la tête avant les yeux. Les ailes sont étroites, acuminées, à franges des nervures noires. On rencontre cette espèce pendant toute l’année, des plaines et des montagnes, dans toutes les régions de l'Europe, excepté la Laponie, et aussi en Asie Mineure (Loew), et en Sibérie, et, probablement par importation, en Afrique, au cap de Bonne-Espérance, à l’île de France, au Brésil. On peut dire que cette espèce, avec les sujets d’hibernation, peut être capturée toute l’année, et même en Sicile, en plein air, hiver comme été; elle doit avoir trois générations dans l’année, car on la trouve d'avril à la fin d'octobre, puis les sujets cherchent des abris contre le froid et passent l'hiver dans les maisons, les hangars, les amas de broussailles, les creux d'arbres, etc. En battant les bois en novembre et même décembre, on fait tomber en grand nombre des individus engourdis au milieu des feuilles sèches. La troisième génération, celle d'automne, que l’on fait tomber comme on vient de le dire, présente de nombreuses variétés, le vert du type et toutes les transitions aux teintes suivantes: jaune verdâtre, jaunâtre ou subfauve avecstrie brune sur les côtés de la tête, même couleur avec les flancs carnés ou sanguins, ainsi que le front et une partie du vertex, pâle carnée, avec les bord dorsaux de couleur sanguine ou brune, les nervures des ailes d'un carné pâle. Cette dernière variété est le C. carnea d'Évans et de Stephens. La larve, longue de 13 millim., est de couleur citron, les mandibules et les antennes d’un ferrugineux vif, la tête remarquable par deux lignes obliques rouges en avant et deux lignes rouges, courtes et parallèles, en arrière, les yeux noirs, une ligne médiane fine, et, contre celle-ci, de chaque côté, une bande bordée de taches, d'un rouge terne, parcourant tout le corps, etteinte d’une couleur violette sur les côtés du mésothorax et du métathorax, les élévations verruciformes des côtés

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jaunes, dépourvues de capitule proéminent, ornées de longues soies brunes, les pattes d’un vert blanchâtre, plus obscures au sommet des cuisses et à la base des jambes.

Dans un autre groupe de la première section, les nervures des ailes, surtout les transversales, sont peintes en partie ou en totalité d'une couleur brune ou noire, les palpes sont fuligineux soit unicolores soit annelés de plus pâle, la tête et parfois le thorax remarquables par des points, des bandes ou des lignes bruns, ou fuligineux, ou noirs. Nous citerons C. septempunctata, Wesm., avec sept points ou stries noirs sur la tête, le corps vert, les nervures d’un vert vif, un large ptérostigma diffus vert, certaines nervures transverses noires; longueur 11 à 13 millim. Cette espèce est de toute l'Allemagne, des plaines et des montagnes, se trouvant en Silésie de juin à septembre sur les tilleuls et les pruniers; en Italie en août, en France près de Montpellier, et sans doute ailleurs, en Belgique, en Sibérie. Le C, aspersa, Wesm., longueur 8 à 11 millim. (Hemerobius prasinus, de Rambur) est d'un vert pâle, à palpes fuligineux, les deux articles pénultièmes annelés de fauve au sommet, un point noir sur la tête entre les antennes, et une strie noire de chaque côté sur la joue, des points noirs sur le thorax pouvant manquer en {out ou en partie, la plupart des nervules transverses noires à chaque bout et toutes les nervules en gradins noires. Une variété, C, ventralis des auteurs anglais, a le ventre couleur de poix, sauf le segment anal. Le C. aspersa est de plusieurs régions de l'Europe, notamment d'Allemagne, assez commun en juin et juillet sur les tilleuls, les chônes et d’autres arbres, en France, près de Fontainebleau, et certainement ailleurs, dans l'Halie supérieure, etc.

Dans une seconde section du premier groupe, le deuxième article des antennes offre un anneau de couleur brune ou noire. Il y a des espèces ayant toutes les nervures des ailes unicolores et la tête remarquable par des points noirs. Ainsi le C. abbreviata, Curtis, se trouve dans la plupart des régions de l'Allemagne, de juin à octobre, sur les rosiers des jardins, sur les tilleuls, etc.; en Angleterre, en Belgique, en France, près Paris, dans l'Asie Mineure. Cette petite espèce, de 7 à 40 millim. de longueur, est d’un joli vert, à palpes fuligineux, les articles 3 et 4 annelés de pale, le premier article de l'antenne épais, avec un point noir à la partie interne, un point noir entre les antennes, d’autres de chaque côté sur le vertex, sur les joues et sur l'occiput, une petite strie arquée antérieurement à la base de chaque antenne et une grande strie arquée à côté sur le verlex, une ligne transverse noire sur le prothorax, et des points noirs sur les côtés du thorax, les ailes courtes, larges, arrondies au sommet, à nervures vertes, à longues franges noires, les ongles des tarses simples. Des variétés s'établissent par l'absence partieile de points noirs. Une variété remarquable, peut-être une espèce, est Le C. phyllochroma, Wesm., ou pusilla, Brauer, d'Europe et de Sibérie, manquant du point noir

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ioterne du premier article de l'antenne, de la strie arquée postérieure du vertex et de la ligne médiane noire transverse du pronotum, les bouts des nervules subcostales, les origines des postcostales et quelques nervules cubitales en entier, noirs. Une autre section du même groupe offre les nervures transverses des ailes en partie brunes ou noires, la tête et Le plus souvent aussi le thorax remarquables par des taches rouges et noires, tantôt les ailes non tachées, les ongles dilatés à la base ou simples, tantôt les ailes tachées. C’est ce dernier cas que présente une charmante espèce, le C. élegans, G. Mén., du Brésil, à ailes maculées de ferrugineux, surtout avec quatre grandes taches arrondies au bout de chaque aile, à corps jaune avec abdomen maculé de noir, le mé:othorax et le métathorax noirs.

Une autre série d'espèces montre toules les nervures transverses des ailes noires en totalité, le corps remarquable par des points et des macules fuligineux ou noirs. Une espèce très-commune de ce groupe est le C. chrysops de presque tous les auteurs, ou perla, Linn., ou reticulata des auteurs anglais, longueur 14 à 20 millim., le corps de couleur d’airain, à tête plus pâle, avec palpes fuligineux, les deux pénullièmes articles pâles au sommet, une tache noire au bord antérieur du labre, une tache et une strie noires de chaque côté de la tête, les yeux d'un beau vert, chatoyants d’or sur le vivant, d'un vert bleu et non brillants sur le sec, les antennes de la longueur du corps ou un peu plus longues (Oo), les deux premiers articles d’un vert jaune pâle, le second largement annelé de noir, les autres d’un brun fauve, un anneau noir entourant la base de chaque antenne et se joignant à un anneau noir sur le vertex, des taches noires sur les trois segments du thorax, les ailes larges, sans aucune nervure longitudinale noire, à longues franges noires, les pattes d’un vert pâle, avec poils noirs, tarses fauves et ongles bruns, l'abdomen noir en dessus et vert en dessous chez le mâle, maculé de noir chez la femelle. Une variété présente les deux premiers arceaux supérieurs de l'abdomen du mâle noirs en partie, une autre l’abdomen bronzé en dessus, les segments noirs seulement à l’origine. Le C. chrysops est très-commun dans toute l’Europe, dans les régions de plaine et de montagne, existe en Sibérie et semble être la seule Chrysope de la Laponie (Zetterstedt). Cette espèce paraît dans nos climats de la fin de mai en juin et juillet, puis, par une seconde génération, en août et septembre. La larve, longue de 10 à 14 millim. jusqu'au bout des mandibules, et ayant 2r%,5 dans sa plus grande largeur, offre le corps épais, subvoûté, avec les mandibules presque quatre fois plus longues que larges, La couleur est grise, enfumée sur les côtés du thorax et de l’abdomen; les verrues des segments sont grises, ornées de longs poils enfumés, la tête jaunâtre avec une courte ligne noire médiane en avant, et en arrière deux courtes lignes droites, émettant deux linéoles obliques noires, les mandibules, les palpes et les antennes bruns. De juin et juillet, et une seconde génération en sep-

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tembre et octobre sur les buissons, surtout les rosiers; les larves d'automne donnent des nymphes qui hivernent.

La seconde division des Chrysopes de Schneider présente le labre plus ou moins émarginé ou échancré en avant. La section la plus importante de cette division possède des antennes égalant le corps en longueur, et le dépassant quelquefois, brunes ou noires, sauf les deux premiers articles vivement colorés, le corps le plus souvent robuste, épais, avec le prothorax plus large que long, les nervures des ailes unicolores, le corps fuligineux, excepté la tête et le prothorax. Nous figurons de ce groupe l’'Hémérobe à tête jaune ou C. capitata, Fabr., pl. zxvu, fig. 4, longueur du corps 12 millim. La tête est orangée, à vertex très-voûté, à palpes fauves avec le dernier article fuligineux, les antennes un peu plus courtes que les ailes, avec les deux premiers articles orangés ou fauves, les autres passant du fuligineux au noir, les yeux sur le vivant d’un vert bronzé à reflet métallique, le prothorax quadrangle, orangé, étroitement fuligineux sur les côtés, le reste du corps d'un fauve fuligineux. Les ailes sont hyalines et irisées de violacé, les supérieures subarrondies au bout, les inférieures subaiguës, toutes les nervures fuligineuses à franges noires, de longs ptérostigmas . d’un brun fauve au bout des ailes des deux paires, les nervules en gradins de la première série formant un arc sur l'aile supérieure et non parallèles aux nervules de la seconde série, tandis que les deux séries sont parallèles au contraire sur l'aile inférieure; les pattes sont fauves, variées de brun à la paire postérieure, les tarses bruns, à ongles simples, peu courbés, bruns. L'’abdomen est fuligineux, avec les deux derniers segments d’une couleur plus vive, orangés ou fauves. Cette espèce est rare, et principalement des localités montagneuses sur les pins, comme la plupart des vrais Hemerobius, et contrairement à la majeure partie des Chrysopa, en Silésie de juin à juillet, par places, ainsi qu’en diverses autres régions de l'Allemagne, en Belgique, en Angleterre, très-probablement en France, dans les localités appropriées. Nous engageons les jeunes amateurs à rechercher cette espèce si tranchée.

On à détaché des Chrysopes proprement dites plusieurs genres comprenant des espèces exotiques. Le genre Apochrysa, Schn., fondé sur l'Hemerobius leptaleus, Rambur, du cap de Bonne-Espérance, offre les antennes rapprochées, plus longues que le corps, dont les articles, à poils courts, manquent des deux soies écartées visibles au sommet de chaque article des Chrysopa; les ailes sont richement irisées, toutes deux arrondies au sommet, les supérieures elliptiques, sublancéolées, beaucoup plus larges que les inférieures, celles-ci cunéiformes, lancéolées, étroites à la base, presque égales en longueur aux supérieures. La nervation est fort différente de celle des Chrysopa, la côte de l'aile antérieure très-recourbée en haut vers la base, l’espace costal égal et large, l'aire subcostale très-large, l'aire cubitale étroite, mais parlaite (elle est imparfaite dans le genre Chrysopa et les autres genres

CONIOPTÉRYGIDES. h81

annexes), l’aire discoïdale très-large, remplie d’aréoles obliques quadrangulaires, deux, trois ou quatre séries de nervules en gradins entre les nervules obliques. Outre l’espèce type, citons À. stigma, Girard, de la Nouvelle-Calédonie (1), à corps jaune, à antennes extrêmement longues, l'abdomen se terminant par un grand élargissement spatuli- . forme, une tache circulaire brunâtre vers le milieu du disque de l’aile supérieure, les pterostigma de l'aile inférieure bruns et bien limités; quelques autres espèces de Ceylan, d'Amboine, d'Australie, des îles Nicobar, du Para, du fleuve des Amazones et une fossile. Le genre Ankylopteryx, Brauer, présente l’espace costal dilaté à la base, l’aire cubitale imparfaite, les ailes arrondies au sommet. Il ne comprend que des espèces de l’ancien monde, de Mozambique, de Chine, de Tasmanie, des Indes, des Moluques, de Ceylan, de Sumatra. L'espèce très-caractérisée de ce pays, trouvée à Padang, est l'A. trimaculata, Girard (Ann. Soc. entom. Fr., 1859, t. VII, p. 167), offrant à l'aile antérieure un pterostigma noirâtre, en demi-cercle, et, presque en ligne droite avec lui, deux taches brunes, l’une vers le milieu du disque, l’autre contre le bord inférieur de l'aile.

Le genre Hypochrysa, Hagen, avec l’espace costal étroit à la base, l'aire cubitale imparfaite, la subcostale jointe à la costale avant le sommet de l'aile, les ailes arrondies au bout, renferme deux espèces, une d'Europe, H.nobilis, Heyden, et une du Cap.Le genre Belonopteryæ, Gerstäcker, présente l’espace costal étroit à la base et au milieu, l’aire cubitale imparfaite, les ailes aiguës au sommet; une seule essèce du Brésil. Asa Fitch, enfin, a établi le genre Meleoma pour deux Chrysopes de l'Amérique du Nord, ayant les antennes très-écartées à la base, avec une corne frontale intermédiaire.

CONIOPTÉ RYGIDES.

La petite famille des Conioptérygides est encore fort peu et fort mal connue, en raison surtout de la faible taille des espèces qui, avec quelques Hemerobius, constituent véritablement des Micronévroptères, chaque ordre d'insectes ayant ses nains comme ses géants. Un grand attrait s'attache, pour les jeunes entomologistes, à ces minuscules espèces, où ils ont grande chance de faire des découvertes. Ces chétifs insectes, sans doute uniquement en raison de leur taille, ont été rapprochés des Psociens par certains auteurs, ainsi Burmeïster, ainsi Rambur, ce dernier faisant toute réserve, et apercevant déjà des caractères très-différents, avec une sagacité que l’avenir a justifiée. En effet, l'existence de métamorphoses complètes, et de larves à pince de succion vivant très-

(1) Maurice Girard, Ann. Soc, entom, de France, 4° série, 1862, t. II, p. 597. GIRARD, HI, — 31

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probablement des plus petits Aphidiens, mettent ces insectes dans la tribu des Hémérobiens, à côté des Hemerobius et Chrysopa. Ils ne comprennent encore que deux genres, offrant de commun des antennes moniliformes, pas d’ocelles, les ailes n'ayant qu’un petit nombre de nervures longitudinales et surtout transversales, et pas de pterostigma, le corps et les ailes couverts d’une pulvérulence blanchâtre. Leur tête: est très-molle, et la dessiccation produit sur elle des excavations. Ils vivent principalement sur les arbres et les buissons. Au repos, les ailes sont fléchies et enroulées autour du corps.

CONIOPTERVYX, Haliday. — Tête orbiculaire, déprimée sur le front, à cou distinct, yeux globuleux, écartés, aux angles antérieurs de la tête ; antennes de la longueur du corps et plus longues, à nombreux articles pubescents, le basilaire le plus gros, le second oblong, les suivants globuleux, devenant graduellement ovales en s’approchant du sommet, le terminal allongé, conique. Labre semi-cireulaire ; mandibules subtrigones, aiguës au sommet, avec une dent arrondie sur le côté; mâchoires petites, à deux lobes recourbés, l’interne linéaire, l’externe membraneux, arrondi, avec palpes de cinq articles, les quatre premiers subégaux, le cinquième très-long et grêle, sublancéolé ; menton subcarré ; palpes labiaux de trois articles, À et 2 subovales, 3 très-large et trèsgrand, ovale comprimé. Thorax court, gibbeux, tuberculé ; ailes non ciliées avec quelques nervures transversales, formant trois cellules discoïdales pour chaque aile, subégales en grandeur chez les femelles, les postérieures raccourcies, lobiformes et demi-rudimentaires chez les mâles. Pattes antérieures les plus courtes, postérieures les plus longues, à jambes comprimées, plus longues que les cuisses, excepté à la première paire; les tarses courts, à articles 4 le plus long, 2 et 3 obtrigones, 4 court et bilobé, 5 très-grêle et en massue, avec crochets recourbés et aigus. Abdomen court, en long ovale.

On consultera, pour ce petit genre : J. Curtis, British Entomology, 1854, t. XI, p. 528, et pl. 528. On connaît un petit nombre d’espèces d'Europe, dont la principale est C. tineiformis, Curtis, d’un gris perle avec poudre blanche, les antennes de la longueur du corps, d'environ vingt-cinq articles, l'abdomen ochreux ; long. du corps, 2 millim.; long. aile antérieure, 3 millim.; commun en juin en Angleterre, dans le Norfolk et à New-Forest, sur les arbres, surtout les Conifères, en Autriche dans les montagnes, sur les Pins, et dans les prairies du Danube sur les arbres ordinaires, assez fréquent de juillet à septembre, etc. La larve a été découverte par Haliday, errante sur les arbres d'août à octobre, ressemblant par les caractères généraux à une larve d'Hemerobius, rosée avec une large tache noirâtre sur le dos, et de larges taches blanches inférieures de chaque côté. Une autre espèce est le C. psociformis, Halid., long. du corps environ 1,5 millim., et envergure 8 millim., d'un blanc de perle, les antennes deux fois plus longues que le corps, de quarante articles subocreux, les ailes blanches et irisées,

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les antérieures très-amples; trouvé dans le Norfolk, sur le Trifolium glomeratum. Citons encore une espèce de l'Amérique du Nord, le C. vicina, Hagen, long jusqu'au bout des ailes fermées de 4 millim., avec envergure de 6 millim., de Washington; une espèce de Ceylan, C. cerata, Hag., et une fossile des succins.

Asa Fitch a établi le genre voisin Aleuronia, différant des Coniopteryæ par des yeux réniformes et des ailes ciliées, où les nervures transversales sont à peu près absentes. Une espèce, 4. Westwoodi, À. F., des États-Unis, en juin et juillet, n'ayant que 2,5 millim. de longueur jusqu'au bout des ailes,

Nous terminerons les Hémérobiens par l'étude de deux familles aberrantes, que nous désignerons d’après les noms de leurs genres fondamentaux, Nemoptera et Mantispa.

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