‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservation (volume 3)Chapitre 37 sur 118 · IV. — LEPTOCÉRIDES · texte numérisé non relu

IV. — LEPTOCÉRIDES

Cette famille, qui correspond aux Mystacides de Pictet, n'a pas d’ocelles et offre les antennes en soies, minces, plus longues que les ailes, et parfois, dans les petites espèces, quatre ou cinq fois plus longues que le corps. Les palpes maxillaires sont allongés, poilus, de cinq articles dans les deux sexes, le dernier article court, cylindrique, mobile. Les ailes supérieures sont allongées et étroites, avec quelques nervules transversales, les inférieures très-pliées ou au contraire non pliables ; la femelle sans oviscapte. Les espèces de cette famille sont en général d'aspect allongé, les ailes fermées, et sont fréquentes au bord des eaux tranquille, à la surface desquelles elles voltigent le soir. Les larves se font des fourreaux mobiles, d’un fort tissu soyeux mêlé de petites pierres et de sable, minces et allongés, et certaines se distinguent par des pattes postérieures très-allongées ; leurs filets respiratoires sont courts et naissent par touffes en dessus et en dessous des lignes latérales de l'abdomen.

LEPTOCERUS, Leach. — Antennes beaucoup plus longues que les ailes, trèsfines, extrêmement longues chez les mâles. Palpes maxillaires à longs poils. Ailes postérieures plus larges que les antérieures, les unes et les autres couvertes de poils serrés, et, particulièrement les postérieures, ciliées à la base; dans l'aile antérieure, il n’y a que la branche antérieure du secteur de la nervure médiane (radius) qui soit fourchue ; la branche postérieure est simple, mais la cellule discoïdale est fermée. Éperons des jambes 2, 2, 2. ; Nous signalerons comme une des espèces typiques le L. bifasciatus,

Oliv., dont la tête, le corps et les pattes sont d’un noir brillant, les an-

tennes annelées de noir vif et de blanc très-pur ; les pattes grisâtres,

annelées de blanc, avec les tarses blancs, annelés de brun; les ailes supérieures noires, brillantes, ayant chacune quatre ou cinq taches blanches, dont deux sur le bord interne forment, en se réunissant avec celles de l’autre aile, quand l’insecte est au repos, deux bandes transversales blanches; vers l’angle du bord antérieur on trouve encore deux ou trois taches blanches, parfois peu visibles ; les ailes inférieures grises et obscures. La larve a la tête et le thorax d’un jaune pâle, avec un cercle de points noirs sur la tête, les anneaux du thorax bordés de noir et avec des poils de la même couleur; les pattes jaunes, avec des poils noirs, les postérieures très-longues; l'abdomen verdâtre, les filets respiratoires courts et rares. Elle vit dans les eaux courantes et se fixe aux pierres ; elle est difficile à trouver, à cause de sa petitesse et de la couleur de l’étui qui se confond avec le sable. L'adulte, très-commun dans la plus grande partie de l'Europe, se trouvant près de Paris, vole

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en septembre au-dessus des eaux à surface calme. Le L. bilineatus, Linn., est une espèce voisine, à corps noir, les palpes et les antennes brunes, celles-ci faiblement annelées de fauve, les pattes fauves, les ailes brunes avec trois points blanes. Le L. albifrons, Linn., a la tête et Le corps noirs, les antennes annelées de blanc et de noir, une tache blanche entre les yeux, les pattes grises, les ailes supérieures brunes avec trois bandes blanches interrompues. Ces deux espèces sont de France et de la plus grande partie de l'Europe.

Un genre très-voisin est le genre Mystacides, Latr., réduit à peu d’espèces par les auteurs modernes. Les palpes sont très-hérissés de poils; le nombre des éperons des jambes est0, 2,2, et le bord costal des ailes postérieures porte, sur presque toute sa longueur, de nombreuses petites épines en crochet, qui probablement s’entrelacent avec de semblablessur le bord inférieur des ailes antérieures. Nous citerons le W.nigra, Linn. (pl. zxiv, fig. 9, son palpe maxillaire), espèce des environs de Paris, de la plus grande partie de l'Europe, et aussi des États-Unis, dont l'adulte vole en abondance au mois de juin sur les bords des fleuves et rivières ; la larve vivant dans les eaux courantes, renfermée dans un étui contposé de débris et de sable et y ajoutant quelquefois des brins de bois considérables. L'insecte est long, avec les ailes fermées, de 8 millim., et ses antennes atteignent 46 millim.; le corps est noir, les yeux d’un rouge vif sur le vivant ; les antennes noires, avec les moitiés basales des articles d’un blanc de neige, l’article basilaire roux; les pattes jaunâtres, les intermédiaires blanches, les tarses tachés de brun ; les ailes supérieures d’un noir bleuâtre très-brillant, les inférieures noirâtres. Une espèce voisine, de mêmes dimensions, ayant aussi les antennes près de trois fois aussi longues que le corps, est le 47. atra, Pictet, en entier d’un noir mat, sauf les antennes légèrement annelées de blanc ; les ailes noires, légèrement irisées, sans taches, les inférieures presque aussi foncées que les supérieures; les yeux noirs sur le vivant, La larve, qui ressemble beaucoup à celle de l'espèce précédente, est mince, d'un fauve très-clair, avec des taches noires en X sur la tête etes deux premiers anneaux du thorax ; le métathorax avec deux points noirs ; l’abdomen fauve, avec les filets respiratoires très-petits ; les pattes fauves, tachetées de noir, les postérieures très-longues. Elle se fabrique un étui mince, composé de débris et de grains de sable, et a coutume d'y ajouter des brins de bois longitudinaux; elle habite le fond boueux des ruisseaux, là où le courant est faible, étant difficile à découvrir, car l’étui ressemble à un fétu de paille, Pour la nymphose elle se fixe à un appui solide, et l'adulte vole en septembre.

SETODES, Rambur, -— Antennes deux ou trois fois aussi longues que le corps de l’insecte, ayant le premier article grand et très-épais. Ailes antérieures étroites, avec la branche. antérieure du secteur de la nervure médiane (radius) fourchue, la branche postérieure simple; ailes postérieures très-étroites, en

SETODES, MACRONEMA. 599

forme de lancettes, non pliables, ayant la frange aussi large qu’elles, Nombre des éperons des jambes 0, 2, 2.

Ces insectes au repos ont un aspect tout à fait linéaire. Les espèces les plus répandues sont le S. interrupta, Fabr., et Le S. lacustris, Pict.

Cette dernière pelite espèce a 6 millim. de long les ailes fermées, et les antennes 10; elle est d’un fauve pâle, avec les yeux noirs, les antennes et les pattes claires, les ailes antérieures fauves, ayant au bord postérieur et au bout quelques taches, formées par des poils bruns les inférieures transparentes, sans taches, ciliées de longs poils rares. On trouve communément près de Paris plusieurs espèces de Setodes, volant le soir le long des rivières, et se tenant cachées pendant la journée dans les buissous et sur les feuilles des arbres. Parmi elles est le S.punctata, Fabr., d'un roussâtre pâle, avec les antennes blanches annelées de brun, l'abdomen verdâtre et les pattes blanchâtres ; les ailes supérieures sont jaunes nuancées de parties presque transparentes, avec des séries longitudinales de points d’un blanc subargenté, et quelquefois plusieurs points bruns sur le bord postérieur ; les ailes inférieures presque blanches.

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