LE
218 TRAÎTÉ ÉLÉNENTAIRE Espagnols, s’accordèrent à lui dire que le miel de la - guêpe Lechequana n’était pas toujours dangereux, mais que lorsqu’il incommodait , il occasionait une sorte d'ivresse et de délire dont on ne se délivrait que par des vomissements, et qui allait quelquefois jusqu’à donner la mort.
» On lui assura que Yon connaissait parfaitement la plante sur laquelle la guêpe Lechequana va souvent sucer un miel empoisonné; mais comme on ne la lui montra pas, il se trouva malheureusement réduit à former de simples conjectures. » - FRS Si actuellement nous jetons un coup d'œil sur les dévastations que causent certains insectes » nous verrons que de tous les animaux ce sont eux qui font éprouver à l’agriculture les pertes les plus sensibles. L'on connaît effectivement les torts que le hanneion , qui dans certaines années se multiplie à un point incroyable, fait aux feuilles des arbres, pendant que la larve en ronge les racines pendant plusieurs années consécutives. Une espèce très-répandue dans le midi de la France détruit les bourgeons et les feuilles tendres du pin , et d’autres, rangées aujourd’hui dans le genre Anomale, dépouillent la vigne de ses feuilles, et atteignent presque tous les arbres fruitiers. Ces ravages sont si terribles , que l’on a vu les habitants d’une contrée de l'Irlande mettre eux-mêmes le feu à une forêt de grande étendue qui en était infectée, pour en préserver les cantons environnants. Nous allons énumérer les principales méthodes que on emploie pour en diininuer le nombre: Lapremière consiste à promener autour des arbres qui en sont attaqués, et pendant la plus grande chaleur du jour, lorsque ces insectes se tiennent en repos sur les branches, des flambeaux de la grosseur du poing, formés d’une mêche souffrée, entourée de poix-résine, et d’une légère couche
___ D'ENTOMOLOGIE, 219 extérieure de cire jaune ; les insectes sont cngourdis et comme suffoqués par le mélange de ces odeurs, et en secouant légèrement les branches, on les fait tomber en grande abondance ; il faut avoir soin de les réunir prompiement en un las auquel l’on met le feu; sans celte précaution, et au bont d’une heure au plus, ils auraient repris tonte leur.activité. Le second procédé consiste à faire suivre la charrue par des enfants qui ramassent et jeitent dans un panier tous les larves ou vers blancs, Le troisième moyen est dû à M. de Gouflier : s'étant aperçu que les lar- Yes avaient un goût très-déterminé pour la laitue, il enentonra ses espaliers,'et, les visitant plusieurs fois par jour, dès qu’il s’apercevait qu’une daitue commençait à se faner, il fouillait an pied avec une houlette , eb y trouvait constamment un ou plusieurs de ces animaux. Quelques cultivateurs répandent au printemps de la suie au pied des jeunes arbres, et remuent souvent la terre. L’on peut aussi employer des cendres, de la tourbe, de la houille etc. au même usage, Âu reste, tous ces moyens sont bien insuflisants, et le. cultivateur ne saurait trop fare pendant toute l’année une guerre continuelle à ces animaux sous tous leurs différents états. Les oi-. seaux de basse-cour en détruisent une grande quantité, ainsi que les oiseaux nocturnes, et beancou de quadrupèdes. C’est à Lort que l’on croit généralement qu'un hiver rigoureux fait périr les hanne- . tons avani leur sortie de terre, et l'expérience semble démentir toutes les conjectures que l’on peut former à cet égard; cependant, suivant des expé-' riences de Rœsel, on peut prédire jusqu’à un certain point, d’après le nombre des hannetons qu'il ÿ a dans une année, la quantité qu’il s’en présentera pour la quatrième année qui suivra. ns L'on doit aussi compter les Forficules, on Perce-
oreilles, au nombre des insectes dont la destruction intéresse le plus le jardinier ; lon sait qu’ils détachent les écorces des arbres pour s’élablir dessous. Une grande vigilance est le seul moyen de se débarrasser de ces hôtes nuisibles, D
Les Taupes-Grillons font de grands ravages dans les serres, Où ils conpent les racines des plantes à Paide de leurs pattes antérieures /dontles extrémités sont armées de dents semblables à celles d'une scie. La femelle pond vers le commencement de mar c’est avant cetle époque qu’il faut chercher à la détruire. spé PES Pare
Plusieurs espèces altaquent principalement leblé, et méritent sous ce rapport de fixer notre attention, Les plus nuisibles sont la Calandre ou Charançon, une petite espèce de Teigne, la Cadelle ou Trogosite, et la Bruche. ; :
La Calandre du blé est peut-être de tous les insectes celui dont les dégâts sont le plus préjudiciables à l’espèce humaine, puisque c’est dans sa nourriture
“quotidienne que ce petit Goléoptère vient chercher sa proie; ces ravages sont tels, que tout le grain d’un grenier est quelquefois réduit à l’état de son, c’està-dire que lenveloppe extérieure à seule été préservée. Chaque grain ne contient jamais qu’une seule larve, qui en mange toute la farine, et se mé. tamorphose ensuite en nymphe, puis, au bout de huit à dix jours, apparaît sous la forme d’insecte parfait, et pour sortir de sa demeure, fait une ouverture à travers la peau du grain, puis y rentre de nouveau , et continue de vivre aux dépens de ja plante. Il est dès lors en état de s’accoupler, et la ponte commence vers le mois d’avril et de maï, mais seulement si la chaleur de l’atmosphère est de huit ou neuf degrés: à une lempérature moins élevée, Vinsecte reste dans un état complet d’engourdisse-
D'ENYOMOLOGIE. : 291
ment, L’accouplement a lieu très-souvent, et depuis
le moment de la conception jusqu’à celui où l’insecte atteint sa dernière forme , il ne faut que quarante à quaranle- cinq jours. L'on sait qu'il y a par année plusieurs générations successives et plus nombreuses dans les pays chauds que dans les contrées tempérées, et, $i l’on en croit un calcul qui n’a rien d’exagéré, une seule paire de ces petits animaux prod'it en cinq mois environ, six mille cinquante de leurs semblable$, Aussitôt après la fécondation , la femelle dépose son œuf immédiatement sous la peau des. grains, et lorsqu’au bout de peu de jours il s’est changé en larve, celle-ci bouche avec ses excré-
ments l'entrée de la petite ouverture par laquelle elle.
Va introduit. 7, ” Les Calandres n’attaquent guère un tas de blé
. à sa surface ; elles ne se tronvent d'ordinaire qu’à
quelques pouces de profondeur; l'aspect extérieur des grains n’éprouvant aucun changement, il est souxent difficile de s'assurer de l'état dans lequel se trouxe la récolte réunie dans le grenier ; le moyen le plus simple de s’en assurer est de jeter dans l’eau
une poignée de grains : si on les voit surnager, il est
évident qu'une partic de leur farine a été dévorée, La D froid Re fait sentir, les Calandres abandon: nent les las de blé, et serelirent dans les murs, dans les gercures de planchers secs , et y périssent, + L'on a employé divers procédés pour se débar rasser de ces insectes nuisibles, et particulièrement
Lorsque
les fumigations d’huile de térébenthine on la fumée
du soufre; mais ces moyens ne font aucun tort aux Calandres, qui, étroitement enfermées dans le grain,
n’en souffrent nullement , et ils ont le grand désavantage de communiquer au blé une odeur très-lorte
et fétide. L’on a aussi recommandé de metre le hlé dans des caves boisées, et de le cribler en hiver;
2922 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE mais le premier moyen aurait l'inconvénient de le pourrir inutilement , et le second serait d’autant
moins profitable que nous venons de voir que l’insecte
abandonne sa retraite À l'approche de la saison froide : d’ailleurs les œufs, qui seuls restent alors, y adhè-
rent avec tant de force, que cette opération ne les en détacherait nullement. Des expériences ont prouvé |
qu'une chaleur de soixante degrés tuait les Calanvdres dans l’étuve, et détruisait les larves et même les . + œufs, mais ce procédé à le grand désavantage de puire au grain, qu’il dessèche, * Le moyen le plus efficace de se préserver de ces
insectes semble être le suivant : lorsqu'on s’aper-
çoit, à l’approche du printemps, que les Calandres ont attaqué le blé réuni dans le grenier, l’on forme un petit tas de quelques mesures, dans lequel tous les insectes se relirent: si on a soin de remuer souvent tout le reste, ils viennent y chercher da tranquillité,
tt lorsqu'ils y sont réunis en assez grand nombre,
on verse dessus de l’eau bouillante qui les tue à l’instant, L’on reconimande aussi d'établir dans Les grenicrs des courants d'air, afin d’en rafraîchir la tem-
pérature ; ces insectes ne s’accouplent, ainsi que .
nous lavons déjà vu, qu'à une chaleur assez torte. " :
D'autres espèces du même genre causent de grands ravages à d’autres végétaux utiles ; c’est ainsi que le riz est attaqué par la Calandre qui porte son nom, et cause aussi des dégâts aux grains de mil. La Calandre du palmier, dont la larve est à * pelée par les colons ver Palmiste, fait de grands ravages à cet arbre dans la Guyanne et autres par- ‘ties chaudes de l'Amérique, Une autre espèce (Cal. Tamarindi-Christy ) se trouve dans le noyau du tamaris (Trans, of the Ent. Soc., t. 1, p. 36). À Nous avons déjà vu que les grains avaïent'un se-
j ‘ D'ENTOMOLOGIE. 293 cond ennemi dans une petite espèce de rues Fa Teigne des grains (Tina granella, Fab). La chenille vit dans l’intérieur des grains de froment, de seigle, et de l'orge, et lie ensemble plusieurs grains avec des brins de soie, en laissant un petit espace entre eux, destiné à y construire un tuyau de soie blanche dans lequel elle se loge ; les grains dont elle s’entoure sont destinés à lui servir de nourriture. Lorsque des monceaux de grains sont attaquég par cet insecte, on peut facilement le reconnaître par les grains de la superficie, qui sont agglutinés par des fils de soie, ce qui forme une croûte souvent épaisse de deux outrois pouces. Ges teignes se mon-
-trent au printemps lorsque le blé est en épis, et vers la ioisson. D MM. Duhamel du Monceau et Tillet ont publié un intéressant ouvrage sur un petit Lépidoptère qui causa en 1742 de grands ravages aux grains dans Ja province d’Angoumois. La nature du présent ouvrage ne nous permet pas d'entrer dans de plus grands détaïls À cet égard. Cet insecte est un Jponomeute; d’autres espèces de T'inéiles attaquent les pelleteries (Tinea pellionella, Geof., Fab. ), d’autres les tapisseries ( T'inea tapezella, Geof., Lin.)}, d’autres les collections d'animaux préparés et celles d'insectes” ( Tinea flavi frontella, Fab. ).
Péaumur s'est beaucoup occupé des moyens de nous préserver de ces insectes nuisibles , et a observé ue le tabac, l'huile de térébenthine, et l'esprit : &tin , sont de violents poisons pour les chenilles des papillons qui sont dans ce cas. L’on peut enfermer de cés matières dans les armoires contenant les objets que l’on veut préserver, ou même les en couvrir; les chenilles meurent alors en peu de temps, et dans des mouvements convulsifs. Les famigations delabac lui ont aussi très-bien réussi. La saison la plus favo-
rabie est la fin de l'été, toutes les chenilles étant alors nées. Le dernier moyen indiqué par le grand obsefvateur que nous avons nommé consiste à frotier les meubles avec une toison grasse, ou à le faire avec une brosse trempée dans l’eau où elle aura bouilli.
Une autre espèce voisine des précédentes, la Galérie de la cire, cause de grands dégâts dans les ruches; elle se loge, lorsqu'elle est à l’état de chenille, dans les gâteaux de cire dont les cellules sont vides ; chaque insecte se forme une galerie d’environ dix pouces de long, dont l’intérieur cst garni d’ane soie serrée et blanche, et dont l'extérieur est enduit d’une couche d’excréments ou de grains de cire très-serrés les uns contre les autres, et qu’elle à coupés avec ses mandibules.. +
Aussilôt sortie de Pœuf, la chenille se construit
son habitation, qui est toujours proporiionnée à sa
taille , et qui dans les premiers temps n’est pas plus grosse qu’un fil, mais s’agrandissant toujours de manière à ce que F'insecte puisse s’y retourner bout à bout, pour jeter ses excréments ou les employer sur la Couverture de sa demeure : lorsque l'époque de sa métamorphose à l’état de chrysalide s’approche , ce qui a lieu'vers le commencement de juin, elle se fait une coque d’un tissu serré, et toujours recouverte de grains de cire ou d'excréments ; le papillon en sort sous sa dernière forme.
Lorsque ces chenilles ont envahi un gâteau , elles
Yont'avec vitesse d’un des bouts à l’autre, à travérs s0n épaisseur , et toujours à couvert en perçant les alvéoles qu’elles rencontrent : elles détruisent entiè. rement le gâteau lorsqu'elles sont nombreuses , et dans tous les cas causent nne malproprelé qui déplaît extrêmement aux abeilles, Ces insectes sont surtou nuisibles dans les pays chauds. : pe
te. LAURE > # Be Fame er les raches infectées ; mais 1 roc dé, qui est très-nuisible aux.
multiplie avec une l’arrière-sais
# avec soïn les rameaux garnis de eg 4 de bourgeons, les plantes parasites, les olives de: séchées, et de passer sur le tronc un lait de chaux. ; f = Les insectes qui at it le chanvre ont été étudiés d'anc manière. cpseiale- ar M. Vallot, dans un mémoire adressé à l’Institut (An. de la Soc. Ent., t. TL, p, lui). Ils sont au nombre de trois : la chenille d’une noctuelle (Y. persicariæ), et les larves de deux espèces de Diptères du genre Syrphe. Ceux qui sont nuisibles au chêne et au cerisier ont été. étudiés par M. Peck.
La canneà sucre, ce produit si précieux des contrées équatoriales, sert d'habitation à une foule d’insectes qui y causent de grands ravages ; mais de tous les ennemis de la catneà sucre il n’en est point, dit M. Bosc (Nouv. Dict. d’Hist, Nat,, Déterville, 2° édit, t. V, p. 212), qui dans certains temps se soient montrés plus redoutables que les fourmis, Elles ont été, il ÿ a une trentaine d'années, un fléau terrible pour la Martinique : ni les vents, ni les pluies ne pouvaient arrêter leurs ravages. Ces insectes ne s’attachaient pas au tronc de la cänne 4 mais ils creusaient sous la souche comme pour s’y loger; ils dépouillaient les principales racines de la terre qui les environnait; la plante se desséchait et cédait, si on voulait l’arracher, à des efforts peu considérables. On ne saurait se faire une idée du nombre incalculable et prodigieux de fourmis qui cc vraient alors la terre de la Martinique. Quatre après leur introduction, on :
cette île un pied carré de superficie sur lequel on n’en eût compté plus de cent, indépen le celles qui travaillaient sous terre. Elle se portaient partout, et traversaient même Le Pile M Q Tes petites rivières sur des ponts volants de fourmis
de ©
| | | DE ) 0 LOCIE. S 297 iortes, On a tenté alors inutilement tous les moyens
bourées en tous sens; mais cesins plus forts que les cultivateurs, mettaient en défaut toute leur intrie. On promit une somme de deux millions à Celui qui réussirait à en purger la colonie, et per- Sonne ni en Amérique, ni en Europe : à ce se. Enfin, toutes les plantations de la Marlinique étaient menacées d’une ruine totale si la dature ne fût venue au secours de l’homme. Heureusement un ouragan fit disparaître entièrement et lout-à-coup ces fourmis, on ne sait comment.
Suivant M. de. Hamboldt, les larves de plusieurs Jrands Taupins Ré y établissent aussi leur do- Uicile, Suivant M. John Curtis (Zoological Journal, 1827), l Elaternoctiluque, remarquable par ses taches dorsales lumineuses , se sért de ses mandibules pour briser les parties ligneuses de Ja canne et parvenir Jusqu'à la matière sucrée.
ne espèce du genre Delphaæ (Saccharivora) fait aussi de grands torts aux cannes de Pile de la Grehade. M. Jonstone a lié, d’intéressantes obser- Vations sar cet insecte (Trans. of the Ent. Soc., 1.1, D. xxvi }, qui envahit les parties les Plus riches de l'ile à la suite d’un violent ouragan; dans beaucoup de cas les deux cinquièmes de Îa récolte totale ont été perdus, et les jeunes plantes qui n’avaient encore qu'un pied de haut ont entièrement péri. L’insecte : déposé ses œufs au côté inférieur des grandes Cuilles. ; +.
Des larves de T'ipules détruisent souvent l'herbe Ru jardins. L'on sait combien se multiplient cer-
aines espèces de Pucerons , et combien elles causent de rayao *s AUX T ites des serres chaude es. Le Léthrus
Céphalote cause en Hongrie de grands ravages à Ja
Le
528. TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE vigne, dont il conpe toutes les jeunes pousses à l’aide.
de ses fories mandibules. +8 Fes 208 QUE But 7
Un insecte d'Amérique, la Lamia. Amputator, à aussi l'habitude de couper de la même manière les: vameaux du mimosa lebbek, après ÿ avoir précé- ‘demment déposé des œnfs sous l'écorce. La larve se développe dans la branche ainsi détachée, et vit aux dépens du bois jusqu'à son changement en nymphe, d’où l'insecte parfait sort au bout de quelques mois (Landsdown Guilding, Trans. Linn. Soc. À t. XII, o° partie). ie h
Un petit Coléoptère du genre Postriche se trouve. es immense quantité dans les grains du café de:
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