CRYPTOCEPHALUS
ment, dit-il, elles y trouvent de petits morceaux de bois. Elles rappellent un peu, en raison de leur courbure, celles des Lamellicornes, ainsi que l'avait vérifié de son côte M. E. Blanchard.
M. Tappes a constaté que la plupart des larves de Cryptocéphales, sinon toutes, quand elles arrivent au terme de leur croissance, vont se fixer sur une feuille ou un brin d'herbe, qui leur sert à clore l'orifice de leur fourreau et à les tenir hors des atteintes de l'humiditc, qui aurait bientôt ramolli et pourri cette enveloppe. Pour augmenter l'adhérence, elles percent le plus souvent la feuille, et forment de l'autre côté une espèce de rivet qui les en rend inséparables. Le gros bout, qui doit donner passage à l'adulte, est relevé, et fournit de cette manière à la larve qui s'est retournée une position plus commode pour accomplir ses métamorphoses, et à l'adulte, pour couper l'opercule qu'il doit soulever pour sortir.
Les Cryptocéphales d'Europe sont très -nombreux dans sa zone moyenne, surtout dans ses régions les plus chaudes, diminuent beaucoup vers le Nord , et sont aussi moins abondants dans les parties les plus australes du continent européen. Il y a des espèces dont le corps est noir ou d'un noir bleu, avec les élytres d'un jaune testacé ou rouge , tachetées de points noirs. Tel est le C. imperiaiis, Fabr., de 5 à 7 millimètres (pi. Lvni,fig. 2), particulier à l'Europe occidentale, à corselet glabre, avec les élytres finement ponctuées, ayant chacune cinq points noirs. L. Dufour a observé à Saint-Sever (Landes) le fourreau de sa larve, de 10 millimètres environ, ovoï(h^, oblong, un peu courbé, noirâtre, lisse en dedans, arrondi et convexe au gros bout, le petit bout tronqué perpendiculairement, entouré d'un bourrelet, séparé du disque operculaire de la nymphose par une gouttière. Après l'éclosion, on voit très-bien la calotte du gros bout opposé à l'opercule, détaché par l'adulte. Des fourreaux analogues, plus courbes, plus petits, de 6 millimètres, appartenaient au C. fulcratus, Germar.
D'autres Cryptocéphales sont d'un bleu d'acier, avec les pattes noires : ainsi le C. violaceus, Fabr., de 5 millimètres, cà élytres rugueuses, relevées en bosse de chaque côté de l'écusson, très-rarement d'un bleu violet, le plus souvent bleu noir; d'autres, d'un vert métallique un peu bleuâtre ou un peu doré: tels le C. seriœiis, Linn., de 7 millimètres, rugueux et pointillé, d'un vert doré, bleu violet ou roug(! pourpré, à yeux et antennes noirs, le Velours vert de Geoffroy, commun sur les fleurs ; le C. Hijpochœridis,L\i\n.,(\elid 5 millimètres, moins rugueux et à points plus fins, commun dans les prés, sur les fleurs de Pissenlit. Ces deux espèces sont de toute l'Europe, surtout occidentale et méridionale.
On peut consulter, sur les Cryptocéphales en général, le travail de Sutfrian sur les espèces d'Europe {Linnœa entomologica, t. H, 111), (|ui a été traduit en résumé par M. L. Fairmaire (Ann. Soc. entom. de France, 18^8, p. 285; 18/i9, p. 163, et 1850, p. 271) ; et un mémoire de M. Tappes {op. cit., 1869, !«■" frim., p. 5, et 1871, p. 253), et avec plus de développe-
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ment dans l'Abeille. Nous figurons une antenne de Cryptocephalus (pi. Lvni, tig. 7).
Le groupe des Cassides nous offrira des larves où la protection par les excréments est moins complète que chez les Tubifères. Ces larves sont ovalaires, larges, épineuses, portant leurs excréments en parasol sur une fourche fixée à la face supérieure du segment anal. Les nymphes sont épineuses, subissant leurs métamorphoses dans une coque fixée aux végétaux.
CAlilSID.%, Linn. — Corps oblong, ovalaire ou hémisphérique, plus ou moins convexe, non épineux. Corselet et élytres dilatés sur les bords en expansion membraneuse recouvrant la tète et tout le corps. Antennes contiguës. Tarses larges et velus en dessous.
Ces Coléoptères sont remarquables par leur forme presque arrondie, avec bords amincis, qui les fait ressembler, quand elles sont collées aux feuilles par le dessous plat de leur corps, à des Tortues d'eau des genres Cistudo, Emijs, etc. Les élytres sont fortement ponctuées ; le dessus du corps a parfois des teintes ou des bandes dorées et opalines, qui disparaissent quelque temps après la mort. Les espèces sont nombreuses et répandues à peu près également dans toute l'Europe, avec prédominance dans le sud et le sud-est. Elles vivent sur diverses plantes. Les larves sont des plus singulières et caractéristiques. Elles sont aplaties, larges, grisâtres, avec tout le corps garni de longues pointes trèsciliées. La face supérieure du segment anal se prolonge en un appendice fourchu, et l'anus s'ouvre de façon que les excréments viennent se déposer sur cette fourche. Quand ces larves sont au repos ou non effrayées , elles laissent tomber la fourche et traînent en arrière ce paquet stercoral ; mais au moindre danger qui les menace, ou si le soleil les incommode, elles relèvent la fourche et son fardeau, qui devient ainsi pour elles un parasol. La larve ainsi abritée se promène en sûreté à la surface des végétaux dont elle dévore le feuillage ; elles échappent de la sorte aux oiseaux, qui ne les voient pas ou qui n'éprouvent que de la répugnance. Par un mouvement brusque elle rejette à volonté l'amas d'excréments. Chez une espèce américaine d'un genre voisin, le ihjphoptera ampulla, Oliv., les evcréments sortent liés les uns aux autres en petits filets articulés qui simulent une perruque. Les larves se fixent aux plantes lors de la nymphose, et façonnent des coques où chacune se change en une nymphe épineuse. Les adultes vivent sur les mêmes végétaux que les larves ; les femelles volent déposer leurs œufs sur les feuilles et les abritent sous des excréments.
Nous avons en France, et spécialement aux environs de Paris, quatre espèces à signaler dans le genre Cassida. La première, qu'il nous
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importe surtout de faire connaître, parce qu'elle est parfois nuisible aux potagers, est le C. viridis, Fabr., de toute l'Europe. D'après M. de Marseul, c'est la môme espèce que le C. rubiginosa, lUig. Le dessous du corps est noir, le corselet et les élytres verts, les pattes jaunâtres avec une partie des cuisses noires. Ou trouve la larve et l'adulte sur les Chardons, ce qui explique; comment l'espèce peut causer un grand préjudice aux Arficliauts. C'est vers le mois de juillet qu'on rencontre la larve sur ces légumes ; chacun de ses segments offre une épine horizontale branchue. Le mamelon anal redressé porte de chaque côté deux filets caudiformes un peu moins longs que le corps et constituant les (leu\ branc'hcs de la fourche sur laquelle s'accumulent en grains humides les déjections mêlées à la vieille peau de la mue. Cette larve broute le parenchyme des feuilles, et les perce jusqu'à leur face inférieure, ce qui fait dessécher la plante. Pour la nymphose, elle se fixe sur la feuille, et la peau fendue de la larve reste rejetée à l'extrémité. La nymphe, toujours verte, est bien plus raccourcie et déprimée que la larve ; elle a perdu ses deux queues. Le corselet a pris la forme large et semi-circulaire qu'il aura chez l'adulte. Il est garni d'épines à son bord antérieur et sur les côtés : le ventre est muni d'épines latérales, larges, plates et dentées. Au bout d'une quinzaine de jours éclosent les adultes, qui mangent aussi les feuilles d'Artichaut. Probablement que les derniers éclos passent l'hiver et vivent jusqu'en juin, où ils pondent. Il n'y a d'autre moyen de détruire cette espèce nuisible que de faire la chasse aux adultes et aux larves, et de les écraser. — Une espèce très-voisine, le C. equestris, Fabr., de 8 millimètres, de toute l'Europe, a le dessous du corps noir, le dessus vert, les pattes et cuisses jaunâtres. Elle vit sur la Menthe, et lors de la nymphose les larves se rassemblent, et les coques des nymphes sont acculées les unes contre les autres, fixées à une tige. Quand les deux espèces qui précèdent, toutes vertes, sont immobiles sur les feuilles, on dirait des excroissances de celles-ci.
On a signalé comme nuisible aux feuilles de la Betterave rouge, et aussi aux Navets, aux Radis, le C. nebulosa, Linn., d'Europe et d'Asie, long de 5 millimètres environ. Les antennes et les pattes sont noires, les élytres rougeûtres, tachetées de noir ; elles ont été vertes dans les premiers jours. Les larves se tiennent sur les feuilles, qu'elles criblent de petits trous ronds. Elles sont d'un joli vert taché de blanc, et ont les côtés du corps armés d'épines barbelées. La nymphe, à corselet en bouclier, est ovale, déprimée, avec segments épineux. Elle est d'un vert vif et luisant, avec les bords du thorax et de l'abdomen blanchâtres et deux raies jaunâtres sur le dos. — Citons encore le' C. thoracica, Kugel., de à à 5 millimètres, de l'Europe et de l'Asie, vivant sur l'Année des prés, à élytres vertes, à corselet brun, à pattes fauves, la Casside verte à corselet brun de Gcoiïroy ; — le C. nobilis, Linn., d'Europe, d'Algérie, du Caucase, ayant environ 5 millimètres, qu'on rencontre
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sur diverses plantes, fauve en dessus, à élytres striées, ornées près de la suture d'une bande d'or, la Casside à bandes d'or de Geoffroy ; — le C. vittata, Fabr., d'Europe et du Caucase, fauve, avec des dessins marginaux noirs pour le corselet et les élytres et les appendices noirs, etc. Parmi les espèces exotiques nous représentons (pi. lviii, fîg. 5), le C. palliata, Fabr., de la Guyane, vert, avec le pourtour des élytres rouge, et une longue tache d'un rouge vif au milieu de chacune.
Il y a une Casside exotique recherchée pour la parure, sa forme permettant aisément de la monter en broches, boutons de manches, pendants d'oreilles. C'est le C. variolosa, Fabr. (genres actuels Oxynodera, Hope, ou Dificomorpha, Chevr., ou Desmonota, Bohem., ou Polijchaka, Chevr. in Dej.), qui arrive en grande quantité du Brésil, d'un riche vert brillant, avec des séries de gros points creux s^ir le corselet et les élytres, analogues à des marques de variole, le tout avec une bordure d'un bronzé rouge. L'avantage de cette [espèce est d'avoir les téguments très-durs et très-résistants, les contours des élytres de la plupart des autres Cassides ne résistant pas au sertissage.
Un genre voisin, Mesomphalia, Hope, est très-curieux par ses élytres relevées au milieu, vers la base, en une bosse pointue unique. Il offre certaines espèces brésiliennes d'un aspect à la fois élégant et bizarre, comme M. gibbosa, Fabr., M. vestita, Dej., M. stigmata, Dej., à fond d'un vert très-sombre et mat, relevé par des taches -ou des semis pulvérulents d'un jaune pâle ou ocreux, à reflet doré. Le Brésil a encore d'autres Mesomphalia de même ornementation.
On consultera, pour le type Cassida et genres annexes, l'ouvrage latin de M. Ch. Boheman, Monographia Cassidarum (Stockholm, aux frais du Roi, U vol., 1850, 1856, 1855, 1862).
OltlOPE,.%T.% , Hope. — Antennes à articles d'abord grêles, puis aplatis et plus ou moins élargis. Corselet presque conique. Élytres à angles huméraux ordinairement prolongés.
Ce genre, démembré des Cassides, est formé entièrement d'espèces de l'Amérique du Sud. — Ex. : 0. spinifex, Fabr. (pi. i.vin, fig. 6, mâchoire et son palpe ; 6 a, lèvre inférieure et palpe ; 6 6, mandibule ; 6 c, labre). Cette espèce est de couleur ferrugineuse, avec les élytres présentant une épine à l'angle antérieur humerai ; le corselet offre aussi de chaque côté une épine transverse.
.%§lPlDOMOnPiiA, Hope. — Antennes courtes, ayant leurs six premiers articles très-grêles, les suivants un peu plus épais. Corselet et élytres parfaitement orbiculaires.
Ce genre offre des élytres très-convexes, devenant gibbeuses derrière l'écusson. La plupart des espèces sont américaines, et l'on avait créé pour elles le genre Deloyala (Chevr. iti Calai. Dej.). 11 y en a des espèces au.x
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Indes orientales, en Afrique, en Australie, etc., et (lrii\ aii sud-est de, l'Europe. Selon M. L. Fairmaire, ce genre doit rentrer dans les Cassida, le caractère tout superficiel de la convexité des élytres présentant tous les passages.
Le dernier degré de dégradation dans la protection excrémentitielle des larves nous est ofl'ert par celles des types Lema et Crioceris. Elles sont courtes oblongues, de couleur brunâtre, non mamelonnées, sans instrument particulier pour porter leurs excréments. Les nymphes subissent leurs métamorphoses sous terre.
liEMA, Fabr. — Tête non rétrécie; antennes écartées à la base, variables; mandibules bifides au sommet. Corselet plus étroit que les élytres à sa base et sillonné à sa base; écusson en trapèze. Élytres subparallèles. Crochets des tarses soudés à leur base.
Ce genre est trés-riche en espèces répandues sur tout le globe, et le nouveau continent en a plus du double que l'ancien. Nous devons signaler d'abord le L. melanopa, Linn., de toute l'Europe, de l'Algérie et du Caucase, de .Sibérie, des îles Canaries. L'espèce devient d'autant plus rare, qu'on s'avance plus au nord, et paraît manquer en Laponie. C'est le Criocère bleu à corselet rouge de Geoffroy. Le corps est d'un bleu d'acier, le corselet, les élytres et les pattes d'un rouge ferrugineux, les antennes et les tarses noii's. La longueur est de /i à 5 millimètres. La larve de cette espèce, ovalaire, d'une couleur rougeàtre très-pàle, pareille de forme et de mœurs à celle des Crioceris que nous décrirons, vit sur les feuilles des Graminées, de diverses Céréales, et surtout notamment de l'Orge et de l'Avoine. Les larves se rencontrenten mai et juin, et deviennent nymphes au pied des chaumes dans une coque terreuse, d'où sort l'adulte au commencement d'août. Au reste, cet insecte n'est que faiblement nuisible. Dans toute TEurope et l'Algérie se trouve encore le L. cyanella, Linn., entièrement d'un bleu brillant, tantôt clair, tantôt foncé , parfois virescent , avec les appendices noirs. Ce Criocère tout bleu de Geoffroy est commun et vit sur un grand nombre de plantes et parfois sous les pierres ou sous les écorces. On trouve encore en France, mais surtout dans les parties orientales de l'Europe, en Hongrie, en Australie, le L. flavipes, Sutfrian, de p(;tite taille, bleu, à antennes noires, à pattes d'un fauve assez vif, vivant sur les jeunes pousses de Millet. Parmi les espèces exotiques du genre Lema, il en est qui sont remarquables par la grosseur considérable des cuisses postérieures ; cependant, pas plus que les Sagra, elles ne possèdent la faculté de sauter, ainsi que Lacordaire l'a constaté sur des sujets vivants du L. violacea, Uej., du BrésiL Nous représentons une espèce de ce type, le L. crassipes, Oliv., de Madagascar (pi. lvh, fig. 9 ; 9 a, tête ; 9 6, antenne). C'est le mâle qui est figuré, d'un fauve uniforme peu brillant,
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avec les antennes, les jambes et les tarses noirs. Les cuisses" postérieures sont très-renflées et ont une dent en dessous.
CRIOCERIIB», Geoffr. — Corps tantôt oblong et convexe, tantôt allongé et un peu déprimé. Antennes robustes, grossissant souvent vers l'extrémité (corne de bélier, nom du genre). Élytres à lignes de points plus ou moins gros. Cuisses renflées -, crochets des tarses libres et simples.
La distribution géographique des Criocères n'est pas tout à fait la même que celle des Lerna. Les espèces, moins nombreuses^, se trouvent dans tous les pays, mais ne dominent plus en Amérique comme les Lema; on en connaît seulement du Mexique sur ce continent. Les mœurs des larves sont fort singulières, billes sont courtes, épaisses et charnues, oblongues, non mamelonnées, en général de couleur terne. Leur peau est fine et délicate. L'ouverture anale, au lieu de s'ouvrir eu dessous du dernier segment, est rejetée en dessus, de sorte que les excréments, très-humides, à mesure qu'ils sortent, sont poussés successivement en avant, ils ne sont portés par aucun instrument particulier, mais forment un amas sur le dos de la larve, amas irrégulier et n entourant pas le corps comme un fourreau. 11 sert à protéger l'animal contre le soleil, et à dégoûter les insectes carnassiers et les oiseaux insectivores. Ces larves sont lentes dans leurs mouvements, et, parvenues à leur croissance, se laissent tomber à terre, s'y enfoncent, et se pratiquent une loge ovale, enduite à l'intérieur de leur salive, dans laquelle elles deviennent nymphes. Les adultes éclosent au bout d'une quinzaine de jours. Quand on les saisit, ils font entendre un bruissement dû au frottement du corselet.
Les espèces du genre Crioceris ont beaucoup d'intérêt, car certaines sont fort nuisibles à diverses plantes. 11 en est d'abord dont les couleurs dominantes sont le rouge cocciné. Ainsi le G. merdiyeia, Linn., de toute l'Europe, noir, avec le corselet et les élytres rouges. C'est le Criocére rouge du Lis de Geoffroy. Cette espèce vit sur la Fritillaire impériale et sur les divers Lis des jardins et Hémérocalles, surtout les Lis blancs. Les larves rongent les feuilles et les perforent en tous sens, puis les tiges. Elles se recouvrent de petits tas de matière gluante et verdàtre ; si on les dépouille de cet enduit protecteur, elles se mettent à manger avec voracité, et en deux heures ont réparé le désordre de leur toilette. Comme ces insectes et leurs larves sont très-visibles, il faut visiter les Lis, enlever et écraser les Criocères. Le Criocére du Lis devient rare dans le nord de l'Europe. On l'indique comme commun en Sibérie. 11 a été transporté et s'est naturalisé dans l'Inde et au Brésil. — Une seconde espèce très-voisine, le G. brunnm, Fabr., d'un rouge plus vif et plus persistant à l'état sec, ayant un peu de noir sur les bords du corselet, le bout de l'abdomen et les pattes en partie rouges, vit, dit-on, sur les Muguets (C'onyaWarî'o). Elle est nuisible parfois aux plantations en
CRIOCERIS, SYNETA. 783
jardin de Ciboule, d'Ail et d'Oignon, couvrant les tiges de milliers de petits œufs d'un rouge pâle, et bientôt de larves salissant les feuilles et dégoûtant profondément les ménagères par les amas humides d'excréments qui les recouvrent. Le meilleur remède est de prévenir l'invasion du mal, en surveillant en avril les sujets d'hibernation qu'on trouve accumulés sur les plants, le mâle cramponné sur le dus de la femelle ; on les enlève et on les écrase. Cette espèce parait, au contraire de l'autre, commune dans le nord de l'Europe ; elle est rare près de Paris.
Les feuilles aciculaires diîs Asperges, dans les i)lants cultivés pour graine, ont souvent beaucoup à soulfrir de deux Criocères à larves et mœurs pareilles à ce que nous avons dit pour le C. merdigera. Lcuirs larves sont d'un vert jaunâtre. L'nne de ces espèces est le C. Asparagi, Linn., de toute l'Europe et du Caucase, d'un bleu verdàtre, avec le corselet d'un roux ferrugineux, orné de deux taches noires, les élytres bleues, avec deux macules d'un jaune blanchâtre sur chacune. L'autre, le C. duodecimpunctata, Linn. (pi. i,ix, fig. 3), de l'Europe et du Caucase, est d'un roux ferrugineux, avec six points noirs sur chaque élytre. Ces deux Chrysoméliens nuisibles ont été nommés par Geoffroy le Criocére porte-croix de V Asperge et le Criocére à points noirs. C'est au mois de juin qu'abondent les adultes de ces deux espèces. Pour remédier au mal, le mieux est de secouer le matin les Asperges au-dessus d'un parapluie renversé, ou d'un iilet de toile à large ouverture, et de brûler tous les Criocères qui y tomberont. L. Dufour a fait l'anatomie des C. merdigera et Asparagi, et a \u que le canal digestif a en longueur environ trois fois celle du corps; que l'estomac est allongé et divisé en deux parties, l'antérieure en massue, la postérieure ovoide {Asparagi), ou cylindrique (merdigera). Le premier renllement est lisse, le second revêtu de papilles externes. L'intestin, assez long, se renfle graduellement en ampoule.
Nous représentons une espèce exotique du genre, le C. Doryca, fioisd., d'un jaune ferrugineux vif, avec l'écusson et les élytres d'un vert bronze obscur très-brillant (pi. lvu, fig. 10, du havre Dorey, à la Nouvelle- Guinée; 10 a, extrémité du paljte maxillaire).
SVWETA, Eschsch., Dej., Lacord. — Tète orbiculaire, élargie dans son milieu ; yeu.x petits, subarrondis, entiers. Corselet plus étroit que la base des élytres, rétréci en arrière et en avant, un peu dilaté et denticulô sur les côtés. Crochets des tarses bifides.
Ce genre n'est représenté en Europe que pur une seule espèce, le S. Betulœ, Payk., d'abord trouvée en Suède, Norvège, Finlande, Laponie, puis en France. Elle vit sur le Bouleau et existe aussi en Sibérie. Les couleurs sont mal arrêtées et tendent à se fondre insensiblement. Le corps est d'un noir brunâtre. Chez le mâle, les élytres ont une même bande jaunâtre au contour, couleur qui, chez la femelle, couvre les élytres, sauf à la suture, et parfois tout le dessus du corps. Les pattes
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sont jaunâtres. Nous représentons (pi. lvii, fig. 11, cette variété femelle; lia, tête et corselet grossis ; 11 6, extrémité du palpe maxillaire ; 11 c, antenne ; 11 d, tarse). Lacordaire fait remarquer que le genre Syneta offre un caractère sexuel très-net, les femelles ayant le dernier anneau abdominal replié en dedans et creusé d'une grande et profonde fossette revêtue d'une tine pubescence blanche.
ItlKtiASCKLI!!», Dej. — Tète courte, obtuse^ à front large; antennes longues, très-grêles, tililormes ; dernier article des palpes maxillaires et labiaux ovoïde, renflé, tronqué au sommet. Crochets des tarses soudés à leur base. Corps presque toujours allongé, parallèle^ ponctué, rugueux et pubescent.
Ce genre est formé d'espèces propres à l'Amérique, presque toutes de couleur métallique, ajant de gros yeux parfois entiers, le plus souvent échancrés.On les trouve isolées ou réunies en petit nombre sur les feuilles des arbustes et des plantes. Quoique les cuisses, oblongues et comprimées partout, soient plus grosses à la paire postérieure, ces insectes ne sautent pas. Nous figurons (pi. Lvn, flg. 12) la femelle grossie d'une belle espèce du Brésil, des environs de Rio-Janeiro, le M. prasina, Clievr. Elle est d'un beau vert-pré olive clair, peu brillante, avec les élytres ayant la base et la bordure jaunes, et la tète couverte en avant d'un duvet soyeux jaunâtre. — Détails : 12 a, tête grossie ; 12 6, antenne ; 12 c, tarse postérieur ; 12 d, terminaison du palpe maxillaire.
RHœBU!^^ Fischer. — Tête ovalaire ; yeux très-grands, très-échancrés ; antennes de onze articles, grossissant légèrement à leur sommet- Corselet subcylindrique, un peu plus étroit que les élyU'es, celles-ci molles et subcylindriques. Crochets des tarses légèrement bifides au sommet.
Une seule espèce, placée à tort par Latreille, d'après le genre de nourriture, dans les Curculioniens, près des Bruches, le /{. Gebleri (pi. xLviu, tig, 2; 2a, tète; 2 6, antenne; 2c, extrémité d'un tarse). C'est un insecte assez allongé, d'un beau vert doré assez brillant, pareil à celui de la Cantharide officinale, un peu rugueux en dessus et couvert d'une courte pubescence blanchâtre. Gebler l'a découvert dans les semences d'une plante de Sibérie, le Nitraria Schoberi, où se trouve la nymphe, ce qui indique pour les larves le mode d'existence des Bruches. L'adulte est très- vif, court de jour et de nuit, et aime la lumière, mais fait rarement usage de ses ailes.
AUJRiUUS, Fabr. — Antennes à premiers articles coniques, les suivants cylindriques, allant en s'atténuant, le dernier pointu. Corselet large; élytres oblongoovales. Cuisses renflées.
Les Alurnes sont des Chrysoméliens de grande taille, ornés de belles couleurs, et propres à l'Amérique méridionale. Nous représentons (pi. Lviu, fig. 1) VA. Vigorsi, G.-Mén.
niSPA, CHAÎJIPUS, CORYNODES. "85
Il l!sil».%, Liiiii. — Corps oblong avec corselet et élytres hérissés d'épines longues et aiguës, sans expansions latérales recouvrant la tète et le corps ; antennes cylindroïdes, conligucs. Corselet plus ctroi que les élytres.
L'aspect bizarre, des Ilispa fait tout dt; suite reconnaître ce genre ; il y a presque toujours des ailes sous les élytres épineuses. Ce sont des insectes de petite taille, dont les larves oblongues, atténuées à leurs deux bouts, mamelonnées latéralement, vivent en mineuses sur les feuilles, et deviennent nymphes dans leur intérieur. Nous n'avons en Europe que deux espèces de ce genre. La plus répandue, de toute l'Europe et d'Algérie, le H. atra, Linn., tout noir, se trouve en été sur diverses plantes sur lesquelles vit aussi sa larve, dont le corps est garni de petits fascicules de poils roides ou d'épines. U a les antennes épaisses et épineuses, de même que le disque du corselet ; sa longueur n'est que de 3 à. à millimètres. Dans le bassin méditerranéen se rencontre une seconde espèce, d'environ 5 millimètres de longueur, le H. tedacea, Linn., d'un roux testacé assez vif, avec les antennes grêles et inermes, ainsi que le disque du corselet. Ses larves vivent sur les Cistes. Nous représentons une espèce exotique, le H. Fabricii^ G.-Mén. de la Nouvelle-Guinée (pi. Lvni, fig. 3; 3 a, portion du corselet montrant la disposition des épines). ■
CHALli^Pl*!^, ïhunberg. — Antennes cylindriques à dernier article pointu. Corselet court et large, à angles antérieurs saillants. Cuisses cjliudriques; jambes antérieures munies chez les mâles d'une épine yu côté interne.
Ce genre, caractérisé surtout par les jambes antérieures épineuses, est formé d'insectes des régions chaudes de l'Amérique méridionale. — Ex. : C. spinipes, Fabr., de la Guyane et du Brésil (pi. Lvm, fig. U, patte antérieure du mâle).
Les groupes que les auteurs systématiques ont établis sous les noms d'Eumolpides, Chrysomélides et Galérucides isopodes, ont en commun des larves courtes, épaisses, colorées, pourvues en général d'une fausse patte anale, le plus souvent mamelonnées, dont beaucoup sécrètent une humeur Aisqueuse, vivant à découvert sur les plantes. Les nymphes subissent leur métamorphose sur les végétaux, ou dans le sein de la terre, conservant souvent la dépouille de la larve adhérente à l'extrémité de leur corps.
COnv.VOUCf^, Hope. — Antennes à derniers articles très-larges et aplatis. Élytres conve.xes, oblongues, plus larges que le corselet. Tète peu dégagée. Avantdernier anicle des tarses profondément bilobé ; crochets bifides.
Ce genre, qui correspond a.u\ Plahjcorynus de M. Chevrolat, est formé d'espèces exotiques, des régions chaudes de l'ancien et du nouveau
78G COLÉOPTÈRES. — CHRYSOMÊLIENS.
continent. — Ex. : C. cyamus, Fabr. (pi. lviii, fig. 13;' 13a, tête; 13 6, tarse antérieur ; 13 c, crochets du dernier article très-grossis). Cette espèce est d'un bleu brillant, à pattes noires, et habite, d'après Fabricius, l'Amérique méridionale.
BROMIIl!^, Redt., partie des Eumolpus, Fabr. et Auct. — Corps court, épais, convexe, pubescent, à tête enfoncée dans le corselet ; antennes très-écartées, assez longues, grêles, grossissant au bout; écusson presque pentagonal. Élytres subcarrées, arrondies à l'extrémité. Crochets tarsaux bilides.
Les larves de ce groupe, les anciens Eumolpus, vivent sur des plantes basses ou peu élevées, à nu sur les végétaux, ne se recouvrant ni d'une plaque ni d'un fourreau d'excréments. Le genre restreint Bromius est formé d'espèces de couleurs ternes, non métalliques. La plus importante est le b. Vitis, Fabr., de toute l'Europe (pi. ux, tig. 1). 11 est long de 5 millimètres, noir, à duvet jaunâtre, avec élytres à stries ponctuées d'un rouge châtain. Cette espèce est extrêmement nuisible à nos vignobles méridionaux. La larve, ovale et d'une couleur obscure, paraît au printemps, s'attaquant aux jeunes pousses, et détruisant souvent les grappes naissantes. L'adulte ronge les feuilles et les grains de raisin. On l'appelle vulgairement l'JEumolpe de la Vigne et l'Ecrivain, car il découpe avec ses mandibules de petites lanières en tous sens dans le feuillage, figurant une sorte de dessin. On le nomme encore Piquebrot et Téte-caclie, à cause de sa tête enfoncée dans le corselet ; Bêche, Lisette, termes impropres, car ils sont surtout donnés aux Charansons. L'adulte pond ses œufs au pied des ceps, où ils éclosent au printemps, et les larves remontent ; ceci explique comment on a proposé comme moyen de destruction la suie recouverte de terre, au pied du cep, après un léger déchaussement. Le Bromius Vitis est rare près de Paris. D'après le docteur ïioisd.avai[ {Essai d'entom. horticole, 179, Paris, Donnaud, 1867), il est fort nuisible au chasselas cultivé à Thomery, près de Fontainebleau, et aux raisins forcés en serre, destinés aux tables luxueuses. On emploie contre lui, dans ces serres, des cailles privées, qui courent en liberté et le dévorent. Dans les vignobles du Midi on organise le ramassage de l'adulte. On se sert pour cela d'un entonnoir de fer-blanc, échancré comme un plat à barbe. On dispose l'échancrure de manière à entourer le cep. L'entonnoir communique à un long filet de toile en forme de sac fermé. On secoue sur l'entonnoir les branches de vigne, et les Eumolpes sont recueillis au fond du filet où ils tombent, puis écrasés , enterrés ou brûlés. Parfois le filet se termine en boyau se rendant a une petite boîte que porte chaque opérateur, et où se rassemblent les insectes. 11 faut opérer de grand matin, quand le B. Vitis est encore engourdi par la fraîcheur de la nuit ; car, dans le jour, il est agile et défiant, et se laisse tomber sur sol, en conliefaisant la mort, dès qu'il entend qu'on s'approche de lui. Une seconde espèce toute
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noire, le B. obscurun, Liiiii., de tuulc l'Europe et du (luuease; vil sur diverses plantes basses. 11 paraît parfois fort nuisible dans les régions méridionales, en détruisant des champs entiers de Trèfle.;
€Olij%$itl*lDEillA, Cast. — Corps brièvement ovalaire, lari^e; antennes assez grêles, ayant les cinq derniers articles en grains de chapelet. Corselet court ; élyties allant en se rétrécissant jusquà l'extrémité, qui est obtuse.
Les espèces de ce genre {Culaphus, Kedt. et Dej.) sont propres aux bords de la Ajéditerranée. L'une d'elles, de tout le littoral africain, très-commune dans la France méridionale, remontant parfois jusq l'a la Loire, répandue égaiemciit en Lspagne, est fort nuisible aux prairies artilicieiles, surtout au.v Luzernes. Llle se multiplie en telle abondance que, sous les attaques réunies des larves et des adultes, les feuilles sont dévorées, et il ne reste plus que des tiges desséchées impropres à la nourriture des bestiaux, et que les champs de Luzerne en paraissent tout noirs. C'est le C. atrum, Uliv., ou burbarum, Fabr. (pi. Lix, tig. 2), d'un noir luisant, avec un peu de brun sur les bords. Cette espèce n'existe point près de Paris, ni dans le nord de la France; mais elle se trouve dans les îles liritanniques, probablement eu raison de la douceur des hivers de leur climat marin. Dans le Midi, ces insectes apparaissent et s'accouplent des les premiers jours de mai, et bientôt la lemelle, gonflée d'œul's, ne peut plus voler et se traîne à grand'peine, tant son abdomen a pris de développement. Llle pond environ cinq cents œufs, qui éclosent en dix à douze jours, et les larves exercent surtout leurs ravages en juin, au point d'empêcher toute espérance de regain dans les années où l'espèce est abondante. La larve, parvenue à toute sa taille, est longue de 6 millimètres et large de 2, noirâtre, ainsi que les pattes, lisse et glabre, à tète ronde, écailleuse et noire.
L. Dufour rapporte que les Luzernes de la province de Valence furent détruites par cet insecte, que les paysans valenciens nomment Cuc (Kouk). Us se servent du fllet faucheur pour l'enlever, et en deux miimles en recueillent plusieurs livres qu'ils écrasent; ce sont des larves mêlées à un vingtième d'adultes. L. iJufuur a trouvé l'espèce dans les Trèfles, près de Sainl-Sever (Landes;. M. Daube, de Montpellier, conseifle, pour détruire cette luneste espèce, de recueillir, le matin, au mois de mai, les lemelles qui pendent à l'extrémité des tiges, et que leur gros abdomen fait facilement découvrir.
Un s'est préoccupé dans le midi de la France des moyens de se débarrasser de cet insecte, nommé vulgairement le ■Séyril, en raison de sa couleur, et qui est un véritable fléau des fourrages. Un a indiqué (le conduire aux champs les poules, avides des larves et des adultes ; on chasse l'insecte eu fauchant sur le champ de luzerne avec une grande poche de tuile attachée à un cercle de fer et hxéeà un long manche. Lu mécanicien de Claira (Pyrénées-Urieiilaies), M. Badoua, a imaginé un
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appareil spc'cial, qu'il a nommé à tort échenilleuse, el qui figurait à Billancourt, dans l'amiexe agricole de l'Exposition universelle de 1867, à Paris. Cette machine se compose essentiellement d'une auge montée sur deux roues légères, qu'un homme pousse devant lui dans les luzernes. Le pignon d'une des roues est relié par une courroie de transmission à l'axe d'une planchette ou vanne mobile, inclinée, tournant sur ellemême à mesure qu'avance la machine, et courbant les tiges de fourrage sans les briser, de manière à les secouer au-dessus de l'auge, qui se remplit d'insectes. On les recueille de temps à autre avec une pelle, et on les enterre ou on les brûle. Cet appareil peut servir pour recueillir le Bromius obscurus ou les Apions des Trèfles, et encore contre un Coccinellien, le Lasia globosa, qui ravage parfois les Luzernes, les Trèfles, les Vesces (1).
Le genre Eumolpus, Kugelan, très-voisin des Bromius et restreint à des espèces exotiques, est un de ceux qui partagent, avec les genres de Buprestiens à éclat métallique, le privilège de servir à la parure des dames, et de rivaliser parfois avec les gemmes au milieu des riches montures de la bijouterie. Le commerce se procure même certains Chrysoméliens exotiques avec plus de facilité que les Buprestes, pour lesquels, selon les caprices de la mode, certaines espèces deviennent introuvables pour les collectionneurs, enlevées à tout prix par le commerce de luxe. Le Brésil nous envoie en quantité énorme, à pleins bocaux, ÏE. platypus, Hoffmannsegg, de 15 à 20 millimètres, d'un vert métallique uniforme à reflet bleu. 11 sert à orner les coiffures, à garnir des robes de bal, se mélange aux fleurs artificielles, etc. On emploie également une espèce plus de moitié plus petite, d'un genre très-voisin, le Culaspis, Fabr., flavipes, Oliv., vert ou bleu métallique, à pattes jaunes, du Brésil et de la Bolivie. On doit ajouter à ces espèces trèscommunes d'autres insectes, dont la rai'eté est le seul obstacle à un emploi commercial régulier, mais qui peuvent servir à l'ornement et s'utiliser en bijouterie par leur magnifique éclat. Ainsi : E. amethystinus, Dejean, du Brésil, à corselet violet, à élytres d'un violet bronzé ; les sujets de Bolivie ont les élytres d'un magnifique violet pourpre ; — E. fulgidus, Oliv., du Brésil, à corselet bleu, à élytres variant du rouge de feu au bleu et au vert bronzé le plus vif ; ces deux espèces atteignant 20 à 25 millimètres ; — E. fui g ur ans, Uannerheim, de Bolivie, analogue, mais plus petit ; — E. surinamcnsis, Fabr. , de la Guyane, tout entier d'un beau vert métallique ; — £. tetragonaspis, Heiche, de la Bolivie, de 20 à 25 millimètres, entièrement d'un bleu superbe. — D'autres espèces,
(1) Maurice Girard, G^nie rural, etc. : Insectologie agricole, i.\U, p. 120, avec planche. Paris, Donnaud, 1869.
EURYOPE, TIMARCHA, GHRYSOMELA. 789
pareilles en couleur et en éclat, miiis plus petites, E. brachialis, Heiche, de la Guyane ; E. chahjhœus, E. Blanc.h., de Bolivie ; etc.
RliRVOPE, Dalman. — Antennes dont le premier article est épais et les cinq derniers articles en dents de scie larges et courtes. Tète peu déiragée -, élytres plus larges que le corselet.
Ce genre est composé d'espùces africaines. — Ex.: E. quadrimaculata, Oliv., du Sénégal, d'un fauve rougeàtre, avec deux taches noire, sur chaque élytre (pi. lvui, fig. 12 ; 12 a, tète grossie).
T1M.%RCII.4, Latr. — Corps ovalaire ou presque globuleux, massif, convexe, glabre. Antennes grosses et moniliformes ; palpes à dernier article gros, ovoïde, tronqué. Élytres soudées; pas d'ailes. Pattes insérées par paires à égale distance, avec tarses robustes, à articles égaux, dilatés, parfois très-larges chez les mâles, surtout aux pattes de devant.
Les Timarches sont des insectes à démarche lente et dont la forme rappelle les Pimélies (Ténébrioniens) ; leur couleur est le plus souvent noire ou noir blemltre, parfois métallique. Us sont toujours ponctués, mais avec une intensité trés-variable. Les espèces sont difficiles à distinguer les unes des autres, et le meilleur caractère à invoquer pour leur classification est dans la forme des bords latéraux du corselet. M. Ilerrich Schteffer y établit deux groupes: 1° Prolhorax bordé latéralement d'un bourrelet étroit, accompagné en dedans d'un léger sillon. Dans cette catégoriese trouventle T. tenebricosa, Fabr., de 10 à 12 millimètres, noir (pi. Lix, fig. 4, profil ;Zi a, dessous), ou noir bleu, presque mat, en •dessus, très-finement ponctué, à corselet rétréci en arrière, à élytres globuleuses ; le T. coriaria, Fabr., plus petit, de 8 millimètres environ, assez brillant, d'un noir bleu, parfois presque violet, plus globuleux, à corselet à peu près de même largeur partout, à points bien plus gros. Les deux espèces sont communes partout, se trouvent sur le sol dans les sentiers, le long des haies, aux lisières des bois ; quand on les saisit, elles laissent suinter un liquide d'un rouge vif de groseille. 2° Un autre groupe d'espèces, moins nombreux, ofl're le prolhorax sans bourrelet latéral ni sillon. Nous y mentionnerons une espèce brillante;, de couleur cuivrée, le T. metallica, Fabr., à points peu serrés, à antennes et pattes d'un brun rougciltre. On le troiuc en France, dans l(!s Vosges.
Les espèces de Timarches sont iu)mbreuses au bord de la Méditerranée, surtout dans la péninsule Ibérique, nuiis le Nord n'en possède guère que trois espèces. Elles sont également très-peu répandues dans le S. E. de l'Europe.
CURl'fëOniEI.A, Linn. — Corps ovalaire ou oblong, parfois presque globuleux, glabre. Tète enfoncée dans le corselet ; antennes écartées à la base, insérées près des yeux, grossissant souvent vers l'extrémité. Corselet transversal, un peu
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rétréci en avant, en général aussi large à sa base que les élytres. Pattes robustes, à cuisses fortes, avec tarses à troisième article cordiforme, mais non bilobé, et crochets simples.
Le nom de ce genre, qui avait autrefois une extension considérable et qui comprend encore beaucoup d'espèces, vient de pomme d'or, à cause des couleurs éclatantes d'une grande quantité des espèces. En général ces couleurs sont métalliques, variant du cuivreux au vert doré, ce qui explique pourquoi on recherché ces insectes pour la parure, soit entiers, soit en fragments imitant des gouttes de feu. Il en est de noires, parfois avec une bordure rouge ; certaines ont les élytres d'un rouge brique. Les femelles se distinguent par un corps plus massif, plus bombé, les antennes, les tarses et les palpes moins développés, et une fossette au dernier segment ventral. On peut consulter pour l'étude de ce genre le travail de Suffrian (Linnœa entomologica, t. V). Il a établi des subdivisions d'après la forme du corps, la sculpture des téguments, les couleurs, l'habitat, etc. ; mais il y a tous les passages.
Les larves des Chrysomèles, souvent sociales, peu mobiles, vivent à découvert sur les feuilles, qu'elles trouent de manière à n'y laisser que les grosses nervures, sans fourreau, ni enduit. Elles sont épaisses, colorées, à sécrétions visqueuses, et munies d'un pseudopode anal qui leur permet de se fixer pour la nymphose, la nymphe adaptée au végétal conservant la dépouille de la larve adhérente à l'extrémité du corps.
Les Chrysomèles sont nombreuses dans les régions chaudes du globe ; elles vivent sur les plantes basses. On en trouve dans toute l'Europe, mais surtout dans la région de pourtour de la chaîne de toutes les Alpes ; il y a beaucoup d'espèces spéciales aux parties les plus chaudes du continent européen, tandis que l'extrême Nord est très-pauvre eti espèces.
Nous avons à indiquer un assez grand nombre d'espèces, car elles abondent. On se sert comme oi'nement d'espèces d'Europe d'un riche éclat métallique, telles que le C. Graminis, Linn., de toute l'Europe, du Caucase, du Maroc, de 7 ta 8 millimètres, à corps oblong, très-convexe, à corselet dépourvu de sillons latéraux, peu rétréci en avant, trèsabondant dans les herbes des clairières des bois, d'un vert bleuâtre, brillant, à élytres légèrement ponctuées, le grand Vertubleu de Geoffroy ; — le C. Menthastri, Suffr., commun dans les lieux humides, sur les feuilles des Menthes en France et en Allemagne, espèce ressemblant beaucoup à la précédente, mais d'un beau vert brillant un peu doré, non cuivreux, à corselet très-rétréci en avant; — le C. fastuosa, Linn., d'Europe et du (Caucase, le petit Vertubleu de Geoffroy, se trouvant sur les Rlés, d'un vert doré ou bronzé brillant, employé pour la parure comme le C. Graminis, avec la suture des élytres bleue et une bande parallèle de même couleur sur les élytres : on le prend parfois communément à Lardy ; — le C, Cereaiis, Linn., de France, d'Allemagne, du sud de la Russie, des Alpes
CHRYSOMELA, DORYPHORA. 791
et d'Algérie, se trouvant sur les Genêts, de 7 à Smillimôtres, doré, orn de trois bandes bleues sur le corselet et de cinq sur les élytres, l'Arlequin doré de Geoffroy; — le C. americana. I.inn., du pourtour méditerranéen, accidentellement près de Paris, la Chrijxomele à galons de Geoffroy, d'un vert bronzé, à élytres ornées de cinq stries rouges, à ailes rouges, vivant sur les Labiées. Ces deux espèces ont sur les élytres des lignes ponctuées géminées.
Les espèces où les couleurs métalliques ne dominent plus nous offrent : le C. sanguinolenta, Linn., d'Europe et d'Algérie, de 7 à 8 millimètres, à corselet épais et séparé par une longue impression assez large et ponctuée, la Chrysomèle noire à bordure rouge de Geoffroy, trèscommun sur les Crucifères, noir, à élytres très-chagrinées, ornées d'une épaisse bordure rouge ; — le C polita, Linn., d'Europe et du Caucase, à dessous du corps d'un vert obscur, la tète et le corselet dorés, celui-ci lisse, avec une longue impression ponctuée de chaque côté, les élytres d'un brun jaunâtre, sur le Saule, la Ckrijsomèle rouge à corselet doré de Geoffroy ; — le C. lurida, Linn., des mêmes régions, noir, à élytres rouges striées près de la suture, la Chrysoméle rouge à corselet noir de Geoffroy.
Les jeunes amateurs feront bien de rechercher dans nos montagnes des Alpes et des Pyrénées, sur les plantes basses. Séneçons, Tussilages, Cacalies, etc., de très-belles Chrysomèles oblongues, moins coriaces, qui y vivent en familles nombreuses : ainsi le C. snperba, Oliv. (pi. ux, fîg. 6), de 8 à 11 milhmètres, d'un vert métallique, avec les élytres d'un rouge cuivreux, et deux bandes d'un beau bleu à la suture ; — le C. Senecionis-, Schum ou Cacaliœ, Schrank, de 7 à 8 millimètres, allongé, bleu, avec une bande plus foncée sur les élytres ; — le C nigriceps, L. Fairmaire, de 8 à 9 millimètres, allongé, parallèle, d'un rouge-brique, avec la tête noire, à Gavarnie, dans les Pyrénées, etc. Ces Chrysomèles monticoles constituent le sous-genre Oreina de M. Chevrotât.
UORVPIIORA, lUig. — Antennes filiformes, de longueur moyenne; tète assez grande, inclinée. Corselet transversal, très-échancré en avant; élytres grandes et convexes. Sternum avancé en une pointe forte et souvent recourbée. Pattes assez grandes. Corps arrondi, convexe, ailé.
Ce genre est formé par des Chrysomèles ornées de belles couleurs, de taille au-dessus delà moyenne, des régions chaudes de l'Amérique.
Un groupe! de Doryphores a de riches couleurs à reflet métallique. Ainsi D.viridis, Dej., du Brésil, d'un vert passant au bronzé; — D. pyroplera^ Germar, du Brésil, à corselet violet, à élytres vertes à reflet bleu, ou d'un cuivré ardent; — D.Langdorjii, Germar, du Brésil, rare, ù corselet d'un vert vif et brillant, ainsi que les bords suturaux et externes des élytres, dont le milieu est d'un rouge de feu violacé, d'un éclat incomparable ; — D. saphirina, Forsfer, de la Guyane, totalement d'un
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bleu splendide. Cette espèce a été essayée pour la bijouterie, maia abandonnée comme trop sombre après le montage. On se sert pour les tons bleus d'un Buprestien, le Sligmodera amœna, du Brésil, bleu, bande jaune, très-brillant aux lumières.
Un autre groupe de Doryphores n'a pas de reflets métalliques ; le fond est en général d'un jaune mat, de l'ocreux au testacé pille, avec des points noirs ou des macules noires très-variés. Nous figurons dans type D. muUipunctata, Chevr. (pi. ux, fig. 7, profil), montrant la pointe antérieure sternale, espèce du Brésil, de Bolivie, de Colombie.
A consnlUiv : Chrijsoinélides de V Amérique, latin et français, par Sta. (2 vol., Upsal, 1863).
PHŒDO^ff, Latr. — Corps ovalaire, convexe, métallique. Antennes peu épaissies au bout; palpes terminés en pointe. Élylres à bord réfléclii, mais presque uni, non en goulticre.
Ces Coléoptères ont une coloration bronzée, un corps globuleux, très-dur. Ils vivent presque tous sur le bord des eaux, et surtout sur les Crucifères. Une espèce est souvent très-nuisible aux cultures du Cresson {Sisymbrium Nasturtium) dans des ruisseaux artificiels, ou cressonnières, que la consommation de cette plante salubre fait établir près des grandes villes. Au mois de juin, on trouve souvent ses larves dans le cresson mal épluché des tables de restaurant. C'est le P. Cochleariœ, Fabr., de France, d'Allemagne, du Caucase, de 3 millimètres 1/2 (pi. lix, 11, antenne; lia, tarse antérieur; 116, palpe maxillaire ovale), court, convexe, d'un bleu verdâtre luisant, à dessous du corps noir, à antennes et pattes d'un noir bronzé. I^es œuts, jaunes et cylindriques, sont pondus au commencement de mai, et chacun collé dans une petite fossette sous la feuille. Les larves, qui atteignent 5 à 6 millimétrés de long, sont ovales-allongées, un peu atténués postérieurement, à la tête arrondie, noire, avec deux antennes coniques noires, l.e corps est d'un vert noirâtre avec rangées de tubercules noirs, surmontés d'un poil court, blanchâtre. Vers le milieu de juin, les larves se changent en nymphes d'abord d'un blanc jaunâtre, puis devenant noirâtres, ovales, convexes, garnies de lignes longitudinales de soies noires. A la fin de juin, commencent à paraître les adultes, et il se trouve encore des larves non métamorphosées; une partie des adultes doit hiverner. Il faut citer encore le P. Belulœ, Uinn., de toute l'Europe, vivant sur diverses Renoncules, sur le Veronira lieccabunua, le Phelliindrium aquat icum, c[c., la Chrysomèle bleue du Saule de, Geoffroy, arroiuli, noir en dessous, bleu en dessus, avec des rangées de points sur les élytres.
PLAGIODEKA, PRASOCURIS. 793
PL,.%(iilODER.%, Redt. — Corps très-brièvement ovalnire, très-plat en dessous, convexe en dessus. Pattes très-courtes.
L'espùce-type ressemble beaucoup aux Phœdon, mais a les téguments mous, et non durs. C'est le P. Armoraciœ, Linn., de toute l'Europe, de l'Algérie, du Caucase, noir en dessous, à base des antennes rouge, d'un bleu violacé et métallique en dessus, ayant l'aspect d'une Coccinelle. Cet insecte vit dans les lieux humides sur une foule de plantes trèsdiverses, le Cresson, le Plantain, le Cochlearia Armoracia, les Ranunculus, les Saules, les Peupliers et même les Hêtres. Les élytres ont sur le bord un repli en gouttière profonde.
PR.tSOCmiN, Latr., ou Helodes, Payk. — Tète médiocrement enfoncée dans le corselet; antennes à premiers articles cylindriques, les cinq derniers courts et très-élargis. Corps allongé, parallèle, déprimé en dessus.
Les Prasocuris, répandus dans presque toute l'Europe, sont propres aux végétaux des localités humides. Nous citerons le P. Deccabungœ, lUig., ou violacpcr, Fabr., de toute l'Europe, de U millimètres de longueur, à corps oblong, à élytres striées de petits points, partout d'un bleu verdâtre uni. Il vit sur la Véronique aquatique {Veronica Beccabunf/a), plante spontanée dans les ruisseaux et les terres imprégnées d'eau, ayant des propriétés médicinales, dont on mange les feuilles cuites et assaisonnées ou crues et en salade. Elles ont uu goût de cresson, avec moins d'ûcreté, et peuvent avantageusement être mêlées à lui, lors de sa floraison, et le rendre mangeable. Vers la fin de mai, les feuilles offrent souvent des larves couvertes de tubercules piUfères, d'un vert noirâtre, allongées, allant en s'atténuant, qui creusent les feuilles en mille endroits et dévorent tout le parenchyme. Les femelles déposent leurs œufs dans des galeries qu'elles creusent en long à l'intérieur des tiges. Les larves en sortent, et chacune, dans la seconde quinzaine de juin, rentre dans la lige en y creusant une galerie centrale au fond de laquelle elle se change en nymphe oblongue, allongée, d'abord blanchâlre, puis noirAtre. Si l'on juge dans quelque propriété la Beccahunga assez utile, soit comme aliment, soit pour ses jolies grappes de tleurs bleues, pour qu'il soit bon de détruire son insecte ennemi, il faut profiter des mœurs de celui-ci. On coupera les tiges à fleur d'eau vers le 20 juin, et on les fera sécher, ce qui fera périr et les œufs et les larves qu'elles récèlent. Citons encore le P. marginella, Linn., de Suède, de France, d'Allemagne et des Alpes, d'un vert bronzé, à corselet et élytres bordés de jaune, vivant sur les Renoncules aquatiques. Nous représentons une espèce voisine de P. Beccabungœ, le P. Hannouerana, Fabr., vert noirâtre, bordé de jaune (pi. Lix, fig. 8; 8a, tarse antérieur; 8 6, ses crochets), espèce de Suède, de France, d'Allemagne et de Suisse.
794 COLÉOPTÈRES.— CHRYSOMÉLIENS.
CaSTKOPOYSA, Redt. — Corps ovalaire, épais, convexe ; élytres finement marginées, fortement ponctuées.
Dans ce genre, l'abdomen des femelles prend un développement énorme, ce qui indique un passage aux Galéruques, que nous avons également trouvé chez le Colaspidema alrum. On trouve dans toute l'Europe et le Caucase leG.Polygoni, Linn., d'un bleu verdâtre, avec corselet et pattes rouges, la Chrysomèle verte à corselet rouge de Geoffroy. En Allemagne et dans le midi de la France, se rencontre le G. Raphani, l^abr., qui nuit souvent aux potagers, particulièrement aux Navets. La larve est noirâtre et garnie de tubercules piligôres, et la nymphe récente est blanchâtre, raccourcie, ovalaire.
I.IU'A, Redt.-—- Antennes ayant les cinq derniers articles élargis. Palpes terminés par lin article large. Corselet notablement plus étroit à la base que les élytres, court, largement écliancré au bord antérieur ; élytres amples, plus ou moins élargies en arrière.
Le genre Lina a été détaché des Chrijsomela, à cause de ses pattes plus courtes, de ses antennes moins longues, épaisses et comprimées vers l'extrémité, du corselet plus étroit, etc. Il est formé d'espèces propres aux parties froides ou montagneuses de l'Europe, paraissant vivre exclusivement sur les arbres et arbustes de la famille des Amentacées. Les larves sont d'aspect tout autre que celles des Chnjsomela. Au lieu d'être lisses et métalliques, elles sont rugueuses, mates et ornées de couleurs variées.
Deux espèces causent parfois de grands dégâts aux jeunes plantations de PeupUers, de Trembles et de Saules marsaults, dont les feuilles sont réduites en véritable dentelle de nervures par des larves vivant en famille et provenant d'oeufs que les femelles pondent en mai à la face supérieure des feuilles. L'espèce la plus répandue, de toute l'Europe et du Caucase, est le L. Populi, Linn. (pi. ux, fig. 5), atteignant 11 millimètres, ayant les appendices noirs, la tête, le dessous du corps et le corselet d'un vert bleu noirâtre, les élytres d'un rouge-brique ou d'un fauve rougeâtre, avec une petite tache bleuâtre commune à l'extrémité. Une seconde espèce est très-voisine, moins étendue géographiquemeul, de France, d'Allemagne, de Russie, est le L. Tremulœ, Fabr., plus petit, plus allongé, à élytres plus arrondies au bout, d'un rouge plus terne, moins cocciné, à ponctuation plus forte, n'ayant pas la tache bleuâtre de l'extrémité des élytres. Le rouge de ces deux espèces se ternit en collection, comme celui des Criocères.
Les larves des deux espèces sont pareilles, subcyUndriques, s'atténuant postérieurement, d'un gris blanchâtre, mais couvertes de tubercules noirs, à savoir, un grand écusson noir luisant sur le prothorax,