‹ Traité élémentaire d'entomologieChapitre 26 sur 34 · ORGANES DES SENS · texte numérisé non relu

ORGANES DES SENS

On concevra sans peine l'extrême difficulté qui accompagne l’étude des organes des sens chez les animaux articulés, qui se trouvent placés, dans la chaîne des animaux, à une si grande distance de nous, qu’il est impossible d'assurer que leurs sensations sont les mêmes que les nôtres ; et même lorsque la présence d’un sens se trouve démontrée chez eux, il est encore d’une difficulté extrême de préciser Porgane qui en est le siége. Généralement l’on s’accorde cependant à considérer les insectes comme possédant nos cinq sens; mais quelques physiologistes leur en supposent un plus grand nombre : M. Strauss pense que les appendices qui garnissent la partie postérieure de l’abdomen des Lépismes et de quelques Orthoptères pourraient être le siége d’une sensation dont nous ne pouvons nous former aucune idée, puisqu’ellle manquerait à l’espèce humaine. Les palpes seraient aussi pour ce savant le siége de la faculté de distinguer la nourriture qui leur est favorable , et auraient ainsi du rapport avec l’organe que M. de Blainville a cru reconnaître dans les mammifères, et auquel il donne le nom d’organe de Jacobson.

Nous allons suivre chez les insectes les cinq sens dont l'existence est plus ou moins démontrée, en Commencçant par celui dont la présence est le mieux Constatée.

ni

+9/ TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE 1, La vue. Les yeux des insectes sont de deux sortes ; les uns ont la forme d’une lentille unie : on leur a donné le nom d’yeux simples, ils manquent dans beaucoup d'espèces; les autres ont reçu le nom d’yeux composés ou à réseau, ils sort formés de l'assemblage de petites lentilles, le plus souvent hexagones, et dont le nombre est prodigieux, puisque suivant Puget l’on en trouve plus de dix-sept mille dans l'œil d’un Papillon, et que M. Strauss en à compté 8,828 dans celui du Hanneton : la Mordelle en offre plus de 25,000 ; la Libellule environ 12,900; dans le Sphinx du convaloulus, Von en trouve 1,500; dans le Bombyæ ver à soie 6,256; dans le Cossus 11,300 :-dansila Fourmi, 50 ; et dansla Mouche 4,000. Ones trouve dans tous les insectes aïlés, et MM. Marcel de Serres, Strauss, Muller et Dugès en ont fait une étude particulière. Nous donnerons iciun-extrait du travail de ce dernier, qui s’est spécialement abtaché à faire-connaître ceux de la Libetlule grise (An. des Sc: nat., t: NXX::pe 847). Swammerdam ‘avait depuis long-1emps observé que chez ces insectes les facettes des parties postérieures et supérieures sont deux fois plus grandes que les antérieures , et autrement colorées. Lerésultat des recherches deM. Dugès a été de prouver que les yeux composés ne sont qu’une réunion d'yeux ayant, chacun pris séparé- ‘ment, de grands rapports avec ceux des animaux supérieurs ; ainsi l’on y trouve un filet nerveux inséré à l'extrémité d’un corps transparent , qui est ini-même l’analogne de l'humeur vitrée et du cristallin. Letout est précédé d’une cornée transparente, et chacun de ces appareils de réfraction est enveloppé par un pigment coloré qui représente une Choroide. Si, poursuivant cctte étude, l’on pénètre de Vextérieur à l'intérieur et dans un sens longitudinal, l’on trouve trois parties, la cornée , le pigment et

D'ENTOMOLON TR. +98 le ganglion optique avec ses filets nerveux. La pre. wière est divisée ‘en petites facettes séparées les unes des autres par des apparences de sature. L'enduit coloré ou pigment se divise longitudinalement ‘en ‘trois couches : la preinière, ‘que Sivammerdam nomme uvée, est noire; l'intermédiaire est obscure en avant et orangée en arrière, traversée dans le sens de la longueur par des vaisseaux ou prismes tubulaires transparentset:placés perpéndiculairement, grêles à leur partie inférieure, épaissis supérieurement et rétrécis au sommet : ils contiennent une humeur visqueuse, et aboutissent chacun à une facette, de manière qu'il existé en ce point un espace vide placé intermédiairement au-dessous de tete facette ou cornéule; la iroisième couche, environnant la partie blanche du ganglion optique, est de couleur noire ; des filets nerveux la parcourent dans toute sa longueur. Si l'on comprime légère ment le ganglion optique, on y distingue des fibres, et sa structure semble radiée. Ainsi le piginent qui couvre la face inférieure des cornéulés est cloisonné, ét forme, par le vide laissé entre chacune d'elles et le sommet du vaisseau correspondaul, une uvée qui oblige la lumière à traverser le centre de l’appareïl, En cetendrait.se trouve une ouverture; ou veritable pupille, qui-paraît de couleur noire, «L'ensemble des pupilles, dontl’axe répond à celui de l'œil de l’observateur, forme, dit M. Dugès, comme l’a prouvé Muller etcomme me l’a appris le microscope à la lumière réfléchie, cette tache noire et mobile qui a embarrassé plus d’un observateur. » Ges taches noires sont capas bles de s’élargir comme la pupille des mammifères. Derrière chaque cornéule il existe une cavité remplie

huuweur aqueuse dont Ja paroi profonde a paru à L. Dugès être rewplie en partie par l'iris et en parue par l'extrémité libre du cylindre transparent,

Suivant cet auteur, la couche supérieure du pigment disparaît dans les insectes qui fuient la lumière. Dans les espèces diurnes elle prend souvent des couleurs brillantes et irisées. Dans beaucoup d'espèces la cornée est hérissée de poils qui font l'office de paupières.

M. Strauss a fait une étude approfondie de l'œil du Hanneton ; il donne le nom de choroïide propre à la couche supérieure du pigment, et il considère les vaisseaux comme de véritables nerfs opliques se portant d’une rétine perpendiculaire à la cornée. Des nerfs secondaires, partant des ganglions optiques, vont rencontrer une membrane de couleur rouge qu’il nomme choroïde commune , el qui est la choroïde de Cuvier, et derrière laquelle se réunissent les nerfs secondaires pour former la rétine générale. :

Quant aux yeux simples, quiont aussi reçu les noms d’ocelles, de stemmates et d’yeux lisses, ce sont les éléments des yeux composés ; ils sont généralement au nombre ce trois. Genx de la Mante religieuse ont,

suivant M. Dugès, la forme d’un sac conique, et ceux du Grillon à lignes celle d’une cupule hémisphé- Fique L'on a long -iemps cru que les Coléopières étaient dépourvus d’yeux lisses, et Latreille, partageant cette manière de voir, combattait l'opinion de certains entomologistes qui croyaient les avoir apercus chez quelques Brachélytres ; mais noire ami M. Auguste Brullé les a, dans ces derniers temps, reconnus d’une manière positive dans plusieurs esèces de Malacodermes.

2°. Le goût. Les insectes mangent avéc avidité des atières qui leur conviennent, et rejettent, après en avoir fait l'essai, celles qui leur déplaisent. Il est donc certain qu'ils sont pourvus du sens du goût; mais Paccord n'est pas aussi unanime pour décider de Y'organe qui en est Je siège, Latreille le place dans

les palpes, et Knock dans ceux seulement de ces organes qui sont insérés à la lèvre: mais l'illustre Cuvier nous semble avoir décidé le véritable siége du goût en démontrant l'existence dans la bouche des insectes d’une partie plus ou moins charnue, d’une véritable langne enfin, dont nous avons parlé en étudiant les organes de la digestion.

3, Le toucher semble très-développé chez les insectes ; suivant quelques auteurs, il serait répandu sur toute l'enveloppe extérieure, et suivant d’autres, ce’sens se trouverait concentré dans des organes PR La première hypothèse nous semble

ien difficile à soutenir si l’on réfléchit que l'enveloppe extérieure des insectes est le plus souvent d’une grande dureté, et composée d’une matière plus ou moins cornée: dans la seconde manière de voir, les antennes nous semblent se présenter naturellement, L’on sait effectivement que ces organes sont deux filets, quelquefvis plus longs que le corps, com- Posés d'anneaux au moyen desquels ils peuvent se plier en tout sens, et que l'insecte dirige le plus sou: vent en avant lorsqu'il est en mouvement. Quelques Personnes, ne voulant pas adopter celte manième de voir, ont avancé que ces appendices ne touchaïent. jamais les corps environnants, et ne pouvaient ainsi servir au toucher, Latreille a prouvé le contraire, en étudiant les fourmis, que l’on voit continuellement se toucher les unes lés autres aù moyen de ces organes.

Ne serait-il pas d’ailleurs possible de supposer les antennes douées d’une très-grande finesse de per- Ception, ét pouvant, par la seule vibration de l'air, peer la marche de l’insecte , et l'empêcher de se

eurter contre des corps résistants; celte opinion nous semble d’autant plus plausible, que beaucoup é ces animaux sont destinés à ne sortir que la nuit, etque d’autres passent tout le temps de leur existence

198. TRAITÉ. ÉLÉMENTAIRE sous terre ou dans d’autres endroits où.ils sont.con= tinuellement privés de la lumière : ils. ont, donc be-

soin d’un moyen, autre que celui de la vue pour.

diriger leurs mouvements divers; or les pattes ne servent jamais à, cet office, car on. ne les a. jamais vus, à notre connaissance du moins, s’en servir pour sonder le corps sur lequel ils doivent se paser.

Quant aux palpes, ce sont ponr nous des organes de, préhension; ils servent à porter la nourriture à, la bouche et à défendre en même temps cet orifice, quiest d’une grande sensibilité, de l'approche de tous. les corps qui pourraient lui causer une sensation. pue ou désagréable. Ces organes sont peut-être. es vrais représentants des premières paires de pattes des Crustacés. ce

4°. L’ouie est démontrée chez les insectes, car c’est: en faisant entendre des sons particuliers ,.que chez, beaucoup d’entre eux les deux sexes s’appellent au moment fixé par la nature pour la reproduction:

des espèces; mais on est loin d'être, d'accord sur.

l'organe qui sert à la perception dos sons. Cependant.

Latreille, guidé par l’analogie avec les crustacés, croit.

l'avoir reconnu à la base des antennes. M, Strauss: regarde ces. filets comme l'organe de l’ouie, et MM. Kirbyet Spencepartagent cettemanière devoir.

Il nous semble que. c’est ici le lieu de présenter

rapidement. les. divers.sons que font entendre: les in.

sectes; et bien, que ces animaux n’aient pas de voix proprement. dite, ces, sons. sont très - variés, eb ont été étudiés avec beaucoup. de soin. par MM. Kirby, Spence. et, Burpeister, On, pent les diviser en, trois. catégories: particulières : effectivement, les, uns sont produits, par-le frottement de deux parties quels. conques. de lenr. système. tégumentaire, d'autres,

ar le passage. de l'air, à. travers, les stigmates., eb: es autres. enfin.par des omganes particuliers, Dans

D'ENTOMOHOGIE,. : 199:

la première classe de sons, que: nous nomimerons

mécaniques , on doit placer ceux que produisent les .

Coléopières Longicornes en: frottant la: paroi extérieure de leur prothorax contre la base. de labdor men.;.Ce.son esb propre aux. deux sexes, et peub être reproduit. après. leur mort en employant le même moyen ; ils le font surtout entendre lorsqu'on les inquiète. Suivant M. Silberman (Rev. Ent., tom P, page 165), quelques Carabiques du: genre Cychre

roduisent,, lorsqu'on les inquiète, un sonraign sem- Fable à celui dont nous venons de parler. D’autres Coléoptères, tels que des Copris, des Géotrupes,, des Troz,. des Mécrophores etc, produisent un bruit à peu.prèssemblable en frottant l'abdomen contre les élytres. Ghez les Pimélies, le son provient, suivant Latreille , du frottement des pattes les unes contre les. autres. ou contre le corps. Dans des Réduves et autres. insectes, il est produit par le frottement de la tête contre lé bord antérieur du prothbrax;. les Graphipières font entendre, suivant M. Alexandre Lefebvre, un bruit assez fort par le frottement de leurs-cuisses postérieures contre le bord des élyires. Nous ne devons pas non plus passer sous silence le

son queproduisent;quelques espèces de F’rillettesien

frappantavec leur tête lebois-danslequel elles vivent, et quieffraieencore les-personnescrédules qui voient dans-ce tie-tac un présage de mort. La seconde division que nous avons pra posé d'établir parmi les:sons,. portera lenom de sonsstigmatiques, car c'est effectivementl’air qui.les.produit ems’échappant des:stige mates. Pour le prouver M. Burmeister a fait les-expériences suivantes. sur une-mouche du genre-Eristale. Jatirant d’abord'par les pattes; elle it: entendre un, bourdonnement très-forti; lui coupant alors ‘üuhe partie des-ailes;. iltrouva.qnele. son devénaitiun pet

plus aigus. les-enlevant:alors entièrement, le son dé-

vint en même temps plus aigu et encore plus faible: 1 lui fut alors démontré que la vibration des ailes , quoique servant à augmenter la force du bourdonnement, n’en élait pas la cause; détachant alors les écailles placées derrière les ailes et les balanciers, le son n’en éprouva aucun changement, Il ne restait plus à étudier que les onvertures stigmatiques, qu'il boucha hermétiquement avec de la gomme; dès lors linsecte avait beau s’agiter, ilne produisait aucun son. Ges sons ne se firent entendre de nouveau que lorsque par ses mouvements il parvint à se délivrer de celte matière, et à rendre ainsi libres les orifices sUgmatiques. « Îl n’y avait donc plus lieu de douter, dit-il, que l'air qui s’échappait des stigmates produisit le son, et qu'aux stigmates se rattachât un corps que ce courant d’air faisait vibrer. Je fis donc l'extraction d’un des stigmates ; je l’ouvris avec précaution, en coupant dans les angles de son orifice, et je tombai bientôt sur Pobjet de mes recherches; je ne trouvai pas seulement un corps vibrant, mais un grand nombre de corps semblables. La lèvre du stigmate, située en arrière et un peu en dedans, s’allonge sur sa face interne, dirigée vers l'orifice de la trachée-artère , en un disque aplati et en forme de croissant; sur ce disque s'élèvent parallèlement neuf lamelles d’une substance cornée, irès-tendre, dont le bord supérieur, entièrement libre et très-effilé, se courbe un peu en bas, de manière que chacune d’elles dépasse un peu, par sa courbure, celle qui se trouve derrière elle, Les lamélles les plus voisines de la trachée sont plus élevées; celles qui sont plus proches du bord du stigmate le sont moins ; la plus élevée est celle du milieu, et les autres décroissent des deux côtés à mesure qu’elles s’en éloignent. Quand l'air, poussé avec force à travers le canal aérien, vient heurter contre les:

lamelles , elles sont mises en vibration par ce choc, et produisent un son comme les cordes vocales du larynx mises en vibration. Ainsi les stigmates présentent une analogie assez frappanté avec le larynx surtout celui des oiseaux. Pour m’assurer si les Stigmates postérieurs du thorax produisent seuls des sons , j'examinai aussi les stigmates antérieurs, mais : je ne trouvai sur la face inférieure de la lèvre postérieure aucun vestige des limelles que je viens de décrire. di

»M. Ghabrier, quiexplique aussi, dans son Essai sur le Vol des Insectes , le bourdonnement par l'air qui s'échappe des stigmates du thorax durant leur vol, parle également de lamelles (lames vibrantes) situées à l’orifice du stigmate ; mais sa description ne m’indique pas s’il a vu les mêmes lamelles, ou s’il en a vu d’autres. »

On comprend maintenant aussi la modification qu’éprouve le son après la résection des ailes; car, par la perte des organes du vol, les contractions des muscles ne peuvent plus être aussi énergiques, el; par suite de cette diminution dans la force contraclle, l'air n’est plus expulsé avec la même énergie ; c'est pour cela que le son est plus faible qu'il ne l'était avant la résection des ailes. Il'est aussi possible, comme le pense M. Chabrier, qu'il s'échappe un peu d'air par les trachées ouvertes des ailes qui ont été coupées. Du reste, M. Bürmeister n’a pas trouvé de lamelles à l’orifice des stigmates de ceux des Co- léoptères qui bourdonnent, el pense que chez eux e son est simplement produit par le courant d'air poussé avec force dans les stigmates. |

. Si actuellement nous passons aux sons de la troisième division, auxquels nous donnerons le nom de sons spéciaux, comme élant propres à certaines €s- Pèces, nous trouverons que les Orthoptéres , les

Hémiptères et les Lépidoptères sont les seuls ordres.

qui les font. entendre. Parmi. les. premiers, les. Sauterelles et.les Grillons sont les plus remarquables. Les:

mâles seuls peuvent émettre des sons. L'organe qui. les produit, est situé à la base. des ailes supérieures;

c’est une surface unie et luisanie, à laquelle Réaumur

a donné le nom de miroir. Burmeisier explique de la manière suivante le mécanisme du sos. L'air, étant. expulsé des stigMates par les mouvements, du vol, frapperait contre la courbure que forme le bord exté-

rieur des ailes supérieures, et, pour trouver une

issue , serait forcé de suivre le long, de la paroi de. l'aile pour s'échapper derrière le bord postérieur;

il. frapperait ainsi, et d’une manière directe, la sur-

face élastique dont nous avons parlé, et celle-ci,

étant mise en vibration par la pression de l'air, pro-

duirait le son. Cet entomologiste vit qu’en coupant

l'aile, on empêche entièrement le son, ce qui con- | firmerait sa manière de voir. , 4

Suivant. MM... Spence-et. Kirby, la Courtillière ferait.entendre un son,sourd et assez semblable à celui. que profère l’Engoulevent parmi les oiseaux,

Dans d’autres Orthoptéres la faculté de produire un,son est propre aux deux sexes : tels sont les Criquets; chezeuxl’organe du son estsituéde chaque côté de l'abdomen., derrière le premier stigmate; il a la forme d’une cavité dem i-circulaireentièrement.libre;, et. dont, le, fond est fermé par une membrane d’une. grande finesse. dans le: Criquet stridulant.;:dans.d’autres. cas, la, cavité, est, recouverte par une plaque triangulaire. qui, tient aui bord, antérieur, Près. de. celui-ci l’on voit une, petite. pièce cornée. qui. fais, vibrer Ja membrane et. la. fait. résonner:lorsque. le Cp est ébranlé, par le val. A, cette. pièce, dont.lx couleur esl.ardinairement. brune, vient se rattacher au. côté. interne un muscle très-délié. Le. son ains?.

D'ENTOMOLOGIE. 203, produit vient retentir contre une vessie remplie d'air est placée à la partie intérieure de la membrane,

ans d’autres. espèces voisines des précédentes, sur lesquelles Latreille à établi san. genre: etrix, l'on ne trouve pas-d’organes spéciaux; le son.est. produit ar le frottement des cuisses postérieures. contre le ard des ailes supérieures, D’autres, les Pneumores,, produisent, par le frottement des cuisses, un son den et.sifflant..

Nous allons examiner l'organe de la voix dans les Hémiptères , et c'est un genre de cet ordre qui nous. présente sous ce rapport. le plus grand, développement: nous parlons de la Cigale ; le mâle seul possède cette faculté, Si l’on examine cet.insecte en le regar-. dant par dessous, l’on aperçoit denx grandes plaques cornées et démi-circnlaires. que l’on nornme volets. Ces pièces sont des prolongements du métathorax ; elles se recouvrent quelquefois un peu, étant alors: chacune plus large que la moitié de l'abdomen, Lorsqu’on les soulève, l'on découvreune cavité pratiquée: dans le ventre et partagée en deux grandes chambres par une cloison triangulaire et cornée ; au. fond de: chacune des cavités l’on voit une membrane transparente que Réaumur a nommée miroir. De chaque. côté de la grande cavité dont nons venons.de parler; il s’en trouve.une petite qui n’est séparée. de la pré-cédente qne par une:arête écailleuse: et qui contient: les organss. du. son; elles renferment, une: membrane plissée en forme.de timbale, el: au-dessus. deux. muscles composés. d'un. grand nombre. de fibres qui. se terminent x une plaque circulaire, laquelle donne. naissance à plusieurs.tendons qui s'attachent:àla surface concave de la Limbale. Le son que fait.entendre: cet, insecte, et. que: l'on.nemme san.chant:, est preduit, suivant Réaumur; par le moyen decesmuseles,. qui, se, contractant rapidement, puis. se: relâchant:

204 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE avec vitesse, rendent alternativement la timbale concave ét convexe. "+

L'on doit à M. Chabrier la découverte d’un stigmate placé à la jonction du mésothorax et du métathorax, el qui avait échappé à Réaumur et à Latreillé, et celle d’une ouverture à la partie postérieure des timbales qui semble destinée au passage de l'air, M. Audouin considère les volets comme les épimères du métathorax ayant pris un grand dévéloppement, Dans les femelles l’on trouve aussi une parlie de ces pièces, mais seulement ébauchées.

Hrous reste àexaminer les organes spéciaux du son chez les Lépidoptères , parmi lesquels le plus remarquable ést, sousce rapport, le Sphinx à tête de mort:

Réaumaur et Rossi attribuaient le son plaintif que fait entendre cet insecte au frottement de ses palpes contre sa trompe; mais M. Passerini a, dans ces derniers temps, reconau qu'il était dû à un organe placé dansJa tête. Il à trouvé dans cette partie une cavité communiquant avec le faux canal de la trompe, et à Jorifice de laquelle sont placés des muscles qui, successivement en se relevant et en s’abaissant, expülsent l’air de cette cavité et Vy font ensuite rentrer, M. Duponchel à trouvé entre les yeux et la bäse de la trompe une petite membrane très-mince et tendre, qui est probablement mise en mouvement par le courant d’air dont nous avons déjà parlé, Du réste, le même savant à aussi lrouvé cette

membrane chez le Sphinx du convolvulus, qui cepen-'

dant ne fait pas entendre le même son; mais il est probable, ainsi que l’observe M. Burmeister, que

cette espèce est privée du premier organe que nous

avons décrit.

M. de Villiers a fait connaître (An. dela Soc, Ent, > t. 1, p. 208) un organe singulier qui se trouvé dans l'Ecuille pudique, et au moyen duquel cet insecte fait

entendre un son semblable à celui d’un métier de fabricant de bas. Il a trouvé que cet organe est placé de chaque côté du thorax à la naissance des ailes inférieures ; il consiste en un espace profondément sillonné et creux, tapissé d’une pellicule blanche et dure, et hermétiquement recouvert par une, peau épaisse, luisante et bordée de poils. Cette peau, que M. de Villiers compare à celle des timbales des ciales, ne tient au corps qu’à la naissance de l'aile inférieure ; et lorsque l'insecte vole, les muscles qui font agir l’aile la mettent en mouvement, elle presse avec force l'air renfermé dans la cavité, et produit le son; la femelle a aussi un organe semblable, mais plus petit. nee :

5e, L'odorat est le dernier sens qui nous reste à examiner ; il paraît très-développé chez les animaux qui nous occupent, car ce n’est qu'ainsi que l’on peut expliquer la rapidité avec laquelle l'on, voit accourir les Silphes et les W écrophores aussitôt qu'un animal mort entre en putréfaction, car la vue.est si peu leur guide , que l'on a vu, dit-on, ces espèces déposer leurs œufs dans les calices des plantes dont l'odeur ftide leur rappelait celle de leur nourriture favorite. Huber a aussi observé que des abeilles découvraient sans peine du miel enfermé dans une boite dont le couvercle contenait seulement quelques trous destinés à en laisser échapper l'odeur. Mais l’on est bien peu d'accord sur le siége de ce sens : les uns le placent dans les antennes, d’autres , tels que Baster, Duméril et Strauss, lui assignent pour siége l'entrée de l'appareil respiratoire. Marcel de Serres le place dans les palpes, ainsi que Bonsdorf. Suivant Knock, les maxillaires lui seraient seuls destinés, Huber enfin a, par de nombreuses expériences, cherché à démontrer qu'il existait dans le -Yoisinage de la bouche. 3

#06 CTRAETÉ ÉLÉMENTAIRE 6

. De ces diverses manières de voir, la dernière ét celle de M. Duméril nous semblent mériter paiti- <Culièrement de fixer l'attention. |

Suivant le savant naturaliste que nous venons de

citer ; le sens de lodorat se trouverait placé à l’entrée des stigmales , ‘et nous devons avouer que l’analogie avec les animaux supérieurs confirme cétte Wanière de voir, car la partie destinée à la perception des odeurs se trouve toujours placée surle trajet que parcourt l'air pour parvenir aux organes dre ratoires; mais les adversaires de cette opinion ällèguent que chez les insectes les organes de la respiration étant destrachées quiaboutissent extérieurement à des stigmates, et qui, à l’intérieur, se répandent dans toutes les parties du corps, l'on ne peut concevoir quel serait Je siége propre de cette importante fonction , et qu’ilest bien difficile d'admettre qu'elle se trouve répandue dans tout l'intérieur du ‘Corps.

— Huber, ayant remarqué que de toutes les odeurs, celle pour laquelle les 4 beilles semblent avoir le de répugnance, est l'essence de térébenthine, en imbiba un pinceau et le présenta successivement à l'abdomen, au thorax et à la tête, sans que l’insecte parût s’en apercevoir en rien, le portant ensuite à l'extrémité du promuscide sans obtenir plus de résultat. L’ayant alors porté dans la cavité de la bou-che , il vit aussitôt l'insecte se jeter en arrière, et sembler être en proie à une grande agitation, Mais cetteexpérience ne nous semble pas convainquante, car l’approche de l'essence d’un organe aussi sensible a bien pu produire l'effet dont parle Huber, sans que pour cela le sens de l’odorat ait été particulièrement affecté.

Les auteurs qui pensent que l'organe olfactif est placé dans les antennes, allèguent que chez les

D'ENTOMOLOGIE. -x07 animaux vertébrés la membrane affective recevant la première paire de nerfs du cerveau, l'analogie indique également ce sens dans l'organe qui, chez les insectes, recoit la paire correspondante, et les

. antennes sont dans ce cas. ;

Tel est à peu près l’apercu rapide de ce que l’on sait sur les sens des insectes; l’on voit combien cet étude laisse encore à désirer.

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