EUMÉNIDES
sont très-généralement plus distinetement articulées chez les mâles que chez les femelles ; les antennes des mâles du sous-genre Oplopus sont beaucoup plus grosses et plus fortes que chez les femelles.
L'existence du treizième article est caractéristique; en outre il est souvent, conjointement avec le douzième, replié en crochet, ou bien allongé, arrondi par le bout et énroulé en spirale avec l'extrémité de l'antenne. Jamais les femelles n'ont ces deux formes du bout de l’antenne, cet organe étant toujours, chez elles, en massue droite ou arquée. Le nombre des segments visibles de l'abdomen est un dernier moyen de reconnaître les sexes; il est de sept chez les mâles, de six seulement chez les femelles, un d’eux ayant servi à la formation de l’aiguillon.
M. H. de Saussure a relevé quelques faits relatifs à la distribution géographique des Euménides. Comme famille, on peut les dire cosmopolites, car il n’y a pas de pays qui ne possède des Eumenes et des Odynerus. D'autres genres sont moins disséminés. Ainsi les Duscœlius ont été rencontrés au Chili, en Europe et dans la Tasmanie; les Alastor, en Europe, en Égypte, et d'autre part en Australie, et surtout dans la Tasmanie, où ils sont très-nombreux. Les Pterochilus semblent particulièrement confinés dans l'Europe et l'Afrique , soit boréale, soit australe; cependant on en cite aussi des Etats-Unis et du Chili Enfin, quelques genres sont spéciaux à l'Amérique tropicale, ainsi les Zethus. On peut dire que plus un genre est confiné dans des limites géographiques restreintes, plus il porte l'empreinte zoologique de sa patrie; et plus, au contraire, il est dispersé sur le globe, moins ses espèces offrent le cachet d'une patrie natale.
Ainsi les Euménides australiens se reconnaissent à première vue ; mais au Brésil, à côté de genres d’un caractère spécial par leur coloration violette, il en est, comme les Odynerus cosmopolites, où le pays d'origine ne peut plus se déceler à la seule inspection de l'individu. Les riches espèces des tropiques ont des couleurs très-fixes, tandis que celles des climats septentrionaux les présentent très-variables. Presque tous les Euménides de l'Australie et de la Tasmanie sont reconnaissables à leur couleur mêlée de noir et d'orangé ; et de même pour les espèces de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle-Guinée, et quelquesunes de l’Inde. Il y a en outre, dans ces pays, un second type local, noir avec des ornements blanchätres, se rapprochant des Euménides du Chili, et ayant, d'autre part, certaines particularités de formes, ainsi l’abdomen portant souvent des tubercules saillants. La faune chilienne a des Euménides noirs et roux, velus, avec le corselet et l'abdomen presque toujours ornés de blanc jaunûtre, et les ailes fortement roussies le long de la côte, avec l'extrémité violette. Les Euménides de l'Afrique tropicale sont grands, d'un noir ferrugineux, ou noirs et jaunes, ou bien encore noir ferrugineux avec les ailes violettes, et ces colorations s’étendent jusqu’au Cap et même aux îles de la Sonde. Ceux de la même zone de l’Amérique, à part les espèces ressemblant aux européennes
et formant des faunes partielles, comme les Odynerus, sont ordinairement d'un noir bleuâtre, avec les ailes violettes.
Les insectes septentrionaux de la famille sont tous de couleur noire, avec des ornements d’un jaune vif, aussi bien en Europe qu’en Amérique, et souvent les espèces d’un des deux continents sont très-difficiles à distinguer de celles de l'autre. Quelques espèces semblent s'élendre sur tout le continent européen, comme les Odynerus parietum, spinipes, reniformis ; mais la majorité des espèces reste confinée dans des limites bien plus restreintes. Les Euménides de l’Ecosse et de la Scandinavie ont des espèces très-voisines, mais spécifiquement distinctes de celles de la France, de la Suisse et de l'Allemagne, qui offrent à leur tour bien des différences avec celles du midi de l'Europe. Toutefois chacune de ces latitudes montre, égalementreprésentés, des types correspondants, faciles à confondre si l’on n’a que des descriptions restreintes.
Aussi les entomologistes de chaque pays ont adapté à leur patrie les courtes phrases diagnostiques de Linnœus et de Fabricius n'ayant trait qu'aux espèces septentrionales, et ont commis des erreurs, ne sachant pas que chaque grande région européenne possède son Odynère à trois bandes jaunes à l'abdomen (0. triphaleratus et trifasciatus), son Odynère à formes allongées (0. crassicornis et murarius), etc. L'Amérique septentrionale présente la même observation, ses Euménides ayant de tels traits de ressemblance avec ceux d'Europe, qu’on est souvent tenté de les croire identiques. La faune euménienne du Canada et de la bordure américaine arctique avoisine de bien près la faune scandinave, tandis que les Euménides de la Caroline ont la plus intime ressemblance avec ceux du midi de l’Europe. On peut, dans les deux continents, constater cette règle, que les espèces les plus reculées vers le Nord sont celles envers lesquelles la nature s'est montrée le moins prodigue d'ornements, celles dont les bandes se réduisent à de simples lignes, et dont la sculpture est la plus fine. À mesure qu'on s’avance vers le Midi, on voit les ornements jaunes s’élargir, les taches augmenter en nombre, la surface du corps se rider et se chagriner profondément. Le type de coloration, qui reste unique dans le Nord, tend à se mèler aux autres à mesure qu'on descend vers le Midi, et il pénètre plus ou moins jusque dans les parties les plus méridionales de l'Afrique et de l'Amérique. A côté de lui on voit s’en produire un autre dans le sud de l’Europe el en Algérie, aussi bien qu’au sud des États-Unis, qui, ressemblant au précédent par l’aspect des formes et des couleurs, joint à ces dernières, telles que nous les avons indiquées, du roux et du jaune brûlé.
GENRES PRINCIPAUX
EUMENES, Fabr,— Tête plate; chaperon variable, toujours plus long que large ; le plus souvent sans dents terminales, quelquefois, dans les deux sexes, muni de dents à son extrémité, Antennes en massue allongée, insérées au-dessus du