ORGANES DE LA GÉNÉRATION
Aucune espèce de la classe des Insectes n’offre les deux sexes réunis sur le même individu: ils sont toujours, comme chez les animaux supérieurs, séparés: tous sont donc mâles ou femelles ; dans certaines espèces il est cependant un état particulier que l’on a nommé neutre, mais que la dissection a prouvé n’étre que des femelles avortées. e
On reconnaît généralement en entomologie Ja
femelle d’avec le mâle par sa taille plus grande, et;
dans beaucoup de cas, par un segment de plus à l’abdomen, celui-ci se termine souvent par un aiguillon; elles sont quelquefois privées d’ailes: L'autre sexe est, en revanche, souvent muni de nombreux appendices , tels que les cornes, des crochets, que ne présente pas la femelle; ses couleurs sont aussi généralement beaucoup plus éclatantes dans quelques ordres, les yeux sont plus gros, les antennes sont généralement plus développées, les tarses antérieurs sont aussi souvent élargis.
Passons actuellement à l'étude anatomique des organes de Ja génération dans les deux sexes, Nous n’en parlerons qu’à l’état parfait d’insecte, car jus” que là ils n’ont pas recu leur développement cf ne sont qu'à l’état rudimentaire, M. Hérold a admirablement suivi ce développement dans la chenille de la Piéride du chou (Entwickelungsgeschichte
res L'ENTOMOLOGIE, 161 der Schmetterlinge), et nous devons un travail semblable sur la larve de la Phrygane à M. Pictet (Recherches sur les Phryganides, p. 99).
1°. Les organes du mâle doivent être divisés en ceux qui sont destinés à sécréter les liquides néces-
saires à la reproduction, et en ceux propres à saisir la femelle et à la maintenir pendant l’acle de l’accouplèment, en un mot, l'appareil copulateur.
Les premiers consistent en testicules ou canaut déférenis, et vésicules séminales qui sont placées dans l'abdomen, au-dessous et sur les côtés du canal intestinal ; ils occûpent souvent, pendant l'époque de l'accouplement, une grande partie de celte cavité, et donnent quelquefois à l'abdomen un volume trèsremarquable. :
Les testicules sont logés au milieu d’un tissu graisseux plus ou moins abondant, et entrelacé de nerfs él de vaisseaux aériens ; is consistent en deux corps égaux, de taille variable, de consistance assez molle; ils sont formés chacun d’un certain nombre de petiles capsules spermatiques que Swammerdam nomme glandes, et qui tantôt sont porlces par un pédicule formé d'un vaisseau qui s'ouvre lui-même dans le canal déférent ; tantôt sont adhérentes Îles unes aux autres : ils ont souvent la forme de fruits en grappe. Le tout est recouvert d’une membrane muqueuse, qui forme une bourse de consistance souvent épaisse, et qui, dans certains cas, embrasse
et réunit les deux testicules. Ceux-ci contiennent ui
liquide assez épais et des animalcules spermatiques ; dans lesquels on distingue une tête arrondie ei une queue plus on moins longue; l’on en trouve aussi dans les canaux déférents qui transmettent la liqueur spermatique sécrétée dans les testiculés anx vésicules séminales. Ges canaux sont de longueur varia-
ble, déliés, et tantôt présentant des renflements
plus ou moins remarquables, tantôt se repliant sur eux-mêmes pour former une pelotte, dont la grosseur atteint quelquefois celle des testicules, et à laquelle on donne le nom d’épididyme , par analogie avec une semblable agglomération que présentent les animaux supérieurs.
Dans les Carabes, suivant M. Dufour (An. des Sc. Nat.,t. VL p. 152), les testicules sont sphéroïdes; dans l’Aptine, le Scarite, la Clivine, eic., ils sont Conoïdes ou pyriformes ; le Cymindis les a ovalaires. Dans le Dytique, les vésicules séminales sont fluclueuses et vermiformes ; dans le Gyrin, elles consistent en un sachet oblong et cylindrique; dans les Brachélytres ; les testicules ont la forme de sachets membraneux, ovales ou oblongs ; dans le Bupreste, ils sont composés de sept capsules spermatiques ; dans l’Elater, il ÿ en a une quarantaine; dans les Clerus , ils sont bien séparés l’un de l’autre, et leur tunique est d’un beau rouge, ils renferment une. vingtaine de capsules ; dans l'Aydroplile, il y en a plusieurs centaines; dans les Lamellicornes coproplages, les capsules sont au nombre de six , elles ont jusqu’à une ligne et demie de diamètre, et sont bordées de très-petites ramifications trachéennes ; les Hannetons en ont le même nombre, portées sur des pédicelles ; les Trichies en ont six, et la Cétoine dorée douze: dans le Lucane, les testicules sphéroïdes sont de la grosseur d’un pois, et, au lieu d’être formés par une agglomération de-capsules, ils le sont par les circonvolutions d’un vaisseau spermatique ; dans beaucoup d’AHétéroméres les testicules sont ovales et réniformes, et contiennent une quantité innombrable de petites capsules ovoïdes et sessiles; dans les Charençons, les testicules sont orbiculaires ; dans le Liœus il n’y a que deux capsules spermatiques ; dans le Prione, l'on voit six capsules par tes-
D'ENTOMOLOGIE. 165 ticule, elles sont orbiculaires et ombiliquées ; dans le Capricorne à odeur de rose et les Hamatichères , il n’y en a que deux ainsi que dans beaucoup de Longicornes; les Donacies sont dans le même cas; dans” la plupart des C hrysomélines Yon ne voit pour chaque testicule qu’un gros sachet.
Dans les Hémiptères (Dufour, Recherches pour servir à l'Anatomie des Hémipières ); les testicules sont souvent d'un rouge vif; dans les Pentatomes et les Scutellères, ce sont deux corps tantôt oblongs et tantôt ovales , Les capsules y sont en plus ou moins grand nombre; dans les Corés, il y en a sept d’un jaune vifs les Alydes en ont le même nombre, mais d’un rouge carmin ; dans les Capses, il y en a huit de forme cylindroïde; dans une espèce d’Arades , elles n’ont paru à M. Dufour être qu'au nombre de cinq et fusiformes ; dans les Réduves, on en compte sept allongées et disposées en faisceau flabelliforme; dans lé Gerris, les testicules sont libres et formés de deux capsules cylindroïdes; le Vaucore à quatre capsules
dans chaque testicule ; l'enveloppe de celles-ci est d’un jaune foncé; dans la Votonecte, les testicules forment , au moment de l’accouplement, deux gros cordons contournés en spirale; ils contiennent des conduits innombrables, capillaires, en forme d fibres et placés longitudinalement,.
Dans la Cigale, les testicules ont la forme de grappes placées vers le milieu de la cavité abdominale : ils contiennent chacun une centaine de capsules.
Dans l’'Aippobosque, suivant M. Dufour (An. des Sc. Nat. , t. VI, p. 306), les testicules sont placés de chaque côté du corps, sous la forme d’un paquet Conoïde; chacun est formé des nombreux replis d’un Vaisseau spermatique qui a quatre ou cinq fois Ja longueur du corps.
Dans la Scolie (Dufour, Journ. de Phys. , 1818) chaque testicule est un corps arrondi, formé par les nombreux replis d’un seul vaisseau spermatique fort délié; les vésicules sont au nombre de deux et de ferme ovoïde,
Dans là Plrygane (Pictet, Recherches, p. 100) les testicules sont deux gros corps réniformes et blanchâtres,
Les organes de la génération des Forficules sont assez différents de ceux de la plupart des autres insectes ; les testicules sont au nombre de deux bien distincis, composés chacun de deux capsules séminifiques allongées, tantôt droites tantôt en hameçons, Suivant les espèces; les conduits déférents sont d’une grande ténuité et viennent tous deux aboutir à une vésicule séminäle assez grande et unique ; le canal éjaculateur est court. L’armure copulatrice est un étui rétractile, déprimé et formé de deux - pièces. ;
Nous devons à M. Ratbke la connaissance exacte des organes générateurs de Ja Libellule (de Libel- .lularum partibus genitalibus; in-4°, 1852). La femelle de la Libellule bronzée présente deux ovaires avec leur oviducie; le vagin se compose d'un petit sac poursu d’un renflement et de deux tubes. Dans le iwnâle, le testicule est un corps très-ailengé, sans canal déférent , très-tortillé. :
Le mâle lance son sperme après avoir introduit
so verge dans le vagin de la femelle; mais comme
les parties sexuelles chez le mâle sont situées près de la poitrine et dans le second anneau abdomiu:l,
tandis que celles de la femelle sont placées près de
l'extrémité postérieure du corps dans le neuvième anneau abdominal, il faut que cette dernière recourbe sob corps pour venir appliquer l’orifice vaginal près de la poitrine du mâle, sur l’ouverture
D'ENTOMOLOGIE, 165 par où sort la verge. L’accouplement de ces insectes dépend par conséquent plutôt de la volonté de Ia femelle que de celle du mâle.
Les vésicules séminales sont des réservoirs destinés à contenir la liqueur spermatique : leur forme est quelquefois courte; tantôt ils sont très-longs et ont la forme de boyaux; leur nombre est aussi très:
variable, mais la plupart du temps ils sont au nom-
bre de deux; elles sont tournées à l’un de leurs bouts ct communiquent de l'autre dans le canal spermatique commun, Celui-ci présente peu de flexuosités, et offre quelquefois à sa base une bulbe plus ou moins renflée. Ge canal ost destiné à livrer passage au sperme lorsqu'il est convenablement élaboré. M. Léon Dufour lui donne le nom de canal éjaculateur, et le compare à la glande prostate des animaux supérieurs.
L'appareil copulateur des insectes, ainsi que l’observe avec raison M. Audouin (Dict. class. d'His. Nat., 1. VII, p. 572), n'a pas encore été étudié d’une manière assez comparative ; aussi Malpighi etSwammerdam, Réaumur et de Géer ent-ils chacun donné des noms différents aux pièces qu’ils trouvaient dans les espèces soumises à leurs études, sans s'occuper de savoir si ces parties n'étaient pas es analogues ce celles déjà décrites sous d’autres noms, mais ayant subi les modifications que les différences spécifiques apportent dans les formes des diverses parties. Le zoologiste que nous venons de citer a fait une étude particulière de l'appareil copulateur du Bourdon. M. Dufour distingue parmi les pièces dont il est question : 1° la verge, et 2° Farmure de la verge. La première est un corps filiforme, de consistance élastique, qui quelquefois égale le tiers de la longueur totale de l’insecte; son extrémité offre deux petits mamelons , qui sont les vestiges du grand ; la
seconde est un étui plus ou moins allongé, corné, et présentant à son extrémité une ouverture qui donne passage à la verge. Dans l’état de repos cette pièce se retire dans l'abdomen: elle est alors revêtue, selon M. Léon Dufour, d’une enveloppe tenace et fibr o-membraneuse, et sa racine est munie d'un faisceau considérable de muscles où se fixent diverses pièces cornées, dont les mouvements servent à son extraction ou à sa rétraction (An, des Sc. nat., t. VI, p. 156). Suivant le même anatomiste ( Rech. anal, et phys, sur les Hémiptères, P. 150) la verge des insectes ne serait point us de se raidir complétement pendant l’acte de la génération.
2°. Les organes de la femelle, que l’on divise en organes préparateurs, éducateurs et copulateurs. Les Organes préparateurs où ovaires sont au nombre de deux, parfaitement semblables. Ils contiennent les germes ou les produits de la fécondation: ils acquièrent de grandes dimensions à l'approche du moment de l’accouplement ; ils sont placés le long des côtés de la cavité abdominale; ils ont la forme d’un faisceau pyramidal. Ils sont tantôt entourés d’une membrane commune, et tantôt contenus par une trame de trachées plus ou moins serrées. Les ovaires sont composés de tubes que l’on nomme gaines ovigères, et contiennent les œufs disposés bout à bout et en séries; ces derniers sont séparés les uns des autres par un étranglement ; leur nombre est variable; les sommets effilés des gaines ovigères convergent souvent entre eux à la base de l'abdomen, pour former, en se réunissant, un ligament propre à chaque ovaire, lequel pénètre dans le corselet, ct, s’y réunissant avec celui du côté opposé, forme ce que M. Dufour nomme le ligament suspenseur des ovaires, lequel se fixe entre les masses musculaires destinées aux mouvements de la première paire de pattes. Il
est souvent d’une extrême ténuité. Le savant anatomiste que nous venons de citer le considère comme le réceptacle des ovules du germe imperceptible des œufs.
L'on a découvert, dans ces derniers temps, une communication entre les ovaires de beaucoup d’insectes et leur vaisseau dorsal; c’est surtout à Müller (Nov. Act, Acad. Nat. Curios. ,t. XIL, part. 2) que l’on doit les observations à cet égard. Dans le Dhasma ferula cette communication consiste dans une série de filaments simples non ramifiés, creux, contenant une substance médullaire granulée , formés dans leur tissu, continus avec les parois du vaisseau dorsal et prolongés, sous le nom d’ovitubes, dans l’intérieur des trompes nombreuses dont l’ovaire est composé. Tous les insectes n’offrent pas le même mode , et M. Müller décrit quinze formes principales. Dans beaucoup d'espèces les filaments se réunissent en un faisceau de chaque côté, avant de S’insérer dans le vaisseau dorsal. La communication est généralement plus marquée dans la nymphe que dans l’insecte parfait.
Les gaines ovigères de chaque ovaire sont au nombre de sept dans les Carabes, de huit dans les Calathes et les Zabres, et d’une douzaine dans les Aptines , les Chlænies et les Sphodres; il ÿ en a trois dans le Staphylin odorant. M. Dufour n’y a trouvé, au lieu d'œufs, qu’une matière blanche, molle, informe et dépourvue d’enveloppe, qu'il avait déjà observée dans plusieurs Hyménoptères. Dans le Sta- Phylin maæillaire il y en a six; dans les T'aupins les gaînes ovigères forment deux faisceaux contigus Qui en contiennent chacun une virigtaine; dans les
scarbots ou Hister il n’y a que quatre gaînes ovi- &ères pour chaque ovaire; dans l'Aydrophile il ÿ en
. à toujours une quarantaine pour chacun; dans le
Hanneton six; douze pour le Lucane, autant pour la plupart des Zétéromères Mélasomes ; vingt-cinq à trente dans les Z/élops, les Mylabres , les Zonites ; dans le Lixe étroit ( Lixus angustatus ) et dans plusieurs Xylophages il n’y en a que deux pour chaque ovaire; dans l’Hamatichére héros Yon en compte
uae trentaine, et une vingtaine dans les Galieruques; Ë
dans les Forficules auriculaires les ovaires forment deux grappes allongées, bien distinctes, formécs chacune de trois séries longitudinales de gaines ovigères presque sphéroïdales. Dans une autre espèce du même genre (la Gigantesque } chaque ovaire forme un faisceau allongé composé de cinq gaines multi-loculaires, et renfermant une vinglaine d'œufs.
Dans les Zémipiéres, et toujours suivant M. Léon Dufour, on en trouve généralement sept; dans les Pentatomes , les Scutellères, la Punaise proprement dite, les Réduves, les Vaucores, les Caris: huit dans les
Viris et les Capses ; quatre dans les Corés : les Ledra |
en ont une douzaine ; les Cercopis environ trente :
dans les Psylles et les PDorthésies Jes ovaires sont
confondus en un peloton arrondi. | Dans l'ippobosque (Dufour, An. des Scsnat..1. VI,
p. 810) les ovairos sont formés de deux corps ovoïdes,
vbins, remplis d’une pulpe. blanche, homogène,
libre: el arrondis par un bout, aboutissant par l'antre à un conduit propre. Réaumur est le premier qui les ait décrits. M. Dufour a totjonrs trouvé l'un d'eux (le gauche) moins développé que l’autre, Dans la Scolie les tubes ovigères (Dufour, Journ.
de Physig., sept, 1819) sont au nombre de six;
trois de chaque côté, et réunis en un faisceau: ce sont des boyaux membraneux, diaphanes , allongés, conoïdes , très-eflilés par leur extrémité antérieure. On en compte sept dans’la Guëpe, dans Abeille; et dans beaucoup de Lépidoptères il y en a quaire,
D'ENTOMOLOGIE: 169 dans le Pou cinq, trente dans la grande Sauterelle verte, suivant De Géer. La base du sac qui renferme les gaînes ovigères de chaque ovaire, forme un ré- | ceptacle ovoïde ou arrondi destiné au séjour momentané des œufs parvenus à terme ; on lui donne le nom de calice de l’ovaire. Les tubes ovigères viennent aboutir à son sommet et à son pourtour; il est évasé à sa partie antérieure et se rétrécit en arrière en un tube court qui, en se réunissant avec celui de l’autre ovaire , forme le canal commun où V’oviducte. Cependant dans quelques cas les canaux viennent déboucher dans une poche où l'oviducte sort. La paroi intérieure du calice présente , lorsque les œufs en sont sortis, de nombreux petits trous qui correspondent aux points où aboutissent les tubes ovigères. : T
Les organes éducateurs sont composés de l’oviducte ct de la glande sébifique de l'oviducte; nous avons déjà parlé de la seconde en traitant des organes sécréteurs ; nous dirons seulement ici que cet organe, auquel M. Audouin avait donné le nom de poche copulatrice, est simplement un organe destiné à la sécrétion d’une sorte de vernis qui enduit les œufs et en facilite la sortie. e
L'oviducte est un canal musculo-membraneux, formé par la confluence des tubes qui terminent en arrière les calices des ovaires. Sa forme est variable ainsi que sa longucur : il est tantôt droit, tantôt courbe ; il se continue avec le vagin.”
Les organes copulateurs de la femelle sont nomreux; on y distingue les pièces vulvaires, la vulve, Cvagin, etc,
Le vagin est, ainsi que nous l'avons déjà vu, la Continuation de l’oviducte ; c’est un canal générale- Ment court et membraneux, On donne le nom de
-bulve à J’orifice extérieur du vagin. Les pièces vul- 323$
»20 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE väires sont un-ensemble de crochets, de plaques eb d’éeailles qui entourent la vulve et que l’insecte peut faire sortir À sa volorié. Les crochets se voient dans toutes les femelles de Curabiques ; dans les Zabres ils présentent de chaque eôté une soie presque épineuse: dans les Cicindélites les crochets vulvaires sont formés de cinq pièces, dont les trois antérieures oblongueset un peu spatuliformes, et les inférieures en forme de crochets et finement bifides à l’extréinité. Dans les Dytiques, au lieu de crochets il y a un sabre corné presque droit et formé de deux pièces : cet organe est destiné à enfouir les œufs lors de la ponte; on lui donne le nom d'oviscapte. Beaucoup ’orthoptères , d’Homoptéres et quelques vrais Aémiptéres ont un organe semblable. Réaumur à décrit dans les Agrions un organe du même genre; il consiste en quatre lames, dont deux internes plus grêles que les autres. è | Dans les Hyménoptères et les Diptéres les vulves s'ouvrent souvent entre deux appendices que lon nomme stylets et qui sont ablongs, cornés, bi-articulés et susceptibles d’un assez grand écartement. L’abdomen des T'enthrédines est terminé par une pièce fort singulière en forme de scie; mais pour décrire toutes ces parties il faudrait parler des genres en particulier. Il nous reste à dire quelques mots
sur les espèces dont la progéniture sort dn corps de
la mère, non sous forme d'œufs, mais sous celle de larve et même de nymphe (1).
Ges insectes appartiennent à l'erdre des Diptères et à celui des Hémipiérés. Réaumur à observé que les larves des premiers étaient placées dans le ventre de la mère suivant deux modes particuliers. Dans
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(1) Foyez Kirby et Spence, Introd, à PEnt.,t. IV, p. 164.
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D'ENTOMOLOGIES 171
les uns ils sont placés à peu près parallèlement les uns aux autres, mais sans beaucoup d'ordre; dans les autres ils forment une sorte de ruban dont l'é. paisseur est formée par la longueur des petits ani- Maux, et qui est roulé en spirale.
La masse formée par ces larves est, en général, compacte et non séparée en deux parties COrrespondantes aux ovaires des autres insectes. Chacune de ces petites larves est enyeloppée dans une membrane très-fine en forme de tube. De Géer a quelquefois trouvé des œufs dans la Mouche de la viande, ce qui prouve que comme, les autres insectes ils passent par ce premier état, mais qu'ils l'abandonnent avant leur sortie du ventre dela mère. Quant aux /lippobosques et aux Nycteribies, c'est sous forme de nymphes qu'ils en sortent. Parmi les Hémiptères la plupart des Pucerons sont aussi vivipares, Une des parücularités de leur histoire est le phénomène si remarquable de la génération spontanée. Suivant les observations de M. Léon Dufour (Rech. sur lAnat. et La Phys. des Hémipières, p. 252) les faisceaux ovigères semblent réunis; leur nombre est en tout de dix à douze, elles sont à einq ou à six loges, et se terminent par un ligament suspenseur. Lorsque la gestation. est avancée, les loges de la base des gaînes contiennent de véritables fœtus chez lesquels on trouve les yeux représentés par deux points bruns, et qui sont munis de pattes pliées le long du corps. Ces fœlus sortent ensuite à reculons du corps de la mère. :
Les Dorthésies, insectes voisins des Pucerons, offrent, suivant plusieurs observateurs, un fait tellement remarquable, qu'il nous semble avoir besoin d’être de nouveau constaté ; nous voulons parler de la faculté que l'on accorde aux jeunes individus de ces insectes, de pouvoir à leur gré sortir et rentrer
172 THAITÉ ÉLÉMENTAIRE dans le corps de la mère au moyen d’une fente que présente le ventre de celle- ci.
Nous avons déjà vu que certains genres d'insectes, tels que les Fourmis, lés Abeilles, les Guépes, les Bourdons et les Termites, présentent un troisième état que l’on nomme neutre, mais que l’on devait considérer comme des femelles avortées. Chez ces insectes les mâles offrent aussi deux formes trèsdifférentes, et surtout remarquables par la proportion de la tête, qui chez les uns cst du double de ce qu’elle est chez les autres. Mon ami feu Carcel, qui est, je crois, le premier qui ait fait cette remarque, avait cru entrevoir que les individus à grande tête et à mandibules développées étaient en quelque sorte destinés à remplir les fonctions de bourreau. Ces observations avaient été faites sur une très-petite espèce; j'ai eu depuis moi-même occasion d'examiner des individus semblables, mais appartenant À une grande fourmi, qui est, je crois, celle que l’on à nommée /erculéenne (F. herculeana).
Nous devons, pour terminer ce chapitre, dire un
mot des accoüplements qui ont quelquefois lieu entre deux sexes d'espèces différentes.
En général, lorsque l’on voit deux insectes s’accoupler, on peut être presque certain qu’ils appartiennent à la même espèce, quelles que soient leurs différences de forme et de couleur ; toutes ces choses varient souvent beaucoup entre les deux sexes des mêmes insectes. Cependant il paraît que dans des cas fort rares l’on a vu s’accoupler des espèces toutes distinctes et dont on connaissait les deux sexes de chacune ; c’est ainsique M. Audouin ( An. de la Soc.
Ent. , t. I, p. 369) a suivi l’accouplement de la rer peite B t-Sonctuée avec l'espèce nommée Dispar, mais il a trouvé que les œufs pondus par la femelle fécondée sont toujours restés stériles. Plusieurs faits
D'ENTOMOLOGIE. 178 du même genre ont été observés parmi les Zépidoptères , et plusieurs Sphinx décrits conime formant des espèces distincies ne seraient, selon MM. Lefebvre etRambur, que des hybrides de ce genre. Les mêmes naturalistes et M. Boisduval pensent de même à l'égard de plusieurs Zygènes et Saturnies (An. de la Soc.
Ent., loc. cit. ). M. Geistl a observé l’accouplement
d'une Chrysomela Polita femelle avec un mâle de la Chrys. menthe (Isis, 1827, n° 67, page 625). C’est peut-être aussi aux organes de la génération qu'il faut rapporter quelques parties décrites par M. Léon Dufour ( An. de la Soc. Ent: , t, VII, p. 47) sans que ce savant ail pu leur assigner de fonctions par- Uculières.
… On trouve dans l'abdomen du mâle du Blaps mortisaga, et au-dessus des viscères, à l’éndroit correspondant au tubercule extérieur, et couvert de poils fauves que l’on voit entre le premier et le second anneau de l'abdomen, un groupe de vésicules blanches, ovalaires , sessiles, nombreuses et très-petites, Le savant auquel on doit cette découverte ne leur a trouvé aucune sorte de conduit,
Le même anatomiste a aussi observé que dans la cavité abdominale du mâle du Mylabre mélanure, l'on trouve, au-dessous du tissu adipeux granuleux ventral, deux arbuscules blanchâtres qui s’enfoncent principalement dans la poitrine, et qui aboutis-. sent à deux troncs distincts quoique contigus. Ils contiennent une liqueur blanche, et semblent s’insé: rer à la base du ventre.