NOTIONS GÉNÉRALES
tous pays. — Dejean et Latreillc, Histoire naturelle et icononraphique des Coléoptères d'Europe (Paris, 1823-182Z|. — Dejean, Boisduval et Aube, Iconographie et histoire naturelle des Coléoptères d'Europe (18'29-18/jO, 5 vol.; le ciuquième par Aube, comprenant les Hydrocantbures ou carnassiers d'eau). — Mulsant, Histoire naturelle des Coléoptères de France (certaines parties avec la collaboration de Foudras et de M. Rey) (Paris et Lyon, 21 vol., 1839 à 1870), presque complet (manquent les Carabiens et les Chrjsoméliens). — A. Laboulbène et L. Fairmaire, Faune entomologique française, ou Description des Insectes qui se trouvent en France (1 vol., Paris, 185/1-1856), inachevé, comprenant les Coléoptères jusqu'aux Silphiens inclusivement. — J. A. T3oisduval et Th. Lacordaire, F<iune entomologique des environs de Paris, ou Species des Insectes qui se trouvent dans un rayon de quinze à vingt lieues aux alentours (1 vol., 1835), comprenant (outre lesThysanoures, les Poux et les Puces) les Coléoptères carnassiers terrestres et aquatiques, les Palpicornes, les Clavicornes et les Staphylins. — A. Fauvel, Species de la faune gallo-rJiénane, Coléoj)tères{CaLCn, 1868- 1869), 2 livraisons comprenant l'Introduction. — E. Mocquerys, /?ecue?7 de Coléoptères anormaux (Rouen), 8 livraisons.
Enfin, nous devons mentionner dans les catalogues de Coléoptères les plus nouveaux : Dejean, Catalogue des Coléoptères (1 vol., 1837, Zi" édit.). — H. Schaum, Catalogus Colcupterorum Europœ (Berlin, 1862). — De Marseul. Catalogue des Coléoptères d'Europe et du bassin de la Méditerranée (Pari?,, 1863). — A. Grenier, Catalogue des Coléoptères de France, et matériaux pour servir à la faune des Coléoptères français (Paris, 2 cahiers, 1863 et 18G7). — Catalogus Coleopterorum, par Gemminger et de Harold, sumptu Gummi (Munich, 1868-1870, 7 vol.), comprenant les Coléoptères de tous pays (complets : anciens Pentamères et Hétoromères).
Il y a encore une assez grande inégalité, qui tend heureusement à disparaître, dans la manière dont on a étudié les Coléoptères ; en général, les genres carnassiers sont mieux connus que les genres phytophages. On peut dire que, pour les premiers et une partie des seconds, on a subdivisé à l'infini en s'appuyant sur les plus légers caractères ; là, les faiseurs de genres ont satisfait leurs prédilections, et beaucoup de leurs genres ne sont réellement que des sous-genres pour le naturaliste éclairé. Dans les derniers groupes de Coléoptères végétivores, il reste au contraire des classifications à reprendre et à perfectionner, et plusieurs genres renferment encore des séries d'espèces assez disparates.
Nous commencerons l'étude des Coléoptères, comme le font presque tous les auteurs, par les Carnassiers. Il n'y a évidemment pas d'autre motif de suivre cet ordre que l'habitude adoptée depuis longtemps par les naturalistes de mettre les Carnassiers en tète des Mammifères et des Oiseaux : l'humanité a pris toujours l'usage, plus ou moins volontaire, de céder le pas aux guerriers. M. 1'.. Blanchard a cependant fait remarquer avec raison que les organes médiocrement diversifiés des Coléoptères carnassiers, dont les pattes sont le plus souvent simples et
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les antennes à articles pareils, indiquant une moindre division du travail physiologique, que leurs trachées simplement tubuleuses, leur système nerveux peu centralisé, leur assignent un rang intermédiaire dans l'ordre, au point de vue des affinités naturelles. Nous devons sacrifier des considérations de ce genre, quelle que soit leur importance philosophique, à la nécessité de mettre notre travail à la portée du plus grand nombre, en évitant de créer des difficultés à ceux qui débutent dans la science de l'entomologie. Nous cherchons avant tout à susciter des vocations, à augmenter le nombre des observations, et principalement nous nous attacherons aux détails curieux et aux applications utiles. Notre intention étant surtout de faire de l'entomologie appliquée, nous négligerons beaucoup de genres et même de coupes d'un ordre plus élevé, pour nous occuper plus spécialement des genres et des espèces utiles ou nuisibles. Les détails rigoureux mais secondaires de la classification, très-importants dans un Gênera ou un Species, n'ont, au point de vue de notre livre, qu'une valeur bien moindre. Cet aveu doit prévenir une foule d'objections. Notre but particulier est d'initier rapidement le lecteur aux avantages pratiques de l'entomologie ; d'autres ouvrages faits par des entomologistes éminents, et d'une compétence spéciale, devront être consultés pour la connaissance plus approfondie de la science pure.
Tribu I. — CARABIEMS.
Les Coléoptères de cette tribu se nourrissent d'insectes vivants. Les habitudes, à peu d'exceptions près, sont analogues pour tous les genres. De puissantes pièces buccales permettent à ces insectes de dévorer leurs victimes rapidement, sans résistance. Des pattes longues, à forts articles cylindriques, à onglets terminaux robustes, leur fournissent les moyens de s'en emparera découvert, à la course. Le vol est secondaire chez eux.
Ils sont toujours pentamères : c'est la forme de tarse la plus parfaite, en rapport avec une locomotion rapide. Leur corps est assez allongé, leurs yeux composés saillants ; la consistance des pièces tégumentaires et des élytres est assez forte. On sait qu'en général la mâchoire des insectes broyeurs offre deux lobes plus ou moins distincts et un palpe articulé. Chez les Coléoptères carnassiers, le lobe interne subsiste seul et la mâchoire semble avoir deux palpes articulés. Le palpe interne est réellement le lobe externe de la mâchoire (qui forme le golea ou casque chez les Orthoptères), devenu étroit et articulé.
Les larves des Carabiens ont une vie assez longue, sont très-agiles et se nourrissent de proie vivante comme les adultes, s'en emparant, le plus souvent, sans ruses ni pièges, à la course. Les Carabiens, larves ou adultes, ne craignent pas de s'attaquer à des insectes de beaucoup plus grosse taille qu'eux. Us se cachent sous les pierres, sous les écorces,
CICINDÉLIDES. — THER.VTES. 269
dans la mousse, et parcourent volontiers les chemins par les beaux jours. Bien que de toutes les régions du globe, ils sont beaucoup plus abondants dans les pays tempérés. Ce sont des insectes éminemment utiles, protecteurs des cultures en détruisant un nombre énorme d'insectes pbytophages. Deux familles, très-inégalement ricbes en genres et en espèces, ont été formées dans les (^arabiens : ce sont les Ciciudélides et les Carabides. Certaines différences essentielles existent entre les larves, surtout pour les mœurs.
Eamille I. — CICINDELIDES.
Leur'aspect est plus élancé en général que dans l'autre groupe, et les espèces qui ont des ailes volent plus facilement. Les pattes sont plus longues, la course plus rapide. Ces insectes sont par excellence les carnassiers chasseurs, dédaignant les chairs mortes et méritant la comparaison de Linnœus : « Cicindelœ tigrides ex insectis », les Cicindèles sont les tigres des insectes. La lèvre inférieure est très-courte, les palpes labiaux souvent plus gros que les maxillaires, et paraissant à quatre articles, leur support étant allongé et libre. Les mandibules, longues, courbes et aiguës, sont fortement dentées au côté interne; les mâchoires se terminent presque toujours par un onglet articulé mobile, elles sont munies de poils. Les yeux composés sont très-saillants et permettent un champ de vision fort étendu. Les Cicindélides aiment l'ardeur du soleil et se trouvent de préférence dans les régions chaudes. Leurs couleurs sont vives et variées.
Les Cicindélides ont une distribution géographique beaucoup moins étendue que celle des Carabides; elles sont surtout propres aux pays chauds: certains genres appartiennent à l'ancien et au nouveau monde (ex. : Cïcindvla, Megacephala^ etc.), d'autres sont exclusifs à l'un ou à l'autre, et semblent s'y représenter comaie dans des séries parallèles.
GENRES PIÎlNCIPAUX.
TIII';n.*TK«, Latr. — Tète très-grande, rétrccie, plus large que le corselet au niveau des yeux ; lobe externe f palpe interne) de la mâchoire uniarticulc, court, spiniforme.
Le corps de ces insectes est un peu plus large et plus long que cliez les Cicindèles. Leurs yeux sont très-gros et très-saillants. Ces insectes vivent dans les îles de la Mélanésie et de l'archipel indien. — Ex. : Theratos Uisiilis, d'IJrv., espèce rapportée de la Nouvelle-Guinée par Pumont d'Lrville.— PL vu, fig. 1 : 1 (/, antenne; 16, labre; 1 c, mandibule; 1 (/, mâchoire et palpe externe; 1 c, lèvre inférieure et palpes labiaux ;
if, tarse de la patte antérieure du maie. — Il est probable que ces Insectes vivent sur les feuilles. Ils répandent une odeur musquée.
TRICOI%'DYK..% , Latr. — Palpes maxillaires internes biariiculés ; antennes
sétacées.
Ces insectes ont les élytres soudées, sans ailes en dessous. Trcl-s-agiles et noirâtres, allongés, courant par terre et sur le tronc des arbres, ils ressemblent k de grosses Fourmis. — Ex. : Tricondyla aptera, Oliv,, delà Nouvelle-Guinée, faisant entendre un petit bruit par le frottement de son corselet. — PI. vn, fig. 3:3a, antenne; 36, labre; 3 mandibule; 3 d, mâchoire; Se, lèvre inférieure et palpes ; 3^ patte postérieure ; 3g, tarse antérieur du mâle.
Outre les îles sondaïques et mélanésiennes, on trouve ce genre en Birmanie, au Cambodje, à Siam.
COE<l<YRl9, Fabr. — Palpes maxillaires internes biarticulés ; antennes épaissies
vers l'extrémité.
Ces Insectes sont pourvus d'ailes, ornés de couleurs métalliques, tirant le plus souvent sur le vert ou sur le bleu. Ils habitent les deux péninsules indiques, Ceylan, les îles de la Sonde, les îles Formose, mais non laMélanésie. — Ex. : Collyris modesta ou Diardi (syn. coll. du Muséum), de Java. — PI. vn, fig. 5:5a, lèvre inférieure ; 5 b, antenne; 5c, patte antérieure du mâle.
Les Cicindéles proprement dites forment le groupe le plus étendu de la famille, et qui se trouve dans toutes les contrées de la terre. La tête a des dimensions médiocres; les palpes maxillaires sont au moins aussi longs que les labiaux. Les yeux sont grands, allongé sou réniformes. Le plus souvent il va des ailes sous les élylres; les tarses antérieurs ont les trois premiers articles dilatés chez les mâles, le quatrième élant simple ou bilobé.
CIC1WDEI,A, L. — Labre peu avancé et denté, dent du menton assez courte
des ailes.
Ce genre, qui a donné son nom à la famille, est composé d'espèces se plaisant à l'ardeur du soleil, surtout dans les terrains sablonneux ou secs. (Juelques espèces se réfugient dans des trous quand le temps est pluvieux ou froid. Il en est qui aiment le bord des eaux douces ou salées ; d'autres vivent seulement dans les bois, ou courent entre les herbes ; enfin, on en trouve qui courent sur les troncs d'arbres, à la façon des Calosomes.
CICINDÉLIDES. — CICINDELA. SSt
Les Cicindèlcs s'envolent rapidement, du moins pour la plupart des espèces, mais se posent tout de suite à 3 ou Zi mùtros de distance. Si le soleil est caché, elles ne volent plus et courent seulement avec rapidité. Leur régime et leur tube digestif sont très-analogues à ce qui a lieu chez les Carabes. Ces beaux Insectes cherchent à mordre quand on les saisit ; mais leurs mandibules ne peuvent entamer la peau. Us répandent une forte odeur de rose ou de jacinthe, bientôt mOlée d'une odeur acre due à une salive brune qu'ils dégorgent. A l'état adulte, ces puissants chasseurs dédaignent la ruse et s'élancent avec férocité sur leur proie. Dans le premier âge, il n'en est pas de mOme : l'appétit est aussi cruel ; mais les pattes des larves sont courtes et faibles, presque tout leur corps est mou, et elles se déplacent difficilement. Aussi chassent-elles à l'aflTit, dans des trous creusés en terre.
L'espèce la plus commune près de Varh, \c Cicindela cawpestris, L., se rencontre dans les bois, dans les sentiers des champs, dans les jardins même. Elle est d'un beau vert, avec cinq points blancs sur les élytres ; dans les variétés, ce nombre diminue, et il s'en trouve sans points. L'abdomen est d'un rouge cuivreux. La larve a été étudiée avec soin et décrite en 1801 par Uesmarest. On la rencontre en abondance, de juillet à octobre, dans des trous verticaux ou obliques, comme des cheminées cylindriques, ayant de 5 à l'J centimètres de long, placés dans les endroits secs, les sentiers, les allées des jardins. Son corps, qui atteint de 20 à 22 millimètres, est allongé, composé de douze anneaux, à part la tète. La tête est cornée, bien plus large que le corps, en forme de trapèze : le premier anneau, également corné, d'un vert métallique, est élargi comme un bouclier; les autres anneaux sont mous et d'un blanc sale ; le huitième, bien plus large, supporte une paire de tubercules charnus, rétractiles, surmontes de crochets; les quatre derniers anneaux sont rétrécis et terminés par un prolongement conique où débouche l'anus. La larve, pliée en Z, monte dans son tube et s'y cramponne, appuyée sur le dos du thorax et par les crochets du huitième anneau, comme un ramoneur dans une cheminée. Sa large tète, repliée à fleur de tète, forme un pont qui masque le trou. Malheur à l'insecte imprudent qui passe sur cette bascule perfide. LUe cède sous lui, il est précipité au fond du puits meurtrier, et la Cicindèle se gorge de son sang. Au moindre danger, la larve descend au bas de son trou. Pour se procurer cette curieuse larve, C. Duméril recommande de descendre avec précaution un fétu de paille dans le trou, et de l'y laisser quelque temps immobile. Bientôt elle saisit la paille qui l'irrite, et on peut la remonter, cramponnée par ses puissantes mandibules. Quand l'instant de la métamorphose est arrivé, la larve agrandit le fond de son trou et bouche l'orifice avec de la terre détachée du sol. Aussi on a été fort longtemps sans connaître la nymphe de cette espèce si commune. Elle a été découverte et publiée par M. lilisson en 1868. Si l'on veut la trouver, il est bon de fixer à demeure un petit piquet dans le trou de
252 COLÉOPTËRES.
la larve, qui plus lard ne sera plus visible. La nymphe est luisante, un peu arquée, d'un jaune-paille, avec des pattes blanchâtres. Le tout est recouvert d'une mince peau qui laisse voir les formes, comme chez tous les Coléoptères. Les premiers segments de l'abdomen ont de petites épines ; le cinquième, deux longues pointes divergentes, servant sans doute à maintenir la nymphe au fond du trou. On rencontre le Cicindela campestris toute l'année, à l'exception des mois les plus froids. En effet, certaines larves se métamorphosent à la fin d'août et éclosent à l'état adulte au bout d'un mois environ; la plupart bouchent leur trou en octobre pour se garantir des intempéries, et ne se métamorphosent qu'au début du printemps suivant, ce qui donne une éclosion en avril. Enfin, il est des Cicindèles qui, métamorphosées à partir d'août, passent l'hiver en nymphe ou en adulte, et éclosent ù la mi-mars. Elles donnent les adultes de septembre et d'octobre ou de mars suivant ; les adultes éclos à la fin d'avril ne fournissent d'autres adultes qu'en avril et mai de l'année suivante.
On trouve encore près de Paris, ainsi parfois à Cha ville, le Cicindela hybrida, L., d'un vert terne et assombri, ou plus souvent d'un bronzé brunâtre relevé par des bandes et un croissant blanc. Nous recommandons Compiègne aux jeunes amateurs pour capturer cette espèce, ainsi, tout près de la ville, dans les sables du Rond-Royal, aux Beaux-Monts, etc. Plus forte que le C. campestris, elle le chasse de ses localités et le tient à distance. Les larves, à corps grisâtre, à tète arrondie, d'un vert métallique sombre, creusent leurs trous d'affût seulement dans les sables. Ils sont bien plus profonds que ceux du C. hijbrida, descendant parfois à 50 ou 60 centimètres, le plus souvent obliques, un peu élargis au fond, où l'on trouve des débris d'insectes dévorés. La larve, retirée du trou, cherche à mordre, se replie et l'ait de véritables sauts. Une variété de cette espèce, le C. maritinia, Dej., se trouve sur toutes les plages sablonneuses du nord de l'Europe, de la baie de Somme, au fond de la Baltique. Dans les bois secs des environs de Paris, parfois à Montmorency, surtout â Fontainebleau, on trouve le C. sylvatica (L.), grosse espèce à élytres rugueuses, d'un brun bronzé, à côtés violacés, avec une lunule humérale, une bande ondulée et un point blanc sur chaque élytre. Elle vole très-bien et est difficile à prendre au soleil ; on fera bien de se placer de façon à la couvrir de son ombre pour la calmer un peu. Au contraire, on trouve près de Paris, mais assez rare, dans les chaumes, les herbes sèches , sur les chemins , une charmante petite espèce élancée, qui court très-vite, mais ne se sert pas de ses ailes. Elle est très-commune au Bourg-d'Oisans, près de Grenoble. C'est le C. gerinanica, L., tantôt bronzé, tantôt d'un bleu vif, parfois presque noir, avec quelques petits points blancs. Il est de presque toute la France, d'Allemagne, de Russie, de Sibérie. Le C. literala, Sulzer (ou sinuata, Clairv., ou hujdunensis, Dej.) se trouve au sud-est de la France, toujours sur le bord des eaux. Près de la Grande-Chartreuse on prendra
CICINDÉLIDES. — MEGAGKPIïALa. 25Î
le ('. sylvicola, Dej., au milieu des sapins, et, plus haut, sur toutes les Alpes, à la région des rhododendrons, vole le beau C. Chloris, Dej. (ou fjnllica, Brullé, ou alpestris, Heer), d'un beau vert, à bandes blanches, qui se réfugie souvent sur les plaques de neige quand ou le poursuit. Sur les sables blancs du bassin d'Arcachon se trouve une Cicindéle d'un vert bronzé très-obscur, dont une variété, assimilée au sol, devient blanchâtre et à peine distincte. Le type est lui-même, sous le nom de (risignata, Dej., ou trifasciata, Fabr., une variété du C. literata déjà nommé, commune en outre sur les littoraux méditerranéens de la France et de l'ilalie. .Nous avons ainsi passé en revue les espèces les plus faciles à rencontrer en France, et qui peuvent intéresser les entomologistes au début et les observateurs de la nature, auxquels cet ouvrage est surtout destiné.
Parmi les nombreuses espèces exotiques , nous devons sigaler le Cicindela tonuipes. Guér., de Cochinchinc, de petite taille, remarquable par ses pattes d'une longueur et d'une gracilité extrêmes. — PI. vu, tlg. 7: 7 «, sa tète vue de face (s. -genre Abroscelis, Hope).
iMECii\€"EI»ii.%LA, Latr. — Tête volumineuse aussi large que le corselet; yeux assez grands ; mandibules très-larges, arquées, dentées. Corps gros, cylindrique. Palpes très-longs ; presque toujours des ailes ; pattes longues et fortes.
Les Mégacéphales sont nocturnes et se tiennent dans des Irons sur le9 bords des grands fleuves, des lacs. Elles volent peu et seulement le soir ; les larves font des pièges comme celles des Cicindèles. Les adultes répandent une odeur de rose, et font entendre un petit bruit aigu par le frottement de leurs cuisses contre leurs élytros. L'espèce type est le Mcgacephala onphratica, Dej. (s.-genre Telracha, Hope), d'un vert métallique, avec une grande tache jaune à l'extrémité des élytres. File fut découverte par Olivier sur les bords de l'Euphrato, puis retrouvée sur les rives du Nil. M. Cotty la rencontra en Algérie, près de salines naturelles des environs d'Oran. Elle se tient sur les bords ou au bas du versant des berges, enfoncée à environ 60 centimètres dans une terre humide et grasse, en des trous à orifice circulaire de la grosseur du corps de l'insecte. La sortie de Tinsecte n'a pas lieu la nuit, mais aux heures fraîches de la journée, pendant les mois les plus brûlants, juin, juillet, août. Les Mégacéphales courent rapidement, sans faire usage de leurs ailes, le soir, une heure avant le coucher du soleil, et le matin, une demi-heure avant et après son lever.
l.alavYc du Mcgacephala euphralica {Ann. Soc. entom. de Fi'ancc, 1859, p. 615) a la tète et le prothorax bien plus larges que les larves des Cicindèles. Elle oflre quatre ocelles de chaque côté de la tête : deux supérieurs énormes, deux latéraux très-petits. Ses pattes thoraciques sont fortes, bien développées; le cinquième segment abdominal a en dessus deux paires de forts crochets cornés, au lieu d'une seule qu'ont lea
larves de Cicindèle. Ils sont destinés il servir de point d'appui pour l'affût. La force extrême des mandibules, avec la grandeur des pattes, doivent faire des larves de Mégaccphales de puissants chasseurs qui, probablement, peuvent, comme les adultes, courir après la proie.
Ce bel insecte existe aussi dans le Caucase, et en Espagne, en juin, entre Totana et Murcie, mais nullement dans des conditions pareilles à celles des environs d'Oran, c'est-à-dire au bord de cavités naturelles où le sel cristallise en été par évaporation spontanée. 11 a été trouvé en Espagne dans le voisinage des eaux douces, dans des lieux arénacés, humides, couverts d'herbes, volant ou errant sur le bord des fossés d'irrigation, surtout le matin et après le coucher du soleil, il est à espérer que des amateurs patients et habiles finiront par le capturer dans le midi de la France , où il y a des localités tout à fait analogues , soit à celles d'Algérie, soit à celles d'Espagne.
En 18G6, M. Chevrolat a gardé chez lui à l'état vivant, pendant quelque temps, un Megacephala euphratica pris en Algérie aux environs d'Oran ; il le nourrissait avec des mouches. Dans la Transcaucasie , Ménélriès •trouva l'espèce près des sources thermales sulfureuses de Saliane, et dans l'enceinte même de la ville, dans les trous d'où l'on extrayait de la terre à briques. Chaque insecte vivait isolé dans son trou, mangeant des lombrics et des chenilles, et sortant le soir de son réduit, mais ne s'en écartant pas beaucoup.
La plupart des Mégacéphales sont américaines, et ont les mêmes mœurs, chassant et volant le matin et le soir, et se tenant cachées dans des trous en terre pendant la grande chaleur du jour. Tel est le Megacephala carolina, L,, des rives sablonneuses du Mississippi (pi. vu, fîg. 7: 2 a, antenne ; 2 6, labre; 2 c, mandibule; 2 d, mâchoire et palpes maxillaires; 2 e, lèvre inférieure et palpes labiaux). — Une espèce de la Guyane se réfugie sous les bouses sèches, dans les trous profonds creusés par les Coléoptères coprophages. Quand on veut la saisir , elle défend l'entrée de sa caverne ; mais, dès qu'elle s'aperçoit que sa résistance est inutile, elle se précipite au fond, où il faut introduire une longue paille que l'insecte saisit dans ses fortes mandibules, se laissant tirer au dehors sans Llcher prise. Il y a en Afrique, au Sénégal, des Mégacéphales sans ailes, ne sortant que le soir, selon l'habitude du genre, mais qu'on trouve quelquefois pendant le jour en brisant les mottes de terre dans les champs que l'on prépare pour semer du riz.
Le catalogue de MM. Gemminger et de Harold place ces insectes dans deux genres distincts : Megacephala (ex. : M. senegatensis, Latr.), à espèces d'Afrique, d'Amérique méridionale, d'Australie, et Tetracha (ex. : T. euphratica, carolina), à espèces bien plus nombreuses, surtout des deux Amériques, de l'Australie, sans espèces chinoises ou indiennes, ni africaines, ni des îles sondaïqueset polynésiennes.
CICINDÉLIDES. — OXYCHEILA, MANTICORA. 255
OVV€BElL..%, Dej. — Tète moyenne, un peu allongée; antennes filiformes, grêles; yeu$ petits; mandibules cachées sous le labre.
Toutes les espèces de ce genre sont de l'Amérique méridionale chaude et surtout du Brésil. Le type est YOxycheila tristis, Fabr., dont la tête est représentée pi. vu, fig. 8. C'est la seule commune dans les collections.
Les Oxycheiles sont d'assez grands et beaux insectes , ordinairement noirs avec une tache jaunâtre sur chaque élytre. M. Lacordaire a trouvé plusieurs fois VO. tristis dans les environs de Hio-Janeiro, sous des pierres, au bord des ruisseaux, très-agile, mais ne volant pas et faisant entendre un bruit assez fort en frottant ses jambes contre le bord de ses élytres.
ni.%llTlCOn.4, Fabr. — Mandibules fortes, arquées, plus longues que la tête ; antennes minces, filiformes. Élytres très-larges, chagrinées, soudées, sans ailes en dessous. Pattes grandes, à poils roides.
Les Manticores sont de bien plus grande taille que les autres Cicindélides, entièrement noires, courent avec vivacité sur le sable et se cachent sous les pierres. Ces insectes sont tous de l'Afrique australe (Cafrerie, Cap, Mozambique, Port-Natal et N'Gami). Nous citerons le Manticora viaxiUusa, Fabr., ou tuberculata, deGeer (pi. vji, fig. 6), du cap de lionne- Espérance. Ce grand insecte, que sa couleur, l'absence d'ailes, ses formes trapues, ses pattes robustes et velues font ressembler à une Araignée du groupe des Mygales , est rare dans les collections , car l'extrême rapidité de sa course rend sa capture fort difficile. Les Manticores se réfugient plusieurs à la fois dans des trous circulaires communiquant à de nombreuses galeries dont la profondeur dépasse plusieurs mètres. Écoutons, au sujet de la chasse aux Manticores, M. de Castelnau : « 11 a été donné à fort peu d'entomologistes de voir en nature les insectes singuliers qui nous occupent, et ce fut avec un véritable saisissement que, lors de mon voyage en Cafrerie, après avoir traverse la chaîne de montagnes qui sépare le Long-Kloof du Karoo, j'aperçus tout ;l coup une Manticore immobile au grand soleil. Je lis aussitôt arrêter mon wagon traîné par sept paires de bœufs, et je m'approchai de l'objet de ma convoitise; mais, plus rapide que l'éclair, il disparut tout à coup, sans que je pusse me rendre compte de la manière dont il avait opéré sa retraite. Vivement contrarié, je me vis obligé de continuer ma marche ; mais, le lendemain , et déjà près de l'Olilant-river (rivière des Éléphants), je venais d'arrêter ma petite caravane pour faire préparer le dîner, lorsqu'en me promenant autour du camp, je vis tout à coup, sur un espace découvert laissé par les plantes basses et épineuses qui forment la végétation de ce sol sablonneux, une Manticore immobile, ayuut le corps penché en arrière et tenant ses formidables man-
256 COLÉOPTËRKS.
dibules hautes et ouvertes. Rendu prudent par ma mésaventure de la veille, je n'approchai de mon insecte qu'en me dirigeant de manière que mon ombre ne pût pas l'avertir de ma présence; cependant il parut tout cà coup s'apercevoir de quelque chose et prit sa marche rapide; mais j'étais assez près pour pouvoir le joindre, et, en me jetant sur le sable, je parvins à le saisir. Je ne saurais dire le plaisir que j'éprouvai à examiner ma proie. »
La recherche des insectes n'est pas toujours inoU'ensivc dans les régions chaudes. M. de Castelnau dit plus loin : « Une autre fois je vis une Manticore courir vers moi avec la rapidité ordinaire des mouvements de ces animaux ; mais, en m'apercevant, elle s'arrêta tout à coup et dirigea sa marche de manière à former un angle droit avec la direction qu'elle suivait précédemment ; tout à coup, ayant rencontré un monticule de sable, elle s'adossa contre et se mit sur la défensive. J'allais presque la saisir, lorsque j'aperçus, à L' ou 3 mètres de moi, un cobra-capel, le plus dangereux reptile de l'Afrique australe, qui évidemment lui donnait la chasse ; me trouvant sans armes, je me retirai rapidement et laissai ma brave Manticore se débattre contre son terrible adversaire. »
On peut terminer les Cicindélides par quelques genres qui n'ont plus d'onglet mobile au lobe interne de la mâchoire, et se rapprochent par là des Carabides, où ce caractère est très-habituel.
4;TK:%0ST©MA, Klug. — Une petite dent à rûcliancrure du menlori. Éljtreà étroites à la base, reiillées à l'extrémité.
Ce genre renferme surtout des insectes de la Guyane et du Brésil, sans ailes sous les élytres; à corselet cordiforme; à corps allongé, étroit, de moyenne taille, bronzé et brillant, avec le bout des élytres et une bande blanchâtres. Ils courent très-vite, à la chaleur du jour, sur le sol des bois, les troncs des arbres, les clôtures des plantations. — Ex. : Ctenostoma ichneiimoneum, Dej., du Brésil. — PL vu, fig. li'- hu, lèvre inférieure; Z|6, antenne; àc, patte antérieure du mâle. — Le nom est tiré de la ressemblance de forme avec un Hyménoptère, ce que présentent aussi d'autres espèces du genre : ainsi, CL formicarium, Fabr., de la Guyane. Il y a une espèce à Mexico, une à Buenos-Ayres, une au Venezuela.
PO(;o:%'Ot«TO.n %, Klug'., ouPsjlocera, Brullc, syn. — Élylres allongées, parailèles, épineuses à l'extrémité. Antennes et pattes très-longues et très-grêles.
Ce genre, dont on connaît onze espèces, est exclusif à Madagascar, et comme parallèle au genre américain précèdent. Ce sont des insectes de couleur uniforme, variant du bleu au noir, courant avec rapidité sur les feuilles et s'envolanl uisémeut.
CARABIDES. 257
Famille II. — CAUABinKS.
(letle lamille est beaucoup plus nombreuse que la précé<leale. La tète est ordinairement plus étroite que le corselet. Les mandibules sont en général peu ou pas dentelées; les palpes labiaux, à trois articles libres, aussi grêles que les maxillaires ; les mâchoires presque toujours dépourvues d'onglet articulé. Les antennes sont, à peu d'exceptions, simples et filiformes ; les pattes, conformées pour la marche sur la terre, robustes, mais longues et sans dentelures, qui gêneraient la course. Leurs formes sont plus lourdes, moins sveltes que celles des Cicindélides. Les espèces ailées font peu usage de leurs ailes, et il en est qui manquent d'ailes sous les élytres. Les yeux sont bien développés, souvent saillants, on rapport avec la nécessité d'une vision étendue pour la chasse. En outre, cette grandeur de l'organe de la vue est liée pour beaucoup de Cirabides à des habitudes crépusculaires ou même nocturnes. On sait que di; nomhreuv animaux, dans les classes les plus diverses, ont les yeux grands et saillants, afin de mieux recueillir le peu de lumière des crépuscules.
Les (.'.arabides se cachent en général pendant le jour, à l'abri de la chaleur cl de la lumière, différents par ce fait des Cicindélides. On les trouve alors sous les pierres, les écorces des arbres, dans la mousse, sous le sable, sous les racines, quelquefois sur les troncs et rarement sur les feuilles des herbes et des arbres. Certains genres sont spéciaux au bord des eaux ; la plupart aiment à courir dans les chemins, dans les sillons, au milieu des gazons secs.
Le tube digestif de ces carnassiers n'a qu'une ou deux fois la longueur du corps; présente un jabot, un gésier avec pièces cornées internes pour la trituration; un estomac à parois munies d'appendices ccccaux, et à rextrémité duquel débouchent deux paires de vaisseaux de Malpighi; un rectum renflé et court. Les femelles ont des gaines ovigèrcs nombreuses, très-allongées, indice d'une ponte considérable. En effei, la \ie à découvert, sans abri et sans industrie, de ces insectes, dont un très-petit nombre chasse exceptionnellement à l'embuscade, les expose à la destruction.
Les larves des Carabidcs sont allongées, assez dures^, agiles, à six pattes thoraciques bien développées, carnassières. Leur bouche a de fortes rtiandibules acérées et courbes. Leur corps a douze anneaux, moins la tête, dont le jjpemier est recouvert d'une pièce écailleuse, et le dernier muni d(! deux appendices coniques. Elles ont en général cinq articles aux antennes et quatre aux palpes maxillaires. On n'en connaît qu'un petit nf)mbre et beaucoup moins encore de nymphes. La vie des larves paraît être longue, peut-être de plusieurs années pour quelques espèces. Les adultes sont surtout communs au printemps et en automne; on en prend au reste en toute saison, même en hi\er, dans les fentes des arbres, sous les pierres, dans les feuilles sèclies. Tout est approprié chez
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les larves à une vie de chasse active. Le corps est uniformément cuirassé en dessus et plus ou moins atténué en arriére. Elles sont d'habitude d'un gris noirâtre, et ont à la tète des ocelles, souvent au nombre de siv paires sur deux rangs. Les segments de l'abdomen ne différent guère de ceux du thorax que par l'absence de pattes. A peu d'exceptions (Calosomes), elles se cachent sous les pierres et dans la terre avec plus de soin que les adultes, ce qui fait qu'on les rencontre rarement. A part les larves de quelques espèces du genre Pasimachus, elles chassent à découvert, sans abri, sans ruses, et vivent comme les adultes de chenilles, lombrics, limaces, etc. Certaines espèces paraissent herbivores, par une inversion de régime assez usitée chez les Insectes.
Les Carabides, à la différence des Cicindélides, se trouvent partout, et, avec quelques Charançons et Chrysomèles, sont les Coléoptères qui s'avancent le plus près des glaces éternelles, des pôles de la terre ou des sommités des montagnes. Ce sont surtout les régions froides et tempérées du globe qui présentent le plus grand nombre d'espèces de Carabides ; les régions tropicales n'en sont cependant pas dépourvues, et souvent sont habitées par des formes spéciales.
Th. Lacordaire établit deux légions dans cette grande famille des Carabides, ou Carabiques des anciens auteurs, partie des Créophages de C. Duméril. Les uns (Grandipalpes de Latreille, Simplicipèdes de Dejean) ont les jambes antérieures entières, avec les deux éperons le plus souvent au sommet ; ils se groupent autour des genres Omophron , Elaphrus, Hiletus, Carabus , Cychrus. La seconde légion, bien plus nombreuse, a les jambes antérieures plus ou moins échancrées au côté interne, avec les éperons, lun anté-apical, l'autre apical. Cela correspond, dans Touvrage longtemps classique en France de Dejean, aux Troncatipennes, Scaritides, Patellimanes, Féroniens, Harpaliens et Subulipalpes. Cette indication permettra facilement de répartir dans ces groupes, si on le juge convenable, les genres principaux que nous allons faire connaître.
Jacquelin du Val adopte les mêmes divisions, réduites aux genres européens.
GENRES PRINCIPAUX
AIVTHI.%, Wcber.— Tôte grande, dégagée; languette cornée très-longue, saillante entre les palpes labiaux ; second article des palpes des deux sortes très-long. Élytres ovales, convexes, tronquées à rextrémilé et laissant paraître un peu l'abdomen.
Les espèces de ce genre sont presque exclusivement africaines, quelques-unes asiatiques, une d'Arménie, une d'Arabie, deux des Indes orientales, A. orientalis, Hope, et A. scx()ultata^ Fabr.
Los Anthies sont de grands (îarabides noirs, ayant pour la plupart des taches blanches, en nombre variable, formées par une sorte de duvet.
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Ils habilenl surtout les régions sablonneuses de l'Afrique australe : ainsi, près du Cap, vivent dans le sable, sous les pierres, non loin des eaux, et répandent une liqueur caustique par l'anus à la façon de nos Carabes. Citons r^. decemguUala, Linn. (pi. vni, fig. 1, sa bouche), espèce du cap de Bonne-Espérance.
GR iPlliPTEUlji^, Latr. — Tète ovale, antennes filiformes. Tarses antérieurs simples. Élytres larges et arrondies.
Ces insectes, de taille moyenne et sans ailes, habitent les régions non cultivées des diverses parties de l'Afrique. Ils sont ornés de taches ou de lignes blanches ou cendrées se détachant sur un fond sombre et produisant un frès-joli aspect. Ils courent sur le sable à la plus forte chaleur du jour, et, quand on les prend, font entendre, en frottant les cuisses postérieures contre les larges élytres débordant l'abdomen, une stridulation analogue au mot xcxé. Très-carnassiers, ils se dévorent si on les réunit. — E\. : G, TnuUigattatus, 0\i\ ., d'Egypte.— PL vin, tig. 2 : 2 a, lèvre inférieure et mâchoires ; 2 6, extrémité d'une patte antérieure. — Il a été trouvé aussi en Algérie.
HELLIJO, Bonelli. — Tète assez rétrécie postérieurement, antennes moniliformes. Élytres soudées, allongées, tronquées au bout; pas d'ailes.
Les insectes de ce genre sont propres à l'Australie, vivent sous les pierres et exhalent une odeur plus forte encore que nos Carabes. Ils comprennent trois espèces de grande taille, dont le type et le plus grand est 17/. coatatuSj Bon. (pi. viii, tig. 8).
P.%*»l.n.4€Ul!i9, Bon.— Antennes courtes et robustes; tête large, subquadrangulaire. Elytres ovales, rclrécies en arrière, à bords latéraux tranciiants.
Ce geni'eest exclusif aux États-Unis, à la (Adiluiuie, à l'Amérique boréale. Ce sont de beaux Coléoptères d'un noir bleuâtre ou violacé, souvent avec bordure métalhque. Ils sont intéressants par les mœurs de leurs larves, exceptionnelles chez les Carabides et indiquées par Leconte. Les unes, de même que cliez les Cicindèles en larves, font des trous profonds dans le sol, en ferment l'entrée avec leur large tète, se jetant sur les insectes qui passent. Ainsi se comporte la larve du P. elongatus, Leconte, du Missouri. Chez d'autres espèces, les larves vivent sous les écorces des arbres morts, par exemple pour le P. marginatus, Fabr., de l'Amérique boréale.
C.4S.\OXl.%, Latr.— Tête en losange, amincie en arrière. Corselet en col allongé, cylindrique, Irès-'.étrèci antérieurement. Antennes beaucoup plus courtes que le corps ; tarses grêles.
i'.Q>. insectes, des régions chaudes des douv mondes, ont des couleurs métalliques, vivent dans les endroits sablonneux, au bord des mare-
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cages; courertt et volent comme les Cicindèles à pou de dislance, se posent sur les feuilles, — Ex. : ('. seimialevsis^ Lepelletier S.-Farg. et Serv., de Corée (pi. vin, fig. 3).
Ces Carabiques de petite taille ont un aspect élégant, dû à leur long et svelte corselet; leurs élytrcs ont souvent des taches blanchâtres ou jaunâtres, rappelant la coloration des Atielabes (Curculioniens). Il eu est deux espèces d'Australie et une d'Algérie, le C. Olivert, Buquet, trouvé près de Bône, d'un noir brillant, à élytres jaunes ;, noirâtres à la suture, à pattes jaunAtres.
ACRA, Fabr. — Tète ovalaire, très-rétrécie en arrière; antennes filiformes. Corselet cylindrique, allongé^ rétréci en avant. Élytres longues, étroites.
Ces magnifiques insectes à couleurs métalliques sont rares dans les collections. Les espèces très-nombreuses de ce genre, des contrées tropicales de l'Amérique, sauf une, comme perdue à la Nouvelle-Calédonie, se trouvent sur les arbres, blotties en général dans les feuilles roulées en cornet par d'autres insectes, ayant en avant les antennes et les pattes antérieures, tandis que les autres pattes restent appliquées contre le corps. Si l'on louche à leur retraite, qui est sans doute une embuscade, elles se laissent tomber à terre et courent pour s'échapper en vacillant, vu la longueur exagérée de leur corps. — Ex.: A. splendida, Lalr., Dejean, cà élytres d'un beau vert bronzé, du Pérou. — PI. vjn, fig. 10: 10 a, tête de face ; 10 b, palpe maxillaire isolé ; 10 c, crochets des tarses ; 10 d, tarse isolé à quatrième article profondément bilobé.