‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservationChapitre 13 sur 67 · INSTINCT ET INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

INSTINCT ET INTELLIGENCE

fouissent les petits cadavres. Ces Insectes creusèrent sous le bâton, le firent tomber, et l'ensevelirent avec le cadavre du crapaud.

Il ne faut cependant pas exagérer ces exemples d'inlclligcnce. Les faits qui précèdent nous paraissent arriver à l'extrême limite des actes intellectuels des Insectes. Nous n'admettons pas, comme on l'a souvent dit, que les Abeilles reconnaissent ceux qui les soignent habituellement et ne les piquent pas. Il y a certaines personnes qui ne peuvent jamais s'approcher des ruches sans danger, ayant sans doute quelque odeur qui déplaît à leurs habitants, car l'odorat est le sens le plus subtil chez les Insectes. On peut, en général, séjourner très-près des Abeilles, pourvu qu'on ne les effraie pas par des mouvements brusques ou des cris, qu'on ne les irrite pas par des odeurs fortes.

On voit souvent les Insectes se rencontrer, se toucher des antennes, des pattes, des palpes. On regarde comme probable qu'ils se communiquent des idées et combinent des actes raisonnes.

Cependant dans bien des cas ils ne font peut-être qu'obéir aux sensations de traces odorantes. Aussi les faits que nous allons signaler laissent dans leur interprétation de grandes incertitudes. Ils nous paraissent toutefois de trop d'intérêt pour les omettre. On cite des Nécrophores, trop faibles pour enterrer un petit cadavre, allant chercher d'autres individus de leur espèce ; des Bousiers se faisant aider de leurs pareils pour retirer la boule de fiente où sont leurs œufs, lorsque, par accident, elle a roulé dans quelque trou.

Les Abeilles, comme ou le sait, se troublent lorsqu'elles sont loin de la reine. Réaumur sépara une ruche en deux compartiments par un diaphragme à claire-voie ; la reine se trouva alors d'un côté. Continuellement, de part et d'autre de la claire-voie, étaient pendues des Abeilles se touchant des antennes, et le côté sans reine, constamment rassuré, continua ses travaux. Une cloison opaque fut interposée, et aussitôt le côté sans reine tomba dans la confusion et le désordre.

Ces communications tactiles sont continuelles chez les Fourmis et chez les Termites. Qu'on vienne à troubler en un point la demeure commune, tous s'avertissent du danger ; aussitôt les uns se précipitent à la défense, les autres s'empressent de mettre les larves en sûreté. Franklin ayant chassé toutes les Fourmis qui avaient envahi un pot de confitures, une seule exceptée, suspendit ce pot au plafond par une ficelle. La Fourmi remonta le long de cette ficelle et alla chercher les autres, qui, guidées par elle, descendirent par le même chemin. Dos Fourmis ayant été renfermées dans une boîte, l'une d'(dles, ayant trouvé une fente pour sortir, alla avertir ses compagnes à coups d'antennes et les fit sortir également.

On peut rapporter à la sollicitation d'émanations odorantes l'explication d(! certains actes qui exigeraient sans cela un raisonnement bien compliqué et peu probable chez des animaux notablement éloigni's de rhonime. On a vu parfois des Fourmis se laisser tomber verticaleuienl

du plafond dans des matières sucrées, qu'elles aiment beaucoup, et qui avaient été isolées du plancher au moyen de supports entourés d'eau, pour les soustraire à leur voracité. Le fait est plus commun encore pour les Punaises domestiques, fléau des maisons mal tenues. Elles se laissent tomber la nuit sur les lits dans lesquels on est couché, et qu'on a cru mettre à l'abri de leurs atteintes en les amenant au milieu de la chambre et en faisant plonger leurs pieds dans des vases d'eau.

« En présence de faits tellement significatifs et nombreux, on doit s'étonner, dit un de nos plus éminents naturalistes, qu'il puisse se trouver encore des hommes qui viennent nous dire que toutes les merveilles de la nature sont de purs effets du hasard, ou bien des conséquences forcées des propriétés générales de la matière, de cette matière qui forme la substance du bois ou la substance d'une pierre; que les instincts de l'Abeille, de même que les conceptions les plus élevées du génie de l'homme, sont de simples résultats du jeu de ces forces physiques ou chimiques qui déterminent la congélation de l'eau, la combustion du charbon, ou la chute des corps. Ces vaines hypothèses, ou plutôt ces aberrations de l'esprit qu'on déguise parfois sous le nom de science positive, sont repoussées par la vraie science ; les naturalistes ne sauraient y croire, et aujourd'hui, comme du temps de Réaumur, de Linné, de Cuvier et de tant d'autres hommes de génie, ils ne peuvent se rendre compte des phénomènes dont ils sont témoins qu'en attribuant les œuvres de la création à l'action d'un créateur (1). »

§ V. — Cbasse et conservation.

L'étude des Insectes offre tant d'attraits, qu'on est bientôt amené à l'idée de récolter ces petits êtres qui étincellent sur les feuilles et les fleurs, ou passent devant nos yeux dans leurs rapides évolutions aériennes. Il n'est pas de localité, si froide et si aride qu'elle, soit qui ne nous offre des Insectes. On les rencontre sur les plus hautes montagnes, à la limite des neiges éternelles; le Spitzberg lui-même, où l'homme ne peut résider que quelques semaines aux risques des plus grands périls, nous offre quelques représentants des Hyménoptères, des Névroptères et des Diptères ; les sables calcinés des déserts de l'Asie centrale et du Sahara, les triu-ains salés des rives persanes de la mer Caspienne et de certains plateaux du haut Mexique, ne sont pas absolument dépourvus de quelques Coléoptères et Orthoptères dont la nourriture est un problème. Aussi nous ne pouvons pas, dans une étude générale, nous occuper avec grand détail des localités de la récolte des Insectes, puisque, dans toutes les saisons de l'année, l'air, les eaux salées, les eaux douces, le sol, les végétaux, les débris animaux et même les animaux vivants doivent être soumis aux investigations, (^est dans l'étude particulière des genres qu(; nous aurons principalement

(1) Milne Edwards, conférence fuite à la Sorbonne en décembre 18Gâ.

à indiquer avec soin les moyens de se procurer les principales espèces, l'époque et le lieu de leur apparition.

Pour récolter les Insectes, il faut nous aider d'instruments, véritables armes pacifiques de la science. Nous devons, en outre, conserver ces petits êtres à l'abri de la destruction, dans les poses qui permettront le mieux l'étude de leurs caractères, c'est-à-dire établir des collections. Ici les moyens sont généraux et communs, sinon à tous les Insectes, du moins cà de grands groupes; les faire ^'^^'^

connaître rentre donc dans le plan d'une introduction à l'entomologie.

Nous devons d'abord donner quelques notions très-brèves sur les divers instruments nécessaires pour récolter avec succès et sans altérations les Insectes. Les plus importants sont les filets. Ils sont de deux sortes, à ouverture habituellement circulaire , formée par un anneau de fer, à deux ou à quatre brisures, adapté à volonté au moyen d'une vis de pression à un manche de faible poids, d'un mètre à un mètre et demi de longueur. L'un des filets (fig. 6) est de tissu léger, gaze, tulle, crêpe, etc., et sert à capturer les Insectes qui volent ou qui sont posés sur les fleurs ou sur les extrémités des rameaux. L'autre filet, dit fauchoir, offre un cercle de fer plus épais et un manche solide. Il est de canevas, de grosse toile. Le plus " souvent on s'en sert pour faucher, c'està-dire abattre et ramasser les sommités des végétaux des prairies, des petites broussailles. En examinant ensuite avec soin la masse végétale, on y rencontre une foule d'Insectes. Ce moyen de chasse peut s'employer pour tous les Insectes, à l'exception des Névroptères et Lépidoptères, dont les ailes délicates seraient altérées. Le filet précédent, avec lequel on ne capture qu'un Insecte à la fois, peut servir pour tous les ordres d'Insectes. Le filet de grosse toile est en usage aussi pour la pêche des Insectes aquatiques, soit dans les eaux courantes, soit dans la vase. Dans ce dernier cas, on étale cette vase, au sortir du filet, sur une nappe, et l'on y recherche les Insectes, ou les nymphes ou les larves. On se sert quelquefois d'un tilet pour y faire lora-

Fig. 6. — Filet destiné à capturer les Insectes isolés, au vol ou au repos.

ber les Insectes nombreux qu'on aperçoit au repos sur le tronc des arbres, et qui échappent presque toujours si l'on veut les piquer sur place ou les saisir à la main. Pour cet usage, on fera bien de donner à ce filet un orifice d'une forme spéciale. Le cadre de fer présente trois côtés linéaires, rectangulaires, et le quatri(>me extérieurement concave pour s'appliquer exactement contre le tronc de l'arbre. Un filet dont le cadre sera entièrement rectangulaire est commode pour ce même genre de chasser contre les rochers ou contre les murs. On peut aussi très-avantageusement employer une baleine bien flexible pour former le cadre du filet. En appuyant ce cadre élastique, soit contre un tronc d'arbre, soit contre une paroi de muraille ou de rocher, au moyen du manche placé perpendiculairement à l'obstacle, on force ainsi le cadre à suivre exactement le contour de la surface, ronde ou plane, sur laquelle est posé l'Insecte qu'il faut faire tomber dans le filet.

Enfin on se sert encore, pour terminer ce qui a rapport aux filets, de la pince à raquettes (fig. 7). C'est un fer à friser dont on retranche les masses

PiG. 7. — Pince à raquettes, destinée surtout aux Hyménoptères à aiguillon.

et auquel on soude deux anneaux métalliques, ovales ou rectangles, de 12 à Ik centimètres de long sur 8 ou 10 de large. On garnit chacun de ces anneaux avec de la toile métallique très-fine, ou mieux encore avec du tulle ou du crêpe non apprêté. Cette garniture devra ùlre bordée d'un ruban de fil ou de soie. Ce petit appareil s'emploie pour saisir sur les fleurs les Hyménoptères, et pour pouvoir ainsi les piquer en les tenant serrés entre les deux réseaux, sans craindre leur cruel aiguillon. On s'en sert aussi pour prendre les Microlépidoptères, dont les écailles des ailes tiennent très-peu et se détachent au moindre froissement dans le filel ordinaire.

Il est rare qu'on puisse tuer entre les doigis, sans les altérer, les Insectes petils cl à ailes délicates. Il laiil, d'aulre pari, qu'ils soieul

inorls pour qu'on puisse les piquer sans qu'ils se débattent et s'altèrent, in trùs-bon moyen est de les faire tomber dans un flacon dont le bouchon de licgc porte à l'intérieur un tampon de coton imprégné de chloroforme ou de sulfure de carbone. Eu peu d'instants, rinsectc est tué ou fortement engourdi. Avec un peu de cyanure de potassium, maintenu dans le bouchon par un morceau d'étoffe, ou fixé au fond du flacon sous un papier percé de trous d'épingle, l'effet est instantané et foudroyant.

On emporte à la chasse des flacons remplis de rognures de papier ou de grosse sciure de bois, avec quelques gouttes de benzine, d'essence de térébenthine ou d'éther, et l'on y jette les Insectes vivants non altérables, comme les Coléoptères, les Hémiptères, les Orthoptères, certains Diptères. On met dans l'alcool affaibli les Coléoptères retirés des matières putréfiées ou stercoraires ; ils sont ainsi tués et nettoyés. Puis on les retire et on les laisse sécher avant de les enfermer en collection, f/alcool affaibli sert encore à recueillir certains Insectes à corps trèsmou, des larves, etc.

Fir,, 8. — Écorçoir destiné à soulever les ccorces ou à fouiller la terre.

Pour obtenir les Insectes qui se cachent sous les écorces, on fait usage de V écorçoir (fig. 8), morceau d'acier en forme de losange fortement emmanché, et qui détache facilement les écorces. On s'en sert aussi pour remuer les pierres sous lesquelles se cachent beaucoup d'Insectes et pour fouiller le sol et déterrer les chrysalides.

On doit emporter aussi des pinces de divers calibres, dites hrucellcs, servant à saisir les Insectes qui peuvent glisser entre les doigts, ou faire des morsures, ou enfin ceux qui sont caches entre des fissures étroites.

Certains Insectes de divers ordres vivent parasites dans les fourmilières, dans les guêpiers. On se sert, pour les recueillir, d'un tamis dont les mailles les laissent passer, tandis que les Fourmis sont arrêtées, ces Insectes des fourmilières étant en général très-petits. (Juant aux parasites des guêpiers, il faut asphyxier les Guêpes avec l'acide sulfureux, produit par mie mèche soufrée, ou la fumée de la poudre, ou la benzine, etc.

Pour récolter les larves, et en particulier les chenilles, on se sert souvent d'une nappe blanche au-dessus de laquelle on secoue les branches des arbres. C'est aussi sur la nappe qu'on jette la vase remplie d'Insectes aquatiques. On emploie encore pour les chenilles, amassées

dans les feuilles sèches, un parapluie doublé de blanc et fiche en terre, renversé par l'extrémité du manche. On le remplit de feuilles sèches, on le secoue vivement en tournant : les chenilles, plus lourdes, se séparent des feuilles sèches et viennent se déposer dans la partie centrale du parapluie. Les explorateurs des feuilles sèches, soit pour les chenilles qu'elles contiennent, soit pour de nombreux hisectes adultes qui s'y trouvent engourdis, font encore usage d'un filet de ficelles, à larges mailles, d'environ un centimètre carré. Ce tilet est une sorte de sac cylindrique, de la forme des tambours à prendre le poisson, fermé à une extrémité et d'environ un mètre de long. On introduit les feuilles par l'orifice et on le maintient élargi au moyen de deux cercles parallèles de baleine de 2 à 3 décimètres de diamètre. On le saisit fortement aux deux bouts et on le secoue au-dessus de la nappe. Les chenilles et les Insectes tombent à travers les mailles.

Pour secouer les arbres et faire tomber sur le sol ou sur la nappe, ou dans le parapluie étalé, les (chenilles et les Insectes endormis qui y sont posés, on se sert du maillet ou mailloche (fig. 9). C'est une masse de bois, de forme cylindrique, dans l'intérieur de laquelle a été coulé environ

FiG. 9. — Mailloche pour imprimer aux brancties une secousse brusque qui fait tomber les Insectes.

un kilogramme de plomb. Toute la surface extérieure du cylindre est ensuite garnie de liège, ou de caoutchouc, ou de gutta-percha, le tout recouvert enfin de cuir de buffle. Un manche assez fort, rond et lisse, est adapté au cylindre principal. La garniture molle est destinée à assourdir les coups du maillet, et surtout à empêcher les blessures aux arbres par déchirure de l'écorce. On ne doit, pour ce motif, employer le maillet qu'avec précaution. Il est très-utile au commencement du printemps et à la fin de l'automne, alors que, par l'abaissement de la température, les insectes, jirofondcment engourdis, tiennent avec force aux branches des arbres.

Pour emporter les Insectes récoltés, on fait usage de divers ustensiles. Si les Insectes doivent être piqués immédiatement, ce qui a lieu pour ceux dont les ailes sont garnies d'écaillés ou délicates, comme les Lépidoptères, la majeure partie des Névroptères, des Hyménoptères et des I)iptèrcs, on se munit d'une boite de chasse (fig. 10), boite rectangulairi-, de bois léger ou de fer-blanc, à fond doublé de liège ou de moelle d'agave. Nous représentons un bon modèle de boîte de chasse, avec un compar-

CHASSE I-T CONSEKVATION.

timent séparé, muni de trous à air, et d'un registre pour introduire les insectes sans ouvrir la boîte. Il permet de rapporter à la l'ois des sujets piqués et des insectes ou des larves à l'état vivant, entourés d'iierbe ou de mousse.

«JJUÉUJ

FiG. 10. ^ Boîte de chasse pour Insectes piqués et Insectes vivants.

Le plus souvent les chenilles, les larves, nymphes ou chrysalides qu'on veut emporter vivantes, se placent dans des boites dites à chenilles (tlg. 11), de fer-^blanCj oblongues, percées de trous d'aérage, et ofFraiil

FiG. 11. — IJoîte à clienillcs.

au cou\ ercle un petit opercule, séparément mobile, par lequel on introduit chaque larve isolément. Les herbes, la mousse, placées dans ces boîtes, conservent longtemps leur fraîcheur. Les Coléoptères, les Hémiptères, les Orthoptères, se déposent dans des flacons remplis de rognures de papier ou de sciure de bois, avec une substance auesthésique. Les

Insectes délicats de ces ordres doivent être ou piqués, ou placés à part, chacun dans un petit tube de verre fermé par un bouchon.

Il est très-important, pour le chasseur d'Insectes qui fait des voyages de recherche de plusieurs mois, d'emmener avec lui le moins de bagage possible, surtout quand il doit circuler à pied, le sac au dos. Certains procédés de conservation provisoire permettent de rapporter bien intacts un nombre considérable d'Insectes, auxquels on fera subir ensuite à loisir, après le triage, la dernière préparation pour la mise en collection. La plus grande partie des Coléoptères, les Orthoptères, les Diptères, Hyménoptères et Névroptères, c'est-à-dire des Insectes à ailes lisses, seront placés chaque soir, au sortir du flacon de chasse à fines rognures de papier, dans de petites boîtes de carton, et en groupant dans la même boîte les sujets de taille analogue. Ces boîtes contiennent de la sciure de bois blanc, non résineux, tamisée et vannée, de moyenne grosseur, très-propre. (Juand on garde trop longtemps les Insectes, surfout les Coléoptères et Orthoptères, dans le flacon de chasse, ils s'altèrent et se corrompent. Il en est dont les couleurs changent : ainsi, dans le flacon benzine, lesNécrophores à belles bandes jaunes ne tardent pas à devenir d'un fauve sale; en outre, le séjour trop prolongé dans la vapeur de chloroforme, et surtout de benzine, rend les Insectes cassants. Si l'on pique les Insectes trop frais en boîte fermée, outre la place énorme qu'exige ce moyen, on les voit moisir et acquérir une odeur infecte. Dans la sciure, ils n'ont pas d'odeur. Pour les Coléoptères à téguments épais et durs comme les Ténébrioniens, et pour les gros Orthoptères, on les disposera en couches alternes avec de la sciure dans une boîte de fer-blanc, le tout étant imbibé d'alcool, sans que le liquide surnage, et bouché. Les Insectes alcoolisés gardent une odeur particulière. Il ne faut pas mettre de Carabes dans cette boîte, car l'alcool frippe leurs antennes. Seuls, certains Coléoptères à enduit {Lixus, etc.), ou à poils très-fins ou à écailles (des Lamellicornes, des Charançons), doivent être piqués dans une boite à fond de liège. Il y a quelques Hyménoptères à poils brillants et tous les Lépidoptères qu'on doit mettre isolément en papillotes, celles-ci en boîte avec coton intercalé. Quelques Lépidoptères nocturnes, des Phalénides surtout, à couleur d'un vert frès-lendre, sont altérés au ramollissage, opération qui sera expliquée plus loin. 11 faut étaler les sujets frais, et avoir à cet effet quelques étaloirs fixés à demeure dans une boîte. On y laisse ces Insectes, ou on les place en boîte avec un peu d'ouate divisée sous chacun. Au retour du voyage, tous les Insectes qui doivent avoir les ailes étendues sont soumis au ramollissage. Il faut bien se garder d'exécuter cette opération dans les grandes chaleurs, car les sujets se couvrent de moisissures avant même d'être il demi mous. Quant aux Insectes trèspetits, ou à duvet cireux, ou à filaments très-déliés, chacun sera mis dans un petit tube de verre, avec de légers brins d'ouate, si les Insectes n'ont pas d'appendices très -grêles.

Les épingles dont on se sert pour piquer les Insectes sont habituellement de laiton étamé, parfois d'acier peu trempé. Leur fabrication est spéciale. Celles d'Allemagne sont avec raison les plus estimées. On trouve dans ce pays des épingles dorées, afin de prévenir Taltération par les graisses des Insectes, qui s'acidifient à l'air et forment avec l'oxyde de cuivre un composé vert dont le gonflement fait éclater le corps des petits Insectes. On a aussi imaginé des épingles à deux pointes pour piquer les très-petits Insectes, les Microlépidoptèr(!s surtout, qui se renversent sur le dos dans la main qui les reçoit. Ils s'allèrent souvent en les retournant entre les doigts pour les piquer avec l'épingle ordinaire, et cet inconvénient n'a pas lieu avec l'épingle à deux pointes. Les épingles ont divers numéros correspondant à plusieurs diamètres appropriés aux dimensions variées des Insectes.

Pendant la chasse, on doit avoir les épingles fixées dans une pel(jte qu'on porte attachée au cou ou à la boutonnière par un cordon. Le modèle de pelote aplatie que nous figurons est fort commode (fig. 12). Il offre des numéros correspondant à ceux des épingles les plus employées, et, suivant la grosseur de l'Insecte qu'on vient de récolter, on trouve ainsi, immédiatement et sans perdre de temps, l'épingle qui convient.

Pour enfoncer les fines épingles dans le liège, on les saisit, au-dessous du corps de l'Insecte, près de la pointe, avec une brucelle à extrémités mousses et cannelées intérieurement.

Il y a de très-petits Insectes qui ne peuvent être piqués. On

les colle avec un peu de gomme, additionnée de sucre et d'un peu de sublimé corrosif, au sommet d'un étroit morceau de papier coupé en triangle et enfilé à l'épingle. Il est encore préférable de coller l'Insecte sur une paillette de mica, ou sur une très-mince lame de verre portant, fixée sur un bord, une bande de fort papier qu'on perce de l'épingle. Les plus petits Insectes prennent ainsi leur rang dans la collection à la place voulue par la méthode de classification.

Dans un excellent travail du docteur Laboulbène (l), nous trouvons des indications nouvelles et très-peu connues en France sur la préparation des très-petits Insectes de tous les ordres. Nous les résumerons au risque de quelques redites.

Les jeunes entomologistes dédaiguent ces faibles êtres et ne jelleiif

Fig. 12. — Pelote de cliasse.

1) Ann. Soc. entom. de France, 1S6(), p. ."iSl.

r.IRARD.

pas sur eux leurs regards. Plus tard, plus instruits, ils comprennent que ces animalcules doivent prendre leur place dans la collection, si l'on veut que celle-ci ait une valeur scientilique. Il est peu de familles, en eiïet, qui n'offrent des représentants de très-minime taille, et dont l'absence laisse une lacune fâcheuse dans la série des types spécifiques, peut amener de faux rapprochements ou supprimer des passages.

Ou bien ou colle ces petits Insectes, ou bien on les Hxe à des tiges métalliques appropriées. à leur délicatesse.

Le mica a eu beaucoup de vogue pour le collage. Il est livré en lamelles minces, carrées, ayatit chacune un petit liséré de papier vert auquel on adapte l'épingle qui doit être piquée dans la boîte ; mais l'Insecte se colle mal, le mica transparent et miroitant ne fait pas ressortir l'Insecte, et permet très-mal l'observation ù. la loupe, soit audessus, soit au-dessous. On a préféré de petits rectangles ou de petits triangles de papier blanc, épais, non glacé. On colle plusieurs petits Insectes de la même espèce l'un près de l'autre, l'un montrant le dessus, un autre le dessous, un autre le profil. On choisit plutôt le rectangle, qui permet, sans accident pour l'Insecte, un léger choc ou mèms une chute de l'épingle fixée au papier ; l'Insecte collé à la pointe du triangle est plus visible en dessous et de côté, mais se détache trop aisément. On se sert, pour coller le petit Insecte sur le carton, ou d'une solution dans l'eau de gomme arabique avec le cinquième en poids de sucre candi et quelques centièmes de sublimé corrosif, ou de gélatine liquide à froid. Ces substances ont l'avantage de se ramollir à l'eau et de permettre de décoller l'Insecte. Il n'en est pas de même du vernis de gomme-laque dans l'alcool, que l'on emploie très-souvent pour recoller les appendices détachés des Insectes secs : il se dessèche rapidement et ne peut se ramollir.

Le mieux, quand on veut bien voir de tous côtés les très-petils Insectes, est de les adapter à de fins fils métalliques. Cela est surtout nécessaire pour les Insectes poilus ou bien à ailes délicates ou poussiéreuses, comme les Microhyménoptères et Microlépidoptères, car les poils, les écailles ou les ailes s'empâtent et se déforment dans les substances agglutinantes sur carton. Un s'est servi d'épingles entomo- ' logiques très-fines, du n" 0. Elles sont pleines d'inconvénients; surtout avec les Microlépidoptères à corps très -graisseux, comme tous les Insectes dont les larves vivent à l'intérieur des tissus végétaux ; elles donnent un dépôt vert de sels gras euivreux, se dilatant et faisant éclater le petit Insecte, ou le recouvrant au point de le masquer ; en outre, elles sont très-flexibles et vacillantes, et l'on a beaucoup de peine, avec des pinces courbes, à enfoncer ou à retirer du fond de liège de la boîte ces tiges filiformes, sans les tordre ou les plier, au grand préjudice du trébuchant hisecte qu'elles portent ; enfin, elles sont trop grosses pour de minuscules espèces.

Les entomologistes lyonnais se servent d'un lil de fer, à la pointe du-

CHASSE ET COiNSERVATlON.

([Licl est adapté le petit Insecte. Le fer s'obtient en fil à tous les degrés de lénuilé; mais il se rouille, devient très-cassant et trés-diCficile à faire tenir dans le liège.

Le problème a été critin résolu parfaitement par les entomologistes (le l'Allemagne, en fixant les petits Insectes par des iils métalliques courts. On se sert de fils de passementerie qui se vendent enroulés sur bobine de bois. Us sont ou d'argent, et alors un peu mous, ou de cuivre argenté, et ont alors l'inconvénient d'être altérables. Le mieu\ parait être le fil de platine, qu'on prépare de toute grosseur, qui est dur et inaltérable. On coupe sous la loupe fixe un bout de fil d'environ un centimètre par Insecte, en ayant soin de donner le coup de ciseaux

•10. 13. — Divers procédés pour piquer les petits insectes : cartons, fils coupés, piquage sous la loupe.

Irès-obliquemcnt à l'a.xe du fil, afin d'avoir chaque extrémité très-pointue. Le petit Insecte est renversé sur le dos, dans la main ou sur le papier, ou, mieux encore , dans un petit sillon creusé dans un bloc de moelle végétale (fig. 13). On tient le fil bien serré dans une pince, et, sous la loupe à pied, comme celle des horlogers, on enfonce une des pointes entre les pattes. On la fait ressortir par le dos d'environ un millimètre, ou bien, si le dos a des sculptures spécifiques, on ne la laisse pas sorlir. Pour les Microlépidoptères, on étale leurs ailes dans cette position en les appliquant sur la moelle, de chaque côté du sillon, avec de petits carreaux de verre. Puis on retourne l'Insecte, en saisissant à la pince le bout du fil qui passe entre les pattes; on le pique sur un petit parallélipipède de moelle. Celui-ci est ensuite percé avec une épingle de support, comme les petits cartons. L'Insecte se voit ainsi très-bien eii dessus et en dessous. Les morceaux de moelle sont pris dans les tiges

moyennes du grand Helianthus, ou dans les grosses liges du Solidago virgaiirea, ou enfin dans les tiges de sureau: cette derniùrc OKoelle étant moins blanclie que les précédentes. La figure 14 fera bien comprendre le mécanisme de la pefilc opération, qui devient facile avec de l'habitude.

La manière de piquer les Insectes est loin d'être indifférente. 11 y a des conventions à cet égard entre les entomologistes qu'on est tenu de respecter pour qu'un Insecte puisse être accepté en collection et passer immédiatement d'une collection à l'autre. Un Insecte mal piqué doit être ramolli et piqué de nouveau, ce qui expose à des accidents et peut le détériorer.

Pour les Coléoptères, l'épingle est adaptée vers le haut de l'élylrc FiG. 14. — Microlépidoptère très-gTossi, droite ; les autres Insectes la prépiqué sur le billot de moelle, le dos sentent traversant le milieu de leur dans la ramure. r~. -, ■ • ■ -, -,

thorax. On doit avoir soin de placer

tous les Insectes à la môme hauteur, afin de donner plus d'uniformité au coup d'œil de la collection, et d'éviter lès dépiquages lors des échanges d'une collection à une autre. En général, on étale perpendiculairement au corps les ailes des Insectes, sauf pour les Coléoptères et pour les Hémiptères hétéroptères. Ici encore il est bon de convenir d'une règle commune. Le corps de l'Insecte est disposé dans la rainure médiane de Vétaloir. On nomme ainsi une planchette de bois tendre, sapin ou bois blanc, présentant au milieu une fente longitudinale, variant suivant les largeurs des corps^ et les deux moitiés légèrement déclives vers la rainure. Le fond de celle-ci offre une bande d'agave ou d'aloès pour enfoncer l'épingle. Le corps de l'Insecte doit être entièrement contenu dans la rainure. Les ailes, appuyées sur les planchettes latérales, sont maintenues horizontales de chaque côté, au moyen de bandes de papier fixées par des épingles à grosse tête, commode pour appuyer (flg. 15). Certains amateurs anglais se servent, pour disposer les ailes des Insectes, d'étaloirs à planchettes convexes et déclives de la rainure, où est le corps de l'Insecte, à l'extérieur, ils donnent ainsi aux ailes une forme bombée en dessus, qui n'est aucunement naturelle. Il en résulte une flexion forcée des nervures ; le principal inconvénient de celle mode, c'est qu'il devient ensuite presque impossible, après le ramollissement, de ramener les ailes à la forme plane. Elles tendent au contraire alors à se redresser concaves en dessus, par une flexion inverse des nervures. Pour les petits

CHASSli ET CONSERVATION

Insectes, à ailes très-délicates, on se sert de lames de cristal bien poli, qui pressent de leur poids sur les ailes et ne peuvent enlever les fines écailles que détacheraient les aspérités et les pe lits frottements inévitables du papier. Il faut de bons yeux, de l'adresse pour bien étaler. On doit être assis, l'étaloir devant soi, sur une table solidement calée, en franche lumière. Une mince aiguille d'acier, emmanchée dans un porte-aiguille , comme pour les fines dissections, sert à amener les ailes en bonne place, sans aucun repli sous le papier, qui persisterait après leur dessiccation. Afin d'avoir un mode d'étalage uniforme, permettant de transporter les sujets dans toutes les collections, on est dans l'usage de placer l'aile supérieure de telle sorte que son bord inférieur forme un angle droit avec le corps de l'Insecte. L'aile inférieure, si elle existe, est alors ramenée, soit artificiellement, soit par ses attaches naturelles, de manière que son bord supérieur touche, sans être recouvert, le bord inférieur de l'autre aile.

De cette façon, aucun détail de forme ou de couleur des deux ailes n'échappera à l'observateur. Il faut maintenir les pattes avec des épingles en position naturelle, les empêcher de se relever, de s'intercaler entre les ailes. I,a tète doit être maintenue relevée, ainsi que l'abdomen, afin que ces deux régions soient en ligne droite avec le thorax.

On se Ironvcra Irès-bien de l'em-

FiG. 15. — Étaloir avec litsecles de divers ordres, bandes de pa^ner ordinaire et de papier vés;(Hal.

ploi des bandes de papier végétal pour maintenir les ailes, sa transparence permettant de bien voir la position qu'on leur donne.

En Angleterre, l'usage a introduit chez les amateurs un mode d'étalage très-défectueux. Le corps et les pattes des Insectes portent sur le fond de la boîte, et les ailes, dans les groupes où elles sont étalées, au lieu d'être, avec l'axe du corps, dans un môme plan, sont un peu inclinées en toit, dotit le corps forme l'arête saillante, et leurs bords touchent le plan déposition. De«cette manière il est fort difficile de ne pas briser quelque membre quand on enlève ou quand on replace l'Insecte ; et, de plus, on ne voit que fort difficilement les ravages des Dermestides ou des Teignes, la poussière causée par les larves dévastatrices étant cachée par le corps et les ailes de l'Insecte. Toutefois, comme il faut respecter les habitudes de chacun, nous engagerons à préparer à Vanglaise les Insectes qu'on voudra échanger avec les collectionneurs des îles Britanniques.

Il arrive souvent que des Insectes, provenant de localités éloignées, nous parviennent non étalés et secs, soit déjà piqués, soit plies dans une papillote, soit même entre les feuillets d'un livre. Pour les mettre en collection, il faut commencer par les ramollir. On les place à cet effet sur du sable mouillé, recouvert d'une cloche dont l'air se sature d'humidité. Quand les articulations de l'Insecte sont devenues flexibles, il est porté à l'étaloir. Si quelques parcelles de moisissure se sont développées, on a soin de les enlever au moyen d'un pinceau imprégné d'alcool concentré. Il y a certains Insectes lépidoptères, à couleur d'un vert tendre, qui sont altérés dans leur teinte par l'action de la vapeur d'eau du ramollissoir. Il est indispensable, pour ces quelques espèces, de faire l'étalage sur le frais, ainsi que nous l'avons déjà dit. Les Insectes doivent rester à l'étaloir pendant un temps variable. Pour ceux dont le corps est volumineux, deux à trois semaines passées dans une armoire sèche ne sont pas une trop longue durée, si l'on veut que les ailes ne fléchissent pas lorsque l'Insecte sera placé en collection. Quand les Insectes étalés proviennent de sujets secs soumis au ramollissement, leur nouvelle dessiccation est prompte, et une semaine suffit amplement à leur séjour sur l'étaloir. Comme nous l'avons déjà dit, il ne faut pas mettre les Insectes au ramollissoir dans les grandes chaleurs, car ils moisissent.

Il existe pour certains Insectes, principalement pour les mâles de divers genres de Lépidoptères, une propriété très-fâcheuse. La graisse contenue- dans le corps gagne peu à peu la surface des anneaux du corps et celle des ailes, et toutes les couleurs sont altérées de la manière la plus grave. Cet elfet est-impossible à éviter pour les espèces dont la chenille vit cachée dans rintérieur des tiges ou de diverses substances. Le moyen de rétablir les couleurs d'un Insecte tourné au gras est le suivant : on le pl^ce sur un lit de terre de Sommières, finement pulvérisée, après l'avoir mouillé de benzine, et l'on met au-dessus une

couche légère de cette mOme terre; au bout de deux à trois jours toute la graisse est absorbée et l'Insecte a repris son éclat naturel. Mais malheureusement il arrive presque toujours qu'il se graisse de nouveau au bout d'un certain temps. Quelques amateurs vident par-dessous l'abdomen des Insectes ainsi chargés de graisse, et introduisent à la place des organes retirés du coton imprégné de savon arsenical. La substance introduite ainsi absorbe le peu de graisse qui reste, et le poison sert en outre de préservatif contre les Insectes destructeurs. Seulement celle opération est assez délicate et exige des sujets d'une taille suflisamment grande.

Quand les Insectes sont secs, on est exposé fréquemment à leur casser, en les maniant, quelque appendice, aile, patte ou antenne. On les recolle facilement en saisissant l'organe tombé avec une petite pince, et déposant, au point où l'on doit le rajuster, avec une pointe ou un fin pinceau, un globule de gomme laque dissoute dans l'alcool ou de colle forte liquide. Très-souvent on se contente de gomme arabique en sirop très-concentré dans l'eau ; mais elle a peu de ténacité et se moisit très-facilement.

On emploie pour les collections des cadres vitrés ou des boîtes de carton rectangulaires, dont le fond est formé d'une planche de liège ou d'aloôs recouverte de papier blanc ; ils doivent avoir une épaisseur proportionnée à la longueur des épingles entomologiques. On construit maintenant des boîtes de carton à gorge garnie à l'intérieur de velours de coton, de manière à donner par pression une fermeture très-hermétique contre les Insectes destructeurs. On range les Insectes en lignes parallèles, en intercalant les étiquettes. Un très-bon système, qui permet d'examiner les dessus et les dessous des sujets, sans avoir besoin d'ouvrir le cadre et de dépiquer, est celui adopté par beaucoup d'amateurs en Allemagne, cette terre classique de l'entomologie. Les cadres ont le fond vitré comme le dessus, les épingles sont adaptées sur des minces bandes de liège ou d'aloès.

Il est très-bon d'écrire sur les étiquettes, outre les noms générique et spécifique, l'indication de variété ou d'aberration, et la localité, si intéressante pour la distribution géographique des Insectes. La couleur du fond des étiquettes peut servir à désigner de grands centres géographiques, ou bien celle des paillettes, portant en dessous un numéro de catalogue, enfilées cà l'épingle. Ainsi , dans la collection du Muséum, la couleur blanche désigne l'Kurope, la couleur jaune l'Asie et les îles Sondaïques, la couleur bleue l'Afrique, verte l'Amérique et rose l'Australie. Le même procédé sera avantageux pour les collections d'un pays , ainsi la France, en désignant les bassins géographiques par des couleurs de convention distinctes. On peut encore, sous un autre point de vue, marquer les espèces de montagnes, ou celles de plaines, de bois, de marécages, etc. La différence de couleur donne une première impression générale pour la répartition géographique et l'habitat des espèces de chaque genre ; mais il est bon, en outre, d'inscrire ces notions sur

l'étiquette. L'étiquetage exact est dune haute importance pour les collections, et augmente ainsi singulièrement leur valeur. La classification d'une collection est subordonnée, pour le détail, aux divers points de vue de Taniateur, et les modèles d'étiquette varient en conséquence. Pour éviter de fastidieuses répétitions d'écritures, on indique par une seule étiquette générale l'ordre et le sous-ordre, s'il y a lieu, la i'amille, la tribu, la division, avec le nom d'auteur à côté. Le mieux est de se servir des noms latins. Ainsi :

Lepidoptera, L??i7i.

Aclialiiioptera, BlancJi.

Rhopalocera, Dum.

Ericinii, Blondi.

Lycenitœ, Du}>.

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