‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservationChapitre 28 sur 67 · DERMESTES. 38S · texte numérisé non relu

DERMESTES. 38S

fie dévorer pendant quatre mois, et même se mangent entre elIeS; si la faim les presse. Pour ?e changer en nymphe, elles se cachent sous l'amas de leurs excréments formés d'une série de petits grains fixés à la suite les uns des autres, la nymphe conservant pour s'appuyer les deux appendices posiérieurs de la larve. M. E. Perris a vu que cette larve perce les cocons de Vers à soie pour manger la chrysalide sèche, et se di'veloppe en grand nomhre dans les lilières exemptes de dépouilles et ne contenant que des excréments. Beaucoup de larves carnassières, quand l'aliment de prédilection leur fait défaut, y suppléent par des matières excrémcntiliclles ; les larves de Dermpstes ont, pour nourriture préférée, les matières animales sèches. Parfois cette larve cause beaucoup de dégâts dans les magnaneries, ainsi que l'a constaté M. Nourrigat à Lunel. Je suis convaincu qu'elle dévore parfois des chrysalides vivantes : elle a détruit à la magnanerie expérimentale du .lardin d'acclimatation, au bois de Boulogne, un grand nombre de chrysalides d'Attacus Cijnthia vera (Ver à soie de l'Ailanfe), conservées l'hiver pour l'éducation du printemps suivant. — LeD. vulpinus,Fa.hT., de 7 millim., d'unbeau noir, lisse en dessus, excepté sur les bords du corselet, qui sont cendrés, avec le dessous du corps d'un blanc mat et une petite épine àla suture des élyircs. Cette espèce se plaît surtout dans Icspelleteries, où elle cause les plus grands ravages. La compagnie de la baie d'Hudson, dont les magasins à Londres étaient dévastés par cet insecte, avait offert 20 000 livres sterl., à qui trouverait le moyen de le détruire.— Le Z>. mwrinus, Linn., de 6 à 8 millim,, à corps épais, noir, paraissant d'un gris de souris, soyeux en dessus, avec des taches noires et blanches, d'un blanc argenté mat en dessous, en raison de la pubescence qui le couvre.— Le D,7nustelinus, Lrichs., dont la larve vit en hiver, d'après M. L. Perris, dans les nids des (ihenllles processionnaires du Pin {Bombyx pityocampa, Fabr.), se nourrissant des dépouilles et aussi des excréments de ces chenilles. L'insecte parfait se trouve en mars et en avril dans ces nids. — Le D. carnivoriis, Fabr., de l'Amérique méridionale et des Antilles, et aussi des environs de Paris, où il a été importé (pi. xxii, fig 2; 2a, antenne; 2 6, tarse antérieur). — Les espèces du genre Dermestes peuvent être divisées en deux groupes, d'après un caractère que présentent les mâles, signalé pour la première fois par Emra. Rousseau. Les uns, ainsi dans le D. lardarius, ont deux mamelons non perforés au milieu et en dessous du troisième etdu quatrième segment ventral, mamelons entourés d'un faisceau de poils érecfiles et du centre desquels sort une épine grêle, arquée en arrière et subcornée ; les autres n'ont qu'un seul mamelon et faisceau pileux au milieu du quatrième segment, sous l'abdomen. Ces organes servent au mrde à se retenir dans l'accouplement sur le dos de la femelle.

Les genres qui suivent ont un ocelle distinct sur le front.

384 COLÉOPTEKES. — DERMESTlENS.

SteCiAfOlilA, Herbst. — Corps oblong, allongé. Antennes avec massue trèscourte chez les femelles et très-longue chez les mâles.

Ce genre, très-réduit par les entomologistes modernes^ ne compte plus que quatre espèces, dont le type est le M. undata, Linn., de Suède, de Grande-Bretagne, de France et d'Allemagne (pi. xxii, fig. 3), qui vil à l'état de larve, sous les écorces, où il dévore les cadavres d'insectes, et qu'on rencontre parfois adulte sur les fleurs. Il est noir, ondulé de bandes d'un blanc bleuûlre. Il y a une seconde espèce en France, une en Sibérie, une en Tasmanie.

ATTAGEIïDS, Latr. — Antennes de onze articles, ayant une massue très-allongée chez les mâles, simplement ovale-oblongue chez les femelles. Élytres convexes, embrassant l'abdomen. Pattes minces; tarses grêles et allongés.

Les Attagènes vivent dans les maisons, et quelques espèces sur les fleurs. On en connaît près de quarante espèces, surtout des régions tempérées chaudes, et aussi à Ceylan, à Lifu. Les larves dévorent les matières animales sèches, pelleteries, plumes, etc. Elles diffèrent de celles des Dermestes proprement dits, parce qu'elles sont déliées et portent au bout du corps un pinceau de poils au moins aussi long que lui ; la couleur du corps est obscure, et celle des poils qui le couvrent est d'un jaune un peu rougeàlre. L'espèce la plus commune, véritable fléau pour les pelleteries, est 1'^. pellio, Linn., de toute l'Europe et de l'Algérie, de 5 millim., noir brillant avec deux points blancs vers la base de chaque élytre, avec poils gris au-dessous du corps : c'est le Dermesle des pelleteries, le Dermesteà deux points blancs de Geoffroy. Une autre espèce, commune en Europe méridionale, est VA. Verbasci, Linn., ou trifascialus, Fabr. PL xxii, lig. Zi, antenne du mâle ; li a, de la femelle; U b, labre ; à c, mandibule : k d, mâchoire avec palpe ; Zi e, lèvre inférieure et palpes labiaux ; U f, patte antérieure.

TIREfS»IAS, Steph. — Corps ovale-oblong, assez convexe. Antennes de onze articles, les trois derniers formant une massue ovale, terminées en dents de scie chez les mâles.

Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, le T. serra, Fabr., des îles Britanniques, de Suède, de France, d'Allemagne— PL xxu, fig. 5; 5 a, antenne ; 5^*, labre; 5 c, mandibule; 5d, mâchoire avec palpe, 5e, lèvre inférieure et palpes; 5f, tarse antérieur.— La larve, de forme trapue, est curieuse par l'aspect étrange que lui donnent ses poils. lissent fauves, très-longs et très-touffus sur les quatre derniers segments, articulés, couchés quand la larve est calme, se dressant, si on l'effraye, comme une queue de paon, et formant alors quaire larges panaches transversaux. Enfin, le corps se termine par trois pinceaux de poils bruns, le médian beaucoup plus long que les deux latéraux. Elle vit

ANTHRE\US. 385

dans les vieux troncs et sous les vieilles écorces de Chênes et d'Ormes, et l'insecte parfait ne sort que le soir. M. K Blanchard a observé cette larve, quelquefois par hasard, dans les collections d'histoire naturelle. Il se présente, pour cet insecte, un fait analogue à celui que nous avons constaté pour le Dermestes mustelinns, à savoir, que des espèces trùs-nuisibles ont parfois des utilités secondaires. M. le lY (irenier a rencontré la larve du T. serra, dévorant les œufs, recouverts d'un monceau de poils simulant un tampon d'amadou, du Liparis dispar (Lépid. Chalin.), fréquents sur les troncs d'Ormes. La nymphe n'est éclose qu'au bout de treize mois. Il y avait aussi, au même festin, des larves d Affageriiis.

AWTHREHIJS, GeoflV. — Tète petite et cachée en partie dans le corselet; antennes très-courtes, reçues dans des cavités du corselet Corps arrondi, subglobuleux. Élytres ovoïdes et convexes, recouvertes, ainsi que le corselet, d'écaillés très-faciles à enlever, de couleurs vives, formant de jolis dessins. Pattes courtes, comprimées, contractiles, s'appliquant exactement sous le corps au repos.

Jacquelin du Val subdivise en trois groupes les espèces du genre .<4nt/!r6nws ; 1» celles qui présentent des antennes de onze articles dis tincts, avec massue de trois articles (ex, : A. festivus, capensis, etc.); 2° antennes de huit articles apparents, avec massue ; 3" antennes de cinq articles, le terminal allongé en massue. Les larves ont de fortes mandibules à laide desquelles elles détruisent promptement tout ce qu'elles attaquent. On a vu ces larves perforer du bois et de l'écaillé. M. E. Desmarest pense que ces larves peuvent perforer le calcaire grossier, et de même celles des Dermestes lardarius ou vulpinus, car il a trouvé des insectes de ces deux genres et des Anthrènes logés dans des trous d'un mur d'une fabrique de noir animal de la Glacière (Genlilly, banlieue de Paris). Les larves des Anthrènes se distinguent de celles des genres précédents par leurs faisceaux de poils en aigrettes, disposés sur les côtés et postérieurement, et se redressant à la façon des piquants du Porcépic, quand l'insecte est inquiété. Elles vivent près d'un an, et leurs dépouilles, sauf la fente dorsale, conservent tout à fait la forme de la larve. On doit signaler avant tout un Anthrènc dit vulgairement des musées, devenu cosmopolite, et qui fait le désespoir des entomologistes, car lalar\e habite de préférence le corps des insectes desséchés en collection, et quelquefois les pelleteries ; sa présence se traduit audessous de l'insecte attaqué par un peu de|poussière. C'est contre elle que les amateurs emploient les divers moyens préven!i['s,déjà indiqués, plus ou moins insultisants. M. Leprieur préserve avec succès les Coléoptères de sa collection contre cet Anthrène, en les trempant dans une solution d'acide arsénieux dans l'alcool. Les échanges et les ventes on! transporté cet insecte d'Europe dans les collections d'Amérique. A l'état

UIftARU. 2b

;586 COLÉOPTÈRES. — DEUMESTIENS.

parfait, il est long de 3 millim. environ^ noir, couvert d'écaillés d'un jaune roussûtre, avec trois bandes transversales d'un blanc grisâtre, et quelques petites taches de même couleur sur les élytres. La larve, couverte de poils gris cl bruns, subit sa transformation en nymphe dans la dernière dépouille qui l'abrite.

La larve du funeste Anthrène des musées {pestis collectianum) présente des particularités intéressantes. Huit ou dix jours avant de se changer en nymphe^ elle reste dans une immobilité complète;, et la peau se fend peu à peu tout le long du dos. C'est dans cette peau, qui persiste comme une sorte de berceau, que doit se faire la transformation en nymphe, puis en adulte. La nymphe reste très-molle et sa pellicule d'une extrême finesse. Elle est exposée à des chocs fréquents qui pourraient la blesser. Voici quelle précaution a été prise à cet effet. La larve pendant sa vie était couverte de fascicules de poils retombant le long du dos et des flancs, et se redressant quand on inquiète l'insecte, comme les piquants du Porc-épic Ces poils-là, a reconnu M. Lucas, sont caducs et n'existent plus dans la peau sèche qui entoure la nymphe, non plus que les pattes^, qui se flétrissent ; mais il n'en est pas de même des épines de la tête et des parties latérales des segments : elles subsistent comme protection. La nymphe, participant à la forme ramassée de l'adulte, est bien plus courte et plus large que la larve, et c'est ce qui fait fendre la peau de celle-ci. Une question de synonymie assez compliquée s'offre pour l'adulte. L'espèce nuisible paraît être réellement l'i. yarms, Fabr. Le véritable A. musœorwn, Linn., qui lui ressemble beaucoup, mais est plus rare, a la forme plus allongée et le thorax plus pointu en avant. Les larves de plusieurs Anthrônes vivent dans les maisons ; tous les adultes fréquentent les fleurs. Le genre offre une trentaine d'espèces de diverses régions de l'Europe et d'Amérique septentrionale, du Cap, une de Taïti, une autre d'Adélaïde (Australie).

Parmi les exotiques, nous citerons VA. capensis, G. -Mon. (pi. xxii, fig. 6; 6 a, antenne; 6 b, tarse postérieur), noir, avec écailles noires ferrugineuses et grises, disposées par taches. Cette espèce, du cap de Bonne-Espérance, ressemble beaucoup àl'^. Scrofulariœ, Linn., de toute l'Europe,

TRi!VODE:!i, Lair. -■- Antennes terminées par une massue brusquement formée de trois articles. Corps trcs-ovalaire, poilu.

Une seule espèce européenne, le T. hirtus, Fabr., ou pilosus, Herbst, d'Angleterre, de Suède, de France et d'Allemagne, vit à Tétat parfait parfois sur les fleurs; se prend à Fontainebleau, à Compiègne, etc., et se renconirc aussi sur les vieux troncs de Hêtres et d'autres arbres. Il est figuré pi. xx]i, tig. 10 ; 10 a, antenne, et fait le passage des Dermestiens aux Byrrhicns. Ce pcti't insecte est remarquable par sa pubcscence hérissée.

BYRRHIENS. — NOSODENDRON. 387

ORPHlIiUfls, Erichs. — Genre très-curieux par sa tète entièrement reçue dans une forte excavation formée par le corselet et l'insertion des appendices qui en dépendent.

Il a été constitué sur une espèce, VO. glabratus, Fabr., qui vil sur les fleurs dans toute l'Europe méridionale, et ressemble, à première vue, à un Antbrène dépouillé de ses écailles colorées. Il y a deux autres espèces, une d'Amérique boréale, l'aulrc de Californie.

Tribu des BI'RRHIEMS.

Cette petite tribu a beaucoup de rapports avec les Uermestiens, dont M. E. Blanchard ne la sépare pas ; elle offre des genres douteux entre les deux tribus, eta aussi des contacts avec les Histérides et les Nilidulides. Les Byrrhiens sont remarquables par leur corps toujours court ou ovalaire, très-épais, plus ou moins fortement convexe. Leur taille est petite, rarement moyenne ; leurs couleurs peu brillantes, noires, brunes ou vertes, parfois avec reflet métallique. Le corps est habituellement couvert d'un duvet plus ou moins serré. Les pattes, à articles élargis et comprimés, sont enlièremenl contractiles, les jambes se repliant sur les cuisses et les tarses sur les jambes, de sorte qu'à la moindre apparence de danger, ces insectes contrefont le mort et demeurent immobiles, pareils à de petites pilules. Les Byrrhiens restent, en général, cachés pendant le jour et ne courent que le soir, se servant peu de leurs ailes. On les trouve surtout dans les endroits secs ou sablonneux, sous les pierres, les mousses, dans le sable, etc. Leur régime semble être végétal et non carnassier, comme celui des Dermestiens, et leur nourriture paraît surtout se composer de mousses; quelques espèces affectionnent les bouses desséchées.

Caractères : Mâchoires à deux lobes a\ec palpes de quatre articles, les labiaux en ayant trois. Languette membraneuse ou coriace, à paraglosses nuls ou indistincts. Antennes rétracliles de onze articles, terminées par une massue brusque ou s'épaississant peu à peu jusqu'au bout. Abdomen de cinq segments apparents en dessous, les premiers immobiles, le dernier assez grand, recouverts en entier par les élytres. Prosternum saillant postérieurement et reçu dans une échancrure médiane d'un mésoslernum large et court. Hanches ibrleraent transverses. Pattes très-contractiles, et tarses de cinq articles distincts.

KOSOiiK!%'i»RO;i, Lair. — Tête libre, avancée. Antennes insérées sous les bords latéraux du front, rétracliles en dessous dans des rainures antérieures du corselet, avec les trois derniers articles en brusque massue ovale, perfoiiée,

388 COLÉOPTÈRES. — BYRRHIENS.

comprimée. Élytres très-convexes. Pattes courtes, contractiles, aux tarses antérieurs comprimés.

Ce genre a été fondé pour un seul insecte dont Olivier faisait un Byrrhus, le A^ fasciculare, Oliv,, de h millim., noir, à élytres recouvertes de cinq faisceaux de poils ferrugineux en série. On le trouve dans presque toute l'Europe et aux environs de Paris, dans les plaies des arbres, et notamment des Aulnes, des Marronniers, des vieux Ormeaux. — Il est représenté dans divers détails, pi. xxii^ fig. 7, antenne ; 7a, labre; 76, mâchoire et palpe ; 7c, lèvre inférieure et palpes labiaux ; 7d, mandibule.— 11 y a trois autres espèces exotiques.

BVRRniiHi, Linti . — T(He rétractée au repos et sous le corselet. Antennes de onze articles, graduellement épaissies vers l'extrémité, que termine une massue de cinq articles. Tarses tous rélractiles, reçus contre la face interne des jambes. Pattes postérieures reçues dans des cavités spéciales plus ou moins marquées du premier segment ventral.

L'espèce la plus commune est le B.pilula, Linn., de toute l'Europe, insecte brun, couvert d'un duvet très-serré et présentant quelques lignes longitudinales très-foncées sur les élytres. Ce Coléoptère est un des plus gros Byrrhiens, ayant 10 à 12 millimètres de longueur sur 8 à 9 de large ; on le trouve souvent à terre, marchant lentement dans les lieux sablonneux ou au milieu des pierres; on le prend aussi grimpé au sommet des Graminées, en fauchant dans les prairies par les temps chauds.

L'espèce voisine, à élytres un peu rugueuses, d'un châtain foncé, figurée par M. Guérin-Méneville (pi. xxn, fig. 8) sous le nom de B. alpinus, Gory, des Alpes suisses, a une variété B. scabripennis, StcfL , d'Allemagne et des Alpes styrieniics. Nous citerons aussi B. Dennyi, Curtis, espèce des îles Britanniques et d'Allemagne (pi. xxn, fig. 9, antenne ; 9 a, mandibule ; 9 6, lèvre inférieure avec palpes labiaux ; 9 d, mâchoire et palpe).

Les Byrrhes comptent près de quarante espèces, surtout des régions boréales ou des montagnes de l'Europe, quelques-unes d'Amérique boréale et de Sibérie, et une, le B. austraUs, E. HIanch., du détroit de Magellan. On voit que ce sont essentiellement des Coléoptères de pays froids.

Des genres à caractères analogues sont les genres Syncalypta, Steph., Curimus, Erichs., formés d'espèces vivant dans les sables, et dont le corps est hérissé de soies en massue ; d'où les épithètes spécifiques de setosa, seti()era, spinosa; crivareus, hispidus, etc.

De petites espèces à tarses antérieurs rétracliles, mais à tarses postérieurs libres, à pattes postérieures en général non reçues dans des cavités spéciales du premier segment ventral, constituent les genres:

LIMMCHIS, ASPIUU'IIUKL^, 389

Cytilas, Krich?., ainsi le C. varius, Fabr., atteignant à peine 3 millim., \i\ant dans les mousses, les bouses sOches, dans tonte rKurope, la Turquie d'Asie, les monts (Jurais; l'edilophoriis, Stell'atiny, ou Monjchus, Ericlis., des pierres, des sables; Simplocarid, Marsham, à pubescence blunchAtre, des sablonnières.

l>l.'Vl'\l4°Bll'*i», Latr. — Tète rétractée au repos sous le corselet. Antennes rctractiles en dessus et non en dessous, comme précédemment.

Ce genre renferme de trè.—petits insectes pubescenls qu'on trouve dans les sables, au bard des eaux et autour des racines des plantes. 11 comprend aujourd'iiui seize espèces. I.cs types européens sont le L. pygmœus, Slurm, ci L. versicolor, Walll. , ou riparius, Uej. Les espèces sont d'I'^urope surtout, d'Amérique du .Nord, des îles du Cap-Vert, de Ceylan, deXasmanie.

<%l§Pll»li>UORl>>, Latr. — Tète élargie et saillante. .Antennes de dix articles distincts, les trois derniers formant une massue Irès-allongée et cylindroïde.

La place de ce genre est fort incertaine. Al.M. \l. Blanchard et li. Desmarest le placent dans les Dermesliens ; ICrichson, dans les Ptiniorcs: M.M. (le Marseul et Hedlenbacher, dans les Byrrhiens; Schaum et Jacquelin du \al le rejettent fort loin, près des genres UQuiperda, Apatc, Cis, etc., dans leur famille des Sphindides.

Ce genre a pour type une espèce Irès-petile, n'alleignaiit pas 3 millimètres, [ A. orbicxdatus, Gyll., trouvée d'abord eu Suède, mais existant dans toute la France et même aux environs de Paris, cl en Allemagne, toujours fort rare, vivant dans les endroits plantés d'arbres fruitiers, et paraissant par là s'éloigner des Dermesliens. — File est représentée pi. xxii, lig. i : 1 a, antenne; 1 b, labre; le, mandibule; \d, mâchoire et palpe; \e, lèvre inférieure et palpes; l/, patte antérieure; \.g, patte postérieure. — M. C.hevrolat a trouvé sa larve sur de très-petits Champignons qui croissaient sur de vieilles bûches. Jacquelin du Val dit qu'on trouve les Aspidiphores en fauchant dans les bois sur les petites Graminées, et qu'il est probable que leurs larves, comme celles du genre Sphindus, vivent dans les Champignons des troncs d'arbres, car la seconde espèce de cegenre. A.Laroijnii, ,Iacq. du V., aété prise par Lareynie dans un l>olel. On ne la connaît encore que de la Dordogne.

JusquVi présent les Coléoptères dont nous avons présenté riiistoire succincte vivaient surtout de proie vivante, ou de dépouilles animales, ou de détritus et de cryptogames az:;tés; ceriain.-s er.f.èces, par excep- !ion de régime, se nourrissant cependant d.:", \és'élaux phanérogames.

390 œLÉOPTÈRES. — LUCANIENS.

Ce sont au contraire ces végétaux, soit frais, soit secs, qui fournissent la nourriture des Coléoptères qui vont suivre. Seulement certains groupes, au contraire de leurs congénères en affinités organiques, et pouvant former parfois tout au plus des genres distincts, reprendront la nourriture animalisée, vivante ou morte. Le naturaliste ne s'étonne pas de ces variations en remarquant que les Mammifères seuls ont un régime fixe. Parmi les Oiseaux, les Passereaux granivores en automne deviennent insectivores au printemps, quand ils élèvent leurs petits, auxquels le régime azoté paraît nécessaire pour assurer un rapide développement. Les Reptiles écailleux et les Poissons sont presque tous carnivores; cependant, parmi les premiers, les Iguanes, les Cyclures, etc., vivent de feuilles ou de fleurs; on connaît chez les seconds le régime herbivore des Cyprinides et l'allongement approprié de leur intestin.

Tribu des lillCAMlEWS.

Les entomologistes les plus récents s'accordent à séparer ces insectes des Lamellicornes, dont ils n'ont formé longtemps qu'une division. Le caractère dislinctif prédominant, en ce sens qu'il ne manque jamais, est la structure des antennes. Elles sont formées de dix articles, brisées ou au moins géniculées, dont les trois à sept derniers, devenant assez semblables à des dents de peigne, perdent toute mobilité, tandis que dans les Scarabéiens les antennes sont toujours composées, à la partie terminale ou massue, d'articles mobiles à la façon de lamelles ou de feuillets de livre ou comme les doigts de la main étendus. De là les noms de Pectinîcornes, de Priocères, ou Serricornes, C. Duméril, donnés comme synonymes de Lucaniens, nom tiré du genre principal. En outre, le système nerveux, dont l'importance est si grande pour la classification, nous offre dans les Lucaniens une chaîne de ganglions abdominaux distincts de ceux du thorax, tandis que dans les Scarabéiens la chaîne ventrale est réduite k une grosse masse thoracique, par une concentration plus parfaite, indiquant un rang sériai supérieur. Les larves des Lucaniens n'ont pas de plis transversaux à leurs anneaux sur la région dorsale, comme celles de l'autre tribu, et l'anus est longitudinal et non transversal. 11 est vrai qu'un passage s'établit, comme nous verrons, par les Passales, au point de vue du système nerveux et des larves, mais nos classifications sont toujours approximatives, et aucun groupement n'est possible si l'on exige une rigueur absolue.

Les Lucaniens sont de toutes les parties du monde. Les espèces des régions tempérées, de taille grande ou moyenne, sont en général do couleur sombre, noire ou brune; certaines espèces exotiques ont des teintes brillantes. Le régime paraît exclusivement végétal. Elles sucent la miellée de certains arbres, les sucs odorants qui coulent de leurs plaies, ou mangent des bourgeons et des feuilles. Trôs-accidentellemcut

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