GENRES
ATRAC'TOCERIS, Paliss. Beauv. — Antennes courtes, robustes, fusiformes. Élylres très-courtes et squamiformes. Ailes plissées au repos eu éventail et plus courtes que l'abdoiuen, élargi et déprime, de six segments.
Ce genre, si bizarre d'aspect et ressemblant à des Névroplères^ comprend dix espèces disséminées dans les zones (orrides des deux continents. Il est ligniperde, sauf quelques espèces du Brésil vivant dans les Bolets. Les ailes fermées sont très-analogues aux ailes pointues des Courtilières (Orthoptères). INous représentons l'espèce la plus commune au Brésil, A. hrasiliensis, Lepell. et Serv. (pi. xxxvii, fig. 8), qu'on prend le soir à l'intérieur des maisons, où la lumière l'attire.
BVLŒC'ETIS, Latr. — Antennes courtes, robustes, dentées. Élytres recouvrant l'abdomen, parallèles, acuminées à l'extrémité. Abdomen de six segments et sept cbez le mâle.
Le type de ce genre est un insecle d'un rouge fauve mêlé de noir, \E. dcrmrstoïdes, Linn., à mâle beaucoup plus petit que la femelle, à corps noir, tandis qu'il est jaune chez la femelle, commun dans le nord de l'Europe, beaucoup moins répandu au centre, vivant dans le Chêne, le Bouleau, le Pin. La larve est allongée, cylindrique, recourbée en arrière, à peau molle, mais âpre par des spinules. La tête est rétractile dans un prothorax renflé en capuchon, et les organes buccaux pareils à ceux des larves à'Anobium. Il n'y a pas de slemmates, et il existe trois paires de pattes. Les segments sont transversaux, et le dernier de l'abdomen se prolonge supérieurement en une très-longue saillie conique, terminée par deux petits crochets cornés, et présentant sur ses côtés des aspérités de même nature. Il y a neuf paires de stigmates, une prothoracique, huit abdominales, comme à l'ordinaire. Nous représentons une espèce très-voisine, VH.javanicus, Chevr., de Java (pi. xxxvn, fig. t); 9 o, son antenne). U y a neuf espèces d'Europe, des deux Amériques, du Gabon et de Java.
Ll'MEXVLOM, Fabr. — Antennes grêles, filiformes. Elytres molles, un peu plus courtes que l'abdomen, celui-ci de cinq segments.
Les forêts de Chênes de l'Europe septentrionale nourrissent en abondance le L. navale, Linn., fort rare au contraire aux environs de Paris. Plus petit que l'espèce précédente, il est jaunâtre, avec l'extrémité des élytres brune. Lu larve est encore plus grêle et plus allongée que celle de 1'//. derrnestoïdcsy et sa peau est plus lisse. Ses segments sont plus
LYMEXYLON. — PTINIDES. 5h9
larges que longs, et le dernier segment se renfle en lurme d'ampoule arrondie en arrière. La nymphe est allongée et svclte comme l'adulte. (;ette larve, ainsi que la précédenle, attaque les arbres abattus ou encore debout, mais malades, et y creuse des galeries horizontales, profondes de près d'un décimètre, dont elle élargit l'entrée au moment de la nymphose, afin d'assurer une sortie facile à l'adulle. Les deux larves vivent exclusivement de bois. Le T.. navale doit son nom à ce que sa larve cause parfois les plus grands dommages dans les objets de chêne des arsenaux maritimes. On a proposé, pour la détruire, les fumigations, les substances volatiles, comme le sulfure de carbone, moyens peu efficaces contre les insectes enfoncés dans des galeries et fermant leurs stigmates. Le mieux est de préparer à l'avance les bois, soit parle procédé Boucherie, où l'absorption des substances préservatrices se fait sur des liges vi\anlcs, au printemps, lors de la montée de la sève ; soit par injection par la pression atmosphérique déterminée par la machine pneumatique. On introduit ainsi dans les bois de construction la créosote, le sulfate de fer ou d'alumine, des solutions arsenicales, etc. Nous figurons de nombreux détails du L. navale (pi. xxxvn, fig. -10, adulte; 10 «, antenne du mâle; 10/", antenne de la femelle; 106, labre; 10 c, mandibule du mâle ; 10. 7, id. de la femelle ; 10(/, m;lchoire du mâle, avec appendice flabellé; iOfi, id. de la femelle; 10 p, lèvre inférieure du mâle ; 10 /, id. de la femelle). 11 y a une seconde espèce d'.Amérique septentrionale, une troisième de Ta?manie.
IL — PTIMDLS.
Latreille avait réuni ce groupe au suivant, sous le nom de Ptiniores; mais ces deux groupes ditl'èrent par l'aspect et par plusieurs caractères notables. Les Ptinides sont de petits insectes, de forme généralement subovalaire, allongée ou oblongue, et plus rarement courte et fortement gibbeuse. On les trouve dans les maisons, dans les vieux troncs d'arbres, dans les brandies mortes, sous la mousse, les lichens, les pierres, etc. Ils sorteni après le coucher du soleil et également avant son lever (.lacquelin du Val). Leur nourriture se compose de matières animales desséciiées, de débris et détritus divers.
La tète des Ptinides est infléchie ou verticale, plus ou moins enfoncée dans le corselet, le plus souvent invisible d'en haut. Les antennes sont filiformes et presque toujours de onze articles. Le corselet, obliquement coupé en dessous dans sa partie antérieure, et plus ou moins en forme de capuchon, n'offre pas de lignes latérales de suture. L'abdomen a en dessus cinq segments apparents, et les hanches postérieures ne sont pas cxcavées pour recevoir les cuisses au repos. On consultera pour ce groupe, qui ne renferme pas loin de quatre cents espèces, une monographie de Hoieldieu {Ann. Soc. entom. de Franre, 185/i, bull. f.X.WILel 185(1, p. 285).
550 COLLOPTÈRES. — PTINIENS.
GENRES PRINCIPAUX
PTIXIS, Linn. — Élytres de forme variable, mais non comprimées latéralement, toujours ponctuées et pubescentes. Jambes peu ou point comprimées^ non frangées.
Les Ptines ont des espèces nombreuses et trùs-répandues dans les habitations, sous les mousses et les vieilles écorces, et très-souvent sous les pierres dans les pays chauds. Les femelles d'un assez grand nombre d'espèces sont aptères. Certaines espèces communes sont un grand fléau pour les collections d'histoire naturelle. C'est surtout le cas du P. fur, Linn., nommé par Geoffroy Bruche à bandes, qu'on trouve dans les granges, les greniers, les poulaillers, les colombiers, où il habite les nids, etc. 11 se rencontre en Europe et dans l'Amérique septentrionale. Le mâle est cylindrique et allongé, la femelle plus ou moins ovale. Sa larve ressemble beaucoup à celle des Anohium.
Le /*. fur, long de 3 1/2 millimètres environ, est d'un brun plus ou moins roussâtre, ayant sur les élytres deux taches de pubescencc blanchâtre. Non moins nuisible aux collections est le P. latro, Fabr., d'un roussâtre obscur, de 3 millimètres, de même forme qne le précédent dans les deux sexes, sans taches. Une espèce plus rare est représentée pi. xxxvn, fig. 1 : c'est le P. italicus, Aragona, de l'Italie centrale. Les soixante-seize espèces connues du genre Ptinus sont d'Europe, de Madère, d'Algérie, d'Egypte, de Cafrerie, de l'île de France, de Sibérie, du Kamtchatka, de Ceylan, des îles Wallis, de Taïti, de l'Amérique septentrionale, de la Havane, du Venezuela, du Brésil, du Chili, de Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande.
Dans un genre très-voisin, Uedobia , Latr. (qui vit dans les maisons), se trouvent sept espèces d'Europe, d'Algérie, de l'île de France et du Mexique. Nous citerons H. imperialis, Linn., de 3 à 4 millimètres, d'un brun noirâtre, à corselet caréné, bidenté en arrière, à élytres subrectangles, ayant chacune une tache sinuée et argentée en pubescence blanchâtre, de sorte que les deux taches réunies simulent grossièrement l'aigle à deux têtes.
GIBBIIIM, Scopoli. — Élylres ampullacées, comprimées latéralement, très-lisses et glabres. .ïambes comprimées, fortement et très-densément frangées sur leur bord externe.
Les insectes de ce genre sont des plus singuliers parmi les Coléoptères, par la forme bossue de leur corps, leur corselet très-court, anguleux en arrière dans son milieu, les cuisses longues et très-renflées, contournées. Le type est le G. scotias, Fabr., ou la Bruche sans ailes de Geofl'roy, offrant assez bien la couleur et l'aspect d'une gouttelette de sang desséché, ou d'une très-grosse puce, de 3 millimètres, d'un brun
ANOBIlDtS. — ANOBIUM. 551
roLigeùtre tr("'3-brillant, assez rare, d'Europe et d'Algérie, se trouvant parfois en grande quantité à la fois dans les parties vieilles et malpropres des habitations, dans les vases, les cuvettes placées dans les coins obscurs. Ses hanches postérieures s'insèrent dans des cavités cotyloïdcs closes de toutes parts et hémisphériques ; ses élytres emboitenl presque entièrement l'abdomen et se soudent ; il n'y a ni écusson ni ailes dans les deux sexes ; enfin, les diverses parties de la bouche ofi'rent des poils composés très-curieux, ressemblant à de petites plumes. Cet étrange insecte a été trouvé plusieurs fois en Egypte, en quantité considérable, dans des vases antiques contenant des matières résineuses qu'on suppose l'y avoir attiré. Il est représenté pi. xxxvii, fig. 6 (6 (/, labre; 6 6, mandibule ; 6c, mâchoire; 6(1, lèvre inférieure et palpe; 6 e, antenne). Trois autres espèces delà Turquie, de la Havane, de Colombie.