‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservationChapitre 27 sur 67 · HYDROPHILUS · texte numérisé non relu

HYDROPHILUS

le regardant comme voisin du genre Volvulus, Brullé. I£n etVet, les caractères des antennes et de l'écusson offrent des différences. L'insecte, long de G millimètres et large de /i, est d'un noir verdâtre très-luisant, avec les palpes, les antennes et les pattes bruns. — PI. xvii, fig. 13 : 13a, tête vue en dessous; 13 h, antenne; 13 c, mâchoire et palpe ; 13 d, tarse postérieur; 13 e, l'insecte vu de profil.

Le genre Globaria, qui se rapproche des Agathidium (Silphiens), se rencontre aux Indes orientales, au Cap et à Angola (côte S. 0. de l'Afrique). MM. Gemminger et de Harold admettent dans ce genre l'espèce G. nitida, G.-Mén. Le genre Volvulus, Brullé, n'est autre que le genre Berosus, Leach, nom plus ancien, formé d'espèces de tous pays.

HYDROPHII.IJ^, Geoffroy. — Tète inclinée; yeux ronds et saillants ; antennes de neuf articles, six à neuf, formant une massue perfoliée, très-irrégulière, avec premier article en cornet et les deux suivant en croissant. Tarses allongés, ciliéSj aplatis, pentamères, à premier article très-court (1); tarses antérieurs le plus souvent dilatés chez les mâles, surtout le dernier article, en palette.

L'étude de l'espèce type de ce genre, VHydrophilus, L., le r/rand Hydrophile brun de Geoïïvoj, nous fera connaître les mœurs de tous. — Cet insecte, de toute l'Europe et du Caucase, est un des plus gros Coléoptères des environs de Paris, atteignant chez certains individus /i5 millimètres de long sur 20 de large. Les élytres sont d'un brun noirâtre olivacé, avec des stries peu prononcées et trois lignes longitudinales enfoncées et marquées de petits points. Ces Hydrophiles nagent moins bien que les Dytiques, car les pattes, plus longues, sont moins élargies, et celles d'une même paire ne se meuvent pas simultanément, mais l'une après l'autre. Ils vivent dans les eaux stagnantes, prennent la forme adulte vers la fin de l'été, et passent l'hiver engourdis dans la vase ou parfois sous les mousses ou les feuilles flétries des bords. Ils peuvent se transporter en volant d'une mare à l'autre. L'épine sternale aiguë qui se trouve dans ce genre et quelques genres voisins, oblige les amateurs à ne saisir les grandes espèces qu'avec précaution, car, dans les mouvements violents de l'insecte épouvanté, la peau peut être piquée jusqu'au sang. Bien que puissamment cuirassés, les Hydrophiles bruns sont souvent la proie de Dytiques de taille moitié moindre, qui parviennent à les tuer en les perçant de leurs terribles mandibules entre la tète et le corselet, seule partie vulnérable.

La manière dont les Hydrophiles viennent puiser à la surface de l'eau l'air nécessaire à leur respiration a été étudiée par Audouin. Elle est inverse de celle des Dytiques. L'insecte approche la tête de la surface de l'eau, et l'antenne collée contre le corps se coude vers le milieu, de sorte que ses articles excavés en dessous sortent légèrement de l'eau et

(1) Fabricius regardait ces insectes comme tétramérés.

33'2 COLÉOPTÈRES. — HYDROPHILIENS.

font l'office des augets d'une noria en retenant des bulles d'air ; puis, l'insecte descendant, celles-ci remontenl le long des articles basilaires, glissent sous la tète et sous la région latérale du venire, maintenues par un feutrage serré, et parviennent ainsi aux stigmates, une robe d'argent paraissant entourer l'insecte en dessous.

Les intéressantes métamorphoses des Hydrophiles ont d'abord été étudiées par Miger, en 1807, sur des Insectes pris la glacière de Gentilly ; puis, en 1819, par C Duméril, Lancret et Miger. Dès le mois d'avril ou de mai, parfois dès la fin de mars, les femelles sont fécondées par les m;lles accrochés par la palette tarsienne aux bords externes des élytres, puis s'occupent d'assurer le sort de leur postérité. Par un exemple unique chez les insectes adultes et propre à quelques genres d'Hydrophiliens, des glandes .abdominales leur permettent de sécréter une sorte de soie, dont les filières, à la façon de celles des Araignées, sont autour de l'orifice anal. La femelle s'accroche en travers sous une feuille qu'elle courbe un peu avec ses pattes de devant; l'abdomen s'applique sous ce dôme, et les filières en mouvement laissent sortir une humeur blanche et gommeuse qui forme une cloche concave et hémisphérique sous laquelle l'extrémité anale demeure engagée. L'animal, retirant bientôt ses pattes, se place la tète en bas, immobile plus de deux heures, pendant que la double filière continue à façonner et à épaissir l'intérieur du cocon. Puis, pendant environ (rois quarts d'heure, on voit sortir une à une de la calotte de petites bulles d'air à mesure que les œufs pondus occupent leur place. L'insecte retire alors son abdomen, et met une demi-heure à fabriquer, par un mouvement continuel et rapide des filières, une pointe cornée s'élevant d'environ un centimètre au-dessus de la surface de l'eau : c'est à la fois un mat et un siphon respiratoire lors de la naissance des larves, sa pointe restant toujours émergée. Le travail total a duré à peu près trois heures.

La femelle traîne après elle cette coque fixée à une feuille ; puis, comme la mère de Moïse, elle confie à l'onde ce cher berceau, dans un endroit calme et propice. La portion solide et recourbée qui le termine lui permet de s'accrocher aux corps flottants qu'il rencontre et sauve la jeune famille, que les venis violents pourraient projeter sur des corps durs ou porter sur des rives inhospitalières. Une cinquantaine d'œufs allongés, verticaux, courbés au sommet, sont accolés l'un contre l'aulre en forme de croissant dans la partie supérieure du cocon. Ils deviennent bruns et éclosent au bout de douze à quinze jours. Les petites larves ne mangent pas d'abord et restent agglomérées en dedans et autour du cocon. Llk's semblcnl d'abord se nourrir de végétaux; puis, les mues se succédant, deviennent Irès-carnassières. Elles sont brunes, à tête arrondie et bombée, ollïcnl un corps de douze anneaux. Les trois premiers, moins longs et plus largrs graduellement, portent des pattes Ihoraciques; les autres, progressivement rétrécis, ridés, sont latéralement munis d'un mamelon épineux, et le dernier terminé par deux uppeii-

IIYDKOPHILUS. 383

(lices charnus. La tûle présente deux antennes filiformes de trois articles, deux fortes mandibules dentées intérieurement, deux longues mâchoires cylindriques portant un palpe à quatre articles, une languette saillante à deux lobes subcordiformes, l'un palpigùre. Ces larves atteignent 8 centimètres, parvenues à toute leur taille; sont agiles, grimpent volontiers aux plantes, se raccourcissent et s'allongent aisément. Leur voracité leur a valu de Réaumur le nom de vers assassins: elles percent avec leurs mandibules les têtards, les mollusques, les larves d'insectes. On peut les nourrir avec de petits morceaux de viande crue. Elles aiment surtout les Limnées, les Physes, les Paludincs, dont les minces coquilles spiralées flottent sur l'eau. Le mollusque est saisi en dessous; la larve recourbe sa tèle en arrière, brise la coquille en la pressant contre son dos comme un point dappui, puis mange à loisir le limaçon. Ces larves ont de chaque coté de la tète six ocelles peu apparents. Elles ont huit paires de stigmates aux places ordinaires, une thoracique, sept abdominales. 11 paraît probable que ce sont seulement les deux stigmates de rextrcmitc anale qui servent à l'entrée de l'air, les autres n'étant employés que pour la sortie.

C. Duméril a constaté sur cette larve une particularité curieuse. Par un singulier instinct, si l'on vient à saisir cette larve, elle devient aussitôt flasque et molle ; son corps s'abandonne à toutes les inflexions sans donner aucun signe de sensibilité. C'est une ruse pour échapper au bec de l'oiseau aquatique ou à la convoitise du poisson qui ne dévore que des proies vivantes. Si elle ne suffit pas pour la protéger, la larve lance par l'anus une liqueur noirâtre qui trouble l'eau qui l'entoure et la dérobe au regard ennemi.

Au bout de deux mois environ, la larve de l'Hydrophile brun sort de l'eau et se creuse en terre, à l'aide de ses mandibules et de ses pattes, une cavité sphéroïde, lisse à l'intérieur et complètement close. Elle se change en nymphe de couleur blanchâtre, terminée par des'appendices fourchus, et portant aux bords antérieurs du corselet trois aigrettes de substance cernée qui s'étendent au devant de la tête et qui semblent destinées à maintenir la nympiie à quelque distance des parois de la coque terreuse. L'état de nymphe dure environ un mois, et les téguments chitineux se colorent peu à pou. La peau blanche qui emmaillotte l'Hydrophile se fend le long du dos, et l'animal s'en débarrasse à l'aide de ses pattes et du mouvement onduleux de ses anneaux. Les élytres, repliées sous le ventre, se placent sur le dos; les ailes se déploient encore molles, puis, plus consistantes, se replient sous leurs étuis. En un jour l'ailulle acquiert sa couleur brune, mais il reste encore une douzaine de jours immobile dans la coque; puis s'agite, déchire la paroi avec ses mandibules, et à la faveur de ses anneaux encore flexibles, sort par une étroite ouverture, il a donc mis environ cent jours à ses métamorphoses.

r,. Duméril a fuit cette découverte analoniiqne intéressante, qu'à l'in-

336 COLÉOPTÈRES. — HYDROPHILIENS.

verse de la larve des Batraciens anoures, l'intestin de la larve de l'Hydrophile brun, qui n'avait à peu près que la longueur du corps, se roule en spirale chez l'adulte en acquérant deux à trois fois la longueur de celui-ci. En etTet, si les larves sont carnassières, les adultes sont herbivores. On nourrit très-bien les Hydrophiles bruns avec des feuilles de salade; cependant, pressés par la faim, ils mangent aussi des mollusques ou des larves. On peut avec intérêt remplacer dans les aquariums par ces curieux insectes les insipides poissons rouges. Quand on élève ainsi des Dytiques, des Cijbister, des Hydrophiles, il faut recouvrir l'aquarium d'un filet ou d'une toile métallique pour prévenir la fuite des captifs en volant.

Nous représentons un Hydrophile exotique remarquable par l'absence de palette tarsienne chez les mâles et par des élytres échancrées et biépineuses au bout : c'est VH. spinipennis, Gory, du Sénégal (pi. xvii, fig. IZi), du sous-genre Teinnopterus, Solier (ailes incisées). Le genre Hydrophilus a des espèces médiocrement nombreuses de tous pays. Son corps oblongo-ovale, convexe, acuminé en arrière, le distingue du genre suivant.

HYDROCIIARES, Leacli, ou Hydrous, Brullé. — Antennes de neuf articles. Corps ovalaire, convexe, élargi ou au moins non rétréci en arrière, avec sternum en carène tranchante.

Ce genre n'a que peu d'espèces disséminées dans les pays suivants : Europe, Java, Guinée, Indes orientales, Ceylan, Amérique boréale, Californie, Louisiane, Guyane et Brésil.

Le type est VH. carahoides, Linn., de la majeure partie de l'Europe, d'un noir brillant, avec légères stries très-ponctuées sur la longueur des élytres arrondies en arrière, n'atteignant que 10 à 15 millimètres, ou le tiers de la taille du grand Hydrophile brun, volant plus souvent que lui, commun dans les mares et les fossés herbeux. Sa larve a les mômes mœurs que celles des Hydrophiles. Elle est d'un gris ardoisé ponctué de noir. Ses appendices abdominaux sont proportionnellement plus développés, subcornés, ciliés des deux côtés et penniformes. La nymphe est pareille à celle des Hydrophilus, ainsi que la coque papyracée que fabrique la femelle pour le dépôt des œufs.

HYUROBllJfii, Leach. — Corps ovale-oblong-, arrondi aux extrémités, parfois presque hémisphérique; pas d'épine sternale postérieure. Les quatre tarses postérieurs non natatoires.

Les espèces de ce genre ont été trouvées en Europe, aux Canaries, à Madère, dans l'Amérique du Nord, en Australie, à l'île Art, aux îles Sandwich, en Cafrerie, à Ceylan. Les Hydrnbies sont des Hydrophiliens de petite taille, parmi lesquels nous mentionnerons 1'//. fuscipes, Linn., de toute l'Europe, très-commun aux environs de Paris dans les eaux stagnantes. Il est long de 6 à 7 millimètres, avec les pattes rousses,

HYDU0I51US, PHILHYDRUS. 335

le corselet, l'écusson, les élytres fortement ponctués, celles-ci striées; la couleur est d'un brun noir et brillant, parfois olivâtre.

M. E. Cussac a vu que, dans cette espèce, l'accouplement a lieu au commencement de mars, le mrde montant sur le dos de la femelle. La copulation dure peu, mais se renouvelle à divers intervalles, et ses préludes sont assez longs. Parfois, entre deux accouplements, le mâle ne quitte pas entièrement sa position ; plus petit que la femelle, il remonte sur ses épaules, s'y maintient parfaitement en s'aidant de ses palpes, et se laisse traîner, restant ainsi même pendant les deux ou trois heures qu'elle met à construire un sachet d'œufs. La ponte commence à la mi-mars, dure environ trois mois, et se compose d'une quinzaine de paquets soyeux, subsphériques, blanchâtres, que la femelle vient, à. diverses époques et à différentes distances, attacher aux plantes qui se trouvent à la surface de l'eau, en faisant, comme les Hydrophilus dans cette circonstance, sortir de l'extrémité de l'abdomen deux filières qu'elle promène très-lestement de droite à gauche. Ces paquets, fixés sur les plantes par une sorte de ruban de soie par lequel ils sont terminés, contiennent chacun environ vingt à vingt-quatre œufs placés assez irrégulièrement côte à côte, blancs, de forme ovoïde allongée, longs de 1 millimètre et larges de 0""",5, qui éclosent environ un mois après la ponte, selon la chaleur; les larves ne se développent pas dans les paquets qu'un accident vient à enfoncer trop profondément. Ces larves sont semblables à celles des Philhydrus, mais plus grandes. En naissant, elles sont longues d'environ 'à millimètres et largesd e 1.

Les Hydrobies se promènent parfois à terre, sans s'écarter des mares, au milieu des feuilles humides. Les larves sont privées de la faculté de nager; on les voit ordinairement à la surface des eaux, tantôt rampant par des ra.ouvements vermiculaires, taniôt renversées et changeant brusquement de direction en se fixant un instant à la surface même par leur partie anale, qui produit l'eifet d'une sorte de ventouse.

pnil.HlfDUl.X, Solier. — Genre détaché du précédent. Métasternum muni d'une lame comprimée et saillante.

On trouve dans toute l'Europe le Ph. indanocephalus, Oliv., variant beaucoup pour la coloration. La femelle ne porte pas de sac ovigère ; mais quinze jours après l'accouplement, en mars, à trois ou quatre jours d'intervalle, elle attache aux Lemna une quinzaine de paquets soyeux triangulaires, contenant chacun dix à douze œufs, longs de 0""",75 et larges de 0'"'",33. Au bout de cinq jours, ces œufs, ovoïdes et blancs, laissent éclore des larves qui sortent très-lentement, de fac^on que le sac n'est vide qu'en deux ou trois jours. On trouve, en péchant, ces sachets ovigôres de Philhydrus dès la mi-mars. Les larves sont trèssemblables à celles d'Elochares lividus., mais un peu plus grandes.

336 COLÉOPTÈRES. — HYDROPHILIENS.

EI^OCHAnES, Mills. — Corps ovale oblong ; antennes de neuf articles ; pas de

pointe sternale.

Ce sont aussi des insectes de petite taille, testacés ou brunfltres, et des eaux stagnantes. Le type est VE. lividus, Forster, ou griseus, Fabr., de û à 6 millimètres, ponctué gris en dessus, brun en dessous, de toute l'Europe, des environs de Paris.

Le catalogue Gemrainger-Ilarold réunit au geure Philluj dm s les genres Elochares ei Elophilus de M. Mulsant. Les espèces sont d'Europe, d'Amérique du Nord, du Chili, de Ceylan, des Indes orientales, des îles Nicobar, de la Guyane, du Brésil, de Montevideo.

La femelle du Philhudrus ou Elochares lividus est intéressante en ce que, à la façon de beaucoup d'Araignées, elle porte ses œufs dans un cocon soyeux qu'elle tient sous son ventre entre ses cuisses postérieures. Dans les premiers jours qui suivent la construction de cette coque, elle y paraît peu attachée, et l'abandonne assez facilement quand elle est poursuivie. Il n'en est plus de même quand l'éclosion des œufs approche, il devient l'objet de sa vive sollicitude. Si, en captivité, elle ne trouve aucun corps étranger auquel elle puisse confier le berceau de sa progéniture, elle se renverse à la surface de l'eau au moment de la naissance des larves et reste dans cette gênante position jusqu'à la tin de leur éclosion.

Quand ces œufs sont devenus bleuâtres, si elle se trouve libre dans ses mares, elle colle ce cocon contre la tige de quelque plante aquatique, un peu au-dessus de la surface de l'eau. Les larves, à mâchoires plus longues que les mandibules, marchent à la renverse sous la surface de l'eau, en agitant continuellement leurs palpes maxillaires, en quête d'une proie animale.

La femelle de 1'^. lividus fait plusieurs pontes après un seul accouplement, à six semaines d'intervalle, et de trente à quarante œufs seulement. Les larves ont en naissant 1 à 2 millimètres, sont subconiques, allongées et d'un blanc sale, sauf les yeux et les palpes maxillaires, qui sont noirâtres; se tiennent à la surface de l'eau, assez souvent non renversées, peu agiles, cheminant tranquillement accrochées aux plantes ou aux parois solides, en maintenant au-dessus de l'eau l'organe respiratoire situé à l'extrémité de l'abdomen ; quand elles perdent leur point d'appui, elles exécutent pour le retrouver des mouvements vermiculaires horizontaux en passant vivement la partie postérieure de leur corps par-dessus leur tête, de côté et d'autre. Elles ont la même nourriture, mais sont moins voraces que les larves du Spercheus emarginatus, reslenl larves trente à trente-cinq jours, et atteignent alors une longueur de 9 millimètres. La nymphose s'opère hors de l'eau. La nymphe est subovoïde, de 3""", 5 de long, hérissée de soies et filets cornés contournés, l'abdomen tcu'miné par deux apiieudices contournés, beaucoup plus épais et plus longs que les autres.

SPHÏRIDIliM. 5S7

jijPtl/XiRiDlllIl, Fabr. — Corps hémisphérique; antennes de huit articles, les trois derniers imbriqués et élargis en massue.

Ce genre existe en Europe, en Cafrerie, à Madagascar, à Ceylan, à Java, à l'île Woodlark, au Sénégal.

Les Splîéridics ont un genre de vie différent des autres Hydrophiliens, car ils habitent les matières stercoraires des Mammifères herbivores. Leur couleur est en général noire, relevée par des macules rouges ou jaunâtres. Ils échappent facilement aux doigts qui tentent de les saisir, par la vivacité de leurs mouvements, leur forme hémisphérique et le poli de leur corps. Ils se montrent au printemps et en été; volent, dans les soirées chaudes, autour des bouses, dans lesquelles ils entrent et sortent par une multitude de trous dont est percée leur surface desséchée, grâce à leurs pattes fouisseuses hérissées d'épines en arrière ; ils forment dans ces matières de nombreuses galeries, et, si on les bouleverse pour les chercher, tâchent de s'enfoncer dans le sol, dans des trous creusés par eux sous les bouses, et où ils restent immobiles. Les larves, étroites et allongées, rappelant celles des Hydrophiles, vivent dans les mêmes substances que les adultes; mais on ne sait encore si elles sont coprophagcs, ou si elles dévorent les larves des Aphodiens, qui ont le même habilat.

Le genre Sphœridium présente plusieurs espèces communes près de Paris. Ainsi le S. scarabœoklcs, Linn., long de 6 à 8 millimètres, noir et lisse, dont les élytres ont chacune deux taches rouges, l'une huméraie, l'autre ù l'extrémité, et les pattes brunes, fréquent pendant tout l'été dans les bouses de vache, et nommé par Geoffroy, le Dermeste à quatre points roiigos , sans stries; et le S. bipusfulatum, Fabr., également de toute l'Iiurope, plus petit, à corselet bordé de jaune, ainsi que les élytres, qui ont en outre, à l'extrémité, une tache lunulée jaune, et souvent une tache humérale jaune.

Nous figurons une espèce de Java, le S. dimidiatum, Gory (pi. xvu, fig. 15; 15 a, antenne).

Le genre Sphœridium est le type d'une petite famille d'Hydrophiliens caractérisés par un corps convexe, arqué longitudinalement, souvent ovalaire, quelquefois hémisphérique. 11 en est qui vivent dans les eaux de substances végétales : ainsi le Cyclonolum, Erichs., orlficularc, Fabr., noir, sans stries, ou Vllydrophile noir lisse, à point, de Geoffroy, petit insecte des eaux stagnantes, se tenant aussi sous les feuilles amassées au bord des mares. D'autres, très-petits, se trouvent sous les mousses et les pierres humides, les plantes aquatiques pourries, dans les fumiers, les champignons décomposés, etc. Tels sont les genres Cercyon, Leach, formé de petites espèces des bouses, ou des détritus aquatiques, sous les pierres, etc., parfois assez élégamment tachetées ou colorées; Megastervum, Muls., des bolets; Crijploplcurum, Muls., des fumiers, des bouses, parfois des champignons pourrjs. On voit donc que dans ces derniers

CIBARD. 22

HâS COLÉOPTÈRES. — HYDROPHILIENS.

Palpicornes il y a des transitions naturelles entre les Hydrophiliens vrais et des genres, comme les Sphœridium, qui n'ont plus rien d'aquatique. Le genre Cyclonotum est de tous pays; le genre Cercyon a de nombreuses espèces disséminées dans les deux mondes, et une en Tasmanie; les Megasternum sont d'Europe, surtout d'Angleterre, de Pensylvanie, du Japon; les Cryptopleurum, d'Europe, du Cap, de Ceylan et du Canada.

2° Genres clavlcornes, à antennes terminées par une massue variable, à palpes courts.

HETEROCERIj'S; Fabr. — Tète transverse, enfoncée dans le corselet; antennes courtes de onze articles, avec massue oblongue, dentée en scie à l'intérieur. Corps subovalaire ou oblong, subdéprimé; tarses simples, de quatre articles apparents.

Les classificateurs font de ce genre une petite famille, les Hétérocérides. Latreille les place dans la tribu des Acantliopodes de sa famille des Clavicornes. Les Hétérocères ont de nombreuses espèces, presque toutes européennes, difticiles à distinguer, d'un brun obscur, avec des taches jaunes sur les élytres. Ils vivent au bord des eaux, surtout des eaux calmes, enfoncées dans le sable humide ou la vase. Ils fouissent le sable avec leurs pattes robustes, dont les cuisses sont d'autant plus fortes qu'elles sont plus antérieures; ils volent quelquefois dans le jour au bord des eaux, et leur corps est recouvert d'un duvet serré, destiné sans doute à "retenir de l'air pour la respiration et à protéger les stigmates contre l'eau. Ils marchent mal et cherchent toujours à s'enfoncer dans le sol humide. On les regarde comme carnivores. L'espèce type est VH. marginatus, Fabr., de toute l'Europe, de Zi à 5 millimètres de longueur, bi'unâtre, très-soyeux, avec des maculatures jaunes ou rougeâtres sur les élytres. — PI. xxn, flg. 11 : lia, antenne; 116, labre, 11 c, mandibule; 11 d, mâchoire et palpe; 11 e, lèvre inférieure et palpes; \if, patte antérieure.

On trouve fréquemment cet insecte sur les bords de la Seine ; dès qu'on en a rencontré un sur le sable, on en fait sortir beaucoup d'autres en jetant de l'eau sur les parties non mouillées. Les larves vivent aux mêmes endroits, ont la tête et les trois anneaux thoraciques très-larges, et les autres anneaux du corps beaucoup plus étroits et presque cylindriques.

Les i/eto'ocerws sont d'Europe, du Kamtchatka, de toute l'Amérique du Nord et des Antilles, de Mésopotamie, des Indes orientales.

P0TAM01»mi.lj>», Gcrmar. — Tête inclinée ; antennes de onze articles, avec une massue peu sensible;, presque cylindrique. l*aUes allongées; tarses de cinq articles.

Les Potamophiles rôssemblenl ù des Dermestes, revêtus d'un duvet

■ POTAMOPHILUS.— PARNUS, 339

soyeux cendré. Ils ne vivent ni sous les pierres immergées, ni dans le sable ou la vase; ils se tiennent à, la surface de l'eau, accrochés aux racines des plantes et des arbres aquatiques ou dans les anfractuosités des roches, mais toujours à fleur d'eau ; ils ne plongent pas, et, au contraire, volent très-bien, venant souvent se poser sur les épaules des baigneurs. Amis des eaux courantes, on les rencontre aussi bien dans nos fleuves de France que dans les torrents des Cordillères, les ruisseaux des Antilles et de Java. Leurs larves, toutes aquatiques, respirent par des branchies comme celles desMacronyques.

Avec les genres Purnu!;, Elmis, Macrunychits et quelques autres, ils forment la petite iamille des Parnides. L'Europe ne présente qu'une seule espèce de Putamophiie, de France et d'Allemagne, le P. acuminatus, Fabr., qu'on rencontre assez rarement près de Paris, à la surface de l'eau courante ou sur des plantes aquatiques, sur des pieux, des bois flottants, dans les îles de la Seine. C'est un petit Coléoplôre brun revêtu d'un court duvet roussâtre. Lue espèce de Java est le I'. orienUdis, Gory, décrit dans le texte de V Iconuijrayliie de M. Guérin-Méneville, p. 70. — il est représenté pi. xvu, fig. 1; 1 a, antenne. — Les huit autres espèces sont des Antilles, de Colombie, du Brésil, de la Cafrerie.

PARXl si, t'abr. — Tète assez grande, pouvant s'enfoncer dans le protliorax ; antennes courtes, de dix articles, le second très-grand, dilaté en forme d oreillette, les suivants très-serrés en sorte de massue fusiforme. (;orps en général oblong ou un peu allongé, revêtu en entier d'une Irés-line pubescence soyeuse, et en outre de poils denses dressés.

Les Parues sont de petits insectes oblongs à duvet gris ou roussùtre très-serré en dessus et eu dessous, sur lequel l'eau n'a aucune prise. Erichson pense que l'air que les Parues entrainent en s'enfonc^'ant dans l'eau forme une vésicule s'étendant sous tout le corps, entourée d'une couche huileuse sécrétée par les poils, constituant une sorte de ballon qui tend parfois à entraîner l'insecte en haut et doit servir à sa natation; il en serait de même des deux hlels d air qui se trouvent sous les deux bandes de poils de la poitrine des Ettnis (genre suivant;. Les poils des Parnus garnis d air leur permettent de s enfoncer dans la vase sans qu'elle ait prise sur leurs téguments. La vie aquatique de ces insectes est analogue a celle de beaucoup de Carabiques du groupe des Dembidium, souvent submergés. Les Parnus, et aussi ica Potamophilus, Cerm., soi*tent volontairement alors le long de la lige des plantes immergées, et, parvenus à la surface de l'eau, prennent leur vol, qui est assez agile, il la dillerence de leur marche et de tous leurs mouvements en général, qui sont extrêmement lents.

Les Parnes ont presque toutes leurs espèces, peu nombreuses au reste, en Kurope. t)n en cite une des bords du Jourdain et une du Brésil. La structure des antennes du genre l'arnm: rappelle celle des

340 COLÉOPTÈRES. — HYDROPHILIENS.

Gyrins. Ils vivent au bord des eau\ dans la vase, et leur corps, de couleur foncée, est granuleux et villeux; on les aperçoit sous l'eau par le reflet argentin de l'air retenu par les poils. Leurs premiers états sont inconnus. Le type est le P. prolifericornis, Fabr., ou Dermeste à oreilles, de Geoffroy. — PI. xvii, fig. 2 : 2 a, antenne ; 2 b, labre ; 2 c, mandibule ; 2 d, mâchoire et palpe; 2 e, lèvre inférieure. — Il est long d'environ 6 millimétrés, d'un brun un peu jaunâtre, couvert d'un fin duvet gris, à pattes rougcâtres; habite l'Europe et l'Algérie, et se trouve assez fréquemment aux environs de Pans.

ELMIS, Latr. — Tête arrondie, semblant cachée ; antennes presque filiformes, de onze articles courts, subcylindriques. Pattes allongées, contractiles ; tarses terminés par deux crochets.

Les Elmis sont de petits insectes bronzés à corps grêle et allongé, de marche lente, à élytres striées ou sillonnées ou côtelées, avec des poils soyeux en dessous; vivant dans l'eau, mais ne nageant pas; aimant les courants rapides, restant accrochés aux plantes, aux racines chevelues et flottantes, aux pierres enduites de conferves, etc. La plupart ont des ailes bien développées. On peut s'étonner, au premier abord, de ne trouver ces très-lents insectes que dans les eaux rapides : c'est que chez eux la forme compense la vitesse, et les puissants orochets de leurs tarses, terminés par un long article, leur permettent de résister à la force toujours agissante du courant qui leur amène en outre leur subsistance sans qu'ils se déplacent. Les Elmis fixés aux corps immergés ne lâchent les pattes que l'une après l'autre, quand ils veulent quitter leur position pour marcher doucement sur le sol du fond de l'eau. Parfois, dit M. L. Fairmaire, en été, ils quittent les eaux pendant la nuit, et on les trouve, non loin d'elles, accrochés aux herbes humides des prairies.

Il y a une espèce d'Elmis dans les torrents des Andes, VE. condimentarius, Filippi, qui se vend sur les marchés du Pérou, notamment à Lima ; on en fait des boulettes pâteuses servant comme assaisonnement d'un mets appelé chiipe de chiche. \ous verrons que des Hémiptères, aussi aquatiques, du genre Coryxa, ont au Mexique un usage analogue. On trouve le genre Elmis en Europe, aux États-Unis, au Pérou, au Chili, à la Nouvelle-Galles du Sud (Australie).

On connaît en Europe environ vingt espèces â'Elmis. Une qui se trouve partout est VE. Wolkmari, Mull., dont les détails sont figurés pi. xvii, 3, antenne ; 3 a, labre ; 3 h, mandibule ; 3 c, mâchoire et palpe; 3d, lèvre inférieure et palpe. Cette espèce se rencontre près de Paris.

Le docteur Laboulbène a décrit (Ann. Soc. entom. de Fr., h^ série, 1870, t. X, p. /4O5) les larves des Elmis œneus et Wolkmari, qui ne diffèrent guère que par la taille, la première n'ayant que 2 à 3 millimètres, la seconde plus grande. Elles vivent accrochées sous les pierres, au moyeu

MACRONÏCHUS- ' 3^1

des ongles puissants de leurs pattes, dans les ruisseaux d'eau courante des environs de Paris et probablement de toute la France. Elles sont oblongues et atténuées postérieurement; ressemblent à de petits Crustacés d'un gris jaunâtre, un peu verdâtre en dessus. La tète est petite, le thorax est élargi, et l'abdomen de neuf segments, aplatis sur les bords prolongés en arrière en pointe latérale, avec des franges foliacées. Ces segments vont en décroissant régulièrement de largeur jusqu'au dernier, que ferme un opercule. Il en sort, sans rhythme précis, à intervalles irréguliers, un élégant éventail cà trois branches plumeuses et d'un blanc satiné : ce sont les branchies de la respiration aquatique de ces larves.

M.%C'iRO\"i'€Bii>», MiiU. — Tète arrondie, enfoncée en partie; antennes de six articles, presque filiformes, le sixième en longue massue ovale. Tarses de cinq articles, avec deux forts crochets recourbés et très-aigus.

On ne connaît que deux espèces de Macronyques, sans doute parce que ces singuliers insectes vivent toujours entièrement sous l'eau. L'espèce européenne, de France et de l'Allemagne, est le M. quadrituberculalus, Mull., d'un noir brunâtre, à pattes d'un fauve assez vif, avec quatre tubercules, deux arrondis au bas du corselet, deux plus gros et oblongs au milieu de la région basilaire de chaque élytre, long de h à 5 millimètres, le mâle pareil à la femelle, mais un peu plus petit (représenté pi. XVII, fig. li; Ix a, antenne), se rencontrant près de Paris, mais rare. Il a été bien étudié par Contarini et L. Dufour. Cet insecte au corps allongé a un aspect aranéiforme par ses pattes grêles, plus longues que le corps et qu'il tient étalées. Bien que ne pouvant nager, il aime les ruisseaux à cours rapide et s'accroche sous les pierres et surtout aux morceaux de bois flottants ; il s'y cramponne avec tant de force, qu'il est difficile de l'en détacher sans rompre des articles des membres; souvent un grand nombre sont accrochés ensemble par leurs tarses. 11 en est d'ailés et d'autres à ailes rudimentaircs, aussi ne sortent-ils pas de l'eau comme les iT/m/s. Si l'on retire les Macronyques de l'eau, ils contrefont le mort, non en contractant les pattes sous le corps, comme les Dermestiens et les Byrrhiens, mais en les tenant roides et immobiles, avec les tarses fléchis sous les jambes, ce qui leur donne une attitude grotesque. Il n'est pas d'insectes qui mettent autant de façon, autant de calculÀ se mouvoir que ceux-là : ce n'est qu'après avoir successivement déplacé et de nouveau fixé les pattes de devant et celles de derrière, tandis que les intermédiaires appliquent davantage le tronc contre le support, qu'à leur tour celles-ci soulèvent le corps pour le faire avancer ou reculer au plus de 1 à 2 millimètres. Quand on retire de l'eau une petite branche ou un morceau de bois sur lequel sont placés des Macronyques. ils ne font d'abord aucun mouvement, et l'on pourrait ignorer leur présence ; mais lorsque la branche commence à se dcssé-

342 COLÉOPTËUES.— HYDUOPlIILîlNS.

cher, ils changent de place avec beaucoup de lenteur. De même que les Elmis, ils ne vivent pas lo«gtemps hors de l'eau ; si on les replace dans ce liquide, ils en gagnent le fond en se laissant tomber les pattes étendues et immobiles, tantôt en supination, tantôt en pronalion, et marchent très-lentement sous l'eau. Un fin duvet garnit leur corps et retient des bulles d'air nécessaires à la respiration ; probablement que la respiration se ralentit et que l'insecte s'engourdit, comme les jEpus, quand il est longtemps submergé. La femelle dépose ses œufs sur les bois flottants, en séries régulières et transversales, formant un amas en losange, retenus par une substance agglutinante. Selon M. Contarini, les larves vivraient dans ces bois, entre l'écorce et l'aubier, et l'adulte paraît aussi vivre de matière ligneuse. Les larves s'accrochent à ces bois au milieu des filaments avec des ongles tenaces. Elles se meuvent rarement et toujours très-lentement, et ne paraissent vivantes que lorsqu'elles font sortir au dehors des houppes branchiales renfermées dans une cavité à l'extrémité anale et formées de six à huit panaches fascicules que la larve reploie brusquement au dedans après quelques secondes d'expansion. Au moment de se métamorphoser, au milieu de l'été, elle sort de l'eau, rampe le long des souches, se glisse dans quelques fentes, y pratique un trou cylindrique avec ses mandibules et se creuse une cellule ellipsoïde ou elle se change en nymphe. C'est dans ce seul état que l'insecte n'est plus protégé par l'eau et peut être atteint par la tarière d'un Chalcidien. Le jeune Macronyque éclos descend à pas mesuré le vieux bois qu'avait gravi la larve, et se replonge, pour ne plus le quitter, dans l'élément qui l'avait vu naître. La seconde espèce est le il/, glabrafus, Say, d'Amérique boréale.

De nombreux détails sur la larve du M. quadrituberculatus ont été publiés par M. Pérez (^nn. Soc. entom. de Fr., Zi« série, 1863, t. III, p. 621). Elle vit, ainsi que sa nymphe, entre l'écorce et le bois des vieux troncs immergés. Elle est très-analogue physiologiquement aux larves A' Elmis, et, comme elles^ projette à intervalles irréguliers ses houppes branchiales hors de leur cavité anale fermée par une sorte de clapet. L'aspect extérieur diffère notablement de celui des larves d' Elmis. 11 n'y a plus du tout ces segments carénés et aigus sur les bords : on dirait un ver grisâtre tout pointillé, à bords du corps lisses, sans franges, s'atténuant peu à peu en arrière, et avec six robustes pattes thoraciques. La nymphe est blanche, avec le prothorax muni de quelques soies roides, l'abdomen conique, muni de deux petits appendices mous et inarticulés. Les villosités peu apparentes de celte nymphe l'empêchent d'être en contact immédiat avec les corps qui pourraient la blesser. C'est en juillet, août et septembre que les larves sortent de l'eau, pour opérer leur nymphose, c(}mme il a été dit précédemment. D'abord blanches, les nymphes se colorent peu ;\ peu et éclosent au bout d'une quinzaine de jours.

SII.PTIIENS. — HISTÉRIDES. ZU'6

GF.ORYj^.m'M, Latr. — Tète cachée eu partie par le corselet; antennes rétractiles dessous, de neuf articles, les trois derniers en massue solide et globuleuse. Corps globuleux et éljtres de même forme ; tarses de quatre articles partout.

Ces insectes, globuleux, mais cependant plus longs que larges, ont un aspect de Pimélies et se rapprochent aussi des Byrrhiens : ils sont courts, épais, très-convexes, plus ou moins sculptés supérieurement; cela, joint à la lélramérie, a déterminé les auteurs à eu faire une petite famille, les Géoryssides.Ils sont tous petits, noirâtres, et laissent transsuder une sécrétion gluante qui retient la poussière quand ils sont hors de l'eau et les cache à leurs ennemis. Ils vivent dans la vase, le sable humide, parfois sous les pierres couvertes par l'eau ; dans le danger, ils retirent la tète entre les pattes antérieures contractées. Le type estle G. pijgmœus, Fabr., de toute l'Europe, surtout du nord, des environs de Paris, d'environ 3 millimètres de long.— PI. xvn, fig. 5 : 5 a, mandibules; 5 6, mâchoire et palpe; 5c, lèvre inférieure et palpes ; 5 r/, jambe antérieure et tarse; 5 p, tarse postérieur.

Les Georyssus se rencontrent en Europe, dans le Caucase, en Sibérie, au Nebraska (États-Unis), à Ceylan et à la Nouvelle-Galles du Sud (Australie).

Tribu des i^lLPHlElVS.

A l'exemple de M. E. Blanchard, nous rangerons dans cette tribu quatre familles, dont la première et la dernière sont séparées eu tribus distinctes par d'autres auteurs; c'est dire que nous n'avons pas de caractères communs nettement tranchés. Il y a cependant un aspect général qui contirme ce rapprochement, ainsi que les couleurs habituellement sombres, une taille souvent exiguë, des mœurs analogues, car ces insectes vivent sur les cadavres, dans les bouses, les détritus, et, par un contraste singulier, certains genres à petites espèces fréquentent les fleurs.

Les quatre familles dont nous ferons l'histoire successive sont celles des Histérides, des Silphides, des Scaphididcs et des Mitidulides. La première famille fait partie des Stéréocères ou Solidicornes de C. Duméril, et les trois autres de ses Hélocères ou Clavicornes, noms qui proviennent de la terminaison des antennes en massue solide ou en tète de clou. Plus tard Latreillc les comprit toutes, avec d'autres, dans ses Clavicornes. Tous ces groupes peu naturels ont dû être disjoints en tribus séparées.

Famille I. — HISTÉRIDES.

On reconnaît les insectes de cette famille à leur corps subquadrangle, un peu plus long que large, aplati ou convexe, et même presque glo-

ZkU COLÉOPTÈRES. — SILPHIENS.

buleux dans les petites espèces. Il est lisse et brillant. La tête est toujours plus ou moins enfoncée sous le corselet, de manière à ne laisser bien visibles que les mandibules fortes, saillantes et prolongées en pointe antérieurement. Le corselet, très-grand et très-large, semble avoir refoulé l'abdomen. Les antennes, toujours coudées, sont terminées par une forte massue solide et globuleuse, formée par plusieurs articles intimement soudés. Le prosternum est prolongé antérieurement par un lobe de forme variable. Les élytres, très-dures ainsi que les téguments du corps, sont couvertes de stries et de ponctuations très-variées, servant aux auteurs à une spécification souvent fort difficile; elles ne recouvrent jamais l'abdomen en entier (ce qui établit un rapprochement avec les Staphyliniens, dont le genre de vie est analogue;, et les deux: derniers segments de celui-ci, non protégés, sont aussi solides en dessus que tout l'abdomen en dessous, tandis que les segments antérieurs sont mous en dessus; il y a de grandes ailes sous les élytres. Les jambes sont larges, aplaties, armées en dehors de dentelures plus ou moins nombreuses, et ce caractère est surtout prononcé aux jambes antérieures destinées à fouir. Dans le danger, ces insectes contrefont le mort et retirent leurs pattes, qui sont peu allongées, sous la poitrine, sans qu'il y ait toutefois de cavités destinées à les cacher, comme chez les Byrrhes. La jambe antérieure offre un sillon dans lequel se replie alors le tarse; les antennes se logent aussi alors dans des cavités du dessous du corselet ; les tarses sont grêles et de cinq petits articles; les pattes postérieures sont plus écartées entre elles à leur naissance que les autres.

Ces Coléoptères, connus vulgairement sous le nom d'Escarbots, sont en général de petite taille et souvent d'un noir brillant. Ils vivent dans les charognes ou dans les excréments, certains dans le putrilage des champignons décomposés ou dans des détritus végétaux. On connaît peu leurs larves, à cause de leur petitesse et de leur habitation dégoùlante. On a décrit celles des Hister cadaverinus et merdarius, dont les noms ne sont que trop significatifs. Leur corps, à bords parallèles, est composé, outre leur tête écailleuse, de douze anneaux déprimés, assez mous. Les antennes ont quatre articles; les yeux sont nuls. Les pattes sont courtes, assez grêles, de quatre articles, et le dernier anneau porte en dessous une sorte de mamelon d'appui, au centre duquel est l'anus, et deux longues soies biarticulées formant une queue fourchue. Il y a neuf paires de stigmates, une prothoracique et huit abdominales. La marche de ces larves a lieu surtout par les ondulations des anneaux. Elles vivent surtout dans les bouses très-sèches et s'y transforment en nymphes dans des cellules très-lisses, sans coque propre et sans rejeter entièrement la peau de la larve, ce qui empêche de bien distinguer les deux filets qui persistent quelque temps.

La famille des Ilistérides a fait l'objet d'une importante monographie dcM.deMarseul, publiée par fragoients successifs dans le^ Annales de la

HISTÉRIDES.— HOLOLEPTA, HISTER, 365

Société entomolnijique de France, et réunie en volume séparé. Nous trouvons dans ce travail un exemple intéressant des difficultés que présente actuellement Tentomologie par la multiplicité des espèces, qui entraîne la création forcée de nouveaux genres. Le genre Hister a été créé par Linna-us {Syst. naturœ), et comprenait dans son extension tout ce qui forme la famille des Ilislérides^ comptant aujourd hui plus de onze cents espèces. Ce nom vient du mot éirusque hi.strio, parce que ces insectes ont quelque analogie avec un histrion, soit par leurs élytres courtes et souvent bariolées de rouge, soit par leur habitude de se tenir immobiles et de faire le mort. Linntcus en cite quatre espèces; puis Fabricius, Olivier, Herbst, Illiger, portent ce nombre à dix-neuf. En 1811, PaykuU, dans sa monographie, sépare des Hister les espèces aplaties pour en faire le genre Hololepta, et décrit trente-trois espèces du genre Hister. En ISôZi, Erichson en compte quatre-vingt-une espèces; puis Le Conte et quelques autres auteurs portent ce nombre à cent douze. M. de Marseul, en 185^, publie cent quarante^huit espèces du genre Hister à sa dernière réduction. Il en est deux espèces cosmopolites: ainsi //. merdarius, Hofm. , se trouvant dans tout l'ancien continent: ainsi //. quadrimaculatus, Linn.; trois en Europe et en Afrique : ainsi //. unicolor, Linn. : deux en Europe et Asie, etc. Enfin, le catalogue Gemminger- Harold compte, en 1868, deux cent cinquante-six espèces de ce genre.

GENRES PrJNCIPAUX.

noi,oi>EPT.*, Payk, , ou Leionota, Dej. — Tête avancée et rétractile; prosternum sans saillie. Corps très-plat ; tous les tarses grôles. Élytres lisses et tronquées obliquement en arrière.

Ce sont des insectes d'un noir brillant, vivant sous les écorces pourries, ce qui est en rapport avec l'extrême aplatissement de leur corps. L'Europe n'offre qu'une seule espèce de ce genre, dans ses parties méridionales, c'est 17/. plana, Fuesslj'. Nous figurons, pi. xvni, fig. U, H.quadridentata, Eabr.,du genre acluel Lioderina, Marseul, du Mexique, de la Guyane. Les espèces sont d'Australie et des régions chaudes des deux mondes.

ni*^TF.n, Linn. — Tète rétractile, enfoncée dans le prothorax. Corps plus ou moins convexe, proslernum saillant. Élytres sillonnées en long de manières diverses; tarses comprimés.

I,cs Hister sont en général de moyenne (aille, ovalaires, un peu bombés, de couleurs foncées ou métalliques, rarement tachés. Ils vivent dans les matières stercoraires, les fumiers, les cadavres, les champignons pourris, les végétaux décomposés, le suc qui suinte des vieux arbres.

Les diiférences sexuelles dans le genre Hister sont diverses et en

3Z|6 COLÉOPTÈRES. — SILPHIENS.

général peu saillantes. Le mule est plus luisant, plus lisse et moins arrondi que la femelle ; dans beaucoup d'espèces il est remarquable par le prolongement extraordinaire soit du labre, soit de la mandibule gauche. Les Hister commencent à paraître dès le premier printemps; on en rencontre encore en automne, mais en petit nombre. Certaines espèces indigènes sont fort communes et très-abondantes en individus ; cependant on les a peu étudiées, surtout en raison de leur habitation malpropre, et l'on ne possède que des détails incomplets sur leurs mœurs. Les larves sont carnassières et ont à peu près le même genre de vie que les adultes. Elles se nourrissent volontiers de petits animaux crevés, tels que rats, taupes, etc.; elles se dévorent les unes les autres. On a trouve la larve de VH. merdarius dans des pommes de terre malades, mais elle ne s'en nourrissait pas et y cherchait sans doute des larves d'autres espèces.

En général la nymphose a lieu vers le commencement de mai, et l'état de nymphe dure peu. Peut-être certaines espèces ont-elles deux éclosions par an, car M. de Marseul a trouvé, à la fin du mois d'août, des larves d'Ilister au terme de leur développement.

Les nombreuses espèces du genre Hister sont des plus difficiles à séparer les unes des autres. Nous figurons, pi. xvin, fig. 5, une espèce de Chine, H. chincnsis, Quens., cT, à mandibules grandes et inégales {inœquidens). Les espèces de France ont tantôt le corps entièrement noir, tantôt les élytres ornées de taches d'un rouge plus ou moins obscurci. Leurs élytres sont marquées en long de stries plus ou moins avani'ées vers la base, et le corselet porte, soit deux stries sur ses bords latéraux, soit une seule. Dans les premières espèces nous citerons H. quadrimaculatus, Linn., surtout de l'Europe méditerranéenne (pi. xviii, fig. 6, antenne; G a, labre ; 6 b, mandibule ; 6 c, mâchoire et palpe ; G d, lèvre inférieure et palpes labiaux): les élytres ont une grande tache rouge en lunule, formant souvent deux taches séparées. Il est long de 9 à 12 millimètres, oblong, subparallèle, noir sur le reste du corps. Parmi les espèces entièrement noires se trouvent: 7/. unicolor, Linn., ovalaire et court, de 8 à 10 millim.; //. cadanerinus, HofTm., de même taille, etc. Dans les espèces à une strie au corselet se trouvent les //. sinuatus, Erichson, de 7 millimètres, avec une lunule rouge à chaque élytre ; //. puvfAirascens, Hersbt, de U millimètres, avec les élytres envahies par une tache d'un rouge sombre ; deux espèces noires de 5 millimètres, H. carbonarius, Illiger, et E. stercorarius, HofFm., à pattes brunes, etc.

L'ancien genre Hister de Linnœus a été démembré en genres nombreux principalement par Leach, Erichson et M. de Marseul. Nous nous bornerons à mentionner le genre Platijsomn, Leach, formé pour des espèces à corps oblong, à côtés parallèles, déprime en dessus, avec les jambes postérieures unidenticulées en dehors, tandis qu'elles ont deux rangées de denticulcs chez les Hister. Les Plalysomcs de notre pays vivent, parfois en troupes assez nombreuses, sous les écorces des Chênes

sir.piiiDi'S. — sphyeiutes. 347

cl des Pins. Ix /'. oblon<inm, Fabr., vit des larves du Tomicus stenograpJms (Scolytiens), dans leurs galeries subcorticales. Les Saprinus, Erichson, qui conriptent aujourd'hui près de trois cents ospî'ces de tous pays, manquent du prolongement du sternum en mentonnière cachant la bouche en dessous, qui existe dans les Hisler et les Platysoma. Ils sont plus épais que les Hisler, ponctués, avec les stries des élytres courtes et obliques, à jambes de devant moins dentelées, à couleur souvent métallique, noire comme dans le S. œncus, Fabr., commun dans les bouses et les charognes, de k millimètres, bronzée dans le S. chalc/tcs, lllig., de 2 à 3 millimètres.

Les Saprines habitent, comme les Hister, les cadavres des animaux et leurs déjections, et, en outre, se rencontrent dans les fourmilières, dans les plaies des arbres, cachés dans les sables, au bord de la mer, sous les Algues.

La plus grande partie des espèces des Histérides sont exotiques.

Famille IL — SILPHIDES.

Cette famille, bien homogène, comprend des insectes principalement européens, qui presque tous \ivent de matières animales en décomposition putride. Ils sont doués de l'odorat le plus subtil et ne tardent pas à arriver d'un vol facile auprès des cadavres, et en général on ne découvre pas autrement leur présence dans une localité. Ils répandent des odeurs désagréables, en rapport avec leur nourriture, mêlées parfois de sécrétions musquées ; si on les saisit, ils dégorgent par la bouche, comme la plupart des Carabiens et des Staphyliniens, une salive brunâtre. Leurs larves, toujours aplaties et plus ou moins élargies latéralement, vivent dans les mêmes matières que les adultes. On a reconnu que le tube digestif des Silphides n'offre pas de jabot, mais un gésier ellipsoïde, ayant en dedans des bandes musculaires longitudinales et des soies en divers sens, puis un long estomac replié en anse.

Mandibules pointues, non échancrées; antennes terminées en massue, de quatre ou cinq articles, le plus souvent perfoliés. Pattes non contractiles sous le corps; tarses de cinq articles, les antérieurs souvent dilatés chez les mâles. Face supérieure du corps plus ou moins convexe, en bouclier ; élytres offrant dans la plupart des espèces une gouttière fortement rebordée au bord extérieur,

GENRES PRINCIPAUX

«spo.KniTES, Duftschniidt. (Ce genre semble faire le passage de la famille des Silpliides à celle des llislérides.) — Corselet subrectangle ; élytres larges, un peu bombées, recouvrant tout le corp?.

E\. : S. glahratus, Fabr., espèce type et unique, de France et d'Allemagne (pi. wiii, tig. 7; la). . .

3^8 COLÉOPTÈRES. — SILPHIENS.

!VEC;rophorU<§), Fabr. — Corps grand, épais, subrectangle, oblong. Tête rétrécieen forme de col en arrière. Élytres aplaties, élargies, tronquées en arrièrCj ne recouvrant pas tout l'abdomen.

Quand on saisit les Nécrophores, ils font tous entendre un petit bruit par frottement de pièces dures. Une olfaction des plus subtiles est en rapport chez ces Coléoptères avec leur importante fonction harmonique. Aussitôt que le cadavre d'un petit animal gît sur le sol, des émanations odorantes s'irradient dans l'atmosphère, et la troupe funèbre des iNécrophores ou Fossoyeurs ne tarde pas à arriver en volant. Tantôt leur corps quadrangulaire ofl're la noire livrée du trépas; le plus souvent les élytres sont bigarrées par bandes de jaune d'ocre foncé et de noir. Ces insectes bizarres exhalent une odeur à la fois musquée et désagréable. Très-souvent leur corps est couvert de petits animaux articulés, à huit pattes, les Ga?7ms« des Coléoptères. Mœurs étranges! ces chétifs parasites ne semblent nullement vivre de l'insecte qui les porte; ils restent accrochés à ses poils et s'en servent comme d'un véritable omnibus pour se faire conduire là où la table sera de leur goût. On trouve ces petites Arachnides sur les Carabes, les Géotrupes, qui vivent de fientes d'herbivores, sur les Bourdons (Hyménoptères), etc. Quand les Gamases sont en contact avec le cadavre d'un animal, ils quittent le Nécrophore et se répandent dans la fourrure ; puis, bien gorgés, reprennent leur véhicule ailé qui les transporte de charogne en charogne. D'autre part, tout n'est peut-être pas encore bien connu à ce sujet; j'ai rencontré des Gamases sur de petits Mammifères vivants, des Mulots, ce qui explique peut-être leur premier passage sur les Nécrophores. Autour du petit cadavre s'abattent surtout les femelles. Si elles ne sont pas assez nombreuses, elles vont de tous côtés chercher des aides, et reviennent accompagnées d'une troupe avide. 11 y a plutôt ici le résultat de traces odorantes transmises que d'une véritable intelligence avec communication d'idées; tandis qu'on ne saurait refuser ce caractère au fait rapporté par Gleditsch (1), qu'un crapaud, qu'on voulait à la fois sécher au soleil et soustraire à leurs atteintes, ayant été fiché en l'air au bout d'une petite baguette, les Nécrophores surent, en creusant au-dessous, faire tomber à la fois crapaud et bâton, et les ensevelirent. Ces insectes ne sont pas seulement amenés par l'attrait de leur propre nourriture; un instinct plus vif et plus touchant les sollicite, celui de préparer le berceau et le repas de leurs enfants, en même temps qu'ils débarrasseront l'atmosphère d'une source d'infection, instruments aveugles d'une admirable harmonie. Les larges pattes de devant des Nécrophores, fonctionnant comme des bêches, servent à creuser la terre autour du petit cadavre qui s'enfonce ainsi parfois jusqu'à 30 centimètres au-dessous du

(1) Citation de Lacordairc, Iniroduclion à l'Entomologie (Paris, 1838, p. Ii6l, t. II).

SILPHIDES. — NECROPHORUS. 3/l9

sol. Après ce travail assidu, la troupe festinc et les femelles pondent leurs œufs, de sorte que le dîner des pères servira aux fils. Il sort de ces œufs, au bout de peu de temps, des larves grisAtres, à douze anneaux, plus allongées et plus attéimécs aux deux bouts guTî celles des Silphes, avec la région dorsale écailleuse, la tète brune et dure, armée de fortes mandibules, et les pattes très-courtes, car elles auront très-peu à se mouvoir. Parvenues à leur complet développement, elles quittent le cadavre et s'enfoncent plus profondément dans le sol, à plus de 20 centimètres, s'entourent d'une coque ovalaire de terre enduite de salive gluante et qui durcit bientôt; elles s'y meuvent à l'aide de deux fortes épines de leur dernier segment. Au bout de quinze jours ou un mois l'adulte éclôt de la nymphe. Certaines espèces de Nécropbores pondent et vivent, en larves et adultes, dans les champignons pourris.

On rencontre aux environs de Paris la plus grosse espèce du genre, le y. germanicus, Linn., atteignant 3 centimètres de long, entièrement noir, dont chaque femelle, dit-on, travaille seule quand elle enterre. Cette espèce est bien plus nocturne que les autres et dédaigne en général d'enfouir les cadavres, se ruant parfois en bandes sur une petite charogne dont le corps disparaît sous un noir essaim. Elle se glisse aussi dans les excréments des herbivores pour y mettre en pièces les Géotrupes, car elle a des mœurs belliqueuses qui font anomalie dans son genre. Le N. humator, Fabr., de taille plus petite, 20 millimètres environ, noir comme le précédent, mais avec la massue des antennes rousse; il recherche surtout les gros cadavres, comme les Silphes. C'est le grand Dermeste noir de Geoffroy. Ces deux espèces sont de toute l'Europe et du Caucase. Parmi les espèces bigarrées d'un roux vif avec bandes noires dentelées, on trouve très-communément aux environs de Paris, aussi bien que dans oute la France, l'Allemagne, la Suède, l'Italie, le Necr. vespillo, Linn., nommé par Geoffroy le Dermeste à point, de Hongrie, àélytres noires, avec deux larges bandes transversales jaunes et ondulées, et la massue des antennes rousse, et le N. mortuorum, Fabr., mal nommé puisqu il ne vit que dans les champignons, plus petit que précédent et lui ressemblant beaucoup pour les couleurs, mais ayani le santennes entièrement noires. Il n'a que l/i millimètres de long, et la dernière bande fauve des élytres est réduite à un point. Le N. vespillo a le corselet garni de poils dorés ; il en est de même du N. vestigator, Hersch., de i5 à 20 millimètres comme lui, mais ayant les jambes postérieures droites et non arquées comme le précédent. Deux autres espèces bigarrées ont au contraire le corselet lisse et les jambes droites: ce sont les xV. interruptus, Stephens, ou fossor, Erichs., et N. investigalor, Zetterst., ou ruspator, Erichs.

Le genre Nécrophore comprend une quarantaine d'espèces d'Europe, de Sibérie, de l'Amérique russe et boréale et des États-Unis, de Californie, de Perse, de Chine. Il faut remarquer que, dans les régions les plus Jjoréales, Içs niœurs des Nécropbores se modifient, peut-être en raison de

3r>0 COLÉOPTÈRES. — SILPHIENS.

la rareté des cadavres de petits animaux : en Laponie, dans le nord de la Suède et de l'Amérique, on les trouve très-fréquemment dans les matières slercorales et dans les champignons à demi décomposés. — >'ous représentons une rare espèce de l'île Sitka, dans l'Amérique boréale russe, le N. maritimus, Eschsch., remarquable par les bandes d'un rouge ferrugineux de ses élytres et la massue antennaire de mt me couleur, pi. XVIII, fig. 8, et les détails principaux du N. germanicus, Linn., pi. xviii, fig. 9, antenne grossie 5 9a, labre; 9 b, mandibule; 9c, mûahoire et palpe; 9 d, lèvre inférieure et palpe.

SIL.PO.%, Linn. — Tête inclinée sous un corselet arrondi latéralement et coupé subcarrément en arrière. Élytres plus ou moins convexes, rétrécies en arrière.

Les Silphes sont nommés vulgairement Boucliers, à cause de la forme ovalaire de leur contour. En général sombres en couleur, de taille moyenne, d'odeur nauséabonde, dégorgeant en abondance une salive brune pour ramollir les chairs, ils vivent au milieu des cadavres putréfiés ; leur aplatissement leur permet de glisser avec facilité entre les interstices des organes, et leurs larves, également plates, ont les mêmes habitudes. Elles sont ovalaires, de couleur grisâtre, à anneaux amincis sur les côtés, à prothorax presque semi-circulaire, bien plus larges que les larves des Nécrophores^ remarquables par les anneaux prolongés en arrière en forts angles latéraux, ott'rant deux appendices cylindriques autour du tube anal. Elles s'enfoncent en terre pour devenir nymphes.

Les Silphes n'enterrent pas les cadavres, et, quand on les dérange de leur utile mais dégotàtante fonction, se sauvent de toutes parts, adultes comme larves, et courent rapidement sur le sol. Si on les saisit, au lieu d'essayer de mordre comme les iNécrophores, ils laissent écouler par la bouche et par l'anus un fluide brunâtre et infect, dû à leur genre de nourriture, car ils ne répandent pas d'odeur au moment de la sortie de la peau de nymphe, ni chez quelques espèces à régime végétal. Quand on inquiète ces insectes, ils commencent par dresser la tète et les antennes, puis, comme par une prompte réilexion, baissent et fléchissent un peu la tète sous le corselet, donnent à leurs pattes une certaine rigidité, sans toutefois les contracter, et restent quelques instants immobiles.

rs'ous mentionnerons quelques espèces communes partout, et notamment aux environs de Paris. Ainsi : iî. quadrvpiinctala, Linn., ù corps noir, à corselet et élytres d'un jaune pâle avec une tache sur le corselet et deux macules circulaires noires sur chaque élytre. Geoil'roy, qui a bien décrit ses mœurs, le nomme le Bouclier jaune à taches noires. Différent de ses congénères, il vit exclusivement de chenilles vivantes. On le voit voler au printemps en Ire les arbres des bois voisins de Paris, surtout entre les Chênes; il tombe si l'on secoue leurs branches, et parfois les sentiers sont jonchés de chenilles à demi rongées sur lesquelles

SILPHIDES. - SILPHA, NLCKODES. iiSl

s'acliarnent ces Silphes. I^e S. thoracica, Liiin., noir, avec corselet d'un jaune de rouille velouté et trois stries longitudinales sur les élytres, chasse aussi aux chenilles, mais en ouLre se rencontre dans les gros champignons pourris et dans les cadavres desséchés et exposés à la plus forte ardeur du soleil. A côté de ce Bouclier à corselet jaune de Geoffroy, et souvent dans les mêmes débris, vit le Bouclier noir, à corselet ruhoteux el à élytres cliiffonnées, du même auteur, ou S', rujjosa, Linn. Les bois nourrissent le S. lœviyata, Fabr., tout noir, avec les élytres lis-es, finement chagrinées, à rebords trésélevés, ce qui Fa fait appeler la Gouttière par Geofl'roy. Cette espèce grimpe sur les plantes pour dévorer les Mollusques du genre Ilelix : ainsi sur tous nos littoraux crayeux des côtes normandes et picardes, Dieppe, Tréport, Mers, etc. Sous les mousses et les écorccs se trouve le ii'. atrafa, Linn., et sous les cadavres très-humides le S. sinuata, Fabr., noir, à corselet échancré, raboteux, avec élytres échancrécs à leur extrémité libre. Une espèce plus curieuse encore par sels mœurs est le S. obscura, Linn., d'un noir terne, finement ponctué, avec trois côtes sur les élytres. Nous avons déjà vu chez les Carabiques, par une exception singulière, le Zabrus gibbus, Fabr., et les Âmara se nourrir à l'état de larves de céréales et y exercer parfois des ravages. Un renversement pareil de régime a lieu pour le S. obscura, dont les larves mangent les feuilles et les racines de divers végétaux, notamment des IJetleraves. M. Blanchard les a rencontrées vivant dans les racines de celte plante lors des dégâts considérables dont souffrit ce végétal en 1805 dans l'arrondissement de Valenciennes, au grand détriment de l'industrie sucrière. 11 est probable que ces larves devaient dévorer eu outre les chenilles des Agrotis, cause principale du mal. On a vu aussi la même espèce, sur le bord de la mer, se nourrir d'Algues et autres plantes marines rejetées par le Ilot, exhaler l'odeur de marée et dégorger un liquide verdâtre. Il se présente le même fait pour le S. reticukUa, Fabr., qui mange des Graminées, et peut, dit-on, nuire aux Blés. Une variété rougeùtre du S. niyrita, Creul., dite alpina, Bon., et qu'on rencontre sur toutes les montagnes, mange la Fraise parfumée des Alpes et des Pyrénées. — Nous représentons le 6', granigera, Chevr., du Mexique, pi. xviii, fig. 10.

ÎI1E€I40DKS, Leach. — Caractères très-analogues à ceux du genre précédent, dont il n'est qu'un dédoublement.

Nous n'avons en Europe et dans le Caucase qu'une espèce de ce genre, le iV. littoralis, Linn., noir, avec la massue antennaire rousse, trois côtes longitudinales sur les élytres et une petite gibbosité transversale entre la deuxième et la troisième côte. On le rencontre en abondance sur les cadavres des animaux noyés et rejetés sur les bords des fleuves et des rivières, ainsi le long de la Seine au-dessous de Paris. — Ses détails sont figurés pi. xviu : ii^'. 11, antenne j 11 a, labre ; 11 6,

352 COLÉOPTÈRES. — SILPHIEINS.

mandibule ; 11 c, mûchoire et palpe; 11 d, lèvre inférieure et palpes.— C. Duméril met cette espèce dans son genre Peltis, Geoffr., nom qui n'a pas prévalu ici, mais ailleurs, dans les Nitidulides.

IVE€ROFDIlil'§>, Ulig. ~ Tête inclinée. Corselet échancré antérieurement 5 élylres bombées^ arrondies.

Une rare espèce a été décrite par M. Chevrolat ; elle est d'un noir brillant, à corselet pointillé et élytres à neuf stries longitudinales: c'est le N. hydrophiloides, Eschscholtz, rapporté de l'île de Norfolk, dans l'Amérique boréale (pi. xviii, fig. 12; 12 a, antenne). Elle se trouve dans l'Amérique russe et dans le nord de la Californie, et habite les excréments humains. Une autre espèce noire, le N. subterraneus, Dabi., qu'on trouve, mais rarement, dans les montagnes de l'est de la France, vit dans la terre, dans les champignons, et surtout dans les coquilles des colimaçons, car il est très-friand de la chair du mollusque si apprécié par les gourmets de la Bourgogne.

AGYUTES, Frohl. — Massue des antennes de cinq articles. Corselet subcarré ; élytres ovales, bombées.

Peu d'espèces et toujours peu fréquentes. Celles de France ne dépassent pas Zj à 5 millimètres. Le corps des Agyrtes est plus étroit et plus convexe que chez les Silpha; les élytres sont sans côtes, à peine rebordées. On trouve, mais rarement, dans les sablières aux environs de Paris, VA. bicolor, Cast-, espèce qui n'a encore été vue qu'en France, et qui est noire avec les pattes rougerures, et 1'^. çastaneus, Fabr., répandu dans une partie de l'Europe, à élytres rougeâtres, piquetées en série de points, à pattes de couleur marron (pi. xvni, fig. 13; 13 a, antenne). On trouve les Agyrtes dans la mousse, au pied des arbres, en février et mars, au milieu des larves de Diptères, les Bibions ou Mouches de Saint-Marc. Il y a encore deux espèces, l'une de Suède, l'autre de Sibérie.

La famille des Silphides présente quelques autres genres qu'il nous paraît utile de citer en raison de l'intérêt de leurs mœui's; ce sont en outre, pour la plupart, de rares insectes chers aux collectionneurs.

l.El»Tll%US, Millier, — Corps ovalaire très-déprimé, aptère; yeux nuls; antennes longues, presque filiformes.

Ce genre est fondé sur un petit insecte curieux et très-rare, de 2 mil' limètres environ de long, entièrement d'un jaune roux pAle, rencontré d'abord en plusieurs points de l'Allemagne et en Suisse, enfin dans diverses parties de la Normandie. On le prend sous les fagots, sous les pierres, dans les vjeux troncs d'arbres, dans les feuilles mortes au pied

Sll.lMlIDES. — CAKiPSIMOHPHliS, CHOLKVA. 353

des Hêtres, ses larves vivant peut-être des végélations cryptogamiques de ces feuilles moisies. Des conduits sont pratiqués par les Musareignes dans ces amas de détritus, et c'est sans doute ce qui explique la présence des Leptines sur le corps de ces petits insectivores, courant et se cachant dans les poils, comme l'a reconnu le professeur Waga, de Varsovie. Ils y trouvent probablement une température qui leur convient, et peut-être se servent-ils de ces petits animaux comme véhicule pour pénétrer dans leurs terriers où sont sans doute des détritus à leur goût. J'ai de même rencontré les (iamases des Coléoptères (Acariens) sur un Mulol. 11 y a une autre espèce de Java et une du Caucase.

CATOPSi.iiORPiii'*^, Aube, ou r.AToPOMORPHLs. ~ Genre très-voisin des Choleva, sauf des antennes robustes, courtes, à massue fusiforme assez renflée.

Les Catopsimorphes sont des insectes toujours rares et dont les diverses espèces «ont toujours associées avec des Fourmis. On en indique plusieurs espèces en France, surtout dans le. Midi, et celle qu'on aie plus de chance de rencontrer est le C. arenarius, Hampe, ou pilosus, Mulsant, observé près de Lyon et près de Dijon. M. Rouget, de cette dernière ville, a pu saisir quelques remarquables particularités de mœurs. Il a trouvé cet insecte dans plusieurs localités, sous les pierres, sur des coteaux calcaires assez arides et exposés au raidi, toujours en compagnie de VAtta structor, Lalr. Au printemps, la plupart des fourmilières de cette espèce contiennent le Catopsimorphus. Il vit en pleine sécurité au milieu des galeries des Fourmis, et se glisse sans danger pour lui au milieu d'elles dans les passages les plus étroits. Les Catopsimorphes sont carnivores, et I\I. Rouget les a vus dévorant de la viande bouillie qu'il donnait aux Fourmis concurremment avec celles-ci; un d'eux cherchait à dépecer une Fourmi presque morte sans que ses compagnes lui portassent aucun secours, ils doivent vivre aux dépens des providons amassées dans la fourmilière, et probablement subissent leurs métamorphoses à l'intérieur, car M. Rouget y a trouvé des exemplaires encor.' mous et peu colorés, n'ayant évidemment pas été encore exposés à l'air et à la lumière hors de la fourmilière. Les espèces sont de l'iïurojje méridionale, d'Algérie, de Syrie, de Ceyluu.

flIOMOVA, Latr., ou Catops, Payi<. — Des yeux; antennes grêles et longues; paijies terminés par un article pointu.

Ce sont de petits iusectes bruns, très-vifs, très-agiles, à démarche vacillarile. Hs vivent sous les pierres, et surlout au milieu des détritus végétaux, mousses, feuilles mortes, bois vermoulu, cliampignons pourris; assez souvent on en observe sous les cadavres et les matières animales décomposées ; entin, il en est qui hantent les fourmilières. On trouve dans les bois des environs de Paris, au premier printemps, le C. (leijressa, Murray, ù l'enlrée des terriers de lapiuj. il faut encore indiquer les C picipcs, Fabr., ou major, Dej-, de 5 millimètres, noir,

GUiAUD. 23

354 COLÉOPTÈRES. — SILPHIENS.

à pattes brunes; C. fusca, Iloiïm., ou tristis, Panz., de /i millimètres, d'un brun foncé, et une petite espèce de 2 millimètres, ovalaire, un peu déprimée, à corps d'un brun foncé, très-soyeux, le C. sericea, Fabr. Cette dernière espèce est très-commune.

Les espèces du genre Choleva sont très-disséminées, car on rencontre des Choleva en Europe, aux îles Canaries, en Algérie, dans l'Amérique du Nord, le Chili, la Californie, la Sibérie, la Tasmauie.

Les Choleva nous conduisent à un genre qui ne devrait peut-être pas en être séparé, car nous savons le peu d'importance qu'on doit attacher à la disparition des yeux. C'est le genre:

AOEL.OPS, Telkampf. — Corps ovale-obloiig, aptère, convexe; yeux nuls. Antennes assez longues, grossissant graduellement et très-légèrement vers l'extrémité ; tarses de cinq articles, les antérieurs de quatre, au moins chez les femelles.

Les Adelops sont de petits insectes aveugles, ou du moins supposés tels, rapproches des Leptinus par le manque d'yeux et d'ailes. Ils sont cependant très-agiles, et il en est qui vivent sous les feuilles mortes, sous les détritus; on les trouve dans les montagnes. Il est une espèce qui se plaît dans le nord de la France et dans le sud de l'Angleterre, c'est 1'^. WoUasto ni, isin?,on, qu'on trouve souvent en abondance dans les pommes pourries et enterrées. Mais ce qu'offre de plus curieux le genre.if/e/o/w, c'est l'existence d'un certain nombre d'espèces propres aux cavernes. Pour eux comme pour les autres insectes cavernicoles, chaque caverne ou chaque groupe de cavernes ayant sans doute des communications est un centre de création spéciale. On sait que la faune hypogée a commencé à être explorée en Allemagne dans les grottes célèbres de la Carinlhie et de la Carniole, et qu'outre un Batracien, le Protée, on y a trouvé des Mollusques, des Crustacés, des Insectes presque tous aveugles; dans la grotte du Mammouth (Amérique du Nord), sont deux espèces de Poissons, des Crustacés, dont une Écrevisse, des Arachnides et des Insectes. Le genre Adelops est représenté dans les deux mondes par des espèces des cavernes; il a été créé pour une grande espèce trouvée dans la célèbre grotte du Kentucky dite du Mammouth: c'est l'A. hirtus, Telkampf. Les espèces •cavernicoles d'Europe sont de moindre taille, comme en rapport avec des grottes moins grandioses; on en a rencontré deux dans les grottes de Carinthie qu'habitent les étranges Leptoderus, d'autres dans des grottes de Carniole, de Dalmatie ou des Pyrénées et de la France méridionale. Ces insectes vivent souvent à demi-lumière. Nous devons signaler les espèces de nos grottes françaises : l'A. pyrenœus, Lespés, de 3™'", 5 à à millimètres, ses congénères d'Europe étant en général de taille moindre, ferrugineux, à corps tout pubescent, (pi. xn, tig. 7) (1), vivant de détritus, de débris de paille pourrie prove-

(1) Lespés, Noie sur queUiues Insecles des grollcs de l'Ariége, p. '27S, et pi. xvii {Ann, des se. «aJ., ZOOL., 4^ série, 1857, t. VU).

SILPHIDES. — LEPTODERUS. ' 355

nant des torches des guides, découvert dans des grottes des montagnes de l'Ariége près de Tarascon, les grottes de Niaux, la grotte de Sabart ;

— VA.speluncarum, Delarouzée, de la grotte de Bétharram (à la limite des hautes et basses Pyrénées), de 3 millim(^tres de long, trouvé dans une obscurité complète, sous des pierres mouillées constamment par l'eau qui suinte goullc à goutte des stalactites ; — r.4. lucididus, Uelar., de 2 millim. de long, rencontré à une grande profondeur sous des débris de paille moisie dans la grotte des Demoiselles, près de Montpellier;

— VA. Delarouzei, Fairm., de 1 millimétré à 1™"',5, de la grotte del Rey (Pyrénées-Orientales);— ri4.i5on?;ow?Oîn, Jacq. du Val, pouvant atteindre Zi millimètres et demi, la plus grande des espèces d'Europe, en entier d'un roux jaunâtre, de diverses grottes des Pyrénées-Orientales; — VA. (jrancUs, Fairm,, de 2 millim. de long, d'un roux assez brillant, avec pubescence fauve, de la grotte d'Isturilz (Basses-Pyrénées).

LEPTOBERIS, Schmidt, ou Leptodirus, Sturm. — Antennes longues et grêles; yeux nuls. Corselet très-grèle et cylindrique. Élytres soudées, sans ailes audessous, ovalaires ou oviformes, convexes, débordant énormément. Pattes trèslongues et très-grcles ; tarses de cinq articles, quatre antérieurement chez les femelles.

A ces caractères si nets , on ne saurail méconnaître le plus étrange représentant de la faune hypogée, un insecte presque fantastique. On dirait une espèce d'Araignée vésiculeuse, roussûtre, transparente. Les Leptodôres constituent une des découvertes les plus intéressantes de l'entomologie moderne. Ils vivent exclusivement dans les parties les plus reculées de quelques cavernes de laCarniole où ne pénètre jamais un rayon de lumière. Ce sont eux surtout qui prouvent que le Créateur n'a pas voulu laisser sans êtres vivants l'iiorreur de la profonde nuit des cavernes, de même qu'il a peuplé de Sarcodaires et d'Infusoires à carapaces les sombres abîmes de l'Océan, fermés à tout éclat du soleil.

On ne connaît encore que trois espèces de Leptodèrcs, dont la taille varie de h à 8 millimètres environ : le L. Hohenwartin, Schmidt, que nous représentons pi. xn, fig. 8, de la grotte d'Adelsberg, si célèbre par le lac souterrain où vit le Prolée décoloré, aux branchies d'un rouge de sang ; le L. angustatus, Schmidt, de la grotte de Voleja-.Jama, et le L. aeriçeus, Schmidt, de celle de Cuba-Dol. Comme tous les insectes des cavernes, ils sont d'une couleur uniforme, d'un brun clair ou ferrugineux, ils ont la lumière en aversion, et doivent sans doute en percevoir une sensation douloureuse à travers leurs téguments, car le moindre rayon qui les frappe les fait fuir assez rapidement entre les fentes des pierres, où ils sont fort difticiles à prendre. On les trouve dans les tissures des slalagmilcs qui recouvrent le sol, ou accrochés à quelque distance de celui-ci aux stalactites qui pendent aux parois. Ils

356 COLÉOPTÈRES. — SILPlllENS.

marchent en élevant leur corps sur leurs longues pattes, comme sur des échasses ; quand un bruit se fait entendre, ils s'arrêtent, comme étonnés de celte commotion qui trouble l'éternel silence des entrailles de la terre, appliquent leur corps sur le sol en étalant leurs grandes pattes, redressent leurs antennes, et restent immobiles dans cette position jusqu'à ce qu'on les louche.

On dit qu'ils ont pour ennemie une Arachnide du genre Obisium, aveugle comme eux, vivant dans les mêmes profondeurs reculées, et qui paraît en faire une grande destruction. .

Plus récemment on a découvert quelques espèces des grottes dérivant des Leptoderus, mais avec des formes moins exagérées, qui nous ramènent peu à peu aux Choleva; les élylres s'abaissent, le corselet devient plus large et plus court. Nous citerons le genre Pholeuon, Hamp., intéressant pour nous parce que, outre des espèces des grottes de Hongrie, il offre une espèce française, le P. Quen'lhaci (pi. xii, fig. /i), découvert par M. Lespés dans les grottes des montagnes de l'Ariége (grande grotte de Maux et grotte de Sabarl}, de 3™'", 5 de long, à corps pubescentj ferrugineux. 11 marche lentement à la surface des stalactites humides. La lumière ne l'impressionne pas, mais au moindre bruit il fuit et se blottit dans quelque petit trou, tandis que les I.eplodères de la Carniole contrefont le mort à la moindre alerte. Comme eux, il se nourrit de divers déirilus.

A l'Allemagne seule, jusqu'à présent, appartiennent le genre Drimeotus, Miller, des grottes de Hongrie, notamment celle d'Igriez, dans le comitat de Bichar, et le genre Onjotus, Mill., des grottes de Carniole.

Famille III. — SCAPHIDIDES.

Mandibules fondues à l'extrémité ou bidenlées. Antennes non coudées, terminées par une massue allongée de cinq articles. Palpes des deux sortes, à dernier article obconique ; tarses de cinq articles bien distincts, habituellement pareils dans les deux sexes. Corps ovalaire, rétréci aux deux bouts, convexe en dessus, épais au milieu. Corselet élargi en arrière. Pattes non contractiles, allongées, grêles. Insectes de taille médiocre, très agiles, de mœurs mal connues, vivant, ainsi que leurs larves, dans les champignons, les bois pourris, parfois les carcasses desséchées. Principalement d'Europe.

GENRE PRINCIPAL

!*r.%PHii>ïï'**5 f*''^- — Antennes de onze articles, les sîk premiers altonjjcs, les cinq derniers hémisphériques, formant une massue prolongée. Pattes longues et grêles.

La seule espèce européenne de ce genre, le ^'. quadrimaculatum, Oliv. , se trouve en France, notamment aux environs de Paris, en An-

MTIDULIDES. 3;)7

glelerre, en Su(l'de et en Allemagne. — PI. xviii, fig. 15, antenne; 15 a, labre; 15 6, mandibule; 15c, mâchoire et palpe; 15 d, lèvre inférieure et palpes ; 15 e, larse antérieur. — Cet insecte, d'un beau noir poli el brillant, oiïre les élylres poinlillées et marquées chacune de deux taches rouges. Il se rencontre au premier printemps dans les Bolels de nos bois. Les au 1res espèces de Scaphidiuni, au nombre d'une vingtaine, se trouvent à Madagascar, aux Indes orientales, à Ceylan, en Cafrerie, en Austrahc et dans diverses régions de l'Amérique septentrionale et cquinoxiale. — Nous figurons une espèce du Mexique, le .S, nigripes, Chcvr., pi. xviii, fig. ili.— Citons le N. immaculatuin, Oliv., genre Scnphium, Kirby, entièrement d'un noir luisant^ de ô millimètres, de l'I^urope tempérée.

Un genre voisin, ayant une quinzaine d'espèces, le genre Scaphisoma, Leach, renferme deux espèces do toute l'Europe, le S. agaricinum, Linn.^ et ^'. assimile, l£richs. Les autres espèces sont d'Algérie, de Californie, de Cafrerie, de Ceylan, d'Amérique boréale.

La famille des Scaphidides a encore quelques autres genres, renfermant peu d'espèces. (Jn reconnaît tous ces insectes à leur corps épais, lisse, avec l'abdomen conique, dépassant les élytres; à leurs pattes assez grandes, inermes, avec les jambes postérieures arquées.

Famille IV. -^ MTIDULIDES.

Mandibules bifides ou échancrées à l'extrémité. Palpes courts, filiformes; antennes de onze articles, à massue formée de deux ou trois articles perfoliés. Élytres souvent un peu tronquées et ne recouvrant pas toujours tout l'abdomen. Corps souvent en forme de bouclier et rebordé. Pattes assez courtes; tarses paraissant souvent de quatre articles, l'un des cinq étant très-petit.

Les petits insectes qui composent cette famille atteignent rarement la taille moyenne, et alors offrent une forme qui rappelle beaucoup les Silphes. Ils vivent sur les carcasses d'animaux, dans les Champignons, le bois pourri; les petites espèces fréquentent les fleurs pendant la belle saison et sont souvent en sociétés. Ils sont en général vordâtres ou jaunâtres; les espèces qui vivent des détritus ligneux sont noires ou brunes; enfin celles des débris animaux ont des taches de couleurs vives. Les larves, blanchâtres et aplaties, que l'on connaît pour quelques espèces, vivent dans les mêmes matières décomposées que les adultes.

GENRES PRINCIPAUX

Nous indiquerons d'abord deux gei:res d'un classement difficile : le genre Colubicus est reporté dans les Colydides par les auteurs les plus modernes et le genre Thjimatns dans la petite famille des Trogositides.

358 COLÉOPTÈREfi. — - SILPHIENS.

COI^OBICFiS, Latr. — Corps obloiig, ovale, déprimé.

Cinq espèces appartiennent à l'Asie équatoriale. L'espèce type est le C. emarginatiis, Latr. (pL xix, fig. 1), de France et d'Allemagne, se rencontrant aux environs de Paris, sous les écorces, mais très-rare, noir, avec rebord fauve.

THYMALUS, Duftchmidt. — Corps presque hémisphérique, plat en dessous, assez convexe en dessus. Corselet transverse, semi-circulaire à sa base, rebordé sur les côtés. Élytres entières, dilatées, fortement rebordées latéralement.

L'espèce type, et la seule connue en Europe, offre un des plus grands Nitidulides. C'est le T. limbatus, Fabr., d'Europe et d'Algérie, ressemblant, d'aspect, aux Cassides, vivant sous les écorces et dans les Bolets, surtout dans les montagnes; couvert pendant la vie d'une efflorescence blanche qui s'enlève très-facilement ; assez rare aux environs de Paris. — Pi. XIX, fig. 3, antenne; 3 a, labre; 3 b, mandibule; 3 c, mâchoire et palpe; 3c/, lèvre inférieure et palpe ; o e, tarse antérieur.— Une variété est propre à la Suède, une autre aux Alpes.

Nous figurons, en outre, même planche, fig. 2, une espèce très-voisine, de Pensylvanie et d'Amérique boréale : le T. fulgidus, Ërichson, ou en syn., T. marginicollis, Chevrolat.

Rllizos»ilAGliS>, Herbst. — Antennes de dix articles, les deux derniers en petite massue ovale. Tête dégagée du corselet. Corselet ne recouvrant pas la base des élytres, et celles-ci laissant une partie du pygidium à découvert. Tarses hétéromères chez les mâles, pentamères chez les femelles.

Les Uhizopliages sont de petite taille, noirs ou d'un brun ferrugineux; se trouvent exclusivement sous les écorces des arbres morts ou dans les fourmilières. Ce sont des insectes à corps oblong, subdéprimé, parallèle, glabre. L'espèce la plus commune en Europe est le /?. politus, Ilellw., ou R. depressus, Payk., de Suède, de France d'Allemagne. La larve, de petite taille, est allongée, un peu déprimée et d'un blanc sale; sa tète, armée de mandibules aiguës et à petites dents, porte des antennes de trois articles et trois stemmates de chaque côté. Son prothorax est corné, et les autres segments portent chacune une paire de crochets, grandissant d'avant en arrière, des tubercules sétigères, des épines dirigées en arrière. Le dessous offre de longs poils; le dernier segment porte un tube anal et deux paires de crochets recourbés en haut. L'intérêt que présente cette larve, c'est qu'elle ne se nourrit nullement de racines, comme le nom du genre l'indique, ni, ainsi que le croyait Ërichson, des écorces sous lesquelles on la trouve. M. E. Perris, dont les travaux ont donné à beaucoup de genres qui nous occupent leur signification harmonique, a rccoiuiu qu'elle est carnas-

NITIDULIDES, — IPS. 359

sière, et dévore surtout les larves funestes des Hylesinus pinipcrda et minor (Scolytiens). La nymphose a lieu, non dans les galeries de ces insectes lignivores, mais en terre.

I.e genre Rhizophacjus, à peu prùs du môme nombre d'cspùccs que les Ips, dont il est très-voisin, se rencontre en Europe, dans l'Amérique boréale et septentrionale, aux îles Canaries, aux îles Baléares^ à Ceylan.

IPS, Fabr. — Tète courte, en museau, engagée sous le corselet. Antennes de onze articles, les trois derniers eu brusque et forte massue ovale. Corselet subcarre, rebordé. Élytres, arrondies au sommet, laissant à découvert la pointe abdominale chez les mâles, se rapprochant au bout suturai chez les femelles. Tarses à crochets simples, de cinq articles dans les deux sexes, les trois premiers dilatés et velus en dessous, le quatrième très-petit.

Ce genre, probablement tout entier Carnivore, compte une trentaine d'espèces d'Europe, de diverses régions de l'Amérique, de Sibérie, du Kamtchatka. Les Ips sont de petite taille, de forme allongée, avec une coloration assez brillante. Leurs espèces vivent surtout dans les bois et sous les écorces ou au-dessus. La forme de leur corps varie : il en est de larges, oblongo-ovales, peu convexes : ainsiV I. quadriguttufus, Fabr., de toute l'Europe, avec une variété decemguttatus , Uliv. Son nom provient de ce que, d'un noir brillant, il offre une tacbe blanche bilobée au milieu delà base des élytres, et une autre, double de celleci, un peu au delà du milieu. Nous figurons les détails d'une espèce toute voisine, 1'/. quadripimctatus, Herbrt, du nord-ouest de TEurope (pi. XIX, tig. 5, antenne; 5a, labre ; 56, mandibule ; 5c, mûchnire et palpe ; 5d, lèvre inférieure et palpes labiaux; 5p, tarse antérieur). Il en est d'autres allongés, un peu déprimés, à bords parallèles. A cette forme se rattache une espèce exotique, /. fasciatus, Oliv., de la Géorgie américaine et de la Caroline (pi. xix, fig. h), noire, à élytres d'un jaune rougeâlre, avec une bande noire, l'extrémité noire et un point noir à l'angle de la base, les antennes noires, en massue. Enfin il y a des Ips cylindriques faisant passage aux Rhizophagus : tel est Vl.ferrugineus, L., de Suède, des îles Britanniques, de France, d'Allemagne et d'Algérie, de couleur roux terne, avec duvet court. Cette espèce nous explique l'intérêt du genre, car M. E. Perris a reconnu que sa larve, privée d'ocelles et parsemée en dessus de poils sans ordre, vit dans les galeries que les larves des Hylesinus ligniperda, Hylastcs ater et Ilylohius Abietis ont creusées dans les Pins renversés sur le sol. Elle est carnassière d'insectes dévastateurs, et par suite utile; sa nymphose a lieu dans les galeries où elle a vécu.

Il est probable que le genre Carpophilus, Stephens, comptant près de cent espèces de tous pays, oiVre des mœurs analogues à celles des deux genres précédents, car une de ses espèces européennes typiques, le C. sexpustulalus, Fabr., d'un brun noir, avec chaque élytre à trois

350 COLÉOPTÈRES. — SILPniENS.

taches rousses, a été trouvé sous les écorces du Pin maritime, dévorant les larves et nymphes des Tomicus villosus, bicolor et monographus. On le trouve aussi sous les écorces de Chêne.

CRYPTARCIIj%, Scliuckard. — Corps ovalaire, convexe. Antennes de onze articles, avec massue terminale de trois arlicles peu serrés, subùvalaire, comprimée. Élylres recouvrant tout l'abdomen.

Une vingtaine d'espèces constituent ce genre. On en rencontre dans l'Amérique boréale, au Mexique, au Brésil, au Chili, à Ceylan, au Vieux-Calabar. L'Europe ne compte qu'un petit nombre d'espèces de Cryptarcha, vivant dans les plaies des arbres, surtout des Chênes.

Les types sont le C. strigata, Fabr., de toute l'Europe, et le C. imperialis, Fabr., des îles Britanniques, de Suède, de France, d'Allemagne et du sud de la Russie.— Les détails de celte seconde espèce sont dessinés pi. XIX : fig. 7, antenne: 7a, chaperon et labre; 7 6, mandibules; 7c, mâchoire et palpe ; 7 r/, lèvre inférieure et palpes ; 7 e, tarse antérieur; 7 f, tarse postérieur. — En Angleterre, cette espèce ofTre la variété dite nebulosa, Marsh.

]VITIDUI..%, Fabr. — Corps légèrement aplati ou déprinn!', médiocrement allongé ou oblong. Antennes avec massue ovale et abrupte de trois arlicles. Élytres larges, ovales, peu convexes ; pattes courtes.

Les Xitidules sont de petits insectes d'habitat varié, et dont les espèces, nombreuses pour les anciens auteurs, sont réparties par les modernes dans des genres divers. Les larves, connues dans deux espèces seulement, ressemblent en petit à celles des Silphes, leurs anneaux ayant sur les bords des prolongements en arrière courbes et tranchants; elles s'enfoncent en terre pour devenir nymphes. Nous citerons le N. bipustulata, Linn., noir, avec point rouge au milieu de chaque élytre, se trouvant dans les charognes abandonnées dans les terrains secs et sablonneux. C'est le Dermeste îi° 3, à deux points rouges, de Geoffroy. A côté de cette espèce type, du genvc JSitidula restreint, se placent, parmi les espèces les plus répandues, le A'^. colon, Linn. (genre Omosiia, Erichs.), noir, avec des élytres tachetées de rouille; \e Dermeste panaché n" 13, de Geolfroy, vivant dans les ulcères des vieux arbres et dans les liquides qui en coulent ; le N. œnea (genre Meiigethes, Steph.), noir, avec les élylres ayant un reflet métallique cuivreux très-bronzé, les antennes et les pattes noires. Cette espèce est extrêmement commune en Europe et en Algérie; on peut, aux environs de Paris, la récolter par milliers, en passant un tilet de toile sur les fleurs, où elle vit des pollens, principalement sur l'Aubépine et diverses Rosacées. Aussi Geolfroy la nomme le petit ScarafceeJes/Iflurs. Nous représentons pi. xix, fig. 6, une espèce exotique à reflets ferrugineux, le N. peruviana, décrit pour la

MTinULIDES. — CERCUS. BYTCIRUS. 361

première ibis par M. Guérin-Méneville {fcon., texte, p. 63), qui l'avait reçu de Callao de Lima, au Pérou, et pi. xix, fig. 10, une espèce commune en Kurope, à élytres agréablement tachées de jaune vif, liî N. flavomaculata, Hossi, (ju flexuusa, Fabr.

Les Nitidula proprement dits comptent une trentaine d'espèces de tous pays, sauf l'Afrique centrale et l'Australie; elles vivent surtout dans les vieux os et les cuirs.

Les Meligethes sont bien plus nombreux. Ce genre, démembré des anciens A7</du/a de Fabricus, renferme plus de cent espèces de petite faille, vivant en familles sur les fleurs. 11 en est qui sont propres à diverses régions de l'Allemagne, de la Suède, de la Suisse, d'autres spéciales à la France centrale ou méridionale (Brisout de Barneville, Catalogue Grenier, 1863), d'autres d'Espagne et d'Algérie. On en trouve aussi dans l'Amérique du Nord, et des espèces disséminées existent à Madère, au\ Canaries, au Cap, en Perse, à Ceylan. On n'en signale pas des régions chaudes de l'Afrique et de l'Amérique, ni d'Australie. Les Meliijethes ont les élytres plus allongées que chez les vrais Nitidula et recouvrant presque complètement l'abdomen.

CERCl'jSi, Latr. — Corps subovalaire, médiocrement ou assez convexe. Élytres courtes, laissant notablement à découvert l'extrémité de l'abdomen.

Ce genre od're peu d'espèces de petite faille, vivant sur les fleurs. Les espèces sont d'Europe, d'Algérie, d'Amérique boréale, de Sibérie. Nous ne citerons que les espèces communes en Europe. On doit chercher, surtout sur les fleurs de Spirœa, le C. pedicularius, Linn., commun près de Paris (pi. xix, fig. 8 : Sa, antenne du mâle; 8 6, de la femelle;; sur les fleurs de Sureau, le C. Sa/u6uci", Erichs., d'un fauve clair comme le précédent; sur celles des Butomes ou Joncs fleuris, le C. ru/îlabris, Latr., d'un brun foncé ou rougeâlre. Ces espèces ne dépassent pas 2 millimètres de long.

BR.tCllYPTlcnr^, Kugel. — Genre très-voisin par les caractères ; à élytres encore plus courtes, laissant les derniers segments de l'abdomen largement découverts, au point de rappeler les Staphylins.

Ces Nitidulides, de petite taille, vivent également sur les fleurs : ainsi Br. Urticœ, Fabr,, d'Europe et d'Algérie, surtout sur les Orties; Br. yravidus, Illig., d'Europe, sur les Galium,lcs Spirœa, etc. Les trente espèces de ce genre sont principalement propres à l'Europe; on en trouve aussi dans les îles Canaries, à Madère, dans l'Amérique septentrionale (Orégon, Californie), ea Cafrerie, en Australie méridionale (Sydney).

BYTURrSi, Latr Corps oblong, convexe.

Deux espèces de ce genre sont d'Amérique boréale ; les deux autres se trouvent dans toute l'Europe et le Caucase. Elles vivent ordinairement

362 COLÉOPTÈRES. — TRICHOPTÉRYGIENS.

sur les fleurs, remarquables toutes deux parlapubescencefineetcouchée qui les recouvre : ce sont B. Sambuci, Scop., ou fumatiis, Fabr., et B. lomentosus, Fabr. (pi. xix, fig. 9), jaunAtre, avec des pattes d'un fauve clair. D'après MM. Kirby et Spence, la larve de cette dernière espèce vit dans les framboises, et cause en Angleterre de grands dégâts dans les plantations de Framboisiers. On cherchera donc cette espèce sur les fleurs de Framboisiers.

Le genre Byturus n'est pas maintenu par la plupart des auteurs les plus récents dans la famille des Nitidulides. Schaum et Jacquelin du Val le rangent dans une famille spéciale, celle des Telmatophilides, voisine des Cryptopliagiens, des Cucujides, etc. MM. Redtenbacher, Erichson, Lacordaire, deMarseul, le mettent dans la tribu des Dermestiens, ainsi que le catalogue de MM. Gemrainger et de Harold.

Tribu des TRlCfilOPTÉRYGIEi^S.

Les Silphiens nous ont offert des genres de très-petite taille : ainsi les Meligethes et Cercus, dans les Nitidulides ; chez les Silphides, les Adelops, Choleva, Catopomorphus, et autres genres de taille peut-être encore moindre, comme les Apathidium, les Clambus, dont une espèce porte les épithètcs d'<ttomarius, Sturm, de pimctuîum, Gyll., une autre de minutus, Sturm. Nous sommes amené ainsi à la tribu des Trichoptérygiens. Elle renferme les plus petits Coléoptères connus, dont la taille ne dépasse guère le millimètre et souvent ne l'atteint pas. On comprend que l'étude des organes buccaux d'êtres aussi minimes est fort difficile, aussi les diverses figures que les auteurs en donnent ne sont pas trèscertaines. Ces insectes vivent dans les fumiers, les détritus, sous les feuilles mortes et les ratissures, les toits de chaume, les excréments secs et en terreau séchés au soleil ; certains uniquement dans les vieilles écorces ou môme dans les fourmilières.

Labre assez grand ; mâchoires à deu\ lobes, l'externe articulé et extensible; menton corné, quadrangle. Palpes maxillaires de quatre à cinq articles, labiaux de trois. Antennes de onze articles, longues, capillaires, avec leurs trois derniers articles un peu épaissis en massue. Élytres tantôt entières et recouvrant tout l'abdomen, tantôt tronquées et en laissant l'extrémité plus ou moins découverte. Ailes étroites, formées d'une tige grêle, d'une longue palette munie sur les bords de longs cils ; ces ailes sont parfois rudimentaires ou même nulles. Tarses de trois articles, les deux premiers courts, le troisième long, offrant entre les crochets une soie terminale renflée au bout.

Ces insectes doivent leur nom à leurs curieuses ailes filiformes. La plupart des espèces se réunissent en sociétés plus ou moins nombreuses, Formant presque des poussières animées, si l'on pense à la taille exiguë de ces microscopiques peuplades. Elles sont très-agiles et ont des mou-

TRÎCTIOPTERYX, PTILTUM. 363

vements brusques et saccadés. Les Trichoptérygiens qui sont pourvus d'ailes volent bien. Il est probable qu'ils ont le même régime que leurs larves, sont carnassiers par occasion, et se nourrissent surtout d'excréments déposés dans les végétaux par les insectes phytophages, et peutêtre des Mucédinées azotées qui se développent en abondance dans les végétaux pourris.

Les larves de ces petits êtres se ressemblent beaucoup dans les divers genres dont ils se composent. Elles ont au thorax des pattes longues et formées de quatre articles, neuf segments abdominaux, le dernier plus long et plus étroit, portant à ses angles deux appendices tubiformes divergents, terminés .par trois longs poils et prolongés par un grand mamelon pseudopode, inférieurcment tronqué et muni de quatre petites soies. Les segments ont des soies devant concourir à la progression.

TRICIIOPTKni'X, Kirby. — Corps court, subcarré; élytres recouvrant presque tout l'abdomeu; écusson très-grand.

Toutes les espèces de ce genre sont ailées et vivent dans les fumiers et détritus végétaux. Ivx. : T. fascicularis, Herbst, de toute l'Europe (pi. XVI, fig. 17 : 17 a, tête vue en dessous; 17 h, antenne; 17 c, aile étendue; 17 d, patte postérieure avec tarse trimére).

M. E. Perris a fait connaître la larve du T. intermedia, Gill., espèce qui n'est qu'une variété de la précédente. Elle est longue de 1 millimètre 2/3; il l'a vue saisissant à la course.de petites Podurelles, et les emportant dans ses mandibules. Elle est très-délicate, fuit la lumière et meurt rapidement si ou la retire des lieux où elle est destinée à vivre. On la rencontre dans les détritus de végétaux qui commencent à fermenter. La nymphe, d'un peu moins de 3//i de millimètre, est d'abord blanchâtre, puis légèrement roussûtre, et présente toutes les parties de l'insecte parfait, disposées comme à l'ordinaire. Elle olfrc des soies blanches et membraneuses, et la peau de la larve reste ramassée et chiffonnée autour de son dernier segment. L'adulte éclôt après cinq ou six jours de nymphose.

Une soixantaine d'espèces d'Europe, des îles Canaries, de Madère, de l'Amérique boréale et des États-Unis, du Chili et de Ceylan, composent le genre minuscule dont nous venons de parler.

PTII.IU.U, GyllenliaL — Écusson très-petit; élytres ne dépassant guère le milieu

de l'abdomen.

Dans ce genre sont des espèces ailées et oculées, vivant dans les fumiers et détritus végétaux, et quelques-unes parmi les Fourmis. Jacquelin du Val dit qu'on en prend abondamment plusieurs au vol, autour des fumiers, vers la tin du jour. D'autres espèces, aveugles et

Sfi/i COLÉOPTÈRES. ~ CP.YPTOPHAGU'XS.

aptères, habitent spécialement sous les vieilles écorces, au milieu des détritus qui s'y trouvent, notamment quand il y a des Fourmis.

On doit citer, parmi ces dernières, le P. apterum, Guér.-M., ou pallidiim, Dej., long de 1/2 millimètre, rare, mais existant aux environs de Paris. Ses larves, atteignant 1 millimètre de longueur, ont été trouvées par M. E. Perris, avec des nymphes et des adultes, sous l'écorce de gros Pins morts, dans les galeries d'un insecte lignivore, leCnjpturgus piisillus, Gyll. Elles doivent vivre des larves de ce Crypturgus ou de leurs excréments, et peut-être aussi de très-petits Podures et Acares.

Les espèces de ce genre sont d'Europe et d'Amérique septentrionale, et celles du genre Plenidium, Erichs., qui termine la. tribu, d'Europe, d'Algérie, des États-Unis et du Bengale.

Tribu des CRIPTOPHAGIEîws.

La plupart des auteurs ont admis à former un groupe spécial un certain nombre de genres fondés sur des Coléoptères de petite taille, ne dépassant pas quelques millimètres, très-nombreux en espèces, vivant avec leurs larves dans les végétaux en décomposition, les Champignons, ainsi les Lycoperdons; se rencontrant aussi dans les endroits obscurs, caves et celliers, et plus rarement enfin sur les fleurs. Ils présentent des antennes de onze articles, terminées généralement par une massue de trois ; des mâchoires à deux lobes avec palpes de quatre articles, les palpes labiaux en ayant trois; des élytres recouvrant en entier l'abdamen; des tarses de cinq articles dans les deux sexes ou hétéromères chez les mâles. Le corps est en général oblong ou allongé, le plus ordinairement plus ou moins convexe.

M. E. Rlanchard n'a pas séparé ces insectes, dont il laisse les genres parmi les Érotylides, de la tribu des Érotyliens.

GENRES PRINCIPAUX

CRVPTOPHAGl'S, Herbst. — Antennes à trois derniers articles formant une massue tranchée. Corselet finement crénelé sur les côtés, denté antérieurement. Tarses tous de cinq articles chez les femelles, de quatre articles postérieurement chez les mâles.

Espèces de petite taille, de couleur uniforme, ferrugineuse, fauve ou brune, vivant dans les lieux obscurs des maisons et dans divers Cryptogames et détritus végétaux. On compte plus de 80 espèces de ces petits Coléoptères, principalement dans les diverses régions de l'Europe. On en cite aussi d'Algérie, de Madère, des Canaries, de l'Amérique russe, de Californie, du Japon et de la Nouvelle-Zélande. Les vrais Cryptophages se reconnaissent à une dent plus ou moins saillante, placée aux angles antérieurs du corselet. Leurs habitudes sont assez variées,

ATOMARIA. i'yi)')

cependant ils se trouvent pour la plupart dans les moisissures et détritus. Le jaune pâle domine dans la coloration de cette famille, lis ont souvent des rangées de poils.

Le C. ccllans, Scopoli, de 2 millimétrés de long à 2"'", 5, d'un rouv obscur, est très-commun dans les caves un peu humides, et sa larve vit dans les végétations cryptogamiques qui se développent sur les tonneaux. Le C. dcntalus, Herbst, se trouve dans les toitures de chaume; le (\ Lycoperdi, Herbst, dans les Lycoperdons ; il est long de 3 millimétrés et d'un roussâtre foncé 5 le C. acutangidus, Gyll., dans les maisons, les magasins et les vieux arbres : sa coloration est d'un roux clair ; il a 3 millimétrés. Certains Cryptophagus habitent les fourmilières: ainsi les C. saginatus, Slurm., et bicolor, Sturm. Citons enfin le C.Populi, Payk. , de Suéde, de France, d'Allemagne et de Suisse. — PI. XIX, fig. 12, antenne grossie; 12a, labre; 12 6, mandibule; 12c, mâchoire et palpe ; 12 d, lèvre inférieure ; 12 t', tarse antérieur.

.%TO.fiAni.%, Slcphcns. — Caractères voisins de ceux du genre précédent. Antennes très-ra[)proi liées à la base. Corselet dépourvu d'épines latérales ; tous les tarses de cinq articles.

Taille extrêmement petite, comme l'indique le nom du genre. Habitat dans des matières végétales décomposées. Les larves de plusieurs Atomaria pullulent dans les fumiers. Ex. : A. nigripennis, Payk., de la Grande-Bretagne et de presque toute l'Europe (pi. xix, fig. 11). L'J. fcrruginea., Sablb., vit dans les fourmilières. L'.-l. mesomelas, Herbst, de 1™"',5, brun brillant, avec le bout des élytres jaune, est commun dans les caves, sur les bouchons et les tonneaux moisis, avec le Cryptophagus cellaris. Enfin, l'yl. linearta, Stephens, est signalé comme dévor.int parfois les feuilles des Betteraves dans nos départements du Nord et leur étant nuisible. Ce petit Coléoptère se cache dans le sol et ronge les germes au moment où ils sortent de la graine; on le trouve en grand nombre en soulevant les mottes de terre, et souvent plusieurs autour d'une même graine. Quand leur éclosion précède la levée des Betteraves, la récolte est entièrement compromise ; si ces insectes ne paraissent qu'après, les dommages sont moins grands. Les racines sont creusées de petits trous et minées en partie, et souvent en même temps les feuilles sont rongées par des groupes ù'Atomaria, au point qu'en quelques lieures la jeune lîelterave est privée de feuilles. En 185/(, dans le nord de la France, on fut obligé de ressemer pour celte cause plus de 2000 hectares de Betteraves. L'yl. linearis se montre ordinairement en mai et en juin, plus rarement en juillet et aoùl. Les Betteraves échappent souvent à la mort, si la terre est humide, compacte, et la végétation active.

Les Atomaria ont à peu près autant d'espèces que les Cryptupixtgus, et à peu près des mêmes régions. 11 y a un certain nombre d'espèces

366 COLÉOPTÈRES.— COLYDIENS.

anlarcliqucs, d'Europe boréale, de Laponie, de Sibérie, du Kamtchatka.

Il existe encore dans cette tribu des Cryptophagiens quelques types qui méritent une mention. Ainsi VEmphijlus, Erichson, glaber, Gill., à corps glabre, de couleur ferrugineuse, vit dans les fourmilières et dans les nids de Bourdons. Les A7itherophagus, Latr., se trouvent à l'état parfait sur les fleurs, et vivent en larves dans les nids des Bourdons et des Abeilles maçonnes : il semble que les fleurs leur servent d'embuscade pour guetter le moment où l'un de ces Hyménoptères vient s'y poser; alorsl'Anthérophage s'accroche à ses tarses, s'y cramponne malgré la colère de son porteur involontaire, et se fait ainsi enlever par le maître de la maison, qui introduit lui-même l'ennemi dans la place. Le Paramecosoma, Curtis, Abietis, Payk., pond ses œufs sous les toiles volumineuses que les chenilles processionnaires du Bombyx du Pin {B. pityocampa, Fabr.) fdenl en commun en automne pour leur servir d'abri pendant la mauvaise saison ; les larves de ce Cryptophagien se développent au milieu de ces chenilles, dont elles dévorent les excréments et peut-être aussi les dépouilles. C'est surtout dans les nids de ces processionnaires qu'on trouve les adultes femelles, et l'on récolte surtout les mules, en mars et avril, sur les fleurs de l'Ajonc.

Tribu des COLYIHEXS.

Afin de rester fidèle au but principal qu'on doit se proposer dans un ouvrage élémentaire, la simplificalion dans les délails, nous réunissons sous le nom de Colydiens, dérivé du genre Colydium, présentant une sorte de moyenne des caractères, une série assez disparate d'espèces de Coléoptères, de Irès-pelite taille pour la plupart. Les plus nombreux sont compris dans la tribu des Krotyliens de M. E. Blanchard, et certains, qui vivent de Champignons, figurent en têle de sa tribu des Dermestiens. Lacordaire, suivant l'exemple d'Erichson, et obligé, par la nalure de son ouvrage, à une grande rigueur entomologique, s'est tiré de la difficulté en établissant un grand nombre de petites familles, les caractères généraux lui manquant. Le peu d'importance de ces insectes sous le rapport de l'entomologie appliquée justifie notre procédé.

Un certain nombre de ces insccles (types Synchita, Trogosita, etc.) étaient compris, fort à tort, dans les Xylophages de Latreille. On peut dire que tous se rencontrent sous les écorces, et certains aussi dans des Champignons, en général secs, ou dans les substances desséchées d'origine végétale. Le régime des larves et des adultes est reconnu carnassier pour presque tous, au moins d'une manière certaine; ils se nourrissent de larves lignivores ou de leurs détritus azotés : c'est là un caractère général, et qui n'est pas sans valeur au point de vue synthétique.

MOx\OTOMA. o67

La place harmonique de cette tribu est, après les Dermestiens, à lu fin des Coléoptères zoophages; les Ips, que nous avons rangés parmi les Xitidules, se lient en outre incontestablement aux Colydiens. Peutêtre doit-on les faire suivre immédiatement des Érotyliens, Cucujien-, Coccinelliens, les ("dirysoméliens terminant au contraire à l'opposé les Coléoptères phytophages, après les Cérambyciens. L'étude, à peine ébauchée, des mœurs et du régime des Érotyliens et Cucujiens, éclaircira beaucoup cette question.

On comprend que nous ne puissions presque pas formuler de caractères généraux. Les antennes ont le plus souvent, et au maximum, onze articles, et se terminent par une petite massue.

L'abdomen est toujours formé de cinq segments ; les tarses présentent toutes les variations pour les nombres de leurs articles. Les larves sont le plus souvent oculées, parfois aveugles, toujours douées d'un certain aplatissement pour se glisser dans les moindres interstices, toutes agiles et munies de six pattes thoraciques à un seul crochet ; enfin foutes armées de fortes mandibules et couvertes de poils longs, constitution qui indique un régime carnassier, et surtout une nourriture formée de substances azotées sèches, comme les larves très-poilues des Dermestiens.

Les variations des caractères étant très-grandes, nous n'attachons aucune valeur sériale aux genres dont l'examen va suivre.

Le genre par lequel nous commençons cette tribu forme le type d'une petite famille de place fort discutée, que Jacquelin du \a\ range dans les Cucujiens. La difficulté de bien compter les articles des tarses dans les très-petits insectes a beaucoup contribué à l'hésitation sur la position à assigner au genre Monotoma. Aube admet U articles partout, Krichson 3, M. Redtenbacher U aux tarses antérieurs et intermédiaires, 3 aux postérieurs. Enfin Jacquelin du Val, par une observation trèsattentive sur plusieurs espèces, s'est assuré qu'ils ont partout 5 articles, le premier très-court et presque en entier caché dans la jambe, ces tarses étant construits sur le plan des Cucujes, les quatre premiers arliclescourts, le cinquième très-long et portant deux crochets simples. La méthode tarsale, bonne au point de vue des affinités générales, perd toute valeur pour les groupes plus ou moins aberrants, types en quelque sorte de créations inachevées.

.YIO\OTO^i%, Uerbst. — Antennes médiocres, de dix articles, le dernier en bouton ovalaire et globuleux, ou massue bien distincte. Tète à col courl bien déga géc du corselet. Corselet allongé, subparallèle ou graduellement rétréci en avant, dcnticulé sur les cùlés. Élytres allongées, tronquées au bout, laissant le pygidium à découvert. Pattes médiocres.

Les petits insectes de ce genre, d'une couleur fauve foncée, ont une forme allongée et oblonguc, rappelant les Sylvanus dans les Cucujiens;

368 COLÈOPIËRES.— COI-YDIENS.

ils sont glabres et ailés, à téguments rugueux. Ils vivent dans les écorces, dans le fumier décomposé, les bouses à demi desséchées, et aussi certains dans les fourmilit'rcs. D'après Aube {Essai sur le genre Monotoma, Ann. soc. enlom. de France, 1''^ série, VI, 653), ils se nourriraient de détritus végétaux, préférant toutefois ceux qui contiennent des matières animalisées. Il est très-probable qu'ils mangent des débris animaux. Nous figurons le M. angusticollis, GylL, syn. conicicollis, Chevr. (pi. xx, fig. 2; 2a, corselet Irès-grossi), ayant environ 8 millimètres de longueur, qu'on trouve près de Paris dans les nids du Formica rufa. C'est une espèce de France, d'Allemagne, de la Russie méridionale et de Suède. On la rencontre au printemps et surtout en automne. Nous figurons pi. xx, fig. '2 6, le corselet très-grossi du mâle de cetle même espèce, qu'on avait regardé comme d'une espèce séparée. Signalons enfin, de l'Kurope centrale, le M. longicoUis Gyll., rare, du nord de l'Europe, trouvé accidentellement à Paris, par Aube, sur une bûche, dans un chantier, et le M. picipes, Herbst, de 2 millimètres de long, assez commun sous les écorces humides^ et quelquefois aussi, mais rarement, dans le fumier des écuries et des couches à Melons.

Les auteurs les plus modernes rangent le genre Monotoma dans la petite famille des Latridides. Il présente une trentaine d'espèces d'Europe, des diverses régions de l'Amérique septentrionale, du Caucase, de l'Asie occidentale, de Sibérie, de Ceylan, des Canaries et de Madère.

Les deux genres qui suivent ont pour caractères communs d'avoir le premier des cinq segments de l'abdomen, en dessous, notablement plus long que les autres, et des tarses de trois articles dans les deux sexes, le pénultième entier. Ils font partie des Trimôres de Latreille, des Oligomérés ou Paucitarses de C. Duméril, véritables groupes de résidu où entrent les insectes les plus disparates, les Coccinelles et les Ijidomyques, à côté des Psélaphiens et des Clavigères. Ce sont les types des Latridides.

DASI'CERUS, r.rongniart. — Antennes longues, capillaires, de onze articles, les deux premiers globuleux et les derniers renflés en très-longues massues, tous hérissés de longs poils fins en verticilles. Corselet transversal, aminci et dilaté angulairement sur les côlés. Éiylres ovales, courtes, convexes. Pattes grèlos.

Le type de ce genre, si curieux par les antennes, est un petit insecte de forme courte etconvexe, privé d'ailes, de 2 millimètres de longueur, d'un brun rougeûlre, à téguments solides et rugueux, avec deux carènes sur le corselet et quatre côtes tranchantes sur chaque élytrc. C'est le D. sulcatus, Brongn., de diverses parties de la France et de l'Allemagne, très-rare, découvert primitivement par Brongniart aux environs de Paris, vivant dans les bois, sous lu mousse du pied des arbres,

LATRIDIUS, 369

et parfois dans les Holels.— Ilest représenté pi. xx, tig. 8; 8 a, antenne, — Deux autres espèces, l'une du Caucase, l'autre de Sardaigne.

l'ATRIDIl'S, Heibsl. — Antennes de onze articles, le premier globuleux le second ovalaire, les trois derniers en massue allongée, les autres cylindriques. Palpes réduits ; lobe externe des mâchoires arqué et pointu au bout. Corselet plus étroit que les élytres, celles-ci oblongues-ovales.

Ce genre comprend de nombreuses petites espèces, près d'une centaine, à corps oblong, assez convexe, en général glabre et ailé. Elles se rencontrent dans les substances végétales décomposées, les vieux (baumes des toitures, sous les écorces et sous les mousses, dans les petits Cryptogames, sur le feuillage, les murs, dans les maisons, etc. L'espèce la plus commune est le L. minutus, Linn., de toute l'Europe du bassin méditerranéen, dont M. K. Perris a fait connaître la larve trouvée dans le chaume d'un toit. Elle est petite, allongée, atténuée à l'extrémité, couverte de longs poils fins, avec cinq ocelles, des antennes de quatre articles, les segments thoraciques plus grands que ceux de l'abdomen, et le dernier de ceux-ci prolongé en un mamelon anal servant ;'i la progression. l'ourla nymphose, elle se fixe par ce prolongement anal, et sa dépouille reste adhérente à l'extrémité de la nymphe. Celleci est remarquable par ses longs poils terminés en bouton et disposés en groupes symétriques, antérieurement et latéralement. — Nous repré^ sentons le L. exilis, Mannerh., ou liUiputanus, Motsch. (pi. xx, fig. 9;, à tête et corselet fauves et élytres noires, de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Algérie, et les détails du L. elongatus, Curtis, d'Angleterre, de France et d'Allemagne (pi. xs, tig. 10, antenne: 10a, labre; 10 6, mandibule; 10 c, mâchoire ; 10(/, Icxre inférieure).

Les diverses régions de l'Europe, y compris la I.aponie et les hautes montagnes, renferment le plus grand nombre d'espèces de Lairidius. D'autre? sont disséminées sur les points du globe les plus variés : Madère, l'Egypte, l'Anatulie, la Perse, le Caucase, la Sibérie, le Kamtcliatlia, le .Japon, les Indes orientales, Ceylan et le Cap, r.\mérique russe, la Pensylvanie et l'Illinois, la Californie et le lîrésil, enfin la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et la Nou\elle-Calédonie.

Le genre voisin Cortiniria, !\larsbam, dont le nom indique la \ie sous les écorces, comprend encore une plus grande quantité d'espèces de tous pays, sauf l'Australie.

Les genres suivants, qu'on peut appeler des Coliidicris propres, ont certains caractères communs : palpes et mandibules très-courts; pattes courtes, îi tarses de quatre articles, simples ainsi que leurs crochets.

370 COLÉOPTÈRES.— COLYDIliNS.

C01.YDIIJIII, Fabr., et AliLO^'IVll, Erichs. ~ Genres très-voisins.— Antennes de onze articles, les trois derniers en massue perfoliée. Corselet très-long, subcylindrique et un peu déprimé, rebordé sur les côtés. Élytres très-allongées et parallèles, sillonnées et ponctuées. Pattes courtes.

Coléoptères attirent Fatlention au premier aspect, et ce qu'indiquent les noms spécifiques, par leur corps très-allongé;, parallèle, subcylindrique et glabre. A l'état adulte, ils habitent sous les écorces ou dans l'intérieur du bois en voie de décomposition; on peut aussi les trouver dans les Champignons, et rarement épigés.

11 est fâcheux que leurs espèces ne soient pas plus nombreuses, car ils rendent de véritables services à la sylviculture; leurs larves, en :>ffet, vivent dans les galeries du bois, aux dépens des larves funestes des Apatiens et des Scolydens, se nourrissant de leur chair et de leurs détritus. Leur corps est ajlongé, cylindrique, grêle, recouvert d'une peau fine ; elles ont des antennes de quatre articles et cinq stemmates de "haquecôté; les segments sont garnis en dessus'et en dessous de poils isolés et redressés; le dernier segment abdominal porte en dessus un écusson corné, muni de deuK pointes recourbées, et se termine par un court tube anal. La nymphe a, sur le thorax, une couronne de petites épines; à sa partie postérieure sont deux crochets recourbés en dehors, lui servant à se cramponner aux écorces pour faciliter la sortie de l'adulte. M. Rafzeburg avait publié à tort, comme nuisibles aux forets, les larves des C. elongatum, Fabr., de toute l'Europe et d'Algérie, surtout des Pins, et C. /informe, Fabr., de Suède, de France, d'Allemagne, principalement sur les Chênes. M. E. Perris a reconnu que la larve de la première espèce dévore les larves du Platypus cylindnis ; la larve de VA. sulcatum, Oliv., de France et d'Allemagne, se nourrit surtout des larves du Scohjtxis mnltistriatus, sous les écorces des Ormeaux, et celle de VA. bicolor, Herbst, des mî'mes pays, vit sous les écorces des Pins morts, aux dépens des larves du Tomicus Laricis, et d'autres Tomiques. Outre deux espèces d'Europe, dans chaque genre, on compte quelques espèces dans l'Amérique septentrionale, au Sénégal, aux îles Canaries et en Tasmanie.

DlODESM.^, Latr. — Antennes pubescentes, de onze articles, 1 et 2 un peu plus gros que les suivants, 10 et 11 renflés en massue. Corselet arrondi et denticulé sur les côtés. Éljtres ovales, à bords denliculés. Pattes courtes; tarses à trois premiers articles égaux.

Ce genre ne comprend qu'un petit insecte, rugueux et couvert de cils, de 2 millimètres de long, entièrement d'un brun fauve, se couvrant pendant la vie d'une efflorescence grisâtre, trouvé d'abord en Autriche et en Carinlhie, dans les sou(-hes de Hêtres, puis dans le reste de l'Allemagne, en France orientale, en Russie, en Grèce. C'est le D. subterranea, G.-Mén. et Erichson (pi. xx, fîg. Zi ; U a, antenne ; U b. jambe et tarse postérieurs).

BITOMA, PSAMMOECUS. ' 37i

BITOMA, Herbst, ou DiTOMA, Illig. — Menton carré, transversal; languette courte, un peu échancrce en avant; lobe interne des mâchoires petit, l'externe grand, arrondi, cilié. Dernier article des palpes des deux sortes grand et ovalaire ; mandibules bifides au sommet. Antennes de onze articles, les deux derniers en forte massue. Les trois premiers articles des tarses courts et égaux aux quatre pattes antérieures, décroissants aux postérieures.

Les Bitoines sont des (>olcoptôres de petite taille, à corps allongé, déprimé et glabre. On trouve communément dans toute l'Europe et l'Algérie une espèce qui, comme les autres du genre, vit exclusivement sous les écorces des arbres. On la prend aux environs de Paris. C'est le B. crenata, Herbst, avec quatre côles sur le corselet, et de plus fines sur les élylres, celles-ci ornées de taches fauves.— Nous donnons les détails de l'adulte pi. xx ; fig. 6, antenne ; 6 c, labre; 6 b, mandibule; 6 c, mâchoire et palpe; 6 d, lèvre inférieure et palpes; 6 e, jambe et tarse antérieurs.— La larve du B. crcnala possède les caractères essentiels des larves déjà décrites de la tribu ; elle vit sous les écorces des Pins maritimes et des Chênes, dans les galeries de divers Tomicus (Scolytiens), dont elle fait sa proie.

L'espèce précédente est la seule qni existe en Europe. Une vingtaine d'autres sont des plus disséminées aux îles du Cap-Vert, dans l'Amérique méridionale et boréale, les Antilles, la Californie, l'Egypte, Ceylan, la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie.

Nous représentons le B. undata, G.-Môa., de Cuba, pi. xx, fig. 5.

PS.tsilKECCS, Latr. . ou PsAMMŒcnus, Boudier. — Antennes de onze articles terminées en massue allongée et peu tranchée ; palpes maxillaires à dernier article très-fortement sécuriforme. Corselet plus étroit que les élylres, rétréci en arrière, très-finement rebordé sur les côtés. Tarses subpentamères, très-velus inférieurement, à troisième article bilobé en dessous et recevant dans son échancrure supérieure le quatrième, qui est petit. Corps oblong, peu convexe.

Ce genre est fondé sur le P. bipunciatus, Fabr. (pi. 1'^ des Chrysoméliens, fig. 5; 5û, tarse; 5 6, antenne; 5c, terminaison du palpe maxillaire). C'est un petit insecte de 3 millimèlrcs environ, fauve, avec clytres linéo-ponctuées, ayant chacune deux taches noires, une grande et une petite au bout, se rencontrant sur le bord des eaux, au pied des plantes et sur leurs tiges, notamment celles des Roseaux, la larve vivant, d'après Boudier, dans leurs racines* Nous avons encore affaire ici à un de ces genres incertœ sedis, fréquents dans les tribus qui nous occupent. Latreille, probablement par analogie supposée de régime avec les Chrysoméliens aquatiques, les rangeait, avec doute toutefois, dans cette tribu (ce qui explique sa place dans nos planches tirées d'un ouvrage ancien). M. Guérin-Méneville, dans son texte (p. 257), reconnaît, ce qui n'est pas certain, qu'il doit appartenir aux Xylophages. Enfin Jacquelin du Val le fait entrer dans une petite famille spéciale, les Telmatopliilides. comprenant des insectes voisins des Cucujiens (PsammcBchns), des

S72 COLÉOPTÈRES.— GOLYDIENS.

Melyris, des Dermestes, des Mycétophages. L'espèce type, P. btpunctatus, est de l'Europe tempérée, avec diverses variétés. Il y a encore deux autres espèces, une de l'île Maurice, l'autre de Ceylan.

SYWCniTA, Hellwig, et CICOXES, Curtis. — Genres très-voisins. — Antennes de dix articles, les deux premiers assez gros, les sept suivants se raccourcissant et grossissant peu à peu, le dixième en gros bouton globuleux. Lobe interne des mâchoires petit, l'externe plus large et plus long, tous deux ciliés. Palpes à dernier article ovoïde. Corselet subcarré, rebordé ; élytres allongées, parallèles. Pattes courtes^ à troisième article des tarses plus court que les deux premiers.

Les Synchites étaient regardés, à lorl, comme Xylophages très-probablement, parles anciens auteurs. Ce sont de petits insectes à corps linéaire, assez convexe, garni en dessus de cils courts; ils vivent sous les écorces, et sont restreints comme nombre d'espèces. Nous citerons le C. variega- «us, Hellw., ou Carpini, Curt., espèce des îles Britanniques, de France et d'Allemagne, existant aux environs de Paris, mais rare. Nous figurons une variété trouvée jadis par M. Guérin-Méneville à Saint-Cloud, en battant des fagots d'orme sur un drap. Longue de h millimètres, elle est d'un jaune de rouille et ondulée de bandes d'un brun noirâtre; d'autres fois c'est la disposition inverse qui se présente. — Cette varitté est figurée dans la planche où se trouvent les Scolytiens et les Paussiens, ce qui résulte de la place anciennement assignée à ce genre (tig. 16 : 46 a, antenne ; 16 6, labre ; 16 c, mâchoire et palpe; t6d, lèvre inférieure et palpes; 16 e, tarse antérieur; 16 f, tarse postérieur).— M. Guérin- Méneville a rencontré le type de Curtis au milieu du terreau produit par la décomposition des troncs de charmes dans les forêts de Fontainebleau et de Compiègne.

Pour terminer l'étude des Colydiens, nous examinerons deux genres de la petite famille des Trogositaires ou Trogositides. Ce sont des Coléoptères peu nombreux en espèces, celles-ci dispersées partout. Ils ont des antennes de onze articles, les trois derniers en massue lâche, comprimés. Le corselet est toujours plus ou moins distant de la base des élytres. et celles-ci recouvrent toujours complètement l'abdomen. Les pattes, médiocres ou courtes, ont, dans les deux sexes, des tarses de cinq articles, toujours simples, le premier très-petit. Les adultes ne se trouvent jamais sur les fleurs, mais sous les écorces ou dans les plaies humides des arbres, certains dans les maisons ou magasins, vivant au milieu de divers fruits secs, surtout de céréales, ce qui les a rendus à peu près cosmopolites. On peut conclure, de tous les faits déjà observés, qu'adultes et larves, ces insectes sont carnassiers.

TROClO«<lT-%, Oliv. — Lobe externe des mâchoires allongé, cilié, l'interne à peine distinct; mandibules bidentées au bout. Dernier article des palpes subovalaire ; massue des antennes perfoliée. Tête subcarrée. Corselet rétréci en arrière; élytres allongées, parallèles

TROGOSITA, TEMNOCHILA. 373

Ces insectes ont le corps long et assez large, déprimé el presque plan en dessus. Tous sont de taille moyenne ou un peu au-dessous, noirs ou brunâlres. Le type est le T. înauritanica, Linn., commun en Europe, en Algérie, dans le Caucase, et qu'on rencontre réellement partout, car il a été transporté par le ccmimcrce. Sa larve est oblongue-ovale, déprimée, garnie de longs poils dressés et peu serrés sur les côtés, d'un blanc sale, avec la tête, la plaque cornée du prothora.v et le bouclier du dernier segment abdominal d'un noir brunAtre. Cette larve, parvenue à toute sa taille à la fin de février, a alors 15 millimètres de long sur 2 millimètres de large. Elle est aveugle, munie d'antennes de deux articles, de matidibules frùs-robusies, saillantes, à pointe très-aiguë. Les segments du mésoUunav et du métathorax ont chacun deux plaques cornées d'un brun clair; le bouclier du dernier segment de l'abdomen sepro longe postérieurementcndeuxpoinles robustes, et un tube anal termine ce segment. Celte larve, rare dans le Xord, est commiuie dans le midi de la France dans les tas de blé. A la fin de l'hiver, elle les quitte et subit sa nymphose dans les troncs et fentes des greniers, la poussière ou la terre. .Sous le nom de CaJelle, on la regarde, dans le midi de la France, comme très-nuisible, perforant les grains de blé pour aller de l'un à l'autre, et eu gâtant ainsi plus qu'elle n'en consomme. II est certain, comme le disait déjà Olivier, qu'ainsi que l'adulte, elle mange les larves de Calandre (Coléoptères), de Teigne, d'Alucite (Microlépidoplères), et que les grains de blé qu'elle perfore sont ceux habités par la larve du Charançon : c'est en réalité un très-utile insecte.

Le r. manritanica est l'insecte que Ceolfroy nommait la Chevrette brune. C'est une espèce de toute l'Europe, avec diverses variétés de région, et aussi d'Asie et d'Amérique.

Nous représentons une espèce analogue des liules orientales, le T. crenicollis, (iuérin-.Méneville, pi. xx, fîg. ï'2 : 1-2 a, partie antérieure de la tète vue rn dessus; 12 6, bouche en dessous; 12 c, mâchoire et palpe; 12 </, antenne. — Les Trogosites comptent lia espèces, surtout américaines, quelques-unes de Ceylan et des Indes, une de Tahiti, une de Madère, une de la iNouvelle-Zélande.

TKIW.'%0€lIll-.%, WesUv., Erichs. — Mandibules Irrs-robuslcs, assez saillantes, bidentées au bout; massue des antennes lâche, obtusénient dentée. Élytres allongées, parallèles, arrondies au bout.

Ce genre comprend des espèces de grande et de moyenne taille, souvent ornées de belles couleurs métalliques. On trouve, dans le midi de l'Europt! et en Algérie, le T. cwrulca, Oliv. (pi. xx, fig. 1), bel insecte d'un bleu verdâtre, parfois violet, légèrement convexe. L'adulte vil sous les écorces et se rencontre aussi dans l'intérieur des maisons, comme le Trogosita mauritanica. Olivier dit l'avoir pris souvent dans le vieux pain. La larve est plus linéaire que celle de laTrogosite; elle a des mandibule

ZIU COLÉOPTÈRES. — CUCUJIENS.

très-dentées, des antennes de quatre articles et deux ocelles de chaque côté. Elle réside sous les écorces, surtout des Pins, et détruit beaucoup de larves lignivores de Scolytiens, de Longicornes et de Buprestiens. En Italie est une variété T. virescens, Rossi. Le genre Temnochila compte une vingtaine d'espèces, la plupart de l'Amérique chaude.

Les Trogosilaires sont encore un 'de ces groupes aberrants, difficiles à placer. Jacquelin du Val les met dans une famille dite des Pellides, détachée desNilidulides d'Erichson, et adoptée par M. Lacordaire. Celuici selon son usage, s'est tiré d'embarras en élevant les Trogosilaires au rang de famille séparée.

TRIBU DES CrCUJIEMS.

Les Cucujiens constituent une petite tribu de Coléoptères qui pourra, peut-être, fitre réunie aux Coîydiens, quand on sera plus complètement renseigné sur les mœurs de ces insectes, et surtout en abandonnant tout souci de la méthode tarsale, qui obligerait à créer un grand nombre de tribus pour les familles peu homogènes qui prennent place dans ces deux tribus. Ils ont également des rapports avec les Érotyliens par leurs longues antennes filiformes, qui les relient aussi aux Cérambyciens. Le corps de ces insectes est toujours plus ou moins allongé et aplati, parfois môme à un degré considérable. La vie est en relation nécessaire avec cette forme, et se passe principalement sous les écorces, parfois dans le bois en décomposition, et aussi, chez les Sijlvamts, dans les interstices des grains de blé, de riz et autres conserves végétales.

Les mandibules des Cucujiens sont robustes et sujettes à devenir allongées et saillantes. Les yeux sont en général petits et peu proéminents; les pattes assez courtes, à cuisses fortes. Les tarses varient, tantôt de cinq articles, le premier de grandeur normale, tantôt tétramères ou subpentamères, mais d'une manière spéciale, par réduction du premier et non du quatrième article. Chez les Sylvanus, au contraire, c'est le quatrième article qui est nodiforme, à la façon des vrais tétramères, les Curculioniens, les Cérambyciens. Ces mêmes Sylvanus, fort difficiles à placer sérialement, ont les antennes terminées en massue, tandis qu'elles sont filiformes dans les autres Cucujiens. M. E, Blanchard l'ait commencer par eux la tribu des Dermestiens. C'est Erichson qui a rapproché des vrais Cucujiens ce groupe aberrant. Jacquelin du Val place les Sylvanus au commencement des Cryptophagiens.

Tous ces insectes faisaient partie pour Latreillo de la famille hétérogène des Xylophages, ainsi que les Colydies, les Trogosites, etc. Il paraît presque certain, d'après le peu qu'on sait encore des mœurs des Cucujiens, que, pas plus que les Coîydiens, ils ne méritent celte dénomination.

Les larves ne rentrent pas dans un plan complètement identique.

SYLVANUS. 375

Elles sont, comme les adultes, allongées et plus ou moins déprimées, pour vivre sous les écorces ou intercalées entre de menus fragments. Elles sont en général oculées, toujours pourvues de pattes thoraciques fonctionnelles, et portent des crochets, des épines, des écussons cornés. Elles se rapprochent des larves de Pyrochroa dans les Cantharidiens, des larves de Colydien?, et, d'une manière plus éloignée, de celles des Dermestiens. Cette confoi-nialion générale, ces analogies, tendent à rendre des plus probables l'opinion de M. E. Perris, vériflée pour plusieurs espèces, que ces larves sont toutes carnassières et vivant, dans les lieu.v qu'elles habitent, au.v dépens des larves réellement végétivores, et aussi de leurs excréments, de leurs dépouilles. Toute la tribu appartient dès lors aux insectes utiles.

Voici les caractères généraux des Cucujiens adultes : F.anguette saillante, avec palpes courts et tiliibrmes de trois articles ; mâchoires à deux lobes, à palpes courts et tiliibrmes de quatre articles. Antennes de onze articles, souvent grenues, filiformes, ou terminées par une petite massue de trois articles {Syloamis et genres annexes). Abdomen de cinq segments subégaux, tous libres; hanches antérieures et intermédiaires globuleuses et distantes, les postérieures contiguës; tarses simples, tantôt pentamôres dans les deux sexes, tantcM. hétéromères chez les mâles et pentamères chez les femelles.

GENRES PRINCIPAUX

Nous commencerons l'étude générique de la difficile tribu qui nous occupe par le genre Sylvanus, en raison des analogies de mœurs, de régime et de cosmopolitisme avec les espèces types des Trogosites en général. Les tarses ont cinq articles dans les deux sexes.

SYLVAlitS, Latr, — Têfe rétrécie en arrière, tronquée anlérieurenient. Antennes à peu près de la longueur de la tète et du corselet réunis, se terminant par une massue allongée et assez làclie de trois articles. Corselet allongé, à angles antérieurs très-saillants, puis rétréci peu à peu d'avant en arrière ; élytres allongées et parallèles. Corps long et déprimé.

Les petits Coléoptères de ce genre sont conformés de manière à se glisser dans les plus étroits passages ; leurs cuisses sont robustes et leurs jambes courbes. Ils vivent dans les écorces, dans les herbes, dans diverses substances végétales sèches. Ces derniers sont devenus par ce fait à peu près cosmopolites, et l'Europe a reçu ainsi une ou plusieurs espèces exotiques qui se sont acclimatées. On se sert, comme caractères spécifiques, du nombre de dents dont les bords du corselet sont souven munis. Nous représentons le .S. planatus, Germar, ou ^'. Zimmermanni, G. -M. (pi. XX, fig. 11), des États-Unis (Sud, Caroline), à corselet n'ayant qu'une dent au sommet do chaque cAté, et le S. suriïtamcnsis^ Linn., ou S. frumPHtarius, Fabr., ou sexdentatus, Fabr., de toute l'Europe et d'Al-

376 COLÉOPTÈRES. — CUGUJIENS.

gérie, importé parle commerce dans l'Amérique du Nord (pi. xx, fig. 7, moitié antérieure très-grossie, portant six dents de chaque côté du corselet: 7 a, tarse antérieur à quatrième article très-petit . Il est d'un brun ferrugineux, de forme svelte et élancée, plat, long de 2"", 5, couvert de poils jaunâtres couchés : le corselet, plus étroit que les élytres, offre trois carènes longitudinales. La larve, qui atteint 3 millimètres, est du type de celle des Citcujus, un peu moins déprimée et plus charnue, terminée par un tube anal, mais au dernier segment dépourvu d'appendices : elle porte six pattes articulées, latérales, uniunguiculées. Selon Blisson 1), au moment de se clianger en nymphe, cette larve se fixe sur un corps solide par l'extrémité de l'abdomen, à l'aide d'une substance visqueuse qu'elle sécrète à cet effet, après s'être entourée des détritus environnants. La nymphe est très-remarquable en ce que ses segments thoraciques et les huit premiers de l'abdomen portent sur les côtés des petits appendices très-réguliers, qui la font paraître comme denticulée : deux paires d'appendices pointus la terminent, servant à retenir la peau de la larve. Le S. frumentarius, type d'espèces européennes très-analogues, se rencontre d'habitude, ainsi que sa larve, dans les grains de blé, le riz, les figues sèches, le sucre, etc. On l'a trouvé aussi sous les écorces des arbres, ce qui fait penser qu'il ne se nourrit pas de matières végétales, mais des insectes réellement lignivore.s et de leurs larves. M. E. Perris a constaté que la larve d une espèce voisine, le S. unidentatus, Oliv. et Fabr., de toute l'Europe, vit sous les écorces d'arbres variés, au milieu des détritus laissés par divers insectes, détritus dont elle semble se nourrir.

A côté du S. fruinentarius se place une espèce, unique en Europe, très-cerlaineme-.il d'origine exotique, existant dans l'Amérique du Nord et l'on peut dire un peu partout, se rencontrant dans les céréales et autres substances sèches, dans les paquets de plantes ou de résines pharmaceutiques étrangères, la scammonée. le jalap, etc , naturalisée surtout dans le midi de la France et en Algérie. Elle est longue de /i millimètres, d'un tout autre aspect que les Sylcanus , de forme oblongue, subparallèle, bien plus large et plus épaisse que l'espèce précédente, d'un brun plus foncé, à corselet sans carènes, ayant quatre pointes aux quatre angles et les bords ondulés plutôt que dentelés. C'est le Nausibiiis, Redt., denlatns, Marsh., ou denticoUis, Dejean, dont le nom de genre indique un insecte trouvé dans la cale dos navires.

Les Sylcanus comptent une vingtaine d'espèces Irèsdisséminées dans les diverses régions de l'Europe et de l'Amérique septentrionale, aux îles Canaries et du Cap-Vert, en Chine, à Ceylan, à Java et en Tasmanie.

Les genres suivants ont les tarses hétéromères chez les mâles, pentamères chez les femelles.

(1) Am.'Soc. eu tom. de France, 2'' st-rie, t8'j9, Vil, p. IG:».

PAL^STtS.. CL'CLIJUS, BROP.TES. 377

P.%l,.«:sTE!«». Pertj. -- Antennes médiocres ; yeux globuleux et saillants. Mandibules robustes et courtes chez les femelles, longues, grêles, saillantes et recourbées en dedans chez les mâles. Corselet transversal et denté sur les côtés. Pattes médiocres. Corps Irès-dcprimé.

.Nous figurons le mille de l'espùce type et unique de ce genre, le P. Freyersi, von Heyden jjI. xxi, fig. 1 . espùce du Brésil, assez rare dans les collections.

CtCl'Jl'!*, Fabr. — Menton largement échancré en avant ; languette bilobée ; mâchoires à deux lobes ciliés. Dernier article des palpes des deux sortes subsécuriforme. Mandibules robustes, arquées, saillantes chez les mâles. Antennes filiformes, à articles grenus. Éiytres allongées, parallèles. Tarses à premier article petit, les autres décroissants.

Ces caracl'''re3 sont représentés dans les détails du C. sanyutnoientus, Linn.jOU depre.ssus, Fabr. (pi. xxi, fig. 2, tète du mâle; 2a, antenne: 2 6, mâchoire et palpe; 2 c, lèvre inférieure et palpe: 2 c/, tarse antérieur). Celte espèce, de toute l'Europe, rare, de taille moyenne, trèsaplatie, ayant le corselet et les éiytres d'un beau rouge, le reste noir, se trouve surtout dans les régions boréales et orientales. En Allemagne et en Russie seulement existe une seconde espèce, très-voisine, longtemps confondue avec la précédente, le C. hœnuitodes, Erichson. La larve de cette espèce, très-aplalie, subparallèle, d'un blanc jaunâtre, vit sous les écorces comme l'aduKe. La tète et le dernier segment abdominal sont seuls cernés ; elle a des antennes de quatre articles et cinq ocelles de chaque côté; les trois segments thoraciquos, un peu plus étioitsqae la tète et les segments abduminaux, portent des pattes latérales à un seul crochet; le neuvième et dernier segment abdominal, très-court, est terminé par un tube anal et surchargé d'appendices, à savoir, deu.\ paires de crochets cornés recourbés à son extrémité, et deux paires de saillies coniques superposées dans le pli qui sépare ce segment du précédent.

Le genre Cucujiu^, outre les deux espèces d'Europe mentionnées, en renferme encore cinq du Caucase, d'Amérique boréale, de Californie, de Sibérie et de Ceylan.

Les genres suivants ont les tarses pentamères dans les deux sexes : URO\Tr*«, Fabr. — Antennes fililormes, grêles, au moins de la longueur de la moitié du corps, à articles cylindriques, le premier allongé. Mandibules courtes, arquées, bidentées au bout. Palpes à dernier article obconique. Éiytres allongées, parallèles, arrondies au bout. Pattes courtes, à cuisses assez renflées.

Ce genre est formé de Coléoptères de petite taille, aussi plats que les Cucujes et vivant comme eux sous les écorces, s'en distinguant loul de suite par des antennes bien plus longues et ù articles tout aulrement faits; les mâles possèdent en propre une corne grêle, arquée, très aiguë, CM dehors de .:haque mandibule.

378 COLÉOPTÈKES. — CUCUJIENS.

Nous représentons une espèce de Java, le B. spinicollist Gory (pi. xxi fig. 3), à corselet garni d'épines, et les d'tails d'une espèce, assez commune aux environs de Paris, de toute l'Europe, de l'Algérie, du Caucase, le B. planatus, Linn. (pi. xxi, fig. ti, tête en dessus; ka, lèvre inférieure et palpes; li b, mandibule du mâle ; U c, mâchoire et palpe; Ud, tarse antérieur, à premier article très-court). On connaît les métamorphoses de cet insecte. La larve ressemble beaucoup à celle du genre Cucujus, mais a tous les segments du corps de même largeur et garnis en dessus et en dessous d'une bande écailleuse; très-agile et lucifuge, elle vit sous les écorces de plusieurs espèces d'arbres, au milieu de Podures, d'Acariens et de Tomicus, faisant sa proie de ces divers petits Articulés (E. Perris). La nymphe est munie de fortes épines et terminée par deux paires d'appendices destinés à retenir la peau de la larve. L'adulte est d'un brun noirâtre, avec les pattes et les pièces buccales d'un fauve clair, curieux par ses antennes épaisses et poilues, aussi longues que le corps, lâchement renflées au bout, avec le premier article très-long et claviforme.

Le genre Broutes a encore quelques espèces indiennes, australiennes et des deux Amériques.

Di:iVOROPn.%€itT<!>, Schonher.— Caractères très-voisins de ceux du genre

précédent.

Le type du genre est un petit insecte très-plat et fauve, de Suède et de diverses régions montagneuses de France et d'Allemagne, existant aussi en Amérique, au nord des États-Unis, le D. crenatus, Payk. (pi. xxi, fig. 5, mâle ayant les antennes environ des trois quarts de la longueur du corps, celles de la femelle étant un peu plus courtes).

Il y a un petit nombre d'autres espèces de l'Amérique russe et boréale, des îles Philippines, de la Nouvelle-Zélande et de la Tasmanie.

PROSTOMIS, Latr. — Mâchoires cachées par des pièces jugulaires longues et grêles, arifuées en dehors, très-aiguës à leur extrémité. Palpes grêles ; mandibules très- fortes, débordant la tête, presque droites, denliculées en scie intérieurement. Élytres allongées, subparallèles, arrondies au bout. Pattes courtes.

On ne connaît de ce genre qu'une seule espèce, toujours rare, à corps long et déprimé, de 6 millimètres, d'un rouge ferrugineux, à mandibules du mâle très-longues et très-larges, d'où le nom de P. mandibularis, Fabr., qu'on trouve en France et en Allemagne (pi. xx, fig. 13; 13 a, tête du mâle vue en dessous, avec antennes assez longues, à cinq derniers articles déprimés et graduellement élargis). La larve a été trouvée en Allemagne, dans du bois de chêne décomposé, en compagnie de Fourmis. Elle ressemble à celles précédemment citées dans la tribu, mais est dépourvue d'ocelles. Les segments thoraciques sont un peu plus étroits que la tête et que ceux de l'abdomen, et portent des pattes

MYGÉTOPHAGILISS. 37!)

dirigées latéralement. Le dernier segment est garni d'épines cornées et porte un tube anal.

Une seconde espèce est des inJes orientales.

I»ASS.%i;mr.%, Daim. — Mâchoires cachées par des pièces jugulaires planes et lara^'^s; mandibules robustes et saillantes. Antennes allongées, à articles rendes^ le dernier élargi. Corselet rétréci en arrière, reborde. Élytres allongées, parallèles, largement arrondies au bout. Pattes courtes, robustes, à cuisses comprimées.

Ces Coléoptères, des régions chaudes des deux mondes, vivant sous les écorces des arbres tropicaux, de taille grande ou moyenne, ont les élytres à stries longitudinales, séparées par des espaces lisses ; leur corps est allongé, large, aplani. — Ex. : P. brasiliensis, Chevrolat, ou miles (collect. Dejean), noir brunâtre (pi. xx, fig. lli)-

Sur les six espèces de Passandra, quatre sont du Brésil, de Cuba et de Rio-Janeiro, deux de la côte occidentale d'Afrique (Gabon et Sierra- Leone).

Tribu des MYCÉTOPHAGIEMS.

Sous ce nom de mangeurs dn champignons, de moisissures, se trouvent groupés des insectes de petite taillC;, dont toutes les espèces, très-analogues d'aspect, sont oblongues ouoblongo-ovales, médiocrement convexes, ponctuées et revêtues d'une fine pubescence couchée; beaucoup ont sur les élylres des taches ou des bandes fauves. Elles vivent dans les Lycoperdon, les Sphœria, les Agarics, les Bolets, etc., et aussi sous les écorces des arbres morts et sous les fagots. Longtemps on n'a connu d'espèces que des divers pays d'Europe, du Caucase, de l'Amérique boréale et des États-Unis, Les découvertes récentes doivent y l'aire joindre un petit nombre d'espèces de Madère, de Cuba, du Pérou, du Chili, de la Plata, du Cap, de Ceyian, de la Nouvelle-Guinée et de l'île Lifu.

Voici les caractères les plus importants des Mycétophagiens : Deux lobes aux mâchoires; languette cornée, saillante. Palpes maxillaires de quatre articles, labiaux de trois. Antennes de onze articles, terminées par unemassued'un nombre variable d'articles, le plus souvontde trois. Abdomen de cinq segments en dessous, tous libres et subégau.x. Tarses de quatre articles, avec les antérieurs de trois chez les mâles, rarement subpentamères dans les deux sexes, c'est-à-dire ayant un cinquième article rudimentaire.

M. E. Blanchard met en tète de sa tribu des Dermostiens la famille des Mycétophagides, comprenant les Silvanites (Cucujiens), Lalridiles (Colydiens) et Mycétophagites. On voit que nous laissons ces derniers à la même place que lui, avec des changements de titre sans importance: en effet, la tribu des Dermestiens va suivre.

38 COLKOPJÈRES. — MYCÉTOPHAGIENS.

GENRES PRINCIPAUX

MYCKTOPHAUr*!», Hellw. — Corps oblong ou ovale-oblong, médiocrement convexe. Antennes graduellement épaissies vers le sommet, avec une massue lâche, allongée, peu tranchée, de quatre ou cinq articles. Jambes Irés-légèrement épineuses, tarses cylindriques.

Les Mycélophages ont les élytres ponctuées, striées, avec des taches ou des bandes fauves ou teslacées. Ils vivent dans les Bolets, les Champignons, les vieux bois décomposés, et comptent une vingtaine d'espèces, parmi lesquelles il faut citer : M ■ quadripustulatus, Linn. , clM. variabilis, Hellw.

DIPLOCœLl'!!), G. -Mon. — Corps oblong, peu convexe; massue des antennes de trois articles ; deux sillons géminés sur les côtés du corselet en dessus . Élytres arrondies au sommet.

Le type de ce petit genre a été découvert par MM. Chevrolat et Guérin-Méneville dans la forêt de Fontainebleau, où il est très-commun au printemps. C'est le D. Fagi, Chevr. (pi. xx, hg. 7). On le rencontre sous l'écorce et sous les branches de Hêtres récemment coupées et ayant des feuilles sèches. Il a été pris aussi en Autriche et dans la Russie méridionale. Long de 3 millim., il est fauve ou couleur de poix, pubescent, avec la lète, les antennes et le corselet rougerures. Les élylr^s sont striées de points, crénelées, sillonnées, étroitement rebordées. 11 y a trois autres espèces, une de Sardaigne, une de Cuba, une de l'Amérique boréale.

MYCETE.%, Steph. — Antennes de onze articles, à massue lâche de trois. Corselet rétréci en avant. Corps ovalaire, convexe.

Ce genre a fourni à Jacquelin du Val le type d'une petite famille, les Mycétéides. L'espèce principale est un insecte de 1""",5, fauve et hérissé de petits poils roides, à corselet impressionné à la base, à élytres rétrécies en arrière avec des lignes de points. C'est le M. hirta, Marsh., ressemblant à un AKomaria, et vivant à la façon des Cryptophages dans les caves, au milieu des petites moisissures des murs et des tonneaux. Une seconde espèce est du Cap.

Nous ne ferons que citer quelques derniers genres : Litargus, Erichs., à antennes avec massue Llche et oblongue de trois articles : type, L. bifasciatus, Fabr., à élytres avec bandes dentées, transverses, noires et testacées, vivant sous les vieilles écorcos, les vieux fagots et dans les maisons. — Typhœa, Steph.: type, T. fumata, Linn., d'iui ferrugineux testacé, vivant dans les détritus des étables, sous les écorces, dans les maisons, genre toujours à massue anlennaire de trois articles, à corps assez convexe, dont les palpes labiaux portent luj petit article additionnel.

DERMt.STIMNS. 381

leur donnant l'apparetice d'avoir quatre articles (Jacquelin du Val). — Triphyllus, Latr. : type à massue antennaire de trois articles, T. bipunctatus, Hellw.,ou bicolor, Fabr., genre à ély très confusément ponctuées, vivant dans les Bolets. — Diphxjlhis, Steph. , ou Biphijllus, Ucj,, avec massue des antennes de deux articles: type et espèce unique. D. hmatus, Fabr.

Tribu des DJKKllEiSTlKi^'.S.

Cette tribu, détachée des anciens Clavicornes de Latreille, forme un groupe naturel qui n'est pas très-riche en espèces; mais certaine?, malheureusement pour nous, ne sont que trop nombreuses en individus. Ces insectes appartiennent à ceux qui sont appelés, dans le plan harmonique du tlréateur, à faire rentrer dans la masse des éléments les principes qui ont pénétré dans la substance des organes, lorsque les animaux sont privés de vie. Tous, en effet, au moins à l'état de larves, vivent do substances animales desséchées ou décomposées ; on les voit pénétrer dans les cadavres abandonnés après que les fétides Silphiens ont dévoré les chairs putréfiées; elles s'attachent aux tendons et à la peau, et achèvent ainsi l'œuvre de destruction. Les larves nous offrent les caractères suivants : La tète est velue, déprimée ; les mandibules fortes, bidentées à l'extrémité ; les mâchoires épaisses, munies d'un lobe droit cilié à l'extrémité; les palpes maxillaires de trois articles, les labiaux de deux, les antennes de quatre articles. Le corps a douze segments, convexes en dessus, un peu moins en dessous, s'atlénuant insensiblement d'avant en arrière. !1 y a neuf stigmates, un près du bord antérieur du mésothorax et huit abdominaux ; le dernier segment abdominal porto, dirigées en arrière, deux pointes droites, noires, pointues; à sa suite est un gros mamelon cylindrique à extrémité dilatable s'appuyant sur le plan de position, servant aux mouvements de progression do la larve. Sur les anneaux (du moins dans les larves du genre Dermestes) sont deux séries de poils couchés, les uns, trèslongs, inclinés vers la tète, les autres, plus courts et plus nombreux couchés en arrière. Ces poils sont munis, dans toute leur longueur de petits cils coniques, presque couchés et très-pointus. Les pattes sont assez fortes, médiocrement longues, constituées par quatre articles terminées par un ongle crochu.

Toutes les matières animales, fromage, lard, \ landes sèches, fourrures, crin, laine, écailles, cordes à boyau, ves?ie, baudruche, etc. peuvent devenir la proie des larves de Dermestiens ; de là de véritables désastres dans les magasins et les collections d'histoire naturelle. Le meilleur moyen de préservation découle, comme d'habitude, d'une bonne observation des mœurs de ces insectes. Les larves aiment le repos, et surtout ont horreur de la lumière. Il faut remuer et secouer les objets attaqués, les exposer à la lumière, ouvrir quoique temps les

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boîtes, etc. Les préparations mercurielles et arsenicales peuvent s'employer, et surtout les émanations d'acide phénique, les vapeurs de benzine et de sulfure de carbone, qui, malheureusement, ne paraissent pas atteindre l'embryon sous la coque de l'œuf. On s'est servi beaucoup autrefois des nécrentomes, formés d'une double caisse de métal, la caisse intérieure contenant les objets dans lesquels on veut détruire les Dermestiens, et la caisse extérieure de l'eau soumise à une ébullition prolongée. Ce moyen, pénible, est Irôs-efficace, mais altère et rend friables certaines substances animales, notamment les insectes des ordres fragiles conservés en collection.

Les Dermestiens ont été signalés dans tous les pays de la terre, et l'on peut dire, pour les espèces qui s'attaquent aux matières utiles àl'liomme et transportées par le commerce, qu'elles sont devenues cosmopolites, notamment les Dermestes lardarius, vulpinus, murinus, Attagenus pellio, Anthrenus museorum, Auct., etc.

Caractères : Mûcboires à deux lobes distincts ou parfois soudés ensemble. Palpes maxillaires de quatre articles, les labiaux de trois, dont le premier est souvent peu distinct; languette membraneuse avec paraglosses nuls ou réunis. Antennes latérales, courtes, droites, rétractiles, le plus souvent de onze articles, rarement de huit ou même de cinq seulement, terminées par une massue très-variable. Elytres recouvrant en entier l'abdomen. Corps tantôt oblong, tantôt très-court et plus ou moins convexe. Tarses tous de cinq articles simples, libres, non repliés. »

GENRES PRINCIPAUX

DERMESTES, Linn. — Point d'ocelle frontal. Antennes de onze articles, les trois derniers aplatis, formant une massue ovale.

Les Dermestes volent peu et se cachent aux regards en s'enfonçant dans les matières où vivent leurs larves ; leur marche est lente, timide, incertaine; ils s'arrêtent au moindre bruit. Leurs larves attaquent indifféremment toutes les substances animales sèches. Elles ont cinq ocelles sur deux lignes transversales, trois sur la première et deux sur la seconde. Ces larves marchent lentement, en s'appuyant sur leurs six pattes, et se servant du tube anal comme d'un levier. De longs poils rougeâtres forment comme une couronne autour de leurs anneaux d'un brun rouge. Le genre compte une cinquantaine d'espèces de tous pays. Les espèces les plus communes sont le D. lardarius, Linn., d'Europe, d'Algérie, du Caucase, noir, de 7 millim., avec une large bande grise à la base des élytres. Cette teinte est due à la présence de très-petits poils blanchiltres, et trois points noirs rapprochés y Ibrment comme une raie sinueuse en zigzag. L'espèce aime les endroits obscurs et malpropres, et abonde dans les charcuteries mal tenues. Les larves ne cessent

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