‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservationChapitre 7 sur 67 · ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE. —TÉGUMENTS ET MUSCLES · texte numérisé non relu

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE. —TÉGUMENTS ET MUSCLES

cipe fondamental des tissus végétaux. D'après M. Fremy, la chitine pourrait se représenter uniquement comme du carbone et de l'eau ; mais, cependant, serait profondément difl'érente de la cellulose, en ce qu'elle ne produit pas de glucose par l'acide sulfurique, ni de composé analogue au pyroxyle par l'acide azotique. Cette opinion est contredite par les derniers travaux de M. Stadeler, qui considère la chitine comme azotée, de formule (;'8Hi"'AzO'"-, et pouvant donner du sucre, sous l'influence des acides ou des alcalis. MM. Lehmann et Schmidt regardent aussi la chitine comme azotée. Tontes ces questions ont besoin d'être encore élucidées (1).

Le type le plus simple de l'anneau d'une zoonite est un cercle chitineux, comme on le voit dans les Annélides apodes ; il se complique fréquemment par l'addition d'une paire, et quelquefois de deux paires d'appendices. Dans ce cas, le cercle se subdi\iie en deux arceaux, l'un dorsal, l'autre ventral j un appendice ou un stigmate peut s'intercaler entre eux ; le plus souvent, et toujours chez les hisectes adultes, chaque arceau se subdivise encore, et les appendices s'insèrent entre des parties distinctes. Le plus habituellement l'arceau ventral porte les appendices : ainsi les pièces buccales, ainsi les pattes, ainsi les pinces copulatrices ; beaucoup plus rarement, une paire d'ailes, d'origine fondamentalement distincte, s'attache entre l'arceau dorsal et les pièces de l'arceau ventral. Pour arriver au cas delà plus grande complication, et pour ne pas être embarrassé par des réductions, nous prendrons comme type l'anneau du milieu du thorax d'un Insecte adulte. Les deux arceaux sont formés de chaque côté du plan axile de symétrie par des pièces dont les médianes se soudent intimement. Les sclérodermiles de l'arceau dorsal présentent deux tergites qui, en se réunissant, forment le tergum ou 7wtum ; l'arceau ventral est formé au milieu de deux sternites soudées en sternum; puis, sur les côtés, sont deux épisternwn, auxquels s'ajoutent en-dessus deux épimeres , formant la majeure partie des flancs, portant attachées les hanches des pattes de l'anneau.

D'après l'analyse des deux arceaux donnée par M. Milne Edwards pour la zoonite des Crustacés, construite sur le même type que celle de l'Insecte, les deux arceaux présentent une symétrie complète dans la composition de leurs sclérodermiles, l'arceau dorsal étant formé par le sternum et les épimères de chaque côté, l'anneau ventral semblublement par le sternum et les épisternuni. M. Lacaze-ÎJulliiers, à l'occasidu de ses travaux sur les armures génitales des Insectes, a suivi l'opinion précédente pour la constitution de la zoonite de ces animaux. Beaucoup d'auteurs, au contraire, regardant l'arceau ventral comme plus large que l'anneau dorsal, y joignent les épimères comme limite de ses tlancs, l'ensemble du sternum, de l'épislernum, de l'épimère, constituant le peciiis (Kirby) de l'anneau. Telle est, en bornant nos citations à des au-

(1) Pelouze et Premy, Traité de chimie, 3" éd., 1864, t. VI, p.

teurs français, l'opinion soutenue par Audouin, M. Lacordaire, Jacquelin du Val.

Lorsque les ailes existent, elles s'insèrent entre le notum et les épimères de chaque côté. On rencontre fréquemment des prolongements durs des sclérodermites qui rentrent à l'intérieur des anneaux : ce sont les apodèmes destinés à consolider les soudures, à donner appui aux muscles, à limiter des cavités. En outre, la surface extérieure des anneaux offre assez souvent des creux, des proéminences, des cornes plus ou moins bizarres, sortes d'ornements dont la signification directe nous échappe, mais qui doivent être en raison de la nécessité de résistances variables des parois pour le jeu régulier des organes internes.

Dans aucun état des Insectes il n'arrive jamais que tous les anneaux soient distincts; toujours, même dans les larves apodes les moins avancées en développement, les zoonites céphaliques se réunissent de manière à former une sorte de calotte cornée, La coalescence de plusieurs anneaux est évidente, car la tète porte plusieurs séries d'appendices, et nous savons que normalement un anneau ne doit offrir qu'une paire d'appendices par arceau. Il existe aussi des réductions par soudure à l'extrémité opposée du corps ; la petitesse des derniers anneaux de l'abdomen rend fort difficile à résoudre la question de savoir si le dernier anneau n'est pas formé de deux ou trois anneaux soudés ; mais, chez les larves des Insectes à métamorphoses complètes, il n'y a jamais d'autres soudures, et les anneaux du thorax et de l'abdomen sont bien distincts, à une seule paire d'appendices, quand ceux-ci existent, tantôt de longueur et de largeur sensiblement les mêmes partout (larves des Lépidoptères, dcsNévroptères, de certains Coléoptères), tantôt à anneaux de diamètre décroissant du milieu à l'exl rémité de l'abdomen ou parfois vers la tête (larves d'Hyménoptères, de Diptères). La même forme se remarque chez les Insectes aptères dégradés, qui constituent l'ordre des Tliysanourcs, ou chez certaines femelles aptères des autres ordres ; on voit toujours alors que la largeur du thorax est peu difTércnte de celle de la partie qui en est voisine. Cette forme rappelle celle de la classe inférieure des Myriapodes, qui offrent des analogies avec les larves des Insectes.

Chez la grande majorité des Insectes, deux nouveaux centres de coalescence longitudinale des anneaux se manifestent : le thorax et l'abdomen. Là, les zoonites demeurent toujours bien distinctes, surtout parla séparation nette des paires d'appendices; les anneaux centraux tendent, dans chacune de ces deux nouvelles régions, à dominer les autres par leur largeur: parfois l'abdomen s'insère largement sur le thorax, forme qui s'éloigne le moins de celle des larves; parfois, au contraire, un étranglement prononcé des premiers anneaux de l'abdomen sépare celui-ci du thorax, et devient même, par une sorte d'exagération du caractère, un grêle pédicule dans certains Hyménoptères (Fourmis, Cuêpes, Sp hex, etc.)

Nous allons examiner, dans une revue rapide, débarrassée autant

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