EE
M. Charles Heineken a publié d’intéressantes observations à ce sujet dans le Zoological Journal (janv.— mai 1899, n° xvi, art. Lu1, p. 422). Il a vu, pendant son séjour à Madère, des Blattes et des Réduves recouvrer des antennes et des pattes qui avaient été amputées ; mais cette expérience réussit mieux sur Ja nymphe que sur l’insecte parfait, tandis que chez les Orthoptères tels queles F'orficules, les Sauterelleset les Grillons, elle offre des résultats aussi satisfaisants à ce dernier état qu’aux autres. Un fait analogue à été observé par M. Charpentier sur une espèce de Phasme (Horæ Entom. , p. 94, et Revue Ent, t, HE, p. 315).
Les insectes sont sujets à des renflements LÀ leur système tégumentaire où tumeurs ; ces empoules ne paraissent pas affecter plutôt une partie de leur corps que l’autre.
De Géer à vu un individu de la Pieris cratægi qui venait de sortir de la chrysalide, et chez lequel l’une des ailes était couverte d’une grande quantité d’un fluide vert dont plusieurs gouttes entouraïent une incision. Cette maladie, qui semble provenir deceque les deux membranes de l’ailen’étaient pas adhérentes, tua l’insecte le lendemain du jour où il était éclos.
M. Huber (Fourmis, 174, note ) a observé dans les fourmis une maladie singulière : l’insecte qui en est attaqué perd la faculté de se diriger en droite ligne , et tourne continuellement autour d’un même point. Ge savant observa un insecte dans ce cas qui continua ce mouvement pendant sept jours, en faisant environ mille tours par heure ; le diamètre du cercle parcouru élait d'environ un pouce.
Des T'eignes et des Abeilles ont aussi présenté le même fait, et nous avons vu plusieurs fois des mou- Ches dans le même cas.
Pour expliquer cette singulière maladie, il faut
242. TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE supposer un dérangement dans le.sysième nerveux: le ganglion cérébral se trouve probablement lésé d'un.côté. M. Dncarne de Blangy lui donne le nom de vertige, et dit. que les abeilles en sont surtout.attaquées versie printemps. MM. KirbyetSpence (/ntrod. à CEntom., 4%. AV,.p..202) ont plusieurs fois observé que la mouche de la viande était sujette à des convulsions ; on ne peut les attribuer à l’action du froid, car ces savants ont observé ce fait dans les mois de mai et de juin.
Une autre maladie attaque souvent les Diptéres : une sorte de moisissure blanche couvre les seg-
ents de l'abdomen, maïs ne s'étend pas en dessus, sûr les bords postérieurs de ceux-ci, ce quiles fait paraître avoir des bandes 1iranversales. L’abdomen s’enfle alors tellement, qu'il finit par-s’entr’ouvrir; si Von en fait l'ouverture, on le trouve remplid’une iatière blanche et onctueuse, Cette maladie n’avait pas échappé à De Géer (t. VI, p. 73), qui l’attribue àfompoisonnement de ces animaux, qui! se seraient Sourris de quelque:matière délétère. MM. Kirby et Spence se partagent pas celte manière de voir, ayant surtout rencontré des insectes semblables dansa saison humide ; ils la regardent plutôt comme une sorte de pléthore. Nous avons souvent eu occa. sion nous-même devoir des sujets semblables ; ils appartenaient tous à une grande espèce-noire d'Empis; nous regardons: cette maladie comme épidémique, ayant d'ordinaire rencontré un assez grand nombre d'individus attaqués réunis. Ils meurent au bout de peu de jours, el restent adhérents à des feuilles ou Francis , ayant toutes leurs pattes étendues et leurs ailes ouvertes : après la mort, la pubescence blanche se change en longs poils. Voyez à. ce sujet l'ouvrage de M. Jacquin, Collectanea ad Bot. et Hist, Nat, , + A, p.25, t, NIL
-D'ENTOMOLOGIE. 243 …Les-maladies.du Ver à.soie, dont.la.connaissance était si utile Aytoutes les personnes qui,se livrent à l'éducation de ce précieuxinsecte, :ont été particulièrement étudiées. :
1°. On; donne les noms de maladie des vaches, on. gras, ou jaune, à ane maladie qui se manifeste le plus souvent à la seconde mue de ces insectes, et qui est produite par l’air-méphitique exhalé parles corps en putréfaction ; elle se communique facilement et occasione la mort. On assure que si les poules mangent ces insectes, elles en sont empoisonnées:.on a donc grand.soin de les jeter.dans-des endroits où les animaux de basse-cour ne puissent les découvrir. .
2°. Les morts blancs ou tripés.; c’est ainsi. qu'on nomme les chenilles qui meurent subitement, cequi est ordinairement, causé par la chaleur trop forte de l'atmosphère; ,on doit surtout.le craindre à l’approche des orages. Ces insectes .conservent.après leur mort la fraîcheur de la santé. 3°. On.appelle charpions :ou passés iles chenilles attaquées de Ja maladie rouge; elles mangent peu, maigrissent et tombent dans un.état de Jangueur: leur corps devient. alors jaune.
4°. La muscarine n’est .pas «contagieuse , .elle-est occasionée par l'humidité de l'atmosphère ; on ila reconnaît. aux.symptômes suivants : des points noirs ou Jivides se répandent sur le corps, surtout dans le voisinage de stigmates; ces ieintes deviennent roue. geätres, puis Ja chenille dessèche, se couvre d’une moisissure farineuse, et meurt. M. Bassi, de Milan, dans un écrit qu’il vient de publier sur ceite maladie, Croit avoir découvert, dans un être organisé, le Principe de ce fléau qui chaque année cause d’énormes perles aux personnes qui se livrent à ce Senre d'éducation, $
5°, La luzette ou clairène est assez rare. Elle se
manifeste le plus souvent après la quatrième mue ; les chenilles malades sont d’abord d’un rouge clair, et ensuite d’un blanc sale et transparent ; elles laissent tomber par leurs filières une goutte d’eau visqueuse. Ces insectes ne font jamais de coque.
6°. La dragée est une singulière maladie, qui fait que la chenille ne peut se changer en nymphe.
Suivant MM. Nysten et Parotelli, qui se sont beautoup occupés des maladies de ces insectes, les fumigations d'acide muriatique oxygéné combattent avec avantage les miasmes délétères qui occasionnent la plupart d’entre elles.
Il est probable que la plupart deces maladies attaquent aussi beaucoup d’autres insectes, surtout ceux de l’ordre des Lépidopières.
Le second insecte dont les maladies ont été observées avec soin est l’Abeille. Au printemps, elle est souvent sujette à une sorte de dyssenterie ; les matières qu’elle rend répandent alors une odeur très-désagréable, et deviennent noires. Cettemaladie est contagieuse et mortelle ; l’on assure cependant que l’on peut ÿ remédier en donnant à celles qui en sont attaquées, de la cire brute et un sirop fait avec une égale quantité de vin et de sucre.
: Une maladie moins dangereuse que la précédente
attaque souvent ces insectes ; ils deviennent alors languissants, leur tête et leurs antennes se gonflent ct prennent une nuance jaune très-prononcée; on la guérit en mettant sous la rüche un vase contenant du vin d’Espagne. E
Schirch appelle fatæ couvain (Réaumur, t. V,
P: 718) une sorte de peste qui fait de grands ravages parmi les Abeilles; elle est contagieuse ; ces animauxen sontattaqués à l’état de larve. Elle provient de ce que, l'œuf ayant élé mal placé dans l’alvéole,
D'ENTOMOLOGIE. 245 la tête de la larve se trouve dans une fausse position, et que, ne pouvant se dégager, elle meurt, et répand l'infection dans toute la‘ruche. : | 2
Nous avons déjà dit, en traitant des vaisseaux biliaires, que M. Aubé avait observé dans un Cerf-Volant des calculs au nombre de trois, et ayant là dimension d’une tête d’épingle assez grosse ; l'insecte paraissait laguissant. Du reste, l'existence des calculs chez les animaux articulés était déjà connue , le D Franck en ayant depuis long: temps observé dans une araignée ( Lesser , 1. IL, 121).
Nulle classe d'animaux n'offre autant de parasites que celle des insectes; leur présence chez ces animaux leur est nuisible, et occasionne souvent leur mort : nous devons en parler ici.
Les uns appartiennent au règne végétal, et les autres au règne animal. 5 a
L'on trouve souvent sur les insectes des appendices remarquables , et qu’une étude aitentive fait reconnaître pour être des plantes crypiogames; *écusson des Coléoptères nous semble être la partie qui présente le plus souvent ces corps , el la famille des Charançons semble y être plus sujette que toutes les autres. PS
L'on voit assez souvent, dans les collections, des Lépidoptères , et surtout des Sphinx, qui sont entièrement couverts de ces corps étrangers, et paraissent revêtus d’appendices longs et grêles, formant des sortes de pointes. ie
Le célèbre botaniste M. Persoon (Sinops. Meth. Fung., 687, 969,,n° 1, 2) dit que son Jsaric truncata se trouve sur les larves des insectes, et qu l'espèce nommée (rassa se rencontre sur les chrysalides. M. Dikson a décrit une Sphæria sous le nom d'Entomorhiza, qui. croît sur les larves mortes,
MM. Kirby et Spence (Zntrod. , t. IV, p. 208) ont
246 TRAÏTÉ ÉTÉMENTAIRE
vu'une autre espèce du même genre sur une Tetti. gonide. D'après des observations modernes, c’est |
Peut-être aussi au développement d’un crÿptogame que l’on doit attribuer la maladie des vers à soie connue sous le nom de muscarine. Les parasites des insectes appartenant au règne animal sont euxmêmes des vers, des arachnides et ou des insectes.
L'on trouve souvent dans les insectes des animaux |
appartenant à la classe des vers ; tons ceux que nous avons eu nous-même occasion d'examiner, n'avaient que re lignes de long ; mais De Ceer (t EF, p. 556) a vu de ces Filiaires qui avaient deux pieds de long. MM. Kirby et Spence donnent aussi, dans leur excellent Ouvrage (/ntrod. , t. IV, P. 281), de curieux détails sur des individus de cette taille trouvés dans la grande Sauterelle verte. L'étude de ces parasites fera reconnaître parmi eux beaucoup. d'espèces différentes ; c’est ainsi que MM. Gervais et Leblond ont trouvé dans un Blaps deux individus du Cordius aquatique (Bulletin de ta Soc. des Se. nat. ; t Ann. de la S Ent. t, IV, P° 1*x). M. Léon Dufour a trouvé dans le canal: testinal d’un Bostriche des vers d’une grande téauité qui, après la mort de l'animal, circulaient dans le tube alimentaire, et lui imprimaïent leurs mou vements vermiculaires: ces animaux, assez semblables aux Vibrions du vinaigre, étaient en grand nombre ; ils étaient obtus du côté dé la tête, et pointus à l'extrémité opposée (Ann. des Sc. nat. ,
ë VAE, p. 4)
Le même Savant à aperçu dans le tube alimentaîre du Zucane parallélipipède, du Blaps, et du Timarcha, un autre ver intestinal qi acquiert jusqu'à une ligne de long: il est cônoïde, d’un blanc Mat, et offre vers son quart antérieur une forte articulation; le prem ier seSMent est arrondi en forme
D'ENTOMOLOGIE. 24e de tête, et porte un suçoir rétractile, dont l’orifice est évasé et lestonné dans son contour. Frs
M. Dufour pense que c’est un ver de ce genre que Ramdohr a figuré pl. 11, fig. 8, sous le nom de petit sac de l'épiploon, et qu’il a observé dans le Dermeste du lard; il à aussi trouvé dans le canal intestinal du Phymate deux espèces d’un genre qu’il nomme Grégarine. 4
Suivant Latreille (Fourmis, & I, p: 553), ces animaux meurent aussitôt qu'on les retire du corps de l'insecte; mais M: Charles Leblond à gardé vivant pendant deux mois un ver qu'il avait retiré du Blaps mortisaga (Bulletin de la Soc. des Se. nat. , 1835, p. 83).
Un grand nombre de petites mites s’attachent aux insectes; ilest même rare, dans certaines localités, d’en rencontrer qui en soient entièrement dépourvus. C’est surtoutà l'état parfait qu'ils sont sujets àce fléau; nous avons cependant eu occasion de voir une larve de Silphe dont l'intérieur du corps était entièrement mangé par ces animaux , en serie que SON enveloppe extérieure n’ofrait plus qu'une pellicule transparente et de la plus grande ténuité ; nous avons déjà parlé de ce fait en traitant du système nerveux, el nous en avons rendu compte d’une manière plus détaillée dens les Annales de la Société Entomologique de France. ; LAS NES,
L'espèce d'Aptère que l’on trouve le plus communément sur les insectes est le Gamase des Coléop: tères , mais M. Dufour (Ann. des Sc. nat. ,t. VITE, p. 4) a observé une espèce toute différente sur un Bostriche. nr
Nous ne devons pas non plus passer ici sous silence l Actysie de M. Audouin, qui a la forme d’une cornemuse, et qui vit dans l'eau, sous Ja partie inférieure du corps des Dytiques.
348 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE Les parasites les plusnombreux des insectes appar-
tiennent à leur propre classe, et parmi elle c’est Surtout dans l’ordre des Hÿménoptères que rentrent ces animaux.
Les milliers d'espèces qui rentrent dans le grand genre Zchneumon de Linné sont presque toutes dans ce cas. Ces insectes déposent, au moyen de l’appendice qui termine leur abdomen, leurs œufs sous la Peau des chenilles et des larves ; ils y subissent leurs métamorphoses, et le malheureux insecte leur sert en même temps de demeure et de nourriture. D’autres espèces sont placées à l’état d'œufs à la surface du corps, et ne s'y iniroduisent que lorsque, ayant changé d'état, le besoin de nourriture se fait sentir. Ges faits, connus depuis long-temps, et ctudiés par De Géer et Réaumur, ont donné lieu dans ces
derniers temps à un intéressant mémoire de M. Victor Audouin ( Ann, de la Soc. Ent. ). Une autre es-
pèce du même genre a l'habitude de dévorer les œufs des autres insectes; une autre attaque ceux des araignées (Geoffroy, ist. des Ins., tom. H, pag. 561); le genre Zranie dévore les Blaites. Beaucoup d’Zchneumons déposent leurs œufs dans les Pucerons et les Cochenilles ; les Hyménopières de la famille des Chalcidites sont dans le même cas : ainsi nous-même nous ayons vu sortir plusieurs Eneyrtus de la Cochenille de l’oranger , et plusieurs Céraphroses du dessous du Puceron du lilas et du platane : une autre fois nous avons observé qu’un assez grand nombre de Ptéromalins, est sorti de la chrysalide de la Coccinelle à quatre verrues, M. Bohe- Man a observé que la larve de l'Encyrtus Flaminis de Dalman dévore les intestins de la larve de la C'occinelle & points (Kongl. ventensk. Acad. , 1820). Quelques Coléoptères Paraissent aussi avoir des habitudes analogues ; ainsi des Cochenilles du platane
ont servi de berceau à plusieurs individus du genre Scymnus, qui n’est qu’un démembrement de celui du Coccinelle , et une autre fois nous avons eu aussi occasion de voir des larves et des Chrysalides d’une espèce du même genre vivre aux dépens de la Cochenille du sycomore. 616
La larve du Âféloé proscarabé, observée ‘depuis long-temps par Goedart, Frisch, De Géer, Kirby et Spence, et dont M. Léon Dufour a formé un genre nouveau, celni de T'riangulin, le regardant comme un insecte à l’état parfait, vit aussi sur les Hyménoptères du genre Andrène. Dans l’ordre des Diptères, l’on connaît la Mouche des larves (Réaumur, &, IE, pb. 445), qui dépose ses œufs sur le corps des cheniiles ei les y fait adhérer avec une telle force que l’on re peut lès enlever qu’en déchirant la peau. L'insecte s’introduit ensuite dans l'intérieur du corps pour y subir ses dernières métamorphoses.
M. Dufour a aussi trouvé dans la cavité abdominale de la Casside verte une larve de Diptère qui appartient à une nouvelle espèce du genre Ocypière (Ann. des Sc. nat.,t. VII).
D'autres larves de Diptères, qui appartiennent àlJa Tachine curvicaude, dévorent les intestins des Zarpales auliques et ruficornes, dont le ventre est.alors irès-gros (Boheman, Kongl. vetenskaps Acad.
Handlinger, 1828). ]
Les insectes de l’ordre des Strésiptères se trouvent aussi à l’état d’œufs sur les Ayménoptères des genres Andrène et Guèpe; ils s’introduisent ensuite dans l'intérieur du corps de ces animaux pour y prendre leur accroissement, et n’en sortent qu’à l’état parfait et en brisant les membranes qui les retiennent pour Prendre leur vol.
… Î nous reste à parler d’un sujet qui, fort négligé Jusqu'ici, attire depuis quelques années d’une ma-
nière spéciale lattention des entomologistes; nous voulons parler dés monstruosités. Leur étude chez les animaux articulés est encore si peu avancée, que l'on ne peut guère que recueillir et exposer des faits, laissant à des successeurs plus heureux le soin de les coordonner, et d’en tirer des conséquences utiles à la science de l’organisation ; espérons même que notre grand zoologiste M. Geoffroy Saint-Hilaire portera un jour son attention sur cette page de la grande histoire de la déviation des types organiques, et y répandra celte clarté qui, grâce à ses beaux travaux, existe aujourd’hui sur les monstruosités des animaux des classes supérieures. Du reste, notre vœu est déjà en partie réalisé, puisque M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire vient récemment de trailer cette partie, d’une manière abrégée il est vrai, mais avec sa supériorité habituelle.
Nous allons simplement donner la liste des faits signalés jusqu’à cc jour, et'qui sont parvenus à notre connaissance:
Hermaphrodites. M. Duponchela déerit (Ann, dela Soc. Entom, , 1, IV, pur4 un Angeront prunaria, Lépidoptère de la tribu des Phalénites , qui réunit en lui les-deux sexes : tout le côté droit est d’un mâle et le gauche d’üne femelle. M. Lefebre nous a fait connaître (ibid, , p. 145) un Argus Aleis qui se trouve dans le même cas, et dont M. Sillbermann dit quel-
ues-mots: dans la: Revue Entomologique. La position s’sexes est la même. :
Deux autres individus: dela même espèce, et semblables, sontcités par le même entomologiste; tous deux sont'encore mâlés à droite et femelles à gauche, tandis qu'un Amphidasis prodomaria de la collection du Muséum de Paris est, au contraire, femelle à droite et male à gauche: M. Lefebvre a encore euoccasionde voir dans le Muséum de Vienne un A4rgynnts
D’ENTOMOLOGIE. Fe 251 cynaræ, un Endromis versicolor, un Liporis dispar et un Bombyx quercus , mâles à droite et femelles: à que , tandis que les suivants Argus. Alexis. et
ombyx quercus présentaient les sexes placés d'une manière inverse, c’est-à-dire la femelle à droite et le mâle à.gauche.
M. Treitschke a figuré, dans ouvrage intitulé Hulfsbuch für Schmetterlingssammler, un Dicranura vinula et un Satyrus janira,tous deux mâles à droite et.femelles à gauche. ali L'on trouve dans le Journal de Physique, t. XXVI, p. 268, la description d’une Phalène du coignassier, mêle à droite et femelle à gauche. Cet insecte est décrit par M. l'abbé Mongez Engramelle figure pl: 1, suppl, cl. 1., 169, un Endromis. versicolor, mâle à gauche et femelle à droite, et pl. 2,.cl. 1, 186, k, un Liparis dispar mâle à droite et. femelle à gauche. :
Esper {Peobachlungen an einer, etc, } publie: un Bombyx craiægi mâle à droite et femelle à gauche.
Schœffer (bhandl. von Fnsec,, t. If, p.313) figure un Ziparis dispar semblable.
Fubner figure, mne Argynnis qui.est. femelle à droite et mâle à gauche ; il confirme ainsi la réunion que. l’on à fait des deux espèces nominales Valesina et Paphia.
M. Mac-Leay (Trans. Linnéennes de Londres, t: V,
p- 14) décrit un Papillon dont le côté droit.est mâle et appartient à l'espèce désignée sous le nom de Polycaon, et le côté gauche femelle se rapporte à Laodosus. Du reste, M': Mérian avait depuis longtemps proposé cette réunion: |
en est de même d’un papillon du Muséum: de Paris qui appartient à l'Ulysse, du côté droit; qui est mâle, et au Diomède, du gauche, qui est femelle (Godart, Ency. Méth., 1. IX, p. 66). Godart dit
299 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE aussi avoir vu un Smerinthe du peuplier hermaphrodite. M. Fischer figure dans son Oryctographie de Moscou, pl. 12, un individu de la même espèce, mâle à droite et femelle à gauche. Il fait aussi connaître une Geometra artemisiaria dont les sexes sont pire sagas . Klug, dans son J'ahrbücher, p. 254, cite les Lépidoptères hermaphrodites suivants :
Pontia daplidice, mâle à droite et femelle à gauche. Melitea didyma et Gastropacha medicaginis semblables, ainsi qu’un Liparis dispar; un autreindividu de cette dernière espèce présente un mélange de toutes les parties du dessin du mâle avec celui de la femelle , et une Saturina carpini et un Gastropacha quercifolia, femelles à droite et mâles à gauche, ainsi qu'un Gastropacha pini dans le même cas ; un Smerynthus populis, mâle à droite et femelle à gauche, une Lycæna Adonis et une Helle femelle à droite et mâle à gauche.
M. Klug cite aussi une Fidonia piniaria et une Cyprepia grammica également hermaphrodites; l’on trouve aussi dans le n° 18 du Magazine of natural Story, la description d’un Bombyx castrensis et celle d’une Argynnis paphia qui sont dans le même cas.
Dans le Rene’s fields naturalist Magazine , mai 1833, un Argus Alexis et dans Esper, Fred. Eug. ÆErlangen, 1778, un Bombyx cratægi semblables.
Tous les insectes dont nous avons parlé jusqu’ici appartiennent aux Lépidoptères. Geux qui rentrent dans les autres ordres sont peu nombreux; nous trouvons dans l'ouvrage de M. Klug que nous avons déjàcité, J'ahrbücher, fa description d’un Cerf-Volant, mâle à gauche et femelle à droite. Un fait semblable a été observé par Rudolphi ( Acad. des Sciences de Berlin, 1825), et M. Germar cite un Melolontha solstitialis dont l’une des antennes appartenait au
sexe masculin et l’autre au féminin. M. Westwood a vu dans la collection d’un de ses amis un Dytique
marginal réunissant également les deux sexes. I
cite aussi un individu de l’ Abeille dans le même cas, et qui fait partie de la collection de M. Schuckard. Enfin, M. de Romand nous a donné d’intéressants détails sur une Scolie également hermaphrodite, chez laquelle l’antenne et l’aile droites sont femelles, mais dont les pattes appartiennent à la femelle et Y’abdomen au mâle.
La liste des faits que nous venons de citer est emruntée en grande partie à un intéressant mémoire de Halo qe (Ann. de la Soc. Ent., t. IV). Nous lui emprunterôns aussi les réflexions suivantes, qui y servent de conclusions: ris « Cette seule réunion présente un total de cinquante et un cas d’hermaphrodisme, dont quarantesept dans les Lépidoptères, deux dans les Goléoptères et deux dans les Hyménoptères. Sur ces cinquante et une monstruosités , quatorze sont indéterminées, une offre un mélange dans les parties du corps, une dans les couleurs, treize sont femelles à droite et mâles à gauche, tandis que l’en en compte vingt-deux mâlés à droite et femelles à gauche. It est curieux de remarquer dans ce simple apereu que je viens de donner la propension qu'a eue la na- Lure, dans la création ,de ces états anormaux, à porter le sexe masculin à droite de près de moitié de plus qu’au côté gauche.» ; #2 L'on trouve dans l'ouvrage intitulé : Notiz, aus, dem gebiete der natur und H eilkund, la description 'anatomique d’un Papilio cinæia hermaphrodite; le côté droit était mâle et le gauche femelle ; la partie postérieure du corps avait à droite de son extrémité un organe mâle complétement développé, tandis qu’à gauche il ne l'était que trèsimparfaitement. Après
54 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE ouverture de la partie postérieure du côté de l’abdomen, une quantité considérable d'œufs d’un vert clair se présentèrent au côté gauche du papillon; on n’en voyait pas au Côté opposé; c'était plutôt des canaux blanchâtres formant des circonvolutions.
Lorsque les intestins, conjointement avec l’extrémité de la partie postérieure de corps, furent étendus dans l’eau, les ovaires se détachèrent aussitôt des autres parties, tandis que les canaux séminaux et les vésicules séminales restèrent ensemble, tant entre eux qu'avec les testicules et les autres organes dela génération. (Bulletin de Férussac, mai 1825, n°210, pe 183.) in 4
M. Rudolphi, dans son Mémoire sur ufcas Ÿ hermaphrodisme rare chez l’homme (lu à l'Académie des Sciences de Berlin, le »1 octobre 1825), a publié une liste assez nombreuse de Lépidoptères qui sont dans ce cas. Les‘espèces sont les suivantes : nie dispar, B. pini, B. crelægi, B. quercus, B. pavonia minor, Sphinx convolouli, Papilio Atalanta, S uturnia pyrt, Bombyx carpini , Endromis versicolor, Bombyx harpya, Vinula, Liparis dispar, Vanessa Atalanta, F'anessa Antiopa, Papilio melitæa, Phœbe, Sphinx euphorbiæ, Sphinx galii, Pontia daphnidite, Gastropächa medicaginis, Castrensis.
Suivant le même auteur, M. Klug a trouvé dans
une Melitæa didyma, dont le côté droit appartenait au sexe masculin ét le gauche au sexe féminin ; UD ovaire qui n’était lié à aucun autre organe; il DE avait pas d’utérus; du côté droit les organes génitaux étaient bien développés. : à Monstruosités proprement dites. Le nombre de . faits observés jusqu'ici est encore bien minime , ce sujet n’ayant altiré les resards du naturaliste que depuis deux ou trois années, !|s se rapportent presque tous à des déviations de formes des appendices du
D'ENTOMOLOGIZ. 255.
corps,.et consistent le plus souvent dans la présence des pattes surnuméraires. Tels sont les.suivants :
Un Scarites pyracmon, que M. Lefebvre à décrit (Magas.d'Entom., 1. XL) et qu’ila ewoccasion d’examiner vivant. Ici c’est la patte intermédiaire qui est divisée en trois ; non-seulement les jambes ; mais les cuisses sont aussi bien séparées; les mouvements de Finsecte étaient pénibles et lents.
Un Rhysotrogus casianeus , décrit par M. Bassi { Ann. de la Soc. Ent.,t. IT , p. 378), présente deux pattes surnuméraires insérées sur la hanche antérieure droite, PR, 4
Un Telephorus deu dont M. Bassi ne parle que de souvenir (/d., p. 375), et qui présentait la patte intermédiaire gauche double. ;
Une Rutela pulchella, espèce du Brésil, décrite par M. Kirby danssa Centurie. Ce cas de mons-. truosité a été décrit avec le plus grand soïn par M. Maximilien Spinola (Ann. de la Soc. Ent., 1. IV, p. 587). Il offre deux pattes surnuméraires insérées sur la hanche droite de la troisième paire,
Les autres exemples dont il nous reste à parler concernent les antennes. Nous citerons'les suivants:
Un Elater hirtus, décrit par M. Bassi (Ann. de le Soc. Ent., t. IL, p. 375), et qui a une antenne qui se bifurque au neuvième article. =
Un Carabus auratus (Doumerc, Ann. de.la Soe.
Ent,, t. II, :p. 175) a une antenne droite formée
* de quinze articles et bifurquée à partir du cinquième,
Un Helops cæruleus, décrit par M. Seringe ( Mémoire sur des monstruosités d'insectes), a l’antenne droite composée de vingt-deux articles et trifurquée.
Un Bombyx agrorum dont le troisième article de l'antenne , au lieu d’être filiforme, est en forme-de faucille renflée à son extrémité et terminée par une articulation crochue.
Un Hematicherus heros, que je conserve dans ma collection et que j'ai trouvé dans la forêt de Saint- Germain , chez Îequel le dernier article de l’antenne est coudé vers son milieu à angle droit; ce qu’il ÿ a de remarquable, c’est qu'ici les deux anténnes sont absolument pareilles.
Panzer a figuré dans sa Fauna Germ., Ins., Int. (Carab. n° 1), une antenne du Procruste ordinaire , dont les troisième et septième articles émettent chacun un petit rameau au côté interne.
. Les nervures des ailes présentent aussi souvent des anomalies remarquables ; les insectes qui y sont le plus sujets sont les Hyménoptères,et particulière ment ceux du genre Ammophile. he
Le corps présente quelquefois des appendices insolites, mais ils sont dus à la présence de cryptogames parasites, ainsi que nous l'avons vu au commencement de ce chapitre.
“ Les couleurs sont aussi parfois dissemblables sur les deux côtés d’un même insecte : c’est ainsi que j'ai vu un ÆAnopblognathe entièrement jaune dont l’une des élytres était d’un vert éclatant, et plusieurs Carabiques dont les pattes étaient rouges d'un côté et noires de l’autre. Les taches sont aussi très-souvent de formes différentes, et J’on en voit assezsouventsur ane élytre, tandis que l’autreen manque. Lesstries de ces mêmes parties sont aussi très-souvent irrégulières.
Enfin, lon voit quelquefois, et particulièrement sur les Wyctélies et genres voisins, des sortes de vésicules dont on ne connaît pas l’origine. >
MM. Seringe, Spinola et Bassi ont cherché à diviser les monstruosités des insecies en classes et à en faire connaître origine,
Nous ne les suivrons Pas dans cett® étude, car
- il nous semble que dans une partie entièrement nouvelle de la science il faut réunir des faits avant que de chercher à les généraliser,
D'ENTOMOLOGIE. s57
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