‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservationChapitre 31 sur 67 · COPRIS. Û · texte numérisé non relu

COPRIS. Û

colonel Sykes, on trouva à Poona, en extrayant du sable, des boules dures et fermées ; elles furent d'abord prises pour des boulets de pierre, et renfermaient des nymphes qui donnc'rent naissance, au bout de plus d'une année, au C. Midas. Mais il ne mentionne pas avoir vu les adultes en façonner de pareilles. Celle grande espèce, du genre actuel Heliocopris, Hope, est trés-répandue ; car elle est, aux Indes orientales le H. Midas, Fabr., en Nubie gigas, Linn., en Egypte Isidis, Latr., en Arabie bubalus, Schonherr, en Cafrerie pijramideus, Ziegler. La bouche de ces insectes, comme celle des Coprophages pilulaires, montre qu'ils ne peuvent manger que des matières semi-liquides ou très-molles. Les jambes intermédiaires et postérieures sont plus ou moins robustes et dilatées à l'extrémité, ce qui n'a pas lieu chez les Pilulaires qui sont moins fouisseurs ; les tarses diminuent graduellement de largeur de la base au sommet, et les antérieurs manquent quelquefois, surtout chez les mâles. La tète et le prothorax sont trèssouvent munis de cornes ou de tubercules, surtout chez les mâles. Les différences sexuelles sont en général très-prononcées. L'abdomen a six segments en dessous, tous soudés.

GENRES PRINCIPAUX

COPRIS, Geotfr. — Front muni ordinairement d'une corne cliez les mâles et d'une carène transversale chez les femelles. Antennes de neuf articles, les trois derniers en massue. Corselet cornu ou tubercule en dessus chez les mâles, impressionné ou muni d'une carène transversale chez les femelles; pas d'écusson. Tarses antérieurs grêles, existant dans les deux sexes.

L'étude du genre Copris est malaisée par suite du grand nombre de ses espèces, des moditicalions continuelles, dans une même espèce, des armatures de la tête et du corselet, enfin des profondes différences entre les sexes. Tous les Copris sont de couleur foncée, en général d'un noir brillanL Ils s'écartent peu des bouses dans lesquelles ils vivent, et se pratiquent au-dessous une retraite, les petites espèces en grattant superficiellement le sol, les grandes en y creusant des trous qui ont souvent plus de 30 centimètres de profondeur. Il y a environ cinquante espèces du genre tel qu'il est réduit actuellement, principalement des régions chaudes de l'ancien monde, et quatre de l'Amérique septentrionale, ainsi le C minutus, Drury. Ces insectes volent rarement, et font entendre une stridulation en frotlant le bord postérieur des élytrcs contre les arceaux supérieurs terminaux de l'abdomen (propygidium et pygidium). Le plus souvent les œufs sont pondus dans les trous de retraite sous les bouses et entourés de matière excrémentitielle; il en est qui, dit-on, les placent dans des boules parfaitement fabriquées, mais non roulées. On trouve très-communément, dans les province? méridionales de la France et de l'Lurope, le C. lunaris, Lin.,

hib COLÉOPTÈRES, — SCÀRABÉIENS.

existant aussi dans l'Algérie et le Caucase^ et remontant même en Angleterre, ù corps épais et convexe, noir, trés-luisant , avec un chaperon semi-circulaire légèrement incisé au milieu antérieurement, et portant une corne élevée, longue, recourbée et pointue dans le mâle, courte et tronquée dans la femelle, dont Olivier avait fait à tort une espèce sous le nom de C. emarginatiis. Le corselet, tronqué en avant et offrant en arrière un contour en demi-lune, porte trois cornes, celle du milieu large, obtuse, bifide ; les élytres portent huit sillons longitudinaux. L'espèce existe assez rare près de Paris, et paraît rechercher de préférence les crotlins de chevaux dans les lieux sablonneux. Geoffroy l'appelle le Bousier capucin. — Nous figurons une espèce de Java, le C. hellator, Chevrolat, pi. xxiv, fig. 10, décrite dans le texte de VIçon. de Guér.-Mén. (p. 81). Citons encore le C. hispanus, Linn., ou paniscus, Fabr., de l'Europe méridionale.

PHArt'.Et'S, Mac Leay. — Front des mâles ordinairemeiit muni d'une longue corne, remplacée par une carène transversale ctiez les femelles. Pattes trèsrobustes ; tarses antérieurs nuls cliez les mâles, très-petits et parfois aussi absents chez les femelles.

Les Phanœus sont des insectes des deux Amériques, sauf le contour arctique, ayant les formes robustes des Cojms, dont ils partagent les mœurs. Comme eux aussi ils produisent une stridulation en frottant l'abdomen contre les élytres.

Beaucoup recherchent les excréments, ainsi ceux des Tapirs, mais ne creusent pas de trous en dessous ou des trous très-peu profonds. Il en est qui, par une différence de régime, recherchent les matières animales décomposées, ainsi les poissons rejelés au bord des fleuves (ex. : P. Milon, E. Blancli., de la Plata) ; ils ont alors l'odeur musquée et fétide à la fois propre aux Nécrophores et aux Silphes. Certains Phanées du Paraguay ensevelissent en quelques heures les cadavres des serpents et des rats. Les Phanées se hâtent tellement à se rendre sur les excréments, qu'ils n'attendent pas toujours qu'ils soient entièrement déposés, et que leur arrivée subite causa plusieurs fois une frayeur involontaire aux Européens nouvellement débarqués dans l'Amérique du Sud.

A la dillerence des sombres Copris, les couleurs des Phanœus sont presque toujours brillantes et métalliques. Nous figurons la plus éclatante espèce du genre, le P. imperator, Chevr., de l'intérieur du Brésil (pi. XXIV, fig. 8 ; 8 a, lèvre inférieure et palpe). Ce splendide insecte a été rencontré dans le Tucuman et le Corrientes par Lacordaire et A. d'Orbigny. La tête, à chaperon bidenté et bordé de noir, est d'un cuivreux doré Irès-éclatant, et porte postérieurement une petite corne noire. Le corselet, d'un cuivreux doré, bosselé, olfre au milieu deux larges lâches noires élevées, et des impressions noires

EURYSTERNUS, ONTOPHAGUS. kll

latérales et basilaires. Les élytres, d'un bleu verdatre dans leur moitié basilaire, ont le reste d'une splendide couleur d'or poli, ainsi que les cuisses; le reste des pattes et le dessous du corps sont noirs. Le P. splendiduluSf Fabr., s'étend du Brésil à la Patagonie.

EURTSTEHXl'S, Daim. — Tète reçue au repos dans des excavations inférieures du corselet. Antennes de neuf articles, à massue de trois articles. Écusson en triangle allongé. Tarses antérieurs très-courts.

Ce genre, de couleurs sombres, de mêmes mœurs que les Copris, comptant seize espèces, qui fréquentent les excréments et les plaies des arbres, est propre au Mexique, à la Guyane, au Brésil, à la Colombie, au Venezuela. Les Lurysternes se trouvent surtout dans les bouses de vache, mais sans y creuser de trous, et volent le jour. — Ex. : E, fœtidus, G.-Mén., de l'intérieur du Brésil (pi. xxiv, fig. 5; 5 a, profil), généralement sali par des matières terreuses.

Viennent ici se placer : le genre Bubas, Muls., sans écusson, avec deux espèces noires de 12 à 20 millimèires, bicornes chez les mâles, du midi de la France; les B. bison, Linn., et bubalus, Oliv., et le genre Onitis, Fabr., à tête sans cornes, à petit écusson, comprenant une quarantaine d'espèces des régions chaudes de l'Afrique et de l'Asie, avec trois espèces du contour méditerranéen;, les 0. hunyaricus, Herbst, Jon, Oliv., et Olivieri, Illig.

OWTHOPDAGl'S, Latr. — Tète cornue ou carénée chez les mâles, en général carénée cliez les femelles ; antennes ayant neuf articles, la massue de trois. Corselet grand, en général cornu ou tubercule chez les mâles, assez souvent chez les femelles ; pas d'écusson.

Les Outhopbages sont très-nombreux en espèces, plus de trois cents. Leur taille est moyenne, souvent petite. Outre les bouses, où on les trouve ordinairement réunis en grand nombre, ils paraissent rechercher les matières animales, et certaines espèces sucent les plaies des arbres. Ils volent avec facilité, surtout au soleil ; ils ne s'enfoncent pas d'habitude dans le sol, comme les Copris. A l'époque de la reproduction, les femelles creusent des trous et y enterrent leurs œufs, avec des amas de matières fécales, que certaines espèces, d'après Lacordaire, savent façonner en boules. On trouve ces insectes surtout dans l'ancien monde, dans §es parties chaudes et tempérées, et aussi dans les deux Amériques, l'Australie, la Tasmanie, la Nouvelle-Guinée et à Madagascar. Les espèces les plus communes, de toute l' Europe méridionale et du Caucase, et qu'on peut trouver aux environs de Paris, sont : 0. taurus, Linn., noir, avec très-nombreuses variétés locales, dont l'une

d'Angleterre, çf bovillus, Muls., de 7 à 12 millimètres de longueur, finement ponctué, ayant sur la tète deux très-longues cornes arquées chez le mâle, deux lignes élevées transverses chez la femelle {Bousier à cornes retroussées, GeofTr.). 0. vacca, Linn., de même taille, variant du vert cuivreux au noir bronzé, à élytres jaunâtres à points verts, avec une pointe formant comme deux petites corne., sur la tête du mâle {Bousier à deux cornes, Geoffr.), une simple ligne sur celle de la femelle. Cette espèce, dont une des nombreuses variétés remonte jusqu'en Suède, préfère les bouses de vache. O.Schreberi, Linn., noir, de 5 à 7 millimètres, finement ponctué, à élytres striées avec deux taches rouges {Bousier à points rouges, Geoffr.). Il est des espèces dont les femelles ne savent pas faire de boules autour de leurs œufs, mais qui y suppléent par la ruse. Ainsi, en Provence, se rencontre VO. maki, Illig., noir, à élytres testacées et corselet cuivreux à quatre pointes. Il se précipite brusquement sur les pilules que roulent les Ateuchus, pénètre dedans avec une extrême rapidité, et se laisse ensuite entraîner et enfouir avec elles par leurs constructeurs (M. Mulsant, Jacquelin du Val). Les mêmes mœurs ont été observées dans une espèce du Caucase, 0. trochiscobius, Kolenati. — Nous figurons une espèce exotique, du Sénégal, 0. rarus, G.-Mén. (pi. xxiv, fig. 6), et les détails de VO. vacca, Lian. (pi. xxiv, fig. 7, antenne ; 7a, mâchoire et palpe ; 76, lèvre inférieure et palpes).

Oli'ITICEIiLUS, Lep. Saint-Fargeau et Aud. Serv. — Mômes caractères que le genre précédent, sauf des antennes de huit articles, un petit écusson triangulaire et des élytres plus longues.

Les Oniticelles sont en général de petite taille, ont un grand corselet ovalaire et échancré en avant, une couleur jaune terne, avec des taches et des linéoles noires. Les mœurs sont celles desOnthophages. La France en compte deux espèces jaunâtres: 0. flavipes, Fabr., et pallipes, Fabr. — Nous figurons une espèce du Sénégal et du Cap, 0. pictns, Ilausmann (pi. xxiv, fig. 9), décrite dans le texte de VIcon. de G.-Mén., page 80, sous le nom de 0. formosus, Chevr.

Les Scarabéiens dont la place naturelle est venue ne sont plus tous coprophages ; il en est qui vivent dans la terre, le sable, les détritus végétaux (genres : Ammœcius, Muls., Rhyssemus, Muls., Psammobius, Latr., /Egialia, Latr.). Aussi les organes buccaux sont tantôt entièrement cachés par le chaperon, comme chez tous les Coprides, tantôt en partie découverts, forme de passage aux groupes suivants. Les lobes des mâchoires sont en général coriaces et inermes, mais parfois cornés, dentés, ciliés. Les antennes, insérées sous le chaperon, ont neuf articles ; la massue, courte et épaisse, en comprend trois. L'abdomen présente

APHODIUS. ki^

six segments ventraux, tous libres. Ce sont les plus petits Scarabéiens propres surtout aux régions tempérées, et se trouvant dans tous les pays delà terre, et les seuls Scarabées de terre existant dans les régions froides et même boréales (ytp/iorf/ws Lapponw/n, Gyll., borealis, Gyll.), la Laponie, la Sibérie, le Kamtchatka.

GENRES PRIINCIPAUX.

API10I>ll'!i>, lllig. — Tète tantôt inerme, tantôt ayant de un à trois tubercules^ surtout chez les mâles; antennes à premier article très-long; écusson de grandeur normale. Élytres striées, peu convexes, roides et cassantes, recouvrantes. Pattes robustes.

Les nombreuses espèces d'Aphodies, plus de trois cents, vivent toutes dans les excréments ; quelques espèces semblent préférer les matières animales et le terreau riche en végétaux décomposés. Celles de nos pays appartiennent aux Coléoptères les plus printaniers, et voltigent en grand nombre surtout aux approches du coucher du soleil. Elles se jettent sur les bouses des Ruminants aussitôt qu'elles sont déposées, et percent leur surface de trous nombreux ; simulent la mort en contractant leurs pattes et se collant contre terre quand on enlè\e les bouses. Les femelles, sans industrie, déposent leurs œufs dans la matière où elles vivent et où les larves se développeront. Les antennes de ces larves sont simplement et faiblement arquées. C'est dans les bouses sèches ou au-dessous, à peu de profondeur, que se trouvent les coques à nymphes. Ces insectes sont de tous les pays du monde, même froids.

On peut diviser les Aphodies d'après la couleur des élytres. Ils atteignent rarement une taille moyenne : — 1° Espèces à élytres rouges en tout ou partie : A. fimetarius, Linn., de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie, extrêmement commun, long de 6 millimètres, avec chaperon à trois tubercules, corselet noir brillant, et élytres d'un rouge-brique, striées {Scarabée bedeau, Geoffr.), sortant toujours net et sec des matières stercoraires même liquides, comme d'un bain immaculé; A. qiiadriguttatus, Herbst, d'Europe et d'Algérie, une des plus petites espèces, noir, à pattes rouges, avec deux taches rouges sur les élytres. C. Duraéril dit l'avoir trouvé dans les lieux sablonneux, particulièrement au Champ de Mars, à Paris. C'est à cette division qu'appartient l'espèce que nous tigurons, VA. bimaculatus, Laxm., ou coccinelloides, PaU., de la Russie caucasienne, à élytres rouges avec une tache noire, à pattes rouges (pi. xxiv, fig. 11; lia, lèvre inférieure et palpes). — 2° Espèces à élytres livides ou jaunâtres en tout ou en partie : A. merdarius, Fabr., d'Europe, d'Algérie, du Caucase, très-commun, noir; élytres flaves, striées, à suture noire, ainsi que les pattes. A. conspiircatus, Linn., également très-commun et très-répandu, variant beaucoup, à chaperon tubercule, à corselet, pattes et corps noirs, A élyfros livides et

striées, tachetées de noir {Scarabée gris des bouses, Geoffr.). — 3° Espèces à élytres noires ou brunes : A. fossor, Linn., la Tête armée de Geoffroy, une des plus grandes espèces du genre, atteignant 1/i millimètres de longueur, très-commun, d'un noir luisant, avec chaperon trituberculé, à élytres noires et striées, quelquefois brunes. A. ruflpes, Linn., noir et ponctué, de 12 à 13 millimètres, à élytres striées et ponctuées (le Jayet, GeolFr.), avec les pattes rousses. L'A. lividus, Oliv., est devenu cosmopolite, se rencontrant en Europe aussi bien qu'au Bengale, au Cap, aux Antilles, à Ceylan, aux îles Philippines, à la Nouvelle-Hollande, à la Nouvelle-Calédonie. Les Aphodies ont dû être fréquemment transportés avec les végétaux en caisse, contenant de la terre et du fumier d'herbivores.

CniROi\I, Mac Leay. — Corps très-allongé et cylindrique. Antennes de nevf arlicles, pareilles à celles des Aphodius. Élytres allongées, cylindriques, ne recouvrant pas le pygidium libre et obconique. Pattes robustes.

La forme extérieure des Chiron avait fait placer ces insectes dans la famille des Lucaniens, bien que leur massue antennaire ne soit nullement pectinée. Ces insectes sont des régions chaudes de l'ancien continent, de métamorphoses et de mœurs inconnues. Ils comptent actuellement neuf espèces. Le type est le C. digitatus, Fubr., de forme allongée et cylindrique, qui se trouve aux hides orientales.— Nous figurons le géant du genre et aussi du groupe de Scarabéiens qui nous occupe, le Ç. grandis, Gory, du Sénégal^ pi. xxv, fig. 2; '2 a, tète vue en dessous; 2 b, labre ; 2 c, membre antérieur (cuisse, jambe, tarse).

Les Scarabées de terre qui doivent terminer l'étude du groupe présentent tous les mandibules et le labre non recouverts par le chaperon. il en est d'abord dont les antennes sont formées de dix articles, la massue en comptant trois ; la languette est membraneuse et bilobée, et l'abdomen offre six segments ventraux.

GENRES PRINCIPAUX

nYB.%L.U§), Brull. — Chaperon muni chez les mâles d'une petite corne droite au milieu de son bord antérieur; écusson très-petil. Élytres courtes, convexes, arrondies en arrière.

Les Hybales sont de petits insectes noirs ou noir brunâtre, du pourtour méditerranéen. Leurs neuf espèces doivent vivre dans les lieux sablonneux, comme celle qui s'avance jusqu'à l'extrême midi de la France : c'est ÏH. Dorcas, Fabr., ou cornifrons, Dej., Brull. (pi. xxv, fig 1 : i a, profil ; i b, tête en dessus ; 1 c, tête de prolil ; 1 d, antenne).

OCHODŒUS, HYBOSORUS, LETHRUS. h2'i

OCHODflEU^^, Lep. Saint-Farg. et Aud. Serville. — Chaperon séparé du front par un sillon. Élytres courtes, peu convexes, arrondies au bout.

Ce genre renferme vingt espèces des deux mondes, manquant aux îles Malaises, dans la Polynésie et l'Australie. 11 est formé de petits insectes qui ressemblent d'aspect à des Mtidules, sont tous d'un fauve testacé ou rougeûtre, se trouvent parfois dans le jour sous les détritus végétaux, et se prennent surtout au vol le soir. Une seule espèce se trouve en France, c'est 10. chrijsomelinus, Fabr. — Nous figurons une espèce exotique, du Sénégal, qui lui ressemble beaucoup et est un peu plus grande, VO. rufus, G.-Mén. (pi. xxv, fig. 6 : 6 a, tête en dessus ; 6 b, mâchoire et palpe; 6c, jambe antérieure et tarse, vus du dehors; 6 d, les mêmes en dedans).

OVBOfiiORi;§i, Mac Leay. — Tète courte; premier article des antennes gros et long, massue globoso-lenliculaire. Élytres courtes, très-convexes, arrondies en arrière. Pattes robustes.

Les Hybosores sont des insectes ovales, très-convexes, noirs ou d'un fauve vif et brillant, à élytres offrant des stries très-rapprochées. Ils vivent dans le sable et courent avec agilité à sa surface ; on dit que plusieurs espèces fréquentent les excréments humains. Ils sont surtout de l'ancien continent et du contour méditerranéen. Une espèce, d'Egypte, du Sénégal, d'Espagne, s'étend jusqu'au midi delà France, mais y est fort rare. C'est VH. arator, Illig., ou Illigeri, Reiche (pi. xxv, fig. 10; 10 a, tête grossie, vue en dessus; 10 6, bouche vue en dessous ; 10 c, labre ; 10 e, jambe antérieure et tarse ; 10 f, massue de l'antenne).

Le caractère spécial et exclusif, parmi tous les Scarabéiens du groupe qui suit, est d'avoir onze articles aux antennes, dont trois constituent la massue de forme variable. Ce sont, parmi les Scarabées de terre, les mieux constitués pour fouir. Leurs mandibules et labres cornés, non recouverts par le chaperon, leurs mâchoires le plus souvent cornées et même dentées, indiquent que ces insectes se nourrissent de substances plus dures ; ceux qui sont coprophages peuvcn manger les débris végétaux des excréments non décomposés par la digestion. Ce sont les Scarabéiens qui présentent l'abdomen le plus court, tant les arceaux du thorax sont devenus amples pour insérer des pattes à cuisses épaisses, à muscles puissants. Cet abdomen réduit offre six segments ventraux.

GENRES PRINCIPAUX

l.jRTilRKS, Scopoli. — Tête forte; antennes à massue dont le premier article est en forme de cône creux évasé vers le haut, recevant à l'intérieur le deuxième,

Il22 COLÉOPTËUES.— SCARABÉIENS.

et celui-ci emboîtant le troisième, de sorte qu'au repos on ne voit que la cupule, et que l'antenne paraît de neuf articles, se terminant par un bulbe tronqué. Corselet plus large que les élytres, subcylindrique, largement échancré en avant. Élytres subglobuleuses, très-courtes, rebordées, se rétrécissant en arrière.

Les Lôthres sont de trt's-singuliers insectes, de la faune de l'Asie centrale, répandus de la Sibérie à la Russie méridionale, au nombre de onze espèces. La forme insolite de leurs antennes, avec les articles de la massue en entonnoir, les éloigne des autres Scarabéiens ; aussi C. Duméril les place, à côté des Anthrènes et des Hister, dans une famille hétérogène qu'il nomme Stéréocères ou Solidicornes. Les mâles ont une grande corne au-dessous de chaque mandibule ; la tête et le prothorax égalent au moins en longueur le reste du corps, tant l'abdomen est réduit dans le sens longitudinal. La couleur de ces insectes est d'un noir foncé, parfois bronzé. L'espèce la plus répandue est le L. podolicus, Fischer (pi. xxv, fig. U, tète du mâle en dessus, avec mandibules cornifères; li a, mâchoire et palpe; U b, massue de l'antenne; h c, lèvre inférieure). Cet insecte habite la Russie méridionale, la Turquie, et s'étend jusque dans l'Allemagne orientale. Fischer, qui l'a observé à Moscou, nous apprend qu'il est très-nuisible à l'agriculture; sort régulièrement pour aller à la provision, coupe les jeunes feuilles des plantes et les bourgeons au sommet des végétaux cultivés et surtout des vignes, les transporte en les plaçant sur ses pattes postérieures et descendant à reculons le long des tiges, ce qui est aussi son mode habituel de fuir, et les dépose dans des trous en terre creusés à l'avance. Chaque trou est habité par un mâle et une femelle. Le mâle défend sa femelle et son domicile conjugal avec intrépidité contre les mâles non appariés qui cherchent à troubler son ménage. Il s'engage une lutte opiniâtre entre les deux mâles. Le propriétaire s'avance à l'entrée du trou et lutte vigoureusement contre son adversaire, pendant que la femelle, pour interdire la retraite à son époux, le pousse dehors jusqu'à ce que le mâle étranger ait abandonné le champ de bataille. Souvent même un des deux mâles perd le combat avec la vie. Suivant Koy et Bœlim, la vigne dans le sud-est de l'Allemagne, alors qu'elle commence à développer ses feuilles, n'a pas d'ennemi plus redoutable. Aussi les vignerons poursuivent-ils ces insectes avec la plus grande animosité, et les tuent impitoyablement lorsqu'ils tombent entre leurs mains : on trouve dans la campagne des espaliers entiers garnis de ces insectes pendus ou accrochés et sans vie. Leur nom vulgaire est Schneider, signifiant coupeur, tailleur, d'après leurs habitudes. Les élytres sont soudées , les ailes manquent en dessous. D'après MM. Gemiainger et de Harold, une seconde espèce très-voisine, le Z.. apterus, Laxmann, s'étend de la Hongrie à la Sibérie. Ces deux espèces doivent avoir été souvent confondues, car on leur applique à toutes deux le nom de cephalot.es, Pallas, Les mandibules des mâles desLethrus, cor-

GEOTRUPES. 423

nifères et bien plus développées que celles des femelles, avaient porté les premiers auteurs qui les connurent, notamment Pallas, à les ranger près des Lucanes ou Ceri's-volants. — .\ous figurons une espùce de la Russie méridionale, le L. longhnanus, Fisch. (pi, xxv, fig. 3), à caractères moins accusés.

«EOTRtPKS, Latr. — Tête médiocre; cliaperon rhoniboïdal, rebordé; antennes épaisses, à massue formée de lamelles. Élytres ovales-oblongues ou hémisphériques, selon la forme analogue du corps. Pattes robustes.

Les Géotrupes sont des Scarabéiens d'assez forte taille, de couleur uniforme et foncée, mais à reflet métallique noir, bleu foncé, bleu violet, vert plus ou moins cuivreux, et la teinte peut varier dans la même espèce. Ils possèdent des organes de stridulation spéciaux et très-différents de ceux de divers autres groupes de Scarabéiens : c'est une saillie transversalement striée et située au bord postérieur des hanches de la troisième paire, laquelle, quand ces hanches se meuvent, frotte contre le bord postérieur de la cavité cotyloïde, qui est formée, comme d'habitude, par le bord antérieur du premier segment abdominal. Une monographie du genre Géotrupes a été publiée par M. H. Jekel {Ann. Soc. entom. Fr., 18G5).

La majeure partie des espèces de Géotrupes présente le corselet inerme. Tels sont, parmi les plus communes, répandues dans toute l'Europe et le Caucase : le G. stercorarius, Linn., à élytres striées, tantôt noir, tantôt bleu, tantôt d\in vert bronzé, brillant en dessus, tandis que le dessous est d'un bleu verdâlre. Sa taille varie de 15 à 25 millimètres. Cet insecte, très-commun, surtout dans les crottins des chevaux et ayant de nombreuses variétés locales, est appelé, par les gens de la campagne, Fouille-merde ou Mère à poux, à cause des Gamases (Acariens) dont il est fréquemment couvert, ainsi que les Nécrophores, les Bourdons, etc. Le G. vernalis, Linn., plus petit, d'un bleu foncé, souvent avec reflets rougeâtres sous certaines inclinaisons, sans fortes stries sur les élytres, répandant une odeur musquée assez prononcée, présentant plusieurs variétés. Ces deux espèces étaient nommées par Geoffroy, le (jrand Pilulaire et le petit Pihdaire. C'est qu'en effet ils forment, dit-on, avec les excréments des bœufs ou des chevaux, des petites boules qu'ils ne roulent pas, mais où ils enterrent leurs œufs, et le second, d'après Sturm et Kirby, se servirait de crottins de mouton comme de petites boules toutes faites. Latreille assure qu'on employait autrefois ces deux insectes, ou au moins certaines parties de leur corps, comme les cuisses, qui ont un brillant éclat cuivreux, dans la coifl'ure des dames. En continuant la revue des espèces vulgaires, nous rencontrons le G. sylvaticus, Panz., ressemblant au stercorarius, mais d'une couleur plus bleue, de 12 à 18 millimètres. Cette dernière espèce se trouve dans les bois, au milieu des Bolets, et sa larve

U2ll COLÉOPTÈRES. — SCARABÉIENS.

vit de la bouillie qui résulte de la pourriture de ces gros champignons. Les deux autres espèces, ainsi que la plupart des Géolrupes, vivent exclusivement dans les excréments des herbivores et aussi dans ceux de l'homme. — Nous tîgurons une espèce du même groupe, le G. Blackburni, Fabr. (pi. xxv^ fig. 5), d'un beau vert doré métallique, de l'Amérique du Nord. D'autres Géotrupes, moins nombreux en espèces, ont le corselet armé d'une à trois cornes, rudimentaires chez les femelles : ainsi le G. Tijphœus, Linn., d'Europe et d'Afrique (s.-g. Minotaurus, Muls.). C'est le Phalangiste de Geoffroy, par la ressemblance de ses trois cornes du corselet avec les piques de la phalange macédonienne.

Les Géolrupes volent le soir, par les soirées chaudes et calmes de l'été, en faisant entendre un bourdonnement sourd, et le laboureur qui regagne sa chaumière en augure à bon droit du beau temps pour le lendemain. Ils rasent la terre d'un vol court, sinueux et mal dirigé, se frappent souvent contre les obstacles et retombent étourdis. Ils creusent sous les amas stercoraux des trous verticaux ou obliques, ayant parfois plusieurs décimètres de profondeur, à l'ouverture desquels Is se tiennent pendant le jour, occupés à satisfaire leur appétit, et prêts à s'y réfugier en cas de danger. Ils sont très-utiles en intercalant ainsi les engrais dans le sol. Le soir, ils chargent leurs trachées d'air, en refoulani le fluide dans les stigmates par des mouvements de leurs élytres, se dressent sur leurs pattes de derrière et prennent leur essor ; mais souvent leur premier coup d'aile, frappant l'air avec trop de force, les rejette en arrière sur le dos, et ils doivent s'y reprendre à plusieurs fois. Ils se renversent suplesol, si l'on cherche à les saisir, et contrefont le mort en étendant, leurs pattes, qui demeurent inflexibles, sans doute pour dégoûter les oiseaux, surtout les corneilles, qui ne mangent que des insectes vivants ; toutefois cette ruse ne saurait les garantir des attaques de tous les oiseaux, dont plusieurs espèces leur font une guerre acharnée. On dit même, mais je laisse à Latreille la responsabihté du récit, que l'Écorcheur ou Pie-grièche {Lanius collurio, Gmel.) les emporte en grand nombre et les embroche aux épines du Prunellier, pour les retrouver, dans ce garde-manger rustique, quand la faim se fait sentir. On dit aussi que le Nécrophore germanique attaque parfois et tue les Géotrupes.

Les métamorphoses du G. stercorarius ont été bien observées par M. Mulsant. Voici sa description (1) ; « Quand la femelle se prépare à sa ponte (ce qui, pour le plus grand nombre, a lieu en automne), elle creuse un trou quelquefois de ZiO centimètres de profondeur, et même plus. On dirait qu'en descendant aussi bas dans le sol, elle prévoit que les jours de la larve dont la naissance aura lieu pourraient être menacés par la bêche du jardinier ou la charrue du laboureur, si elle rapprochait davantage de la terre la demeure qu'elle lui pré-

(1) Mulsant, Coléoptères de France, Lamellicornes, 1842, p. 345,

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pare. I.es mandibules cornées, qui font à peu près l'office d'un groin de porc, ï^cs pattes, les antérieures surtout, fortes, tranchantes et dentelées, sont les instruments que lui a donnés la nature pour parvenir à son but. Avec leur aide, l'espèce de puits qu'elle entreprend est bientôt achevé. Il est probable qu'elle y monte et descend plusieurs fois pour percer la paroi de cette galerie verticale et lui donner une dureté analogue à celle du pisé. Ces préparatifs terminés, elle construit dans le fond, et le plus souvent avec de la terre, une sorte de nid ou de coque ovoïde ouverte d'un côté. Dans ce berceau artistement uni à sa paroi interne, elle colle un œuf blanchâtre de la grosseur d'un grain de froment ; puis elle entraîne et entasse au-dessus de la niche qui a reçu son dépôt les matières stercorales placées à sa portée, de manière à en former une espèce de saucisson de 10 à 12 centimètres de longueur. On en trouve quelquefois deux, rarement trois sous une même bouse. Le nombre des pontes semble assez limité. L'œuf déposé reste à peine huit jours dans cet état. Il en sort bientôt une larve, analogue pour la forme à celle du Hanneton, d'une couleur ardoisée, et revêtue d'une peau dont la délicatesse craindrait les moindres injures. Heureusement elle n'en a pas à redouter. Elle s'engraisse en s'élevant progressivement dans l'espèce de tuyau rempli d'aliments à sa convenance. Quelque temps après a lieu sa dernière métamorphose. Quand la ponte se fait dans le milieu ou vers la fin de l'automne, la transformation en insecte parfait s'opère au commencement du printemps, ou même quelquefois vers la fin de l'hiver, si le temps est doux. » Certains auteurs affirment que les larves desGéotrupes nuisent à l'agriculture, en ce que, se nourrissant d'abord des bouses qui les entourent, elles s'enfoncent ensuite dans d'autres directions, et dévorent les racines des plantes, comme les larves de Hannetons. Les observations précédentes de M. Mulsant rendent cette croyance peu probable.

Les Gcotrupes ont près de quatre-vingt-dix espèces dans les divers pays des deux mondes, surtout de l'ancien ; elles manquent en Malaisie, en Polynésie et en Australie.

.^TllYREls», Mac Leay. — Tète allongée; chaperon muni d'une carène dentelée; antennes à massue grande et lenticulaire. Écusson très- étroit. Élytres courtes, très-convexes, rétrécies en arrière. Hanches intermédiaires fortement écartées, tandis qu'elles sont contiguës, ou du moins pas plus écartées que les hanches des autres paires, dans les Scarabéiens du même groupe. Métastcrnum ayant au milieu un disque.

Les Athyrées sont des Coléoptères exotiques des régions chaudes des deux mondes, mais peu fréquents en Afrique, toujours rares, de moyenne (aille, la plupart de couleur brune ou d'un fauve terne, volant le soir à ras du sol, et creusant des trous profonds sous les bouses. Us comptent une quarantaine d'espèces. Nous représentons une

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espèce du Brésil, VA. tridentatus, Mac Leay, var. castaneuSf G.-Mén., de Cuba (pi. XXV, fig. 7; 7 a, corps en dessous, montrant les derniers caractères indiqués pour le genre). Elle est d'un fauve marron assez vif, avec trois tubercules sur le corselet, les élytres ponctuées et velues et tout le dessous du corps garni de longs poils jaunes.

BOLBOCERA^i, Kirby. — Caractères pareils à ceux des Athyreus,a.\ec quelques différences. Corps plus court, plus globuleux que chez les Athyreus ; écusson en large triangle (caractère très-différent). Élytres régulièrement striées (caractère très-différent). Hanches intermédiaires contiguës ou peu séparées.

Ce genre renferme plus de quatre-vingts espèces des deux mondes et d'Australie. La tête et le corselet des Bolboceras sont souvent pourvus de carènes, de cornes, de tubercules, souvent très-bizarres chez les mâles, s'oblitérant chez les femelles. Les plus curieux sous ce rapport sont de l'Australie. Ces insectes sont habituellement d'un fauve plus ou moins vif. Cette couleur est très-accusée dans l'espèce figurée, qui est du Sénégal, le B. fulvum, Gory, décrit dans VIcon. de Guér.-Mén., page 8à (1) (pi. xxv, fig. 8 ; 8 a, corps grossi et vu en dessous, pour montrer la différence avec les Athyreus; 8 b, tète en dessus ; 8 c, tôle en dessous ; 8 d, mâchoire et palpe ; 8 e, antenne, la massue étalée).

Les Bolboceras sont très-peu nombreux en Europe et peu répandus. Ils sont de forme globuleuse, à téguments luisants et glabres supérieurement, à élytres régulièrement striées. Chez les mâles le corselet a des dents ou des saillies en avant, et la tète une corne plus ou moins développée ou modifiée, mais immobile. Parmi ces petites espèces de Bolboceras européens, nous citerons le B. imicorne, Schrank, d'Angleterre, de France, d'Allemagne ; le B. galUeum., Muls., du midi de la France, d'Espagne, d'Algérie. Long de 12 millimètres environ, il est globuleux et tout noir, se trouve dans des trous profonds ou dans les Truffes.

On a détaché du genre Bolboceras quatre curieuses espèces d'Europe et d'Amérique tempérées, pour en faire le genre Odontœus, Klug. Les types sont: 0. mobilicornis, Fabr., très-rare, de toute l'Europe, long de 8 millimètres, brun, fauve en dessous, et 0. pUcornis, Say, de l'Amérique du Nord. Elles offrent sur le front des mâles une très-longue corne grêle, étroite, articulée dans une sorte d'espace membraneux, et mobile pendant la vie, particularité sans autre exemple connu parmi les Coléoptères. Tous ces insectes se prennent le plus souvent au vol, à l'entrée de la nuit, comme les Athyrées. On les rencontre aussi sous les excréments à demi desséchés de l'homme et des herbivores dans des trous profonds. Les Bolboceras d'Europe et les Odontées sont toujours fort rares. Jacquelin du Val dit, à propos de \0. mobilicornis, que le corselet est bitubcrculé en avant au milieu, chez les mâles, avec

(t) Ce n'est peut-être pas une autre espèce que le B, sencgalense, Cast.

TROX. k21

une corne recourbée de chaque côté, ou simplement quatrituberculé. Cet insecte, ajoute-t-il, vole le soir à trî-s-faible hauteur dans les Luzernes, les prairies. Nous engageons donc les amateurs à essayer de prendre de cette manière, en fauchant, cette espèce physiologiquement si curieuse et fort recherchée pour les collections. On le trouverait bien plus rarement, selon Jacquelin du Val, sous les ex'créments secs et parmi les détritus des inondations, et enfin dans les estomacs des Crapauds et des Engoulevents, qui s'en repaîtraient volontiers. Toutefois les espérances pourraient bien être déçues sur ce dernier point, car M. E. Blanchard dit : « Quelques personnes ont prétendu que les Crapauds et les Grenouilles recherchaient cet insecte pour en faire leur nourriture; elles assuraient qu'il était facile de l'obtenir en éventrant des Crapauds et des Grenouilles. Nous avons tenté nous-même en vain cette expérience, et divers entomologistes qui l'ont également tentée n'ont obtenu aucun résultat (1). »

Les derniers Scarabées de terre n'ont plus les pattes de devant propres à fouir le sol, mais uniquement destinées à la marche ; les jambes antérieures ne s'élargissent pas et sont faiblement dentées. Les mandibules et le labre sont cornés et à découvert, les mâchoires le plus souvent membraneuses et inermes. Les antennes ont neuf ou dix articles, avec une massue de trois, en général lamelleuse. Les hanches intermédiaires sont toujours contigûes, et l'abdomen n'a en dessous que cinq segments. Ces insectes sont répartis surtout le globe, de mœurs peu connues, paraissant fréquenter les sables et se nourrir de divers débris organiques, mais non d'excréments. — — >

GENRE PRINCIPAL

TROX, Fabr. — Tète petite, contractile; antennes de dix articles. Corselet convexe, lobé, cchancre. Élytres oblongues ou ovales, convexes, souvent couvertes d'aspérités.

Les Trox sont des insectes qui courent à terre dans les lieux secs et arides, dans les sablonnières, où l'on comprend peu comment les espèces aptères peuvent trouver pour se nourrir des matières organiques. Ils recherchent les cadavres desséchés, dont ils rongent les parties tendineuses. On les rencontre aussi au pied des arbres, vivant de débris végétaux décomposés. Un certain nombre de Trox ont les élytres soudées et manquent d'ailes; les autres ont des ailes, mais s'en servent peu. Ces insectes sont souvent couverts de terre ou de poussière, et ont des couleurs sombres externes, une taille petite ou moyenne, une

(1) E. Blanctiard, Histoire des Insectes. Paris, Firmin-Didot, 1845, t. 1, ji. '204.

forme ovalaire ou oblongue, des téguments coriaces, dur , plus ou moins raboteux en dessus, et les élytres (ordinairement chargées de tubercules en séries longitudinales.

Il existe près de cent espèces de Trox, répandues dans toutes les régions des deux mondes, sauf la Polynésie. Il n'y en a qu'une espèce en Australie, le T. alterncms, Mac Leay. Nous trouvons assez communément dans les environs de Paris : le T. hispidns^ Laicharl., noir, allongé, de 8 à 9 millimèlres, avec corselet raboteux à trois sillons, élytres striées à points saillants, avec faisceaux de poils entre les sillons, se plaisant au bas des coteaux sablonneux ; le T. sabnlosus, Linn., ressemblant au précédent, mais plus petit, avec lignes enfoncées rugueuses sur les élytres; le T. scober, Linn., de très-petite taille, avec poils roussatres sur ses élytres striées et son corselet sillonné en long. — Nous figurons une espèce du Pérou, d'un gris terreux terne, décrite dans le texte de Vlcon. de Guér.-Mén., p. 85: le T. œger, Guér.-Mén. (pi. XXV, âg. 9 ; 9 a, sa tête ; 9 h, lèvre inférieure et palpe ; 9 c, mâchoire et palpe; 9d, labre ; 9 e, mandibule).

Les Trox contrefont le mort quand on veut les saisir, contractent leurs pattes et enfoncent leur tête sous le corselet, en faisant entendre un petit murmure qui résulte du frottement de l'abdomen contre les élytres soudées ou accolées, qui remplissent l'office d'une voûte vibrante. Les Trox et les genres voisins du même groupe ne peuvent contracter leur corps en boule. D'autres genres du même type peuvent rentrer leurs pattes sous le corps, replier la tête horizontalement en dessous, et incliner le corselet à angle avec les élytres, de manière à présenter l'aspect d'une boule. Ils se rattachent au genre Acanthocerus, Mac Leay, et, à part deux espèces de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Calédonie, sont tous américains.

Ici se termine l'examen rapide des Scarabées de terre dont le régime, sauf l'exception du genre Lethrus, si anomal encore sous d'autres rapports, se compose de matières organiques diversement décomposées. Ils formeraient à eux seuls la première section des Scarabéiens, adoptée par les entomologistes les plus modernes et fondée sur les stigmates abdominaux, si un dernier groupe, de mœurs toutes différentes, vivant sur les fleurs, ne s'y rattachait forcément par le même caractère anatomique, tandis que l'aspect et les habitudes les associent à certains genres de l'autre section. On ne peut conserver dans les classifications certains rapports sans en rompre d'autres ; c'est une imperfection nécessaire et inhérente à toutes nos tentatives pour représenter approximativement les groupes naturels à liaisons variées et multiples, qui semblent défier toute coordination absolument exacte.

Nous devons faire remarquer que toutes les larves connues des Scarabéiens étudiés jusqu'ici ont les mûchoircà à deux lobes (Bousiers,

ULAPHYKLIS. M9

Aphodies, Géulrupes, Tro\), ot qu'au contraire celles des genres qui suivront ont les mâchoires à un seul lobe (Scarabées, Hannetons, Trichies, Cétoines). Il faut malheureusement ajouter que le trùs-petii nombre de ces larves encore étudié ne laisse pas à la précision de ce caractère toute la certitude désirable.

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