‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservationChapitre 25 sur 67 · GENRES · texte numérisé non relu

GENRES

ltit%f'IIIîVt'^, Weber. —Antennes sétucées. Élytres nettement tronquées à l'extrémité et ne recouvrant pas tout l'abdomen; des ailes sous les élytres.

Les Brachins se rencontrent en sociétés nombreuses sous les pierres. Ce sont d'élégants Carabides, de petite taille dans les pays tempérés, dont le svelte et brillant corselet se détache en rouge sur des élytres bien plus larges, vertes ou bleues. Ils sont faibles et ne peuvent vivre que des plus chétives proies. Les gros carnassiers se mettent volontiers à leur poursuite. 0 surprise ! de petites explosions se font entendre, une vapeur corrosive sort en forme de fumée par l'anus de ces Brachins : l'ennemi est mis en fuile à coups de revolver. On assure en outre que la nuit il y a ime légère phosphorescence. Les fumées sont très-acides, rougissent le tournesol et répandent une odeur analogue au gaz nitreux. Elles provieiuietil d'une paire de glandes abduminaies branchues, situées au-dessus du rectum, et s'ouvrant par un pore de chaque côté de l'anus. Un muscle sphincter sert à lancer le liquide volatil. De là le nom de Canonniers ou Bombardiers donné à ces petits

CARABIOES. — BRACHINUS, OZ.ENA. 261

Coléoplrres ; de là les épitliètes spécifiques : ainsi le lî. crcpilaim, Linu., qu'on trouve dans toute IKumpe, Irès-eomniun toute l'année aux environs de Paris, et qu'on a quelquefois renoonlré sur des cadavres de vertébrés; les B. sclopela. Fabre, i-xplndenSj Dufl., etc. On a détacbé des Rracliins un sous-genre sous le nom à'Aptiniis, Bon., pour des espèces du midi de la France privées d'ailes sous les élylres. moins larges aux épaules, comme les Carabes par rapport aux Calosomcs. de mêmes mœurs, à explosions. C'est sur VA. displosor, Du four, ou halista, (iermar, d'Espagne, que Féon Dufour a étudié l'organe explosif : linsecte inquiété peut produire jusqu'à douze décharges avec détonation. Fes espèces exotiques sont de bien plus grande taille; l'explosion est plus violente et le liquide projeté peut causer des urtications sur la peau. Fes espèces très-nombreuses du genre Brachlnus proprement dit sont d'Europe, des deux Amériques, de Chine, de Birmanie. Elles manquent dans les îles sondaïqucs, l'Australie, la Polynésie. Fes Aptiuus sont de l'Europe méridionale, de l'Afrique et une espèce de Java. On n'en cite ni d'Amérique, ni d'Australie.

Nous ne trouvons dans les environs de Paris que les Bombardiers en miniature, de Zi à 8 millimètres de long, cités plus baut et reconuaissables à leur corps d'un roux clair, à leurs élytres ardoisées. C'est au début du printemps qu'on les cherchera sous les herbes à demi pourries et sous les pierres tombées au pied des vieux murs. Feurs explosions sont faibles, et il faut de l'attention pour les observer. Bien plus forte est l'éjaculation de l'Aptinus displosor, qui est plus grand, noir, à corselet rouge et à élytres cannelées. On le trouve dans les lieux secs des montagnes des Pyrénées-Orientales, de l'Aragon et de la Navarre, et sa vapeur anale rougit le tournesol, brûle un peu la peau et la tache en brun. Fa poussière acide de ces explosions recouvre l'insecte quajid on le tient entre les doigts, et, après une douzaine de décharges, les glandes épuisées ne donnent plus qu'une liqueur jaunâtre qui se fige bientôt.

Fes espèces de la plus grande taille et de lu majeure puissance explosive des anciens firac/u'/iMS, forment maintenant le genre Pheropsophus, Solicr. Ce sont des Bracbins tachés de bandes ou de macules ferrugineuses sur un fond noir ou brunâtre, et dont la disposition i*elati\e des (ouleurs varie beaucoup dans les mêmes espèces. Fe P. hispanicus, Dej., est propre au midi de l'Espagne; les autres espèces sont des régions chaudes des deux continents. — Ex. : P. Jurinei, Dej., du Sénégal pi. vin, iig. [\].

0'£.r,%\. Oliv. — Tète assez grande; antennes épaisses, moniliformes. Élytres non tronquées recouvrant complètement l'abdomen.

Il eu rrsullc i)our ces Insectes un aspect diil'érent de celui des Braclnns. ils sont bien plus élargis. Ils ont, comme les Bracliius, la pro-

262 COLÉOPTÈRES. — CARABIENS,

priété de lancer par l'anus une vapeur caustique, afin iTéloigner les enneniis. Insectes exotiques des deux mondes.

On ne comprend plus actuellement dans le genre Ozœna (Oliv.) qu'une seule espèce, VO. dentipes, Oliv., assez grand insecte d'un brun noirâtre, fort rare, de la Guyane. Dans un genre tout voisin, i'rtc/t)/teles, Perty, et formé d'espèces de l'Amérique tropicale, plus deux d'Afrique et une des Indes, nous citerons le P. Bugeri, de la Guyane (pi. ]x, fig. 9, antenne grossie).

xm€HOG:v.%TllE'!i, Latr, — Antennes assez longues, à premier aiiicle long ; mùchoires ayant à leur base un tubercule poilu.

De l'Amérique méridionale, Colombie, Tîrésil, Guyane. — Ex.: Tr. marginipennis, l.nlr., de l'intérieur du Brésil.— PI. vin, fig. 5: 5fl, lèvre inférieure et mriclioires, avec les poils des mâcboires visibles derrière les mandibules. — Vivant sous les troncs d'arbres abattus, et très-agiles.

C;.%LGRITA, Fabr. ■ — Antennes très-longues, à premier article très-long; tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles dilatés en dedans.

La plupart des espèces de ce genre sont des deux Amériques, se prolongeant même jusqu'à la partie boréale, se tenant dans les vieux troncs d'arbres, sous les pierres, dans les herbes, très-promptes à la course, et ne paraissant pas se servir de leurs ailes; d'assez grande taille, à corps bleuâtre, à lète et corselet souvent d'un rouge ferrugineux. Leurs antennes sont épaisses à la base, diminuant rapidement vers l'extrémité. Il en est des espèces des régions chaudes de l'Afrique, de l'Hindoustan, de la Birmanie. On n'en connaît pas des îles de la Sonde, ni de l'Australie, ni de la Polynésie. M. Salle a le premier fait connaître les premiers états très-remarquables du G. Lecontei, de l'Amérique boréale. La larve a une forme anormale parmi les larves de Garabiques : sa tète porte une longue corne fourchue, et est armée de grandes mandibules en faucilles; les segments du corps sont très-séparés et à contours très-arrondis, poilus, ainsi que les longues pattes ; le dernier anneau porte deux longs stylets entre lesquels fait saillie un tube anal. Cette larve, qui marche à reculons quand on l'inquiète en avant, vit dans la terre humide. Elle se change en nymphe dans une faible coque de terre retenue par des fils, et la nymphe ofl're les cinq premiers segments abdominaux prolongés de chaque côté en un appendice muni d'une forte épine. Le type du genre est le G. americana, Linn., de l'Amérique du Nord. — PI. vni, fig. 6, lèvre inférieure et mâchoires; fig. a, tarse antérieur du mâle. — Les élytres des Galériles sont tronquées ù l'exlrémilé, ainsi que dans les genres voisins.

CARABIDES. — ZUPHUIM, LI.BIA, MORMOT.YCE. 203

WAl*HH^Ë, Lutr. — Antennes filiforines, assez longnes. Corselet aplati, conlifornie ; pattes moyeinies.

Insectes de taille médiocre, d'odeur (rrs-furle, vivant sous les pierres. Le type est le /. otens, l'abr., du midi de la France et de l'Iùirope (pi. VIII, fig. 7, sa [èle cl son corselet), i.e genre apparlienl aux régions chaudes du glube, à l'Australie, à l'Afrique, à l'Amérique, pour quelques espèces. Oulre l'espèce type que nous avons citée, il en est une espèce en Algérit^ et une autre en Sicile. Ce sont des Coléoptères noirs, brundtres, ferrugineux ou jaunâtres, qu'on rencontre rarement, ce qui les rend précieux aux. amateurs.

I»nvi»T.%, Fabr. — Antennes filiformes. Corselet allongé, étroit, cylindrique. Élyties ovalaires; pattes longues.

Ce genre ressemble aux Cicindèles pour l'aspect. — Ex. : D. rii- (ïcullis, Dej., du Sénégal. — l'I. vin, tig. 9 : 9 « , sa grandeur naturelle.

— Ce genre appartient aux régions chaudes de l'ancien monde. L'Europe en possède une espèce, D. dentaia, Hossi, ou emarginata, Fabr., ou'on trouve en Italie, en France, en Angleterre, dans les bois humides et marécageux.

liEUI.%, Latr. — Antennes assez courtes, filiformes. Articles des tarses subtriangulaires -, crochets tarsiens dentelés en dessous.

Les Lébies sont d'élégants insectes, à corselet cordiforme, à corps aplali,;'i élytres larges, subreclanglcs, tronquées à l'extrémité; se cachant sous les pierres ou les écorces; où le bleu et le brun dominent, avec éclat métallique; très-agiles à la course. Nous figurons le L. {lavomaculata, Guér. , 6m Sénégal. — Pl.viii, fig. 11: lig. lia, lèvre inférieure; 11 b, mâchoire ; 11 c, patte antérieure du mâle; 11 d, crochet tarsien.

— Les espèces de ce genre sont absolument de tous pays et très-nombreuses.

IIKiniiorTCR, Hagenbach. — Antennes très-longues. Corselet long, dilaté sur les bords. Élytres tronquées à l'exlrémilc, avec une grande expansion membraneuse latérale. Abdomen déprimé. Membres longs et grêles, à articles comprimés.

Le genre Mormohjce n'a compris longtemps qu'une seule espèce, des forêls de l'île de .lava, le M. phijKodes, Hag., signalé pour la première fdis aux amateurs en 1825. Cette espèce, longtemps fort rare dans les colleclions, atteignit un i»rix excessif à cause delà furme singiilièie de ses élylres clargies e! débordant le cor|)s à la façnii d nue Icnillc (pi. X, tig. 7). La larve et la nyui|ili(' iront elô (lé(uii\crle~ que l'èceni-

264 COLÉOPTÈRES. — CARARfENS.

ment par M. Vciiiuell. La larve se ra[)i)roche toul à (ait, par sa forme allongée et presque partout de inèine largeur, de celles des Carabes et des Calosomes ; elle vit sur les troncs et les racines des arbres de haute futaie, dans les forêts profondes de l'île malaise. La nymphe commence â présenter un élargissement en rapport avec la forme de l'adulte.

Voyez en outre pi. x : 7 a, menton et lèvre inférieure; 7 6, labre; 7c, mandibule; 7 d, mâchoire et palpes.

I*endant longtemps on ne connut qu'une seule espèce du curieux genre Mormolyce. Grâce auv chasses de M. le comte de Castelnau, deux nouvelles espèces très -voisines ont été découvertes et publiées par M. H. DeyroUe, sous les noms de M. Hayenbachi, de Sumatra, et Castelnaui , de la presqu'île de Malacca. La forme des élylres élargies paraît varier pour chacune des trois espèces ^ selon les individus et les localités. La taille de l'espèce célèbre, qui est le type du genre, peut différer de 11 centimètres jusqu'à 6.

On a cru que les Mormolyces , d'après leur extrême aplatissement, devaient vivre sous les écorces. M. de Castelnau n'a jamais rencontré aucune des trois espèces connues sous les écorces, mais toujours, dans le voisinage des marais, sous de gigantesques troncs d'arbres tropicaux renversés. Jamais il n'en a trouvé à l'air libre, ni le jour ni la nuit. Lorsque, à l'aide de vingt ou trente indigènes, un de ces arbres immenses avait été déplacé , les Mormolyces apparaissaient en dessous, serrés entre le tronc et la terre, restaient un instant immobiles, éblouis par la lumière, et fuyaient bientôt avec la plus grande rapidité, au moyen de leurs longues pattes à articles comprimés, si l'on ne s'était empressé de les saisir.

SI/lGOIVA^ Latr. — Menton très-granJ ; antennes filiformes, amincies graduellement. Corselet très-rétréci postérieurement.

Ces insectes, aplatis, de couleur sombre, sont de l'ancien monde, du continent africain et de l'Hindoustan. On en lrou\e cinq espèces dans le midi de l'Europe. — Ex. : N. etnopo'd, Dej., pi. ix, tig. l 1 6, sa grandeur naturelle), assez commun en Sicile. Les Siagones, de (aille grande ou moyenne, tantôt aptères, lanlôl ailées, et cela parfois dans la même espèce, vivent sous les pierres et dans le sable, dégageafit une forte odeur, comme les Oza'iia et les IIclluo.

JEXCEI>AI»l'^j Ron. — Caractères de la bouche et des antennes analogues au précédent. (Jorsclel transversal, fortement cordil'orme. l'iijtrcs ovales.

Genre fondé sur une seule espèce, de grande laillc, noire, à élylres sillonnées, de la (iuyane occidentale et de la Cidombie, l'y:'. //'','/"^, I^onelli, longtemps très-rare.— l'I. ix, lig. k- Un, lêle en dessous, pour

CARABIDES.— OXYSTOMUS, SCARITES. 265

montrer le rnenton iiiailiciilc el adhérent à la tète pr.v deux sutures longitndin.-tles.

OXVftiTOMl'!!», Latr.— Mandibules très-saillantes, aiguc's ; antennes plus mûries que les mandibules. Jambes de devant tres-digilées.

Ce sont des inseeler; auiéricains, particnlier? au lirésil. Il y en a deux espèces, assez grandes, d'un noir brillant, à élytres fortement striées. L'une d'elles est VO. Suncti-HHarii Latr., espèce dédit^e au botaniste voyageur, A. Saint-liilaire, de l'intérieur du lîrésil.— PI. ix, fig. '2: 2 rt, son antenne grossie.

S€.%KlTi;*f, Fabr. — Tète grande; mandibules très-grandes, arquées; antennes plus longues que les mandibules. Jambes antérieures à trois digitations^ propres à fouir.

Les Scarites, très-nombreu.v en espèces, sont des Coléoptères du midi de la France, habitant les plages sablonneuses de la Méditerranée: ainsi près de Cannes, de Nice, etc. On en trouNC, dans les zones chaudes des deux mondes et en Océanie, près de la mer. Ils sont noirs, avec une tète énorme insérée sur un corselet en demi-cercle et armée de deux fortes mandibules. Ces insectes, très-carnassiers et semi-nocturnes pour la plupart, se creusent des galeries dans le sable, et sortent la nuit pour chasser. Il en est au contraire qui courent pendant la plus forte chaleur du jour. La plus grande espèce française, le S. (jiyas, l'abr., se tient h; corps à demi hors de son terrier, à la façon d'iui Grilloii, et présente, écartées comme une pince, ses fortes mandibules, teiniilles puissantes saisissant les iui-ectes qui passent.

C'est ainsi qu'il guette à l'alfùt les Mélasomes, dont il se nourrit, et qui courent dans la journée sur les sables brûlants. Au contraire , ces grands Scarites sortent pendant la nuit el les journées sombres, el surtout les mâles, bien plus vagabonds que les femelles, qui sortent peu de leurs trous. M. de la Hrûlerie nous rapporte leurs combats, observés sur les plages deseinirons de Malaga, sans doute pour la possession d'une femelle. « C'était plaisir de les voir pi'cndre champ, et, dressés sur leur {iremière paire de pattes, roides eu a\ant, se mesurer de !a dent. Tous deux ensemble ils s'élancent, enlacent leurs mandibules, serrent et secouent avec rage. L'un et l'autre font d'iiuililes ell'orts pour blesser son adversaire ou le forcer à lâcher prise, dràce aux armes et aux cuirasses égales des deux champions, celle première attaque reste sans résultat, lisse séparent, reculent de ([ueiques [las et s'elaucent tie nouveau. Celte fois le plus adroit réussit à saisir l'autre par la taille, c'est-à-dire [tar le pédoncule étroit qui joint le i)rotliorax au reste du corps. 11 serri' de tout suu [)iiuv(iir : sou iuteiilion manifeste est de couper en deux son ennemi : mais c't'sl en vain, il ne ijar\ienl même pas à entamer su carapace, .\lors, au lieu d'user ses furces eu [lure pt'rte,

266 COLÉOPTÈRES. — TARA RIEINS.

il prend un autre parti. Roidissant en avant plus que jamais ses pattes antérieures, et fléchissant en arriére son prollicrax, dont rarticulation mobile lui permet de donner à ce mouvement une amplitude peu ordinaire chez les Carabiques, il élève verticalement ses mandibules, et tient ainsi son adversaire enlevé de terre. Le pauvre Scarite, privé de point d'appui, agite en vain ses pattes, ouvre et ferme sa bouche sans rien saisir que le vide, puis cesse de faire aucun mouvement. Mais le vainqueur inexorable ne se laisse pas prendre à ce stratagème ; il continue à rester immobile et à tenir en l'air son adversaire. »

La chasse de cette curieuse espèce peut intéresser les personnes qui vont passer l'automne ou le printemps sur les rivages au doux climat de l'Kurope méridionale.

(!iC!.%l>TKRl'i§, Dej. — Mandibules médiocres-; antennes très-courtes. Jambes antérieures offrant quatre dentelures au côté extérieur. Corps long et cylindrique.

Une espèce, S. Guerini, Dej., des Indes orientales, dédiéeàM.Guérin- Ménevillc.— PI. ix, fig. 3: Sa, patte antérieure; 3 6, tête vue en dessus. — Une seconde espèce du même pays.

./tCAUTHOiiriOl.lfii, Dej. — Mandibules grandes; antennes un peu plus courtes qu'elles. Jambes de devant très-fortement palmées.

Ex. : A. ru/icornis, Fabr., noir, à antennes rousses, du cap de Bonne- Espérance. — PI. jx, fig. 8 : 8 a, une des jambes intermédiaires vue en dedans. — Espèce unique du genre.

nvsnilBllJii, lîon. — Mandibules petites; antennes médiocres.

Ces insectes, presque tous européens, quelques espèces d'Amérique surtout septentrionale, et deux d'Australie, sont de petite taille, d'une couleur bronzée plus ou moins foncée, ils courent au soleil sur le bord des eaux, ou, à la moindre crainte de danger, s'enfoncent dans le sol, dont une faible pression les fait sortir. — Ex. : D. thoraciciis, Rossi, de toute l'Europe (pi. ix, fig. 6, sa patte antérieure Irès-grossie). — Il y a un très-grand nombre d'espèces, ou bien de couleur uniforme, ou bien avec les élytrcs ferrugineuses au bout ou tachées de fauve.

MORIO, Latr. — Corselet subcarré. Corps plat et lisse. Élytrcs longues, parallèles.

Insectes de couleur noire , à jambes élargies à l'extrémité , mais non palmées, vivant sous les écorces. — Ex. : M. siinplex, Dej., de la Guyane (pi. IX, tig. 7). — On rencontre le genre Mono dans les régions chaudes de l'Amérique et de; l'Afrique, à Madagascar, à C.eylan, en .Vusiralie, aux îles Philippines. 11 en est deux espèces aux contins orientaux de l'Europe, dans le Caucase et la ("olcliide.

CARABIDES. ■=- DITOMUS, CYf.LOSOMA. 2ttî

|>ITO^II-'S, Bon. — Antennes filiformes; mandibules courtes tn'S-arquées, Corselet élargi eu avant,

Les nitomes, presque Ions du midi de 1 Europe, de moyenne taille, de couleur sombre, généralement noire, sont peu agiles et se creu- Bent des trous dans les lieux chauds et sablonneux. Par une exception presque unique chez les Carabiens, on les trouve assez souvent sur les végétaux, surtout sur les Graminées : les pollens des anllii^res contiennent une matière azotée. Certains mdles sont curieux par leur léto prolongée et leurs grosses mandibules échancrées. — Ex, : D. rabjdonius, Rossi, du midi de la France (pi. ix, fig. H, lèle grossie^ et do toute l'Europe méridionale.

P%C'IIV«'.*nilS, Sdl. — Trie rétrécie à la base, arrondie sur les côtés. Élytres

soudées.

Ex.: /'. cyanpus, Dej., ou cœrulcus, Brullé, de Crimée, de Morée, de Syrie (pi, ix, fig. 10 ; la figure du l'achycarus csi un peu trop allongée); d'un beau bleu plus ou moins loncé, avec ponctualion forte ei serrée.

APOTOMI <sj^ llliger. — Tète petite; palpes maxillaires très-longs, filiformes, dépassant beaucoup la tète. Corselet globuleux ; tarses longs, filiformes.

Les Apotomes d'Europe vivent en société sous les pierres. — Ex. : A. rw/ws, Oliv., du midi de la France, d'Italie, d'Espagne — PI. ix, fig. 5: 5 </, mâchoire avec ses palpes; 5 b, lèvre inférieure et palpes labiaux; 5 c. grandeur naturelle. — Ces Coléoptères, très-curieux par leurs énormes palpes, sont de petite taille, d'un jaune ferrugineux ou brunAlre, légèrement pubescents. Outre le midi de l'Europe, on en a rencontré à Madère, au Sennaar, à Madagascar, à Ceylan, aux Indes orientales et en Australie.

Les Carabiens auxquels on peut doimer le nom général d'Harpales. très-nombreux, la plupart de petite taille, forment un des groupes les moins bien Cdiiinis de la triliu. Leur tète est en général plus étroite que le corselet. Leurs pâlies sont robustes, et, quoique assez courles, propres aune marche rapide. Les tarses antérieurs sont dilatés chez les mAlcs, et munis en dessous de petites écailles ou de poils serrés. Ces insectes sont répandus partout et vivent à terre ; on les trouve au milieu des champs, sur les roules et sentiers, au bas des arbres, et surtout sous les pierres, leur refuge lors des pluies, leur abri dans la saison froide.

CYCIiO^O.llA ou Cyclosomus, Latr. (nom mal fait) — Corselet court, en trapèze, fortement échancré en avant; élytres en demi-ovale.

E\. : C. Ilexuosus, Fabr., des Indes orientales. — i'I. ix, lig. 12: 12 c, lliorax vu en dessous pour montrer le slcrnnni ; 12 l>, palli- anté-

268 COLÉOPTÈRES. — CARABIENS.

rieure du mâle, avec articles du tarse dilatés en dehors; 12 c, mâchoire et palpe?.

Les Cyclosomes rappellenl les Omophrons par leurs furmes arrondies et leurs couleurs jaunâtres; mais ils on diffèrent par leurs jambes antérieures très-distinctement échancrccs. Leur aspect, comme celui des Omophrons, peu ordinaire chez les Carabiques, établit un passage aux Dyliciens ou carnassiers des eaux. Les espèces sont des Indes, du Sénégal, de (]eylan et de Port-Natal.

B.%liPALlJ§>, Latr. — Corselet subcarré, cordiforme ou trapézoïde ; forme du corps oblongue. Élytres allongées, presque parallèles.

Les Harpales sont des Carabiens de taille moyenne ou petite. La plupart des espèces sont noires ou d'un brun noirâtre luisant ; il en est de bleues, d'autres d'un vert cuivreux ou bronzé : ainsi les H. œneus, Fabr., à élytres finement striées, à pattes et antennes d'un rouge ferrugineux. Cette espèce est si répandue, qu'on la trouve à Paris, dans les cours et dans les moindres jardinets. Une espèce très-commune et très-voisine est le H. (listing uendus, Duft., comme l'autre vert ou vert bronzé, mais ayant les appendices noirs. Sa couleur passe quelquefois au bleu violacé, et ses stries sont plus marquées que chez VH. œneus.

Les mâles des Harpales sont toujours un peu plus brillants que les femelles. Les Harpales courent après leur proie par les champs et les chemins, dans les lieux arides et calcaires, et grimpent parfois à cet effet sur les plantes; ils aiment surtout à se cacher sous les pierres. Si l'on soulève ces pierres, on les voit rentrer dans la terre, leurs jambes épineuses étant propres à fouir. Les larves, encore mal connues, se tiennent dans la terre. Elles sont cylindriques, un peu aplaties, à peau écailleuse, avec une grosse tête munie de deux courtes antennes et de deux mandibules presque semblables à celles de l'adulte. Les Harpales se trouvent dans toute la terre, surtout dans les parties tempérées et boréales de l'hémisphère nord des deux continents.

On a détaché des anciens Harpalus de Latreille divers genres fondés sur de légers caractères, car les distinctions sont difficiles chez ces Carabiques. Ainsi le genre Pangus, Leconte, comprenant des espèces de l'Europe orientale, des deux Amériques, d'Afrique et d'Asie. On y place le Panyiis (ou Harpalus) speciosiis, Dej., ou «nco/or, Guér.-Mén. Ce bel Harpale, qui habite le lirésil, et qu'on envoie assez souvent pour les collections, a la tète, le corselet et l'écusson d'un rouge cuivreux trèsbrillants en dc.-sus, ces parties étant couvertes de points enfoncés et serrés. Les élytres sont d'un beau \ert, comertes de points enfoncés très-rapprochés , avec neuf stries lisses et étroites. Les antennes sont brunes avec le premier article ferrugineux. Le dessous et les pattes sont noirs.— PI. x, iig. 1 : 1 a ci 1 /', tarses atitérieur et intermédiaire, grossis.

CARATîlDES. — TRIGOîVOTOMA, FERONIA. 269

La famille des Carabides n'a pas do division pins nombreuse en genres et en espèces que les Féronies, à corps peu épais, à palpes tronqués à l'extrémité, à jambes antérieures échuncrées vers le milieu, non élargies. Les genres sont établis d'après dos caractères peu constants et peu tranchés, ce qui amène de grandes difficultés dans leur étude. Les Féronies vivent en général dans les lieux pierreux, quelquefois près des eaux; elles sont de toutes les parties du monde. Les tarses antérieurs des mâles ont les articles triangulaires.

Tni€:o.\OTOM,%. Dej. — Mandibules Irès-arquées ci très-aiguës ; antennes courtes, filiformes. Corselet subcordiforme. Élytres longues, ovalaires.

Ces insectes sont grands, ornés de belles couleurs métalliques, des régions chaudes indiennes et sondaïques, Java, Chine, Indes orientales. -— Ex. : T. viridirolUs,Mac Leay, ou indica, Brullé, du continent indien, à corselet d'un vert sombre. — PI. x, fig. 2 : 2 a, mcnlon grossi.

FI':llO\l.%, Latr. — Tète ovalaire ; mandibules arquées et aiguës à degré variable.

Le plus saillant des caractères, celui qui est presque exclusivement propre auv Féronies, c'est d'avoir, au milieu de l'écbancrure du menton, une dent bifide à l'extrémité. Les Féronies ont environ quatre cents espèces de tous les pays, des campagnes ou des bois, presque toutes noirâtres, certaines à couleurs métalliques. Elles sont répandues partout : on les trouve sous les pierres, les feuilles mortes, surtout dans les régions froides et tempérées de l'hémisphère boréal. Les petites espèces, du groupe des Anjutor de Dejean , aiment les lieux humides, et s'observent surtout au bord des mares ; quelques autres recherchent les forêts; un grand nombre vivent dans les montagnes. Elles sont noires pour la plupart, mais quelques-unes brillent d'un riche éclat métallique.

T>e catalogue de MM. Gemmingcr et de Harold n'a pas conservé le genre Feronia , par la même difficulté de détermination qui a fait abandonner aux zoologistes l'ancien genre Coluher de Linnjtus (Couleuvre}. Il le subdivise en un grand nombre de genres qui sont réellement des sous-genres. Tels sont : l'crciliis, Bonolli; Arfiutor, Mégerle; Pkit'idents^ Stephens ; Owa.seus, Ziegler; Steropus, Mégerle; Platijsina, Bonelli ; l'terostichus, Bonelli ; Abax, Bonelli; Homabsoma, Boisduval, formé exclusivement d'espèces australiennes et néo-zélandaises; Perçus, Bonelli ; Molops, Bonelli, cfc. Nous citerons les F. vulgaris {Omaseus). Lin n., ou me/a/îon'a, llliger, noir, de toute l'Europe, très-commun dans tous les chemins aux environs de Paris, et, par suite, trèsutile (son élytre, pi. x, fig. U, et son tarse, h a)\ cuprca {Pœcilus), Linn., de toute l'Europe, très-commun, d'un vert cuivré brillant; patruelis {Perçus), Dufour, ou navaricus, Dejean, d'Espagne et des Pyrénées

270 COLÉOPTÈUL^.— CAr.AP.iLNS.

orientaU's (son élylre, pi. x, fig. 3); Icnis [Steropns), (Jermar, du cap de Bonne-Espérance (palle antérieure, pi. x, fig. 10).

BROSt-tîiS, Panz., ou Cephalotes, Bon. — Grosse Icte ovalaire ; menton avec une dent simple au milieu de l'ochancrure. Corselet large, plat, cordiforme. Élylres allongées, ovalaires, parallèles.

Ex. : B.nohilis, Dej., ou ru/ipes, Ouér., d'Orient, de Syrie, à pâlies rougeâtres (pi. x, fig. 5), remarquable par sa couleur bronzée, tandis que les autres espèces sont en général noires.

Le genre Broscus comprend des espèces de l'Europe tempérée et méridionale, d'Egypte^ d'Orient, de Tunisie, el une espèce de Mexico. Ce sont des Coléoptères de taille moyenne, de forme assez allongée et élégante. On trouve assez communément dans une grande partie de l'Europe le B. ci'phalotes, Linn., peu agile, vivant dans les cliamps, sous les pierres.

PATROBt», Dej. — Tête triangulaire; menton ayant une dent bifide; tarses antérieurs des mâles ayant les trois premiers articles dilatés.

Les Patrobes sont surtout des contrées septentrionales de l'Europe el de l'Amérique, elviventau pied des arbres, sous les mousses et les détritus végétaux ; ils sont peu agiles, de taille petite ou moyenne, de couleur noire ou brune. — Ex.: P. septentrionis, Dejean, ou rufipes, Gyll., du nord de l'Europe (pi. x, fig. 6, tarse antérieur du mâle). Ecosse, Laponie, Suède. Groenland.

PRISTOXVt'DliS, Dej. — Corps allongé ou oblong, en général aptère ; yeux peu saillants. Corselet cordiforme; tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles dilatés.

Ces insectes, noirs, ou violacés, ou bleuâtres, assez grands (ex. : Prist. inffqualis. Panzer, ou terricola, Herbst, de toute l'Europe; pi. x, fig. 9, son antenne), vivent dans les lieux obscurs el humides, comme les caves, les souterrains, sous les pierres, etc. ; quelques espèces se trouvent dans les vieux arbres ou soue les écorces. Ce genre Pristonychus fait le passage par ses mœurs aux vrais Carabiens cavernicoles, cl se montre dans la partie antérieure des grottes, pouvant s'avancer sous terre jusqu'à un kilomètre (Lespés).

SPIIOURIIS, Clairv. — Caractères analogues. Corps déprimé.

L'espèce commune de ce genre, le S. /f'uc'o/j//^/i(//?/î»s,Linni,d(' ( onleiir noire, de grande taille, la seule de l'Europe septentrionale el (entrale^ se Irouve souvent dans les caves des vieilles maisons, sous les tonneaux ou sous les bûches, cl est pourvue d'yeux blanchâtres, malgré sa vie souterraine. Ses larves dévorent celles des Ténébrious et des Dlaps

CARAIUDES, — MlCnOCEPIlALUS, AMARA, /,AI'.R(.S. 271

qui vivoni aux mi-mcs eiilcnils, et l'adullnje nounil (ranimaiix de même genre cl de cloportes, l'iiisicurs espèces du yenre S[)hi)Jnis sont devenues les hôtes des grottes les plus profondes de la Carnlole et des Pyrénées ; leur couleur est d'un roux pâle; leurs yeux sont plus petits, et les ailes manquent sous les élytres. — Ex : .S. cavicola, Schaum., de Styrie et de Carniole. — M. Schauffuss a créé, pour ces espèces cavernicoles et quelques autres, le genre Anti-Splwdr us. F.e S. leucophthalmus, curienyi par ses yeux blanchâtres, a reçu divers synonymes, selon les pays d'Europe. Le genre a une espèce dans l'Himalaya et une en «iuinée.

MIC'noC'EPHAI<i:iN, Latr. — Tète allongée, petite. Tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles dilatés.

Syn. : genre Cynthia, de Eatreille, dans la dernière édition (1829; du Règne animal de C-uvier. — Ex. : M. depressicoUis, Dej. (pi. x, fig. 13 : 13 a, tarse antérieur du mâle). Habite le Brésil, comme les autres espèces du genre. Ce sont de beaux Coléoptères d'un noir brillant en dessous, bleuâtre ou violet en dessus.

Une particularité de mœurs remarquable doit être signalée dans les deux genres Amara et Zabrus. Leur régime paraît mixte, comme chez beaucoup- de Passereaux (Oiseaux); on les voit se nourrir de végétaux et aussi des larves qu'ils rencontrent sur les feuilles, dans les tiges, dans les racines. Leur corps est plus large que celui des Féronies, et leurs caractères analogues.

.%MAR.\, Bon. — Menton à dent bifide, peu saillante. Corselet plus large en arrière qu'en avant.

(^es Carabiens, de moyeiuie taille, presque tous ailés, de couleur métallique ou brune, rarement noire, sont très-nombreux en espèces, répandus partout, et surtout européens et de l'Amérique du Nord. Ils se caclient en général pendant le jour dans la mousse, sous l'herbe, sous les pierres, et sortent le soir. Il en est qui courent vivement au soleil dans les lieux secs et arides. On les rencontre fréquemment sur les liges des Graminées utiles à l'homme, et l'on assure qu'ils en dévorent l'intérieur. Il est probable qu'ils recherchent surtout les larves phytophages qui s'y trouvent, et sont ainsi plutôt utiles que nuisibles : ce n'est sans doute qu à défaut de ces proies qu'ils dévorent la substance végétale. Nous devons citer une espèce répandue partout, principalement dans les chemins, VA. trivialis, Cyll , d'un vert cuivr(;ux étinccîlant. Souvent cet insecte brille comme une parcelle de laiton [loli entre les pavés de nos places publiques.

y..\BRI >i, Clairv. — Tête alargie en arrière ; menton à dent peu saillante.

Les Zabrcs, de taille moyenne ou assez grande, ont le corps beaucoup plu» bombé que les Amures, avec lesquels ils ont beaucoup de rapporis.

272 COLÉOPTÈRES. — CARAJ5IENS.

Ils sont d'un aspect massif, peu agiles, se tiennent sous les pierres, courent le long des chemins, ou parfois s'enterrent dans le sable ; ils montent sur les Graminées. 11 est probable que c'est surtout pour y chasser au.v insectes ; mais il paraît, d'après les entomologistes allemands, que ces insectes, carnassiers par organisation, sont aussi phytophages et causent dans certaines années de grands ravages dans les blés et dans les seigles: les larves dévorant les racines, et les adultes s'attaquant aux grains dans les épis.

Les Zabres sont principalement de couleur noire ou brune très-foncée et uniforme, parfois avec des reflets métalliques. On en trouve des espèces dans l'Europe méridionale, le nord de l'Afrique, l'Arménie, la Syrie.

C'est l'espèce type, /. gilibus, Faljr., très-commune dans toute l'Europe, qui est surtout accusée de dégâts. Ce Zabre bossu est long de 12 à 15 millimètres, d'un brun noirâtre, plus clair en dessous qu'en dessus, àélylres striées, à appendices de couleur ferrugineuse. La larve, allongée, d'un jaune brunâtre, à fortes mandibules, passe le jour dans des tuyaux assez profonds, et sort la nuit pour manger les végétaux. On assure qu'elle vit trois ans, et se change en nymphe dans une cavité ovale située au bout de son tuyau.— 1^1. x, fig. 8 a, la patte antérieure du Z. gibbiis; 8 b, sa mâchoire.

M.%SOISi;a.'S, Dej. — Menton sans dent; antennes grêles. Corselet subcarré, séparé du ttiorax par une partie étranglée.

Les Masorcus sont des Coléoptères de petite taille, de couleur noire ou ferrugineuse, de l'Europe surtout méridionale, des Indes orientales, de Java, de la Guinée, de la Birmanie, de Madagascar. ÎNous citerons le M, luxatits, Dej., ou Wetterhali, Gill, nom plus ancien qui doit prévaloir. Ce petit Carabien bronzé, à appendices fauves, long de li millimètres environ, est de toute l'Europe et des environs de Paris, mais rare. — PI. xi, tig. 9 : 9 a, tête vue en dessus; 9 b, jambe et tarse antérieurs; 9 c, tarse postérieur.

Les Carabiens qui vont suivre étaient réunis par Lalreille sous le nom de Patellimanes, parce que les premiers articles des tarses antérieurs des mâles sont subquadrilalères, à angles arrondis et non aigus, comme dans les autres groupes ; c'est une palette oibiculaire garnie en dessous de brosses ou de pupilles serrées. Les femelles n'ont point ces caraclères, el on ne lesdélermine qu'en comparant leur aspect général à celui du mâle. Un petit nombre de ces Patellimanes est revêtu de couleurs obscures ; la plupart ont des bandes ou des taches agréablement disposées sur un fond plus sombre et à reflet velouté, par suite d'un court .duvet soyeux et doré. Ces insectes, peu nombreux en genres, vivent dans la belle saison au jjied des arbres, souvent sous terre, toujours dans les endroits humides el non loin des eaux.

CARABIDES. — UCINUS, PAMUORUS. 273

l.l('l\(>», Latr. — Menton sans dent; mandibules courtes, arrondies, In-s-obtuses , antennes filiformes. Elytres planes, allongées.

Les Licines sont des Carabiens plats et noirs, Irès-ponctués en dessus et peu agiles, ressemblant à des Harpales aplatis, aimant les terrains arides et élevés, sous les pierres ou dans les bois; aptères. — Ex. : L. mjricoht, Oliv., du midi de la France.— PI. x, fig. lia, tète, et 11 /*, tarse antérieur du mâle. — Les espèces de ce genre se trouvent en Egypte, en Syrie et dans l'Lurope presque exclusivement méridionale.

Les insectes des trois genres que nous allons citer ont de jolies couleurs sur fond noir ou brun, ou le plus souvent vert. Leur tèle est peu volumineuse^ leur corps moins plat que chez les Licines; le corselet est plus élroit que les élytres, les mandibules acérées à l'extrémité.

■iORIl'En.%, Latr.— Menton avec une dent simple; antennes filiformes, épaisses à la base, hérissées de soies roides, assez longues.

Ex. : L. pilicornis, Fabr., la seule espèce du genre qu'on trouve dans toute l'Europe et rarement aux environs de Paris. — PI. x, fig. 12, sa tète et ses antennes. — Les Loricères sont de petite taille^ vivant au bord des eaux stagnantes, surtout dans les bois. Les autres espèces sont du nord de l'Amérique, de la Sibérie et du Kamtchatka.

llR.%MIY(;\.%Tlll>t, Perty.— Menton avec une dent au milieu de l'écliancrure; mandibules courtes, peu saillantes, arquées, acérées ; antennes filiformes.

Les Brachygnalhes, propres au Brésil et au Tucuman, sont de trèsbeaux Coléoptères, rares dans les collections et recherchés des amateurs; ayant une belle couleur bleue , avec des élytres d'un cuivreux doré ou violet. ~ Ex. : B. oxygonus, Perty, ou fulgidipennis, Latr. (Eanjisomd fulgiditin, Dej.), très-brillant insecte de l'intérieur du Brésil, à corselet bleuritre, à élytres d'un rouge feu. — PI. x, tig. H : l'ia, palpe maxillaire externe, sécuriforme et tronqué à l'extrémité.

l*\YIUOna «i, Lalr. — Menton sans dent; tarses semblables dans les deux sc.xes, non tlilatés ; mandibules peu avancées, Irès-courbées, fortement dentées en dedans.

Ex.: P. allernans, Latr., de la Nouvelle-Hollande, grand Coléoptère de couleur sombre et métallique, à corselet cordiforme, à élytres en ovale allongé, ressemblant d'aspect, mais non par les caraclères, à un Carabe. — PI. xi, fig. /i.

Les l'amburo.s sont de grands Carabiques, tous australiens, comprenant sept espèces très-rares dans les collections, et représentant en .\a5trulie les Camhus.

lilKAlU». t8

27ft COLÉOPTi'RES. — CARABIENS.

TEFFLUS, Latr. — Menton très-échancré, avec dent médiane ; mandibules médiocres. Corselet hexagonal, échancré; élytres très-amples et très-convexes, fortement sillonnées et soudées.

Ce genre comprend de très-grands Carabiques, remplaçant au centre de l'Afrique les Procures et les Carabes, noirs, à élylres cannelées comme des colonnes corinthiennes, mais avec les cannelures vermiculées ou granuleuses. Espèces de Mozambique, de l'Afrique australe, de Guinée, du Vieux-Calabar.

PELRCIlJItl, Kirby. — Menton trilobé. Palpes à dernier article sécurifornie ; antennes iîlifornies ; mandibules avancées. Corselet long ; élytres en ovale allongé.

Des régions chaudes de l'Amérique méridionale. — Ex. : P. cyanipes, Kirby, du Hrésil. — PI. xi, fig. 8: Sa, tarse antérieur du mâle; 8 6, tarse postérieur; 8 c, palpe maxillaire. Espèces du genre l'cleckim des forêts, sous les troncs d'arbres abattus, d'assez grande taille, d'un bleu foncé, parfois violacé. Mexique, Venezuela, Nouvelle-Grenade et Tucuman.

Cl'DHRlJS, Fabr. — Palpes très-fortement sécuriformes à l'extrémité. Tète trèspetite ; antennes sétacées, plus longues que la moitié du corps. Tarses simples dans les deux sexes.

Ces insectes, peu communs, à élytres très-soudées, très-élargies, emboîtant fortement le corps, d'Europe, de Sibérie, d'Amérique septentrionale, vivent cachés pendant le jour sous la mousse, les feuilles tombées, les pierres dans les parties froides et humides des forêts, surtout celles des régions élevées. Ils ont un aspect de Ténébrions. Quand on les saisit, ils font entendre une sorte de sifflement assez aigu, dû au frottement des. bords tranchants de l'abdomen contre une rainure interne du repli latéral de l'élytre.— -Ex. : C. itaUcus, Bon, des environs de Turin et de toute l'Italie (pi. xi, fig. 3). — Une autre espèce, le C. attenuatus, Fabr., de France, d'Allemagne, de Russie, est à chercher dans la forêt de Compiègne, où on le capture quelquefois. Les pattes des Cychrus sont longues et minces; leur couleur, noire, bronzée ou cuivreuse.

m»ll.i;RODI'îlir(*, hej. — Antennes plus courtes iiue la moitié du corps. Tarses antérieurs des niàlcs à*preniiers articles dilatés. Élytres so\idées.

De l'Amérique du Nord. — l'A. : S. nUidicollis, (-lie\r., tiouvé à Terre-Neuve, à tète d'un noir violacé, très-brillant, élargi et avec rebord verdcltre, à élylres ovalaires, avec des lignes de tubercules, à fond cuivreux poli, à dessous et pattes noire:4. II ressemble, pour la forme et la grandeur, au Cyclirus atténuât us, Fabr. — Voyez pi. xi, lig.l: 1 a, tète grossie vue en dessus; 1 b, patte antérieure du mâle; 1 c, patte

GARABIDES. — CALOSOMA. 275

postérieure. — F>es Sphd'roderus^ plus petits que les Cijchrus, sont bleus, aAcc des élytres cuivreuses ou violacée?.

Les Carabiens proprement dits ont la tèle moyenne, les mundibiiles peu arquées, avec une dent à la base ; le menton pourvu d'une dent.

C'Al.O^OMA, Weber. — Corps tarife, pourvu d'ailes sous les élytres. Mandibules striées. Tarses antérieurs des mâles à premiers articles dilatés.

Les Calosomes lorment un groupe de Coléoptères chasseurs, grimpant aux arl)res, et ayant des ailes sous les élytres, ce qui leur permet de voler d'un arbre à l'autre. Aussi les élytres sont plus larges à l'insertion que celles des Carabes aptères. Les Calosomes, ainsi que leurs larves, détruisent beaucoup de chenilles. Aux environs de Paris, au mois de juin, de si.v à sept heures du soir, les amateurs se procurent le magnifique C. sijcophanta, Linn., en visitant les troncs des chênes, ou en secouant leurs branches. Son corselet cordifurmc, comme celui des Carabes , est d'un bleu glacé de brun ; ses élytres, striées en long, à trois rangées de petites fossettes j étincellent du vert le plus pur, avec reflet d'or bruni; son abdomen et ses pattes sont d'un noir chatoyant en violet. Héaumur a étudié les mieurs de sa larve, d'un noir lustré, analogue à celle des Carabes, et qui se glisse souvent dans les grandes bourses soyeuses des chenilles processionnaires du Chêne {Bominjx pvocessionea, Linn.), fléau de nus bois en certaines années, (les chenilles sont dès lors décimées par cet liôte terrible, sans savoir fuir de leur retraite habituelle. La larve possède dès ce moment un garde-manger de tous les jours, et y demeure alors même que les chenilles épargnées sont devenues chrysalides, car elles lui olfrent ainsi ses repas sous une nouvelle forme. Llle chasse aussi sur les peu[»!iers, les bouleauv, et attaque une autre espèce nuisible, la chenille du Liparis dispar, Linn. Nos bois sont aussi fréquentés par une espèce plus petite, le C. inquisilor, Liini., de couleur sombi'c, un peu cuivreuse. On rencontre trèsrarement près d(! Paris les C. indaijator, Fabr., et auropmictatum, Payk, ou serireum, Fabr., avec fossettes dorées sur les élytres. Ces espèces sont du midi de la France. En Algérie, près d'Oran, M. Lucas a vu la larve de cette dernière espèce dévorer les colimaçons et se loger dans leur coquille. Toutes les larves de Calosomes sont tellement voraces, qu'elles se remplissent d'aliments au point de doubler de volume dans leur peau distendue, l-^lles tombent alors en torpeur, comme les serpents dans la digeslion, et sont quelquefois la proie de? jeunes larves de leur espèce. C'est sous terre, où elles s'enfoncent, qu'elles se changent en nymphes de couleur claire, de forme subellipsoïde. Nous citerons, parmi les espèces exotiqu(!s, le 6'. rufiponne, Dej., de l'île de San-Lorenzo, au Pérou, en face et près de j-ima (pi. xi, fig. i2). f.es Ualosomes sont des deux continents, rares dans l'Asie orientale, ayant une espèce

276 COLÉOPTÈRES.— CARABIENS.

en Chine, une aux Indes orientales, une dans l'Assam; manquent dans les îles sondaïques et mélanésiennes ; sont rares dans l'Amérique du Sud, où le Venezuela en compte une espèce et le Chili une. Il y en a quelques espèces en Australie, en Tasmanie et dans diverses îles de la Polynésie; ils manquent à la Nouvelle-Zélande. Ce sont des insectes très-utiles, dont les agents forestiers doivent empêcher la destruction, et qu'il faut iulroduire dans les parcs, les squares et dans les avenues d'arbres des promenades publiques. Le physicien Bois-(iiraud, à Toulouse, avait débarrasse son jardin des chenilles qui l'infestaient en y apportant tous les C. sycophanta qu'il rencontrait.

l»ROCKRliS, Dej. — Tète assez allongée, sans col en arrière. Dernier article des palpes lortenient sécuriforme, surtout chez les mâles. Élyti es bombées, en ovale allongé, soudées : pas d'ailes.

LesProcères sont d'énormes Carabiques qui doivent commettre de vrais carnages, d'après leur taille, qui alleint jusqu'à 5 et 6 centimètres de longueur. Us sont d'un noir foncé brillant, avec les élyfres le plus souvent d'un beau bleu d'acier. Les téguments sont sculptés de fortes aspérités. Ils habitent les contrées du sud-est de l'Europe, et une espèce s'avance jusqu'en Carniole et en Istrie {P. gigas, ou scabrosus, Fabr.); les quatre autres sont du Caucase, de Grèce, de Turquie, d'Asie Mineure, d'Arménie, du Liban. Les Procères se plaisent dans les forêts des montagnes.

Le genre Procprns diffère des deux genres qui suivent, aptères comme lui et s'en rapprochant beaucoup, en ce que les tarses antérieurs sont simples dans les deux sexes, tandis que, dans les Procrustes et les Carabvs, ils ont les premiers articles (3 ou à) dilatés ou spongieux en dessous chez les mâles.

PRO€"Blf*TF,S, Bon. — Corps ovalaire, sans ailes. Mandibules lisses; dent du menton plus courte que les lobes latéraux.

L'espèce type est le /*. coriaceus, Linn., de l'Europe tempérée et septentrionale ; de couleur noire mate, avec téguments chagrinés ; de grande taille, d'odeur infecte; commun pendant toute la belle saison. L accouplement a lieu à la fin de septembre. La larve, toute cornée en dessus, d'un noir brillant, ressemble à celle du Calosoma sycophanta, Linn. On la trouve de février à mai sous les haies et dans les mousses des bois humides. Elle dévore avec avidité les plus grosses limaces et les escargots. L'adulte a les mêmes goûts.

On ne saurait donc trop recommander d'introduire adull(! et larve dans les jardins. Celle-ci est longue d'environ 30 millimètres, à bouche armée de mandibules très-aiguës et se croisant au repos. Les segments abdominaux débordent les tlancs, et chacun oilre de chaque coté deux gros tubercules ovalaires. Le segment anal a deux fortes épines redres-

CARÀr.lDES. — CARAnUS. 277

sées. Les autres espèces de Procrustes se Irouvenl dans la partie sud-est de l'Europe, en Asie Mineure, en Perse.

t'.%R%ltl<>i, Linn. — Corps oblong'. Caraclèies du genre précédent, sauf la dent du menton, plus lonp^ue que les lobes latéraux ou aussi longue.

Le genre des (larabos proprement dits est fornoé d'insectes chasseurs, encore plus fortement armés que les Cicindèles. Ce sont essentiellement des carnassiers terrestres d'assez forte taille; ils sont privés d'ailes sous leurs élytres soudées. Ils abondent en l^urope, en Russie, en Sibérie, au Ivamtchatka, sur les montagnes et sur les rivages; ils sont rares en Afrique et en Amérique. L'Afrique n'en a que quelques espèces dans la zone méditerranéenne. En Amérique, il y en a un petit nombre dans l'Amérique boréale et russe, en Groenland, en Californie, au Chili ; la région orientale de l'Amérique du Sud n'en offre aucun, non plus que les États-Unis et le Mexique. Ils manquent aux Indes orientales, en Australie et dans toutes les îles océaniennes.

Les tropiques ont peu de Carabes, et en général peu d'insectes carnassiers. On reconnaît tout de suile les Carabes à leur corps ovale et conve.ve, à leurs longues antennes amincies, à leur corselet élégamment découpé en cœur. Ils coureat dans les sentiers, entre les herbes des bois, sur les talus bien exposés où abondent les insectes ; ils chassent solitaires, comme les Mammifères et les Oiseaux carnivores de la plus grande taille. Au contraire, dans les Insectes, comme ailleurs, ce sont les espèces plus petites qui s'assemblent parfois en société de chasse. Les élytres des Carabes sont, ou lisses, ou plus souvent striées en long, rugueuses, chagrinées, tantôt noires ou ternes, tantôt et plus fréquemment d'un vif éclat métallique. Les larves des Carabes vivent sous les herbes et les mousses, dans les feuilles sèches et les troncs d'arbres. Elles se ressemblent beaucoup dans les diverses espèces ; sont assez longues, aplaties, d'un brun foncé, luisant en dessus, avec le corps terminé par deux petites pointes. Agiles et à pattes bien développées, elles n'ont pas besoin de pièges. Elles chassent à découvert, et sont aussi carnassières que les adultes, mais se cachent en général dans le jour. Elles s'enfoncent en terre ou sous les pierres pour se transformer en nymphes. Les Carabes qui en sortent par la peau fendue le long du dos sont d'abord mous et d'un jaune lerne ; c'est au bout de qu(;lques jours que leurs téguments acquièrent leur dureté et leur éclat.

Dans les jardins, dans les champs, se rencontre très-communément le C. auratuSj Linn., aux élytres d'un beau vert, avec des c'Ies élevées, aux pattes et aux antennes jaun.ltrea. Parfois il y a des variétés bleuâtres. On le nomme Jardinière, Couturière, Sergent, Vinaigrier. Ce dernier nom provient de ce que cet insecte, comme ceux de son genre, lance par l'anus, quand on l'irrite, un liquide corrosif et d'une oihuir fétide: ainsi que l'a reconnu Pelouze, c'est de l'acide butyrique^

278 COLÉOPTÈRES. — CARABIENS,

celui qui cause la puanteur du beurre rance. Eu oulre, ce Carabe, comme les autres, dégage par la bouche une salive acre et brune. Les gens de la campagne, au lieu d'écraser ce brillant insecte, devraient avoir pour lui le respect qu'on doit aux défenseurs des récoltes, le ramasser et le porter dans les jardins. Les chenilles , îea larves qui vivent de racines, les Hannetons surtout, n'ont pas d'ennemi plus redoutable. Il n'est pas rare de trouver au milieu d'un sentier un Carabe doré saisissant un Hanneton par le ventre, lui dévorant les entrailles; le Hanneton continue à marcher, malgré ce terrible supplice, sans que le Carabe cesse de le suivre un seul instant. On rencontre encore fréquemment aux environs de Paris le C. monilis, Fabr., avec trois rangées de lignes sur les élytres et trois séries de points saillants entre les sillons, comme des grains de chapelet, variant beaucoup pour la couleurj d'un vert cuivreux ou violacé, quelquefois môme noire ; le C. purpurascens, Fabr., d'une forme allongée, à robe noire bordée de riches retlels d'un violet pourpré, etc. Dans le midi de la France, aux Pyrénées, se voient des Carabes aux belles leintes métalliques, rivalisant d'éclat avec les plumes étincelantes des Paradisiers et des Oiseauxmouches : ainsi les C. auronitens, Fabr.j splendens, Fabr., commun dans les souches de Cbâtaigniers des Pyrénées, rutilans, Dej. Ce dernier est figuré pi. xi, fig. 7 : 7 a, son labre. — Nous devons citer comme propres à des régions plus élevées, de^i Carabes à corps aplati, tels que le ('. pyrœneus, Dej., assez commun autour du pic du Midi et aux environs de Cauterets, d'une belle couleur pourprée, violette ou cuivreuse; le C. depressus, Bonelli, des Alpes, présentant, sur un fond brun métallique, des fossettes vertes ou bronzées, très-brillant. Un fort curieux Carabe est le C. nodulosus, Creutzer, de Russie, d'Allemagne, d'Alsace et de Lorraine. H est entièrement noir et les élytres sont relevées en bosselures nombreuses et creusées de fossettes chagrinées. Il est rare à cause de son genre de vie, qui fait qu'on doit le rechercher la nuit à la lanterne. 11 vit dans les berges des ruisseaux, où il paraît se nourrir, soit de grenouilles, soit de petits poissons. Les plaines glacées de la Sibérie renferment les plus riches espèces de (Carabes par l'éclat des couleurs. Tels sont le C. smaragdmus, Gebler , d'un vert-pré un peu métallique, rehaussé par des tubercules noirs, assez commun, dit-on, sur les bords du fleuve Amour pour que les ours en lassent leur régal; et le C \ ielin- (jhovï, Adams, ou fultjidus, Cebler, s'étendant du nord de la Sibérie aux confins du Canada, à travers l'Amérique russe, à élylres d'un bleu noir, couvertes d'aspérités et bordées de bleu d'azur, avec une bande dorée.

Les Carabiques qui suivent ont les mâchoires garnies à la base de poils roides, les antennes assez courtes, les palpes tronqués à rextrémilé.

Ces (]arabiens recherclient les lieux humides, le voisinage des cours d'eau. Ils Ibiil par là un i)assag(! aux genres du dernier groupe, bien plus aquatiques encore.

CARABIDES. -- LErSTUS, PF.LOPHIf.A, M:T1RIA. 279

I-KISTI's», Frolilicli, ou Por.oNOPHonus, Latr. — TiHo nHrrrio en arrière; rnandiliules non dentées ; mâchoires garnies de poils roides à leur base ; antennes filiformes.

Les Lcistes sont de petite taille, d'un aspect svelte et élégant, lisse tiennent sous les pierres et les écorccs, dans les endroits frais. Le type est le L. spinibarbis, Kabr,, d'Europe, des environs de Paris (pi. xi, flg. 5, sa tcte en dessus^. On les trouve surtout en Europe; il yen a deux espèces dans l'Amérique russe , une sur les rives du tleuve Amour, une en Algérie.

I»El,ol'llll>:%, Dej. — Antennes moins longues que la moitié du corps. Tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles très-dilatés, cordiformes.

Les espèces de ce genre vivent au bord des eaux ou sous les pierres. Elles sont propres à l'Europe boréale, la Laponie, la Sibérie, le Kamtchatka, la Californie. — Ex. : /-". borealis, Paykull, qu'on trouve sous les pierres dans tout le nord de l'Europe et de l'Asie, et aussi dans les Alpes. — 1*1. XI, fig. 6, tarse antérieur du mâle. \

JVIOIIKIA, Latr. — Tète brièvement ovalairc, non rélrécie postérieurement; antennes grêles, au moins de la longueur de la moitié du corps. Élytres peu convexes ou déprimées.

Les i\ébries oH'rc'iit de très-nombreuses espèces, dont la majeure partie est propre à l'Europe. Nous citerons comme type le N. brevicoUis,. Eabr., de toute l'Europe et aussi du Kamtchatka, de 12 à 13 millira., d'un noir luisant, à corselet très-court et très-large, à antennes, palpes, jambes et tarses fauves. Il y a de ces insectes qu'on trouve sous les pierres dans les champs; d'autres au bord des eaux , un grand nombre comme échelonnés sur les montagnes à des altitudes spéciales à chaque espèce (c'est le même fait qui se retrouve pour les Lépidoptères, dans les Érébies ou Satyres nègres) ; enfin ceux qui vivent contre les neiges perpétuelles sont aptères, appropriés en quelque sorte aux vents glacés des hautes cimes, qui rendraient le vol si pénible. Outre les rivages et les montagnes de toute l'Europe, on trouve des Nébries dans l'Amérique boréale et russe, en Californie, en Sibérie, au Kamtchatka, aux îles Kouriles, en Perse, à l'Himalaya et à Tahiti. On a décrit deux larves de Ncbria, celle du iV. brevicollis et (;elle du N. Gormari, Heer, espèce propre à la Suisse. Elles rentrent dans le type babituel des larves de (^arabiques, mais sont déprimées, un peu élargies en arrière, avec les segments abdominaux débordimt en festons très-marqués. En arrière, sont les deux longs appendices styliformes ordinaires.

280 COLÉOPTÈRES. — CARAUFKNS.

OMOI>I1RO.\', Latr. — Tèle transversale, largement emboîtée dans le corselet. Corselet court, élargi postérieurement. Corps plat, presque hémisphérique ; élytres demi-ovales.

Ces Insectes sont encore plus aquatiques que les autres genres de leur division ; par leurs mœurs, leur forme, leurs larves, ils font le passage entre les Carabiens et les Dyticiens ou Hydrocanthares, c'està-dire entre les carnassiers de la terre et ceux des eaux. Ils vivent dans le sable lin qui borde les îles et les fleuves, et sont de petite taille ; on les fait sortir en piétinant sur ce sable, et on les rencontre encore en arrachant les plantes qui y crois^sent et secouant leurs racines. C'est ainsi qu'on se procure le type du genre, VO. limbatum , Fabr., sur les rives de la Seine. Il est très carnassier ; se trouve dans toute l'Europe, et mange les mollusques fluviatiles rejetés sur les bords. Nous figurons VO. suturale, Guér.-Mén., jaune sur le pourtour et sur les appendices, avec le bord postérieur de la fêle, le milieu du corselet et la suture des élytres, jusqu'aux deux tiers postérieurs, d'un vert noirâtre, du cap de Bonne-Espérance. — PI. x, fig. 15: 15 a, grandeur naturelle.

La larve de VO. limbatum vit dans les mêmes lieux que l'adulte. Elle annonce sa forme future par sa brièveté et son rétrécissement en arrière, en conservant les autres caractères des larves de la famille des Carabides. Très -agile, elle relève, quand on la touche, la partie anale de son corps, à la façon des Slaphylins.

BEMIIIInrM, Erichson, ou Bembicidium, Latr. — Corps aplati oblong. Palpes maxillaires externes à avant-dernier article grand et épais, le dernier petit et pointu. Tarses antérieurs dilatés chez les mâles.

Ce genre est le principal et peut-être môme le seul possible de sa division. 11 renferme des Coléoptères presque tous européens, tous audessous de la taille moyenne, les plus petits des Carabiens comme taille, parfois d'une exiguïté remarquable pour ce groupe. Quelques espèces sont des montagnes ; la plus grande partie se tient au bord des eaux, où on les rencontre pendant la plus grande partie de l'aniiée et surtout au printemps. — Voy. pi. xi, fig. 10, palpe maxillaire externe de licrnbi- (lium. — Jacquelin du Val a publié une importante monographie des /ypmbidium d'Europe, intitulée De liembidiis europœis (1).

Les Bembidium, au moins par leurs mœurs, font le passage des Carabiens aux Hydrocanthares, un autre passage existant par les Omophrou. Écoutons Jacquelin du Val au sujet de leurs mœurs {op. cit., p. Zj55) : « Les couleurs des Bembidium sont très-variées et souvent fort belles. Doués d'une agilité surprenante, ils se plaisent dans les lieux les plus propices à leurs goûts carnassiers : les uns habitent les bords humides des rivières ou des ruisseaux; les autres préfèrent les marais et les

(1) Ann. Soc. cnlom. de France, 2"' série, iS.'il, t. 1\. p. iil.

CARABIDES. — BFMBIDIUiM. 281

eaux stagnantes, aimant à se cacher sous les détritus et les feuilles mortes ; ceux-ci poursuivent leur proie sur le sable, et trouvent un abri sous les cailloux; ceux-là viennent jusque dans nos champs et nos jardins nous faire admirer la rapidité de leur course. Quelques-uns se glissent même sous les écorces, ou se promènent dans le feuillage, et plusieurs, tels que Vaspericolle, Vefhipphim, le scutellare, n'habitent qu'au bord des eaux salées, ou, tels qi^e concinnum, <i'ndim, latérale, etc., ne s'éloignent jamais des rivages ÎKittus par les tlots de la mer. Ils volent ordiuairemenl le snir; certaines espèces, toutefois, prennent leur essor au milieu du jour. » (l'est aux heures les plus chaudes de la journée que volent avec vélocité le li. Fockii, Humm., le B. iinpressum, Gyll. , le B. ruficolU:, Motch. : ce dernier remarquable en outre en ce qu'il se creuse des trous dans le sable, à la manière des Cicindèles.

Les métamorphoses des Bembidium sont encore fort peu connues.

Leur nom (aspect de turbot) vient de leur aplatissement. La trèsmajeure partie de leurs espèces est d'Lurope; il en est quelques-unes de l'Amérique boréale, de Californie, du Chili, du Cap.

On connaît plus de deux cents espèces du genre Bembidium, et, d'après Jacquelin du Val, on ne peut songer aies répartir même en sous-genres, tant les caractères sont sujets à varier. Nous ne pouvons omettre de citer le fî. /«(era/c, Samouelle, ou Leachi, Dej., dont certains auteurs font le genre Villenus, Sam., ou Cillenum, Curtis. Cette espèce vit sur les côtes d'Angleterre et sur les rivages océaniques de la France occidentale. On le rencontre parfois en bandes nombreuses sur les plages de sable que la marée recouvre peu profondément. Ainsi on trouve aisément cet insecte dans la baie de la Somme et dans le bassin d'Arcachon, si l'on ne craint pas de s'exposer aux ardeurs du soleil. Il atteint environ h millini. de longueur, et ses élytres pâles et marquées de quatre taches f(jnt ressortir l'éclat de la tête et du corselet', d'un vert de bronze. Ces insectes sont recouverts par les flots à la marée haute et restent submergés pendant plusieurs heures ; aussitôt ils s'engourdissent et sont privés de mouvement quand on les sort de l'eau, mais se raniment \i(e.Cela s'explique par la faiblesse de leur respiration sous l'eau, qui ne peut s'accomplir qu'aux dépens d'iiu(; petite couche d'air dont ils restent entourés et que retient notamment le duvet serré qui recouvre les élytres. Us sont d'une vivacité singulière quand le soleil fait étinceler la mer sous ses feux: on dirait qu'ils ont hilte de profiter du court répit qu'ils doivent au reflux pour pnuulre un exercice musculaire inaccoutinné ; car aucun d'eux ne court s'il pleut ou si le temps reste froid et couvert, et ces jours-là sont fréquents sur les bords de l'Océan. Ils volent aisément s'il fait très-chaud, mais sans s'éloigner beaucoup des flots et sans gagner la terre sèche. On a plaisir, par ces jours favorisés, à les voir plonger dans toutes les petites cavités du rivage, saisir de petites crevettes du double de leur taille, les arracher

282 COLÉOPTi'RtS.— CAlUîîlENS.

do l'eau ot les cmporicr cn(re leurs rnl)uples mandibules pour les dévorer, soil isolément, soit en nssociani de? camarades au feslin. Mais l'heure passée, le flot mente, nos insectes se blottissent immobiles dans les petits trous qui se présentent, et se laissent pai:<iblemenl recouvrir par l'onde.

Parmi les derniers représentants des (larabiens, et très-rapprochés des Bembidium, se placent certains genres trés-curieux parleurs habitudes : les uns se tenant sur les plages marines où le flot les recouvre pendant plusieurs heures à la marée haute; les autres habitant les lieux les plus sombres et même les cavernes privées de toute lumière.

<15P1'S, Saniouelle. — Palpes terminés eu fuseau grêle; cordiformes. Élytres déprimées, arrondies et sublronquées au bout ; pas d'ailes. Corps hérissé de poils.

Les /îipes sont de petits insectes d'un jaune pâle brillant, ne dépassant guère 2 miilim. de longueur, vivant dans les lentes des rochers BchisteuY ou sous les petites roches éparses sur le sable et que recouvre la marée. Ils s'élendcnt parfois assez avant pour n'être à sec que deux ou trois heurespar jour ; sont trés-agiles et fuient rapidement pour se cacher entre les pierres quand on veut les saisir, cherchant alors à mordre avec leurs mandibules. Leurs pattes, minces, ne sont pas propres à la nage, mais sont munies d'ongles puissants qui leur permettent de se cramponner fortement sous les pierres , afin de résister au choc des vagues. Sur les côtés de leur corps sont de grands poils qui, au moment de la submersion, retiennent une bulle d'air qui les entoure et suffit ta leur respiration sous l'eau. Probablement, pense M. Laboulbène, l'acide carbonique produit, gaz vénéneux, est enlevé à mesure, en se dissolvant dans l'eau. Us sont immobiles sous l'eau, et ne commencent à courir que lorsque le sable est devenu assez sec, après le retrait de la mer. Us se nourrissent de petits annélides et helminthes arénicoles. On trouve ces curieux insectes depuis l'Ecosse jusqu'à Dieppe, sur les côtes de l'tJcéan. On en connaît trois espèces : Y Ai pus marinus, Strom., ou fulvescens, Sam., découvert en Danemark, puis trouvé en Angleterre, étudié à l'île de Noirmoutier par Audouin ; et \'M. Rohinij Laboulb., des plages de Dieppe et de Brest; enfin, une troisième espèce de Madère. La larve de l'/Zi. Robini, rencontrée près de Brest par Coquerel, vit comme l'adulte dans les mâmes endroits et retient de l'air par ses longs poils. Elle est blanchâtre, très-agile, remarquable par une tète énorme, égalant plus du quart de la longueur totale du corps, et armée de puissantes mandibules recourbées et tranchantes. Ses pattes sont rol)ustes et munies de forts crorhets. • Les .A'^MS diirèrent des Trechus, qui en sont \oisins, eu ce qu'ils ont une tête plus grosse avec des yeux plus petits, ef le quatrième article des tarses muni d'une épine recourbée en dessous. — Nous figurons r.7'', liobini, pi. .\u, fig. 2.

CAR ABIDtS. — PEUILEPTUS, TIlKCilUS. 285

PF,lHLEI''TtS, Scliaum, ou Blêmis. Dawson. — ("aractères analogues.

Ce sont des insectes de petite taille, de forme; allongée, habitant les bords de la mer, et ayant des mœurs pareilles aux précédents. Nous citerons le P.areolatus, Creutzer, d'Europe, d'Algérie, du Caucase, se rencontrant surtout dans le midi de la France. Il y a trnig autres espèces} de Bourbon, de Ténérill'e, de Nubie.

xnEl'IltN, Clair.— Corps allongé oblong ou ovale-oblong: yeux tantôt saillants, tantôt petits ; antennes filiformes. Élytres libres ou soudées ; ailes parfois développées, parfois nulles ; les deux premiers articles des tarses antérieurs dilatés chez les mâles.

Ce sont des insectes rougeâtres, de petite taille, à tète fortement sillonnée, très- nombreux en espèces et de mœurs variées. Il en est qui vivent au bord d(!s eaux courantes ou dans la vase des marais, par exemple les T. rivularis, Cyll.; d'autres lia])ilent les monlagues et semblent se plaire à l'humidité glaciale des neiges alpestres. Ces dernières espèces sont presque toujours aptères, et ont les élytres plus courtes et plus ovales : ainsi les T. montanus, l'utz., et nivicola^ Chaudoir, du Caucase, glacialis, Ileer, de la Suisse, etc. Cerlains Trechus peuvent rester plusieurs heures sous les eaux de la mer ou des rivières, et enfin il en est qui, outre des habitat exposés au jour, peuvent vivre et se reproduire dans les ténèbres profondes des grottes. Tels sont le T. micros, Herbst, observe par M. de Saulcy dans une grotte de la Suisse, située à Ollon, dans le canton de Vaud : cet insecte ailé et ocule, marchant à reculons, habite normalement dans celte grotte, puisqu'il s'y trouve des sujets venant d'éclore , et que le ruisseau qui s'engouffre dans la grotte ne le présente pas; le T. minulit'i, l''abr., rencontré par .M. drenier dans une gr(jtte de la Dordogne, etc.

Les Trcchas correspondent à une partie des Blemus et aux Epaphius de Slephens, aux Thalassophilus de WoUaston. Ils ont de nombreuses espèces en liurope. On en cite aussi deux au Brésil, une au Japon, une à la Nouveile-t'alédonie, à l'Amérique boréale, au (;iiiU. Il en est de Madère et des îles (Canaries, du Kamtchatka, de l'Amérique russe.

On avait détaché du genre Trcchus un cerlain n(iml)n; d'espèces fort étranges par leur manière de \ivre, [laicc qu on lesrcneonlre exclusivement dans lesgrottesdépour\ uesde luniièrt'. On les croyait tontes et toujours a\eugles, ce qui avait amené la ciealiiin du genre Anoplithalnnis, Slurm.Cesont réellement des Trechus vivant dans les ténèbres profondes des grottes, d'un roux pâle, à corps allnngé-oblong, sans ailes, à élytres soudées, avec de longues antennes filiformes et de longues pattes qui leur permettent d'atteindre les pelils êtres, Acariens ou Myriapodes surliiut,de la faune hypogée, dont ces curieux carnassiers font leur nourriliire. Leur taille \arie de Zj à 10 millim. Ils courent avec une aisance

284 COLÉOPTÈRES. — CARABIENS.

remarquable, et souvent à reculons, quand on frappe le sol auprès d'eux. On savait qu'ils se mettent à fuir avec rapidité quand on approche d'eux un flambeau sans faire le moindre bruit. On reconnut la pi'ésence de l'œil d'abord sur Y Anophlhalmns Milleri, Frivaldsky, où il est noir, allongé, à surface rugueuse, peut-être réticulée; et dès lors l'insecte devint sans conteste un Trechus: puis, sur tous les autres, on vit des saillies oculaires sans pigmcMitum, de coloration plus pAle, en forme allongée, non réiiculées, à cornée unique, (le sont des yeu\ atrophiés, mais qui doivent être fort sensibles k une très-faible lumière, à la façon de tous les yeux sans pigmentnm. M. Grenier; qui aie premier généralisé ce fait qui ramène tous ces insectes aux Trechus, remarque que nos yeux, habitués à la brillante clarté du jour, ne peuvent décider lu question de savoir si les plus ténébreuses cavernes ofl'rent une obscurité absolue ; des rayons très-déliés de la lumière de l'entrée, diffusés par les parois et insensibles pour nous, faute d'intensité, peuvent réellement parvenir à de grandes profondeurs. En outre , un nerf optique très-subtil compense peut-être l'infériorité de l'appareil optique externe. Rien ne dit même que toute sensation visuelle soit abolie chez d'autres insectes dés cavernes, que nous appelons aveugles pur l'absence de tout organe extérieur, et chez lesquels des tilets nerveux perçoivent peutêtre la lumière par la simple transparence des téguments de la tête.

Ces carnassiers hypogés furent d'abord découverts dans la Carniole et dans la fameuse grotte du Mammouth, aux États-Unis. Il y en a cinq espèces du Kentucky. On en connaît aujourd'hui une trentaine d'espèces de Carniole, de Croatie, de Transylvanie, des Pyrénées, du midi de la France, de Hongrie, d'Espagne, du Monténégro. Nous croyons utile d'indiquer aux amateurs celles qu'ils peuvent se procurer dans notre pays, en soulevant les pierres humides des grottes. Ce sont , en leur restituant le nom de Trechus, les espèces nommées gaUicus, Delarouzée, de la caverne de Bétharram (IJasses-Pyrénées); Rmimondé, Delar., des grottes du trou des Fades, près dHyères et de la Sainte- Baume, près de Marseille; orcinus, linder , de la grotte de Cargas (Hautes-Pyrénées); l{hadamanthus,L\x\à&v,àe la grotte de Bétharram; Minos, Linder, des grottes de l'Ariége.

Je n'ai pas besoin de faire remarquer les difficultés inhérentes à la recherche de ces insectes, toujours fort rares dans les collections. On fera bien de visiter dans les grottes tous les débris organiques pouvant attirer les Coléoptères carnassiers : le moyen le plus simple, qui m'a été indiqu ■ par un explorateur zélé de nos mcnlagnes du midi de la France, M. Stubleau, est de placer un peu de fumier, ou une lête de mouton écorchée et très-décharnée, au fond de la caverne, et de retirer au bout de quelque temps cet appât, qui se remplit de captures toujours très-intéressantes. Ce moyen épargne beaucoup de temps et de peine. — Nous figurons le T. ou Anophlhalmns rnbustus, Mostch., des grottes de la Carniole, pi. xii, fig. (>.

DYTICIENS. 285

.%l*H.KliOI*M, de Bonvouloir. — Forme plus allongée que celles des Trechus cavernicoles. Pattes plus longues et plus grêles; tarses antérieurs simples dans les deux sexes.

Ces caractères différentiels sont assez importants pour motiver la formation d'un genre. L'aspect de ces insectes, d'un fauve pAle, notablement plus longs que les précédents, et leurs, tarses sont caractéristiques. Ce sont exclusivement des hôtes des grottes obscures. Ils ont offert à M. Crenier l'état le plus rudimentaire de l'œil, une cornée en longue ellipse, formant une saillie à peine perceptible sur les côtés de leur tôte étroite. Trois rares espèces composent jusqu'à présent ce genre. Ce sont VA. Leschenaulti, Bonv. , de la grotte de Réda, près de Bagnères de Bigorre, se trouvant le long des parois humides, bien plus souvent que sous les pierres; l'.l. Pandellei, F.inder, dans la grotte de Bélharram, située à la limite des Hautes et Basses-Pyrénées; et VA. cruptlcola, Lind., de la grotte de Gargas (Hautes-Pyrénées). Ces deux dernières espèces ont environ k millim. de longueur, et le premier a le double : c"est un des grands représentants de la faune souterraine. Il est probable que d'autres grottes les recèlent ; il y a là un intéressant sujet de recherches pour les touristes des montagnes.

L étude de cette faune des cavernes est d'un intérêt saisissant. On trouve des espèces très-localisées'dans ces étranges centres de création, comme cela a lieu aussi pour les Batraciens des cavernes. L'esprit se demande leur origine première, si l'on n'a pas affaire à des espèces ordinaires, entraînées jadis accidentellement dans les régions hypogées, et moditiées par des siècles de générations , au point de nous paraître nouvelles; il est difficile de ne pas entrer dans cet ordre d'idées en voyant des vestiges d'yeux conservés. Ou bien, si l'on veut admettre une création spéciale, prédestinée aux grottes, l'unité de composition organique nous explique la conservation de ces rudiments inutiles. Certaines espèces des grottes, comme nous le verrons pour d'autres types, n'ont plus trace d'yeux. Une plus ancienne existence souterraine en est-elle la cause? On voit quels problèmes curieux sont soulevés.

TiUP.U II. — »YTlCII<:.\>i.

La tribu des Dyticiens correspond aux Xeitopndos ou Hi'milarses de C. Uuméril (1806) et au groupe des Ilydroranthares de Latreille, formé de Coléoptères habitant principalement les eaux, exclusivement carnassiers, avec des dilférences assez grandes d'organisation dans les deux familles naturelles de celte tribu, les Dyticides et les Gyrinides. Il n'y a qu'un nombre assez restreint de caractères généraux communs. Les tarses sont toujours pentamères, parfois avec certaine difficulté pour compter les articles, par suite de leur réduction due à la fonction de natation. De même que chez les Garabiens, les mâchoires paraissent

286 COLfeOPTÈRES. — DYTlClEiNS.

munies de quatre palpes, leur lobe externe étant converti en appendice à deux articles. Toutefois ce caractère, spécial aux deux tribus des Carabiens et des Djticiens, entre tous les insectes connus, commence à diminuer dans son développement, car le palpe interne paraît avorter dans une partie des Coléoptères de la famille des Gyrinides.

La locomotion des Dylicicus est surtout une nage rapide, accomplie par les pattes postérieu^res et souvent intermédiaires, aplaties, contournées, ciliées, en un mot transformées en rames. La forme du corps, de même que chez les Mammifères pisciformes et chez les Poissons, est telle, que ces insectes doivent fendre l'eau avec facilité. La partie antérieure du corps est la plus épaisse, et la forme du corps est celle d'un ovale, sans aucune saillie. L'eau glisse sans résistance sur ce disque lenticulaire, dont les bords sont plats et tranchants.

A l'état de larves comme à l'état adulte, ces Coléoptères vivent de proie vivante. Quelques-uns sont de grande et de moyenne taille; le plus grand nombre des espèces est de petite dimension. Elles sont, pour chaque espèce répandues habituellement sur un vaste espace, caractère général des animaux aquatiques qui retrouvent dans un grand nombre de localités les eaux à la température convenable; au contraire, les espèces terrestres ne rencontrent leurs conditions d'existence que dans des habitat plus restreints. En hiver, ces Coléoptères s'enfoncent dans la vase, et certains des petites espèces sortent de l'eau et se réfugient sous les herbes et les mousses très-humides. Tous ont des ailes sous les élytres, mais s'en servent peu et seulement le soir; il faut en effet qu'ils puissent changer d'eaux quand leurs chasses répétées ont rendue la proie trop rare. l;n remarquable ouvrage doit être consulté par ceux qui veulent étudier en détail celte curieuse famille des Coléoplères aquatiques carnasiriers : c'est le Sprcies général des Hijdwcanthares etGynnieris, par Aube (Paris, 18.'38).

Famille L — DVTICIDES.

Corps en général déprimé, à contour ovalaire, la partie renflée eu avant, quelquefois ellipsoïde ou globuleux. Tête petite, peu séparée du corselet. Antennes sétacées ou filiformes, libres, assez longues; labre petit, poilu. Palpes maxillaires externes à quatre articles, et internes à deux; palpes labiaux à. trois articles. Mandibules courtes, robustes, dentées; mâchoires aiguës, ciliées intérieurement. Corselet large ; ccusson tantôt visible, tantôt caché. Klytres larges, recouvrant l'abdomen, quelqu(!lois sillonnées ou chagrinées chez les femelles. Pattes antérieures aussi courtes ou plus courtes que les autres 5 pattes antérieures et intermédiaires rapprochées; pattes postérieures longues, aplaties, courbées et ciliées, disposées en rames. Tarses antérieurs et souvent intermédiaires chez les niAles, garnis de cupules péliolées.

L'appareil digestif des Hylicides, carnassiers des eauv, ressemble na-

hYTIClDES. — DYTISGUS. 287

lurellement à celui des carnassiers (terrestres. Le gésier otlre quatre pièces cornées, prismatiques, propres à broyer. L'intestin grOle est plus long que chez les Carabiens et replie. Comme chez eux, deux canaux de Malpighi s'insèrent de chaque côté à l'extrémité de l'estomac, et se détachent très-nettement par leur couleur sur la paroi intestinale. Le caractère le plus essentiellement distinctif, amené par une nécessité physiologique, est un cœcum spirale, terminé par un appendice vermil'orme, iiiséré par un col rétréci latéralement au rectum. L'air s'amasse dans cette portion de l'intestin, sorte de vessie natatoire qui rend la région postérieure de l'animal de plus faible densité moyenne que la partie antérieure, et l'amène hydrostaliquement à la surface de l'eau, quand l'insecte est immobile.

Le groupe qu'on peut appeler Dytiques proprement dits est caractérisé par un corps ovalairc, aplati. Les élytres des femelles offrent généralement des stries longitudinales plus ou moins profondes. Les tarses ont cinq articles bien apparents; les cuisses postérieures sont libres, sans prolongement lamelliforme de la lianclie, mais ne pouvant se mouvoir que latéralement. Les espèces sont de taille grande, moyenne et petite.

GENRIÎS.

Dl'TI«<-ll!^, Lian. — Corps elliptique, à peine dilaté en arrière. Antennes sétacées. Corselet court; écusson très-apparent. Élytres des femelles à sillons prononcés. Tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles dilatés en palette arrondie, ciliée en arrière, ayant en dessous des cupules très-petites en avant.

Les eaux, comme la terre, ont leurs insectes carnassiers. Les Dytiques oIVrentles plus grands types des chasseurs aquatiques de proie vivante ; leurs espèces sont de taille grande et assez grande. De même que les Carnassiers supérieurs des eaux, les Épaulards, les Dauphins, les Marsouins, ils doivent respirer en nalurt; l'air qu'ils seront obligés de puiser à la surface de l'eau ; ils ne peuvent se contenter de l'eau aérée, comme les Poissons cA les Mollusques. Amis des eaux stagnantes , bourbeuses même, ils nagent avec vélocité au moyen de leurs i)at(es postérieures conlournées en rames et ra[»pi;lant par leur courbure et leur élargissement les membres des Tortues marines. On les obser\e sou\enl immobiles et remontant vers la surface, le corps incliné, la tête en bas, à la façon d'un ludion, par la conséquence hydrostatique de la masse d'air amassée dans la partie terminale du leur intestin. De temps à autre ils s:inlèvent l'cxlréinité [)()stérii'ure de leurs çlylres, pr.is les referment de manière à englober une bulle d'air, tie lluide, comprimé par les élytres comme par un piston de pompe foulante, acquiert assez

288 COLÉOPTÈRES. — DYTICIENS.

de force élastique pour écarter les bords des stigmates, et pénètre dans les trachées sans que l'eau y puisse entrer.

Les Dytiques sont des insectes à la fois aquatiques, terrestres et aériens. Quand leur voracité a dépeuplé les mares où ils vivent de préférence, car leur ?éjour hors de l'eau ne peut être de longue durée, ils sortent et marchent assez lentement sur le sol; enfin, le soir, dépliant leurs ailes et bourdonnant à la façon des Hannetons, ils gagnent d'autres eaux où ils promèneront la terreur et la mort. C'est ainsi qu'on trouve ces insectes dans les flaques d'eau formées le plus récemment. La voracité des Dytiques est extrême : ce sont les Épaulards de la création entomologique, poursuivant tout ce qui nage autour d'eux. Leurs pattes antérieures saisissent la proie et la portent contre les mandibules. Ce ne sont pas seulement les larves de Libellules, d'Éphémères, de Cousins, d'insectes de leur groupe qui sont leurs victimes: les Mollusques des eaux douces sont pour eux une proie sans défense ; ils s'attaquent aussi aux larves de Grenouilles, de Crapauds, de Tritons (les têtards), et même aux petils Poissons et au frai, l'ne grenouille éventrée qu'on leur jette faii. accourir des Dytiques de plusieurs espèces qui s'y attachent avec délices. On les alimente facilement, dans des bocaux remplis d'eau, avec de petits morceaux de viande crue de la grosseur d'une noisette. Il faut avoir soin de renouveler l'eau corrompue par les restes de viande. On rapporte que l'entomologiste Esper garda plus de trois ans un Dytique bordé si habitué à recevoir sa petite provision de bœuf cru, qu'il arrivait à la nage aussitôt qu'on la lui présentait, se jetait dessus avec l'avidité d'un Félien afi'amé, et en suçait tout le sang. Ces Dytiques qu'on s'amuse à conserver captifs dans l'eau peuvent servir à un curieux usa^e. celui de baromètre vivant, comme les Grenouilles, les Rainettes. Le Dylique bordé est très-sensible aux variations de la pression et de l'humidité de l'air, et se tient dans leau à diverses hauteurs , qu'on peut observer plus facilement en plongeant dans le liquide du bocal une petite échelle divisée en centimètres.

A l'état de larves, les Dytiques ne peuvent vivre que dans l'eau, et, plus voraces encore que sous la forme adulte, se repaissent semblablement de proie vivante. La plus commune, celle du Dylique bordé, est allongée, renflée au milieu, brune et comme cuirassée d'écaillés sur le thorax. Elle offre six pattes thoraciques assez longues, poilues. Sa tète ofl're deux mandibules en forme de pinces acérées, propres à harponner ses victimes. En dessous est une bouche difficile à apercevoir, oflrant à l'intérieur de petites mâchoires. Cette larve respire en puisant l'air à la surface de l'eau, au moyen de deux petits corps cylindriques, poilus, divergents, placés à la partie anale et communiquant avec les troncs trachéens. Elle nage par de rapides mouvements vermiformes, on frappant l'eau avec la partie postérieure de son corps. On sait qu'en "énéral le nerf optique des Insectes est unique. Chez les larves de Dytiques il otlre une foule de filets distincts allant à chaque slommale:

DVTICIDLS. — DYTISCLS. 2.S9

ce qui prouve bien que les yeux composé» sont des réunions d'yeux simples. Chez l'adulte tous ces filets se soudent.

Ouand l'époque de la métamorphose est arrivée, ces larves, exclusivement aquatiques, vont au contraire prendre une existence exclusivement terrestre. Elles quittent l'eau, s'enfoncent dans la terre molle cl humide des bords des ruisseaux et des mares, s'y façonnent une cavité ovale dans laquelle elles se changent en nymphe d'une couleur blanche sale, terminée par deux petites pointes. Si la transformation s'est faite dans la belle saison, l'adulte éclùt en quinze ou vingt jours ; si elle n'a lieu qu'en automne, la nymphe passe l'hiver, et c'est le cas le plus habituel.

Les Dytiques adultes vivent longtemps et s'accouplent généralement au printemps. C'est à la copulation que servent les tarses antérieurs dilatés des rcAlos, caractère propre à beaucoup de Coléoptères. Il s'exagère chez les Dytiques, où les trois premiers articles de ces tarses, trèsélargis, soudés, déformés, deviennent une vaste cupule, offrant en dessous des ventouses et des poils courts, et permettant aux mâles de S(! cramponner sans glisser sur les élytres des femelles. Celles-ci sont pro fondement sillonnées de canalicules longitudinaux, surtout à leur région antérieure, tandis que les élytres des mâles sont très-lisses.

Les Dytiques ont le système nerveux peu centralisé: leurs noyaux médullaires sont gros, faciles à disséquer. Nous recommandons aux entomologistes débutants les grosses espèces de ce genre pour l'étude anafomiqiie du système nerveux, et en général de tous les appareils, des vaisseaux de Malpighi, etc.

Les environs de Paris ont plusieurs espèces de Dytiques. Tels sont surtout le Dijliscus marginalis, Linn., de 30 à 35 millim., dont la bordure latérale plus claire des élytres disparaît par la dessiccation ; les D.circmiifJcxus , Fabr. de 30 millim. de long, plus elliptique, à écusson jaune, et pimctiihitufi, Fabr., de 28 millim., noir, avec taches rougeâtrcs sur les côlés de l'abdomen. La plus grande espèce d'Europe, le D. latissimtis, Linn., de /lO millim. de longueur, n'est pas exclusivement propre à l'Allemagne et à la Suède, comme on l'a cru longtemps; les amateurs peuvent chercher cet énorme insecte dans les eaux douces du nord-est de la France, car on l'a trouvé dans quelques étangs de la Lorraine et de la Champagne et même aux Andelys. Il est remarquable par la forme de ses élytres aplaties et tranchantes sur le bord, et il est assez nuisible aux jeunes poissons.

Le genre qui nous occupe a été nommé Dijticus par Geoll'roy, Leninutus par Kirby, Macrodijtes par Thomson. 11 est répandu dans toute l'Europe, l'Amérique boréale et russe. On en trouve des espèces isolées aux Ktals-l'nis, en Californie, à Mexico, en Sibérie, au Kamtchatka, à Ceylan, à l'Ile ^Voodlark. Les Dytiques ont deu\ crochets égaux aux tarses postérieurs.

GIRARO. lit

290 COLÉOPTÈRES. — DYTICIENS.

EUi\Kl"rES*, Ericlison. — Corps en ovale court^ plus large ea arrière, déprimé. Élytres de même forme. Cuisses et jambes antérieures fortement ciliées, avec tarses des mâles à cupules.

Les Eunectes sont de taille moyenne et ont pour type une espèce très-répandue dans toute l'Europe, VE. sticUcus , Linn., ou yriseus, Fabr., à sculpture des élytres pareille dans les deux sexes. 11 y a quelques aulres espèces disséminées dans les diverses parties du monde.

ACIMliS^, Leacli. — Caractères très-analogues. Deux crochets inégaux aux tarses postérieurs ; prosternum non caréné.

Les espèces d'Europe ont, aux tarses antérieurs des mâles, des cupules très-inégales, dont une énorme à la base. Les femelles ont sur es élytres de larges sillons longitudinaux, garnis de longs poils couchés. On trouve aux environs de Paris une espèce très-commune dans toutes les vases de l'Europe, A. sidcatus, Linn, d'un brun grisâtre terne, de 16 millim. de longueur, à élytres roussâtres avec points noirs, à abdomen tacheté de jaune, à cuisses postérieures noires à la base, et VA. fasciatiis, de Geer, ou canaliculatus, Nicolaï, différent du précédent par un abdomen roussâtre et les cuisses postérieures sans taches. Il est surtout propre au nord de l'Europe.

Les Aciiius, à corps très-large et déprimé, de taille moyenne ou assez grande, ont encore d'autres espèces dans le nord de l'Europe ou de l'Amérique, en Californie, au Mexique, aux Antilles, à la Guyane et au Brésil. Les larves des Aciiius sont notablement différentes de celles des Dytiscus et des Cxjbister. Elles ont un corselet étroit, allongé, terminé par une petite tète munie de courtes mandibules; elles sont cependant carnassières comme les autres.

TnOGt'IS, Leach, ou Cybister, Curtis. — Corps elliptique, notablement élargi en arrière. Corselet court, écusson apparent. Élytres des femelles à très-petite> stries. Tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles très dilatés, eu palette ciliée en avant, garnie en dessous et en avant de quatre rangs de cupules, en arrière de poils courts. Pattes postérieures plus robustes, comparées aux autres, que chez les Dytiques, très-aplaties, à jambes très-courtes.

Les espèces sont de taille grande et assez grande. Nous ne trouvons aux environs de Paris qu'une seule espèce de ce genre, le ('. virens. Millier, ou C. Ewseli, Fabr., nom plus connu. 11 est de grande taille, 80 millim. environ, a le proslernum terminé en arrière en pointe trèsaiguë, tandis qu'il se prolonge en spatule dans les vrais Dytiques. H est, comme eux, d'un noir-olive, avec une étroite bor.lure jaune, et ^ vivant, présente dans l'eau un magnifique rcdet azuré qui n(! se conserve malheureusement pas en collection. La larve ressemble beaucoup A celle des Dytiques: elle est seulement plus cylindrique et terminée par Un simple appendice conique, grêle et cilié ; su Icte est armée d'une

DVnCIDE.S, — A(;abus, colymbkie.-. •2\)\

corne assez courte. Ses inuiurs sont celles des lur\es du genre précédent.

F. es Ci/histrr n'ont qu'un seul crochet au\ larscs postérieurs et comprennent d'assez nombreuses espèces. Toutes les parties du monde ofl'rent des Cijbister : nous citerons le Lerminieri, Chevr., de la Guadeloupe, une des grandes espèces du genre. Il est d'un verl-olive eu dessus et noirâtre en dessous, remarquable par ses antennes l'uu\es et la bordure d'un jaune rougeâtre qu'on observe au chaperon, au corselet. aux élytres. — Il est figuré pi. xu;, fig. 1:1a, b, larse antérieur du mâle en dessus et (;n dessous.

.%(;%Bl>t. Leach. — Corps ovale. Élytres ovalaires, semblables dans les deux sexes. Tarses antérieurs et intermédiaires des niàles à peine dilatés et garnis de cupules. Pâlies postérieures larges et comprimées, à jambes ciliées.

Les Aguhus ont des espèces surtout de couleur noire, ou parfois d'un jaunâtre saupoudré de brun. Ils sont bien plus petits que les Dytiques, et ont comme eux deux crochets égaux et mobiles aux tarses postérieurs. Leurs espèces sont nombreuses. Il en est en Europe, surtout boréale ; de même dans l'Amérique boréale, l'Amérique russe, l'Oi^^gon, le Kansas, la Peusylvanie, le Mexique, la Californie, la Guyane , Bogota, le Brésil, le Chili. D'autre part, on en cite de Mongolie, d'Australie, de la Tasmanie, de la Nouvelle-Calédonie, du détroit de Magellan. Ils manquent en Afrique, sauf en Algérie, région méditerranéenne, aux Indes orientales , au\ îles sondaïques et mélanésiennes. Nous citerons VA. serriconiis, l'ayk., de Suède, deLaponie, de Finlande (pi. xni, fig. 2, tète grossie ; 2 a, antenne du mâle très-grossie). (^ette espèce oflre chez le mâle les antennes dilatées à l'extrémité et dentées en scie, caractère qui n'est pas général dans le genre Ayabiis. L'A. bipusUilatn , Linu., d'Europe, d'Algérie, de Syrie, est noir, de 10 millim. de long, avec une tache rousse à l'extrémité de chaque élytre. Il est très-commun partout. — PI. xiH, fig o, son tarse antérieur grossi.

Les deux genres qui suivent on! deu\ crochets inégaux aux tarses postérieurs.

t'OLVmnF/i'KS, Clairv. — Corps ovalaire. Éljlres ovalaires^ le jdus souvent semblables dans les deux sexes. Tarses antérieurs et intermédiaires des mâles à trois premiers articles garnis de cupules très-petites. Faites postérieures larges, comprimées, à tarses ciliés.

Ces insectes, de toutes les parlies du monde el surtout d'Europe, soni noirâtres, de taille moyenne, et un cei tain uoni!)re d'espèces son! communes dans toutes les mares. Eschscliollz, d'après la forme des articles des tarses antérieurs des mâles el de leurs crochets, a établi pluf.iiMir> sous-genres. Dans les Vohjmbeies propres nous ne trou\ons en Euroitr

'292 COLLOPTËKES. — DYJ l;;lL^s.

que deux espèccô, dont l'une aux environs de Paris, mais assez rare, le C. Grappi, GylL, Germ.j ou nijier, Lacord. Les Cijmatoplerus ont les crochets tarsaux antérieurs égaux dans les deux sexes. On y trouve une espèce extrêmement commune dans toute lliurope, le C. fuscus, Linn., de 17 millim,, ovalaire, non élargi en arrière, à corselet roux, avec une tache noire au milieu, et à élylres d'un brun clair passant au jaunâtre le long du bord externe. Les autres espèces de ce sous-genre sont surtout des régions septentrionales de l'Europe et de l'Amérique, de Laponie, du Groenland, des lacs canadiens, etc. Les Bhcmtus ont au contraire les crochets des tarses antérieurs inégaux. Lne espèce très-commune est le 7{. 2n//(.'eros»s, Stoph., de tl millim., oblmig, ovalaire, à corselet d'un jaunâtre pâle, avec une tache médiane noire, à élytres déprimées, jaunâtres, paraissant d'un gris verdâtre par une foule de petites taches noires, ayant la suture et le bord externe jaunâtre et les pattes roussâlres. Lacordaire l'appelle notafus dans sa Faimn des environs de Paris.

II.'ï'ISIl'N, Erictis. — Corps ovale. Élylres semblables dans les deux sexes.

Les autres caractères sont ceux du genre précédent ; mais les Ilybies ont iJn aspect dillerent des Colymbètes, sont plus allongés et surtout beaucoup plus convexes, également de taille moyenne, noirâtres et du même genre de vie. On rencontre souvent dans les eaux des environs de Paris Ylhjhius fidiginosus, Fabr., de 12 millim., d'un brun noirâtre, avec un très-faible reflet métallique et le bord externe des élytres assez largement bordé de roux, et 1'/. ater , de Gcer, noir, bordé de roussâtre, avec deux petites taches linéaires rougeâtres sur les élytres. On trouve également dans toute l'Europe les 1. angustior, GylL, obscurus, Marsh., ou quadriguttatus, Lacord. Les femelles des Ihjhius ont le dernier arceau de l'abdomen échancré et caréné au milieu. Ce genre est assez nombreux en Europe, surtout dans le Nord, en Laponie, en Suède, en Angleterre. Il y a aussi quelques espèces dans le nord de l'Amérique, une en Californie, une dans le Dacota.

Le genre Colijmbeles des anciens auteurs comprenait les trois genres actuels Agabus, Colymbètes, Ilijbins, Ce sont tous des insectes abondants en Europe, de forme très-naviculaire, et dont les larves ont la partie antérieure du corps très-élargie et les appendices respiratoires caudaux plus longs que chez les Dytiques.

!\'OTEIli;s, Clairv. — Corps un peu obcoiiique, très-convexe; antennes des mâles dilatées vers le milieu, courtes, rappelant celles des Gyrins ; écusson invisible. Élytres pareilles dans les deux sexes. Tarses antérieurs et intermédiaires des mâles à trois premiers articles dilatés et garnis en dessous de petites cupules. Pattes postérieures larges, comprimées, avec tarses ciliés.

Le genre Noterus, ainsi que quelques autres, se recoiinail ii la dispa lition de l'é'jusson, ri en particulier aux antennes courtes des ni.ile^,

DYTICIOLS.— PKf.OBIUS. '2'^X',

à articles larges et comprimés, avec le onzième et dernier allongé et pointu. Ils sont de petite taille et ont peu d'espèces. On en signale de spéciales à l'Angleterre, au Danemark, à l'Kuropc méridionale, à la Syrie, au Mozambique. Il en est deux répandues dans toute l'tlurope et vivant dans les eaux stagnantes : le .V- clarirornis, de Geer, et l'espèce type du genre ; le .V. semipunctalus, Fabr., ou crassirornis, Sturm, Lacord.jd'un brun fauve, commun partout. — PI. xiii, fig. 0: 6a, antenne; 6b, patte antérieure vueen dedans; 6c, la même en dehors.— Sa larve, brune, avec deux bandes jaunes transverses sur le dos, est des plus singulières par sa tète prolongée en avant en une assez grande corne frontale.

PKI.OBISX, Schiiiilierr. — Tèle forle, dégagée du corselet, ressemblant à une tête de Carabique ; antennes courtes. Corselet court, transversal; écusson large, très-apparent. Tarses antérieurs des mâles à trois articles élargis avec pelites cupules en dessous; tarses postérieurs à articles très-allongés, à peine comprimés.

Ce genre n'a qu'une seule espèce en Europe ; de toute l'Europe et du nord de l'Afrique ; d'un brun roussûtre, mat, avec une grande tache noire occupant la plus grande partie des élytres. On le trouve dans les mares des environs de Paris au début du printemps, et souvent eu troupes nombreuses : c'est le /*. tardus, Herbst, ou Hermanni , Fabr. (pi. xni, fig. 5 : 5 rt, antenne; 5 6, tarse antérieur du mule en dessus; 5 r, le même en dessous). M. Blanchard remarque que cet insecte fait entendre en volant un bruit plus fort que la plupart des autres Dytiques proprement dits. Quand on le saisit, il produit aussi un son strident assez fort, analogue, avec moins d'intensité, à celui du Grillon. Une carène oblique existe à la partie inférieure de chaque élytrc; elle offre des crénelures profondes et serrées qui frottent contre un bourrelet mince, mais très-saillani, du dernier segment abdominal. (Ju'on prête l'oreille, arrêté au milieu d'un vaste étang desséché, parfois partent de tous côtés de petits cris : ils sont dus à des Pélobies enterrés sous la vase à demi durcie et tout barbouillés de limon.

Le genre Pelobins a deux autres espèces en Australie. Fabricius a[ipelait ce genre Hydracna, nom qui n'a pu être conservé, quoique plus ancien, car il appartient à des Arachnides aquatiques vivant en larves sur les Dytiques. Latreille en faisait les Hijgrobia

In groupe spécial de Dyticieiis est formé par les llydropores en général, insectes à corps ovalaire, plus ou moins allongé. Leurs tarses antérieurs et intermédiaires, à peine élargis chez les mrdes, sont garnis dans les deux sexes de brosses soyeuses. Les tarses, en réalité pentamères, semblent de quatre articles, le quatrième étant très-petit et caclié dans l'écliancrure du troisième. Ce? insectes, ton? de iietite faille

294 COLÉOPTÈRES. — DV■^Cll•:^s.

abondent dans les mares de toute l'Europe, aussi bien que dans les eaux rapides. L'écusson est apparent cbez les uns, caché chez les autres. Ce dernier cas est celui des genres européens. On a trouvé ces insectes dans les eaux glacées aussi bien que dans des sources thermales.

HVUUOl'ORllS, Clairv. — Corps tantôt déprimé, tantôt convexe; antennes sélacées. Pattes postérieures longues, grêles, un peu conipi-imées, ciliées.

Ex. //. planiis, Fabr., de toute l'Europe. — PI. xin, détails k: k a, patte vue de profil ; k b, tarse antérieur vu en dessus, montrant la réduction apparente à quatre articles.

Les Hydropores ont plus de deux cents espèces, de toutes les parties du monde, d'une étude pénible en raison de leur petitesse, certains ne dépassant pas 2 millim. de long. Le plus souvent ils sont oblongs et peu convexes, parfois au contraire ovalaires et épais, ce qui conduit aux Hyphydres. Leurs couleurs, peu variées, sont le jaune, le rougcùtre, le noir, mais disposés parfois en dessins assez élégants. On ramène ces insectes en jetant le filet fauchoirau fond de toutes les eaux, douces ou saumàlres, dans les mares stagnantes comme dans les rivières et torrents les plus rapides, dans les eaux glacées des Alpes, des Pyrénées et des régions arctiques, aussi bien que dans certaines sources thermales. Ainsi YH. cusijidatus, Germar, a été pris aux environs de Bone en Algérie, dans une source à une température de ù2 degrés.

Bivl*CBVa>lll'^, Illig. — Caractères analogues aux Hydroporus et écusson également nul. Corps très-court et très-bombé en dessous.

Les espèces de ce genre rappellent par leur forme les Omophrons (Carabiens). Les Hyphydres sont de tous pays, surtout de l'ancien continent. Le type est l H. ovatus, Linn., très-commun dans toute l'Europe, d'une couleur rougeâtre plus ou moins foncée, presque mat. Les contrées méridionales de l'Europe ont une jolie espèce, VH. oarieiiatus, Fabr., noir^ tacheté de jaune.

Une autre division, celle des Haliples, comprend des insectes aquatiques au corps ovalaire, convexe, recouvert de points enfoncés, à élytres avec stries et dépressions longitudinales, souvent terminées en pointe à leur extrémité, à écusson caché. Le caractère principal de ce groupe est olfert par les cuisses postérieures, ayant chacune à leur base une grande lame couvrant la moitié de labdomen : c'est la hanche postérieure, recouvrant presque entièrement la cuisse et empêchant tout mouvement de haut en bas. L'usage de ce bouclier ventral est ignoré. Ces insectes sont de taille Irès-exiguë, sortent souvent de l'eau, se posent sur les plantes aquatiques, ou voltigent aux alentours. Les premiers états sont encore inconnus; il y a là un sujet curieux de recherches. Les tarses reprennent partout les cinq articles normaux.

GYRINIDES. • 295

H^MPMJSt, Latr. —Corps ovale, allongé, bombé. Tête étroite; antennes de dix articles. Tarses à trois premiers articles un peu dilatés et munis de brosses saillantes chez les mâles.

Ex. : //. elevatits, Panz., Europe, France. — PI. xiii. fig. 7 : la, abdomen vu en dessus; 7b, antenne; 7c, palpe maxillaire.— Ces insectes sont surtout d'Europe, avec quelques espaces disséminées dans l'Amérique du Nord, le Brésil, la Corée, la Chine, l'Australie. Les espèces se reconnaissent à l'absence d'écusson, à des antennes de dix articles, obconiques, le dernier long et pointu ; à des palpes maxillaires ayant le dernier article très-petit et le précédent gros et renflé, à des pattes grêles. Les élytres sont toujours sculptées de rangées de points enfoncés assez gros et très-rapprochés. Les couleurs, comme celles de la plupart des petits Dyticides, sont brunâtres ou jaunâtres. Ils quittent parfois l'eau et grimpent sur les plantes des rives, souvent en sociétés nombreuses.

Famille IL — GVRLMDES.

Corps ovalaire, aplati en dessous, plus ou moins convexe en dessus. Tète plus ou moins engagée dans le corselet, avec les yeux composés divisés en deux régions, l'une supérieure, l'autre inférieure, par les bords latéraux de la tète; antennes épaisses, très-courtes, cachées dans une cavité latérale profonde un peu en avant des yeux supérieurs, épaisses, à troisième article prolongé latéralement en oreillette ; mandibules bidentées, palpes maxillaires internes d'existence contestée (Aube). Corselet transversal ; écusson tantôt caché, tantôt visible. Élytres tronquées à l'extrémité, ne recouvrant pas tout l'abdomen; prosternum très-court, caréné. Pattes antérieures beaucoup plus longues que les autres, cachées au repos dans un sillon sur les côtés de la poitrine, se projetant en avant, avec brosses soyeuses aux tarses des mules. Pattes intermédiaires et postérieures rejetées en arrière, courtes, larges, trèscomprimées avec cils plats, avec tarses à articles peu distincts; les pattes postérieures logées au repos dans un sillon des hanches.

Le tube digestif présente environ (dans l'espèce commune étudiée, Gijrinus natatur) quatre fois la longueur du corps, et l'intestin grêle compte pour deux fois cette longueur. Le cœcum est membraneux, non latéral.^ et les plis transversaux qu'on y remarque indiquent qu'il peut être gonflé par l'air, d'une manière analogue à ce qui se passe chez les Dyticides et dans le même but.

Ine première division de ces insectes oIVre l'écusson apparent dans toutes les espèces.

296 COLÉOPTÈRES. — DYTICIF.NS.

(tENRES.

GYnmtîm, Ceoffr. — Corps plus ou moins convexe. Pattes antérieures de médiocre longueur, à jambes et tarses (des mâles) peu élargis à l'extrémité.

Les Gyrins sont des carnassiers des eaux dont les moeurs et l'organisation offrent de notables différences d'avec les Dytiques, ils préfèrent les eaux claires, un peu agitées, aux eaux stagnantes et vaseuses. Tout le monde a remarqué ces petits insectes noirs, à reflet bronzé, traçant les plus capricieux méandres à la surface de l'eau. Ils vivent en effet en troupes nombreuses, tournoyant sans cesse et s'entrecroisant sans jamais se heurter, ce qui leur a valu le nom vulgaire de Tourniquets. On dirait au soleil de brillantes étoiles se détachant sur l'azur liquide. Quand ils plongent brusquement, ils entraînent avec eux une mince bulle d'air qui adhère au ventre et simule un globule de mercure ou d'argent. Les Gyrins poursuivent sans relâche les insectes qui, comme eux, vivent à la surface de l'eau, ceux qui viennent du fond pour respirer, enfin les insectes aériens qui y tombent. Une organisation admirable de l'organe de la vision leur permet de chasser dans l'air et dans l'eau et d'échapper aux dangers qui les menacent dans l'un et l'autre fluide. L'œil composé est séparé en deux moitiés par la partie latérale de la tête, et les courbures des cornéules doivent être fort différentes dans ces deux portions, en raison des indices de réfraction si divers dans l'air et dans l'eau. En effet, l'œil supérieur du Gyrin lui montre les insectes qui sont sur l'eau et le bec cruel de l'hirondelle, à qui il échappe par un plongeon rapide ; l'œil inférieur lui permet d'apercevoir les larves qui nagent sans défense ou le poisson féroce à éviter. La vue perçante des Gyrins et leurs agiles mouvements rendent leur capture peu aisée ; il faut jeter brusquement le filet de toile au milieu de la troupe tournoyante, et l'on n'en ramène qu'un petit nombre. Qu'on place un de ces insectes dans un verre d'eau, il fait d'abord quelques tours en nageant, puis se pose immobile à la surface du liquide; si l'on approche le doigt, il s'enfonce aussitôt. Les Gyrins sautent hors de l'eau pour échapper aux poissons, et peuvent alors s'aider de leurs ailes, qui leur servent aussi le soir à se transporter dans d'autres eaux. Leurs longues pattes antérieures se projettent sur la proie comme un ressort; c'est pour ne pas gêner la natation rapide du Gyrin, qu'elles se cachent au repos dans des sillons latéraux; ces mêmes pattes antérieures, munies de brosses sous les tarses chez les mâles, leur servent à cramponner les femelles dans l'accouplement. Ces mâles sont plus étroits que les femelles; la copulation s'opère sur le bord de l'eau, dans un endroit calme, soit sur l'eau, soit sur quelque support. Quand on parvient à saisir les Gyrins, ils font suinter par l'extrémité découverte de leur abdomen une liqueur laiteuse et puante, sortant de deux pelits mamelons cylindriques rétractilo^. Si on les pose

GYRINIDES. — GVUINCS. -JOT

sur le sol, ils exécutftnl une série de petits sauts par lesquels ils lAcliciil de regagner l'eau.

On ne connaît encore bien les divers états que du Gyrinus natalur, lAun., l'espèce la plus commune. La femelle dépose sur les feuilles des plantes aquatiques des œufs placés bout à bout, d'un blanc jaunâtre, cylindriques, et qui éclosent au bout d'une semaine. Les larves diffèrent beaucoup de celles des Dyticides; elles ressemblent à de petites Scolopendres, et leur forme comme leur respiration leur donnent des rapports avec les larves des Semblis (Névroptères). Elles sont longues et étroites, avec une tête ovalaire, avec de petits yeux en groupe, des rudiments de palpes et d'antennes. Les anneaux du thorax ont de longues pattes grêles, et ceux de l'abdomen des appendices ciliés, avec deux franges de poils flottants presque aussi longs que les pattes. Ces appendices constituent une particularité nouvelle : les larves respirent tout autrement que celles des Dytiques, non pas nécessairement l'air libre, mais l'air dissous dans l'eau. Ce sont des branchies ou extrémités extravasées des trachées, servant à la respiration et peut-être aussi à la nage. Le pénultième anneau porte deux appendices plus longs dirigés en arrière, et le dernier segment, très-petit, otlre en dessous quatre crochets courbes que la larve remue continuellement.

Ces larves ont acquis leur développement complet au commencement d'août, et, quittant alors l'eau, grimpent sur les feuilles des Hoscaux, des Nénulars. KUes se construisent, sans doute avec une sécrétion sorla'nt de leur bouche, une coque ovale, pointue aux deux bouts et dont la couleur et la consistance ont été comparées à du papier gris, (^es larves y deviennent nymphes, d'abord molles, puis prenant de la consistance, et l'adulte se jette à l'eau aussitôt son éclosion et tarde peu à s'accoupler.

Les environs de Paris nous offrent plusieurs espèces de Gyrins, presque toutes d'un noir brillant. Ainsi le G. nataior, Linn., convexe, d'un noir vernissé un peu bleuâtre, avec le bord réfléchi des élytres et le bout de l'abdomen roux; le G. marimis, Gyllenhal,de 6 à 7 millim., comme le précédent, mais bordé de noir brillant; le G. Incolor, Paykull, de S millim., allongé, subparallèle, coloré comme le nalator; le G. minutus, Fabr., de petite taille, etc. Dans les parties méridionales de l'Europe et septentrionales de l'Afrique, on rencontre des Gyrins plus élégants, à élytres profondément sillonnées et bordées de jaune, ainsi que lo corselet : tels sont les G. striatus, Fabr., et concinnus, Klug. Le genrt< Gyrinus comprend de nombreuses espèces de tous pays.

Près des Gyrinus et comme eux à écusson, il faut citer le genre Orectuchilus, Lacord., de l'Afrique et des Indes orientales, du Caucase, d'Egypte, de Corse, avec une seule espèce de presque toute l'Europe, ro. villosus, Fabr. Le corps est plus fortement bombé et plus pointu aux deux bouts que chez les Gyrins. Comme eux, elle aime les eaux courantes, mais elle ne sort que la nuit pour nager en troupes. !l;iiiî

298 COLÉOPTÈRES. — DYTICIENS.

le jour, elle vit cachée sous les pierres, les plantes aquatiques, les débris flottants.

EIVHYURl'!^, Castelnau. — Corps fortement déprimé. Pattes antérieures trèslongues, à jambes et tarses (des mâles) très-élargis à l'extrémité.

Les espèces de ce genre sont exotiques, et de taille notablement plus grande que les Gyrins. — Ex : Enhydrus sulcatus, Wiedm., du Brésil. — PL XIII, fig. 8 : 8 a, mandibule et mâchoire avec un seul palpe évident ; 8 6 et 8c, antenne.

U y a six autres espèces d'Australie.

L'écusson est caché dans toutes les espèces d'un autre groupe qui offre plusieurs genres n'ayant que des espèces exotiques. C'est le genre Dineutes, Mac Leay, qui présente les plus grands Gyrinides, atteignant 2 centimètres de longueur, noirâtres, à reflets brillants. Les Dineutes sont répandus dans les régions chaudes des deux continents, et surfout de l'ancien. Une espèce qui se trouve aussi aux Indes, le B. prœmoraus, Kabr., est très-commune dans le petit lac des Salazies, localité située dans les montagnes de l'île de la Réunion et connue par ses eaux minérales. Les malades, pour se distraire, mettent à profit la voracité de ces grands Gyrinides et s'amusent à les pécher, comme nos grenouilles, au moyen d'une ligne amorcée d'un morceau de drap rouge sur lequel ces insectes se précipitent avec ardeur. Une autre espèce de ce genre remonte jusqu'à nos provinces algériennes et a été capturée dans une source thermale, à Lalla-Maghrnia (L. Uairmaire).

On trouve dans les parties chaudes de l'Amérique un autre genre de la même section, les Gyretes, Brullé, aux élytres tronquées, souvent épineuses et ornées de larges plaques soyeuses à éclat métallique et légèrement irisé sur le reste du corps. Voici ce que nous rapporte M. Salle sur leurs mœurs : « J'ai pris le G. sericeus, Laboulb., à Caracas, capitale de la république de Venezuela, dans le rio Catucho, torrent très-rapide qui descend de la Cordillère et qui fournit l'eau à la ville. Comme le lit de ce torrent est semé d'énormes roches, il y a une suite de cascades, et la chute de l'eau forme au bas de ces énormes pierres de petits réservoirs ou bassins dont l'eau est plus ou moins agitée. C'est dans ces bassins qu'on trouve notre insecte par groupes d'une vingtaine au plus, nageant très-vite, avec force, et remontant quelquefois contre le courant. Pendant leur vie, ils ont l'abdomen beaucoup plus allongé que dans l'état sec où nous les conservons dans nos collections; aussi s'en servent-ils, lorsqu'ils sont jetés par l'eau sur le rivage, pour d'un bond s'y précipiter de nouveau, en faisant arc-boutant avec la pointe, et s'élançant comme un ressort à une hauteur de quelques pouces et parfois d'un pied. Beaucoup d individus ont sur les clylres un nombre plus ou moins grand de petits Champignons ou Cla-

STAPHYUNIENS. 299

\ aires noires, d'une lungucur (le 2 millim., et lerminées par un petit bouton. J'attribue la croissance de ce cryptogame sur ces insectes à la \apeur continuelle du torrent qui, dans ses chutes, forme une pluie excessivement fine et qui retombe souvent sur eux. »

Tribu diïs î«»TAI»HYlil.^lEI\'S.

Dans le grand but harmonique d'assurer l'hygiène de ralmosphèrc, aucun détritus azoté ne doit rester longtemps exposé à la putréfaction. Parmi les insectes chargés par le Créateur de ce véritable service de salubrité figurent les Staphyliniens, dont les plus volumineux chassent aussi les proies vivantes et dépècent les cadavres. Ce nom, proposé par Krichson, auteur d'une excellente monographie de ce groupe {Gênera et Species Staphijlinorum, ISZiO), et tiré de l'ancien genre Staphytinus de Linnceus, doit être préféré à ceux de Microplèves (Schœpifer), Brachélylres, Jirévipennes (C. Duméril), parce que le caractère saillant indiqué par ces derniers noms n'est pas exclusivement propre aux Staphyliniens, mais se remarque dans des Coléoptères d'autres types. Ces insectes, en effet, la plupart de petite taille et dont on connaît plus de dix-huit cents espèces, frappent les yeux à première vue par l'extrême brièveté de leurs élytres, sous lesquelles néanmoins sont les ailes fortement repliées. On dirait qu'ils portent un habit beaucoup trop court, ou une veste laissant à découvert presque tous les anneaux de l'abdomen. 11 y a là évidemment dégradation, persistance de formes temporaires de larves et de nymphes. Ce même caractère d'infériorité nous est manifesté par le nombre des articles des tarses. Si les Staphyliniens sont le plus souvent pentamères, il en est d'hétéromères, de îétramères et même de trimères, ce qui a permis aux entomologistes modernes d'en rapprocher les Psélaphiens trimères, qui en étaient si écartés dans la méthode tarsienne. On sait, au reste, que le manque de fixité d'un caractère est un symptôme de dégradation. Les Staphyliniens ont en outre une incontestable ressemblance avec les Forticules, et par la forme et par le genre de vie, et constituent ainsi un passage aux Orthoptères, sans qu'on doive pour cela aucunement les placer au dernier rang des Coléoptères. Ces rapports multiples des animaux ne peuvent s'indiquer que par des groupements complexes et constellaires, les seuls vraiment naturels.

Le corps des Staphyliniens est en général allongé, déprimé, à bords rcctilignes et subparallèles, poilu ou pubescent. Un cou rétréci sépare le plus souvent la tête du corselet, et les yeux composés sont latéraux et arrondis. Les mandibules sont aiguës, souvent falciformes, parfois dentées, les milchoires courtes,, avec palpes de quatre articles, les palpes labiaux en ayant trois. Les antennes sont en général llliformes et fie onze articles, plus longues que la tête et le Ihorax réunis, inoiiulres que loni le corps. Les pattes sont assez grêles, d'égale Ion-

300 coLi'Oi'j i;Ri;s. — staphylimens.

gueur, les antérieures et les postérieures très-rapprochées à leur insertion, les intermédiaires assez éloignées au contraire.

Ce que l'anatomie interne des Staphyliniens offre de plus intéressant, ce sont des trachées toutes tubuleuses, comme chez les Carabiques, et un tube digestif analogue à celui de ces mêmes Carabiques, n'atteignant pas deux fois la longueur du corps de l'insecte, ayant un gésier à quatre arêtes cornées et un estomac hérissé de papilles. L'absence de jabot est le caractère qui dislingue essentiellement cet appareil digeslif de celui dos Carabiens et des Dyticiens.

Les larves établissent un nouveau rapprochement avec les deux tribus précédentes, et diffèrent notablement de celles des Silphiens et des Nilidules. Elles ressemblent aux larves des Carabiques par les mandibules longues, acérées, souvent falciformes, les appendices du dernier segment, le mamelon anal, etc. Dans les larves do petites espèces de Carabiens, le nombre des articles aux antennes et aux palpes diminue : ainsi, chez ïyEpus Rohini, quatre aux antennes, au lieu de cinq ; trois aux palpes maxillaires, au lieu de quatre. On est ainsi amené aux larves des Staphyliniens, qui ont des antennes de quatre articles (peut-être cinq pour les genres Staphylinus et Ocypus); des palpes maxillaires de quatre pour les larves des Staphylinus, Ocypus, Xantliulimis, de trois dans celles des genres Quedius, Homaluta, Tachinus, Oinalium, etc. Ces différences ne sont pas plus étonnantes dans cette famille que celles des tarses des adultes dont le nombre des articles varie de cinq à trois.

Ces larves ressemblent aux insectes parfaits, avec absence complète d'ailes et d'élytres, dans les Staphylinus, Ocypus, Xantholiinis et quelques Philontfnts, et, comme eux, dans les trois premiers genres, relèvent l'abdomen; mais la ressemblance n'existe plus et labdomen ne se relève pas chez les larves des Aleochara, llomalota, Phlœopora, Tachimis, Pœderus, etc.

Les larves de certains Dyticiens, ainsi des genres Dytiscus et Colyinhetes, sont très-analogues, si elles étaient terrestres, aux larves du genre Ocypus. Il y a aussi de très-grands rapports entre certaines larves de Staphyliniens et celles d'Histérides, ainsi des Xantholinus (Staphyliniens) avec les larves de Platysoma et Pegaderus (Histérides).

La vie des larves de Staphyliniens n'est pas très-longue, s'opère du printemps à l'automne, et en moins de temps pour les petites espèces, ou de l'été au printemps suivant (Ocypus). Le changement en nymphe se fait dans la terre, le fumier, sous les écorces, sous les feuilles tombées. L'état de nymphe dure très-peu, et l'adulte, mou et jaunâtre lors de l'éclosion, ne tarde pas à se colorer et à durcir. Les larves sont peu connues, comme étant en général petites, se cachant au milieu des matières animales ou végétales dont elles se nourrissent pareillemonl aux adultes, ou sous terre, étant nocturnes et habituellement trèsdifficiles à élever, surtout celles des petites espèces.

Les Staphyliniens sont répandus dans toutes les régions de la terre,

l'OEUÉKlDLS. 3U1

mais les espèces tropicales sont encore peu ccjiinues. Comme les Carubiens et les Silphiens, ces insectes dégorgent par la bouche une salive acre, brune, fétide, sécrétion destinée à modifier les aliments, et d'autant plus abondante que les Coléoptères se nourrissent plus volontiers de matières cadavériques. Ils répandent le plus souvent des odeurs fortes, parfois éthérées, parfois musquées, dues à deux vésicules rétractiles placées près de l'anus, et éjaculant, comme moyen défensif, nne matière volatile, quand l'insecte redresse dorsalemenl son abdomen, ce qui arrive pour le plus grand nombre des genres. Beaucoup de petites espèces vivent dans les bouses, les excréments, les fumiers; d autres dans les Agarics et les Rolets ; quelques-unes se logent dans l'intérieur des fleurs, d'autres sous les écorccs, sous la mousse, sous les pierres humides: d'autres seulement au bord des eaux, sur le sable. Ces insectes sont crépusculaires, courent le soir pour chasser, et même volent si le ciel est bien découvert. Les grandes espèces se plaisent dans les cadavres, surtout, paraît-il, pour s'emparer des larves de Diptères créophages, et dévorent aussi les insectes vivants. De très-curieux .Staphyliniens vivent dans les fourmilières et les termitières, soit comme ennemis, soit comme véritables animaux domestiques nourris par les fourmis. Les Frelons, hôtes cependant peu traitables, contiennent dans leurs nids le rare Velleius dilalatus, Staphylinien à forte odeur de musc, noir, laissant traîner sans le relever son large abdomen à reflets irisés. iXous di\iserons les Staphyliniens en deux grands groupes primaires : le premier comprenant les espèces où les stigmates du prolhorax sont cachés, à savoir, celles des familles des Pœdérides, des Sténides, des Oxytélides et des Omalides, et le second celles où ces organes sont visibles ; nous y rangerons les familles des Staphylinides et des Tachyporides.

Division 1. — Stigmates prolhovac'tques cachés. Famille , — PŒDi':RlDES.

.Mandibules longues, minces et falcifornies ; aulenues de onze articles. Tôte à cou rétréci. Corselet arrondi aux extrémités: écusson distinct, triangulaire. Abdomen allongé, à sept segments allant en se rétrécissant. Tarses tous pentamères, les quatre premiers articles des tarses antérieurs plus ou moins dilatés.

Les Pœdérides sont des Staphyliniens d'assez petite taille, ()n les rencontre sous les pierres, sous les débris de végétaux; certains, qui sont les Pœdères proprement dits, vivent sur le sable, au bord des eaux, et leurs espèces dans tous les pays offrent des couleurs tranchées entre les élytres, le corselet, l'abdomen, les pattes, d'agréables mélanges de noir, de bleu, de rouge, de vert. Les métamorphoses des espèces de ce groupe sont encore peu connues.

3U2 COLÉOl'TElitS. — STAPHYL11N1E^S.

GENRES I'RI1NC[PAUX

l.tTUROUirM^ Grav. — Corps fort allongé, linéaire, parfois filiforme, ailé dans presque toutes les espèces. Tarses à articles simples, non bilobés.

Ces insectes à corps noirâtre, avec mélange de fauve, à aniennes filiformes et non coudées, de petite taille, à corps déprimé et plus ou moins ponctué, vivent dans les lieux marécageux et se trouvent sous les pierres, sous les mousses, sous les feuilles tombées.

Le genre Lathrobium est très-nombreux en espèces, surtout d'Europe ; on en trouve aussi dans l'Amérique septentrionale, en Colombie, à Montevideo, au Chili, en Cafrerie, à Ceylan, aux Indes orientales^ en Chine, en Mongolie, au Kamtchatka. — Ex. : L. elongatum, Linn., à élytres fauves, de toute l'Europe, des environs de Paris. — PI. xiv, flg. !x : ha, tète vue de face.

IMICUURUiBi, Fabr. — Corps allongé, ailé ou aptère; antennes filiformes; écusson triangulaire. Quatrième article des tarses profondément bilobé.

Le type est le P. riparius, Linn., de l'Europe, du Caucase, de l'Algérie, très-commun sur le bord des étangs et des rivières à cours lent, roux, avec la tête et le bout du ventre noirs, les élytres bleues. C'est le Staphylin n° 21 de Geoffroy. Nous représentons le P. ruficollis, Fabr., de l'Europe moyenne, du Caucase (pi. xiv, fig. 5 : 5a, tarse antérieur). Long de 7 millimètres, il est d'un noir bleuâtre, ainsi que les élytres, avec le corselet tranchant par son roux vif. On le trouve aux environs de Paris en société sous les mousses des endroits marécageux. Le genre Pœderus renferme de nombreuses espèces de tous pays. Les amnteurs reconnaîtront immédiatement les espèces de nos en\ irons à leur forme éléganie, à leur livrée partie d'un bleu d'acier^ partie d'un rouge orange; ils sont vifs et redressent fortement l'extrémité de l'abdomen.

STai.IfliS, Latr. — Tète grande, orbiculaire, attachée au corselet par un pédoncule grêle et court; antennes courtes, épaisses. Tarses à quatrième article simple dans les deux sexes.

Sous les pierres et les feuilles tombées. — Tarse antérieur d'un Slilicus, grossi, pi. xiv, flg, 9.— Les espèces sont des deux continents; on n'en a pas encore signalé eu Australie ni dans les îles océaniennes.

B»no«'IRnQ>>, Ericlison. — Tète arrondie, atténuée à la base, avec cou mince ; antennes filiformes. Élytres tronquées. Tarses antérieurs à premiers articles faiblement dilatés dans les deux sexes.

Ex. : P. Lefcbvrci, Latr., pi, xiv, fig. 6, de Sicile et d'Algérie : 6a, sa tête; 6 6, tarse antérieur ; 6 rf, palpe maxillaire. — C'est l'espèce unique du genre, à corselet allongé et cylindroïde.

STÉNIDES. — EVOEVIHETUS, STEMS. 303

Dans la ramille des Pœdérides se trouve un genre de Staphyliniens habitant les grottes obscures et représentant cette tribu dans la faune hypogée à la suite des Carabiens; nous verrons de même s'y rattacher d'autres types de Coléoptères, soit carnassiers, soit se nourrissant de détritus azotés, soit même vivant de cryptogames.

fiiLTPTOMEiltl!», Mull. — Corps allongé et linéaire ; yeux composés nuls.

t^ne seule espèce constitue le genre, c'est le G. cavicola, Mûll., on Tijphlobium stagophilum, Kraatz. Cet insecte, extrêmement rare dans les collections, est un Staphylinien de grande taille, puisqu'il atteini 1 centimètre de longueur, trouvé sous des pierres dans diverses ca vernes en Carintbie. Sa tète, plus large que le corselet, est étranglée en cou, et au lieu des yeux composés offre deux espaces stigmatiformes sans facettes, munis seulement d'une membrane plus claire. Le corselet est allongé et subcylindrique ; les antennes filiformes et droites, l'abdomen allongé, subrenflé et bicorne à l'extrémité, qui est pointue. La cou leur est partout d'un roux de poix brillant : les pattes assez grêles, avec une fine ponctuation sur le corselet; les élytres de l'insecte sont trèscourtes. — Nous le représentons pi. \n, fig. 5.

Il est probable que cet insecte n'est pas plus réellement aveugle que les prétendus Anophthalmus, et doit rentrer dans le genre Lathrobiwn, car il présente une forme analogue avec une plus grande taille.

Famille II. - STÉNIDES.

Mandibules longues, falciformes, fortement unidentées à l'extrémité; antennes longues, de onze articles, courtes, grêles, les articles terminaux s'épaissis;anl en massue. Tête grande, à bords subparallèles, à cou épais. Abdomen allongé et allant en s'amincissant en pointe. Tarses tantôt de cinq, tantôt de quatre articles. Les Sténides sont noirâtres, de petite taille, à mœurs et métamorphoses inconnues.

GENRES PRINCIPAUX

E:%'a';»»'rilI..Tl,S, Grav. — Tète grande, presque aussi longue que le corselet; yeux petits, peu proéminents. Tarses tous de quatre articles.

Peu d'espèces en Europe, Amérique et Hussie d'Asie; dans les bois, sous les feuilles tombées, et quelquefois dans les prés— Tète i'Evœsthetus, pi. XIV, fig. 7.

STE-MJi», Lalr. — Corps allongé, ailé ou aptère. Tète plus large que le corselet ; yeux arrondis et proéminents. Corselet plus étroit que les élytres; écussoii à peine distinct. Tarses tous de cinq articles étroits.

Les Stènes, dont quelques espèces sont sociales, se trouvent en gran;l nombre sur les bords des étangs et des ruisseaux, et même marclienl sur la fange; leur couleur est noire ou noire plombée avec de légères

'àùU COLliOPlÈRES. — STAPHYLIINIENS.

ponclualioiis, et il est très- difficile de distinguer les espèces les unes des autres.

F-eur tête, large, munie de gros yeux et débordant le corselet, rappelle celle des Cicindèles. Leur coloration terne est relevée, dans beaucoup d'espèces de notre pays, par une petite tache ronde, jaune, au milieu de chaque élylre. Les espèces du genre Stenus sont très-nombreuses, surtout d'Europe, manquent en Afrique, à l'exception de l'Algérie, et en Australie; elles existent à Madagascar, à Ceylan, à la Nouvelle-Calédonie, ù Tahiti,, aux Indes orientales, dans les deux Amériques.

Un caractère très-curieux des SIènes, c'est que, si l'on presse l'animal entre les doigts, la languette qui, au repos, paraît courte, s'allonge trèsfortement en se projetant hors de la bouche, au point d'atteindre en longueur îa moitié du corps, et de simuler une trompe à la façon des insectes suceurs. Comme les Pœdères et la plupart des Slaphyliniens, les Stènes balancent et relèvent les derniers anneaux de l'abdomen. On les voit aussi s'arrêter brusquement et redresser fortement la tète et le thorax, comme s'ils étaient préoccupés, puis les replacer sur le sol et continuer leur marche ; frotter les surfaces avec les pattes de devant et les palpes, ceux-ci s'agilant fréquemment pour exercer un tact; essuyer les derniers anneaux de l'abdomen avec les pattes postérieures ou isolées, ou croisées en dessus, à la fagon des Mouches; faire vibrer les paraglosses ; enfin remuer en tous sens les antennes. Nous citerons le .S. imprrssiis, Germar, avec une variété jiroboscideus, Germar, propre à la France et présentant au plus haut degré la curieuse extroversion indiquée; le S. Juno, Fabr., de U à 5 millimètres, d'un noir mat, avec l'abdomen brillant et la base de chaque segment carénée longitudinalcment; leS.bigtdtatus, Linn., de toute l'Europe, delà Turquie d'Asie, du Caucase, fréquent aux environs de Paris, de à millimètres 1/2, noir, avec de courts poils argentés et une tache orange sur chaque élytre. C'est le Staphylin Junon de Geoffroy, le Pcrrfrrc 6//«0Mc7ie/(; d'Olivier. — Il est représenté pi. xiv, fig. 8:8a, tête de face ; 8 b^ mâchoire ; 8 c, menton et lèvre inférieure ; 8 (/, un des palpes labiaux isolé; Se, tarse antérieur.

Famille lil. — O.WTÉLinES.

.Mandibules fortes, proéminentes. Jambes antérieures inermcs comme les autres ou épineuses. Tarses tantôt de cinq, tantôt seulement de trois articles.

Les Oxytélides sont de petite taille; ont les élylres déprimées, avec de très-fines stries longitudinales, le corselet parfois sillonné et dentelé sur les côtés [Oa'ytdus], la tête réirécie à la base. Ils volent fréquemment le soir, au coucher du soleil, et souvent tombent alors dans les yeux des promeneurs. Hépandus dans les diverses régions du monde, ils sont noirs on bniiiAlres, vivent en général dans les fumiers, les dé-

OXYIELIDLS. — OXYJELUS, COPROPHILUS, MICRALYMNA. 305

tritiis, les matières fécales, parfois sous les écorces, et raêrne au bord des eaux.

1" Genres à dernier anneau de l'abdomen distinct.

OXVTEH'S, Grav. — Jambes antérieures offrant une seule rangée d'épines eu dedans ; tarses à trois articles.

Les Oxytùles ont des espèces nombreuses, disséminées partout; elles ne sont encore signalées en Afrique que dans la partie australe.— Voyez pi. XIV, fig. 10 a, patte antérieure de VO. rugosus, Fabr.

BliEDll'S, Stepti. — Antennes brisées. Jambes antérieures épaissies, avec deux rangées d'épines; tarses de trois articles.

Ex. : B. tricoriiis, Herbst, des environs de Paris, mais assez rare, d'Europe, d'Algérie. Sa tête et son corselet, pi. xiv, fig. 10; 10 b, palpe maxillaire. — Les fi/erfms se trouvent en Europe, dans les deux Amériques, aux Indes orientales, à Ceylan; ils n'ont pas encore d'espèces indiquées dans les îles sondaïques et polynésiennes, ni en Australie.

OHORir§), Latr. — Mandibules fortes, aiguës, recourbées; antennes courtes, non épaissies à l'extrémité. Jambes élargies à l'extrémité et dentées ; tarses trèsgrèles, de cinq articles.

Espèces exotiques de Cafrcrie, de Ceylan, des Indes orientales, d'Amérique, de Madagascar, de Java. — Ex.: O.brasiliensis, tiuér.-Mén., de Rio-Janeiro. — PI. xiv, fig. 11 : 11 a, tète; H b, c, d, jambes et tarses.

COPHOPHIIjIN, Latr. — Corps allongé, à bords iiarallèles, un peu déprimé; yeux peu proéminents. Corselet un peu plus étroit que les élytres. Pattes épaisses ; jambes poilues ; tarses de cinq articles.

Une espèce d'I-^urope, une de Mésopotamie, trois du Chili. Le type de ce genre est le ('. strintulus, Fabr., de toute l'Europe, petit insecte d'un noir brunâtre, brillant, qu'on trouve assez communément sous les pierres et sous les écorces, dans les lieux ombragés. Des environs de Paris. — PI. XV, tig. 2; 2 «, jambe et tarse antérieur.

^ll€R.%rVll\.« (1), Woslw. — Jambes toutes muti(iues.

L'intérêt de ce genv^i est dans les mœurs curieuses de son type, AJ. brevipeww, Cyll. Cet insecte fait partie du petit nombre de Coléoptères qui vivent sur les bords de la mer, de façon à se trouver submergés à la marée montante, et à demeurer sans périr pendant plusieurs heures sous l'eau, en retenant sans doute de l'air aux poils de leur corps. On a

(1) Schaum et M. de Marsoul placent ce genre dans les Omalides, ainsi que MM, Gemmiuger et de Haruld.

306 COLÉOPTÈRES. — STAPHYLINIENS.

d'abord trouvé en Suède et en Angleterre ce curieux insecte, puis on l'a rencontré sur les côtes septentrionales de France. Les amateurs peuvent l'observer près du Havre, en face du cap de la Hève, et très-probablement aussi à Trouville et euvirons, et sur toute la côte normande, si fréquentée pour les bains de mer. (]'est un petit Staphylinien d'un noir assez brillant et couvert d'une courte pubescence serrée, d'un peu plus de 2 millimètres de longueur. Il répand, quand on le saisit, et cela dans les deux sexes , une odeur très-désagréable et très-forte, eu égard à sa petite taille. La larve est inodore. M. le docteur Laboulbène (1) conseille, en août et septembre, pour capturer cette espèce, de fendre les roches déjà fissurées que recouvre la marée montante et que la marée basse laisse découvertes, et de saisir le petit Coléoptère, qui se tient au fond des parois des fentes. Il court assez mal, relève à peine l'abdomen si on l'inquiète, et cherche toujours à se blottir dans quelques fissures ou dans un coquillage. La larve est plus agile. Selon M. Laboulbène, la larve, à poils nombreux, se renfle un peu dans la parlie médiane de l'abdomen, et différerait de la larve publiée précédemment par M. Westwood, qui serait celle d'un Mpus, autre genre de Coléoptère immergé à la marée haute. La nymphe, déjà figurée par M. Westwood, est remarquable par ses fourreaux alaires très-petits, caractère de nymphe de Staphylinien, et surtout par les longs poils qui parlent de la téfe et des segments de l'abdomen. M. Laboulbène a vu que la couche d'air qui enveloppe ordinairement l'insecte submergé n'est pas indispensable à sa vie, car on peut la lui enlever en le brossant avec un tin pinceau, et il se remet en mouvement dès qu'on le retire de l'eau. Il a pu en conserver de vivants après cinq jours d'immersion dans l'eau de mer, fait qui s'accorde avec les expériences de résistance à l'asphyxie des insectes citées dans notre Introduction. Nous représentons le M. brevipenne, pi. xir, fig. 1. — Le genre a encore une espèce au Groenland, une dans la Sibérie orientale, une dans le Maine (Étals-Unis).

DKLEASiXEtt, Erich. — Jambes niutiques ; antennes fortes, allongées. Abdomen large, fortement bordé.

Ce genre a pour type une espèce de toute l'Europe, avec divers noms locaux, le D. dichrous, Grav., placé autrelois à tort dans le genre Lesteva, de la famille des Omalides. Ce Coléoptère doit son nom à Topposition de la tête et de l'abdomen, noirs, avec les autres parties, d'un fauve vif.— PI. xv, fig. 3.

Outre l'espèce d'Europe, il y en a une de la Russie méridionale et une de la Californie.

(1) Mœurs d analomir du Micralymna brevipenne {An)i, Hue, entoin. de France, 3*-' série, 1858, t. VI, p. 73),

OMALIDES. — MICROPEPLUS. :507

2° Genres à dernier anneau de l'abdomen caché.

PiESTiN, Grav., ou Zirophorus, Daim, (nom qui veut dire porle-mitre, à cause des deux prolongements latéraux du front). — Corps assez grand, oblong et déprimé. (Corselet de la largeur des élytres; abdomen obtus à l'extrémité. Jambes antérieures crénelées; tarses de cinq articles.

Les Piestes sont des Staphyliniens de l'Amérique du Sud orientale, des Antilles, du Yucatan, du Mexique, d'un noir brillant, vivant dans les écorces à demi décomposées. Le type est le /'. bicornif<, Oliv., commun en Colombie. — PI. xiv^ Hg. 12 ; 12 a, patte antérieure grossie.

l^lAGOlilC.U, Kirb. et Sp., ou Prognatha, Latr.— Tcte assez grande, ayant de chaque côté, près des yeux, une corne chez les màles, tandis que le front est arrondi en avant chez les femelles. Jambes antérieures épineuses ; pentamères.

Kx,: S. quadricorne, Kivh. ei Sp., d'Angleterre, de France, d'Allemagne, vivant sous les écorces. Sa tête grossie, pi. xv, fîg. 1. — On l'a trouvé près de Paris. Son corselet et ses élytres fauves, avec léte et abdomen noirs, l'ont fait nommer rujipenne par divers auteurs. Il y a quelques autres espèces des États-Unis et de Ceylan.

Famille IV. — OMALIDES.

Mandibules courtes et falciformes ; en général, un ou deux ocelles sur le front; antennes droites, filiformes. Tète largement insérée. Abdomen déprimé, élargi, un peu bordé. Jambes tantôt inermes, tantôt à épines terminales trùs-faibles ; tarses de cinq articles. Les Omalides sont remarquables en général par leur corps très-aplati. Ce sont de très-petits insectes, de couleur foncée, mal connus, vu leur petite taille et la difficulté de bien distinguer les espèces. On les trouve dans les lieux humides, sous les pierres, les mousses, les écorces, et aussi, pour certains genres, sur les herbes et dans les fleurs; ce qui les rapproche, pour les mœurs comme pour l'aspect, des Nitidulides.

En effet, dans la plupart des genres, les élytres se sont allongées et ne laissent plus <à découvert que l'extrémité de l'abdomen, et celui-ci ne peut plus se relever.

Les espèces décrites sont surtout d'Europe.

MiritOPICPM'W, Latr. — Corps subovalaire, épais ; élytres fortement silloimées, larges, ainsi que le corselet et l'abdomen ; tarses de trois articles.

Les Micropèples, remarquables par leurs profondes sculptures, leur? antennes de neuf articles en massue, leurs pattes largement distantes, sont les Staphyliniens qui ressemblent le plus aux Mtidulidcs par l'aspect, et ont été longtemiis confondus avec eux. Ils sont de très-petite taille et vivent dans les champignons.— L\. : .1/. lesscrula, Curt. pi. iv.

308 COLlîOPJËUES. — STAPHVLINJEINS.

fig, Zi, el Un, sa têie), d'Angleterre, de Suède, de France, d'Allemagne et de Russie.

Les espèces sont d'Europe, de Sibérie, de la partie septentrionale de l'Amérique du Nord.

I.ESTEVA, Latr. — Mandibules à une seule dent; jambes mutiques.

Ce genre renferme des espèces d'Europe et des montagnes du Kamtchatka, du Canada, des États-Unis.

La forme oblongue des Lestèves, leurs antennes longues et filiformes, leur donnent l'aspect de très-petits Carabiques. Ils vivent dans les herbes humides et sous les mousses des rivages.

AKTHOPDACiUis», Grav. — Mandibules à deux dents ; jambes mutiques.

On rencontre ces petits insectes sur des matières décomposées, et aussi sur les fleurs, où peut-être ils recherchent d'autres insectes dont ils font leur proie. Ils sont d'Europe, surtout des montagnes d'Amérique boréale et russe.

.%IVTIIOBI1:m, Steph. — Corps très-large, très-court, déprimé ; élytres presque aussi longues que l'abdomen.

Les Anthohhtm, bien plus spéciaux aux fleurs que les Omalium, ont les jambes simplement pubescentes ou ciliées, et les tarses postérieurs élargis. Ce sont de petits Coléoptères à corps très-large, se trouvant habituellement sur les herbes humides et sur les fleurs. Leurs espèces sont d'Europe, surtout des montagnes, d'Algérie, de Sibérie, d'Amérique russe, de Madère. Nous citerons : r.4. Primulœ, Steph., ou Ihrale, Latr. (genre Eusphalenim, Kraatz), de 2 à .3 millimètres, d'un noir brillant, avec les antennes et les pattes testacées, d'Angleterre, de France, de Suède et d'Allemagne; 1'^, Sorte, Gyll., de toute l'Europe, de 1 millimètre 1/2, d'un jaune roussâtre pâle, avec les élytres et les pattes plus claires.

HOM.%MVM ou Omalium, Grav. — Corps allongé ou oblong, déprimé. Tète plus petite et plus étroite que le corselet. Élytres larges, recouvrant la plus grande partie de l'abdomen ; tarses courts, de cinq articles.

Nous signalerons les 0. rivulare, Payk., de 2 à 3 millimètres, d'un noir brunâtre, à pattes jaunâtres, sur les fleurs; 0. tulipes, Fourcroy, ou florale, Payk.^ de 3 millimètres 1/2. iioir brillant, à pattes rousses, dans les bouses, les matières animales putréfiées, se rencontrant assez souvent dans les maisons. Les Omalium abondent en espèces, surtout dans les régions septentrionales de l'Europe, en Laponio, eu Islande, dans la partie boréale de l'Amérique, à Ceylan, à Caracas, au (^ap. Ils ont les jambes très-finement épineuses, et les quatre premiers articles des tarses postérieurs simples, non dilatés. Ils sont de petite taille, le

STAPHYLÎN[nF.S. 309

plus souvent d'un noir brillant ; vivent dans les bois ombragés et humides, sur les herbes et sous les écorces des arbres, et répandent une odeur forte et désagréable.

ui.OPHRl'M, Erich. — Corps épais, plus ou moins large, un peu convexe, ailé ou aptère: tarses de cinq articles, les antérieurs à quatre premiers articles dilatés.

Nous représentons VO. jnceum, Gyll., des environs de Paris, d'Europe, du Caucase (pi. xv, fig. 7:7a, sa tête en dessus ; 7 b, fête en dessous ; 7 c, tarse antérieur; 7 d, tarse intermédiaire). Cet insecte rappelle par l'aspect une petite Blatte, et montre au maximum que les Omalides, par l'élargissement et la longueur des élytres, indiquent un rapprochement entre les Staphyliniens et les Silphiens. C'est pour rappeler cette ressemblance que M. Guérin-Méneville lui donne l'épithète de blattoides (Icon. de G. -M., texte, p. 33), nom emprunté aux anciens auteurs qui faisaient de cet insecte le Silpha blattoides, Ahrens.

La structure des tarses antérieurs dilatés et les jambes simplement pubescentes distinguent le genre Olophrum des autres Omalides. F^es Olophrum sont peu nombreux en espèces; vivent sous les feuilles mortes, les mousses, les pierres, principalement dans les lieux humides ou au bord des eaux. Ils sont d'Europe, surtout des régions boréales, du Canada, de l'Amérique boréale et russe.

Division II. — Stigmates prothoraciques viaibles. Famille I. — STAPHYLINIDES.

Labre corné, presque toujours bilobé {Fissilabres de Latreille). Abdomen ù dernier anneau rétractile, souvent caché, les six premiers étant ilistincis. Palpes simples. Corselet arrondi en arrière ; élytres cachant le ventre à moitié. Tarse tous les cinq articles; ailes repliées longitudiualement avec deux plis transversaux. Pattes souvent courtes, les antérieures à grosses cuisses coniques, à jambes dilatées, crénelées, atin de fouir.

Les .Stapiiylinides courent avec vitesse, et répandent les odeurs que nous avons iiidiquées. Cette famille renferme les plus grandes espèces de la tribu.

Ces insectes vivent dans les cadavres, les excréments, les fumiers, les champignons pourris, parfois fous les pierres, les mousses, les écorces. Leur li\rée est en général sombre, souvent \ariée par des poils feutrés ; cependant quelques espèces exotiques des bois pourris ont d'éclatantes couleurs mélalliques (genre Stcrculia, Cast.). Les larves connues sont coniques, allongées, avec le dernier anneau terminé eu tube.

Nous indiquerons quelques genres principaux. Ainsi, parmi ceux qui oil'rent les antennes dilatées et comprimées vers l'extrémité, les geiu'és :

310 COLÉOPTÈRFS. — STAPIIYUNIENS.

O^VPonifst, Fabr. (i) — Élytres avec des séries de points; tarses courts à articles étroits.

h&s, Oxypores sont de beaux insectes d'un jaune roux brillant, aux élytres plus ou moins tachées de noir, dont la grosse tète presque carrée, armée de mandibules robustes, aiguës et saillantes, fait devenir le régime carnassier. Il est très-probable en efl'et qu'ils vivent de larves de mouches et d'autres insectes habitant les Bolets. En renversant ces champignons, on voit des petites masses de grains noirâtres agglutinés bouchant les issues de cavernes creusées dans la pulpe et où vivent les Oxypores. Ils ont le dernier article des palpes labiaux en forme de croissant. On les trouve surtout dans l'Amérique du Nord, principalement dans la partie boréale. Il y en a deux espèces, de toute l'Europe et de la Sibérie. L'un est l'O. maxiUosus, Fabr., de 7 millimètres, jaunâtre, à abdomen rougeâtre, parfois noirâtre, avec la tète, le corselet et la poitrine d'un brun noir; l'O. rufus, Linn., de 7 millimètres, noir, avec le corselet et l'abdomen d'un rouge jaune, l'extrémité de ce dernier noir, et les élytres ayant une grande tache humérale rousse. C'est le Staphylin jaune, à tête, étuis et anus jaunes, de Geoffroy.— PI. xiv, fig.l: 1 a, tête vue de face ; 1 b, tarse antérieur. — On le trouvera notamment dans la forêt de Compiègne.

ASTII.%PŒ;CS, Grav. — Palpes des deux sortes à dernier article sécuriforme.

Une seule espèce, A. Ulmi, Rossi, ou ulmineus, Fabr., le Staphtjlin de l'Orme, parce qu'on le trouve sous les écorces de cet arbre. De l'Europe et du Caucase, rare partout. — Sa tête vue de face, pi. xiv, fig. 2,

Parmi les genres à antennes filiformes plus écartées entre elles que les yeux, nous ne signalerons que le genre :

<l»TAPIlYi,l!«liS, Linn. (Le nom de ce genre vient d'Arislote et des auteurs anciens, et s'applique à un insecte tenant sa queue relevée, et qu'on croyait causer certaines maladies aux ciievaux qui l'avalaient.) — Mandibules fortes, croisées au repos, dentées ; écusson triangulaire arrondi ; tarses antérieurs à quatre premiers articles dilatés, en palette subovale.

On a subdivisé ce genre en plusieurs sous-genres. Nous devons citer : Le Staphylimishirtus, Linn. {Emus, Curt.), noir, de 2 centimètres, avec de longs poils jaunes, d'un noir bronzé en dessous, à pattes noires. Il a quelque ressemblance avec un Bourdon, quand on le voit s'abattre sur les fumiers, les crottins, les bouses. Aussi Geoffroy le nommait Staphylm bourdon. Le S. maxiUosus, Linn. {Crrophilus, Steph.), de 13 millimètres, noir, avec des bandes cendrées sur le ventre et sur les élytres, d'odeur un peu musquée, grand amateur de cadavres, commun dans les voiries. Le S', olens. Millier {Ocjjpus, Slepli.), le i/rand Sluphylin noir

(1) Les catalogues les plus modernes mettent le genre Oo^yporus dans la famille df.s Oxvtélidc^.

STAPHYLINIDES. — STAPHYLINUS, 311

lisse de Geoffroy, d'un noir mat, à tête plus large que le corselet, à ailes membraneuses fauves ou rousses. Ce Coléoptùre, de 18 à27miUim('tres, le plus grand Staphylinien d'Europe, connu sous le nom de Diable, se rencontre très-fréquemment dans les chemins et sentiers de toute l'Europe; il y court avec rapidité, chasse aux insectes jour et nuit, vivant de rapine. C'est un insecte utile à l'agriculture, comme les Carabes. Au moindre danger, il écarte ses mandibules pour mordre, et relève l'abdomen, d'où font saillie deux vésicules ovoïdes et blanches, lançant une matière volatile d'odeur assez agréable, rappelant l'éther nitreux. Ses métamorphoses ont été étudiées en m(5me temps par MM. E. Blanchard et lleer. La larve est allongée, atténuée vers l'extrémité, avec deux longs filets divergents et un tubercule en dessous, qui empêche le tube anal de traîner sur le sol. La tête et le thorax sont bruns ; le reste du corps, plus mou, est d'un gris cendré ; les pattes sont longues et grêles. Cette larve a des mœurs analogues à celles des larves de Cicindèles, se tenant à l'affût à demi enfoncée dans un trou en terre pour saisir la proie au passage. Très-carnassière, elle prend souvent à la gorge un autre individu de son espèce et le suce a\ec avidité. Si l'on veut la toucher, elle s'arrête avec courage, relève l'abdomen comme l'adulte, et cherche à pincer en ouvrant ses larges mandibules falquées. Elle s'enfonce en terre vers la fin de mai et se change en nymphe dans une cellule. Celle-ci est d'un jaune-paille foncé, avec la tête repliée en dessous entre les pattes, les ailes sur le côté, très-grosse en avant, puis amincie. Au bout de quinze jours environ, il en sort un insecte jaunâtre, qui bientôt noircit. Nous figurons une espèce voisine de ce Stapliylin et noire compléiement comme lui, VOcypus tataricus, Pallas, de Tartarie el de Russie méridionale, type et espèce unique du genre l'hysetops, Mann. — PI. xiv, fîg. 3 : Sa, tarse antérieur; 3 h, lête vue de face, avec disposition des yeux spéciale à cette espèce.

On rencontre encore communément aux environs de Paris le S. cyaneus, Payk. (s -g. Ocijpus, Steph.j, bien plus petit que S. olens, ayant do 15 à 20 millimètres, à tête, corselet et élytres d'un bleu foncé ; le N. er;/throplprus, Llnn., à élytres et pattes fauves, avec deux taches d'un jaune doré sur chaque segment abdominal. Cette jolie espèce est fréquente, avec la précédente, dans les prairies, sous les bouses de vache desséchées.

On trouve aussi ces deux dernières espèces volant parles chemins, ou courant sur les murs. Aussi commun, et du genre .Stop/i;///?a<s proprement dit, est le .S. cœsareus, Cederh, de 15 à 20 millimètres, d'un noir mat, avec les antennes et les élytres rousses, et les anneaux de l'abdomen d'un velouté doré sur les flancs. Signalons enfin le S. nmriims, Linn. {Leistutrophus, Perty), noir, avec duvet cendré et pointe de l'vabdumen noire [Staphy lin veloutéde Geoffroy), se trouvant souvent, avec \(i S. maxillosus, sous de petits cadavres, et le S. pubescens, de Geer, nommé Stapkijlin à tête jauna par le plus ancien historien des insectes des environs de Pari:?.

;M2 (:or,fiorT(:RES. — staphyi,inii:ins.

Le genre Staphylinus actuel comprend une centaine d'espèces de fous pays, sauf l'Australie, les îles sondaïques et polynésiennes. Le sousgenre Ocypus a une espèce à Sidney, et manque dans le nouveau monde ; le sous-genre Leistotrophus a une espèce à Java.

PHIL.o:iTlllii§, Curtis. ~ Caractères voisins des Slaphylinua; tète plus petite,

lisse.

Ce genre renferme plus de trois cents espèces de tous pays, sauf la Nouvelle-Hollande; il y a une espèce de Tasmanie. iNous signalerons le Ph. cijanipennis, Fabr., de toute l'Europe, qu'on trouve dans nos bois, dans l'intérieur des Ceps et autres Bolets charnus en décomposition ; il est d'un noir brillant, long de 9 à 10 millimètres, avec les élytres d'un beau bleu d'acier ou violettes ; le Ph. œneus, Rossi, de 8 à 10 millimètres, noir, avec tête et corselet d'un noir bronzé, ponctué sur le corselet, les élytres, l'abdomen. Les Philonthes se plaisent sous les feuilles mortes, sous les bouses, dans les fumiers et les détritus.

^CEDiE'iS, Sleptiens. (syn. : Microsaurus , Stepli., Vellejus ou Velleius, Mannerh.). — Tète largement insérée sur un corselet arrondi. Corps large, aplati, à abdomen atténué à l'extrémité ; tarses antérieurs dilatés.

Ce genre est établi surun rare et curieux Staphylin, de grande taille, de 15 millimètres de long environ, élargi, à abdomen graduellement rétréci en arrière et ne se relevant pas, de manière à traîner sur le sol comme celui d'un petit lézard. Le Q. dilatatus, Fabr., habite les nids de Frelons (res;ja(7rrt6ro), et sa rareté vient surtout des mœurs peu traitables de ses amis. Il répand une forte odeur de musc, et vole le soir en suivant les Frelons à la piste, sans doute pour trouver des nids afin d'y pondre et de dévorer leurs larves. On le trouve aussi parfois occupé à porter le carnage dans le nid des Chenilles processionnaires. Très-probablement ses larves mangent celles des Frelons. Il est noir, peu brillant, avec les élytres mates, le corselet et l'abdomen à reflet soyeux irisé ; les antennes, un peu plus longues que la tète, sont renflées, caries articles Zi à 10 sont prolongés en dedans en une pointe saillante et forment la scie. Dans les champignons se rencontre le Q. lateralis, Grav., de 10 à 12 millim., noir, à tète, corselet et écusson très-brillants, avec des antennes grêles, et le bord réfléchi des élytres roux, ainsi que le premier article des antennes. Le genre Quedius u plus de cent espèces des deux mondes; il y en a une en Tasmanie.

Famille M,— TACIlVlHIItiniiS.

Labre sans échaucrure; ocelles nuis ; mandibules peu proéminentes, antennes de dix à onze articles. Écusson petit, triangulaire. Abdomen ù six segments distincts, le septième souvent caché. Tarses de quatre ou

TAr,nvp«)Rii)!.s. — ■ 1 Ac.diMis, iior.nor.it s. 313

de cinq articles, ou tous à la fois ou avec mélange, les pnslôricurs Je cinq, les antérieurs de quatre.

GENRES PRINCIPAUX

TACHWCS, Grav. — Antennes de onze articles, filiformes, épaissies à l'extrémité. Pattes courtes; tous les tarses de cinq articles.

Les Tachines sont des Staphyliniens très-vifs, de petite taille, habitant en général les endroits humides et chauds, principalement les fumiers. Les espèces sont d'Lurope, d'Amérique boréale et du Chili.

TA€IiVPORU§i, Grav. — Caractères très voisins de ceux du genre précédent;

pentamères.

Nous citerons dans ce genre le T. Exjpnorum, Fabr., ou marrjinatus, Panz., de toute l'Europe. — PI. xv, tig. 9; 9 a, son palpe maxillaire filiforme, à quatrième article acuminé et plus court que les autres (caractère de genre). — Les Tachypores marchent très-rapidement sur le sol, comme l'indique leur nom, et vivent dans les détritus végétaux, sous les feuilles ou sous les mousses. Espèces d'Europe, de Madère, des Canaries, de Sibérie, d'Amérique boréale, des États-Unis.

BOMTOums, Stepti. — Antennes de onze articles, tarses de cinq.

Ces Staphylins ne relèvent pas leur abdomen ; au contraire, ils le baissent en dessous. Habitent les bois, sous la mousse, les feuilles pourries, quelquefois dans les bouses, et surtout, comme l'indique leur nom, dans les Agarics et Bolets putréfiés, où l'on rencontre parfois leurs larves par centaines. — Ex. : B. lunulatus, Linn., de l'Europe, du Caucase, qu'on rencontre aux environs de Paris dans les champignons. — PI. XV, fig. 8; 8a, palpe maxillaire très-grossi, filiforme, ayant le quatrième article aussi long que les autres (caractère du genre). — Les espèces de ce genre, qui est le type des Staphyliniens fongicoles et se nourrissant de la pulpe azotée de cryptogames, se rencontrent en Europe, dans l'Amérique boréale, l'illinois, le Chili, les Indes orientales et Ceylan.

Uans les genres précédents, les antennes étaient insérées sur les bords latéraux du front; dans les suivants, elles sont insérées sur le front, au bord interne des yeux composes. Ces genres comprennent des insectes de très-petite taille, noirs ou ferrugineux, très-rapides coureurs, habitant les mousses, les détritus végétaux, les champignons, et, pour certains genres, les fourmilières, où ils servent anv Fourrais de véritables aiiiniaiiv (li)mestiques, avec les nueurs les plus curieuses.

31 /l COLÉOPTÈRES. — STAPHYLINIENS.

niVRMEUOIVlA^ Erich. — Corps ailé ou aptère. Corselet déprimé, plus étroit que les élytres. Quatre articles aux tarses antérieurs ; tarses postérieurs de cinq articles.

Les Myrmédonies se trouvent en Europe, aux Indes orientales, à Ceylan, dans les deux Amériques, en Algérie, en Egj'pte, en Cafrerie et au Cap. On n'en cite pas d'Australie, ni des îles de l'Océanie en général. Elles simulent la mort quand on les touche, et relèvent leur abdomen de sorte que son extrémité rencontre les élytres. On voit d'ordinaire ces insectes dans le voisinage des fourmilières, sans qu'on puisse trop présumer dans quel but. Selon les auteurs, ce sont des carnassiers chasseurs. Ils guettent les Fourmis isolées, et leur coupent d'un coup de dent le pétiole de l'abdomen, et dévorent celui-ci, qui contient les principaux viscères et le jabot plein de liquide sucré. En hiver, ils pénètrent dans les fourmilières, alors que les maîtres de la maison, engourdis par le froid, ne peuvent faire grande résistance. Ce sont les Fourmis rousse et fuligineuse qui sont surtout exposées aux attaques des Myrmédonies.

D'après M. E. Fairmaire, ce rôle actif des Myrmédonies serait douteux. Les espèces de nos environs ne paraissent pas posséder sur le corps d'organe sécrétant un liquide approprié à la gourmandise des Formicides ; mais certaines espèces méridionales, comme M. tuberiveniris (de Sicile) et physugaster, Fairm., d'AlgériC;, ont sur l'abdomen une saillie à poils soyeux, et l'on a trouvé une sculpture analogue à la partie supérieur de l'abdomen des mâles des Myrmédonies de l'Amérique du Nord et de Ceylan récoltés dans des nids de Termites. Peut-être y a-f-il là un organe de sécrétion destinée aux Fourmis.— L'espèce que nous figurons. Mijrmedonia {Astilbus, Dilhvyn) canaliculata, Fabr., ou à cou sillonné, pi, XV, fig. 5, est plus allongée et moins foncée que la plupart des Myrmédonies. Elle est très-commune aux environs de Paris et se trouve dans toute l'Europe ; se rencontre rarement avec les Fourmis, mais plutôt avec les Myrmiques (à aiguillon), et plus souvent sous les pierres et les détritus végétaux — Fig. 5a, tarse antérieur; 5 b, tarse postérieur, à articles allongés, de grandeur décroissante pour les quatre premiers (caractère du genre).

■.olMi<:€ilt'«ii.%, Grav. — Corps très-large, très-épais, ailé. Corselet delà largeur des élytres; anneaux de l'abdomen plats en dessous, garnis sur les côtés de bouquets de poils (1), Tarses antérieurs de quatre articles, postérieurs de cinq.

Les Lomécliuses sont de véritables animaux domestiques des Fourmis. Elles présentent ce fait bizarre, répandu, comme nous le verrons, dans le monde des Fourmis, d'animaux qui, par paresse ou ignorance, ne savent pas manger seuls. On voit les Lomécliuses louchant les Fourmis à la

f\) Pas assez marqués sur la lii^iirc.

TACIiypORIDES, — LOMECHUSA. 315

lête avec leurs antennes et les frappant à petits coups, celles-ci leur dégorger la nourriture. Les Lomécliuses, par réciprocité de bons offices, étendent leur large abdomen qu'elles portent habituellement redressé sur le dos, et les poils mis alors à découvert et siège de quelques délicieuse sécrétion à l'usage des Fourmis, sont léchés et pressés entre les mandibules de ces dernières. Cependant les Loméchuses sont sans doute des animaux domestiques indociles et vagabonds, et à qui leurs ailes permettent souvent de lointaines excursions ; mais l'impossibilité où ils sont de manger seuls ramène forcément ces insectes aux fourmilières — L'espèce représentée pi. xv, fig. 6, est le Lomechusa (Atemdcs, Dilhvyn) paradoxa, (Irav., de toute l'Europe, vivant principalement dans les nids des Formica ruhra ai rufa. Fig. 6 a, sa tète.— M. (iiiérin- Méneville rapporte avoir trouvé près de Paris, sur la route de Ch;îtillon, un individu de cette espèce tenu par plusieurs Fourmis qui s'efibrçaient de le faire rentrer dans leur trou, sans pour cela lui faire de mal.

En général, les Staphyliniens ont l'abdomen grand et lourd, par persistance des conditions de larve ; il se développe beaucoup chez ceux qui fréquentent à divers titres les fourmilières (genres Murmedonia, Dinarda, Lomechusa), et les Loméchuses ont ce large abdomen trèsmobile vers le haut et le portent dressé pendant la course. Nous sommes amenés ainsi à des formes encore plus étranges chez des Staphyliniens du même groupe, trouvés au Brésil dans des termitières de terre gAchée, à galeries en lacis, sans cellules spéciales pour la femelle féconde ou reine, et fixées aux arbres. Ces parasites de petite taille, de 2 à 3 millimètres, offrent ce fait très-étrange, spécial à eux seuls dans l'ordre des Coléoptères, qu'ils sont vivipares. L'abdomen disséqué od'rait des œufs et de jeunes larves. L'abdomen est chez eux devenu énorme, très-mou, à anneaux gonflés et toujours relevé sur le dos à partir du premier anneau; sans cela la locomotion serait impossible, vu la disproportion de cet abdomen avec la tète et le thorax. M. Schiodie a formé avec ces singuliers insectes (1) les genres Corotoca et Spirachtha, ce dernier genre remarquable par ses trois paires d'appendices filiformes, biarliculés, que porte la partie redressée de l'abdomen (voy. pi. xu, tig. 11, N. eiirymedusa, Schiodte). Il est probable que ces orgaties sont pour les Termites ce que sont les poils du corps des Loméchuses et d'autres Coléoptères domestiques pour les Fourmis, l'organe de sécrétions aimées. Ces Staphyliniens vivipares n'ont qu'une mobilité très-bornée, des téguments mous, une bouche faible, des stigmates peu développés et sans péritrème, des trachées très-peu ramifiées, ce qui indique une vie parasitaire en demeures closes. Ces insectes enfin ont des yeux et des ailes, comme les mâles et femelles seuls chez les Termites, les formes neutres étant aptères et aveugles. C'esl qu'à une époque donnée, les mâles et les femelles, pour la reproduction, sortent du nid, dont le?

{U Ann. (lex sciences nat., Zooi .. 'i^ série, 1<S.')fi, t. V, p. U>!).

3 in Lr:oPTi';Rt:s. — staphylinif.ns.

travailleurs percent l'enveloppe. Sans doute qu'alors les parasites sorteni aussi dans le même but. Peut-être sont-ils ramenés de l'orce au bercail, comme des brebis fugitives, par les Termites neutres, habitués à réintégrer de la sorte les mâles et la reine.

AliKO«"11.4R.*, Crav. —Corps oblong, assez épais, ailé; antennes épaisses; élytres très-comtes. Abdomen à côtés parallèles, arrondi au bout. Tarses tous de cinq articles.

Les Aléochares vivent en général dans les matières animales en décomposition : ainsi on les trouve sous les petits cadavres en compagnie des Boucliers, des Dermestes, des gros Staphylins. Ils sont de petite taille et relèvent fortement un abdomen large, plat en dessus, presque globuleux par sa face inférieure. Certains, dit M. L. Fairmaire, s'éloignent de ce genre de vie peu relevé, et font probablement la chasse aux petits Acariens, les uns dans les terriers des Lapins, les autres dans les nids souterrains des Hirondelles de rivage (A. nidicola, Fairm., genre Microglotta, Kraatz), ou même dans les pigeonniers. D'autres, plus hardis, ne se trouvent qu'au bord des neiges fondantes, sur les hautes montagnes, tandis que, recouverts d'un duvet soyeux, il en est qui affrontent les lames sous les monceaux de varechs et de goémons rejetés par la mer. D'autres enfin, en petit nombre, préfèrent les coins obscurs des écuries et des bergeries {A. suturalis, Salilb., genre Microglotta, Kraatz), ou bien les fourmilières (.4. inquilina, Miirkel, genre Thiasophila, Kraatz). Plusieurs larves de ce groupe vivent dans les galeries corticales des Tomicus et détruisent leurs larves lignivores (F. Pcrris).

mui^ON^A, Haliday. — Corps allongé, aptère ou ailé. Tête saillante, non rélrécie à la base; yeux petits; mandibules saillantes ; antennes grêles. Corselet plus étroit que les élytres, celles-ci tronquées. Abdomen parallèle. Pattes courtes ; tarses tous de quatre articles.

L'espèce unique du genre Diglossa (nom fondé sur une observation défectueuse de la languette) est le D. mersa, Halid., d'un brun noir presque mat, finement ponctué sur la tête et sur le corselet, à pattes et antennes d'un brun roussâtre, ainsi que les élytres tronquées, ayant de 1 millim. 1/2 à 1 millim. 3//i de longueur. ("<e petit Staphylinien a été découvert par M. Haliday sur les côtes maritimes de l'Irlande, et retrouvé identique sur les côtes du Calvados par M. A. Fauvel. On le rencontre en juillet et en août, sur le sable très-fin qui s'accumule à l'embouchure des rivières, ou au bord des petites marcs, ou dans les sillons laissés par les vagues quand la mer se retire. Il est mêlé à des centaines de Cilleiium latérale (Carabiens). Tandis que ce Carabique se creuse, avant la marée montante, de petits trous de o à U centim. de profondeur, où il se retire dès que le flot arrive, le D, mersa, dépourvu de pattes propres à fouir, se laisse submerger derrière les plus légers exhaussements du sable, et dès lors demeure injunthilc, couvert de sable, sans trace de vie et de

PStLAl'IllDhS. . 317

iaou\emeiit pendant six heures. Son corps, dépour\ii de poils, ne peut guère, en effet, s'enlourer d'air. On sait que les Coléoptères de toutes les tribus peuvent supporter sans périr des submersions bien plus longues, grâce à l'air en réserve dans les trachées. Quand le flot s'est retiré, le Diglossa ne se montre pas tant que le sable est mcjuillé, et de mCme on ne le voit pas au dehors par les jours de pluie; mais dès que le soleil a légèrement séché la surface du sable, ces Staphylins courent en grand nombre à la poursuite d'animaux marins microscopiques dont ils font leur nourriture.

Cette mêraeespèce, avec quelques différences de détails, a été signalée sous le nom, actuellement de variété, de subniarina, Fairm., à la baie de Somme, à laTesle, à Hyères (M. Rey), presque tous les individus étant ailés. On peut donc dire que cette espèce, à mœurs si curieuses, doit être recherchée par les amateurs sur tous les rivages de France.

TRUiU DES i»sélapiibk:\s.

Les petits insectes qui composent ce groupe ont beaucoup embarrassé les classiticateurs. Les pièces buccales et les antennes en massue terminale rapprochent les unes des autres toutes les espèces de cette tribu; les mœurs, le régime carnassier pour beaucoup d'entre elles, parasites des nids d'autres insectes pour certaines, sont encore une cause profondément naturelle de réunion ; mais les unes sont trimères, les autres penlamères, ce qui les séparait autrefois en deux groupes aux extrémités opposées de l'ordre des Coléoptères.

(^araclères généraux : I^alpes maxillaires très-développés, toujours saillants; antennes ayant presque toujours les derniers articles renflés en massue. P.atles longues, cuisses renflées. Taille très-exiguë, de 2 à U millim. Coloration en général foncée, jamais brillante. Deux familles très-nettement distinctes, les Psélaphides et les Scydménides. On trouve les insectes des deux familles sous la mousse, sous les écorces, dans le bois pourri, et certains à l'état d'insectes domestiques dans les fourmilières. Los l*sélapliiens proprement dits sont souvent en petites troupes, courent rapidement, volent parfois au crépuscule autour dos fumiers, et se rendent aussi, dans les soirées de printemps et d'éti', sur les herbes des prairies voisiries des bois, pour y ciiasser les Acares et de trèspetits insectes. On eu prend beaucoup en fauchant avec un lilel sur les herbes des prés, à l'entrée de la nuit, l-es métamorphoses et l'analomie interne de ces petits insectes sont encore ignorées.

Famille I.— l'SFI.AI>liinFS.

l'alpes maxillaires généralement très-longs, grêles, parfois barbelés uu reuilés on poire, de un, deux ou quatre articles; palpes labiaux de

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