PLANCHE VI
Fig. 1. — Appareil génital mâle de l'Abeille {Apis mellifica), d'après M. Berlepsch {Die liieiic unddic Bienenzucht, von August Baron von Berlepsch, 1860, p. 12),
Fig. 2. — Testicule étalé et dégagé de ses enveloppes du même insecte, d'après L. Dufour {Mém. des savants étrangers, 18il, t. VII, pi. y, fig. 5i).
Fig. o. — Appareil femelle du Ver à soie adulte {Sericnria Mori), d'après un dessin inédit de M. Balbiani (cette figure est en partie schématique, les ovaires étant représentés avec moins de développement que dans la nature, comparativement aux autres pièces).
FiG. li. — Micropyle de l'œuf de YEristalis tenax (Diptères brachocères), d'après M. Leuckart, Muller's Archiv {Archiv fiir Anatornie, l'hgsiologie, etc.), 1855, t. XII, pi. vu, fig. 20).
Fig. 5. — Œuf et micropyle de l'Jc«»i!//»<'/.v lectularia (Punaise des lits, llcnnptére hétéroptère), d'après M. Leuckart {op. cit., pi. vili, fig. 12).
FiG. 6. — Œuf et niicropyle de la Nèpe cendrée (Hémiplère liétéioplère, Nepa
cinerea), d'après M. Leuckart {pp. cit., pi. vni, lîg. 28). FiG. 7. — Micropyle de l'œuf du Smerinthns Populi (Lépid. hétérocère ou chali-
noptère, vulgairement Sphinx du Peuplier), d'après M. Leuckart {op. cit., pi. ix,
fig. 2).
FiG. 8. — Micropyle de l'œuf du St^^/rt api for mis (Lépidoptères hétérocères), d'après
M. Leuckart, op. cit., pi. ix, fig. 3). FiG. 9. — Glande et réservoir à venin, aiguillon, gorgeret, valves et muscles chez
l'Abeille femelle ou neutre (Apis mellifica Q ou neutre), d'après M. August Soll-
mann {Zcirsc/wi/ï fur wissenschaftliche Zoologie, de MM. Siebold et Kulliker,
1863, t. III, pi. XXXVII, fig. 9).
FiG. 10. — Gorgeret et stylets de l'aiguillon (August Sollmann, op. c//., t. XIIF, pl. XXXVII, fig. 2).
iNOTIiS.
Addendum (page 129.) — On fabrique maintenant en Allemagne des épingles de laiton couvertes d'un vernis noir, destiné à prévenir l'oxydation qui empâte le dos de l'insecte et le fait souvent éclater; elles sont particulièrement recommandées pour les espèces très-graisseuses, celles qui vivent dans les plantes aquatiques, comme les Donacies (Coléoptères), les Nonagries (Lépidoptères), ou dans les tiges, comme les Sésies (Lépid.), ou dans la cire, comme les Galléries (Lépid.). elc.
EftRATUM. Pace 1/9. — Au lieu de Gravenshort, lisez Gravenhorst.
oubrë
COLEOPTERES
Notions générales.
r/ordre des Coléoplc-res est formé d'insectes à quatre ailes développées, avec quelques cas spéciaux d'atrophie. Les ailes supérieures sont par excellence des étuis cornés ou êlytres, impropres au vol, servant parfois accessoirement de balanciers ou de parachutes; leur épaisseur est la même aux deux bords, et ce n'est qu'avec grande difficulté, en examinant en dessous les grosses nervures et en prenant des espèces convenables, qu'on peut reconnaître dans cet organe si modifié le plan commun qui apparaît dans l'aile de tous les insectes. Ces élytres sont d'une texlure solide et ne se croisent presque jamais en dessus, s'accolent par une suture droite, au moins à leur base, devenant quelquefois déhiscentes et allénuées à l'extrémité. Au-dessous des élytres sont les ailes servant au vul, membraneuses, dont l'aire dépasse habituellement celle des élytres qui doivent les recouvrir; aussi, sauf une exception pour les Buprestes, elles éprouvent un repli autour d'une charnière de forme et de position très-variées, de sorte que la partie extérieure de l'aile vient se placer sous la partie basilaire.
Par rapport à toute la classe des Insectes, on doit dire que les Coléoptères sont de médiocres voiliers, et il en est que l'absence d'ailes, coïncidant souvent avec la soudure des élytres, maintient toujours fixés au sol.
Les classilicateurs tirent un grand parti, comme on le sait, des pièces buccales et des tarses, ce qui nous oblige à entrer dans quelques détails à l'égard de ces organes.
Les Coléoptères présentent essentiellement le type des insectes broyeurs. La cavité buccale s'ouvre au milieu d'un assemblage de pièces extérieures à elle, qui jouent latéralement, et qui sont des appendices de l'arceau inférieur, chaque paire indiquant un zoonite élémentaire ; on sait que la soudure des segments est considérable dans la région céphalique. Les appendices buccaux représentent des pattes très-raccourcies, dont les articles sont frappés de fréquentes atrophies, et qui peuvent en revanche offrir des dédoublements latéraux articulés, connus sous le nom de palpes. Antérieurement, la bouche connnencc par un labre ou lèvre supérieure, sorte de repli du segment. Au premier abord, cette pièce paraît centrale ou impaire, mais un examen attentif
GIKARD. i^
y fait, dans beaucoup d'espèces, reconnaître an sillon médian ou une échancrure centrale, indice d'une soudure de deux pièces latérales opérée de très-bonne heure (Brullé). Puis viennent deux mandibules, toujours plus ou moins aiguës et falciformes, à bord interne, tantôt simple, tantôt dentelé et parfois muni à la base de gros tubercules, sortes de dents molaires ; elles agissent de dehors en dedans, comme des tenailles ou des ciseaux, pour couper les substances alimentaires. Jamais, chez les Insectes, les mandibules n'offrent de palpe à leur côté externe, ainsi qu'on le remarque chez les Crustacés supérieurs. Après les mandibules, à droite et à gauche de la cavité buccale, sont deux mâchoires, représentant la première paire de mâchoires des Crustacés. Elles sont en général courtes chez les Coléoptères, à deux lobes muni au bord interne de dents, d'épines, de cils, de brosses ; parfois le lobe externe s'allonge, prend plusieurs articles, devient palpiforme. Les mâchoires achèvent la trituration grossièrement commencée par les mandibules, elles émiettent les substances en fragments plus petits et les font tomber dans la bouche; elles sont munies au côté externe d'un palpe maxillaire, dont le nombre d'articles varie de un <à quatre chez les Coléoptères. Ces palpes sont des organes tactiles guidant l'insecte dans la manière dont ses appendices broyeurs doivent attaquer les substances, et en outre servent à ramener dans le cercle d'action des pièces buccales les fragments qui s'écarteraient trop et tomberaient. Au-dessous des mâchoires et à la base de la bouche, qui est ainsi limitée inférieurcment, se trouve enfin la lèvre inférieure, organe toujours assez court chez les Coléoptères. C'est incontestablement la plus compliquée des pièces buccales; elle représente la seconde paire de mâchoires des Crustacés supérieurs, et l'on y trouve une répétition modifiée des pièces des deux mâchoires, dont les parties, au lieu de rester libres, sont soudées ici pour la plus grande portion sur la ligne médiane ; elle est seulement un peu mobile de bas en haut, et ses extrémités retiennent contre la cavité buccale les aliments que divisent les mâchoires, en même temps que, par l'action des palpes surtout, elles aident à la préheui^ion de ceux-ci. Il est nécessaire de signaler les diverses parties de cet organe dont la classification des Coléoptères tire de continuels caractères. A sa base et centralement, se trouve le menton en forme de plaque de figure variable, le plus souvent cornée et recouvrant plus ou moins les autres organes buccaux. Au menton s'articule la pièce nommée lujiiocjlotte par Jacquelin du Val, pièce généralement membraneuse ou coriace, cachée d'habitude sous la précédente, et ne s'aperccvant que par une minutieuse désarticulation : le menton et l'hypoglotte représentent deux pièces basilaires de la mâchoire soudées à droite et à gauche, portées sur un support commun d'insertion {ijond et tiije dans la mâchoire). L'hypoglotte est continuée en avant du menton et avec union intime par la laiijjuette, lame cartilagineuse ou membraneuse, entière ou lobée, de grandeur et d'aspect très-divers, et ayant à sa base
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en dessus l'ouverture de la bouche, ou plutôt du pharynx, pour suivre davantage les analogies; de chaque côté de la languette sont deux appendices soudés contre elle, souvent indistincts ou nuls cliez beaucoup d'espèces et qu'on nomme les paraglosnes. La languette est due à la soudure des lobes internes des mâchoires, et les paraglosses figurent les lobes externes. Enfin, pour compléter l'assimilation, la lèvre inférieure porte latéralement deux palpes labiaux, d'habitude plus courts que les palpes maxillaires^ et dont le nombre des articles varie de 1 à 'ô chez les Coléoptères; leurs supports s'attachent au sommet de l'hypoglotte.
Nous avons dû présenter avec quelque développement l'organisation de la bouche des Coléoptères; car, pour les autres ordres des Insectes, nous n'aurons plus, en obéissant aux belles homologies découvertes par Savigny, qu'à indiquer comment se modifient les pièces que nous venons d'énumérer. Dans les lusecles, il y a un véritable hiatus entre les appendices buccaux et les pattes thoraciques; on ne trouve jamais ce qu'on nomme les pattes-mâchoires dans les Crustacés supérieurs et les Myriapodes. Dans les premiers, trois paires de pattes raccourcies recouvrent les appendices précédents et remplissent en partie le rôle de la lèvre inférieure des Insectes. Chez les Myriapodes, si longtemps réunis aux Insectes, et qui en sont une évidente dégradation, il y a aussi des pattes-muchoires, et chez une partie d'entre eux un insensible passage entre les paires des appendices buccaux et locomoteurs. Quant aux Arachnides, à pièces buccales proprement dites très-réduites presque toujours, elles forment un type aberrant.
Les tarses des Coléoptères sont chez eux, comme chez les autres Insectes, des supports, des organes de préhension, des appareils tactiles par les poils, les brosses dont sont munis leurs articles en dessous : le dernier article ou le terminal ofi're un ou deux ongles ou crochets, de forme très-diverse, simples, ou fendus, ou dentelés, etc. On observe souvent chez les mâles un élargissement des articles des tarses antérieurs, qui est certainement en rapport avec la nécessité de développer une certaine force pour retenir la femelle dans l'accouplement. Mais le plus important pour la classification est de compter le nombre des articles des tarses, articles d'ailleurs de formes variées. Geotlroy est l'auteur d'un système de classification artificielle qui est des plus commodes, et qui a joui longtemps d'une faveur méritée, jusqu'à ce que les progrès dans la science aient nécessité son abandon relatif, c'esi-àdire n'aient plus permis de s'en servir, comme l'ont fait C. Duméril et Latreille, pour former des sous-ordres dans l'ordre des Coléoptères. Dans ce système, dit tarsal ou tarsien, on réunissait d'abord sous le nom de Pentamères les Coléoptères ayant cinq articles à tous les tarses ; les Uetéromeres étaient ceux ayant cinq articles aux tarses antérieurs et intermédiaires et quatre aux tarses postérieurs, et ce groupe est encore assez naturel; les Tétrameres, dont tous les tarses ont quatre articles; et enfin les Triineres ou Paucitarses ou Uliyuméres de C. Duméril, ayant trois
articles aux tarses. C. Duméril fait remarquer avec raison qu'il ne faut se servir (le ces mots que comme adjectifs du mot Coléoptères; sans cela les noms employés comme substantifs, ainsi que le fait Latreille, peuvent s'appliquer à des insectes d'autres ordres.
A part quelques rares entomologistes, le système tarsal a été abandonné parles auteurs qui font autorité dans la science actuelle, comme MM. Westwood en Angleterre, Redtenbacher et Erichson en Allemagne j Lacordaire en Belgique ; E. Blanchard, Jacquelin duVal, E. Perris, L. Fairmaire, Laboulbène, Mulsant, Grenier, E. Desmarest, de Marseul, etc., en France. Ils ont cherché à subdiviser les Coléoptères en tribus ou en familles naturelles, non plus d'après un seul caractère, mais d'après l'ensemble et la valeur comparée de tous, en joignant à l'examen des organes externes l'étude du système nerveux, et appelant la considération des larves comme un puissant auxiliaire dans tous les cas où les seuls caractères des adultes laissent de l'incertitude. On a constaté en effet que, dans les groupes à nombreux Coléoptères, certains genres ou certaines espèces, tout à fait voisins des autres à tous autres égards, ont des nombres différents d'articles aux tarses, comme par une sorte d'accident sans importance. On a vu que souvent l'existence d'articles tarsaux rudimentaires, méconnus dans une observation superficielle, apportait les plus graves embarras à ceux qui s'obstineraient à classer les Coléoptères d'après le nombre d'articles des tarses. Enfin, il est des tribus entières dont la place est complètement intervertie dans le système artificiel inauguré par Geoffroy dans sa célèbre Histoire des Insectes des environs de Paris : ainsi les Psélaphiens, rangés dans les Coléoptères trimères, ne peuvent être séparés de la tribu des Staphyliniens ou Brachélytres, dans laquelle presque tous les genres sont pentamères, avec quelques-uns hétéromeres ou tétramères.
Les sexes des Coléoptères se distinguent par des caractères de même nature que ceux que nous observerons dans tous les ordres des Insectes. En général, le mâle est plus petit, plus élancé, plus grêle, à abdomen plus long et plus étroit. C'est ce sexe où les caractères atteignent le plus de différences, et par suite spécialisent le mieux les espèces : on voit parfois la tête et le corselet munis d'appendices et d'expansions qui s'effacent chez la femelle ou deviennent de simples bosselures; les yeux sont plus développés; les antennes plus longues, plus fortes, à articles plus diversifiés, ce qui indique des sens plus exquis, nécessaires au mâle pour découvrir dans ses perpétuelles excursions une femelle volontiers sédentaire. Enfin les pattes se modifient avec les sexes, ainsi que le nombre et la forme des derniers anneaux de l'abdomen, qui contiennent l'armure génitale du mâle et l'oviducte de lafemelle. Tous les Coléoptères, à une exception près, pondent des œufs.
Les Coléoptères appartiennent aux insectes à métamorphoses complètes, distinction qui, du reste, comme nous le savons, n'est que d'une valeur secondaire. De l'œuf sort une larve subissant plusieurs mues. Ces
NOTIONS GÉNÉRALES. 2Zl5
larves, d'un degré de développement très-inégal en sortant de l'œuf, sont beaucoup moins connues encore que les chenilles des Lépidoptères, élevées en nombre par les amateurs afin d'obtenir des sujets trèsfrais : leur régime beaucoup plus varié, les soins minutieux nécessaires pour les conserver vivantes, expliquent cette infériorité dans nos connaissances à leur égard; toutefois il faut reconnaître que les travaux de MM. Bouché, (Ihapuis cl Candèze (1), de Ilaan (Métamorphoses des Coléoptères, Paris, 1836), E. Blanchard, Perris, Laboulbène, et enfin M. Schioedte (de Copenhague), avec d'excellentes figures, ont beaucoup contribué à diminuer l'ignorance où l'on est longtemps resté à leur égard. Elles sont tantôt apodes, tantôt munies de patles diversifiées. Elles se changent en nymphes, où l'on reconnaît parfaitement les organes des sens et de la locomolion de l'adulte repliés en dessous, et sa forme générale, le fout emmaillottc d'un mince tégument. Ces nymphes sont assez souvent contenues dans des coques grossières, ou de terre, ou de débris variés, consolidées par une matière agglutinante provenant habituellement des glandes salivaires.
Les organes des Coléoptères, tant internes qu'externes, sont trèsdiversifiés en raison des habitudes et des régimes les plus différents, toujours dans la corrélation la plus directe a\ec l'organisation anatomique; les plus légères modifications des mêmes pièces amènent des différences physiologiques très-considérables, fait général pour tous les êtres vivants. Les Coléoptères vivent sur la terre, sous les eaux, et certains passent dans les airs la partie active de leur vie à l'état adulte. Si la plus grande portion offre des couleurs sombres ou ternes et peu variées, il en est qui resplendissent de l'éclat des fleurs et des riches reflets des pierreries et des métaux. Sous le rapport de l'instinct et de l'intelligence, les Coléoptères ne s'offrent pas au premier rang; ce sont de pauvres architectes, se cootenlant au plus de creuser des galeries ou des terriers. Le plus grand nombre d'entre eux sont phytophages de feuilles, de racines, de bois, de graines, et souvent d'une manière très-nuisible pour nous ; il en est une certaine quantité d'un régime carnassier, tantôt de proies vivantes, et alors ils nous rendent de grands services en faisant périr des insectes ennemis des végétaux, tantôt de matières animales mortes, ce qui les constitue des agents harmoniques de la salubrité de l'atmosphère, et parfois aussi de funestes destructeurs de nos conserves.
Les Coléoptères sont placés d'habitude en tète de la classe des Insectes, parce que ce sont les mieux connus et les plus étudiés. Au point de vue d'une science réellement philosophique, ils cèdent le pas aux Hyménoptères ou aux Lépidoptères, supérieurs, les premiers par leurs merveilleux instincts, les seconds par la production de la
(1) Cliapuis et Candèze, Catalogue des larves de Coléoplères [Mon. de la Soc. des sciences de Liég£, 1853, t. YllI).
2Zl6 COLÉOPTÈRES.
soie, source d'une industrie du premier ordre. Ce qui a mis les Coléoptères en si grande faveur, c'est la facilité qu'ils offrent aux collectionneurs pour leur préparation et leur entretien; on se contente de les piquer dans les boîtes, sans qu'il soit nécessaire d'étaler leurs ailes, et la dureté de leurs téguments, la solidité de leurs couleurs, les rendent moins facilement attaquables aux insectes ennemis, moins altérables à la lumière, moins sujets à la rupture spontanée des parties. Aussi les marchands naturalistes, en retirant un bon protit, les rassemblent de toutes les parties du globe, au grand détriment des ordres dédaignés, comme les Orthoptères, les Névroptères, les Diptères. En réunissant les espèces des diverses grandes collections, on peut estimer à cent mille environ le nombre d'espèces connues, ou par une description complète, ou une diagnose, ou un nom, ou un numéro de collection {espèces nominales), et tous les jours on en découvre de nouvelles. Cependant, d'une manière absolue, les Coléoptères ne sont pas aussi nombreux que les Diptères et même probablement que les Hyménoptères, et ne s'étendent pas aussi loin, tant en latitude qu'en altitude. Environ quarante mille genres se partagent cette immense légion, qui s'accroît sans cesse. On n'a pas d'ouvrage descriptif réunissant toutes les espèces: aucun éditeur n'oserait faire les frais d'un pareil travail, qui serait cependant si important; mais on ne peut les blâmer en songeant combien la science pure tient peu de place dans ce siècle qui vante ses lumières, et qui en revient toujours aux engins de meurtre de plus en plus perfectionnés. Certains Coléoptères nuisibles font pourtant perdre bien des millions à l'agriculture et à l'industrie, et c'est l'étude minutieuse des espèces et de leurs mœurs qui peut seule nous conduire à des moyens efficaces de destruction. On possède un grand nombre de Monographies et plusieurs Gênera eiSpecies. Nous devons signaler aux lecteurs un certain nombre d'ouvrages spéciaux aux Coléoptères dans leur ensemble, nous réservant l'indication de quelques monographies importantes quand nous traiterons des familles ou des genres qu'elles concernent. Voici l'indication des ouvrages les plus nouveaux à consulter sur les Coléoptères en général, en nous bornant aux ouvrages écrits en français ou en latin. Dans les Gênera : Histuire naUirelle des Insectes {Suites à Bu{fon). — Th. Lacordaire, Gênera des Coléoptères d^ Europe {i%bh'A 1871, 10 vol.), ouvrage comprenant les Coléoptères de tous pays, avec diagnose des genres et catalogue des espèces, s'arrêtant en 1870 au tome IX, comprenant la majeure partie des Cérambyciens. — Gênera des Coléoptères d'Europe, par Jacquelin du Val (Paris, 1855 à 1868, h vol.), ouvrage terminé par M. L. l''airmnire. — Faune élémentaire des Coléoptères , par M. I"'airmaire (1 vol., l*aris, 1870).
Dans les Species, ouvrages où la description s'étend aux espèces qui rentrent dans le cadre de l'auteur, il faut mentionner : Dejean, Species général des Coléoptères de la collection de M. le comte Dejean (6 vol., Paris, 1825 à 1831), ouvrage inachevé, contenant les Coléoptères carabiques de