à TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
tes distinctes : la première, à laquelle l’on donne le nom de menton, est ordinairement cornée; et la seconde, située au-dessus, et que l’on appelle languette, est de consistance flexible. La lèvre supporte deux sortes d’appendices.
1. La langue, petite massue charnue et mabile, située dans l'intérieur de la bouche, et partagée en quatre lobes, placés par paires. Ces lobes sont recouverts d’un épiderme hérissé de papilles; les lobes sont portés par deux appendices longs et cornés, qui sont prolongés en arrière, et auxquels M. Strauss donne le nom d’apophyses glosso - pharyngiénnes ; M. Bonelli celui de paraglosses. 4
9° Les palpes labiaux, pièces articulées insérées
‘sur la languette, semblables à ceux de la mâchoire, et, ainsi que nous l’avons déjà dit, composées obdinairement d’un moins grand nombre d'articles.
{1 nous reste, pour achever l’examen des parties de Ja bouche, à ajouter que M. Strauss donne le nom de pièces jugulaires à deux petites chaînes composées chacune de deux plaques consécutives , contenues inférieurement dans la peau du cou, et unissant la tête au corselet; et que Réaumur décrit aussi dans le Bourdon une petite pièce formant l'entrée du pharynx, et à laquelle Latreille donne le nom d’épiglosse; cette pièce à depuis été confondue avec le labre. M. Strauss l'appelle épipharinæ.
Telle est l’organisation buccale des insectes masticateurs, que l’on peut prendre pour types de l'étude de cette partie.
+ Les Hyménoptères semblent former, sous lé rapport des organes de la bouche, le passage des insectes masticateurs aux insectes sUCEUTS. Ils sont remarqua" bles par l'extrême allongement de leurs mâchoires et de leur lèvre inférieure. Les premières de ces parties engainent longitudinalement les côtés de la ièvre, et
forment ainsi ane sorte de trompe servant de suçoir, et que l’on nomme promuscis.
La bouche des insectes suceurs semble au premier abord être absolument différente de celle des précédents. Gependant tontes les mêmes pièces se retrouvent chez tous les insectes, mais ayant souvent subi des modifications de formes telles qu’il devient trèsdifficile de les retrouver.
M. Savigny, à qui l’on doit la belle découverte de cette unité de composition, s'exprime ainsi : « Quelque forme qu'affecte la bouche des insectes, elle est toujours composée des mêmes éléments. » Ce même naturaliste décrit de la manière suivante la bouche des Lépidoptères, qui, au premier aspect, semble être dépourvue de mandibules, de mâchoires et de lèvre, et qui n'offre plus qu’une langue filiforme roulée en spirale : « Bouche pourvue de lèvres, de mandibules et de mâchoires; quatre palpes, dont deux maxillaires et deux insérés au bas de la lèvre inférieure; mandibules très-petites, écartées, peu ou point mobiles, impropres à la mastication; mâchoires intimement unies à leur base avec la lèvre inférieure, prolongées, canaliculées, formant communément, par la jonction de leurslames, une trompe tubuleuse roulée en spirale, et cachée entre les palpes. »
Mais si l’on ne considère la bouche que comme caractère extérieur et zoologique, l’on pourra, ainsi
que l’a fait Latreille, lui appliquer différentes dénominations , suivant les modifications qu’elle éprouve dans les différents -ordres d'insectes. Ainsi, il donne au prolongement en forme de trompe que forme le devant de la tête dans les Panorpes et les Charançons, le nom de probosci-rostre (proboscirostrum ); à la trompe de la Puce le nom de rostelle (rostellum ) ; à celle du Pou celui de siphoncle (siphoneulum )s le rostre (rostrum) sera la trompe des Hémiptéres ; celle
102 TRAITÉ ÉCÉNENTAIRR
des Diptères se nommera proboscide (proboscis ), et enfin la dénomination de spiritrompe (spirignatha } sera donnée à la bonche des Papillons.
Le rostre des Hémipières est formé d’une lame linéaire divisée en trois ou quatre articles, roulée snr ses bords, et formant un corps tubulaire que l'on assimile à la lèvre inférieure; d’an suçoir formé de quatre filets très -déliés, élastiques et cornés, réunis en faisceau, et dont les deux inférieurs se réunissent en un seul : ce sont les analogues des mâchoires, et les autres ceux des mandibules; d’une petite pièce en forme de languette, plus ou moins triangulaire , qui recouvre d’un côté [a base du sucoir, et renfer-
mée avec lui dans une vainure que présente le corps tubulaire. Cette pièce représente, suivant Savigny, la langue; une autre pièce semblable couvre en dessus la base du suçoir, et est l’analogue du labre.
La trompe des Dipières est formée de trois parties principales : 1° le support, 2° la tige, 3° le sommet: celui-ci est formé par deux lèvres, tantôt membrapeuses, tantôt coriaces. Du reste, l’organisation de celle trompe est lrès-voisine de celle des Hémiptères.
Si nous cherchons l’usage de chacune des pièces buccales que nous venons de décrire; nous verrons que la plupart d’entre elles, et particulièrement celles placées par paires surles côtés, sont destinées à saisir la nourriture et à la maintenir pendant l'acte de la masticalion, et, ainsi que je l'ai dit (Etudes entomologiques, p. 15), les palpes, la galette, les mâchaoires ct les mandibules ne sont qu’une suite de modifications d’un même type organique ; ce sont des pièces paires disposées de chaque côté de la bouche , et toutes destinées à saisir l’objet qui doit nourrir l’insecte et à le rapprocher successivement de l’orifice buccal. Les pièces les plus externes sont généralement et pour cet effet plus développées ;' et compo-
sées d’un plus grand nombre d’articulations que les internes; elles atteignent surtout leur plus grand développement chez les insectes les plus carnassiers. En considérant ces divers organes comme des moyens de préhension , il devient permis de les comparer aux pieds-mâchoires des Crustacés, et d'autant que leurs formes les en rapprochent quelquefois. Ainsi les palpes labiaux des Libellules et de quelques autres insectes sont terminés par deux petites pinces : rappellent entièrement ces mêmes parties des
corpions, chez lesquels ces pièces sont si voisines de celles des Crustacés, avec lesquels nous établissons Ja comparaison, Enfin, nous pensons que toute ‘personne qui aura suivi avec attention les modifications qu’offrent ces parties dans la chaîne des animaux articulés, sera entièrement convaincue des faits suivants :
1°. La plupart des parties qui composent la bouche des insectes ne sont que des modifications de formes d’un même type destiné à la préhension.
2°, Que ces mêmes parties passent successivement et par des passages insensibles aux organes de la locomotion.
L'on a dû voir, par ce qui précède, combien sont défectueux les noms de mandibules, de mâchoires, etc., donnés à diverses de ces parties. Nous proposerons de les changer en ceux qui suivent.
Les lèvres porteraient le nom de pièces masticatrices , le labre serait la pièce masticatrice supérieure, et la lèvre, la pièce masticatrice inférieure; les mâchoires seraient les pièces d’appréhension internes , et les mandibules les pièces d'appréhension externes ; les palpes porteraient le nom d’appendices d’appréhension, les maxillaires se distingueraient par la dénomination d’externes , et les labiaux , par celle d’internes, par allusion à leur position la plus ordinaire:
la galette serait un œppendice d’appréhension accessoire; le menton serait la partie basilaire de la pièce masticatrice inférieure, et la languette, la partie tersninale de la même pièce.
Du reste, nous ne proposons ici ces dénominations qu’en reconnaissant que, bien que moins défectueuses, àce qu’il nous semble, que celles qu’elles sont destinées à remplacer, elles sont encore loin d’être définitives, et qu’elles ne présentent qu’un seul avantage, qui est de régulariser la nomenclature en la simplifiant.
Tube alimentaire.
Le tube alimentaire des insectes est formé de trois tuniques distinctes, dont l’externe est membraneuse, la seconde musculeuse et l’interne muqueuse, Il se divise, suivant la nomenclature de M. Léon Dufour, en cinq parties : 1° l’œsophage ; 2° le jabot ou estomac ; 5° le gésier; 4° le ventricule chylifique; et 5° l'intestin. S
L’æœsophage est un tube membraneux, très-court, cylindrique, souvent garni de rugosités; il traverse le corselet et se rend dans le jabot. Celui-ci, que Ramdohr désigne sous le nom de dilatation de l’æsophage, est une poche placée dans le métathorax ; sa structure est musculo-membraneuse; lorsqu'il est rempli il atteint une très-grande étendue, et lorsqu’il est gonflé par l’air il devient globuleux et présente souvent des stries longitudinales. Le gésier, que Ramdohr nomme estomac & replis, est quel-
|, (quelois terminé en arrière en forme de col; sa
forme est le plus souvent arrondie ou ovalaire, son enveloppe intérieure est un pédicule charnu et à tissu serré; 1l est intérieurement armé d’un appareil des-
tiné à la trituration, et qui consiste ordinairement en des lames cornées et mobiles. Îl est surtout remarquable dans les Goléoptères carabiques et dans les Orthoptères ; il ne paraît pas se retrouver dans les insectes qui, comme les Hémiptéres, se nourrissent de liquides.
Le ventricule chylifique, que Ramdohr nomme estomac et M. Marcel de Serres duodenum, est une poche dans laquelle se forme le chyle ; elle est d’une texture très-délicate; sa forme est tantôt ovalaire, tantôt presque cylindrique; il est garni en dessus de papilles qui forment quelquefois une villosité trèsserrée dans les Hémiplères; il est glabre, et forme souvent les quatre cinquièmes de la longueur totale du tube digestif. Observées au microscope ; dit M. Léon Dufour (An. des Sc. nat. , 1. IF, p. ÀA75), les papilles se présentent, en général, sous la forme de bourses conoïdes, semblables à des doigts degant,
et s’abouchant dans la cavité ventriculaire. Elles
sont le plus souvent renflées à leur base, et leur extrémité est tantôt droite, tantôt flexueuse. An travers de leurs parois pellucides, on aperçoit des atomes alimentaires brunâtres, des trachées d’une finesse que la lentille rend à peine sensible, formant un snchevêtrement à la base de ces papilles etle plus souvent une bordure à chacune d'elles.
L'intestin s’insère au ventricule chylifique; sa longneur es£ souvent cinq ou six fois celle du corps; il forme de nombreux replis; il se partage en deux parties , l’une épaisse, et l'autre grêle; cette dernière forme souvent un renflement plus ou moins ovalaire, que M. Dufour nomme cœcunr, et que Ramdobr et
M. Marcel de Serres ont appelé rectum; il offre des
valvules destinées à recevoir une matière de couleur cannelle, et qui est le résidu fécal. Dans les Hémi- Ptères V'intestin a la forme d’une poche conique; dans
106 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE « les espèces aquatiques, il remplit les fonctions de la vessie natatoire des poissons.
Tels sont les caractères généraux que nous présente le tube alimentaire des insectes; mais la forme de chacune de ces parties varie à l’infini, suivant les ordres et les genres. Nous allons parcourir les principales modifications qu’elles éprouvent.
Dans les Carabiques , le tube alimentaire a au plus
deux fois la longueur du corps; le ventricule chyli-
fique varie pour ses dimensions. Dans Je Scarite, le Zabre et le Harpale, il fait une circonvolution sur
lui-même, quelquefois, comme dans le Carabe et
dans quelques Wébries, etc. , il se courbe seulement sur lui-même: et le plus souvent (Brachine, Sphora, etc. ) il est droit.
Quant aux papilles dans le Curabe, elles sont allongées dans la partie antérieure du ventricule et seulement sous forme de granulations dans le reste.
Dans la! Clivines, elles sont remarquables par leur grosseur et leur forme conoïde,
Dans la Civindèle, étudiée par MM. Ramdobhr ct Dufour, le jabot est vaste, dilaté en arrière, presque en cœur et garni de rangées longitudinales de granulations. | À
Dans le Dytique, le jabot se termine en arrière par un bourrelet; le ventricule chylifique est garni de nombreuses papilles; l’instestin est replié plusieurs fois sur lui-même; Le cæcum est latéral, et forme une véritable vessie natatoire.
Dans le Gyrin , le veniricule chylifique est court.
et garni de papilles très-grosses et conoïdes. Dans le Bupreste à neuf taches , lœsophage n’est ue distinct du jabot, et forme un tbe capillaire et
roit; le veniricule chylifique est très-remarquable
par deux appendices latéraux qui lui donnent la forme d’un Y..
D'ENTOMOLOGIE 107 Le Turpin a été étudié par MM. Ramdohr et
Dufour : l’œsophage est très-court; le ventricule est très-long et dilaté de chaque côté de la base; dans certaines espèces il est garni de papilles.
Dans le f’er luisant l’æsophage et le jabot sont très-courts : le ventricule est très-long, sinneux, sans
apilles , rhais boursouflé.
… Dans l’Aister et le Silphe, le ventricule est garni de fortes papilles; dans ce dernier, l'intestin est fort long et granuleux. |
Dans les Lamellicornes coprophages et phytophages, le canal intestinal est remarquable par son extrême longaeur et le nombre des replis qu’il fait sur luimême. É
Dans les Pénélies etles Asides, le ventricule chylifique est fort long et coniourné sur lui-même.
Dans les Hypophlés et les Diapères, le jabot est
fort court, et le ventricule long et garni de papilles fortes et serrées.
Dans les OEdemères, le jabot forme une poche la-
térale et ovalaire. i
Le Méloé présente un renflement particulier à l'origine de l'intestin grêle.
L'appareil digestif de la Forficule (perce-oreille.) a été étudié par Passelt, Ramdohr , Marcel de Serres et Léon Dufour; le tube alimentaire excède de peu la longüeur du corps; l’œsophage aboutit en an jabot très-grand et oblong; le gésier est petit et sphéroïde ; il'est intérieurement parcouru par six colonnes calloso-charnués, qui sont séparées de la valvule pylo-
ritique par un espace circulaire d'un Lissu très
Souple; celte dernière est formée de six lames prolongées en pointes très-acérées; le cœcum présente des éminences musculeuses tantôt arrondies (F. Auriculaire), tantôt oblongues (F. Gigantesque). C'est surtout à M. Marcel de Serres (Observations
sur les usages du tube intestinal des Insectes) que l'on doit la connaissance de l'anatomie des Orthopières. Dans la Blaite Orientale, le canal intestinal est, suivant cet habile anatomiste, fort allongé , et forme de nombreuses circonvelutions : une fois par- *enu dans l’abdomen, l’œsophage est allongé ct cylindrique ; le jabot est grand et dilaté: le gésier est petit, arrondi et armé de six rangées d’écailles saillantes régulières et dentées ; l'intestin grêle est' allongé; le cæœcum est épais, ovalaire.
Dans la Mante religieuse, l'œsophage est long, étroit et cylindrique, le jabot très-long ; le gésier est globuleux, et présente intérieurement six lames saillantes et cornées; l'estomac est gros, le cæcum court.
Dans Ja Taupe Grillon ei les Achètes, le tube est très-long, et forme dans toute son étendue de nombreuses circonvolutions ; le jabot est disposé en cornemuse, et placé par côté de l’œsophage; le gésier est très-développé. Le caractère le plus remarquable que présente le tube intestinal des Orthoptères est la grosseur qu'atteignent les papilles des ventricules chylifiques, qui, ordinairement an nombre de six ou de huit, forment des poches de grande dimension, que M. Marcel de Serres à regardées comme des vaisseaux hépatiques supérieurs.
Dans la plupart des Hémiptères, le tube alimentaire, après avoir formé un œsophage court, un jabot plus ou moins apparent, et un ventricule chylifique ordinairement étendu, présente une seconde poche gasirique qui se joint au ventricule par le moyen d'un tube grêle et flexueux; plusicurs espèces, ielles que les Scutellères, les Pentatomes et quelques Corés, présentent un organe particulier que Ramdohr nomme estomac de punaise, et M, Du-
four cordons valvuleux; ce sont des boÿaux grêles ct pellucides, plus ou moins tordus en spirale et
D'ENTOMOLOGIE. “109 plissés transversalement, qui prennent naissance à la partie postérieure de la seconde poche gastrique, et se terminent avant la vésicule biliaire.
Dans le Phymate (Dufour, Rech., H., 53), l'æsophage, qui est capillaire à sa base, est à peine distinct du ventricule chylifique; celui-ci est boursoulé, replié, d’égale grosseur dans toute son étendue, et va rejoindre une poche conoïde placée à l’extrémité de l'abdomen, et qui représente l'intestin.
Dans les Arades, l'œsophage est remarquable par sa longueur et sa forme capillaire.
L'on doit à M. Dufour ( Rech. anat. , pag. 57) la description du tube alimentaire de la Punaise des lits.
Le tube digestif de la Punaise est trois ou quatre fois plus long que son corps ; l'œsophage , court et capillaire, dégénère insensiblement en un jabot conside peu marqué; le ventricule chylifique débute par un estomac oblong, plus ou moins boursouflé, le plus souvent rempli d’une pulpe alimentaire sanguime; vient ensuite un tube intestiniforme, flexueux ou reployé, qui, avant l'insertion des vaisseaux hépatiques, fait une circonvolution sur lui-même. Dans ce trajet il présente quelques légers renflements trèsvariables; mais on ne retrouve plus ce sac ellipsoïdal , cette seconde poche gastrique qui s’observe constamment dans les Pentatomes, les Corés et les genres voisins. La portion du canal digestif destinée au séjour des matières excrémentitielles est remarquable par son ampleur; c’est un sac pyriforme, plus ou moins distendu par une pâte stercorale d’un brun sanguin. À son origine, il reçoit un peu latéralement le ventricule chylifique, et il se rétrécit en arrière en un tube fort court qui s'ouvre à l'anus.‘
Dans les Naucores, M. Dufour a trouvé, de chaque côté du renflement anal ou stercoral, une petite oreillette qui lui semble faire l'office de vessie natatoire.
110 © TRAIÏTÉ ÉLÉMENTAIRE Ramdobr, Meckel et Dafour, se sont occupés de
l'anatomie fort remarquable de la Cigale, Nous em-
prunterons à ce dernier le passage suivant ( Rech. anal., pag. 92). ” 5
« Son tube alimentaire a une longueur bien plus considérable que celui des autres Hémiptères Hétéropières, quoiqu’elle égale environ dix fois celle de son corps ; il se reploie par conséquent en de nombreuses circonvolutions : il est d’une texture fort délicate ; l’'œsophage se dilate insensiblement en un jabot peu prononcé. Le ventricule chylifique débute constamment par un estomac courbé en anse, à parois minces, lisses et diaphanes, dilaté à droite en un pelit cul-de-sac latéral, et s’abonchant du côté opposé dans une poche oblongue plus ou moins: boursouflée , soutenue par un ligament suspenseur fibro-membraneux, tantôt plissé, rataliné, tantôt lisse ou simplement lobé, suivant son degré de plénitude. Cette poche dégénère en arrière en un tube intestiviforme, irès-replié, qui égale en longueur la moitié de tout le canal alimentaire, pointillé de jaune et de blanc, allant se dégorger dans la poche elle-même, à côté de l'insertion hépatique. Gelte disposition insolite du ventricule chylifique qui se dégorge dans Inimême, en constituant un cercle complet, forme le trait le plus Caractéristique de l'appareil digestif des Cicadaires. L’intestin proprement dit naît du cul- de-sac de l'estomac, et présente, à son origine, un bourrelet valvulaire ; il est filiforme, diversement reployé, et se dilate, avant sa terminaison à l’anus, en une poche stercorale constante , à parois musculo-membraneuses. »
C'est aussi à M. Dufour que l'on doit la connaissance du tube alimentaire de ja Psylle. Dans cet insecte singulier le bec se trouve inséré non à la tête, mais sous Le thorax et derrière l'insertion de
D'ENTOMOLOGIEs 118 la première paire de pattes; c’est done là que commence l’æœsophage, dont la forme est très-remar- Quable et qui a la ténuité d’un cheveu ; il parcours en ligne droite les deux tiers de Ja longueur du corps; R, il aboutit à un petit renflement ou estomac qui se termine lui-même, en arrière, en un petit tube replié qui remonte pour s’insérer dans un collier, dont le côté ganche reçoit les vaisseaux hépatiques. Mais avant de former le petit estomac dont nous avons parlé, l’æsophage donne insertion à un tube droit qui se rend à l’anus sans offrir de renflements.
Les Pucerons ont été étudiés sous le rapport anatomique par MM. Ramdohr ei Dufour; leur æsophage est court et capillaire; il communique à un estomac ovalaire , qui dégénère en un conduit tubuleux filiforme et reployé, qui se renfle en arrière en un cœcum oblong. |
M. Pictet a étudié le canal alimentaire de la Phry- | ÿane, dans son excellent ouvrage sur ces insectes.
Îl le trouve d’une très-grande dimension dans Ja larve, moindre dans la nymphe, et assez grêle chez linsecte parfait; chez celui-ci, l'œsonhage est d’une grande ténuité; le canal offre ensuite trois renflements, le premier ovalaire; le second, qui est le plus considérable, est globuleux, ainsi que le troisième. M. Pictet leur donne les noms de ventricule succentorié , de jabot et de gésier; mais le premier me semble être le jabot, le second le gésier, et le troisième le ventricule chylifique; l'intestin grêle est Courbe, et aboutit au cœcum que M. Piciet nomme &ros'intestin.
Dans le Myrméléon, snivant M. Marcel de Serres
mémoire précité }, le tube est court, l’œsophage Ctroit et très-allongé; le veniricule offre dans son intérieur des plissures longitudinales, et à son ex= irémité inférieure d’autres transversales. Le gésier
est petit; l'estomac profondément plissé en travers.
Dans l'Hémerobe italique, le canal est cylindrique et allongé. :
La Libellule offre un tube peu étendu; l’œsophage est -court, le ventricule chylifique très-étendu, le cœcum large. | ;
Dans la Scolie (Dufour, Journ. de Phys. , 1818), l'œsophage est un tube délié qui se dilate, en arrière, en un premier estomac ovoïde et membraneux ; il est séparé d’un second estomac par un étranglement. Celui-ci est allongé, cylindrique et ridé transversalement ; il se termine par un bourrelet qui donne insertion aux vaisseaux hépatiques; l'intestin est filiforme, grêle, flexueux, et se termine par un cæcum cannelé.
Dans le Bombyx (Marcel de Serres ), le tube est presque capillaire, jusqu’à ce qu’il soit parvenu dans Ja cavité de l’abdomen, et dans cette partie du corps il forme quelques circonvolutions sur lui- même; l'œsophage est cylindrique et fort étroit , il s’étend à travers le corselet et le pédicule de l’abdomen, et. forme alors l'estomac. Gelui-ci est presque cylindri-
ue, mais beaucoup plus large. Le ventricule chyli- Dee est fort contourné; la cœcum est peu élargi, mais à membranes épaisses.
La Mutille offreun appareil digestif à peu prèssemblable.
Dans le Bourdon, suivant M. Marcel de Serres, le canal s’étend en droite ligne jusque dans l'abdomen et forme alors de nombreux replis.
Le canal intestinal de la plupart des Diptères offre à son origine une panse longuement pédicellée, mais que l’on n’observe pas dans l’Hippobosque, dont nous devons la connaissance anatomique à MM. Ramdohr et Dufour. Son tube alimentaire à huit ou neuf fois la longueur du corps; l’œsophage
D'ENTOMOLOGIR: 115
est capillaire et terminé par un jabot ovalaire, qui est lui-même séparé par un étranglement du ventri- | cule chylifique; celui-ci commence par une dilatation allongée, et dégénère en un tube intestiniforme ; l'intestin s’insère brusqueinent par un renflement en
forme de godet. Le cœcum est globuleux ; vu à la
loupe, il paraît formé de quatre tubercules arrondis.
Dans le Papillon Pirtena, Linné (étudié par M. Marcel de Serres), l’œsophage est un canal cylindrique peu allongé, dont la dilatation des membranes forme le jabot ; le ventricule cst d’une grosseur très-considérable, le cœcum est court el renflé.
Le Sphynx de l'Euphorbe présente, suivant le même, une sorte d'œsophage formé par la réunion des deux conduits principaux de la trompe, Ici, comme dans l'espèce précédente, il part vers l’extrémité de ces deux conduits deux autres canaux allongés et irès-repliés sur eux-mêmes ; leur longueur est plus du double de celle de l’æsophage. À l'extrémité de cet organe , on observe une espèce de poche ovale et membaneuse , terminée par un canal cylin-
- drique qui va s'ouvrir dans l’œsophage. Le jabot est allongé, et se rétrécit légèrement vers son extrémité; le ventricule est cylindrique, peu large et offre, en arrière, une sorte de petit cœcum arrondi, qui, lui-même, présente un appendice ovoïde peu étendu; le canal se termine par le véritable cœcum.
Le Bombyx Bucéphale offre un tube intestinal fort étroit; sa longueur est à peu près la même parout, excepté dans l'æsophage, celui-ci élant presque Capillaire; le ventricule est assez reployé sur luimême; le cœcum est court et charnu.
Dans la larve du Bombyx Petit-Paon, le tube est est très-ample et beaucoup plus long que le corps; i forme pen de circonvolutions sur lui-même, et
114 TRAIÏTÉ ÉLÉMENTAIRE
présente seulement des zig-zags très rapprochés les uns des autres,
Organes sécréteurs.
Après avoir parcouru les principales modifications * que présenie le canal intestinal des insectes, nous allons entrer dans quelques détails sur leurs organes sécréteurs, qui sont très-variés, et en même temps nous en parcourrons rapidement les divers produits. Les vaisseaux que l’on nomme généralement biliaires sont aussi appelés Lépathiques par plusieurs auteurs; Swammerdam les désigne sous le nom de petits cœcums, et Lyonnet sous celui d'intestins grêles, Ds s’insèrent dans le tube digestif, entre le ventricule chylifique et le rectum; ce sont des organes flottants .contournés, souvent très-longs, de couleur ordinairement jaunâire , mais quelques-uns d'un blanc opaque ( dans les Lamellicornes et les Longicornes, suivant Ramdobr), ou d’un brun foncé ( Hydrocanthères ), et quelquefois, suivant M. Dufour, d’une couleur violette. [ls sont formés d’une membrane mince et pellucide, et offrent, lorsqu'ils ne sont pas trop tendus, des plis transversaux, qui leur donnent un aspect celluleux. Leurs insertions, dit M. Audouin (Dict, class. , t: VIIL,. 565 }, offrent des différences notables qu’il serait impossible d’énumérer toutes, mais dont nous croyons pouvoir, dès à présent, tracer l’esquisse : l’on voit d’abord qu’il est possible d’établir deux grandes divisions : 1° ou bien l'insertion a lieu seulement au ventricule; ou bien 2° elle a lieu en même temps au ventricule et au cæcum. La première de ces divisions nous offre deux sections : tantôt les vaisseaux sont insérés seulement par un bout, et l'autre extrémité est libre ; tantôt ils sont fixés par
leurs deux bouts et figurent autant d'arcs. Dans ce cas, ils semblent être toujours très-nombreux, et lon peut considérer chacun des arcs comme nn | Vaisseau singulièrementrecourbé vers les deux extré- Mités, au point d’être contigu à l’endroit de l'insertion; ou bien il est possible de les regarder comme deux vaisseaux distincts qui se seraient exactement anastomosés par leurs deux bouts. Une espèce de Coléoptères (Donacia), observée par Dufour , établis le passage entre les deux sections que nous avons reconnues dans cette division. La seconde grande division ne présente jamais de vaisseaux libres ; l'arc qu’ils forment et qui s'étend du ventricule su cœur, est toujours complet : il n’existe plus de différence
que dans le nombre des vaisseaux, qui est toujours
réduit; tantôt il y a deux insertions à l’un et l’autre organes, tantôt ilen existe trois, d’autres fois quatre. Ces différences pourraient être groupées dans autant de sections. Dans tous les cas, les insertions au ventricule chylifiqne sont beaucoup plus distincies que celles du cœcum; celles-ci ont rarement lieu isoiément, on voit les vaisseaux se réunir en branches qui aboutissent souvent à un moindre nombre de troncs communs et quelquefois à un seul. L'aspect des vaisseaux biliaires vers ce point donne à penser que l'insertion au cœæcum doit plutôt être considérée comme la terminaison des tubes biliaires , partis des ventricules chylifiques, que comme l'origine d’antant de tubes qui, ayant rencontré les premiers dans leur trajet, auraient contracié avec eux une soudure intime, Les vaisseaux biliaires de l’une ou de l’autre de ces divisions présentent des particularités nombreuses dans leur mode d’inserlion, dans leur longueur et dans leur diamètre. Tout cela varie suivant les ordres, les familles, les genres et les espèces ; il existe même des différences individuelles,
OPEN ERENEPERTERRTS
Si nous examinons le nombre de ces vaisseaux , nous verrons qu'il ct le plus souvent de quatre ou de six. Dans les insectes carnassiers, tels que les Cicindèles, les Carabiques , les’ Hydrocanthares et les Hydrophiles, il y en a deux insérés séparément et
d’une manière distincte: dans les Brachélytres on en trouve le même nombre , mais les quatre insertions sont réunies par un même point latéral. M. Léon
Dufour à observé que dans le Séaphylin érythroptère, chacun des vaisseaux a, vers son milieu, une sorte de vésicule qui semble être le point de confluence des deux tubes. ut}
Dans les Buprestes, les Elatères et les Lampyres, le même auteur a également trouvé deux vaisseaux biliaires; mais une espèce du premier groupe | Brup. novem-maculata } laï à offert une anomalie qu'il regarde comme accidentelle : c’est qu’au lieu d’avoir quatre insertions , il n’y en avait que trois, l’un des vaisseaux étant bifarqué.
Les Téléphores et les Lycus en ont quatre.
Les Malachies et les Driles ont paru à M. Dufour avoir deux vaisseaux à quatre insertions.
Les Clairons en ont cinq suivant Ramdobhr, et six suivant M: Dufour ; ils sont insérés, d’une part, à l'extrémité du ventricule chylifique, et de l’autre à l'origine du cœcum; l'insertion antérieure a lieu au moyen de six branches distinctes et isolées ; l'autre, la postérieure, s'opère. par deux troncs seulement, dont chacun est trifide et résulte de la confluence de trois vaisseaux (Dufour, Ann. des Srien. nat. , tom. V, pag. 27).
Dans les Escarbots (Hister ) les vaisseaux biliaires ne seraient, selon Ramdohr, qu’au nombre de trois; dans les Silphes il y en a quatre.
Dans les Zamellicornes ils sont très-longs et trèsdéliés; dans les Mannetons ils sont munis de chaque
D'ENTO\NOLOGIE. 117 côté, dans une grande partie de leur longueur, de petits barbillons courts et inégaux. La larve de la Cétoine dorée n'aurait, selon Ramdohr, que deux vaisseaux biliaires.
Les Hétéromères en offrent généralement six, disposés comme dans les Clairons ; cependant les Aypophlés et les Elédones n’en ont que quatre; dans le Ténébrion Meunier , ils s’insèrent, suivant Ramdohr, au canal par le moyen de petits grains gélatineux.
Dans les Mordelles les vaisseaux sont courts,
n’ont pas d'insertion cœcale, et sont implantés isolé-
ment autour de l'extrémité du ventricule chylifique (Dufour).
Dans les Zonites ils sont assez gros et au nombre de quatre. £ Dans les Charançons, les Xylophages, les Longtcornes et presque toutes les Chysomélines, les vais-
seaux sont an nombre de six, fixés par l'un de leurs:
bouts à l'extrémité du ventricule chilifique, et de l’autre au cœcum.
Dans les Donacies, ils sont au nombre de quatre, et ne s’abouchent qu'au ventricule chylifique. Ils sont , dit M. Léon Dufour, de deux espèces différentes, les uns capillaires, d’un vert jaunâtre el disposés en deux anses fort reployées, s’insérant par quatre bouts distincts, sur une courte vésicule , placée à la face inférieure et un peu latérale de
l'extrémité du ventricule chylifique; les autres, bien
plus courts, plus épais, plus dilatables, effilés aux deux extrémités, sont flottants par un bout et implantés isolément par Pautre, à la région dorsale ou supérieure de cet organe. Ces deux vaisseaux, tantôt plus, tantôt moins, sont liés et repliés, renfermant une pulpe blanchâtre que je suis irès-disposé à regarder comme élémentaire (Ann. des Seient. nat, tom: V, pag. 289).
Dans les Pentatomes , suivant M. Dufour (Rech. amatom. et physiol. sur Les Îémiptères,, pag. 19), il n'y a que deux vaisseaux hépatiques, sous la forme de deux arcs diversement repliés, et s'implantant par quatre bouts distincts à un réservoir utriculiforme , en un mot une véritable vésicule biliaire.
Dans les Corés et les Alydes il y en a quatre; dans les Cupses et les Punaises il y a quatre de ces vaisseaux flollants par un bout et pas de vésicule biliaire.
Les Gerres et les Félies ressemblent par leurs organes hépatiques aux premiers Hémiptères dont nous avons parlé, tandis que dans les Vaucores, les Ranatres, les Nèpes, les Corises et les Notonectes, il y à deux vaisseaux biliaires à quatre insertions, et point de vésicule.
Dans la Cigale et la plupart des Hémiptères les vaisseaux sont au nombre de quatre ct d’une grande fragilité ; ils flottent par un bout, s’insèrent de l’autre au ventricule, d’une manière isolée quoique fort rapprochés les uns des autres.
Dans plusieurs Fulgores, ils se réunissent par paires. Ces vaisseaux sont très-courts et rudimentaires dans la Psylle; ils ont dans la Dorthésie la forme de deux anneaux implantés dans un col comun fort court (Léon Dufour ). |
Les Pucerons semblent être les seuls insectes qui soient privés de ces vaisseaux, du moins ni Ramdohr ni M. Dufour n’ont pa leur en distinguer.
Dans les Orthoptères et les Libellules, ils sont en très-grand nombre , mais tous pairs.
Dans le Grillon champôtre ils sont tous insérés au même point (Ramdohr); dans les Wyrméléons, il y en a huit selon le même auteur, La Forficule en présente une trentaine,
Dans les {fyménoptères et les Diptères ils sont or-
D'ENTOMOLOGIE, 119 dinairement au nombre de quatre. Dans la mouche Commune , suivant Ramdohr, chaque paire se joint de manière à former une seule branche de chaque côté du canal et avant l'insertion; suivant l’obser- Vation du même, la fourmi rouge en aurait quatorze, et la larve d’une Tenthrédine vingt.
Dans l'Hippobosque , suivant M. Dufour (Ann. des
c. nat., t. VI, p. 505), ces organes s’implantent par quatre bouts isolés, autour de l'extrémité postérieure du ventricule chylifique, en avant du godet de l'insertion ; ils sont demi-diaphanes, entrelacés d’une manière inextricable autour de l'organe digestif , et ont chacun sept ou huit fois la longueur
du corps. i Dans les Lépidoptères, ces vaisseaux sont au nombre de dix environ, et ont l'apparence d’une chaîne. Nous venons de voir que les vaisseaux regardés par la plupart des naturalistes comme destinés à la sécrétion de la bile sont, chez les insectes, des filets longs et contournés, au lieu d’être des glandes comme chez les animaux supérieurs; mais il s’est : Élevé des doutes, dans ces derniers temps, sur la vétitable destination de ces organes. M. Gaede (Ann. des Sc. phys., t. IT) y voit des vaisseaux absorbants, et plusieurs naturalistes allemands, particulièrement leckel, les ont regardés comme des vaisseaux urinaires; cette opinion se trouve, jusqu'à un certain point, confirmée par la découverte qu’a faite récemment M. Aubé de deux calculs assez gros dans les Vaisseaux dits biliaires d’une femelle Cerf-Volant, à à dissection de laquelle il avait été conduit par l’ap- Parence maladive de l’insecte. Ges calculs ayant été Soumis à l’anälyse chimique, la présence de l'acide urique y fut bientôt évidente; cependant cet acide Ayant été trouvé dans d’autres parties du corps, de nouvelles observations nous semblent nécessaires,
pour que l’on soit bien arrêté sur les fonctions que sont appelés à remplir les organes qui nous occupént. Du reste, M. Audouin a bien résumé tout ce que l'on sait sur les fonctions de ces organes dans une note insérée au Bulletin du 4° numéro du t. IV des Annales de la Société entonologique de France; mais ce savant semble disposé à croire que ces organes pourraient être en même temps biliaires urinaires : il nous semble bien difficile d'admettre cette manière de voir. :
Rengger a aussi donné le nom d’urinaires à des organes qui serveut chez les Carabiques à contenir la liqueur caustique qu’ils lancent par l'anus, et qui sont analogues à ceux qui renferment le poison dont sont munis plusieurs Hyménoptères.
Quel que soit l'usage de ces vaisseaux, leurs fonc- {ions doivent être importantes , car ils se retrouvent dans tous les divers ordres d'insectes et dans tous leurs divers états. La liqueur qu’ils sécrètent est ordipaiement jaunâtre, quelquefois limpide et d’un goût très-amer; ils la puisent, au moyen de leurs parois de texture spongieuse, dans les cavités splanchniques, et peut-être, suivant M. Dufour, dans la pulpe adipeuse.
Les vaisseaux salivaires ne se retrouvent pas chez tous les insectes, et semblent plutôt propres aux suceurs qu'aux maslicateurs : leurs appareils sont de simples tubés flotiants, qui aboutissent souvent à des espèces d'utricules.
Dans les Coléoptéres on voit peu d'exemples de vaisseaux salivaires; cependant M. Léon Dufour les 2 découverts chez plusieurs espèces; mais ils sont toujours une grande simplicité d'organisation : ce sont dans lAstde grise deux simples tubes flottants: dans le Blaps ils sont insérés de chaque côté de l'origine de Fæsophage et sont irrégulièrement r8-
meux et pénètrent, par leur ‘exirémité libre, dans, la cavité abdominale; dans la Diapère du bolet, Te tube digestif présente deux vaisseaux salivaires à son insertion avec la tête; ils sont flexneux ; capillaires, flottants par un bout ; dans les OEdémères 1] y en a un de chaque côté de l’œsophage : ils sont éga- lement d’une grande ténuité et presque diaphanes ; dans la Mordelle à bandes, ils excèdent la longueur de tout le corps. L'on retrouve aussi un appareil salivaire dans quelques Charançons, tels que les Lixus. Soumis à une forte lentille de microscope, ces vaisseaux présentent à travers leurs parois pellucides-un.axe linéaire tubuleux, Dans la Coccinelle, ils se composent, selon M. Dufour, de trois paires de vaisseaux diaphanes, d’une ténuité plus que capillaire , entortillés et. se portant de l’intérieur de l'arrière-bouche. jusque dans labdomen, où flottent leurs extrémités. Un fait remarquable, c’est qu’une autre espèce de ce genre, soumise à l'observation du même anatomiste, ne lui a présenté aucun vestige de vaisseaux salivaires.
M. Dufour a le premier fait connaître les vaisseaux salivaires des Forficules (Ann, des Sc, nat., 1828). Ils forment de ehaque côté de Fesophage une vésicule ellipsoïde, qui se termine en avant par un long tube capillaire qui se réunit à son congénère dans le voisinage du pharynx et s’ouvre dans la bouche. Ghaque vésicule se prolonge en arrière | en un filet très-délié.
I paraît que tous les Hémiplères sont munis de ces OPganesit.. pris ils
M. Dufour a trouvé dans les Scutellères une paire de ces glandes, située, de chaque côté. de la cavité
u thorax. Les conduits excréteurs sont au nombre
e deux pour chaque glande. L'on trouve aussi de
Chaque côté de l’origine de l’æsophage une bourse 6x
réservoir salivaire ayant la forme d’un tuyau borgne, grêle comme un fil, blanchâtre, flottant par un bout plus ou moins replié , mais assez long, étant déplié, pour atteindre la cavité abdominale.
Dans le Pentaiome des baies (P. Baccarum}), üs sont au nombre de trois; Ramdohr regarde cepenéant le dernier comme double : il consiste effectivement on deux réservoirs, mais ne communiquant au tube alimentaire que par un seul canal capillaire. Dans d’autres Pentatomes, il y en a manifestement quatre ; dans les Capses, les Aires etles Réduves, ily a de chaque côté deux glandes salivaires distinctes ; ce nombre est le même dans les genres aquatiques ; mais la seconde consiste , dans les Gerris,.en une agglomération d’utricules, les unes ovales et les autres sphéroïdales. Dans les Volonectes , la glande salivaire est placée plus près du corps que le réservoir (Dufour).
Dans la Vépe cendrée, Von en compte six; dans les Réduves, Von en voit deux paires, dont lune aboutit à l'estomac , et l’autre aux parties de la bouche (Ramdohr),. Le.
Dans la Cigale, dit M. Dufour (Ann. des Sc. nat. , tom. V, pag. 155), l'on trouve, de chaque côté de
J'œsophage, deux agglomérations eu grappes d’utri-
cules, ovoïdes, oblongues, blanchâtres, convergentes, plus ou moins remplies d’un liquide incolore. Ces grappes, formées chacune d’une vingtaine au moins d’utricules, sont bien distinctes Pune de l'autre, et peuvent être considérées comme l’organe spécial de la sécrétion de la salive; à leur partie
ostérieure aboutit un tube filiforme, flexueux, flottant par un bout, qui doit être le réservoir ; elles communiquent ensemble par un conduit excréteur qui pénètre dans leur centre. Le conduit est fort court pour la grappe antérieure, et s’unit bientôt à celui du côté opposé pour la formation d’un canal
D'ENTOMOLOGIE, 129 commun, d'une extrême brièveté, qui s’abouche dans le suçoir. :
L'on retrouve ces organes dans les Hémérobes.
Presque tous les Diptéres et Lépidoptères en sont pourvus; dans un Syrphe (l'arqué) ils sont, suivant Ramdobr, recouverts de quatre rangs de vésicules sphériques.
Dans les Syrpkes et les Bombyles, ils se terminent dans l'estomac, tandis qu’ils aboutissent dans les parties de la bouche dans les Mouches et les Tabanes, ce qui prouve que les espèces qui se nourrissent seulement du nectar des fleurs sont dans le premier cas, et que le second exemple est fourni par celles qui y joignent une nourriture animale ( Kirby et Spence, tom. IV, pag. 126). FAR
Dans l’Aippobosque des chevaux, les glandes salivaires se présentent, suivant M. Dufour ( Ann. des Sc. nat., tom. V, pag, 301), sous la forme d’une poche ellipsoïdale, qui forme un véritable réservoir; elle se rétrécit en arrière et forme un prolongement filiforme. L'origine de cet appareil est entourée de petites granulations sphéroïdales. Suivant le même anatomiste, ces vaisseaux forment, dans le Bibion de mars, deux bourses ovalaires pédicellfes; dans les Tabanes et les Echynomies, deux longs conduits filiformes, simples et plus ou, moins repliés en une agglomération particulière; dans la mouche carnivore , l’on trouve une paire de conduits semblables, - mais renflés avant Jeur confluence, en une hourse
ovoïde ; dans les V’olucelles et les Eristalesl’on tronve deux conduits tubuleux , simples et flottants (Ann. des Sc, nat., tom. Vl,:pag. äo1):
Quant à la nature des liquides que les insectes rendent par la bouche, elle semble varier beaucoup. Ainsi, l’on voit souvent à l’extrémité du bec de la. Mouche une goutte d’un Jiquide limpide et trans-
VER a TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
parent. Les Carabes, les Silphes, etc. , rendent une liqueur de couleur obscure; beaucoup de Guépes sécrètent une matière glutineuse, qui sert de ciment à leurs nids de carton: d’autres espèces de la même famille s’en servent pour réunir les grains de sable. La coque d’une éspèce de Criocère est formée d’une sorte de bave. Du reste, l’on ne connaît pas éncore suffisamment les organes sécréteurs de plusieurs de ces produits.
Les organes qui, chez quelques espèces, sont destinés à la sécrétion de la soie doivent aussi, à ce qu'il nous semble, être placés parmi les vaisseaux salivaires; on les trouve surtout dans les larves des Bombyæ, mais ils se présentent quelquefois aussi dans des espèces d’ordres différents, et quelquefois même à l'état de nymphe, comme par exemple celle de l'Hydrophile, qui présente un fait bien remarquable : c'est que l’orifice de cet organe est à l'anus au lieu d’être à la bouche, comme dans la plupart des insectes qui en. sont pourvus. La larve de l'Aémérobe est dans le même cas, |
M. Dufour a décrit l'appareil destiné, dans la femelle de l'Hydrophile, à la fabrication du coton (Ann, des Sc. nat., t. VI, p. 446). Il consiste en deux filières principales, grêles, droites, glabres et cornées , susceptibles d’en sortir et de rentrer dans l'abdomen: elles se composent chacune de trois pièces articulées bout x bout, la première plas longue que les autres; au-dessous de ces parties est un autre PLAN charnu où l'on distingue deux appendices sébacés d’une seule pièce, bordés de cils dans sa plus grande partie, et accompagné de chaque côté à sa base d’un tube obliquement tronqué et
‘ couronné de poils triangulaires formant une sorte
de peigne. ô L'organe qui sert à la larve des Phryganides à sé
créter Ja soie dont elle se sert pour joindre les diverses matières dont se compose son étui, est décrit dans l'excellent ouvrage de M. Pictet sur cette famille d'insectes. Ces vaisseaux sont deux tubes d’un diamètre assez considérable, situés en dessous du capal intestinal, terminés en cæcum, se repliant chacun trois ou quatre fois sur lui-même, et formant quelquefois, peut-être accidentellement , dés anas-
tomoses informes. Ils ne s'étendent pas au-delà du
cinquième anneau de l'abdomen: leur extrémité antérieure est la plus mince ; ils suivent les deux côtés de l’œsophage, puis, passant en dessous, embrassent le ganglion sous-æsophagien et viennent s'ouvrir dans la base de la lèvre inférieure que nous avons reconnue être en forme de filière.
Ces vaisseaux sont très-développés dans la larve, mais dès qu’elle se change en nymphe ils se détachent de la bouche, diminuent peu à peu de volume, s’atrophient ct disparaissent.
Dans le ver à soie ils doivent servir de type pour l’étude de cet organe, par l'importance des produits que nous en tirons. Ge sont deux tubes longs,
flottants et devenant plus grêles en se rapprochant
de la tête,.où ils. s'unissent pour former le faseau; leur egtrémité inférieure va aussi en se rétrécissant et est bouchée au bout. Ges organes sont ordinairement contournés ‘sur eux-mêmes; ils sont composés, suivant Ramdohr, de deux membranes transparentes entre lesquelles l'on trouve une gelée de couleur jaune ou limpide; leur longueur, dans le ver à soie, est, suivant Ramdohr, d'un pied. Lé faseau au travers duquel la chenille fait passer Îa soie est situé dans la bouche ou à l’anns, suivant l'extrémité du corps destinée à cetle sécrétion. L'on trouvé cet organe dans les Lépidoptères, la plupart
126 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE des Hyénoptérés, quelques Vévroptères, ét, suivant De Géer, dans tie espèce de Tipule (1).
Dans quelques espèces, telles que la Piéride du
choux, Ton trouve des vaisseaux aveugles qui s’ou-
vrént dans loviducte , ét qui servent à sécréter uné Tiqueur qui semble destinée à vernirles œufs, de manière à ce qu'ils puissent coller contre les feuilles (Ramdohr). Suivant Hérold, ce même Lé idoptère Uffre un autre vaissean qui communique à l’oviducte au-dessus du précédent, et qui contient un liquide épais qui semble destiné à rendre le passage uni et glissant. Gode à retrouvé un organe analogue dans une grande Phrygane; MM. Kirby ét Spence lui donnent {e nom de Colleterium: M. Léon Dufour, en faisant connaître l'anatomie de la Scolie (Journal de Physique, septembre 1818), a aussi décrit l'organe qui sert, dans cet Hyménoptère, à produire une mauèré visqueuse, dont les œufs sont enduits à leur passage dans l’oviducte; c’est un tube lon ; Cylindrique , fermé par un bout flottant et qui s’abouche dans l'oviducte, I! lui avait donné autrefois le nom de glande sébacée; maïs dans son dernier ouvrage sur l'anatomie des Hémiptères, il le change en celui de glande sébifique de loviducte. Suivant lui cet appareil se trouverait dans tous les insectes offpares , et les pucerons seuls én seraient dépourvus. Swammerdam avait déjà, depuis long-temps, Fi es ce petit organé dans l'Oryctes nasicorne ét l'abeille, et avait indiqué son usage. M. Dufour l’a aussi décrit dans un grand nombre de genres de Coléoptères; il est toujours formé d’un vaisseau sécréteur et d’an réservoir.
(1) Voy., pour plus de détails sur cet organe, Malpighi, Swammerdam, Lyonnet, Kirby et Spénce, ete., etc,
OT RSR RE
D'ENTOMOLOGIE+ 127 MM. Kirby et Spence appellent aussi corÿsterium un organe voisin des précédents, qui sécrèle une sorte de gelée dans quelques Névroptères et Diptères. Hérold ; qui la décrit dans la Phrygane, dit qu'il est de forme irrégulière et muni de quatre cornes. Nous parlerons actuellement des vaisseaux e&crémentiliels, que Rengger nomme urinaires, que Latreille propose d'appeler wropygiens ( Cours d'Entomologie, & 1, p. 212), et que MM. Kirby et Spence désignent , tantôt sous la dénomination de joterium, et tantôt sous celle de osmateria ; selon que cet organe est le sige-de la sécrétion du poison-ou d’odeurs particulières. Nous allons examiner ces deux cas, en commençant par le dernier, FE L'on sait que les Carabiques que l’on nomme Brachines où Bomibardiers ont la singulière propriété de lancer, avec force et bruit lorsqu'on les inquiète , une fumée blanchâtre d’eau forte, et qui rappelle celle de l'acide nitrique; ce gaz a la propriété de rougir le tournesol et de causer à la peau une sensation de brûlure, L’insecte peut reprodäire plusieurs fois de suite cette explosion; mais lorsqu'il est fatigué, elle s’affaiblit et se trouve remplacée Ee des gouttes d’une liqueur branâtre, M: Léon ufour, ayant eu occasion d'examiner une grande espèce de ce groupe, fit le premier connaître , avec
exactitude, l'organe qui produit cette sécrétion
(Aun. du Mus. d'Hist. nat., t. XVIIE, p. 70}: Get organe consiste en deux appareils semblables situés chacun à l’un des côtés de la cavité abdominale; ils consistent en deux parties séparées, qu'il nomme organe préparaleur èborgane conservateur : le premier se présente tantôt, et lorsqu'il est contracté, sous . forme d’un corps blanchâtre, irrégulier, plus où moins arrondi, mou et placé sous les derniers segments de l'abdomen ; il communique d’un eôté avec
138 , TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE le Yéservoir et se prolonge de l’autre en un filet long et grêle; tantôt , lorsqu'il est dilaté, il a l’apparence d’un sac diaphane , oblong et membraneux; il est alors rempli d’air, et occupe toute la cavité abdominale, : BiARUITS 15ls ès L'organe conservateur on réservoir est de forme sphérique ; d’une consistance papyracée, il est de couieur brune et sé trouve placé dans le dernier segment dorsal; la fumée est expulsée dans un tube fort court par un muscle particulier.
Dans les petites espèces de Brachines des environs “de Paris, l'explosion peut être produite quatre ou cinq fois de suite; mais dans une autre propre au midi de la France, et qui rentre dans la division des Aptines (A. tirailleur, Dufour), l'insecte n’est épuisé qu'au bout de dix où douze décharges.
Tous les Carabiques sont munis d’un organe pré-
parateur: il est le plus souvent de forme sphérique et muni de pédicelles propres et bien distincts.
Dans POmophron et l'Elaphre , il n’y a qu’un seul utricule sécrétoire. On en compte douze à quinze dans l'Anchomène, le Culathe, Abax, le Zabre, etc. , et infiniment plus dans les autres genres (Dufour, Ann. des Sc. nat., t. LI, p. 7). Dans les Carabes, ils sont agglomérés en grappes oblongues comme le raisin.
Dans les Dytiques, ilse compose, suivant M. Dufour": 1° d’un vaisseau sécréteur filiforme, flottant, très-replié et comme aggloméré, qui a quelquefois près de deux pouces de long, te esttoujours dépourvu de grappes utriculaires; 2° d’une vessie ovoïde ou oblongue; 5° d'un conduit excréteur qui est le pro-
longement du réservoir. La liqueur que les Dytiques lancent par l'anus est incolore et d’une odeur fort désagréable.
Dans les Gyrins, l’organc extérieur de la sécré-
D'ENTOMOLOGIE, 129 tion des odeurs consiste eu deux très-pelils tubes cylindriques et de couleur rouge (De Géer, t. IV, Ph 13, fig. 9); suivant M. Dufour, l'organe qui proluit chez ces insectes l'humeur excrémentibielle est semblable à celui des Dytiques, La liqueur qu'ils excrètent est un pen ammoniacale, et se concrète sous le dernier anneau dorsal de l'abdomen, sous forme d’une poussière blanche.
Dans les Staphylins, l'on voit dans la région posirieure de la cavité adominale, deux. vessies ou réservoirs placés l’un de chaque côté, etfqui n'ont pour les deux.qu’un seul tube sécréteur, qui est fort long, et se reploie en formant plusieurs flexuosités.
es vessies sont en partie enclayées entre le dernier segment dorsal et une plaque sous-jacente qui recouvre le rectum (Dufour). Lorsqu'on inquiète ces insectes, ils relèvent les derniers segments de leur abdomen et répandent une vapeur qui a quelquefois l'odeur de l’éther sulfurique.
Les Silphes, dit M. Dufour, offrent celte particuarité, que cet organe n’est pas binaire, et que le conduit excréteur se désorge directement dans le rectum, comme l’urètre des oiseaux. Le vaisseau sécréteur est simple, flottant, flexueux, presque aussi long que le corps, et quelquefois aussi gros que l'intestin dans le Silphe littoral. Il s’insère à lorigine du conduit excréteur; la vessie est ovalaire ou 0blongue, lisse ou ridée, suivant son degré de plénilude , ordinairement roussâtre ; le conduit excréleur est fort cour et s’ouvre sur le côté du rectum, toui près de l'anus. Ces insectes répandent, par celuici, un liquide rouge, d’une odeur infecte de cha- 'ogne. à . Les Blaps lancent à une assez grande distance une iqueur brane et pénétrante qu'ils émeltent par Jes côtés du dernier segment de l'abdomen. Suivant
mamie
M. Dufour, l'organe qui le produit est formé de deux vossies assez grandes et ob ongües, très-rapprochées l'une de l'autre, et recouvertes de replis vasculaires. Quelques Mélasomes, tels que plusieurs Piméliai: res, @lC. ; se trouvent toujours recouverts de terré ou de sablé qui adhèrent très-fortement à l’insecte, probablement au moyen d’un liqide qui suinte à travers les téguments. D’autres espèces, les Eurychores, offrent une sécrétion rémarquable : c’est ane masse blanche et cotonneuse, sémblable à des toiles d'araignées et qui récouvre leur corps; l’on assuré qu’elle se reforme même après la mort de l’insecte.
Dans la Diapére les réservoirs sont oblongs et simples, striés transversalement lorsqu'on les voit au microscope. Une grande espèce de Prione du Mexique (Mallodon) lance en abondance, par Panus, lorsqu’elle est inquiétée, une liqueur qui à une odeur très-prononcée de vinaigre; aussi les habitants Ja nomment-ils Vinagre.
La plupart des Hémiptères, où Panaises, émettent une sécrétion assez abondante, et répandent des odeurs variées généralement désagréables. De Gécr trouve cependant une odeur de thym à une espèce de Lygée (Hyosciami, Fab.)
Dans les groupes d'insectes que Latreille place à la fin des Hémiplères, les Pacerons, entre autres, l’on voit quelquefois une sécrétion qui s'opère par une sorte de transpiration à travers les pores du corps” et dans plusieurs espèces il éuinte à travers le dos une matière flocenneuse et blanche. M. Dufouf (Recherches sur Les Hémip., p. 111) a trouvé que lorsque l’on fait une légère incision au dos de 4 Dorthésie, Von voit s'échapper une humeur noirâtfé qui se convertit dans l'eau en une pulpe d’an grisvert, et que lon trouve logée entre la peau et un membrane sous-jacente péritonéiforme, assez épaiss®
D'ENTOMOLOGIE. 191 et d’un tissu spongieux. Les espèces d’Hémiptères du genre Aphrophore de Germar ont la faculté de laisser échapper, de différentes parties de leurs corps, une Quantité considérable d’eau très-limpide , sürtont pendant la grande chaleur. M. Goudot a observé la même propriété sur uné grande Cercopis de Madagascar ( Ann. des Sc. Ent., t IL, p, 26) (1).
Plusieurs Fourmis répandent une odeur fétide ; presque tous les autres Hyménoptères, ainsi que les iptères , l'ont de diverse nature. Dans une larve de ténthrédime décrite par De Géer, ces organes sont placés entre les éinq premières paires de pattes intermédiairés , qu’ils dépassent en longueur ; ils sont perforés à l'extrémité. Si l’on touche à linsécte, illes fait sortir avec rapidité, et ils répanderit alors une odeur nauséabonde. Dans l’état de repos, iles retire dans le corps. | d Parmi les Lépidoptères plusieurs chenilles ont sur eur premier segment deux appendices assez longs, êt qui répandent une odeur forte.
. Plusieurs chenilles de Bombix répandent une iqueur souvent limpidé par les tubercules de leurs Corps, lorsqu’on les inquiète. D’autres insectes du même ordre sont revêtus d’épines qui ont la même faculté. C’est peut-être aussi parmi les organes sé Créteurs que l'on doit placer un tissu adipeux qui flotte autour des viscères dans les cavités splanchni- Ques, ét qui à aussi reçu le nom d'épiploo® Toujours
t-il qu’il semble être le réceptacle de la sécrétion si
Parfumée dont sont pourvus quelques Lépidoptères, et Particulièrement le Capricorne à la rose (Gerambyx
.@) Suivant le capitaine Smée, les Termites des rades causent bien plus de dégâts par la liqueur corrosive qu'ils répandent sur les objets qu'ils touchent , que par les attaques qu'ils leur font Subir pour s’en nourrir. :
132 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE Moschatus): Quoi qu'ilen soit, ce tissu semble se trouver chez, tous les insectes, mais seulement à l’état rudimentaire dans ceux chez qui la vie est très” active, et abonde dans les espèces moins actives ainsi que dans la plupart des larves. M. Dufour pense qué l'on peut considérer ce corps comme un réservoif de graisse pour les temps de disette. On pourrait expliquer ainsi la faculté qu'ont certains insectes de vivre quatre et six mois sans nourriture. Îl se pré sente ordinairement sous l'aspect de petites granu’ Jations contenant des cavités remplies de pulpe où de graisse, tantôt collées sur les muscles des parois ventrales, et tanlôt soutenues par un lacis de trachées capillaires. Il forme, dans la chenille du saule, suivant L'yonnet, quile regarde comme le foie, vingthuit petites masses, dont la première est placée sous | le quatrième segment. Passant actuellement à l’organe destiné à sécréter le poison, nous le irouverons particulièrement dans l’ordre des Hyménoptéres: Dans l’Abeille , il consiste en une vésieule membranouse et elliptique, se continuant intérieurement en un tube qui se rend à l'aiguillon, et formant à sa partie supérieure un vaisseau sécréteur long et blanchâtre qui se partage, suivant Swammerdam, en deux branches terminales et aveugles, et en une seule, suivant Réaumur. Dans la Scolie, qui a été étudiée avec soin par M. Léon Dufour (Journal. de Physique 819), l'organe sécréteur consiste en deux tubes filiformes, flexueux, flottants, s’ouvrant 1507 lément dans le réservoir, et qui sont deux glandes déroulées. Le réservoir est vésiculeux et membraneux ; il recoit, vers le milieu de sa largeur, 16 organes sécréteurs , et dégénère postérieurement en un tube presque capillaire, Le tube, avant de s’enfoncer dans larmure du bord où de l’aiguillon aboutit à une bourse musculo-membraneuse, qué
D'ENTOMOLOGIE. 556 M. Dufour n’a point vue dans les autres {yméno- Plères, Elle est placée entre le rectum et l’'oviducte , €t paraît appartenir plutôt à l'organe du venin ie Ce derniér conduit. Elle est plus ou moins arrondie, Comme lobée dans son contour, et sa tunique extétieure, qui est assez épaisse et musculeuse, enveoppe une vessie membraneuse, remplie d’une sublance presque gélatineuse et d’un vert bleuâtre. Si
On comprime légèrement entre les doigts l’armure
de l’aiguillon , on a erçoit la liqueur vénéneuse s’é- Couler onu peut-être s'éjaculer avec cette même
nuance (Nouv. Dict. d’'Hist. nat. ,t. XXX, p. 583).
Il nous reste à parler de quelques sécrétions fort
remarquables, de ce nombre est la ciré.
Ge produit est placé, sous forme de petites lames, entre les segments inférieurs de l’abdomen. Huber à fait connaître avec détail les organes qui le cortiennent. Si l’on détache, à la partie inférieure de l'abdomen-d’une ouvrière certains anneaux, l’on re- Marque que chacun est formé de deux parties trèsdistinctes : la première cbscure, étroite, et située en arrière; la seconde; au contraire, très-étendue, constituant, à droite et à gauche, deux espaces Membraneux, transparents , d’un brun jaunêtre, sé- Parés l’un de l’aatre par une crête longitudinale et
Moyenne, assez élevée, et c'est à leur surface que se
trouve la cire (voy. Dict. Class.,t. 1, p. 12). Examiace sous le point de vue de la composition chimique, celte sécrétion nous offre les caractères suivants. D’après les recherches de MM. Thénard et Gayussac , la cire est formée de la manière suivante : Elle est solide , blanche, translucide lorsqu'elle st pure, cassante, presque inodore et insipide au goût. Sa pesanteur spécifique est, suivant Bostock, de 0,96; elle est fusible à 68°. Soumise à une action Plus vive de la chaleur, elle brûle on produisant
134 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE une flamme blanche et brillante; elle est soluble dans les huiles fixes et volatiles, j La substance corinue sousle nom de gomme lacqueesh aussi le produit d’un insecte de l’ordre des Hémiptères et du groupe des Pucerons, qui, pour celte raison, 4 reçu Je nom de Caccus de la Lacque. A vit particulièrement sur les ficus religiosa et indica. Ces insectes, que M. Kerr a toujours vus sans ailes, parcourent, à Patna, dans l'Inde, en novembre et décembre, les | branches des arbres sur lesquels ils ont été produits, et ensuite ils se fixent sur les extfémités succulentes des jeunes branches au milieu de janvier. Ils sont tous fixés dans leur situation convenable. Ils ‘paraissent aussi renflés qu'auparavant, mais ne donnent aucun signe de vie. On ne voit plus les jambes, les antennes et les soies de la queue ; ils sont envi ronnés d'un liquide épais, à demi-iransparent, qui semble les coller par leurs bords à la branche. C’est l'accumulation successive de ce liquide qui forme une cellule complète pour chaque insecte, et ce que l’on appelle gomme lacque. Vers le milieu de mars, les cellules sont complétement fermées, et l’insecte est, en apparence, un sac rouge, ovale, lisse, sans vie, à peu près de la grosseur d’une petite cochenille émarginée, vers son extrémité, et plein d’un liquide d’un beau rouge. En octobre et novembre, on trouve environ vingt ou trente œufs rouges, ovales, dans le fluide rouge-de la mère. Lorsque ce fluide est ‘consommé, les jeunes insectes font un trou au dof de leur mère, et sortent l’un après l’autre , laissant leurs dépouilles, qui sont cette snbstance blanche! -membraneuse qu’on trouve dans les cellules vides de la gomme en batons (Wow. Dict. d'Hist, nat. de Déterville, 2° édit. , t. XVI, p. 189).
La lacque est formée d’une matière résineuse soluble dans l'alcool, et contient une matière colo”
tante soluble dans l’eau; une portion de cire el une
de gluten,
Nous devons aussi mentionner parmi les sécré-
ions la cantharidine , qui est le principe vésicant des Caniharides, Mylabres, etc. La dernière sécrétion dont nous parlerons est celle du fluide phosphorique. Tout lemonde sait queles Pers luisants, ou Lampyres, sont donés de la faculté de répandre-la nuit une lumière plus ou moins vive. Le siége de celte faculté st placé, chez ces insectes, sous les denx ou trois
derniers segments de l’abdomen , que l’on reconnait facilement à leur couleur d’un jaune de soufre. Gette lumière, tantôt vive, tantôt très-ralentie, et quelquefois entièrement interrompue, semble pouvoir se produire à la volonté de l'animal; elle présente un reflet verdâtre,
Beaucoup de naturalistes et de physiciens se sont occupés de cette singulière propriétés mais M. Forster est l’un des premiers savants qui aient fait des expétiences positives surces animaux, Il a remarqué que Plongés dans le gaz oxigène, ils répandaient un éclat tellement vif, que l’on pouvait s’en servir pour live à une assez grande distance. M. Beckerheim véifia bientôt ces observations, et trouva quelles Vers luisants vivaient très-long-temps dans le vide; mais que, plongés dans le gaz sulfureux, muriatique et nitreux , ils meurent en peu de minutes; la plupart des autres gaz semblent, au contraire, leur être favorables: il a aussi reconnu que leur séjour dans un fluide n’en alttrait nullement les qualités, mais
que, dans ce cas, l'hydrogène devenait détennant,. Quant à l'éclat de l'insecte, iln'a pas trouvé qu'il éprouvât aucune augmentation dans un gaz plutôt
Que dans un autre. Al s’assura aussi que l'on peut.
enlever les corps laminenx.sans faire périr Janimal, Mais qu’alors, et comme de juste, il ne répandaii
plus aucun éclat: que pour ce qui est de ces corps eux-mêmes , le durée de leur faculté variait suivant le gaz ambiant: mais l'oxigène paraissait lui être plus favorable que tous les autres. Un médecin italien, le docteur Carroderi, a étudié particulièrement le Lampyre de son pays. Il a vu que cet insecte peut, à sa volonté, rendre lumineuses toutes les parties de son ventre, qu’il a la propriété de maintenir cet éclat aussi long. temps qu’il le veut, et de le modérer suivant son désir ; qu’une incision faite au ventre ne l’altère pas sensiblement; qu’une portion lumi-
neuse séparée du tronc paraissait alternativement
éclatante et obscure. Il à vu aussi qu’une compression, même légère, lui ôle toute faculté phosphorique; que si l’on exprime la matière qui en est. le siége , elle ne conserve que peu d'heures son éclat, et se convertit ensuite en une matière blanche et sèche. Dans l’huile cet éclat était très-faible. Enfin il a reconnu que cette propriété ne tenait pas à la vie de l’insecte, mais à l’état de ramollissement de la matière dont nous venons de parler, et qu'on ne peut l'obtenir de nouveau lorsque celle-ci est desséchée qu’en la plongeant dans l’eau, mais que cette expérience ne réussit cependant que pendant un certain laps de temps. hit, Suivant M. Burmeister l'électricité n’a aucune influence sur la vivacité de la lumière, et on ne remarque pas de lumière sur les insectes morts; mais le galvanisme produit une lueur vive même sur les insectes qui ont cessé d'exister. Les observations de De Géer ct de Burmeister prouvent que le Lampyre femelle luit dans l’état de larve et dans celui de nymphe, comme dans l’insecte parfait. M. Macartney a trouvé que les organes sécréteurs de cette substance consistaient en deux très-petites poches de forme oyalaire et composées de fibres élastiques et en spi-
L'ENTOMOLOGIE. 137 rales comme les trachées, et qui contiennent une substance molle, et dont le tissu est serré (Kirby et Spence, t. IL, p. 425). à
Un assez grand nombre d’autres espèces sont posenes de la propriété de répandre de la lumière. ous .citerons particulièrement beaucoup de Taupins (Elater } d'Amérique, dont le corselet offre, de chaque côté, un petit tubercule membraneux et transparent, d'où s'échappe l'éclat phosphorique , et au-dessous desquels l’on trouve de petites masses d’une substance .qui.ne semble différer du corps graisseux que par sa coulear jaune (Kirby ct Spence, Introduct., t. 1E,.p. 425). :.
Nous devons aussi x M. Lacordaire quelques détails sur ces. T'aupins lumineux : « Les réservoirs phosphoriques, dit-il (Ann. des Sc, nat., p. 20, »4o), sont au nombre de trois, dont deux en forme de tache arrordie, près des angles postérieurs du corselet et sans communication l’un avec l’autre; le troisième . €st situé à la partie postérieure du mésothorax, dans une cavité triangulaire, aplatie ct tapissée d’une membrane extrêmement fine et légèrement cornée à l’ouverture. On peut, en s’y prenant avec adresse, après avoir passé l’insecte à l’eau bouillante, détacher cette membrane, et alors elle ressemble à üne poche contenant la matière phosphorique. Lorsque l'insecte vole, le mésothorax se sépare du métathorax, et:il jette par-là une lumière moins vive que celle des taches du corselet, mais qui paraît plus considérable de loin.» | Suivant M. John Curtis (Zoolog. J'ourn,, 1827), la lamière phosphorique qui s'échappe des taches dorsales du T'aupin noctilugue, continue lorque les Yésicules sont séparées immédiatement après la mort de l'insecte. ; L'on a beaucoup discuté sur la propriété phos-