‹ Traité élémentaire d'entomologieChapitre 14 sur 34 · BTE TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

BTE TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

est aussi diversifiée à l'infini; les unes se forment def |

fourreaux et s’y retirent : telles sont les larves de beau” coup de Lépidoptères, et, parmi les Coléoptères, celles des Clytres; les autresse cachent dans des trous formés par d'autres larves (les Cicindèles, les Grillons) ; celles des Friganes se trouvent dans l’eau, et S'y construisent des étuis qui souvent ont la forme d'une corne recourbée, et d’autres fois d’un tube droit. Ges insec-

tes ayant été particulièrement étudiés, nous em

prunterons le passage suivant à l’un des meilleurs ouvrages modernes ; il donne une idée claire de la manière dont les larves construisent leur demeure: « Si après avoir sorti une larve de son étui, dit M. Pictet (Recherches sur les Fryganes, page 119); on la met dans un vase avec des matériaux, on la

verra s’en fabriquer un autre; cette fabrication

fort intéressante à observer, mérite que nous nous. y aprétions quelques moments. La larve, ainsi nue: se”promène dans tout le vase pour reconnaître Je. terrain et choisir un endroit propre à confectionnef cet étui, Les larves qui travaillent le plus volontiers sont celles qui se font des étuis de pierre, parce qué ce sont celles à qui l’on peut fournir le plus facilement les matériaux qui leur conviennent : auss! ai-je surtout en vue ici la fabrication d’un étui pa“ reil. La larve choisit deux ou trois pierres assef

grandes et plates, et en fait une voûte mince, sou

ienue par des fils de soie, au-dessous de laquelle elle se loge. Ge premier point accompli, on la voit suc* cessivement prendre une pierre avec ses pattes et la présenter comme un maçon le ferait, cherchant à ce qu’elle entre dans les intervalles et à.ce que 1 surface plane soit à l’intérieur; quand elle est cons tente de sa position, elle l’attache avec des fils dû soie aux pierres voisines; ces fils se collent, au” pierres et sont continués de l’une à l'autre, et lei

“eliennent ensemble; elle fait la même chose pour Chaque pierre, en se tenant toujours en dedans de qe. Ouvrage, et en se tournant successivement de Manière À avoir entre ses pattes la pierre qu'elle oe elle resle, dans cette position, environ cinq ou sb] Cures à faire un étui, en sortant le moins pos- & et se contentant de s'étendre un peu en avant POur saisir les pierres qui lui conyiennent, de 1 la larve se sert d’autres matériaux la fabrire) de l’étui est la même, mais en général moins Sue, attendu leur plus grande surface ; on retrier a que la larve commence par la partie posavr urc, et qu ensuite elle avance peu à peu. Il a quelquefois qu'elle fait son étui irop long, ut s’il est herbacé; alors, se sentant gênée, pés fn coupe une partie. J'ai fait quelques essais ail Voir jusqu’à quel point l’on peut faire trapas ss des espèces avec des matériaux qui ne sont de leurs, et j'ai trouvé que pour les espèces qui en re étuis de pierre , il est très-diflicile de leur tons fabriquer en végétaux, et qu'elles ne le fedont y autant qu'elles trouveront des matériaux eurs à forme ne s'écartera pas trop de la forme de de ve RTS mais les espèces qui foni des étuis Piepree consentent facilement à en faire de ans lé autant plus qu elles sont parfois obligées, ormer se de nature, à s'en servir pour lest ou pour. avec à eurs étuis ; mais elles ne les emploient pas lhabipane et d'habileté que les espèces dont c’est Maténan Je les ai vues, en général, choisir des ui aurait us pesants, et les lier avec une solidité Pas té suffisante pour des feuilles et ne l’était Étuis Se ès pierres, Le plus souvent elles font, les Cher ss longs, et sont alors obligées d'en retranpu fire po" CeaU. Il est une classe d’étuis que je n’ai tbriquer aux espèces qui n’en ont pas Pu-

Ut

sage : ce sont ceux en sable très-fin. Les larves que j'ai mises sur du sable très-fin n’ont su en tirer partie, | et sont mortes nues malgré tous leurs efforts.

» Pendant toute sa vie, la larve est obligée de réparér son étui. Je ne crois pas qu’elle en change quand elle grandit, ainsi qu’on l’a affirmé ; mais je crois que successivement elle l’allonge et coupe la partie trop étroite qui se trouve au bout postérieur; c’est à cette circonstance qu’on peut attribuer la forme conique qu'ils présentent le plus souvent. Il \ arrive quelquefois que, parvenues à une certaine époque de leur vie, les larves de certaines espèces . qui, dans leur jeunesse, font des étuis de feuilles, les réparent, les arrangent avec des pierres, et finissent par avoir des étuis entièrement pierreux. Cette circonstance, qui n’a lieu à l’état de nature que pour quelques espèces, est presque générale en domesticité; et cela vient, je crois, en grande partie de ce qu'il est difficile de donner aux larves captives des matériaux tels qu’elles les désirent. J’ai presque toujours vu les larves à étuis végétaux, en captivité, avoir vers la fin de leur vie des étuis de picrre. »

Les larves des OEstres causent des tumeurs au* animaux et même à l’homme, et y établissent leur, demeure; selon Réaumur, ce n’est que vers le mis lieu de mai que les tumeurs atteignent toute leuf grosseur ; ce sont les animaux de deux à trois an qui en sont le plus souvent attaqués. Elles ne sem’ blent pas faire souffrir l’animal, ni altérer sa vif gueur ; on les voit le plus souvent sur l’échine, les, épaules et le haut des cuisses. On a observé que le* animaux qui vivent dans les pays de plaine en son! beaucoup moins incommodés que ceux qui pâturen} dans les contrées boisées. Es

Les larves de Callidies se logent , non-seulemen! dans le bois, mais quelquefois dans les plaques de

D'ENTOMOLOGIE. st

Plomb, et M. Andouin a eu l’occasion d’en examiner qui ävaient été rongées d’une manière extraordi- Mare, Ces insectes, après avoir percé le bois de la ‘OuYerture d'une maison, avaient rencontré le Ron, qu’ils avaient continué à ronger ; ce fait feà 1 supposer que la matière que les Callidies désent en travaillant n’est pas exclusivement desje * à ramollir le bois afin de l’entamer plus faci- M pt: comme on l'avait cru jusqu’à présent.

log: 27 à aussi communiqué à la Société d’Éntomo- 8lC l'observation qu'il a faite à La Rochelle, que np trties entières de toitures en plomb étaient nonmnt rongées , mais même percées de part en » > Par des larves de Bostriches (Ana. de la Société ps lom, \ Du reste, des faits analogues étaient déjà ces 80e par MM. Kirby et Spence , dans leur ex nn: Ouvrage intitulé Zntroduction à l'Entomologie, x je pages 2, 5, 4, et Degéer nous apprend que à àrves d’Antlhènes, élevées dans une boîle de ne l'avaient entamée de toutes parts.

D LS Je temps que la nature a fixé pour la . ,0FMation à l’état de nymphe est arrivé, la larve, Pée sy CSL préparée par un long jeûne, semble frapûe Un vaguc pressentiment, et cherche un asile FLE Y passer cette nouvelle période de sa vie, abso] laquelle elle doit rester dans ane immobilité Proie 4 SL par conséquent offrir à ses ennemis une ni}, "tant plus facile à trouver, qu'elle n’aura Rene ssibilité de leur échapper ; ni celle de se dé- Mes rire leurs attaques; alors on la voit, in- Yenabls .lourmentée, chercher partout un asile conles une Jusqu'à ce qu'elle finisse par le rencontrer: Mas a ensevelissent sous des décombres ou des Celle d k Poussière ( Coléoptères, H yménoptères \ ; d'unx Drile jaunâtre s'empare de Ja coquille ee Macon, en dévore l’habitant et s'établit dans

sa demeure usurpée ; d’autres se suspendent dans les airs par un fil qui s’attache à leur partie postérieure (les Lépidoptéres diurnes ) ; d’autres encore se forment une coque plus ou moins solide qui les recouvre en entier : tels sont la plupart des Papillons Des chenilles de quelques-uns de ceux-ci, qui n’ont. pas assez de matière soyeuse pour se construire des coques de la solidité nécessaire, font entrer dans lcur texture des matières étrangères : ce sont des parties de plantes qu’elles coupent et qu’elles savent adapter à leur coque ; mais d’autres y emploient des substances que l'on croirait encore moins pouvoir leur convenir : c’est ainsi que certaines espèces fortifient leurs coques de fragments enlevés aux pierres sur lesquelles elles s’attachent, d’autres de parcelles arrachées à l'écorce des arbres sur lesquels elles se nourrissent. -

Nywpnes. Les nymphes se partagent en celles qui sont mobiles et prennent de la nourriture, telles que. celles des /émiptères, des Libellules, etc., et en celles qui sont entièrement immobiles, et ne se nourrissent pas; dans ce dernier cas se trouve l’im“ mense majorité des insectes. Suivant M. Percheron (Magasin de Zoologie) ,lanymphe de la Raphidie est immobile; mais d’après les observations de M. Latreille, elle serait au contraire active. M. Water. house penche pour celte dernière opinion, dans les Transactions de la Société Entomologique de Londres.

La nymphe des Lépidoptères se nomme chrysalide: sa peau devient ordinairement dureet coriace peu de temps après la métamorphose ; sa couleur est d’uf brun obscur, quelquefois orné de nuances dorées el métalliques; celle des Coléoptéres est souvent armé? d’épines, surtout à l'abdomen ; dans le mâle du € erf Volant, l'on voit deux protübérances dont l’usagé n’est pas connu.

ne nymphes offrent toutes les formes imaginables : hs Unes sont anguleuses, les ‘autres resserrées , aussi ellyptiques, etc. ; la durée de cet état varie que Selon les espèces; quelques-unes n’y restent que [re de jours, d’autres y passent des années. Lors- Parf, € lemps de Ja transformation à l’état d insecte pes ns est arrivé, la chrysalide subit une altération eL. le dans ses couleurs ; au moment de la sortie Lou Coque, celle-ci se déchire longitudinalement à enfin. Qt correspondant au thorax, et le papillon sort offrir e sa prison ; cette opération doit cependant e1, Une grande difficulté, et pour se faire une idée dite. 'ésistance que l’insecte rencontre, il suffira de l'Ind Que la soie provenant de quelques espèces de Yant à est d’une force si extraordinaire que , sui- Re Lamarre Picot, on pourrait s en servir pour tits des cordages. Réaumur pense que les yeux, parpr s. plus saillantes de la tête, et dont les nombreuss aCettes produisent un corps àpre, peuvent en Que sorte faire l’oflice de limes, et par leur frotre Continuel rompre les fils dont la coque est étui Posée, La plupart des Diptères sortent de leur de pete avec force la calotte qui recouvre Qelques espèces, après s'être débarrassées de ea enveloppes, se trouvent à l’état de liberté; m beaucoup d’autres se trouvent encore renferss pe une coque épaisse de feuilles, de terre, etc. d age léoptères l'entament facilement au moyen Mr formidables mandibules ; mais les insectes la die ne peuvent employer le même moyen, et Tin ns doit 1c1 suppléer à la force : c’est ainsi qu'une : duite *; Qui attaque les céréales après s’être intro- Sous forme de chenille dans l’intérieur du ténnite rs faisant une ouverture d’une si extrême Axelle ne pourrait jamais donner passage au

56 TRAITÉ ÉLEMENTAIRE papillon, se prépare déjà, avant de subir sa méta-

morphose, les moyens de sortir de sa retraite avant

d’avoir pris cette forme; dans cette intention, elle ronge dans l'intérieur du grain une pièce circulaire qu’elle a soin de ne pas détacher entièrement, mais qui ne pourra offrir que peu de résistance au moindre effort de l'insecte parfait. D’autres espèces bouchent seulement l'ouverture avec des fibres fort déliées de la plante elle-même.

Un voyageur anglais , le lieutenant-colonel Syk:s, a publié dans les Transactions de la Société Etomologique de Londres, des détails curieux sur Ja nymphe d’une grande. espèce indienne de Coléoptère du genre Copris (Midas, Fabricius). Nous lui empranterons les détails suivants, qui nous ont semblé présenter un véritable intérêt.

Etant à Poona, au mois de juin 1836, cet entomologiste employa quelques-uns de ses porteurs de palanquins à détacher, au moyen de pioches, des blocs d’un mica très-friable, que l'on nomme mohrum, et qu'il destinait à sabler les allées de son jardin; pendant cette opération, ils détachèrent ; d’une profondeur assez considérable, quatre-balles parfaitement rondes. Le voisinage du Camps Ponah et le lieu où ils se trouvaient ayant été récemment témoins de deux grandes batailles, ils pensèrent d’abord que ces objets étaient des boulets de canon en pierre ; mais voyant que la pioche en avait brisé une, et qu’elle était creuse, ils les apportèrent à M. Sykes, qui s’assura aussitôt qu’elles étaient d’une argile compacte et bien réunie par de menus brins d’herbe.et de petits cailloux qui formaient une sorte de mortier; elles avaient deux pouces de diamètre, étaient parfaitement globuleuses et n’offraient ni trou ni fente ; celle qui était brisée contenait une masse animale sans forme déterminée, qu’il reconnut aussitôt

pour être la nymphe d’un insecte; en retirant celleci de la balle brisée, il vit que l'enveloppe était composée de deux couches ; lasurface intérieure étaitlisse et formée d’une argile bien plus fine et plus travaillée que le dehors, qui était un peu rugueux ; le diamètre de la cavité intérieure de la balle était d’un pouce sept dixièmes ; l'épaisseur était donc d’environ trois vingtièmes de pouce. Pour connaître l’insecte qui avait construit ces curieuses demeures, il plaça deux de ces balles dans une boîte de ferblanc, et continua pendant quelques mois à les surveiller avec attention ; Mais sa patience étant enfin à bout, il abandonna ces objets et mit la boîte de côlé; quant à la troisième , il {a donna à une personne qui, désespérant de voir la métamorphose s’accomplir, la brisa après plusieurs mois d'attente, et y trouva une nymnphe toule fraîche. Treize mois s'étaient passés, et il avait complétement oublié ces balles, lorsque, dans la nuit du 19 juillet 1827, ilentendit un bruit sourd, semblable à un râclement ; il se passa quelque temps avant que son orcille ne le conduisit à la boîte de ferblanc qui était posée sur une bibliothèque ; il était certain qu’un insecte cherchait à se libérer, ce qui n'avait pas encore eu lieu lorsqu'il se retira à une heure du matin. Pendant toute la journée du 20 le ràciement continua; mais avant de se retirer pour passer la nuit , il versa de l’eau sur la balle pour l’amollir et faciliter la sortie de l’insecte:; enfin, le 21, au lever du soleil, il trouva un beau Copris en liberté; il était long d’un pouce et demi, et avait neuf dixièmes de pouce de large. Le travail avait duré trente-quatre heures; il avait élé en sa possession treize mois, à l’état de nymphe, et l'avait peut-être été trois fois ce temps avant cette époque. La seconde balle resta intacte, sans qu'il parût en rien que la sortie de son habitant approchât ; il la laissa dans la

boîte de ferblanc, en ayant soin d’y regarder à de courts intervalles ; enfin, le 4 octobre, ce second individu sortit de sa prison; son travail dut être bien plus pénible que pour l’autre : car M. Sikes ne l’aida pas en amollissant la croûte de la balle qui le contenait; il avait été seize mois en sa possession à l’état de nymphe. Ayant éte trouvé avec le précédent individu , tout porte à croire que les larves s'étaient enfouies à la même époque, et cependant, placées dans des circonstances absolument semblables, l’un des individus s’était développé soixantequinze jours avant l’autre. M. le colonel Sykes termine son mémoire par des hypothèses sur le procédé que ces larves ont dû employer pour s’emprisonner dans des boules parfaitement closes, enduites de ciment et formées de deux enveloppes différentes. Ce fait lui paraît, ainsi qu’à nous, difficile à expliquer. El est cependant probable que, lors de la fabrication de sa coque, la larve se sera ménagé une ouverture qu’elle aura ensuite fermée, après s’y être retirée définitivement, au moyen de parcelles enlevées à la surface intérieure. Nous ferons observer que ce qui précède est également applicable à la plupart des Lamellicornes. M. Hope a présenté à la Société Entomologique de Londres des enveloppes de plusieurs grands Copris de l'Inde, et M. Audouin a communiqué des obsérvations à peu près semblables à Ja Société Entomologique de France; l’espèce observée par ce dernier est le Copris espagnol, qui habite le midi de la France. L’on sait aussi que la nymphe du Cerf-Volant est renfermée dans une coque de terre et y subit sa métamorphose; pour construire ce nid, la larve s'enfonce profondément en terre, après avoir résidé jusqu’à cette époque dans le bois pourri.

Quelques nymphes, celles des Phryganes, par

exemple , qui habitent les eaux, ont sur les côtés de l'abdomen des organes respiratoires externés ; mais linsecte parfait, vivant dans l’air, ces parties disparaissent avec la peau lorsque l’animal en change, et à leur place se forment les stigmates nécessaires au mode respiratoire de l'animal.

InsecTE parrait. En sortant de la nymphe, l’insecte apparaît sous la forme qu’il doit conserver tout le reste de son existence. L’on voit alors le Pa- Pillon qui vient de se dégager de son enveloppe, se placer sur sa chrysalide, ou ne s’er écarter que fort peu; ses ailes, d’abord fort petites, ne semblent que rudimentaires ; mais au bout de peu d’instants , elles acquièrent tout leur développement; leur peu d’étendue ne dépend pas de ce qu’elles sont pliées ou

. plissées, et Réaumur est le premier qui en ait re-

connu la cause. À la naissance de l’insecte, elles sont très-épaisses el de consistance molle, car, renfermées dans la chrysalide, elles n’ont pu se développer et croître en étendue; mais rendues à la liberté, les liquides pénètrent dans leurs nombreux vaisseaux, et elles acquièrent en étendue ce qu’elles perdent en épaisseur; alors on voit l’insecte agiter

‘ constamment ses ailes, pour en faciliter le dévelop-

pement; on les voit s’élendre, puis se chiffonner, pour finir enfin par être parfaitement unies; les plis qui s’y développent d’abord proviennent de ce que les liquides qui s’introduisent dans les vaisseaux agissent moins fortement à proportion de l’éloignement du centre, en sorte que la partie la plus rapprochée du corps a déjà subi l'extension qu'elle opère, lorsque l'extrémité de l’aile est encore épaisse et plissée : ce qui produit un désordre momentané, jusqu’à ce que les liqueurs ‘aient pu s’étendre uniformément sur toute l'étendue de la sur-

face, Mais si dans ce moment quelque circonstance

6o TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

fortuite vient à gêner le développement de ces parties, on les voit rester difformes pendant toute la vie de l’insecte, 4

Toutes les parties du corps du Papillon sont aussi amollies lors de sa naissance, et ce n’est que par le

contact avec l’air extérieur qu’elles acquièrent toute |

la consistance qu’elles doivent avoir. Après cette opération, on le voit rejeter par l’anus une quantité assez considérable d’une liqueur rougeâtre et limpide. Suivant Réaumur, c’est aux taches nombreuses formées par cette liqueur que rejettent certains papillons nocturnes, dont la mulüplication est quelquefois si grande, qu’il faut attribuer les

pluies de sang dont les historiens peu éclairés font.

si souvent mention. Selon une observation de Jurine, elles ne seraient émises que par les femelles seulement. |

L'on voit souvent des mouches nouvellement écloses avoir beaucoup moins de développement qu’elles n’en doivent avoir quelques instants après, lorsque l'air qu’elles aspirent en grande abondance en aura dilaté les parties encore molles. &

Les yménopteres sont, dans le premier instant de leur naissance , de couleur jaunâtre, et leurs ailes sont épaisses et plissées comme celles des Papillons ; et les élytres des Coléoptères , au lieu de couvrir la

Page 1