SYSTÈME MUSCULAIRE
A l'exemple des muscles des animaux vertébrés , ceux des articulés sont composés de deux parties distinctes, le tendon et une partie contractile. La nature du premier est d’une plus grande compacité que dans les classes supérieures ; elle le doit à une certaine quantité de substance calcaire, et ne con-. tient que très-peu de matière colorante. Le muscle est d’une moins grande consistance. À la première inspection, les insectes semblent avoir des muscles de deux espèces; mais, suivant M. Strauss, cette différence n’est qu'apparente. Les uns sont formés de fibres isolées, à peu près d’une égale grosseur dans toute leur étendue ; les autres sont formés de colonnes prismatiques non articulées, parallèles et espacées; ces colonnes sont elles-mêmes composées de filets parallèles et articulés. Les articles des fibres sont de petites plaques, placées obliquement les unes au-dessus des autres.
« Chez les larves d'insectes, dit M. Strauss (Han neton , p. 149), on trouve généralement deux ordres de muscles principaux, dont l’un forme une double série placée le long du ventre, en passant d’un segment à l’autre, et dont le second forme également deux séries semblables occupant la région dorsale du corps.
» Chez les insectes parfaits, dont les muscles ne sont que ceux des larves transformées par les métamorphoses, on retrouve ces mêmes séries longitudinales, mais plus ou moins modifiées. Les deux premières séries forment successivement les muscles qui meuvent le corps de la lèvre, les abaisseurs de la tête, les rétracteurs des pièces jugulaires, les rétracteurs inférieurs du corselet, les prétracteurs de l’apophyse épisternale postérieure , et les prétracteurs inférieurs des segments. Mais déjà, avec cette grande différence, que ceux de la tête, du corselet et du thorax ont considérablement changé , tant sous le rapport de la forme que sous celui du volume et de la disposition ; et que ceux qui meuvent les segments de l'abdomen disparaissent complétement chez les espèces dont les segments sont soudés ou simplement immobiles, sans avoir d’ailleurs changé de forme.
» De même aussi , les deux séries de muscles droits dorsaux forment successivement les élévateurs du labre, les élévateurs de la tête, les rétracteurs supérieurs du corseler, les rétracteurs de l’écusson, les rétracteurs des ailes, les abaisseurs des ailes, les rétracteurs des ailes et les prétracteurs supérieurs des segments de l'abdomen. LA partie supérieure des segments, auxquels appartiennent les pièces jugulaires, ayant disparu chez les Mélolonthes, les muscles qui devraient s’y rendre se portent directement de l’écusson à la tête , et forment les seconds chefs des élévateurs de cette dernière. ;
« On retrouve également chez les insectes parfaits une partie des muscles latéraux transverses qui, chez les Scolopendres et les larves d’insectes, se portent du bouclier sur le sternum ; mais dans plusieurs parties du corps ces muscles disparaissent entièrement : tels sont les rotateurs de latête (?), les élévateurs obliques jugulaires , les élévateurs droits des mêmes pièces , les
à k D ENTOMOLOGIE, ; 79
les élévateurs et les rotateurs du corselet, les extenseurs des hanches de la première paire, les abaisseurs de l’écusson , les adducteurs et les fléchisseurs des élytres , les expirateurs du métathorax, les fléchisseurs latéraux de l’apophyse épisternale postérieure , les abaisseurs du tergum, les élévateurs des ailes, les extenseurs antérieurs des ailes, Les releveurs des grandes cupules, les relaxateurs et les fléchisseurs des ailes, les élévateurs du dernier arceau supérieur (ceux des autres segments ont disparu chez les Mélolonthes), les abaisseurs du même arceau et plusieurs muscles des pièces anales.
» Quant aux muscles des pattes, ceux qui sont contenus dans la cuisse et dans la jambe ne varient que peu dans toute la série des animaux articulés à peau solide. Dans tous les insectes, les muscles placés dans
l'intérieur des phalanges disparaissent, et ces dernières sont toutes fléchies par un seul muscle placé dans la jambe ou la cuisse, et dont le tendon trâverse le tarse pour aller se fixer aux crochets.
» Les muscles des diverses parties des pattes offrent
toutefois cette différence, que ceux des articles qui ne jouissent que d’un mouvement ginglymoïdal, ne sont mus d'ordinaire que par deux muscles, tandis que ceux qui ont un mouvement de circumduction en offrent souvent davantage. Il n’en est point de . même des muscles moteurs des hanches et dec trochanters; ils varient considérablement, tant pour leur nombre que pour leurs attaches, leur composition et leur forme. On peut cependant dire encore que les fléchisseurs des trochanters sont constamment simples et penniformes , tandis que les extenseurs de cette même partie sont d'ordinaire formés de plusieurs chefs, dont au moins un naît dans l’intérieur du tronc, et que les autres chefs sont le plus souvent placés dans la hanche. »
Nous allons énumérer rapidement les principau» muscles qui servent à mouvoir toutes les parties mobiles de l’insecte :
ÿ.{La tête est mise en mouvement par deux ordres de muscles, les uns qu’elle reçoit directement, et Îles autres qui la meuvent en agissant sur les pièces jugulaires.
.… Les premiers sont l’élévateur, l’abaisseur et le rotateur de la tête, ainsi que le fléchisseur latéral de cette partie.
Les seconds sont le muscle rétracteur de ia jugulaire, l’élévateur oblique et l’élévateur droit de cette partie.
Les muscles des antennes sont au nombre de trois : un fléchisseur en arrière, un prétracteur et un élévateur; de plus, chaque article de l’antenne contient deux muscles, un abducteur etun adducteur qui meuvent l’article suivant.
Le labre ne présente qu’un élévateur. Les mandibules sont mises en mouvement par deux muscles, un adducteur et un abducteur.
Les mâchoires en ont cinq, qui sont un adducteur, un prétracleur el un adducteur de la branche transverse, un fléchisseur et un adducteur de la mâchoire. … La galetie est mue par deux muscles, un abducteur et un adducteur.
Les palpes maxillaires en ont deux semblables, et, comme les articles des antennes, les leurs, à l’exception du dernier, contiennent chacun un adducteur et un abducteur destinés à mouvoir l’article suivant,
La lèvre recoit un élévateur, un abaisseur de la langue, un élévateur, un abducteur et un abaisseur du palpe. M. Strauss n’a pas reconnu dans les palpes labiaux les petits muscles que nous avons indiqués aux maxillaires.
Le phar ynx est mu par un prétracteur, un élévateur et un constricteur. ,
Cuvier a décrit les divers modes que présente l'articulation de la tête avec le corselet.
« L’articulation de la tête des insectes, dit-il (Anat. Compar., t. X, p. 445), sur le thorax présente deux sortes de dispositions principales. Dans l'une les Points de contact sonksolides, et le mouvement est subordonné à la configuration des parties. Dans l’autre, l'articulation est ligamenteuse; la tête et le thorax sont réunis et maintenus rapprochés par des membranes.
» L’articulation de la tête par le contact des parties solides se fait de quatre manières différentes.
» Dans la conformation la plus ordinaire, la tête porte, à la partie qui correspond à la gorge, un ou deux tubercules lisses, que reçoivent des cavités correspondantes de la partie antérieure du corselet, C’est ce qu’on observe dans les Scarabées, les Lucanes, les Capricornes, et dans le plus grand nombre
- des Coléoptères. Dans ce premier cas, la tête est mobile de devant en arrière , et la bouche se dirige en avant et en dessous.
» Le second mode d’articulation solide a lieu lorsque la partie postérieure de la têle est absolument arrondie, et tourne sur son axe dans une fossette correspondante de la partie antérieure du thorax. On le voit dans les Charençons, les Becmares , les Brentes, les Reduves, etc. L’axe du mouvement est
alors au centre de l'articulation, et la bouche de l’insecte se porte également en devant et en arrière, en dessus et en dessous, à droite et à gauche.
» La troisième sorte d'articulation par surfaces solides a lieu lorsque la tête, tronquée postérieurement et présentant une surface plate, est articulée tantôt sur un tubercule du thorax, tantôt sur une
autre surface aplatie et correspondante, comme dans presque tous les Hyménoptères et dans le plus grand nombre des Diptères : tels que les Mouches, les Syrphes, les Asiles, les Stratyomes, etc.
» La disposition de la quatrième sorte d’articulation permet à la tête le seul mouvement de charnière angulaire. Nous n’en connaissons jusqu'ici d'exemples que dans quelques espèces du genre Attelabe de F'abricius. La tête de ces insectes se termine en arrière par un tubercule arrondi reçu dans une cavité correspondante du thorax; le bord inférieur de cette cavité est échancré, et ne permet le mouvement de la tête que dans un seul sens.
» Îl n’y a guère que dansles insectes Orthoptères et dans quelques Vévroptères, que l’on remarque l’articulation ligamenteuse ; la tête, dans cette disposition articulaire, n’est gênée que dans ses mouve- . ments vers le dos, parce qu’elle est là retenue par une avance du thorax; mais en dessous elle est absolument libre. Les membranes ou ligaments s’é-
tendent du pourtour du trou occipital à celui de la partie antérieure du corselet ; ce qui donne une grande étendue au mouvement. »
Passant actuellement aux muscles du thorax, nous voyons que le prothorax a un rétracteur supérieur, un inférieur, un élévateur, un rotateur et un muscle occluseur du stigmate; ce dernier, irèspetit, sert à fermer l'entrée de l'ouverture stigmatique. Quant aux muscles de la première paire de pattes, ils sont nombreux. Quoique la hanche ne puisse exécuter qu’un mouvement alternatif sur son axe, elle reçoit cependant cinq muscles, dont an extenseur el quatre fléchisseurs. Le trochanter a un extenseur et un fléchisseur ; la cuisse offre un abducteur; la jambe et le tarse présentent chacun un extenseur et un fléchisseur; le dernier article du
D'ENTOMOLOGIEe | 83
iarse offre deux autres muscles semblables destinés À mouvoir les deux crochets.
Les muscles du mésothorax sont au nombre de deux, qui servent de rétracteur et d’abducteur à l'écusson ; ce dernier, en abaissant cette partie, réve les élytres; ces dernières sont mues par un extenseur, un adducteur et un fléchisseur.
La hanche des pattes moyennes ne peut, ainsi que Celle des antérieures, exécuter que des mouvements de rotation sur un axe; elle reçoit trois fléchisseurs êt deux extenseurs. Ceux de toutes les autres parlies sont semblables aux muscles de la première Paire de pattes. ; 5
M. Strauss donne le nom de muscle expirateur dans le thorax à un muscle du métathorax qu’il considère comme agissant dans la respiration. « Ge muscle, dit-il, étant placé entre deux pièces de la boîte que forme le thorax, ne paraît agir ni dans le Vol, ni dans les mouvements des pattes ; et comme
il rétrécit la cavité thoracique, il doit nécessaire-
Ment comprimer les trachées. »
Les muscles qui mettent en mouvement les ailes sont de deux ordres: les uns les meuvent médiate- Ment, et les autres agissent directement sur elles. Ces muscles sont, suivant M. Strauss, au nombre de treize. La nature de cet ouvrage ne nous permet gas d'entrer dans plus de détails à ce sujet, sur lequel l'on pourra consulter l’admirable ouvrage du Savant que nous venons de citer, et celui, très-re- Marquable aussi, de M. Chabrier sur le vol des in- Sectes. :
. La hanche de la troisième paire de pattes reçoit Cinq fléchisseurs et trois extenseurs ; il y a de plus Un fléchisseur et un extenseur pour le trochanter.
Les segments de l'abdomen sont mus chacun par
Un prétracteur supérieur et un inftrieur. Le dernier
arceau supérieur a un élévateur et un abaisseur. M. Strauss donne le nom de muscle occluseur des | stigmates abdominaux à un très-petit muscle qui se porte d’une pièce de la glotte à l’autre, ét, les rapprochant, forme l'ouverture des stigmates et empêche la respiration. La pièce anale du mâle est mue par un élévateur et un abaisseur inférieur, un rétracteur antérieur et un postérieur,
Le cloaque du mâle présente quatre muscles: un élévateur, un rétracteur, un rotateur et un muscle transversal. Ceux du rectum sont un abaisseur et un fléchisseur latéral du rectum, un sphincter et un dilatateur de l’anus.
Les muscles de là verge sont au nombre de dix ; la plupart d’entre eux se retrouvent dans la fermelle, mais en offrant souvent des différences assez grandes dues à celles des pièces anales, et surtout à celle de loviducte , qui remplace la gaîne de la verge.
Tels sont les principaux muscles que présentent les insectes parfaits. Guvier a décrit avec son talent habituel ceux de la chenille et de la larve ( Anatomie
comparée, t. T1, p. 432). Nous allons extraire ici ce passage, malgré son étendue.
« La couche la plus profonde des muscles de la chenille est formée de quatre rangées principales : deux répondent au dos et deux au ventre. Leur direction est longitudinale. £
» Ceux du dos sont séparés entre eux par le vaisseau longitudinal, et de ceux du ventre par les trachées. à 3
» Ils commencent sur l'union du premier anneaë avec le second, par deux faisceaux de fibres un pet séparées entre elles, qui s’insèrent à une espèce de ligne tendineuse produite par l'union du second an” neau avec le troisième. Il en est de même entrê tous les anneaux du corps. Sur le troisième, le$
-D’ENTOMOLOGIEs 85
“bres des deux faisceaux, quoique distinctes encore, sont beaucoup plus grosses. Sur le quatrième, il n’y à plus que le faisceau interne dont les fibres soient Séparées. La fibre se continue sans interruption ap- Parente sur tous les autres anneaux. Elle diminue d'épaisseur vers les derniers, et forme de nouveau Plusieurs faisceaux, d’abord trois, puis enfin quatre, enfin cinq ou six.
» Ges muscles, par leur contraction, raccourcissent le corps lorsqu'ils agissent avec ceux du ventre; ils e recourbent en dessus lorsqu'ils agissent sans eux.
» Les muscles longitudinaux du ventre sont séparés entre eux par le cordon médullaire, et d’avec ceux du dos par les trachées. Ils ont absolument la même direction que ceux du dos. Ils commencent aussi sur l’union du premier avec le second anneau, par des faisceaux nombreux qui se réunissent sur le troisième, où ils ne semblent plus former qu’une seule masse. Les fibres se séparent ensuite plus bas ou plus haut, selon les espèces, et forment quatre ou cinq cordons charnus qui se terminent vers la dernière paire de pailes fausses : ces muscles sont auxiliaires des dorsaux dans le raccourcissement du corps. Ils leur sont opposés lorsqu'ils agissent séparément, car alors ils recourbent le corps en dessous.
» Entre les muscles longs du dos et la peau, on en trouve de courts, mais dont la direction est oblique.
» Les uns sont étendus de dehors en dedans, vers l ligne dorsale, entre les intersections annulaires.
» Les autres occupent aussi le même intervalle, mais sont opposés en direction; de sorte qu'ils forment avec eux une espèce de V en se portant de dedans en dehors.
» Ces deux ordres de muscles obliques n’ont pas
partout la même quantité de fibres. Celles qui sont placées dans les premiers anneaux sont plus étroites et plus longues; celles des quatrième, cinquième et sixième sont beaucoup plus courtes. Elles deviennent ensuite, dans quelques espèces ; beaucoup plus longues ct plus nombreuses; dans d’autres, au contraire, elles continuent d’être larges et courtes. Hi pr
» Ces fibres agissent isolément sur chaque anneau, . qu’elles raccourcissent par leurs contractions simultanées. Mais comme elles ne s'étendent pas sur toute la longueur de l’anneau, les parties qui correspondent aux plis et sur lesquelles les museles obliques ne passent plus, s’allongent quand, par l’action de ces derniers , l’anneau diminue de diamètre; ce qui facilite la progression.
» Sous les muscles longs du ventre, il y en a une seconde couche dont les fibres sont obliques. Ils ont beaucoup de rapport avec ceux du dos. On peut aussi, d’après leurs directions, les distinguer en deux ordres.
» Les uns sont beaucoup plus rapprochés de la ligne moyenne ventrale, dans laquelle est étendu le cordon noueux des nerfs. Ils se portent, en montant de dedans en dehors, dans les intervalles de chacun des anneaux. .
» Les autres ne sont point aussi obliques, à Pexception des trois premières paires supérieures; de manière que ces muscles forment avec les précédents une espèce d’A figuré ainsi,
» Les muscles obliques de dedans en: dehors, ou les plus internes, ont beaucoup de fibres. Ils sont ordinairement composés de trois ou quatre faisceaux distincts. Geux qui remontent de dehors en dedans, ou les plus externes, ont moins de fibres et jamais »lus de deux faisceaux.
» Ces muscles doivent agir à peu près comme les obliques du dos; mais aussi ils doivent étendre immédiament la peau des pattes sur lesquelles ils sont situés,
»Outre les muscles longitudinaux du dos et du ventre, il en est de latéraux, c’est-à-dire qui sont situés au-dessus et au-dessous des stigmates ou boutonnières, qui doivent être décrits à part. Ils sont de
| trois ordres. Il en est de droits, de transverses et
d’obliques.
» Les muscles droits latéraux sont placés entre chacun des anneaux, au-dessus des stigmates, [ls sont tous situés longitudinalement au-dessus les uns des autres ; leurs points d'attache sont recouverts par les muscles transverses. Ils doivent recourber le corps sur les côtés lorsqu'ils agissent séparément, et lorsqu'ils se contractent de concert avec le long du dos et du ventre, raccourcir le corps, et aider ainsi la progression.
» Les muscles transverses latéraux sont de deux sortes; les uns, un peu plus longs que les autres, naissent sur les intervalles laissés libres par l’attache des droits latéraux, et s’insèrent à la terminaison des obliques externes du ventre; ils forment un pen l'éventail dans la disposition de leurs fibres. Les autres ont les faisceaux de fibres parallèles ; ils sont un peu plus courts et sont étendus dans chacun des anneaux entre les muscles droits latéraux et les obliques du ventre. Ges muscles doivent diminuer le diamètre de chaque anneau, et par conséquent l’allonger dans chacun de ses plis, ce qui est une des
conditions de la progression.
» Les muscles obliques latéraux sont situés de l’un et de l’autre côté des droits; ils se portent, en montant de bas en haut, dans l'insertion de chacun.de ces mêmes muscles droits latéraux, dont ils aident
| 88 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE | le mouvement lorsqu’ils agissent ensemble. Tels sont les muscles du corps en général; mais les vraies et les fausses pattes, ainsi que la tête, ont des muscles propres qu’il faut décrire séparément.
» Les muscles des pattes vraies ou écailleuses sont situés dans l’intérieur des trois articulations qui les forment. On peut les distinguer en ceux qui meuvent ces articulations, et en ceux qui agissent sur l'angle qui les termine.
» Les muscles de la première pièce ou article sont au nombre de cinq ou six faisceaux attachés au rebord supérieur, et s’insèrent aussi au rebord supérieur de l’article suivant. Ceux du second article sont à peu près en nombre égal, et s’insèrent au rebord supérieur du troisième.
» Les muscles de l’ongle se terminent par deux tendons; mais ils sont formés de plusieurs faisceaux qui s’attachent, les uns sur le second et le troisième article, par deux plans bien distincts; les autres sur une ligne qui correspond à la convexité de l'ongle; et, enfin, les dernières, sur celle qui répond à sa concavité. Ces deux tendons s’insèrent à deux tubercules de l’extrémité supérieure de l’ongle , du côté de sa concavité et de sa pointe; ils servent à le fléchir.. Il est probable qu’il se redresse par l’élasticité de son articulation.
» Les muscles des pattes membraneuses ou fausses sont au nombre de deux pour chacune; leur direction, par rapport au corps, est à peu près transversale ; ils s'étendent du centre de la patte où ils s’insèrent, jusqu’au- delà du stigmate du côté du dos, où ils s’attachent par des bandeleltes latérales et plus ou moins obliques. L’un de ces muscles est situé au-devant de l’autre, qu’il recouvre en partie.
» Leur usage est de retirer le centre de la patte en
dedans, et de faire rentrer dans l’intérieur les crochets dont son limbe est armé.
» [l'est probable que les muscles obliques du ventre produisent leffet contraire par leurs contractions.
» Quant aux muscles de la tête, nous ne ferons connaître ici que ceux qui produisent son mouvement total. Nous renvoyons les autres aux diverses fonctions auxquelles ils sont destinés. Le
» Les muscles qui agissent sur la tête la fléchissent en dessus , en dessous et sur les côtés. ,
» Les fléchisseurs en dessus sont en grardnombre : ils s’attachent sur le premier et sur le second anneau, etils s’insèrent à divers points de locciput; les uns plus près de la ligné moyenne, les autres plus latéralement:.fls formont; en général, deux fais-
Ceaux, Le plus externe est le moins volumineux.
» Lés‘fléchisséèurs latéraux sont très-obliques ; ils prennent naissance de Ja partie inférieure ou ventrale du corps, etils se portent sur les parties latérales de l’occiput. É
» Les fléchisseurs en-dessous paraissent être la con-
. tinuité des muscles droits du ventre; ils sont formés de huit-ou de neuf faisceaux. ei
» Le corps des larves des Srarabées est arqué, convexe, du côté qui répond au dos, concave du côté : des pattes : le dos et le ventre sont séparés par un rebord membraneux, plissé, situé au-dessus des stigmates. Ces larves n’ont que six pattes articulées,
et il n’en est point de membraneuses, art
» Quand on ouvre la larve dans la longueur du corps, soit par le dos , soit par le ventre , on distin. gue trois conches dé muscles profonds: les latérales, les dorsales et les ventrales.
» La couche des muscles du dos est formée de deux séries de fibres assez distinctes ; l’une, externe , OC- Cupant les intervalles des dix premiers anneaux.
Yo TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
C'est-à-dire chez ceux qui sont garnis de stigmates. Les muscles qui. la forment sont éiroits et dans une direction longitudinale. La seconde série est produite par des fibres un peu obliques, étendues dans le même espace, mais plus vers la ligne moyenne: Ces muscles sont plus larges et plus forts du côté de la tête, plus étroits et moins fibreux vers la queue; ils se terminent entre le onzième et le douzième anneau par un filet charnu très-étroit.
» L'usage de ces muscles doit être de raccourcir la portion dorsale de chacun des anneaux; mouve-
ment qui diminue la convexité de cette partie, et sert ainsi au mouvement.
» Entre le neuvième et le dixième anneau, il y a, vers la ligne moyenne, deux pêtits muscles un peu obliques; mais entre le douzième et-le dernier l’on n'aperçoit plus qu’ane série de petits muscles courts qui occupent toute la convexité que décrit la courbe. Ces muscles agissent manifestement comme les précédents, et sont leurs accessoires.
» Quand on a enlevé la première couche des muscles du dos, on aperçoit des lignes de fibres musculaïres très-couries en dessous du plein que forment inférieurement le neuvième et le dixième anneau. Ces petits muscles servént très-probablement, mais d’une manière moins sensible, aux mêmes usages que tous les précédents. |
» La couche des muscles du ventre a beaucoup d’analogie avec celle du dos; comme eux ils forment des plans opposés en direction ; les plus profonds se
portent du côté interne, el ceux qui sont les plus proches de la peau se dirigent en montant du côté externe, ce qui produit dans la ligne moyenne ven” trale une petite figure très-régulièrement rhomboïdale au milieu de chaque anneau. fs
D'ENTOMOLORTE. g1
» L'action de ces muscles est oppôsée à celle des muscles du dos.
» Sur le dernier segment, et vers la partie qui correspond à l'anus, on remarque un trousseau de fibres transversales qui doivent, par leur contraction, servir de sphincter.
» La couche latérale des muscles est formée de trois
ordres de fibres bien distinctes par leur direction ;
ils représentent une sorte de lacet passé dans des mailles. Tous ces muscles sont situés derrière les stigmates, et s’insèrent aux plis qui séparent le ventre d'avec le dos , de l’un et de l’autre côté.
» Le premier ordre est absolument transversal ; il s’étend sur l’union de chaque anneau avec le suivant dans l’espace compris entre les muscles ventraux etles dorsaux. Il doit manifestement, par ses contractions, diminuer le diamètre du corps, et par conséquent l'étendre sur sa longueur. Ges muscles sont, en général, très-étroits.
» Le second ordre cst formé par des fibres obliques qui se portent du dehors au dedans, vers la ligne moyenne ventrale de l'union d’un anneau inférieur sur l'union du précédent. Ces muscles sont larges et très-forts; ils servent à former le pli de séparation entre le dos et. le ventre.
» Le troisième ordre est moins oblique que le précédent, dont il paraît l’accessoire. Chacun des muscles qui le composent sort du milieu d’un anneau, et va s’insérer sous la tête, où se trouve l'insertion des précédents, c’est-à-dire du côté du ventre,
» [1 faut remarquer que les deux derniers anneaux n'ont point de ces muscles latéraux. È
» Les muscles de la tête sonttrès-forts. Les fléchis- Seurs sont attachés sur les muscles ventraux, audessus de l’union du second anneau avec le troisième. Îls sont formés de trois faisceaux principaux, qui
s’insèrent, en se rapprochant les uns des autres, sur la partie postérieure et inférieure de la tête à la base de la ganache.
» Les muscles extenseurs ou releveurs de la tête sont aussi formés de trois faisceaux, mais plus longs et plus forts ; ils s’attachent sur la région latérale, en plongeant sous les muscles transverses et obliques, depuis le sixième anneau, où s’attache l’un
d’eux, et le cinquième et le quatrième, qui en reçoivent chacun un auire; ils s’insèrent aux parties latérales postérieures de la tête.
» Les larves d’Â/ydrophiles sontallongées ; leur corps est un peu aplati; tous les anneaux en sont distincts. Non-seulement elles marchent assez vite, mais encore elles nagent avec beaucoup de vélocité, par les diverses inclinaisons qu’elles donnent subitement et successivement à leur corps.
» Ces larves, ouvertes dans toute leur longueur, offrent aussi quatre ordres de muscles : ceux du ventre, du dos et des côlés.
» Les muscles du ventre ont beaucoup de rapport avec ceux des chenilles: ils sont formés de deux couches distinctes: la plus profonde, ou celle qui se trouve la première quand le ventre est ouvert par le dos, est formée de fibres longitudinales avec des intersections qui correspondent à chaque anneau; la seconde couche, ou celle quise trouve la plus voisine de la peau, est entièrement recouverte par la précédente; elle est composée de fibres obliques qui s’entrecroisent en forme d’X, et qui sont étendues dans la longneur de chaque anneau.
» Les muscles du dos sont allongés, étendns de la tête à la queue, et forment de chaque côté aeux cordons de fibres qui paraissent torses sur ellesmêmes comme des cordes; ils sont un peu plus larges du côté de la tête. Toutes les fibres s’insèrent
D'ENTOMOLOGIF, 99
en partie au rebord inférieur d’un anneau antérieur, Ct au rebord supérieur de l'anneau qui suit.
» Au-dessous de ces muscles longs il en est d’obliques qui se croisent er X, et qui s'étendent de la Partie moyenne d’un anneau au rebord de l’anneau qui suit.
» Les muscles latéraux profonds ont une direction transversale: ils sont nombreux. Chaque anneau en porte trois où quatre, dont la direction respective est telle qu’ils ressemblent à des N ou à des M couchées sur le côté = =.
» Au-dessous des transverses latéraux, il en est de longitudinaux un peu obliques qui forment un plan assez large qui se confond avec les obliques du centre, mais ce plan n’est pas interrompu dans sa longueur; de manière que ses fibres déterminent les grands mouvements du corps comme les longs du dos et du ventre.
» Les muscles des pattes sont les mêmes que ceux qu'on retrouve dans les insectes parfaits.
» La tête n’a point ici de muscles particuliers. Les longs du dos, s’insérant à l’occiput, deviennent des extenseurs. La première paire des transverses latéraux, s’altachant en dessous de la tête, produit la flexion latérale. Les muscles inférieurs de la tête deviennent de véritables fléchisseurs.
» Onretrouve dans la larve du Capricorneles mêmes muscles que dans celles des Scarabées ; mais comme la forme du corps de ces deux sortes de larves dif- Îère beaucoup , il s’ensuit quelques variations dans les formes et l'étendue des organes musculaires. La tête des larves de la famille des Capricornes rentre €n grande partie dans l’intérieur de la peau, à la Volonté de l'animal. Des muscles très-forts , mais qui Sont les mêmes que ceux que nous avoñs décrits dans le Scarabce, sont destinés à cette fonction.
Gomme Ja tête, qui est très-large, rentre dans le corps, l'extrémité qui la recoit est un peu plus grosse, et les muscles qui meuvent les anneaux ont beaucoup plus d’étendue.
» Les tubercules charnus, aplatis, qui règnent le long du dos et du ventre, sont les espèces de pieds . dont cette larve se sert pour avancer son corps. Ils se meuvent par les contractions alternatives des muscles qui leur correspondent. Ainsi cette larve marche également sur le dos et sur le ventre.»
Quant aux mouvements des insectes, ils varient autant que les espèces. Les uns courent avec rapidité, les autres se traînent avec lenteur, d’auires nagent, la plupart volent; mais le vol lui-même éprouve des modifications à l'infini. Tantôt l’insecte se suspend dans l’air et reste immobile, tantôt il parcourt l’espace avec une vélocité que l’œil a peine à suivre. Beaucoup d'espèces ont la faculté de sauter; le plus souvent elles la doivent à la forme de leurs pattes postérieures. Mais quelques-unes, telles que les T'aupins, emploient à cet effet une avance de leur sternum, et s’en font un ressort. Nous n’entrerons pas ici dans plus de détails à cet égard ; en traitant de chaque groupe, nous décrirons les principales modifications qu'éprouvent les organes de la locomotion. 3