‹ Traité élémentaire d'entomologieChapitre 30 sur 34 · Pinus Larix; 15° Bostrichus laricis · texte numérisé non relu

Pinus Larix; 15° Bostrichus laricis

B. Les bois feuillass S 26° Melolontha vulgarts; 17° Melolontha sol- 7 stilialis; 18° Bombyæ processionca; 19° Bom-

byæ salicis. D DS “

‘L'on voit qué dans cette liste, d’ailleurs trés-in- Complète, l’auteur n’a réuni que les espèces des forêts, et non celles qui attaquent les arbres fruitiers. l'aurait pu cependant y placer la Lamia Ædilis, l'Helops Caraboides , le Lymeæilon navale; et cette dernière espèce a causé, il y a quelques années, e grands ravages dans lés chantiers de la marine à Toulon. Quant au Curculio abietis, qui est cité dans tette liste, il rentre dans lé genre Hylobius; et ses ravages ont servi à M. Mac Leay de sujet à un me- Moire intéressant, inséré dans le Zoological Jour. “al, n° 4, p. 444 :

Lés Dermestes et les Anthrènes détruisent les coklections d'histoire naturelle, et causent sonvent de Sands ravages dans les magasins des foureurs. Quelues espèces , telles que certains Cryptophages, font es dégâts dans le biscuit, qui à bord des bâtiments

230 TRAITÉ ÉLÉMRNTAIRE constitue une partie si importante de la nourriture de l'équipage. Un insecte de ce dernier genre est IL nous reste, pour terminer dignement ce long tableau des maux que nous causent les insectes , ? dire quelques mots de ceux de tous ces anima EE) pre Sremione, ont acquis le plus de célébrité dans les annales des peuples. Tous les historiens et la plupart des voyageurs parlent des ravages causés par les émigrations de sauterelles : la terre entièrement dévastée, l'air obscurci pes des myriades de ces animanx voraces, tel est l’affreux spectacle que présentent les pays sur lesquels se dirigent ces redoutables animaux, qui en souvenir de leurs passages laissent la famine et souvent la peste: nos écritures sacrées” les placent parmi les plaies dont la malédiction divine accabla l'Egypte; et les peuples de l’antiquité, dont l'esprit ardent ne pouvait reconnaître dans l’humble santerelle la caust de maux si affreux, la métamorphosèrent en serpent ailé dont les redoutables légions portaient sur toute la terre la terreur et la mort, sn epenie Pline nous apprend qu’à Lemnos une loi obligeait tous les habitants à remettre tous les ans aux magis’ trats une certaine mesure de ces animaux mali sants, el nous avons vu aussi de nos jours ces insectef se multiplier à un tel point, dans plusieurs parties de la France, que l'autorité administrative ne trouvt d'autre moyen d'en diminuer le nombre que d’of frir une rélribntion pécuniaire par boissean qu’ef apporteraient les habitants de la campagne.

Suivant le naturaliste romain , l’on employait, de son temps, en Syrie, les troupes à la destructiof des sauterelles, et'les habitants de la Cyrénaïque devaient leur faire la guerre trois fois Par an, la pré” mière pour écraser les œufs , la seconde pour tuer

les petits et la troisième pour exterminer les grands. Le point de départ de ces migrations semble être

la partie déserte de l'Arabie, et leur direction paraît aroir toujours été de l’est an nord-ouest.

Mais, si les insectes causent de grands dommages à nos propriétés et quelquefois même à nos personnes, il faut aussi convenir que la nature a voulu, dans sa sagesse infinie, que ces animaux nous rendissent des services signalés, soit en dévorant les immondices et les cadavres répandus sur la surface de la terre, soit en s’entre-détruisant eux-mêmes et en diminuant de beaucoup les maux que l’a ture eût épronvés de leur trop grande multiplicité. La soie, la cire, le miel, la cochenille, etc. etc.,

sont aussi d'importants produits que nous devons à

cette classe d'animaux; d’autres encore nous ren-

dent des services peut-être plus importants, en nous

dévoilaut l’admirable industrie dont le Créateur de toutes choses les a pourvues, et ont peut-être suggéré à l’homme la. pensée première de plusieurs de ses instrumenis les plus utiles. La Mouche à seie à pu faire inventer l’agent dont elle porte le nom et sans lequel il n’eût pu élever ses plus beaux monuments. Les espèces les plus petites et les plus obscures de cette classe ne sont-elles pas d’ailleurs, pour le philosophe, une source inépuisable de méditations profondes, soit qu’il cherche à suivre le développement de cet instinct qui parfois se rap-

; “sad de notre raison, parfois est seulement suf-

isant peur assurer la perpéluité des espèces ; soit que, pénétrant plus profondément dans leur étude, | il cherche à comprendre cette admirable. organi- Sation d’un être qui, n’étant souvent en dimension qu'une fraction infime de nos mesures les plus betites, offre à ses recherches des muscles aussi nombreux, des ramifications nerveuses, un système

respiratoire aussi compliqué et des organes des sens aussi complets hr del tiveis Nous ne craignons pas de l’affirmer, celui qui aura suivi avec attention cette étude profonde, celui-là effacera de ses discours le mot hasard, et s’inclinera devant

Dieu créateur. ne De rx

Dès les premiers temps, l’homme a dû chercher dans les bois sa nourriture, etle corps mon et visqueux de beaucoup d'insectes lui aura Paru convenir à cet usage : aussi beaucoup de peuples sauvages ont-ils recours à ces animaux dans les temps de disette : et les Romains, ces épicuriens de l'antiquité, né dédaignaient-ils pas la larve du Cossus, et même, si nous en croyons nos écrivains contemporains , cet insecte, qui ne semble pas différer du dégoûtant | Ver blanc de nos jardiniers, était pour eux un objet de délices tellement recherché, que les patriciens de la grande cité pouvaient seuls jouir de l'ineffable bonheur de le montrer avec cEphlies sur leurs tables somptueuses. La larve de la Calandre du palmieret Den PA one, sont prie très-eslimées sous c8 rapport dans plusieur$ de nos colonies, Les VOÿageurs rapportent que beaucoup de peuplades de lAustrasie tirent leur principale subsistance des Orthoptères si bizarres par leurs formes. remarquables et leurs grandes dimensions, qui fourmillent dans ces contrées. Les sauterelles composent aussi Souvent la nourriture des Arabes peste leurs longs voyages à travers les déserts.

n insecte qui pour nous n’est qu’un objet de dégoût universel était pour les Mexicains, à l'époque de la conquête, un repas délicieux, et les auteurs espagnols rapportent que l’empereur Montezuma levait annuellement sur ses sujets un tribut consistant en plusieurs sacs de ces animaux : l'on a déjà deviné que nous parlons du Pos, L'on connait Jes

avantages que nous tirons de l'abeille, qui nous fournit le miel et la cire. us.)

La gomme laque est, ainsi que nous l'avons déjà vu, le produit d’une espèce de puceron (voir l’article des Sécrétions). L'on emploie à Cayenne pour arrê- | ter les hémorrhagies une sorte de charpie récoltée par la Fourmi bi-épineuse sur le bombax (Latr., Hist. nat. des Fourmis). …

Tout le monde connaît les avantages que l'art de. nérir tire de la Cantharide, dont on compose les vésicatoires la plupart des Hétéromères de la même

division, tels que les Mylabres et les Héloés, peuvent

servie au même usage. Bien que l’on fasse usage, de tempsimmémorial,de cetinsecteen médecine, ce n’est que dernièrement que l’on a découvert le principe actil. auquel on doit attribuer l'effet vésicant que cette espèce possède à un si haut degré : c’est à M. Robiquet que l’on doit la connaissance positive de ce. principe, que l’on nomme cantharidine. M, Bretonneau a reconnu que d’autres insectes possédaient la thème propriété; mais c’est surtout à l'intéressant travail de M. Leclere (Essai sur les Epispastiques, in-4°, 1835) que nous renverrons le lecteur curieux de connaitre avec détail le sujet qui nous occupe. Les. conclusions de cet important mémoire sont : que de. tous les Goléopières, la tribu des Cantharidées renferme seule des espèces épispastiques ; que toûtes. les espèces de cette tribu ne possèdent pas celte prapriété; que dans un même genre l’on trouve des . espèces vésicantes et d’autres qui ne le sont pas; que la cantharidine est le seul principe actif qui donne la faculté vésicante; que ce principe ne se détruit ni par l'effet du temps, ni par l’action de l'air. Suivant Olivier, une espèce de Carabique (Chlænus saponarius) est employée par les nègres du Sénégal pour en extraire une sorte de savon, et

les Indiens de Tlascatalpa, au Mexique, font macérer une espèce de Cicindèle de ce pays dans de l’eau pure ou dans de l'eau-de-vie, et en préparent ainsi une liqueur à laquelle ils trouvent un goût fort agréable (Rev. Ent., t, I, p. 238). 2 olina nous apprend que l’on tire de l'hui P, au Chili, de grandes cellules globulaires qui semblent être le produit d’un Cynips ; c'est aussi à une esp de ce genre que nous devons Ja noix de galle, que Von tire de l’Asie-Mineure. Ê 5 Re.

D'autres espèces sont employées comme ornement, et c’est ainsi que l’on fait aux Indes des gui landes avec. les brillants étuis des Buprestes sternicornes et à bandes, et qu’en Amérique l’on emploie au même usage le Charançon impérial et beaucoup de Chrysomélines. Quelques insectes répandent même un tel éclat, qu'on Îles a quelquefois montés comme des pierres précieuses ; de ce nombre est le Charançon royal et une che de Casside.

Le Kermés et la Cochenille appartiennent À l'ordre des Æémiptéres de Linné. L’on connaît les services que la teinture tire de ces insectes. :

Le premier sc trouve sur le quercus coccifera, sorte de chêne nain qui croît particulièrement dans les parties méridionales de l'Europe; ce sont les femmes qui en font la récolte, qui a souvent lieu deux fois dans l’année. On arrose de vinaigre ceux destinés à la teinture, on en enlève la poudre rouge, puis on lave les grains dans du vin; on les fait ensuite sécher au soleil, et pour les lustrer on les frotte dans un sac ; ainsi préparés, on les renferme avec une quaniité de poudre équivalant à douze ou quinze Liv, par quintal. Mais cette branche de commerce à bien diminué depuis la découverte de la Cochenitle (1);

(1) Kiby et Spence, Zatrodactian à PEntomologie, {, 1, p. 320.

célle-ci est originaire du Mexique et se trouve sur

le cactier nopal. Cette substance était employée par les Indiens avant l’arrivée des Espagnols; nous devons à M. de Humboldt d’intéressants détails sur ces insectes.

C’est surtout dans la province de Oaxaca que lon

cultive la cochenille, et quelques plantations contien-

nent cinquante à soixante mille cactiers rangés en ligne ; on les maintient à une élévation de quatre pieds pour plus de facilité lors de la récolte, Les

culfivateurs préfèrent les plantes les plus épineuses, comine donnant plus facilement asile aux insectes, et se empêcher ceux-ci de déposer leurs œufs danses eurs, on a soin de les couper ainsi queles fruits. Maïs la plus grande partie de la cochenille employée dans le commerce est cultivée par des Indiens d’une pauvrété extrême, nommés Vopaleros. Ils plantent leurs nopalsdans des espaces qu’ils déblaient, et généralement à deux outroislieues de distante deleursvillages. Les plantes, étant convenablement soignées, sont en état de conserver les cochenilles dans la troisième année:Lépropétairese procure enavrilou mai des branches de nopal couvertes de cochenilles nouvellement écloses , auxquelles Ton donne le nom de Semilla. Ces branches se vendent au marché d'Oaxacaenviron trois francs le cent. On les garde trente jours dans

l'intérieur des maisons, et on les expose ensuite à

l'air sous un abri où elles continuent à vivre pendant plusieurs mois. Dans le courant d'août et de septembre , les cochenilles mères, alors pleines, sont placécs dans des nids faits d’une espèce de tillandsia appelée paxtel , et qui sont distribués sur les cactiers. Au bout de quatre mois , l’on peut faire la première récolte, qui fournit douze pour un, et qui dans le courant de l’année est suivie de deux autres beau

coup plus profitables, Les époques que nous venons d'indiquer sont celles que l’on choisit dans les districts de Sala et de Zimatlan : dans les climats plus froids , les jeunes cochenilles ne sont placées sur les plantes que dans les mois d'octobre ou même de dé» cembre. Dans le voisinage d'Oaxaca, les Nopaleros nourrissent leurs cochenilles dans les plaines, d’octobre en avril, et les transportent dans leurs plantations au commencement des mois suivants.

T1 faut des soins infinis pour la récolte de la cochenille ; cette opération est confiée à des femmes qui font tomber les insectes avec des queues d’écureuils; elles passent souvent plusieurs heures auprès d’un seul pied. | ;

L'on ne ces insectes en les jetant dans de l’eau bouillanie , en les passant au four, ou en les entassant. : en monceaux exposés au soleil; la seconde des méthodes que nous venons d'indiquer semble être généralement préférée aux autres.

Quant à la quantité du produit que l’on exporte annuellement du Mexique, M. de Humboldt l’estime à 82000 arabes, pouvant valoir 12 ou 15 millions. M. le colonel Bory de Saint-Vincent a publié (Ann. des Sc. nat, t, VU, p. 105) une intéressante Jettre sur les moyens de naturaliser la cochenille dans les provinces méridionales de l'Espagne , et nous savons que ce genre de culture a parfaitement réussi à Alger (Ann. de la Soc. Ent,, +. U, p. lvj ); et le lieutenant Braton en a découvert une espèce à la Nouvelle-Hollande, qui teignit en rouge l'alcool dans lequel ïl la jeta; elle se trouve sur les chênes dans l'intérieur de ce continent (Trans, dela Soc. Ent. de Londres, t. E, p. 4.)

Il nous reste à parler de la soie, le plus précieux des produits que nous tirons des insectes,

Le ver à soie est la chenille d’un papillon de nuit du genre Bombya et qui n’est remarquable ni r sa taille, ni ce da de ses couleurs. Get insecte. à hier La vil rovinces septentrionales de la ir ville 5 urfan , des la petite Bucharie, fai AH temps l’entrepôt du commerce de la soie, qui ne fut apportée à Constantinople que sous le règne de Justinien, par des missionnaires Grecs ns avaient enfermé les œufs de cet : dans des tuyaux de canne; ce ne fut que plusieurs siècles après que le reste de Europe obtint ce produit si répandu de nos jours. Les Arabes l’introduisirent dans les parties iwéridionales de notre continent, et ce ne fut qu’au retour de l'expédition de Charles VII à Naples que la France lobtint à son tour ; mais cette importante. branche de commerce ne fit que Jlanguir, jusqu” "à ce The ie IV lui accorda une Lg

L'étuciion du Fer à soie demande des soins continuels, On donne le nom de magnagnière au local destiné à cet usage ; il faut l’établir dans un endroit où la température soit douce et égale, éloigné, autant que possible, des hautes montagnes, desrivières. et surtont des eaux stagnantes. Généralement l’on place le bâtiment dans la direction du nord au midi, ayant sa plus grande surface tournée du côté de l’orient. L'air doit être souvent renouvelé, et pour cela l’on doit pratiquer des deux côtés un grand nombre d'ouvertures ou de fenêtres ; celles-ci doivent être larges et élevées, et garnies à l'extérieur d’un contrevent; lorsque la température l’exige, on applique à l’intérieur contre leur surface des “paillassons ou des toiles piquées, surtout contre celles qui sont placées au nord ou au couchant.

L'on donne lenom degraine aux œufs du Ver à soie, dont une livre ROSE environ pci fois le même

238 ma Mmrane poids de cocons ; on le fait éclore artificiellement en élevant la température : elle doit être le premier jour seulement de dix degrés, le second de douze, et les suivants on peut la porter successivement de dix-huit à vingt. Aussitôt que l'on voit que les œufs changent de couleur, on met sur chaque boîte une feuille de papier percée de petits trous très-nombreux , et on prépare des feuilles tendreset fraîches de mûrier; dès que la chenille est sortie, elle cherche à manger, et à l’approche des mues son appétit redouble. Cette disposition précède la première mue de vingt-quatre heures; on lui donne le nom de petite frèze ; elle dure irente-six heures à la seconde mue, quarante-huit à la troisième, et soixante à la dernière. L’on doit souvent changer les feuilles et enlever les excréments ; EAN pd cette opération déliter. L’on donne le nom de ERP Ze OÙ briffe à la faim dévorante qui se manifeste le second jour après sa troisième mue; élle dure de six à Huit jours. Les chenilles montent alors à des rameaux de bruyères ou de tont autre arbrissean qu’on leur donne à cet effet, ef y construisent des cocons ; au bout de quatre jours Von ‘enlève ceuxci, on' en détache la bourre, et pour faire périr l’insecte on les jette dans de l’eau bouillante ou on les passe au four ; les cocons ainsi préparés sont filés et livrés au commerce. M. Lamarre-Picot a proposé de naturäliser dans le midi de l'Europe une autre espèce de Bombyæ de la Chine, de trèsgrande taille ; si ce projet reçoit son exécution, ce savant aura rendu un nouveau service à son pays. | Tels sont les principaux avantages que nous tirons des insectes ; l’on voit qu’ils sont peu nombreux en proportion des maux qu'ils nous causent; mais il est plus que probable que l'étude approfondie de ces petits animaux fera découvrir en eux des propriétés

D'ENTOMOLOGIE. 239 nouvelles, et fournira aux arts et au commerce des produits importants, négligés aujourd’hui, ou qui ont même échappé jusqu'ici aux recherches des Raturalistes.

quelquefois ces animaux, ke é L'on croit généralement que, contrairement à ce

qui a lieu chez le crustacés et les arachnides, les suembres des insectes n'ont pas la faculté de se reproduire ; cependant les blessures qu'ils se font semblent généralement se guérir avec une grande facilité, et M. Gray (Synops. of Phasmidæ) assure même

que les Orthoptères du genre Phasme auraient, sous

ce rapport, la même propriété que les animaux des classes que nous venons de citer : il est certain que l'on voit quelquefois dans les collections des insecies de ce genre dont l'une des pattes, beaucoup plus courte que les autres, semble confirmer cette

assertion, que des faits viennent d’ailleurs soutenir.

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