SYSTÈME NERVEUX
Le système nerveux des animaux articulés appartient au mode ganglionique; ces ganglions ou nœuds sont disposés d'espace en espace, ét correspondent ordinairement à chaque segment du corps. Ils sont placés le long d’un double cordon nerveux qui prend Naissance dans un cerveau fort petit, ordinairement bilobé et placé dans la tête; puis les deux branches du cordon nerveux qui en émanent, entourent l’æso- Phage en formant un collier, et viennent se réunir en dessous du ventre pour se continuer jusque vers anus. Ce double cordon, à branches réunies, porte des ganglions qui chacun projette aux divers organes des rameaux nerveux; Ces nœuds sont autant de foyers de vitalité, et ce qui le prouve d’une manière évidente , c’est que si l’on coupe la tête d’un insecte, il n’en continuera pas moins à se mouvoir, et vivra même pendant un espace de temps qui semble incroyable. Le tronc donnera même des preuves de vitalité plas grandes que la tête, et on le verra mar- Cher et même s'envoler avec presque autant d’acti- Vité qu'avant la mutilation du corps. Lyonnet a vu üne guépe donner des signes de vie trois jours après avoir été coupée en deux: suivant le même, une chenille continue dans le même éfat à se mouvoir pen-
Ant plusieurs jours, et si on la touche elle fait les Mêmes mouvements que lorsqu'elle était entière.
( Voyez Lesser, Insect, Theol. , et Kirby et Spence, t. I, p. 19). Aristote avait déjà observé cette grande force de vitalité des insectes, et dans ces derniers temps M. Bird a publié dans l'Entomological Magazine (n°», p. 108) quelques faits curicux de ce genre. Get entomologiste ayant coupé en deux une Malachie à la jonction du prothorax avec les élytres, vit la première de ces parties se redresser sur la paire de pattes qu’elle porte, et se mettre à courir en trébuchant souvent, mais se relevant aussitôt et continuant immédiatement sa marche; étant arrivée: au bord de la feuille de papier sur laquelle elle se trouvait, elle en regarda la hauteur, et, la trouvant trop considérable, revint sur ses pas. Quant à la partie postérieure de l'insecte., au bout d’un instant elle se remit aussi en marche, et, après avoir, à plusieurs reprises, fait sortir les ailes de dessous les élytres, elle sembla vouloir prendre son vol; mais bientôt, resserrant ces organes , elle continua sa marche, paraissant, dit l’auteur que nous venons de citer, avoir réfléchi qu’elle ne pouvait se diriger dans l’air en l'absence des yeux. Le même naturaliste vit un Coléoptère qui, étant entièrement dévoré par des iibttes et ne conservant plus que. son enveloppe extérieure, vécut encore pendant six jours. Nous avons été témoin d’un fait semblable sur lequel nous avons publié une note dans les Annales de la Societé Entomologique; une larve de Silphe avait l'abdomen entièrement vide et prodigieusement enflé; il ne formait plus qu’une membrane transparente, tout l'extérieur avait été la proie de petits Acarides, et il ne restait plus absolument de conservé qu’une partie du système nerveux , consistant dans le ganglion cervical et en une partie du sous-œæsophagien. L’insecte vécut cependant encore neuf jours; sa marche était lente, et ne pouvait s’exécuter qu’au moyen de la
D'ENTOMOLOGIE. 183 Première paire de pattes, les autres étant comme disloquées.
Toutes les personnes qui ont fait des collections d'insectes ont vu des papillons qui, percés de part en part depuis plusieurs jours, reprennent leur vol si on vient à les mettre en liberté, Parmi les Coléoptères nous avons vu des Calosomes vivre pendant six semaines quoique traversés par d'énormes épingles, etM. Lacordaire assure que des Vyctélies, qu'il avait recueillis dans les andes du Chili, ne sont morts, quoique dans le même état, qu’en approchant des côtes de France. J'ai recu de l’Asie-Mineure des Pimélies qui me sont parvenues encore vivantes quoique piquées depuis plus de deux mois. Suivant MM. Kirby et Spence, une tête de guêpe mange du miel après avoir été détachée du tronc, et deux corps décapités auraient été vus accouplés.
On voit par cette réunion de faits que si, chez les animaux supérieurs, la séparation par sections du
cerveau d'avec la moelle épinière amène une para-
lysie universelle ou la mort, il n’en est pas de même chez les articulés, où chaque ganglion nerveux est un centre de vie. j Le système nerveux des insectes consiste, d’après Lyonnet et M. Strauss, en deux parties : l'une corlicale, de couleur brune, et l'autre médulaire et blanche, la première plus dure et moins transparente que l’autre. Nous allons passer successivement en revue les trois principaux éléments de ce système, le cerveau , la moelle épinière et ses ganglions, et enfin les nerfs.
Le Cerveau. — Linné et à son exemple beaucoup d’entomologistes modernes ont nié la présence d'un
” Cerveau chez les insectes. Cependant le premier
£anglion nerveux, auquel Guvier et plusieurs autres
‘anatomisies donnent ce nom , se rapproche du cer.
veau des animaux supérieurs par sa situation au milieu de la cavité de la tête, ainsi que par l’analogie des nerfs qu’il reçoit. Il est le plus souvent bilobé, mais sa forme varie suivant les espèces : dans l'Orycte nasicorne, décrit par Sammerdam, et dans la Piéride du chou que Ramdohr nous a fait connaître sous ce rapport, les deux tubes sont entièrement séparés l’un de l’autre, tandis qu’ils sont rénnis dans la larve du Dytique bordé. Ce dernier insecte présente un fait assez singulier ; c’est qu’à l’état de nymphe les deux hémisphères sont grands et séparés (Guvier, Anat. comp., IL, 218); dans le Cerf-Volant les lobes sont presque sphériques et conligus. Le cerveau du {fanneton est, suivant M. Strauss, beaucoup plus gros que les ganglions de la moelle épinière; il est formé de trois paires de lobes, mais les deux postérieures doivent être rapportées au système nerveux supérieur. Dans les T'enthrédines, dont la “tête est grosse et large, le cerveau a aussi cette forme, et semble formé de quatre bulbes d’égale grosseur et presque globuleux. Les larves des Libellules ont un petit cerveau bilobé; le cerveau de la Phrygane est, suivant M, Pictet, une grande masse médullaire, forimée de cinq lobes. Dans les chenilles des Lépidoptères il semble formé en dessus par la réunion de deux tubercules arrondis ; en dessous il est concave, et correspond à la convexité de l’œsophage; à l’état parfait, il est sphérique. Dans les Blattes le cerveau est'composé de deux lobes séparés par une échancrure très-distincte en devant ( Cuvier, p. 840). Dans : la Forficule (perce-oreille ) le cerveau OCCupe toute la cavité du crâne (Dufour, Ann. des Sc. nat. ; 1828). Dans les Locustaires il est formé de deux lobes pyriformes (id., p. 345). Dans les Courtillières ils sont arrondis, et dans les Abeilles on en comple quatre. De la Moelle épinière et des Gangtions. De la partie
D’ENTOMOLOGIE. 189 postérieure du cerveau de la plupart des insectes : partent deux cordons nerveux qui embrassent en divergeant l’œsophage et vont atteindre les intestins, | qu’ils suivent dans toute leur longeur, se réunissant de temps en temps pour former des nœuds ou ganglions, et composer ainsi leur moelle épinière. Dans, la grande Sauterelle verte et le Bupreste géant une forte branche réunit les deux cordons du collier de l’'œscphage (Strauss). Chez les Dytiques et les Carabes les filets partent de la parlie inférieure, et non de la partie postérieure du cerveau (Cuvier ). Ghez quelques insectes l’on ne distingue qu’un seul cordon uerveux : tel estle Pou, observé par Swammerdam (Bibl. nat). -;
L’entre-deux des ganglions est, ainsi que les ganglions eux-mêmes, généralement formé d’un double cordon, bien que souvent les deux filets s'unissent ; dans l'Oryctes nasicorne et la grande Sauterelle verte
les entre-deux sont tous composés de filets doubles ; | |
* dans le Cerf-Volant le dernier ganglion est simple ‘{Lyonnet); dans la chenille de la Piéride du chou les cinq premiers sont doubles et les six derniers simples (Hérold ); dans celle du Cossus les trois premiers sont seuls doubles, mais les autres se ter- Minent en fourche ( Lyonnet); dans la Blate les quatre premiers , dans le Grand Hydrophile les trois premiers, et dans l'Ælophile tenace les deux premiers Sont doubles (Guvier, An. et Gaëdy, Nov. Act, Acad, Ces. , XL, 2, 525); dans le Bomkyx dispar l'œso Phage passe immédiatement derrière le cerveau par ‘a pelit intervalle triangulaire, dont les côtés postéteurs sont formés par les deux cordons de la moelle Ke quimarchent ensuite accolés, et ne forment Plus qu'un tronc unique dans la partie moyenne dus Auel on n’aperçoit qu'un sillon longitudinal (Guyier,. Anot,); dans la larve de l'Orycles nasicorne ON ne
distingue pas de ganglions, tous étant réunis et formant un cordon nerveux très-épais, divisé par des incisions transverses (Swammerdam, Bibl. Nat.) ; dans l’Oryctes nasicorne tous les ganglions sont contenus dans le thorax, ceux de l’abdomen étant rem-
placés par des nerfs très-nombreux et disposés en
rayons ; ils sont en chapelet dans la larve de la Stratyomide Chamæléon (Swoammerdom); dans celle du Myrmeléon les deux ganglions du thorax sont séparés par un intervalle de ceux de l'abdomen, qui sont au nombre de huit, très-rapprochés les uns contre les autres , et formés chacun de deux lobes : le premier est de près du double plus gros que les autres «Gette série, dit Cuvier, ressemble à l’œil à l'extrémité de la queue d’un serpent à sonnette. « Dans les Hémiptères l'on ne trouve que deux ganglions placés tous deux dans le thorax (Dufour, Recher. sur les Hémiptères ).
Daus la Scolie, étudiée par le même naturaliste
sen de Phys., 1818), le cordon principal est ormé de deux nerfs contigus , mais bien distincts et offrant sept ganglions, dont cinq abdominaux ; les deux derniers sont presque confondus. Le Pou a trois a atent l'Orycte nasicorne quatre; Ÿ Abeille sept ; a grande Sauterelle verte dix, dont un dans la tête et trois dans le thorax; le Gryllotalpe vulgaire neuf, dont sept dans l’abdomen ; la larve du Myrmeléon dix, dont huit dans cette partie; dans l’Elaphile tenace (mouche apiforme) l’on en compte cinq, dont
trois dans le thorax; dans la larve de l'Æphémère
dix, dont trois thoraciques ; dans celle de lÆshne treize, six appartenant au thorax, et sept à l’abdomen: dans la Forficule les ganglions sont inéganx entre eux, au nombre de neuf, leur consistance est
en quelqne sorte fibreuse ( Dufour, Ann. des Sc. .
nat., 1828). Res Le nombre desganglions varie non-seulement, ainsi
que nous l'avons vu, suivant les espèces, mais aussi qnelquefois suivant les divers états. Ainsi le Cerf- Volant en a cinq, et sa larve huit; le Grand Hydrophile neuf, et sa larve onze; le Dytique six, et sa larve douze. :
Suivant M. Strauss le nombre, la disposition et Ja grosseur des ganglions dépendent : 1° de la forme générale du corps, el spécialement de celle que présente sa partie venirale; et 2° des divers organes que porte chaque segment. Les ganglions sont ordinairement de forme sphérique , mais souvent aussi ils sont bilobés; dans les Carabes et les fiydrophiles le cinquième ganglion présente un sillon qui semble indiquer la réunion des deux lobes (Guvier, Anat.). Dans la chenille da Cossus le premier est oblong et les autres rhomboïdaux (Lyonnet, Anat., 190): is sont tous carrés dans le. Ver à soie, etdans d’autres espèces ils sont lenticulaires.
Des Nerfs. — Lyonnet à compté dans la chenille du Cossus quarante-cinq paires de nerfs et deux simples; plusieurs de ces paires partent du cerveau: vont aux yeux, aux palpes et aux autres parties de la bouche ; souvent ceux qui aboutissent aux mandibules partent du premier ganglion (tel est le Cerf- Volant suivant Cuvier); ceux qui vont aux palpes de l Hydrophilesont aussi dans ce cas, ainsi que CeTix de l'antenne chez la Blatte (Guvier, Anat.).
Les nerfs optiques sont très-forts chez les espèces qui, comme les Diptères et les Névroptires, sont remarquables par la grandeur de leurs yeux; dans les Libellules ils se dilatent en deux larges plaques qui ont ia forme d’un rein, et qui tapissent toute la sur face de l'œil qui regarde le dedans de la tête (Guvier, Anat, , tM, p. 890). Dans le Cerf Volant ils sont, suivant Swammerdam, en forme de poire et terminés par un bulbe, duquel sortent une jnfinité de très-
petits nerfs; dans les Dytiques et les Carabes ils sont courts et de forme pyramidale; leur partie inférieure correspond à l'œil et leur sommet au cerveau (Cuvier). Dans la Mouche apiforme (Etophilus tenax) ils sont très-gros, cylindriques et d’un diamètre égal à Ja longueur du cerveau, sur les parties latérales duquel ils sont appuyés: ils se terminent à l'extrémité par un très-gros bulbe qui correspond à la largeur de l'œil (Cuvier, Anat.).
Chez le AManneton le cerveau émet, suivant M. Strauss, cinq paires de nerfs, qu’il nomme antennaires où acoustiques optiques, et irois paires unissant des ganglions accessoires, Nous parlerons de ces derniers en traitant du système nerveux supérieur ainsi que de ceux que l’on a nommés recurrents dans plusieurs insectes.
Les nerfs qui émanent de la moelle épinière sor-
«tent généralement des ganglions; ceux des trois ou quatre premiers se rendent ordinairement aux muscles des pattes, des ailes et aux autres parties du thorax, et ceux des autres ganglions vont à l’abdomen, Ges nerfs se divisent et se subdivisent à l'infini; dans quelques espèces les ganglions n’émettent cha- “cun qu’un seul nerf, et dans ce cas se trouve l A4beille; dans V’'Ephémére les dix premiers ganglions donnent naissance à deux paires , mais le cas le plus ordinaire est celui où chaque ganglion en émet une; dans l’'Oryctes nasicorne (rhinocéros ) les nerfs sont des filaments très-nombreux qui divergent en tous sens; dans le Pou le dernier ganglion donne naissance à trois paires de nerfs; dans le mâle de la Scolie les cinq ganglions abdominaux émettent chacun trois nerfs, dont deux latéraux et un postérieur; le dernier ganglion fournit plusieurs nerfs divergents , qui se distribuent principalement aux organes générateurs (Dufour, Journ. de Phys., 1818);
ps
D'ENTOMOLOGIE, ie 189 dans les Æémiptères la moelle épinière se divise en plusieurs paires de nerfs très-développés, dont les subdivisions se distribuent dans les viscères de la cavité abdominale; l’ensemble de cet appareil est
‘ parfaitement symétrique (Dufour, Recherches sur les
Hémiptéres).
Suivant CGuvier, les nerfs naissent tous des nœuds ou ganglions de la moelle ou de quelqu’an des ganglions intermédiaires (t. Il, p. 123); mais ils ne sortiraient jamais immédiatement, suivant ce grand naturaliste, de la moelle elle-même. Cependant Swammerdam en mentionne quatre paires qui se raient dans ce cas: et Lyonnet en décrit quatre autres sous le nom de bride épinière, qui partent non des ganglions, mais d’une bifurcation de la moelle.
Après avoir fait connaître d’une manière sommaire le système nerveux des insectes, nous allons entrer dans quelques détails sur une parlie de ce Système qui a beaucoup occupé les anatomistes dans ces derniers temps; nous voulons parler du système supéricar ou des nerfs stomato-gastriques.
La découverte d’un double système nerveux dans les insectes est due à Swammerdam, qui observa dans la larve de l’Oryctes nasicorne et dans la chenille du V'er-a-soie une paire de nerfs qu’il nomme récurrents, les regardant comme les analogues de ceux de ‘homme; ils partent de la surface inférieure du cer- Veau, et se dirigent d’abord vers la bouche, mais retournent ensulle sur leurs pas et forment, en s’unis- Sant, un petit ganglion produisant ainsi un seul nerf, Qui, passant au-dessous du cerveau, suit l’œsophage Jusqu'à l'estomac, où il s’enfle en un second ganglion d’où il sort quelques petits nerfs qui se rendent à l'estomac, et un autre plus considérable qui snit le Canal intestinal en émettant à des intervalles des ilaments latéraux qui se perdent dans les tüniques
du tube, Lyonnet découvrit ensuite ces nerfs dans Ja chenille du Cossuss et Cavier les retrouva dans le - Cerf-Volant, le Grand Hydrophile, ete. Muller à fait connaître leur existence dans le Phasme, la Mante, le Grillon , le Lucane , le Dytique, la Blatteet la chenille du Sphinx. M. Sirauss, dans son beau travail surle Hanneton, outre le nerf impair ou récurrent, qu’il désigne sous le nom de système nerveux des organes vitaux (p. 406), a remarqué deux paires de” petits ganglions particuliers placés derrière le cerveau , et qui sontréunis à celui-ci et au nerf impair par deux filets très-fins. M. Brandt , dans sa Zoologie Médicale (1850 à 55, in-4°, Berlin), fit une anatomie détaillée des animaux employés en médecine, et étudia le système nerveux supérieur dans nn grand nombre d'insectes appartenant à des ordres différents. M. Newport a aussi publié d'intéressantes observations sur ce sujet, ainsi que sur le système, nerveux ordinaire de la nymphe du Sphinx Ligusirt dans les Transactions Philosophiques de la Société Royale de Londres (1852, 2° part. , p. 585, pl. 12 et 13). M. Burmeister, dans son excellent Manuct d'Entomologie, donne à ce système le nom de sysième nerveux du pharynx; et enfin M. Brandt vient de publier sur ces nerfs, qu’il nomme intestinaux ot! stomato-gastriques, un excellent travail dans les Mémoires de l'Académie impériale des Sciences de Saint- | Pétersbourg: c’est à la tradnction de ce mémoire, que nous devons à M. Brullé ( Ann. des Sc, nat. 2e série, & V), que nous empruntons [a plupart des détails dans lesquels nous allons entrer.
Les nerfs stomalo-gastriques des insectes sonb plus développés que ceux de tous les autres animaus invertébrés; ils se partagent en un double systèmes l'un impair et l’autre pair ou latéral. Le premier est formé d’un filet qui s'étend sur l’æsophage et l'es”
__ D'ENTOMOLOGIE. 192 tomac au-dessous du vaisseau dorsal et du cerveau. - Il forme en avant de celui-ci un ganglion frontal ou trianguluire qui donne naissance à deux cordons déliés, qui, généralement, se rendent au cerveau. Ces cordons, ou le ganglion lui-même, émettent le lus souvent des filets qui se rendent aux parties de k bouche, mais forment auparavant des ganglions très-petits. Après un trajet assez long sur l’æsophage, le cordon impair lui fournit des filets trèsdéliés , et se réunit au moyen du rameau transversal à chacun des ganglions du système nerveux intestinal pair, placés derrière le cerveau. Dans certains cas il présente un renflement à J'endroit où celte réunion s'opère, et se termine à l'estomac après avoir formé sur l'extrémité de l’œsophage ou sur l'estomac un autre renflement. :
Le second système est ordinairement formé de deux paires de ganglions, placés sur l’œsophage derrière le cerveau ; un ou deux filets très-fins leur servent à communiquer entre eux d’arrière en avant, Les deux ganglions antérieurs communiquent chacun au cerveau au moyen d’un ou de deux filets, et envoie des cordons très-fins à l'œsophage en même
: Lemps qu’un cordon de communication qui se rent à celui du système nerveux impair, Les deux ganglions postérieurs , outre leur communication entre cux, en ont encore d’autres avec l’œsophage et l’origine de l'estomac, au moyen de filets très- délits.
La nature de cet ouvrage ne nous permet pas de suivre toutes les diverses modifications qu'éprouvent ces parties du sysième nerveux, et que M. Brandt a décrites avec une rare habileté; nous dirons seulement que chez les Lépidoptères la forme des nerfs stomato - gastriques n'éprouve pas de modifications remarquables par suite des métamorphoses ; que de tous les insectes, les Orthoptères sont ceux chez qui
ces organes ont le plus de développement ; que chez eux ils représentent deux types remarquables : que les uns, tels que les Mantes, les Blattes et les Phasmes, ont le système impair proportionnellement plus développé que le pair, ce qui les rapproche des Coléoptères, des Hyménoptères et des Lépidoptères, tandis que chez les autres les Grillons, T'aupes-Grillons, la partie paire de ces nerfs est très-développée et envoie à l’estomac des filets considérables.
.. Nous dirons ici quelques mots sur l'effet que lélectricité produit sur le système nerveux des insectes. De nombreuses expériences ont été faites à ce sujet par M. le professeur Morren (4nn. de la Soc. Ent. , t. LL, p. 38); il résulte que chez les Diptéres l'animal meurt lorsque la décharge de la bouteille de Leyde traverse le thorax; lorsqu'elle passe par les balanciers il y a perversion dans le vol de l’insecte. Pour les Lépidoptères il y a mort lorsqu'une forte étincelle passe de la tête à l'abdomen, mais dans tous les cas les ailes sont en haut; lorsque l’étincelle passe d’une épaulette à l’autre il y a mort instantanée, le corselet étant alors lésé, et dans tous les cas il ÿ a ablation des ailes, Il est difficile de coordonner ces faits avec ceux observés par M. Strauss (Anat, du Hanneton, p.376). Suivant cet anatomiste, des chenilles reçurent, sans s’en apercevoir, une décharge électrique capable de renverser l’homme le plus vigoureux, et des Æannetons ne furent qu'un instant étourdis de la décharge d’une grande bouteille de Leyde. Ayant ensuite placé ces insecies entre deux pointes qui pénétraient même dans le thorax sans se toucher, l’étincelle ne produisit pas sur eux plus d'effet. Ayant nous-même fait quelques expériences de ce genre sur le Lucane (Cerf-Volant) nous n’ayons pas obtenu d’autres résullats que ceux observés par M. Strauss,
AAA AA AAA AAA AE MAL LL A LU AA A EU A VU LU A AVAL AT EU EVA AMVELAS CHAPITRE XI .