‹ Traité élémentaire d'entomologieChapitre 2 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le besoin d'ouvrages élémentaires sur les diverses branches des sciences naturelles se fait généralement sentir , et, sous ce rapport, nous devons avouer que notre pays est encore plus pauvre que ses voisins. Nous ne possédons, en effet, sur l'Entomologie, par exemple, qui est certainement la partie de la zoolo- 8e qui attire l'attention du plus grand nombre des adeptes de la science, aucun ouvrage qui puisse mettre l'étudiant en état de lire avec fruit les beaux travaux que notre langue possède sur cette partie, ou qui » par son format et la modicité de son prix, puisse être à la portée de tous ceux qui, ne restant pas IMmdifférents à l’étude de la nature, désirent en connaître au moins les principales bases, si leurs occupatiens ou leurs travaux ne leur permettent pas d’y Consacrer tout le temps nécessaire pour en acquérir une connaissance approfondie.

nous à aussi paru que l’ouvrage que nous sou- "nelions aujourd’hui au public pouvait offrir quelque ütilitémême aux personnes qui s'occupent d'Ento- Mélogie d’une manière plus particulière; car la Presque unanimité d’entre elles se contentent de re- Cueïllir des insectes et d’en rechercher les noms, sans { 5 Las L

s’occuper des mœurs si curieuses des diverses espèces, et des faits souvent si remarquablés que présente leur organisation. Nous nous tronverions bien récompensé de ce faible travail s’il pouvait engager quelques-unes d’entre elles à envisager la science d’une manière plus philosophique, et, sans en dédaigner la partie systématique, dont l'utilité est incontestable, à y joindre du moins Ja connaissance des observations et des découvertes qui firent la gloire des Réaumur, des de Géer et des Lyonnet. Nous allons présenter la marche que nous avons suivie dans cet ouvrage : pour bien faire connaître le plan que nous nous sommes proposé , nous chercherons d’abord à bien caractériser le grand embranchement des animaux articulés; nous examinerons “successivement avec rapidité les diverses classes qui y rentrent, et nous signalerons les différences qui existent entre chacune d’elles. Nous donnerons ensuite la définition de l’insecte telle que nous la comprenons. Le second chapitre traite de l'histoire de la science : nous jetons d’abord un coup d'œil sur les connaissances entomologiques des anciens, dont nous trouvons pour ainsi dire le résumé dans l'ouvrage d’Aristote, Pline ayant ajouté peu de chose à ce que savait ce père de l’histoire naturelle. Nous verrons ensuite la science tomber dans l'oubli pendant les siècles de barbarie, et n’en sortir enfin que grâce aux efforts de Valisniéri et de Rey; puis nous en suivrons les rapides progrès, et présenterons l'extrait des principales méthodes proposées pour la classification des insectes. Enfin, résumant les travaux des naturalistes modernes, nous offrirons le tableau de l’état actuel de la science : entrant alors plus profondément dans notre sujet, nous examinerons, dans le troisième chapitre, les changements ou métamorphoses que l'insecte est appelé à subir. Nous le verrons d'abord à

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l'état d'œuf, mais quittant quelquefois celte enveloppe avant de sortir du corps de la mère; nous passerons en revue les principales modifications de fores que présente ce premier état dans les différents ordres et groupes naturels, puis nous verrons Panimal €n sortir sous forme de larve, et offrir déjà à l’histoire des mœurs une étude abondante en faits remarquables et pleins d'intérêt. Arrive ensuite le troisième état ou celui de nymphe. Ici toutes les onctions vitales semblent endormies, et l’insecte se présente le plus souvent dans un véritable état de léthargie, qui ne cesse que pour donner naissance à Un être absolument différent des précédents. En effet, ce changement produit pour les uns l’actif scara- É, pour les autres la mouche si légère ou l’intelligente abeille, pour d’autres encore le papillon aux couleurs splendides; mais pourtant dans ces états, si dissemblables au premier abord, nous retrouvons le même type organique et les mêmes parties, tantôt à l'état rudimentaire, tantôt ayant pris tout leur éveloppement, Enfin nous verrons que ces métamorphoses, qui paraissent d’abord si merveilleuses ñ6 sont à l’œil du philosophe que de simples dépouilments d'enveloppe. Le quatrième chapitre commence l’histoire anatomique des insectes par la description de leur système tégumentaire, Après avoir analysé les diverses couches dé leurs téguments, nous examinerons les pièces si nombreuses qui composent leur enveloppe extérieure: Les travaux de !. Strauss nous ont surtout servi pour l'étude de la tête ; ceux de M. Victor Audouin ne nous ont pas été Mois utiles pour celle du thorax. Parmi les divers ‘ppendices, les ailes ont dû surtout: fixer notre at- ‘ention, les nervures de ces organes servant à la clas - “cation de plusieurs ordres. Le système musculaire est L'objet .du chapitre suivant. Nous avons adopté

our les principaux muscles la nomenclature que M. Strauss en a donnée dans son bel ouvrage sur le Hanneton ; après avoir indiqué les principaux, nous extrairons de V Anatomie comparée de notre illustre Cuvier des passages étendus sur les changements qu’ils éprouvent pendant leurs diverses métamorphoses. Le sixième chapitre est consacré à la nutrilion et aux organes de la digestion. Nous verrons que ie grand naturaliste que nous venons de citer a, le premier, fait connaître d’une manière positive le système nuiritif des insectes, qui s'opère, ainsi que l’a dit ce maître de la science; par imbibition ; puis, arrivant à l'étude des organes de la digestion, nous partagerons ce chapitre en trois sections : dans la première, nous étudierons l’organisation buccale des insectes, et, nous aidant des travaux de Savigny, nous arriverons à celte conclasion : que, quelle que soit la forme que présente la bouche de ces animaux, qu’elle soit formée de lames destinées au broiement des parties solides des animaux ou des plantes, ou qu’elle ait la forme d’un siphon destiné à sucer Jes liquides, elle n’en est pas moins formée des mêmes pièces, mais dont toutes les portions ont subi des modifications nécessitées par les diverses fonctions que leur ensemble doit accomplir. Dans la seconde section de ce chapitre, nous entrerons dans l'étude du canal intestinal, et après en avoir distingué les diverses parties et indiqué leurs usages, nous les suivrons dans les divers genres de la classe qui nous occupe. Troisièmement enfin, nous traiterons des organes de la sécrétion, ci nous examinerons d’abord les vaisseaux dits biliaires ; nous verrons combien peu les anatomistes sont d’accord sur Jes véritables fonctions de ces organes. Passant ensuite aux vaisseaux salivaires, nous les étudierons chez les divers genres qui en sont pourvus, et constaterons leur absence dans la plupart desin-

D'ENTOMOLOGIE. 5 sectes masticateurs. Ce sujet nous mène naturellement à l'étude de l’organe dont le produit nous est le plus utile; nous voulons parler de celui qui sécrète

à SOC; puis, après avoir dit quelques mots sur ceux destinés à des sécrétions particulières, telles que celles du vernis.et de la gelée, nous arriverons à l'étude des vaisseaux excrémentiels. Noûs verrons ceux-ci tantôt propres à sécréter des liquides ou des gaz ; qui, chez les Brachines, par exemple, servent à effrayer leurs ennemis par la détonation qu'ils produisent en s’échappant avec violence; tantôt formant des réser- Voirs pour le poison dont beaucoup de guêpes endüi- | sent leur aiguillon. Nous terminerons ce chapitre en parlant du tissu adipeux, qui est peut-être un organe sécréteur, et de quelques produits bienremarquables, comme la cire que forment les abeilles, la lumière phosphorique qui s'échappe des vers-luisants, et de quelques autres insectes doués de cette propriété remarquable.

Vient ensuite la respiration, dont la découverte n’est due qu'aux naturalistes modernes; carceux de l’ antiquité refusent cette faculté aux insectes. Nous suivrons d’abord les principales expériences faites à cet égard ; puis-nous étudierons les organes de la respiration, qui se présentent à nous sous l'aspect de tubes très-nombreux ; se ramifiant à l'infini dans toutes les parties du corps , ils communiquent à de petites ouvertures situées latéralement et à l’extérieur, auxquelles on donne le nom de stigmates.

ous verrons ensuite de quel singulier appareil ia nature a doué beaucoup de larves.

Le huitième chapitre est consacré aux organes de la génération. Chez les insectes, les sexes sont touus: séparés : nous examinerons les parties propres TRES ei nous suivrons les modifications qu'elles

issent dans toute la chaîne entomologique. Nous

terminérons cet article par l'étude de quelques sujets qui s’y rattachent, bien que d’une manière indirecte : tel est le troisième état que l’on nomme neutre; mais chez les Fourmis et les Abeilles on ne doit considérer ces individus que comme des femelles avortées. Tels sont encore les accouplements qui ont quelquefois lieu entre des espèces différentes. Nous dirons aussi un mot sur quelques parties découvértes récemment par les anatomistes, auxquelles on n’a pu assigner encore de fonctions particulières, mais que l’analogie semble rapporter au système que nous traitons.

Quant à la circulation , le seul ‘organe qui puisse servir à celte importante fonclion est le vaisseau dorsal, qui, par sa position et ses pulsations, semble représenter le cœur des animaux supérieurs. Cependant ce vaisseau, privé de toute ouverture, a paru à plusieurs physiologistes n'être qu'un organe de sécrétion, et nous parcourrons les différentes théories qui ont été émises à cet égard ; nous examinerons aussi les faits que les anatomistes allemands et anglais ont observés dans ces dernières années, et qui tendraient à prouver l'existence d’un système de cireu- lation extra-vasculaire, qui s’opérerait au moyen de deux courants de globules sanguins, et qui, du'reste, se trouve indiqué depuis long-temps dans-les écrits de de Géer et de Lyonnet.

Le système nerveux, que nous traiterons ensuite, est formé d’un cerveau donnant naissance à deux filets principaux placés sous le ventre, qui forment, d'espace en espace, des nœuds ou ganglions ; puis, de nerfs assez nombreux prenant naissance soit de ces dernières parties, soit du cerveau, pour établir une communication entre ceux-ci et les principaux

organes. Nous suivrons ensuite les travaux des na-

turalistes allemands, qui démontrent l’existence d’un

D'ENTOMOLOGIE. 5 second Système placé supérieurement, et auquel M. Brandt donne le nom de nerfs stomato-gastriques. Ge chapitre contient aussi des observations sur les effets que l'électricité produit sur le système nerveux

es insectes, et sur Ja force de vitalité si grande chez ces animaux. | s Nous examinerons ensuite les organes des sens, et nous verrons combien peu cette étude est encore avancée, Cependant on s'accorde généralement à reconnaître chez ces animaux les cinq sens que nous possédons. La vue est celui qui chez eux est le plus développé. Quant à celui de l’ouie, quoique son “xisience semble bien prouvée, on est loin d’être

d'accord sur le siége de cette faculté. Nous placons dans cet article des observations assez nombreuses

sur les sons que produisent les insectes, qui, bien que ces animaux n'aient pas de voix proprement dite, sont assez variés. Nous les partageons en trois sections : dans l’une, ils sont produits par le frottement de deux parties quelconques de leur système tégumentaire; dans l’autre , par le passage de l'air à travers les stigmates, et dans la troisième, enfin, par des organes particuliers, tels que le tambour des cigales, etc,

Dans le douzième chapitre nous étudierons notre sujet sous le point de vue des ravages que les insectes causent à l’agriculture ou à l’économie animale, ainsi que sous celui des avantages qu’ils peuvent lui procurer. Dans le suivant, ou treizième, nous examinerons un sujet peu connu encore; nous voulons parler des maladies des insectes et de leurs monstruosités. Nous Dousattachcrons particulièrement à faire connaîtreles alections morbifiques de plusieurs d’entre eux dont les arts tirent de grands avantages, tels que le Ver à soie êt l'Abeille. Nous dirons ensuite quelques mots des “Arasltes, qui occasionent souvent la mort de ces in-

sectes si utiles : les uns appartiennent au règne végétal, les autres à celui des animaux; parmi ces derniers Parasites, les uns sont rangés dans la classe des Vers, d’autres dans celle des Arachnides, d’autres, enfin, dans celle des insectes mêmes. ’

Quant aux monstruosités, cette étude est encore si peu avancée, que nous avons seulement cherché à enregistrer un nombre considérable de faits. Nous verrons, par la grande quantité de cas d’hermaphrodisme que nous avons à signaler, que, si les insectes ont toujours dans leur état normal les sexes séparés, ils semblent cependant avoir une certaine propension à nous offrir, dans leurs cas de monstruosités <la réunion sexuelle que présentent les animaux qui les entourent dans la série naturelle des êtres.

Dans le dernier chapitre, enfin, nous exposons les principales bases de la classification des insectes, et nous parcourrons successivement les divers groupes de ces animaux, en retraçant les faits les plus remarquables que nous présentent leurs mœurs et leurs habitudes; ce chapitre est nécessairement très-abrégé, et nous renvoyons les personnes qui désireraient prendre une idée plus étendue de ces êtres à notre Histoire Naturelle des Animaux Articulés.

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