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SYSTÈME TÉGUMENTAIRE

Le système tégumentaire des animaux articulés a beaucoup occupé les zootomistes modernes. (est particulièrement à MM. Geoffroy-Saint-Hilaire , Savigoy, Slrauss, Audouin et Dufour, que nous devons les progrès rapides qu'a faits cette partie de la science.

Chez les insectes, les téguments sont composés -

de trois couches principales : 1° La matière colorante, que Strauss nomme matière colorante, est composée de deux substances, dont l’une seulement est soluble dans l'alcool; celle-ci est située tantôt entre l’épiderme et le derme , tantôt à la face interne de celui-ci, et souvent, comme chez les Coléoptères, elle se porte à l'extérieur, et forme une couche trèsmince, étendue comme un vernis sur tout le corps. Ce vernis, intimement lié à l’épiderme , présente, dans un grand nombre d'espèces, des teintes colorées, et souvent d’une grande beauté.

Ladeuxième partie de lamatière colorante est celle qui estinsoluble dans l'alcool et de couleur obscure; elle ne se porte point à la surface extérieure du corps, et reste contenue dans le tissu même de l’épiderme et du derme. È

2° L'épiderme , composé également d’une lame mince et dure, est cassant, friable, et ne laisse apercevoir arcune trace de fibres. Il est généralement

de couleur brune ou noire; sa surface est percée d’un grand nombre de pores d’où sortent souvent des poils. Sur la peau membraneuse des articulations, l’on voit aussi quelquefois des poils qui y naissent sur des bulbes formées de deux renflements. | 3 ke

3°. Le derme est composé de plusieurs lames trèsminces et très-adhérentes les unes aux autres. Leur nombre est de trois à cinq; elles sont formées de fibres. Ce derme est le plus souvent blanchâtre ou d’un brun clair.

Si actuellement nous cherchons à connaître la composition chimique du système tégumentaire des insectes , nous trouverons qu'elle difière d’une manière assez essentielle, suivant les classes de ces ani-. ‘maux.

D’après les observations de M. Odier (Mémoires de la Société d'Histoire Naturelle de Paris, t. 1) , les élytres du Hanneton sont composées 1° d’albumine, 9° d’une matière extractive soluble dans l’eau, 3° d’une substance animale brune, soluble dans la potasse et insoluble dans l'alcool, 4° d’une huile colorée soluble dans l'alcool, 5° d’une matière particulière formant les 0,25 en poids des élyires , et qui est l’entoméiline de M. Lassaigne, à laquelle M. Odier donne le nom de chétine; 6° de.sous-carbonate de potasse, 7° de phosphate de chaux, et 8° de phosphate de fer. M. Lassaigne a découvert dans la même partie la présence du phosphate de magnésie, que M. Robiquet a aussi trouvé dans la Cantharide. M. Odier a vérifié que le système tégumentaire du Rhinocéros (Oryctes nasicorne) était semblable à celui du Hanneton. 11 a aussi trouvé que les poils du Bombix étaient formés de beaucoup de phosphate de chaux et d’un peu de phosphate de fer. »

Les. insectes ont le corps divisé en segments,

Ceux-ci sont ordinairement au nombre de treize, sans compter ceux de la tête. Parvenu à son état parfait, le corps de l’insecte peut être divisé entrois parties principales : la tête, le thorax ou corselet, et l'abdomen. /

La vôre est composée d’un certain nombre de segments analogues à ceux du corps, mais tellement réunis qu'il est assez difficile de les distinguer. Elle porte des appendices, tels que les antennes, les palpes, et que l'examen comparatif fait reconnaître pour les analogues des pattes du thorax. Lyonnet distingue dans la tête ou le crâne de la chenille du saule trois écailles, deux pariétales; portant les mandibules, les yeux et les antennes, et la frontale, comprenant le labre.

M. Strauss a reconnu que la tête de tout insecte était composée de sept segments simples, représen tés par 1° le labre, »° le chaperon, 5° l'épicrâne avec les mandibules, 4° la lèvre, 5° la pièce prébasilaire, 6° et 7° la pièce basilaire, dont les appendices réunis sont les mâchoires.

Nous allons examiner les pièces qui composent Ja tête des insectes. Nous parlerons avec quelques détails de la première et de la quatrième de ces parties, en traitant des organes de la digestion ; nous allons examiner ici les autres.

Le chaperon est une pièce impaire formant une plaque placée transversalement, et soudée an bord antérieur de l’épicrâne; il acquiert souvent de grandes dimensions.

L'épicréne comprend la majeure partie de latête, dont il occupe toutes les régions supérieures. H forme

une boîte presque complète, qui se soude en avantavec le chaperon, s'étend sur les côtés jusqu’à larencontre de la pièce basilaire, et forme, en arrière, la partie supérieure du trou occcipital. Dans l'intérieur de la

D'ENTOMOLOGIÉé 65 tête, l’épicrâne s'étend en dedans des cornées, en fermant une cloison qui sépare la cavité de la tête de celle des yeux, et ménage simplement un trou arrondi dans le milieu de la cloison pour le passage du nerf optique. Gette pièce présente aussi deux ouvertures assez petites, dans lesquelles s’insèrent les antennes, Près de celles-ci, ct de chaque côté, l’on voit une apophyse assez longue, et dirigée en arrière. M. Strauss lui donne le nom de sous-épicrânienne. Souvent l’épicrâne émet une crêle qui se bifarqne sur la cornée des yeux ; chez les Gyrins, elle se partage même en deux.

La pièce basilaire occupe les parties inférieures et postérieures de la tête ; sur les côtés, elle se soude avec l’épicräne; en arrière elle forme la partie inférieure du trou occipital; au bord antérieur elle s’unit par une suture peu apparente avec la pièce prébasilaire. Sa forme est assez variable; elle est arrondie en avant dans le Hanneton, carrée dans le Cerf-Volant, et ne forme plus qu’un simple filet dans le Nécrophore. La pièce prébasilaire est un prolongement de la précédente ; sa forme est souvent celle d’un trapèze transversal; elle est carrée dans les Hydrophiles , et semble disparaître dans beaucoup d'espèces. :

Pour achever cet examen de la tête de l’insecte, nous avons à parler des antennes; nous renvoyüns tous les autres appendices de cette partie, tels que les mâchoires, les palpes, etc. , à l’article des Organes de la nutrition, et les yeux à celui où nous” étudierons les sens de ces animaux.

Les antennes sont deux filets articulés, implantés sur l’épicrâne; le nombre des articles en est trèsvariable; il est même souvent différent entre les deux sexes. Chezles Coléoptères , ilestle plus souvent de dix; cependant les mâles des Rhipicéres en ont

plus de trente. Il est aussi très -considérablé chez quelques Orthoptères. Dans les Hémipières, ces ap- pendices n’ont que quatre ou cinq articles , et chez les Iomoptères ce nombre ne dépasse souvent pas trois. Ges organes affectent toutes les formes possi-

bles. Dans beaucoup d'insectes, ils se divisent en -

trois parties bien distinctes ; chez les C'harençons , par exemple : la première, composée d’un seul article très-long, est le scapus de M. Schœnherr; la seconde, formée de la majorité des articles, est le funicule; et la troisième, ordinairement renflée, est la massue. à

-Le raorax a été l’objet de l'étude approfondie de MM. Audouin, Strauss, Mac-Leay; nous suivrons ici la nomenclature du premier de ces zoologistes. Cette partie porte, dans les ouvrages d’entomologie, le nom de corselet. Elle se divise en trois segments, qui sont : le prothorax, le mésothorax et le métathorax. Ces noms furent d’abord appliqués à ces parties par M. Nitzsch, et adoptés depuis par trois naturalistes. Chacun de ces segments est composé des mêmes éléments de parties. Dans chacun l’on trouve une partie inférieure, deux parties latérales et une partie supérieure ; la première n’est composée que d’une seule pièce, le sternum ; les parties latérales ou flancs (oleuræ, Aud.\ sont formées chacune de deux pièces principales, dont l’une, que M. Audouin nomme episternum, est appuyée sur le sternum ; la seconde, qu’il appelle épimére, se soude avec la précédente et lui est postérieure; elle s’articule avec la rotule; enfin il existe quelquefois une troisième pièce peu visible, à laquelle il avait donné le nom d’hypoptère, auquel il a substitué depuis celui de paraptère. Elle s’appuie sur l’épisternum et se prolonge souvent en dessous, le long de son bord antérieur; d’autres fois elle est libre. Aux

D'ENTOMOLOGIE. 6 pièces que nous venons d’énumérer il en faut joindre irois autres. Dans l’intérieur du corps de l’insecte, l’on distingue une pièce qui a quelquefois la forme de J'Y, d’où lui est venu le nom de pièce en forme d'y grec que M. Cuvier lui a donné; M. Audouinla nomme entothorax ; ses usages sont, suivant ce dernier naturaliste, de protéger le système nerveux et de l’isoler, dans plusieurs cas, de l’appareil digestif et du vaisseau dorsal. Non-seulement l'entothorax existe dans chacun des segments thoraciques, mais il se retrouve dans la tête, et fournit ainsi une nouvelle preuve de la composition segmentaire de cette partie. M. Audouin lui donne alors le nom d’entocéphale. On l’observe aussi quelquefois dans le premier segment de l'abdomen, et alors il porte, dans

Ja nomenclature du zoologiste, le nom d’entogas-

tre; c’est la pièce que Réaumur a distinguée dans la Cigale, et qu’il a appelé triangle écailleux.

L'on rencontre assez souvent, tantôt au bord antérieur de l’épisternum , tantôt du sternum,, tantôt

enfin à Ja partie supérieure du corps, une pièce à

laquelle M. Audouin a appliqué le nom de péritréme : sa consistance est souvent cornée, et elle donne passage à une ouverture stigmatique.

L’articulation de l’épimère avec la rotule s’opère au moyen d’une petite pièce qui a reçu le nom de trochantin. Elle est rarement extérieure et quelquefois se soude avec la rotule. C’est encore à M. Audouin que l’on doit la découverte de cette pièce... !

Toutés les parties que nous venons d'examiner forment la poitrine de chaque segment. Nous allons passer à l'étude de la partie supérieure, que M. Audouin nomme tergum. S

Chaque segment est composé de quatre pièces principales, quelquefois isolées, souvent soudée sensemble ;

68 ÉRAITÉ ÉLÉMENTAIRE ce Sont : 1° le præscutum, pièce antérieure qui atteint souvent un grand développement; elle est ordinairement cachée presque en entier dans l’intérieur du thorax; 2° le scufum, qui s'articule avec les ailes; 5° le scutellum, qui comprend la pièce extérieure connue sous le nom d’écusson ; 4° le postscutellum; pièce ordinairement cachée dans l’intérieur du thorax, tantôt libre, tantôt soudée à la face intérieure du scutellum.

Passons actuellement en revue quelques parties in térieures et accidentelles qui se rencontrent dans le thorax : ce sont les apophyses lamellaires, de nature cornée , tantôt résultant de la soudure de deux pièces entre elles , ou de deux portions paires de la même pièce, réunies sur la ligne moyenne. Dans ce cas, M. Audouin les nomme apodèmes ; lorsqu'elles donnent naissance à des attaches de muscles, il les appelle apodèmes d'insertion ; enfin, celles qui, partant du sommet de la soudure de deux points, servent à l’articulation des petites pièces de l’aile, portent le nom d’apodèmes d’articulation. Tantôt elles constituent autant de petites pièces indépendantes , et ne naissent pas du point de soudure de deux pièces , el alors on leur donne le nom d’épidèmzs, et elles recoivent, suivant leur situation et leurs fonctions, les dénominations d’épidèmes d'insertion et d’articulation. 2

Pour compléter l'étude du thorax, nous allons entrer dans quelques détails sur les appendices qu'il supporte. Ge sont :

1°. Les parres. Elles sont constamment au nombre de six, rangées par paires et supportées chacune par un des segments thoraciques. Ghique patte

est composée de six parties, comme celles des Crus-

tacées : 1° le trochantin, dont nous avons déjà parlé en traitant du thorax; 9° la hanche; 5° le trochanter ; 4° la cuisse : 5° la jambe, et 6° le tarse. Ge der-

ù D'ENTOMOLOGIE, 69 lier est composé d’un certain nombre d’articulalions, et représente la main de l’homme. Il se lermine par un ou déux crochets entre lesquels l’on voit, dans quelques genres, un appendice velu. Si l’on ne considère ces articulations qu’à l'extéleur ei comme caraclère zoologique, l’on trouvera que le nombre de ces articulations est très-variable, Même aux diverses paires de paties du: même insecte. Mais si l’on envisage le tarse d’une manière plus philosophique, lon pourra, je crois, poser en thèse générale qu'il est toujours formé de cinq Pièces qui s’articulent les unes àla suite des autres, Et dont quelques-unes ne sont souvent pas visibles à Pextérieur.

Toutes les pièces qui composent les pattes nous présentent , dans la série des ‘insectes, de nombreuses modifications nécessitées par les fonctions que ces organes ont à remplir et les milieux dans lesquels ils doivent agir. Ainsi les cuisses sont quelquefois d’une longueur démesurée, d’autres fois Courtes, renflées et propres au saut; les jambes, ordinairement grêles et droites, sont, dans certaines espèces , dilatées en paleltes membraneuses; les larses sont aussi très-sujets à varier de forme : ceux des pattes antérieures sont souvent plus élargis que Ceux des autres paires; les mâles de beaucoup d’es- Pèces sont surtout remarquables sous ce rapport. Nous ne nous étendrons pas davantage ici sur ce sujet ; tous ces détails trouveront naturellement leur Place lorsque nous traiterons des genres en parti- Culier. d . Les aives se retrouvent chez tous les véritables Insectes parvenus à leur dernier état, quoique sou- Vent à leur état rudimentaire et non développées.

Ces organes ont été l'objet de l'étude particulière de beaucoup de naturalistes et de zootomistes,

MM. Chabrier et Strauss nous les ont surtout fait connaître sous le point de vue anatomique etphysiologique. MM. Jurine, Lepelletier de Saint-Fargeau , Serville et Macquart, les ont principalement considérées comme caractères zoologiques, et se sont particulièrement livrés à leur étude chez les Hyménopières et les Diptères. M. Alexandre Lefebvre s'est attaché dans ces derniers temps (Annales de la Société Entomologique de France) à les étudier dans l’ordre des Lépidoptères; M. Germar (Revue Entomologique), dans celui des Hémiptères.

Les Hyménoptères et les Lépidoptères sont, de tous les insectes, ceux qui offrent le plus manifestement quatre ailes ; chez ces derniers, elles sont recouvertes d’écailles. Chez les CGoléoptères , les deux supérieures sont coriaces et recouvrent les deux inférieures. On leur donne le nom d’élytres. ” Dans l’ordre des Hémiptères ou des Punaises , les ailes coriaces sont de deux natures différentes , demi-coriace et demi-membraneuse. Les mêmes parties ont reçu le nom de pseudélytres chez les Homoptères et les Orthoptères , où elles sont d’une nature mixte, plutôt coriace que membraneuse. Ge sont les prébalanciers des Strésiptères. Dans l’ordre des Mouches ou Diptères, les ailes inférieures sont rudimentaires, et peuvent être représentées par des appendices thoraciques, sous forme de tiges grêles et mobiles, qui ont reçu le nom de balanciers, L'on à découvert récemment que les Puces, qui passaient pour aptères, ont réellement les rudiments de quatre ailes.

Le nombre des insectes privés extérieurement de ces ‘organes est fort petit, et comme ils rentrent généralement dans des groupes naturels qui en sont pourvus, on peut supposer que chez ceux de ces espèces, ils éprouvent, pour ainsi dire, un avorte-

D'ENTOMOLOGIE. Ce

ment, et qu'en thèse générale l’on peut établir que ious les vrais insectes sont munis de quatre ailes.

n savant entomologiste allemand, M. Burmeister, d'a plus même, dans sa classification des insectes, ormé d'ordre particulier sur les aptères.

Les ailes antérieures sont toujours des appendices du mésothorax, et les postérieures du métathorax. L’aileet mêmel’élytre des Goléoptères sont composées de deux membranes; l’intervalle entre elles est par- Couru par des côtes ou nervures formant des tubes, dans lesquels passent des vaisseaux et des nerfs: ces Vaisseaux sont de véritables trachées roulées en spirale, et qui contiennent l'air destiné à détendre l'aile pendant le vol; quant au tube qui les contient, il se dilate et semble souvent s’interrompre , surtout dans les Hyménopières, La matière qui le colore s'étend alors, et produit une petite tache que l’on nomme bulle d'air. Les plus grosses nervures partent de la base de l'aile. L’on s’est servi, comme Caractère zoologique, du nombre et de la disposition

© ces nervures. Les Hyménoptères du genre Chal-

‘15 sont les insectes dont l’organisation alaire est la Plus simple; quelques espèces ne présentent même aucune nervure.

L'étude de ces nervures qui parcourent l’aile ayant servi, ainsi que nous l'avons déjà vu, de ca- ’actère zoologique, nous devons entrer dans quelques détails sur les noms que ces diverses parties Ont reçus, |

Les Hyménoptères sont, de tous les insectes, ceux dont l'aile a été étudiée avec le plus de soin, Nous Allons parler d’abord de cet organe chez les espèces qui les ont à l’état le plus compliqué ; dans certains ras, quelques-unes, et dans d’autres, presque toutes ®S parties que nous allons décrire manquent enlièrement,

En partant de la base de l'aile, on trouve cinq nervures : 1° la costale , que Jurine nomme radius, et qui est généralement plus grosse que toutes les autres ; elle est placée au bord antérieur, et aboutit à un espace élargi et souvent obscur que plusieurs auteurs nomment stigmate, et que Jurine appelle carpe ; 2° au-dessous de celle-ci naît la nervure sous- marginale ou sous-costale, que Jurine nomme cubilus ; elle va aussi se perdre dans le carpe; 3e Ja nervure externo-médiaire ou médiane, qui n’est qu’une bifurcation de la précédente ; 4° au-dessous de celle-ci l'on en voit une quatrième qui a reçu les noms d’interno-médiaire et de sous-médiane ; elle va le plus souvent joindre le bord inférieur. La cinquième se joint à la précédente ; elle est ordinairement grêle, et porte le nom de nervure anale.

L'on donne le nom de basilaires aux cellules qui séparent ces nervures; et pour les distinguer entre elles on leur donne le nom de la nervure qui forme leur partie supérieure : ainsi la cellule anale est celle qui s’étend depuis la nervure anale jusqu’au

ord inférieur, etc. Les cellules externo et internomédianes sont souvent partagées en deux par des rameaux transversaux. L’on donne le nom de nervules aux petites nervures qui, au lieu de partir de la base, prennent naissance seulement dans celles qui sont dans ce cas : l’une, qui part du carpe pour aller atteindre l'extrémité porte le nom de radiale; une autre, qui prend naissance à l'extrémité de la nervure sous-marginale, porte le nom de cubttale. L'espace que laisse la nervule cubitale entrê elle et la radiale est ordinairement partagé en trois cellules par deux nervures récurrentes ; on donne ces parties le nom de eubitales. L'espace que la même nervure cubitale laisse entre elle et le borë

D’ENTOMOLOGIE, 75 Cst aussi partagé en lrois cellules que l’on appelle: discoïdales. La surface qui s'étend entre le bord antérieur et la nervure sous-médiane est partagée en deux cellules; cellules que l’on nomme humérales, et que quelques auteurs ont appelées postérieures.

Dans l'ordre des Diptères l’on trouve de plus une cellule à laquelle M. Macquart a donné le nom de marginale. Dans les Lépidoptères, l’organisation est beaucoup plus simple ; mais l’on reconnaîtra facilement les diverses parties qui la composent par la description que nous venons de donner de celle des Hyménoptères.

Les atlerons ou cuillerons sont des lamelles membraneuses, convexes, insérées au mésothorax et qui, suivant M. Audouin, font partie de l’aile supérieure. Quelques entomologistes les ont considérés comme les analogues des ailes inférieures; mais leur insertion ne permet pas d'adopter cette manière de voir, les aïles inférieures étant des appen-

.dices du métathorax. C’est surtout dans l’ordre des Diptères que l'on trouve ces parties; mais on les distingue aussi dans quelques genres de Coléopières. Degéer les a le premier aperçues sous les élyires de l'Hydrophile. Olivier en fait aussi mention, et depuis lors Latreille et M. Audouin en ont fait une étude plus approfondie dans cette espèce. HA

M. Léon Dufour a aussi découvert, à l’origine des élytres du Dytique bordé, une pièce semblable Se forme orbiculaire, et constituée par une membrane mince, blänchâtre, et dont le contour est sarni de poils; on la trouve dans les deux sexes. +

La base de l'aile inférieure des Lépidoptères Crépusculaires et nocturnes présente une sorte d’é- Pine ou de crochet de nature cérnée, grêle, aigu Ct un peu arqué; on lui donne le nom de frein.

fi

Quelques entomologistes, et entre autres M. Poey (Annales de la Société Entomologique de France), “nt cherché à employer l'étude de cette partie comme caractère zoologique.

Les insectes du même ordre présentent aussi, à 12° naissance de leurs ailes supérieures, une pièce que l’on nomme épaulette ; elle enveloppe la base de celles-ci. M. Audouin la considère comme l’hypop- . tére devenu libre.

Les Hyménoptères offrent aussi la même pièce. M. de Jurine lui donne le nom de cuilleron.

Nous avons déjà vu que les balanciers étaient de petits appendices grêles, articulés au métathorax des Diptères. Fabricius regardait ces parties comme les analogues des ailes inférieures. Latreille ne les ‘considère que comme des appendices vésiculeux, et les assimile aux organes respiratoires extérieurs de certains insectes; mais M. Audouin, dans son beau mémoire sur le thorax, lu à l'Académie des Sciences le 20 mai 1820, prouva d’une manière évidente ce qui n’avait été émis qu’avec doute par le grand entomologiste suédois, c’est-à-dire que les balunciers sont les rudiments des ailes inférieures.

Nous dirons aussi ici un mot d’un appendice thoracique qui nous semble avoir échappé jusqu'ici aux recherches des zootomistes. Le bord postérieur du métathorax de quelques Hémiptères de la famille des Corëites présente une sorte d'avance au-dessus de l'insertion des cuisses postérieures. Cet appendice est intimement uni au métathorax, mais s’en distingue par sa couleur, qui est différente, et sa texture, qui présente de irès-gros points enfoncés. Dans la femelle, c’est une simple lame qui forme de chaque côté une avance arrondie; mais dans le mâle, la partie postérieure du disque se prolonge en une pointe avancée et un peu arrondie à l'extrémité.

Nous ignorons entièrement l’usage de ce singulier appareil, dont nous ne trouvons d’analogue dans aucune des espèces voisines, Nous avions depuis long-temps aperçu cette pièce, et nous nous en étions servi comme de caractère zoologique pour établir notre genre Hymeniphera, dans notre Essai d’une Classification des Hémiptères (1 vol. in-8°, chez Lequien fils).

L’Aspomen contient les viscères et les organes de la génération; c’est la partie du corps de l’insecte dont on distingue le plus facilement la division en segments ; leur nombre est assez variable à l'extérieur, même entre les deux sexes d’une même espèce; mais il est le plus souvent de neuf ou de dix.

Chaque segment est composé de deux demi-arcades, l’une supérieure et l’autre inférieure. Dans les Diptères et les Hyménoptères, les premiers segments de l’abdomen sont étroits et souvent prolongés en forme de pédicule.

Chez la plupart des insectes, les segments de Pabdomen , et surtout les inférieurs , peuvent s’enchevêtrer les uns dans les autres; ces derniers sont ordinairement d’une consistance beaucoup moins solide que les arceaux supérieurs,

L’abdomen présente moins d’appendices que les autres parties du corps, ou du moins ont-ils une moindre importance.

Les Porficules ou Perce-Oreilles ont une pince assez grande ; quelques femelles, comme celles de plu: sieurs Trichies, présentent une tarière ; d’autres ont des aiguillons. Les Malachies offrent à la base de l’abdomen des appendices nombraneux et rétractiles d’une belle couleur rouge, et que l’on appelle cocardes. Le thorax de ces mêmes insectes présente

des organes semblables. Les Tenthredines ont une scie, et beaucoup d'Hyménoptères des aiguillons ,

de longs filets et des pointes acérées. Beaucoup de femelles de Sauterelles et d’Hémiptères ont une tarière en forme de sabre, dont nous parlerons en | traitant des organes de la génération.

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