TRAITÉ ÉLÉMENT AT
phorique attribuée à un. degré si exagéré à des insectes hémipières que l'on a appelés Fulgores, ei que lon trouve dans les parties les plus chaudes de l'Amérique et de lorient de l'Afrique.
De tous les avis différents publiés sur ces inseëtes; 1l semble résulter qu’ils sont tantôt pourvus de cette faculié, et que tantôt ils en sont privés. Cette diffé rence dépend-elle de la volonté de l’insecte où de son sexe? c’est que l’on ignore encore.
D'autres insectes sont aussi accidentellement lumineux : tels sont les Orthoptères que l'on nomme Taupes-Grillons, et parmi les Ebpidoptes quelques chenilles qui présentent sürtont ce phénomène pendant les grandes chaleurs de l'été, Les-anténnes, si singulièrement renflées et creuses d’une espèce de Paussus, sont aussi, suivant Afzelius, destinées à cet usage (Trans. Linn., t. IV, p. 261). Le Chiroscèle Bifénestré a deux taches rouges et ovalaires dans le second segment de l'abdomen, qui, selon Lamark, auraient peut-être lamême destination ; l’on pourrait peut-être en dire autant des deux ou trois segments abdominaux rouges ou jaunes que présentent plusieurs autres espèces de Coléoptères hétéromères du genre Sténochie, ainsi que quelques longicornes du groupe des Saperdes,
Nous emprunterons à l’excellent ouvrage de M. Burmeister le passage suivant sur les causes de la
phosphorescence ; M. Silbermann l’a traduit dans sa
Revue Entomologigne, t. 1, p. 223: «Il existe plusieurs opinions sur les causes qui produisent ce
phénomène; les uns l’atiribuent à influence du sys.
ème nerveux, d’autres à la respiration, d’autres à la cireulation du sang, d’autres encore, et principalement des chimistes, admetient l'existence d’une substance analogue ‘au phosphore, qui est sécrétée dans ces organes, et qui a la faculté de reluire. Ce-
pendant Treviranus, qui a examiné avec attention la structure anatomique de l'Ælater noctilucus et des Lampyris, w'atrouvé nulle part, pas même aux points lamineux , un organe spécial sécrétant la substance luminense, Ce tissu paraît contenir, chez les in- sectes lumineux, ainsi que le confirme aussi Macaire,
une quantité considérable d'albumine, et c’est à cette albumine que plusieurs auteurs attribuent la faculté de réluire; cependant Macaïre croit que cette substance doit avoir pour cela une organisalion particnlière, et qu’elle est dans un état de demi-trans- ‘parence. Nous ne connaissons , néanmoins, aucun exemple dé la phosphorescence de l'albumine, et il faut, dès lors, âdmettre que l’albumine se trouve combinée avec une autre substance qui, par elleinême, où par sa combinaison avec Palbümine, produit les phénomènes lumineux. La substance Ja plus connue de ce genre, celle qui développe facilement une lueur, et qui se trouve aussi en aboidance dans le corps des animaux, est le phosphore mêlé au tissu adipeux des insectes; c’est à Jui qu'on pourrait attribuer leur propriété lamineuse. Le phosphore ne reluit pas, à la vérité, par lui-même ; Ja lumière-est produite pat les gaz qui tiennent lé phosphore en’suspension, quand ils sont mis en contact avec l’oxigène, ou, si ce dernier gaz est le gaz excipient, lorsqu'il entré en contact avec de l'azote et de Fhydrogène. Pour expliquer la phosphoréscence particulière aux insectes, il suflirait donc de démontrer. la combinaison de ces substances dans leurs corps. > » En admettant cette hypothèse, car la présence de celle substance n’est pas encore matériellément dé montrée , il en résulterait, comine l’a prétendu Freviranus, et comme l'observation semble lavoir confirmé, que l'insecle ne-rcluit pas seulement aux
140 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE parties d’une couleur claire, mais dans tout l’intérieur de son Corps, partout où se trouve cette com-
Dinaison du phosphore capable de produire la lu-
mière. Ges endroits clairs ou plutôt incolores , car ia couleur d’un jaune blanchâtre doit être attribuée au tissu adipeux subjacent, ne servent donc qu’à donner un libre passage à Ja lumière, Les observations. qu'on a faites dans différentes circonstances sur la lueur des insectes coïncident assez bien avec les conditions nécessaires , pour que le phosphore reluise. En effet, la lueur des insectes, comme celle du phosphore , cesse dans les gaz irrespirables, augmente par la chaleur, disparaît par le froid, la sécheresse, l’immersion dans l’huile , l'alcool, les acides, les solulions saturées de sels et d’alcalis, ainsi que le vide. Si donc le phosphore parait être la substance qui produit la lueur chez les insectes , comme le phosphore n’a point, par lui-même, la
faculté de reluire, il s’agit de savoir sous quelles con-
ditions se reproduit celte lueur, C’est sur ce point qu'il existe une grande divergence entre les opinions dont nous avons parlé plus haut, Comme le contact de l’oxigène avec le phosphore peut seul donner à ce dernier la propriété lumineuse, l'acte de respiration doit provoquer le phénomène de la lueur, en admettant que le phosphore se irouve mêlé au tissu adipeux ou à l’albumine qui entre dans sa composition. L’acte de la respiration imprègne le corps d’oxigène, et c’est pour cela que l'insecte reluit à chaque mouvement respiratoire. Nous avons vu plus baut que la respiration-est la plus forte pendant le vol, c’est donc aussi dans ce moment que la lumière doit être le plus vive. On pourrait objecter ici que les femelles sont dépourvues d'ailes; mais leur corps,
plus épais, plus gras, doit contenir beaucoup plus de Ussu adipeux que celui des mâles, et par conséquent .
aussi reluire davantage. Mais, outre la respiration, la circulation du sang paraît aussi avoir une grande influence sur Ja production de la lumière, car 01 Sait que la substance lumineuse ne conserve si Propriété que tant qu'elle est humide. Comme k tissu adipeux est partout imprégné de sang, on peu considérer le sang comme l'humidité qui entretien! la lueur. Carus a aussi observé qu'au moment de! Pulsations ainsi qu’à chaque impulsion du sang 1 lumière était plus vive. Il rapporte aussi à ce fait li Plus grande vivacité de la lumière chez la femelle } Parce que celle-ci se tient habituellement dans des endroits obscurs et humides. Le système nerveux
Peut aussi exercer une certaine influence sur la
production de la lumière; car, comme il est l’agent principal de toutes les actions volontaires du corps il influe sans doute aussi sur la suppression volontaire de la lumière, quand l’insecte suspend, en Même temps, l’action nerveuse et la respiration, de a même manière que dans les mouvements mus- Culaires il laisse le fluide agir librement sur les
muscles. Nous savons qu’il possède cette dernière
faculté, mais il est évident que celte suspension ne Saurait être long- temps prolongée, et c'est à cette Cause que l’on peut attribuer la disparition momenlanée de la lumière que l’on observe fréquemment.
Une nouvelle respiration ferait. reparaître alors le
Phénomène de la phosphorescence, »
L'émission du fluide électrique n’est pas bier Constatée chez les insectes, cependant une espèce de Redave (R. serratus ), fort commune au Brésil et
Temarquable par son corselet élevé en carène et
Sutelé, a, dit-on, la faculté de faire ressentir, °rsqu'on la touche, une secousse électrique assez forte (Kirby et Spence, {ntrod., Entom. , tom. I, LL CETTE
1492 TRAIÎTÉ ÉLÉMENTAIRE . Quoique les organes de la génération soient de vé- ritables organcs sécréteurs, cependant nous croyons
devoir, vu leur importance, leur consacrer un cha- pitre séparé. é-
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