CHAPITRE XIV
GLASSIFIGATION. es
onnenrannnennes
La classification des insectes est devenue , depuis undemi-siècle environ, l’objet à peu près unique del'éiude desentomologistes. Il en est résulté quelebesoin d'innover et de faire autrementique ceux auxquels ils succédaient, a entraîné plusieurs d’entre eux à pousser à l'infini la multiplication des genres, et sou-
vent, ne trouvant pas assez de formes nouvelles pour
satisfaire à cette manie scientifique, ils ont repris les genres.des anciens auteurs, et,se basant sur des caractères d’une importance secondaire, les ont divisés à l'infini. Dans un oùvrage.de la nature de celui-ci, il serait au moins inutile de présenter, même de la
“manière la plus sommaire, l'énumération longue et
fastidieuse des trois ou quatre mille divisions , dites génériques, que la science possède en ce moment. Nous nous contentérons donc de présenter le tableau rapide des grandes divisions naturelles , en tâchant de leur assigner des caractères faciles à saisir; mais le lecteur se souviendra que les divisions que nous présentons ici sous le nom de genres correspondent aux familles des ouvrages systématiques.
L'on divise les insectes, restreints tels que nous les entendons, en huit classes, qui sont :
1. Les Coléoptères ou Escarbots, dont le caractère principal consiste en ce que les ailes sont recouvertes par des éluis durs et coriaces, qui ne sont autre chose que les ailes supérieures; tels sont le Hanneton, le Rhinocéros, la Bête-d-Dieu, ete.
2°, Les Orthoptères ont aussi les deux ailes supé>
a 398 TRAITÉE ÉLÉMENTAIRE fieures de consistance souvent assez coriace, ais se recouvrant l’une l’autre ;les postérieures sont plissées dans leur longueur (la Sutelle Je Criquet, le Perce-Oreille).
8°. Les Hémiptères ont aussi quätre ailes, mais les supérieures ne sont épaisses que dans la première moitié de leur longueur (la Punaise).… - 4%. Les Wévroptères ont le même nombre d’ailes Ê fais ici elles sont entièrement de même nature et “reticulées (la Demoiselle). 2 … $. Les Âlyménoptéres se reconnaissent des précédents par leurs ailes non réticulées , mais parcourues par quelques nervures; telles sont la Guépe, PAbeille, etc. bp 6°. Les Sirésiptères où Rhipiptères n’ont que les deux ailes postérieures de visibles. Ces parties sont plissées en éventail. | "79. Les Diptères ou Mouches n’ont que les ailes antérieures d'élendues.
- $. Les ee où Papillons ont quatre ailes
CT
couvertes d’écailles.
Les COLÉOPTÈRES forment, ainsi que noûs venons de le voir, lé premier ordre de la classe des insectes; on les a partagés en sections, sur la considéradon des articles des tarses ‘les Pantaméres en ont cinq de visibles à toutes [es pattes; les Hétéromères, cinq à celles de devant, et quatre aux deux autres paires: les T'étramères, quatre partont: et les Trimères, trois. La section des PENTAMÈRES se compose de six familles ; la première est celle des CARN ASSIERS; elle est caractérisée par le nombre des palpes, qui est ici de six. Les antennes sont simples et filiformes. Ces inséctes sont très-voraces , et font activement la chasse à d’autres animaux de leur classe, qui constituent leur nourriture. [ls sont, en Conséquence , irés-agiles à la course ou à la natation, car lés nns
|: DENTOMOLOGIEs “259 sontiterrestres, et les autres aquatiques. Les premiers se partagent en: deux tribus, les: Cicindélètes et les Carabiques. à à 2 Va :
Les Crempéikres sont caractérisées par leurs màchoires, terminées par un onglet articulé. ‘Leur tête est forte, leurs yeux gros et saillants; leur corps est grêle et délicat; ils volent avec facilité. Ils forment plusieurs genres, dont celui de Cicindèle de Linné est le plus remarquable ; celui de M anticore de Fabricius s’en distingue par son abdomen en cœur etses élytres soudées; ilest établi sur un grand insecte brun du Cap de Bonne Espérance. Les Mégacéphales sont de jolis insectes, revêtus de couleurs métalliques trèséclatanttes, et propres aux pays chauds. Elles se distinguent des précédents par leurs palpes labiaux trèslongs. Les Colliures ont une forme cylindrique, trèsétroite et fort allongée ; elles sont propres aux Indes Orientales, et sont le plus souvent d’un beau bleu.
Les Carasiques ont les mâchoires terminées: par une pointe non articulée, leur tête est ovalaire; ils courent à terre et se cachent sous les pierres. Ils étaient tous autrefois désignés sous le nom de Carabes, mais on l’a aujourd’hui restreint à un genre particuliercomposé d'insectes de taille assez-grande, propres presque exclusivement aux’ contrées ternsérées ; ils sont aptères, xabdomen ovalaire; le:-dernier article despalpes maxillaires externes est triangulaire; les tarses an térieurs des mâles sont élargis ; ce dernier caractère en afait séparer, sous le om de Procères, des espèces gigantesques, à tarses serû blabies dansles deux sexes et propres aux.plus hautes montagnes des parties orientales de l'Europesctoceidentales de l'Asie. Plusieurs espèces sont revêtues de belles couleurs bleues ou vertes; elles sont toutes très-granuleuses. Les Calosomes sont voisins des Carabes, mais à-corps plus court, plus élargi et or-
260 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE dinairement ailé, Les Cychrus ont les mandibules avancées et crochues, les pattes grêles, les élytres soudées, carénées sur les côtés, et embrassant laté: ralement l'abdomen ; leurs palpes sont terminés par un article semi-ovalaire. Les À ebries sont des insectes de taille moyenne, à corps ovalaire, aplati, ailé, à dernier article des palpes externes en cône renversé. Les Omophrons, voisinsdes précédents, ont le corps presque orbiculaire. Les Elaphres sont épais, munis d’yeux grands et saillants, et se trouvent dans les lieux humides. Tous ces insectes forment la section des Grandipalpes. k D’autres genres ont les élytres plus ou moins tron : quées à l'extrémité, et ont le nom de Troncatipennes ; tels sont les Anthies, grands insectes à corps ovalaire de couleur noire, généralement tacheié de blanc -ou de jaune, et propres à l'Afrique et à l’Asie ; les Graphiptères, qui se distinguent des précédents par leur abdomen déprimé et arrondi : ils se trouvent dans les mêmes contrées, et ont à peu près la même livrée ; les Brachines, bien remarquables par la fa- -culté qu’ils ont d'émettre par l’anus une ‘Yapeur Corrosive qui sort avec détonnation et sert à les débarrasser des ennemis qui les poursuivent, Les Odacanthes et les Dryptes, à corps gracieux et grêle, ne se rencontrent que rarement. Les Galérites, d'assez grande taille, sont propres aux contrées les plus chaudes, et surtout à l'Amérique. Les Agras, tous ei aux parties les plus chaudes du Nouveau- Monde , ont le corps filiforme et très-long, la tête terminée par un col , et les crochets des tarses dentelés. Les Cymindis ont aussi ce dernier caractère , mais leur tête n’est pas rétrécie en arrière en forme de cou. Les Dromies sont de très:petits insectes, à palpes extérieurs terminés par un article filiforme , tandis qu’il est sécuriforme dans les précédents. Les
. D'ENTOMOLOGÏE. 201.
Lebiés, très-voisins des précédents , ont le corselet large et transversal, re Les Garabiques suivants (Scaritides) sont essentiellement fouisseurs ; leurs élytres sont entières, leurs antennes le plus souvent un peu grenues et coudées. Les Scarites sont des insectes noirs, à jambes antérieures palmées, ordinairement d’assez grande taille, que l’on trouve courant sur le sable, mais qui, nombreux dans les pays chauds, ne dépassent guère, vers le Nord, les bords de la Méditerranée, Les Siagones, voisins des précédents, mais à corps trèsaplati, se trouvent sous les écorces des arbres. Les Clivines sont de petits insectes à corps cylindrique et assez grêle, qui se trouvent dans les contrées tempérées. Les Ditomes n’ont pas les jambes antérieures palmées; ce sont des insectes noirs , de taille moyenne ou assez petite, à corps ovalaire , et dont les espèces sont particulièrement cantonnées sur les bords de la Méditerranée.
Les Harpales viennent ensuite, et diffèrent de tous ceux dont nous avons parlé jusqu'ici par leurs élytres non tronquées, leurs antennes simples, leurs tarses antérieurs à trois ou quatre premiers articles très-élargis dans les mâles, terminés par des angles aigus, et presque toujours garnis en dessous de deux rangées d’écailles ou papilles ; ils sont ailés; plusieurs espèces sont très-communes dans nos contrées. Les Acinopes s’en distingent par leur tête très-grosse ; ce sont des insectes méditerranéens. |
Les F'éronies sont très-voisiris des précédents , maïs à deux premiers articles des tarses antérieurs seuls dilatés dans les mâles; ils ont été partagés en un grand nombre de groupes, sous les noms d'Amare, de DPaœcile, de Platysme, de Catadrome, de Cophose, d'Abax, de Piérostiche, de Molops, etc. , etc. Les Zabres s’en distinguent par leurs jambes antérieures
26° TRAITÉ ÉDÉMENTAIRE
terminées par deux épines; ce sont des insectes convexes et épais. Les Sphodrus ont le troisième article des antennes de près de trois fois la longueur du précédent; leur corps est assez déprimé. Les Mormo lyces sont de tous les Carabiques les plus remarquables, tant par leur très-grande taille que par leur extrême aplatissement ; leurs caractères les rapprochent des précédents, mais ils s’en distingent par leurs élytres munies d’une très-large bordure memibraneuse. L'on n’en connaît qu’une seule espèce, qui vient de l’île de Java.
Les Carabiques dont ilva être actuellement question (les Patellimanes } se distinguent des précédents ne les tarses antérieurs des mâles, qui se dilatent plus ou moins en carré, sans angles aigus. Les Chlænies en sont le groupe le plus remarquable ; ce sont de jolis insectes veloutés, ovalaires, ayant souvént les élytres bordées de jaune. Les Licines sont de couleur noire ; leur corps est presque parallélipipède. Les Panagtes ont la tête rétréeie brusquement der- “rièré les yeux ; ils ont le plus souvént de jolies taches rouges où jaünes sur ün fond noir,
Les derniers Carabiques (Subulipalpes) sont vemarquables par leurs palpes extérieurs, dont le dernier article , très-petit, esténclavé en partie dans le précédent, et les deux forment , ainsi réunis, une petite niassue terminée subitement en pointe ou en alène ; ce sont les Bembidions.
Les carnassiers aquatiques forment la tribu des
HxpnocaNrmanss, qui se reconnait facilement par
ses pattes en forme de rames proprés à la natation. Les Dytiques en sont le genre le plus remarquable : ils sé reconnaissent par leurs antennes filiformes. Les fémelles ont souvent les élytres sillonnées, tandis que les mäles les ont lisses. Leurs larves sont
allongées, rénflées au milieu , terminées en pointe en |
Le
D'ENTOMOLOGIE. . 906$ arrière, et en avant par leur tête grande, ovalaire; munie de très-fortes mandibules,
Quelques espèces ,; de taille assez. petite, dont les tarses antérieurs des mâles forment une palette carrée, au lieu d’être orbiculaires comme dans les précédents, composent le genre Colymbètes ; d’autres, de très-petite dimension, n’ont que quatre articles distincts aux tarses, ce sont les Aydropores. Mais de tous les groupes de cette tribu, le plus singulier est.celui d Haliple, formé sur quelques trèspetits insectes, dont la base des pattes postérieures est recouverte d’une lamelle très-étendue. Les Gyrins se reconnaissent d'avec tous les précédents par leurs antennes en massue. Îls nagent avec rapidité -en formant des cercles, ce qui leur a valu le nom vulgaire de tourniquet,
La deuxième famille de Coléoptères Pentamères est celle des BRACHÉLYTRES > qui n’ont, ainsi que tous les autres Coléoptères, que quatre palpés, mais qui se distinguent particulièrement par leurs élytres très-courtes ; leurs antennes sant filiformes. Les Sta- … bhylins forment le genre le plus connu parmi cesinsectes, tous leurs palpes sont filiformes ; les Oxypores s'en distinguent par leurs palpes labiaux terminés en croissant. Les Lathrobies sont semblables aux Staphylins, mais à corps très-allongé et linéaire. Les Pétres ont les palpes maxillaires très-longs et terminés en massue, leur tête est ronde et bien séparée du corselet; ils sont le plus souvent revêtus de couleurs tranchées; les Stènes sont très-voisins-des précédents, mais à yeux très-gros ; leur couleur.est noire,souventmarquée de points jaunes surles élytres.
Les Oxyiéles ont les palpes assez courts ét les jambes antérieures dentées ou épineuses. Les 4leochares ont les jambes simples, la tête dégagée, les palpes courts, Les Tachypores ont le corps allongé,
cônique, la tête enfonéée en arrière dans le corselet jusqu'aux yeux; leurs palpes sont terminés en alène; les T'achinus ne s’en distinguent que par leurs palpes filiformes. L'on peut placer ici les Psélaphes, très-pelits insectes dont les tarses ne présentent extéricurement que trois articles visibles.
La triosième famille est celle des SERRICOR- NES; leursélytres recouvrent l'abdomen; les antennes sont généralement filiformes, quelquefois en peigne ou dentées, quelquefois flabellées ; ils forment cinq tribus. Dans la première , le corps est de consistance solide et dur; ce sont les Srsnnoxes. Les Buprestes, qui y rentrent , sont de magnifiques insectes à couleurs brillantes ét souvent de grande taille. Les Elaters, que l’on nomme vulgairement Taupins, ont la singulière propriété de pouvoir sauter à une assez grande distance, au moyen d’une avance sternale qui s'enfonce dans une cavité de la poitrine, et forme ainsi une sorte de ressort,
La deuxième tribu , celle des MaraconerMEs , se distingue de la ‘précédente par son corps mou et flexible; elle comprend : les Cebrio, caractérisés par leurs palpes filiformés et leur corps très - convexe; les Éampyres, dont les palpes sont renflés à l'extrémité, et qui sont bien connus sous le nom de Vers luisants : lun des sexes est aïlé et l’autre souvent apière; tout le monde connaît la faculté qu’ont ces insectes de répandre une lumière phosphorique ; les Lycus, qui ne différent des précédents que par l’absence’ de ce caractère: les deux sexes sont aïlés : quelques espèces africaines $ont très-remarquables par leurs élÿtres dilitéés circulairement dans les mâles. Les Téléphores ont les palpes terminés par un
‘article sécuriforme et le corps allongé. Les Malachies présentent des palpes très-courts et filiformes ; ce sont de jolis petits Insectes munis de vésicules or-
dinairement rouges ; les Dasytes en sont dépourvus. Les Clairons ont au moins deux de leurs palpes terminés eu massue et les mandibules dentées. Les Ptines sont de consistance dure et assez solide, à corps assez arrondi, à antennes filiformes , de petite taille, vivent dans le vieux bois et contrefont le mort lorsqu’on les inquiète; on en a distingué, sous le nom d’Anobium ou Vrillette, des espèces à antennes terminées par trois articles plus forts que les précédents.
La troisième tribu des Serricornes a reçu le nom de Xyrorroces ou Lime-Bois ; la tête de ces insectes est entièrement dégagée et séparée du corps par un col étranglé; leur corps est mou et allongé ; ils forment le genre Lyméxylon. Quelques espèces exotiques à élytres très-courtes ont reçu le nom d’Atractocère; elles ressemblent, par le caractère que nous venons d'indiquer, à des insectes Diptéres.
La quatrième famille des Coléoptères Pentamères est celle des CLAVICORNES, qui, très-voisine de la précédente, s’en distingue par ses antennes épaissies vers l’extrémité et souvent en massue. Les principaux genres qui se groupent ici sont : les Aister ou ÆEscarbots, dont le corps est globuleux, épais, quelquefois carré, dont les pattes sont rétractilcs, et les quatre postérieures plus écartées à leur base que les deux antérieures. On les trouve, pour la plupart, dans les matières animales en décomposition. Dans tous les autres genres, les pattes sont également écartées à leur origine. Dans les Silphes, les mandibules sont entières et le corps en bouclier, Les Wécrophores s’en distinguent par leur forme, qui est parallélipipède; leur couleur est noire , souvent nuancée sur les élytres, à bandes transversales de franges on oranges; ils se trouvent tous dans les cha. rognes. Les Seaphidies s'en reconnaissent aisément
266 TRAITÉ ÉLEMENT AIRE
par leurs mandibules bidentées à l'extrémité, et leur corps court et naviculaire; ils habitent les champignons. Tous les Clavicornes précédents ont distinctement cinq articles aux tarses ; mais les Vitidules n’en semblent avoir que quatre : ce sont de petits iasectes oblongs et aplatis-qui se trouvent abondamment sur les fleurs; leurs mandibules sont bidentées, ainsi que chez les Engis ; mais ceux-ciont aux tarses le nombre ordinaire d'articles visibles, et leur corps est oblong et assez convexe en dessus. Lesiespèces de notre pays sont petites, mais les contrées chaudes en nourrissent de très-grande taille-et de la plus rare beauté. Les Cryptophages, très-voisins des précédents , sont de très- petits insectes à an- 4ennes moniliformes.
Les derniers Clavicornes ont les picds vétractiles, ce qui les. distingue des groupes précédents, à l’exception des Hister ; mais leurs pattes sont écartées d’une manière égale. Les Dermestes sont le: corps ovalaire ; ils font de grands ravages. dans les pelleteries. Les Anthrènes, qui ont les mêmes mœurs, sont petits et presque hémisphériques ou un peu ovalaires. Les Byrrhes ont la forme de petites boules : leurs jambes sont larges et comprimées. Les Hétérocères:sont des msectes de pelite taille,qui se trouvent sous les pierres , dans l’eau ; leur corps est ovoïde, avec la tête très-enfoncée dans le corselet, le présternum avancé; leurs jambes sont propres à fouiller la boue.et la vase dans laquelle ils vivent. Les Ælmis ont la plupart des earacières des précédents et la même manière de vivre , mais leur corps est oblong, épais et convexe. Ë
La cinquième grande famille des Goléoptères Pentamères est celle des PAzrrcorres, insectes généralement aquatiques, qui rappellent par leur forme les Hydrocanthares ; mais les antennes, filiformes chez
ces derniers, sonticiterminées en massue perfoliée. La grande majorité de ces: insectes. forment le genre Hydrophile ; leurs pattes sont propres à la natation, et le premier. article des tarses est beaucoup plus court.que des autres. Ceux chez qui ce premier article est au moins aussi long que les suivants. ont reçu le nom de Sphæridie; ils sont généralement de petite taille, à corps hémisphérique, et se trouvent dans les bouses, si,
Les LAMELLICORNES constituent la dernière famille des Pentamères; leurs antennes sont termin- “es par une massue lamellée ordinairement formée par les-trois derniers articles; cette famille ‘est l’une des plus nombreuses en espèces et des plus belles de la classe des insectes. Les larves ont.le corps mou, blanchâtre, allongé, terminé antérieurement par une tête écailleuse, munie de fortes mandibules : les pattes sont au nombre de six.
Ces:insectes se partagent.en.deux tribus, celle. des Scanarbines et celle des Pecriniconnes. La première sereconnaît par ses antennes, terminées par une imassue feuilletée z-elle:comprend six sections:
Les Coprophages forment la première. Ils se trouvent dans les bouses et les excréments; leurs an. tennes sont-généralement formées de huit ou neuf articles ; le labre et les mandibules sont cachés: ee sont des insectes le plus souvent obscurs ,-et qui pour la plupart ont l’habitude de déposer leurs œufs dans une boule de fiente qu’ils roulent. partout de vanteux. Ici se place lésgenre Ateuchus, dontle corps est assez déprimé et le devant de la tête fortementdentelé; ce genre renferme le célèbre Scarabe sacré, qui. étaitchez les Egyptiens un objet de vénération, Les Sc. syphes ne se distinguent des précédents que par leurs pattes très-longues el très-grêles. Les Onihophages sont de taille moyenne, la tête des mâles est présque
toujours armée de cornes: Les Onites ont le corps oblong et le premier article de Ia massue des antennes en coupe et emboîtant le deuxième ; les Phaneis présentent aussi ce même caractère, mais se distinguent des précédents par leur corps presque carré, convexe, leur tête armée dans le mâle de cornes souvent très-longues ; le même sexe a le corselet fortement excavé ; ce sont de grands et beaux insectes , très-remarquables par l’éclat de leurs couleurs, et propres à l'Amérique. Les Bousiers ou Copris sont des insectes souvent de grande taille, à massue des antennes composée de trois feuillets libres, dépourvus d’écusson, et à jambes des deux dernières paires fortement dilatées à leur extrémité. Les Aphodies sont de petite taille, à corps oblong:; ils pullulent dans les bouses de vache.
Les Arénicoles viennent ensuite; les mandibules sont saillantes, et.les antennes sont le plus souvent formées de dix ou de onze articles; les élytres recouvrent l'extrémité de l'abdomen. Les Géotrupes,
ui sont les Scarabés de Fabricius, ont le corps presque hémisphérique , les antennes de onze articles et la massue ovalaire; quelques mâles ont le corselet armé de deux cornes avancées. Les T'rox n’ont que dix articles aux antennes, le corps couleur de terre, souvent raboteux ou couvert de tubercules.
Les Xylophyles forment la troisième section. Ici les élytres ne recouvrent pas l'extrémité de l’abdomen ; l’écusson est distinct. ; Les Scarabés sont généralement de très-grands insectes, à corps épais et convexe; ils sont presque tous exotiques. L'espèce nommée Actéon est l’un des lus grands insectes connus; on le trouve à Cayenne. D Hercule est aussi très -remarquable tant par sa grande taille que par son corselet, prolongé en une très-longue corne , qui, avec une avance semblable
de la tête, forme une véritable pince ; il habite les Antilles, sa couleur est noire, avec les élytres livides, Viennent ensuite des insectes qui se rapprochent des Hannetons; ils n’ont pas de cornes, sont généralement revêtus de couleurs éclatantes et métalliques , et leur écusson est ordinairement très-grand.
Les Rutèles ont les pattes longues, l’écusson de grandeur moyenne, le corps ovalaire ; ils sont propres aux parties les plus chaudes de l'Amérique. Quelques espèces, remarquables par leur grande taille, leur éclat et les pattes postérieures très-longues , surtout chez les mâles, qui ont les cuisses de la même paire très-renflées, ont reçu le nom de Chrysophores. Les Macraspis ont l’écusson très-grand et le corps renflé.
La quatrième section est celle des Phyllophages, caractérisée par les mandibules recouvertes en dessus par le chaperon; ainsi que dans tous les précédents , les élytres se joignent dans toute leur longueur; les genres en sont nombreux. Les Anoplognathes sont des insectes revêtus de couleurs métalliques , de grande taille et propres à l’Australasie. Les Mélolonthes où Hannetons, que tout le monde connaît, causent de grands ravages aux arbres, en attaquant les racines à l’état de larves, et les feuilles lorsqu'ils sont devenus insectes parfaits ; le Aanneton Foulon est une grande espèce obscure, à élytres blanches couvertes de très-petites taches obscures ; on la trouve dans le midi de la France et sur les côtes de l'Océan. Les Æoplies sont de petites espèces à corps écailleux , revêtues de couleurs brillantes , et remarquables par la longueur de leurs pattes postérieures.
Les Anthobies, qui composent la cinquième section , se reconnaissent aisément par leurs élytres assez courtes et entrebâillées en arrière ; les Gla-
370: - TRAITÉ' ÉGÉMENTAIRE phyres etles Amphicomes se trouvent en Orient ; les Anisonyx; les Lepitrix, les Dichèles, ete., habitent la pointe australe de l'Afrique.
La sixième section est celle des Mélithophiles , principalement caractérisée par la présence d’une pièce, dite axillaire, qui occupe espace compris entre les angles postérieurs et le coté externe de la base des élytres ; celles-ci ne recouvrent pas l’extrémité de l'abdomen; le corps est un peu déprimé, ovalaire, un peu carré, le corselet presque orbiculaire.
Dans les Cétoines, le sternum s’avance en pointe obtuse-entre les secondes pattes; ces insectes se trouvent sur les fleurs. L'Europe en offre beaucoup de couleurs vertes. Les Goliath sont d'énormes Cétoines propres aux parties les plus chaudes de l’ancien continent, et surtout à l'Afrique; ce sont des insectes très-rares ct très-recherchés dans les collections. Dans toutes les précédentes, les mâchoires sont recouvertes par le menton, dans les T'richies elles sont découvertes. -
La seconde tribu des Coléoptères Lamellicornes est celle des Prcriniconnes : ici la massue des antennes est formée de feuillets en forme de dents, placés perpendiculairement à la tige et formant'une sorte de peigne ; elle comprend deux genres principaux. Celui de Lucane où Cerf-Volant se reconnaît par ses mardibules très-longues dans les mâles, trèsavancées, souvent presque rameuses comme des bois de cerf. Celui de Passale est formé d'insectes exotiques, et presque tous américains, qui abondent dans les sucreries: leur corps est aplati, leurs mandibules courtes et semblables dans les deux sexes.
Ainsi se compose la série des Pentamères ; la seconde section générale est celle des HÉTÉROME- RES, qui se partage en quatre familles.
Les MÉLASOM ES, qui forment la première, se
D'ENTOMOLOGIF: 27.
composent d’insectés.de couleurs obscures , pour la plupart apières et ayant généralement-une dent.cornée au côté interne des mâchoires.
Les Pimézies sont plus ou moins globuleuses:, et se-trouvent pour la plupart sur les bords de la Miditerranée, Les Tentyries sont ovalaires. Les. Akis ontle corselet: transversal, trèséchancré en avant, à-bords latéraux très-larges et relevés ; ils ont généralement des côtes longitudinales sur les élytres..Les Tagtnies sont de petits insectes à corps linéaire: et filiforme. Les Scaures ont le corselet orbiculaire et les élytres oblongues. Les Sépidies ont le corselet anguleux latéralement, etont généralement le corps inégal et: couvert de poils serrés. Les Blaps ont les palpes sécuriformes, sont de grande taille, noirs, à élytres prolongées en queue. Les Asides ont également les palpes sécuriformes, ont le corps ovalaire, un peu déprimé etigénéralement couleur de la terre dans laquelle ils vivent. Les Ténébrions sont ailés, à corps oblong, allongé. Les Opatres sont ovalaires et assez déprimés.
Les TAXICORNES ont les mâchoires inermes, sont tous ailés. |
Les Dravkres ont les antennes en forme de chapelet; on les trouve dans les bolets, Les Cossyphes ont le corps ovalaire, mais mince comme une feuille de papier; ils habitent sous les écorces, Les Vilions sont américains, et leur forme est hémisphérique:
Les STÉNEÉLYTRES ont des antennes qui ne sont ni perfoliées ni-grenues, et dent l'extrémité n’est pas: généralement épaissie.
Les Hélops ont les antennes filiformes et recouvertes à Jabase. Les Cisièles ont leurs antennes insérées à découvert etles crochets-des tarses dentekés’enpeignez ils se trouvent sur-les fleurs. Les Serropalpes- ont des palpes maxillaires très-grands, pen:
dants et dentés en scie; ils habitent le vieux bois vermoulu. Les Dircées sont très-voisins des précédents, mais à palpes non dentelés. Les O£démeres ont le corps long et linéaire , les antennes longues, filiformes, les cuisses postérieures souvent globuleuses , surtout dans les mâles.
Les TRACHELIDES ont la tête triangulaire ou cordiforme, portée sur un pédicule ou col ; leur corps est assez mince.
Les Lacrres ont le corps oblong, rétréci en avant. Les Pyrochres ne s’en distinguent que par leurs antennes flabellées.
- Les Monvezzes ont le corps arqué, les élytres cour-
tes, l'abdomen pointu; elles se trouvent surles fleurs, et tournent avec rapidité, en se roulant en cercle, lorsqu’on les saisit. Les Anthicus sont de petits insectes qui ont l’apparence des fourmis. Les #Mylabres ont les antennes terminées par une massue; ils sont généralement noirs, avec de larges bandes transversales et jaunes sur les élytres. Les Cantharides, doni tout le monde connaît les propriétés vésicantes, ont les antennes filiformes. Les Méloés ont les élytres couries; ce sont des insectes larges, noirs on métalliques, à démarche lourde,
La troisième section des Coléoptères est, ainsi que mous l'avons déjà vu, celle des TÉTRAMÈRES:
ils renferment quatre familles. |
Les CURCULIONITES ou Rynchophores se présententen premier; ilsse reconnaissent aisément à leur tête, prolongée en avant en une forte trompe. Les Bruches ont le rostre très-court et large, le corps globu-
“eux. Les Anthribes ont ordinairement les antennes assez longues. Les Attélabes ontles antennes droites, à derniers articles formant une massue; ils rongent es feuilles, et sont souvent revêtus de jolies couleurs. Les Brentes ont le corps très-long, linéaire et sont
presque tous propres aux pays les plus chauds; une seule espèce a jusqu'ici été trouvée dans le sud de l’Europe (lialie); ils se trouvent sous les écorces. Les Brachycères ont le corps presque carré et rugueux, vivent dans le sable, et sont propres à l'Afrique et aux bords de la Méditerranée. Les Charançons, auxquels l’on a donné les noms de Chlorimus, d'Entimus, etc., ont le corselet cônique, avee l’abdomen renflé et les angles huméraux saillants; ce sont de beaux insectes de l'Amérique méridionale; tel est le Charançon impérial, qui se trouve au Brésil. Les Pachygaster sont des insectes de taille moyenne, ou assez petite, qui se trouvent dans les climats tempérés. Les “Lixes ont le corps long et linéaire. Les Calandres ont les antennes terminées par une massue triangulaire et spongieuse à l'extrémité; ils attaquent les grains et les substances ligneuses.
Les XY LOPHAGES n’ont pas la tête prolongée en trompe , leurs antennes sont courtes et vont généralement en grossissant; ils se trouvent dans le bois ou les champignons; les larves creusent des sillons souvent singulièrement ramifiés. Les Scolytes ont les palpes très-pelits, allant en s'amincissant , le corps convexe, la massue des antennes solide et comprimée. Les Bostriches ou Tomiques ont cette même partie formée de trois feuillets allongés. Les Platypes n’en diffèrent que par leur corps linéaire, Les Paussus ont les palpes très-grands ; ce sont de singuliers insectes , à corps rétréci en avant, à antennes ordipairement de deux articles, dont le dernier est trèsgrand et comprimé; ils sont tous propres aux contrées les plus chaudes. Les Apates diffèrent de tous les précédents par leurs palpes allant en grossissant ; leur corps est cylindrique, Tous les X’ylophages précédents n’ont au plus que dix articles à leurs antennes; les Mycétophages en ont onze, leur corps
est ovalaire: ils se trouvent dans lés champignons.
Les Trogosites ont lés mandibules découvertes et ro-
bustes, le corps allongé et déprimé; la larve de l’es-
ce ordinaire attaque lé grain dans le midi de la
rance, et a recu le nom de Cadelle. Les C ucujes ont
les antennes filiformes , les mandibules fortes et saillantes; ils se trouvent sous les écorces.
Les LONGICORNES se distinguent par là longueur de leurs antennes, qui est souvent excessive: ils se trouvent sur les plantes. Les Priones sont Xcorps souvent raboteux , souvent déprimé , à antennes fortes , à corselet ordinairement épineux; ce genre renferme les insectes les plus connus ; presque toutes les espèces sont exotiques. Les Capricornes ou Cérambyæ ont aussi reçn le nom d’Hamaticère ; ils ont le corselet inégal et raboteux, les premiers articles des antennes globuleux, et les autres longs et presque cylindriques. Les Callichromes ont le corselet globuleux. Les Callidies ont les antennes longues, lé corselet globuleux, les pattes postérieures grandes. Les Clytes n’en différent que par les antennes pins courtes et les pattes ordinaires. Les Nécydales ont les élvtres très-courtes,en forme d’écaille. Les Lamies ont le corseletépineux , la tête verticale , les antennes longues; presque toutes sont exotiques. Les Acrocines ne diffèrent des précédents que par leurs pattes antérieures, démesurément longues; l'espèce la plus Connue a reçu le nom de Longimane , et se nomme vulgairement l’Arlequin de Cayenne. Les Saperdes ont le corselet inerme et cônique, le corps allongé et souvent linéaire , lés antennes quelquefois plumeuses. Les Leptures ont les yeux entiers, la tête inclinée, rétrécie en arrière en forme de cou ; lestélytres vont en se rétrécissant jusqu’à l'extrémité. Les P'espères sont dé singuliers insectes, à corps mou et Wélÿtres béantes et très-courtes dans la femelle.
D'ENTOMOLOGTE, . agÿ
Les CHRYSOMÉLINES comprennent tous:lesautres 'étramères ; ils n’ont pas de trompe, leurs antennes sont courtes ou moyennes, ils sont pour la plupart ailés ,.etse trouvent sur les plantes; leurs larves serecouvréntd’excréments et s’en forment une sorte de fourreau. Les Sagres sont. des insectes propres aux pays les plus chauds, remarquables par la grosseur de leurs cuisses postérieures, et souvent par l'éclat de leurs couleurs: la Ghine, en produit trèscommunément une espèce d’une belle nuance pour pre. Les Criocèressont de petits insectesà corps allongé età yeux échancrés; ils se trouvent sur les asperges, les liliacées, etc. Les Donocies ont les cuisses postérieures grandes et renflées , le corps bronzé ou doré, à reflets et fossettes ; ils habitent sur les plantes aquatiques. Les Hispes ont le corps oblong, et sont couverts d’épines. Les Cassidesontle corps orbiculaire;en bouclier et déprimé. Les Cryptocéphales ou Gribouris . ont le Carps court, convexe, ebsont souvent peints-de jolies couleurs. Les Clythres ne s’en distinguentque par leurs pattes antérieures, très-longues. Les Chrysomèles ont le corps ovalaire , ailé. Les Doryphores sont-exotiques,et ont le sternum avancé: Les Timarches sont aptères, et surtout propres aux bords de la Méditerranée. Les Galéruques ont les antennes assez. longues, le corps renflé en arrière et assez mou. Les Altises s’en éloignent par leurs-cuisses pos- térieures, très-renflées et propres à sauter. Les Ero- ” tylesont les antennes terminées par une massue; ils sont tous exotiques. Les Phalacres sont de très-petits insectes à corps hémisphérique.
Les Coléoptères TRIMÈRES forment la quatrième section ; ils se composent de deux genresprincipaux: 1° celui d'Eumorphe, dont les antennes sont beancoup plus longues que le corselet; 2° celui de Goccinelle, où.ces parties sont très-courtes: ces:derniers
sont connus sous le nom de Bête-à-Dieu ; ce sont de jolis petits insectes, ordinairement couverts de points . de diverses couleurs.
Le deuxième ordre des insectes est celui des OR- THOPTÈRES; ils se divisent en deux grandes familles, suivant que leurs pattes sont simples et propres à courir, ou bien qu’elles sont beaucoup plus grandes que les autres et propres à sauter.
Les Orthoptères de la famille des COUREURS se répartissent en trois genres :
Les Forficules ou Perce-Oreilles, que tout le monde connaît, et qui ont trois articles aux tarses , le corps oblong ou linéaire, des ailes plissées en éventail , et se repliant sous des élytres courtes et crustacées, et le corps terminé par une pince grande et écailleuse;
Les Blattes, qui ont cinq articles aux tarses, les ailes pliées en long, le corps très-aplati et ovalaire ou même orbiculaire ; quelques espèces sont très : imporlunes dans les colonies, où on leur donne le nom de Kakerlacs ;
Les Mantes ont cinq articles aux tarses et les ailes pliées en long; mais le corps est ici étroit et linéaire ; quelques espèces sont vénérées dans les pays chauds, où on leur donne le nom de Prie-Dieuz celles qui sont aptères et ont la forme d’un petit bâton ont recu le nom de Spectre : plusieurs viennent des Indes , et sont d’une taille gigantesque ; d’autres ont la forme de feuilles (les Phyllies).
La seconde famille, celle des SAUTEURS, se compose principalement du grand genre Sauterelle, qui se reconnaît par ses élytres disposées en toit et ses tarses de quatre articles. Les Grillons ont les élytres et les ailes horizontales. Les Courtillières ou T'aupes- Grillons s’en distinguent par leurs jambes antérieures , élargies et dentelées en forme de main; ces parties leur servent à couper les jeunes pousses
des végétaux. Parmi les insectes que nous venons de réunir aux Sauterelles, l’on peut distinguer les Truxales, à tête élevée en pyramide ou en pointe, et les Pneumores , insectes vésiculeux qui se trouvent au Cap de Bonne-Espérance. L’on donne aussi le nom de Criquets ou Acridies à toutes les espèces à antennes élargies et comprimées; quelques-unes de VAmérique du sud et des Indes atteignent cinq eë six pouces de long. Le vrai genre sauterelle est restreint aux espèces à antennes longues et linéaires. Les HÉMIPTÈRES forment le troisième ordre de la classe des insectes; ils se répartissent en deux sections : les premiers, ou les HÉTÉROPTÈRES, se reconnaissent aisément par leur rostre inséré au front , les élytres de deux natures différentes , la première moitié étant coriace et l’autre membraneuse. Les uns formant la tribu des AÆMATHELGES, sont des insectes vivant de rapine, essentiellement carnassiers, à pattes antérieures ravisseuses , à rostre court , découvertet le plus souvent arqué, [ci se rangentenpremier lieu des insectes aquatiques qui n’ont pas d’ocelles, et dont les pattes postérieures sont ciliées : ce sont les Votonectes. Les Bélostomes s’en distinguent par les mêmes patles, qui sont nues; ce sont de grands insectes exotiques et ovalaires. Les Hydromätres on le corps très-allongé. Les Galgules ont des ocelles. Viennent ensuite les espèces terrestres, qui forment le genre Réduve. :
Les autres, qui constituent la tribu des 4 NT HO- THELGES, ne vivent pas généralement de rapine, mais de liquides végétaux; leurs pattes antérieures ne sont pas ravisseuses, et leur rostre est souvent trèslong. “REY = Tantôt le corps est allongé et les antennes insérées à la partie mférieure des côtés de la tête: ce sont les Lygées ; tantôt les antennes sont placées à
a partie supérieure (les Corces); dans d’autres, le corps:est aplati et élargi : ce sont les Punaises où Cimex, bien connus pour les tourments qu’ils nous causent ; d’autres encore ont le corps ovoide et plus œu-moins ‘plane, on leur donne le nom de Pentatome, et celui de Scutellère lorsque l’écusson couvre tout le dessus de l'abdomen.
-. La seconde section ou les HOMOPTÈRES sont caractérisés par le rostre inséré à la partie inférieure de la tête , ét leurs élytres généralement entièrement de même consistance.
Le genre le plus connu d’entre eux est-celui de Cigale, connu par le son qu’il fait entendre. Les Fulgores sont presque tous exotiques, et sont généralement remarquables par leur front renflé et avancé; plusieurs passent pour être lamineux. Les Membraces sont de singuliers petits insectes, à corselet élevé en forme de feuille, comprimé et couvrant tout le dos. -
‘Les Centrotes, qui sont remarquables par les pro-
longements-ou espèces de cornes qu’ils ont sur le corselet ; puis les Pucerons, dont les antennes, plus longues que le corselet, sont composées de sept “articles; qui vivent.en société sur les arbres -ou les . plantes, qu’ils sucent avec leur trompe; et enfin des Gallinsectes, dont le genre principal est celui des Cochenilles, qui n’ont qu’un seul article aux tarses, avec un crochet au bout. Les mâles sont dépourvus de bec et ils n’ont que deux ailes se recouvrant horizontalement sur le corps ; les femelles beaucoup plus grosses, sont employées dans le commerce pour la teinture des étoffes ; elles ont un bec et sont privées d'ailes.
Le quatrième ordre de la classe des insectes est celui des NÉVROPTEÈRES.
Il s'éloigne surtout des précédents par les deux
ailes supérieures, qui sont membraneuses , transpa= rentes, entièrement semblables aux inférieures , et garnies sur toute leur surface d’un réseau très-fin; les inférieures sont ordinairement aussi grandes que les supérieures , quelquefois plus larges ou plus longues;ileur bouche est formée par des mandibules et des mâchoires propres à la mastication; les antennes sont ordinairement sétacées et composées d’un trèsgrand nombre d'articles, La tête porte deux ou trois yeuxlisses surle vertex; le.corps est allongé, avec les téguments assez mous; l'abdomen estioujours sessile,
Parmi les insectes qui composent cet ordre, les uns n’ont.que des tr qd és tandis que les autres en subissent une.complète.
Les Névroptères .se divisent en trois grandes familles; la première est celle des SUB ULICORNES, Lat, Ils ont ordinairement le corps élancé et orné de couleurs variées, souvent assez vives : leurs antennes sont.terminées en pointe, à peine plus longues que la
tête, composées de, sept articles, dont le dernier.est
sétacé; les mandibules et les mâchoires sont entiè= rement recouvertes, soit par le labre.et la lèvre, soit par l'extrémité antérieure de la tête; leurs yeux sont très-proéminents et occupent souvent une grande partie de la tête.
Les larves et les.nymphes vivent dans les-eaux, où elles se nourrissent d'animaux vivants: elles ressemblent beaucoup à l’insecte parfait, aux ailes près: elles sortent de l’eau seulement pour subir leur der uière métamorphose, Cette famille forme deux genres principaux; le premier est celui des Libellules, connues vulgairement sous le nom de Demoiselles. Elles ontune grosse têle arrondie, avec deux yeuxlatéraux et trois yeux lisses ou ocelles situés sur le veriex: des mandibules solides très-consistantes, robustes et dentelées ; des mâchoires terminées par une pièce
écailleuse dentée et ciliée au côté interne, le corselet gros el l’abdomen linéaire très-allongé, toujours en forme de baguette et de dard.
Le second genre est celui des Éphémères , nom qui leur a été donné en considération de la courte durée de leur vie à l’état d’insecte parfait; ils se distinguent essentiellement des Libellules par leurs mandibules et leurs mâchoires, qui sont molles et sans aucune consistance; leurs antennes n’ont que trois articles, et leur abdomen est terminé par deux ou trois filets sétacés.
La seconde famille de l’ordre des Névroptères est celle des PLANIPENNES , qui est caractérisée par des antennes plus longues que la tête, composées d’une grande quantité d'articles; leurs ailes inférieures, aussi grandes que leurs supérieures étendues ou repliées seulement en dessus , et leurs palpes filiformes légèrement renflés à l'extrémité. Gétte famille se divise en plusieurs genres ; le premier est celui des Panorpes : ils ont:le corps allongé, les antennes filiformes, insérées entre les yeux, les organes ‘ de la bouche presque linéaires, les palpes fort courts, ét l'abdomen presque cylindrique.
Le second, les Fourmilions (Myrmeleo de Linné), ont le corps long, les antennes grossissant vers le hout ou se terminant en bouton; six palpes, dont les labiaux, plus longs queles autres, sont renflés à l’extrémité; les ailes sont d'égale longueur, allongées et en forme de toit; l'abdomen est long et mince, el porte à l’extrémité dans les mâles deux appendices saillants ; leurs larves vivent dans le sable, Viennent ensuite les Hémérobes, qui ont le corps mou, les eux globuleux , souvent dorés; le dernier article des palpes épais et ovale, le prothorax très-court, et les ailes grandes et en toit; les Jarves sont terrestres, et se nourrissent de pucerons, qu’elles détruisent en grande abondance.
Les Semblides, qui ont le prothorax très-grand , les ailes étendues horizontalement sur le corps et les palpes filiformes, ayant leur article terminal presque cylindrique, ordinairement plus court que le précédent; leur larves vivent au sein des eaux.
Le genre suivant est celui des Mantispes, qui se distinguent de tous les autres Névropières par leurs pattes antérieures, qui sont ravisseuses comme chez les Mantes ; ils ont aussi les antennes fort courtes, et le prothorax très-allongé.
Puis les T'ermites ou Fourmis blanches, qui ont quatre articles aux tarses, les antennes courtes et mouiliformes , la tête ronde, le corselet carré, les ailes couchées horizontalement sur le corps, légère ment colorées , à nervures fines, ne formant pas de réseau distinct; ces insectes vivent en-société el se construisent des demeures à leur état de larve. Et les Psoques, qui se distinguent des précédents parce qu’ils n’ont que deux articles aux Larses el que leurs antennes sont sétacées,
Enfin le dernier genre de cette famille est celui des Perles, qui ont le corps allongé, étroit et déprimé, les tarses composés de trois articles, les antennes sétactes, les mandibules petites et presque membraneuses, et les palpes maxillaires très-proéminenis.
La troisième et dernière famille des Névroptères est celle des PLICIPENNES, chez qui les mandibules manquent entièrement, et qui ont les ailes in férieures plus larges. que les supérieures , el plissées dans le sens de leur longueur. Le genre principal est celui des Phriganes, dont les lirves vivent dans l’eau et se construisent des fourreaux avec des frag ments de bois ou de coquillages, pour se préserver de la voracité des insectes carnassiers,
Après les Névroptères vient immédiatement l’ordre
28 TRAËTÉO ÉDÉMENTARE
dés HYMÉNOPTÈRES, qui ont'une bouche formée par dés mandibules, ét des mâchoires, avec deut lèvres, ane tête portant sur son vertex , trois petits yeux lisses entre les latéraux, quatre ailes membraneuses el nues ; lés supérieures plus grandes que les autres, ayant un moins grand nombre- denervures que les inférieures , et n'étant que veinées sans être réticulées; des antennes filiformes ou sétacées, et l'abdomen terminé chéz les femelles par une tarière ou un aiguillon.
Cétordre sedivise en deux grandes sections : la pre- ‘mière , celle des TÉRÉBRANS, qui a pour caractère d’avoir une tarière dans les femélles, est diviséeen deux familles : la première est celle des Porte-scie, qui est caractérisée par l'abdomen sessile, c’està-dire dont la base s’unit au corselet dans toute son épaisseur, et semble n’en être qu’une continuation; les femelles sont armées d’une tarière qui leur sert à déposer les œufs, et à préparer la place destinée à les recevoir. Cette famille renferme deux tribus : la première renferme les TENTHRÉDINES, plus connues sous le nom vulgaire de Mouches à scie; elles ont des mandibules longues et comprimées, des palpes maxillaires toujours composés de six articles, et Les labiaux senlement de quatre; la languette irifide, ct la tarière des femelles composée de deux lames minces, pointues , réunies ensemble , finement dentées en scie, et logée dans une coulisse, sous l'anus. Le principal genre de cette famille est celui des T'enfhrèdes , dont un grand nombre d'espèces sont indigènes ; la seconde tribu, celle des Unockres, diffère ‘dela précédente par les mandibules, qui sont courtes et robustes , la languette entière, la tarière quelquefois très-proéminente et composée de trois filets, ou roulée en spirale dans l'abdomen ; les genres de cette iribu sont principalement les Sireæ, qui ont des an-
: 1 BENROMOLOGIE, 285 tepnes filiformes deireizéà vingt-cinq articles, et les
Orysses, qui ontiles antennes seulement de dix à onze
articles,
La secondefamille estelle des PUPIFORES, qui ont labdomenpédiculé ; c’est-à-dire qu'ilestatiaché aucorselet par un:très-petit filet ou-pédieule, et qu'il semeut sur de thorax: les femelles-sont munies d'une
tongne: tarière qui leur sert d’oviducte. On divise
cette famille en six tribus: la première.est celle des Évaxrazes, qui ont les mandibules denielées à leur côté interne; les: palpes maxillaires de, six articles, et les labiaux seulement de quatre; les, antennes liliformes ousétacées de treize à quatorze articles ; lés ailes veinées sét une tarière saillante de trois filets. Les genres de cette tribu sont les Evanies, dont les antennes sont coudées, et les Fænes, qui les oni sétacées.
Les Tenneumornes forment la seconde tribu; ils ont les antennes: capillaires , rarement en massue, ayant au moins seize articles, et souvent un bien plus grand nombre; les palpes de cinq-articles ; Le æmandibules dépourvues de dentelures au côté, interne , et les-ailes: veinées,, les supérieures ayant tou-
jours dans leumdisque des cellules fermées. Le genre.
Tchneumon enest le type.
Latroisièmetribu, les Gazzicozes,,ont leurs aniennes de la même épaisseur dans toute leur longueur, où allant un: peu en grossissant. vers l'extrémité ; elles ont de treize à quinze artieles les palpes sont fort longs, les maxillaires ont quatre.articles, et les labiaux seulement trois; les,ailes inférieures n'ont plus qu'une seule nervure , et les. supérieures
que quelques cellules ; les Gallicoles-formentle genre
Cynips et quelques autres très- voisins créés à ses dépens:
Les Cnazemwites font Ja quatrième imibn,.qui ne
s'éloigne essentiellement de la précédente que par les antennes, qui sont coudées, et forment, à partir de ce coude, une massue longue ou en fuseau.
La cinquième tribu est celle des Oxvures; ils ont les antenves de dix à quinze articles filiformes ou en -massue, la tarière tubulaire cônique , interne et sor- ‘tant de l’anus comme un aiguillon, ou extérieure et formant uné' espèce de queue. Le principal genre des Oxyures est celui des Béthyles.
Enfin, la sixième et dernière tribu est celle des Cunvsipes, qui ont leur tarière formée par les derniers anneaux de l'abdomen, et qui se termine par un petit aiguillon; l'abdomen est roulé ou plat en dessous, et peut'se rouler contre la poitrine. Cette tribu renferme le genre Chrysis ; qui lui donne son nom. pet :
La seconde section de l’ordre des Hyménoptères, celle des PORTE-AIGUILLON , s'éloigne de la première par l'abdomen , qui est dépourvu de tarière, mais qui est armé d’un aiguillon detrois pièces, caché ‘et rétractile, qui la remplace ; les antennes sont toujours simples et composées d’un nombre d'articles invariable , qui est detreize chez les mâles, et de douze seulement chez les femelles; et les quatre ailes sont toujours veinées, et offrent diversessortes de cellules.
Leurs larves sont apodes, et vivent des substances que les femelles on les neutres leur procurent.
On partage cette section en quatre familles : la première est celle des HÉTÉROGÈNES ; qui ont les antennes coudées, allant en grossissant vers le bout et ayant leur premier article aussi long que tous les suivants réunis ; la languette petite, arrondie et voûtée; cette famille renferme des insectes qui ont trois sortes d'individus, des mâles et des femelles ailés, et des neutres aptères. Le principal genre est celui des Fourmis, qui sont privées d’aiguilion.
La seconde famille, celle des FOUISSEURS où GUÉPES ICHNEUMONS, ne comprend que des Hyménoptères de deux sortes, vivant isolément, dont tous les individus. sont ailés et les femelles armées d’un aiguillon, dont les pattes sont exclusivement propres à marcher ou à fuir ; qui ont toujours une languette élargie à l’extrémité. Les Fouisseurs forment le genre des Sphex de Linné.
Les DIPLOPTÈRES font latroisième famille; ils ont des antennes coudées et en massue, des yeux échancrés, des ailes supérieures doublées longitudinalement, et le prothorax se prolongeant postérieurement de chaque côté jusqu’à la base des ailes ; ils vivent.en sociélés composées de trois sortes d’individus; les principaux genres sont ceux des Masaris, qui semblent n’avoir que huit articles aux antennes, parce que:le huitième forme, avec les suivants, une massue à articulations presque invisibles, et celui des Guêpes, qui ont toujours treize articles très-distincts dans les mâles, et douze dans les femelles,
Enfin, la quatrième et dernière famille de cet ordre est celle des MELLIFÈRES, qui ont des mâchoires et des Îèvres très-longues, formant une espèce de trompe, et des pattes postérieures qui ont la propriété de ramasser le pollen des étamines, parce qu'ils ont le premier article des tarses de ces pattes très-grand, fort élargi, et ayant la forme d’une palette carrée ou d’un triangle renversé; ce qui distingue essen-
tiellement cette famille de tous les autres insectes. :
Les Mellifères ont trois sortes d'individus; les fe-
melles et les neutres. sont pourvus d’un aiguillon, et
ils renferment les genrés des Abeilles et des Bour-
dons. <
Les LÉPIDOPTÈRES, ou Papillons, forment.le sixième ordre de la classe des insectes ; ils ont une
trompe roulée en spirale qui leur sert à pomper le
#86 TRAITÉ ÊLÉMENTAIRE suc des fleurs; les palpes sont hérissés de poils ou d'écailles, et placés de chaque côté de cette trompe; ils ontencore, pour les distinguer de tous Jes autres ordres d'insectes, quatre ailes recouvertes dans toute leur étendue, tant en dessus qu’en dessous, de petites écaillescolorées semblables à une poussière, qui s’enlèvent au moïndre contact, Les antennes varient de forme, et sont toujours composées d’un très-grand uombre d'articles ; les trois pièces du thorax se réunissent enun seul corps; le prothoraxest très- court, “le mésothorax’et le métathorax se confondentensemble: l'écusson est triangulaire, et la pointe est dirigée du côté de Ia tête; l'abdomen est composé de six à sépt anneaux, il est pédiculé et n’offre ni aiguillon nf tarière, comme dans les Hÿménoptères ; les tarses ont toujours cinq articles.
Il n’y a que deux sortes d'individus, des mâles et dés femelles. Leurs larves, plus connues sous le nom de chenilles, ont six pattes écailleuses, répondant à celles de l'insecte parfait, et'de quatre à dix pattes mémbraneuses’, dont lés deux dernières sont situées totit-xfait à l'extrémité du corps près dé l'anus.
Nous partageons les Lépidoptères en quatre grandes familles : la première est celle des DIURNES, qui ont les antennes terminées par‘un renflement en {orme ‘de bouton ou ‘de pétite-massue ; les aïlés toujours élevées perdiculairement pendant le repos. et les inférieures dépourvues de soie, raide, écaiileuise, servant à retenir les supérieures, Les principaux genres des Diurnes sont'les Papillons proprement dits, qui ont lesbalpes inférieurs fort courts’: les Piérides, qui les ont présque cylindriques, léetrement comprimés ; les Polyomates, qui ont sur lès ailes un grand nombré de petites taches ‘oculaires Qui leur ont valu ce nom; les Nymphales, qui ont 12 massue dé leurs antennes très-allongée , et les pattes
D'ENTOMOLOGIE, 287 antérieures tout-à-fait rudimentaires ; les V’anesses : qui ont les antennes terminées brusquement par un bouton court, de forme ovoïde ; etles Æespéries, qui ont les palpes fort courts, élargis et munis d’écailles, et les antennes terminées en une massue allongée.
La deuxième famille, les CRÉPUSCGULAIRES, ont leurs antennes en massue allongée , quelquefois:en fuseau, et d’autres fois prismastiques; leurs ailes inférieures ont à la base du bord externe une soie raïde, écailleuse, en forme de crin, qui passe dans un crochet placé sous les ailes supérieures , et qui, pendant le repos, les maintient dans une position horizontale, Les principaux genres sont les Sphinx, dont les antennes, dès le milieu, forment une massue prismatique, ciliée ou striée transversalement :; les Smérinthes, qui s’en distinguent par les antennes, denticulées , et la langue qui n’est point distincte; etles Zigènes, qui ont des antennes terminées brusque-
Ment par une massueen forme de fuseau ou de corne de bélier,
La troisième famille, les NOCTURNES, ont des antennes ordinairement filiformes, diminuant insen siblement de grosseur de la base à l'extrémité ; dans certains mâles les antennes sont flabellées: les ailes sont couchées horizontalement sur le corps pendant le repos ; les inférieures ont nn crin près de leur bord extérieur, s’engageant dans un anneau situé sous les ailes supérieures. Le corps est robuste et le thorax très:large.
Les Nocturnes ne volent que très-rarement dans de jour, mais seulement après le coucher du soleil-ou avant son lever; leurs chenilles se. filent presque toutes une coque pour garantir leur chrysalide, qui passe souvent lhiver, des intempéries de la mau- Yaise saison. :
Gette famille renferme un très-grand nombre de
genres : quelques-uns des principaux sont les Chelonia , qui ont les antennes pectinées dans les mâles, et les palpes inférieurs très-velus ; les Bombyx, dont le B, du mürier ou Ver à soie est le type; les Satur-. nia, dont on a fait un genre aux dépens de celui des Bombyx, et qui ont pour type le Grand Paon de nuit; les Noctuelles, qui ont des antennes sétacées dans les deux sexes, et des palpes fort courts couverts d'écailles : ce genre, l’un des plus nombreux de cette famille , renferme une grande quantité d’espèces indigènes, qui, la plupart, ont des couleurs très-obscures. -
La quatrième et dernière famille des Lépidoptères est celle des PHALÈNES , qui se distinguent surtout des Noctuelles, parce que leur corps est très-grêle, leur thorax très-étroit, et leurs épaulettes peu saillantes ; cllés ont souvent leurs ailes élevées perpendiculairement pendant le repos, et couchées horizontalement sur le corps; les antennes sont tantôt filiformes ettantôt pectinées, au moins dansles mâles.
Les Phalènes volent presque toutes pendant le jour ou avant la chute du jour; un grand nombre d’entre elles ont des larves qui n’ont que quatre, pattes membraneuses, et qui marchent en décrivant des courbes, ce qui leur a fait donner le nom d£ €henilles arpenteuses. |
Les principaux genres de cette famille sont les Pyrales, qui opt des antennes filifurmes, une tromp® distincte et des palpes assez longs; les Teignes’ qui ont.une trompe fort courte formée par deux petits filets membraneux ci disjoints; et les Adèles qui ont des antennés au moins six fois aussi lon” guesque le corps, et des palpes très-petits et velus”
Après les Lépidoptères vient immédiatement l'or” dre STRÉSIPTÈRES, de M. Kirby, ou RaPTÈRE* de Latreille, qui ont une bouche formée par quatr®
D'ENTOMOLOGIE. 289 pièces, dont deux plus courtes paraissent être des palpes n’ayant que deux articles, etles autres, situées près de la base interne des précédentes, semblent être les mandibules, qui ont la forme de petites limes linéaires pointues, se croisant l’une sur l’autre à l'extrémité; de gros yeux grenus, un peu pédiculés ; des antennes de trois articles; un prothorax portant de chaque côté une petite lame cornée, ayant la forme d’une élytre rejetée en arrière; des élytres recouvrant la base ou presque la totalité de ces petits appendices ; des ailes grandes, membraneuses, ayant des nervures longitudinales , et se pliant dans le sens de la longueur, comme chez les Orthoptères. Un abdomen composé de huit à neuf segments; et des pattes membraneuses, avec des tarses filiformes de quatre articles.
Les Strésiptères sont d’une taille très-exiguë; ils passent leur vie à l’état de larve entre les anneaux de certaines Guépes et de plusieurs autres Hyménoptères dont ils sont parasites. Cet crdre re renferme que deux genres, celui des SrxLors, qui ont la branche supérieure de Ja pièce terminale des antennes compo-sée de trois articles, et celui des Xenos, dont les deux branches des antennes sont sans articulations.
Le huitième ordre, LES DIPTÈRES , se distinguent surtout des autres insectes, parce qu’ils n’ont que deux ailes, qui sont membraneuses; mais audessous d'elles il y a presque toujours deux petits corps mobiles qui ont reçu la dénomination de balanciers, et qui ne sont que les ailes inférieures réduites à leur plus simple expression. Ils ont un suçoir formé par plusieurs pièces écailleuses en forme de crins; il est ou renfermé dans la gouttière supérieure d’une gaîne ayant la forme d'une trompe terminée par deux lèvres, ou recouvert par une ou deux pièces inarticulées qüi lui servent de gaîne; et leur
bouche, ainsi conformée, n’est propre qu’à absorber desmatières fluides. Les antennes, rapprochées à leur base, sont insérées sur le front ; les unes sont sétacées, et les autres ne sont composées que de deux ou trois articles, dont le dernier a la forme d’un fuseau ou d’une petite plaque lenticulaire munie, ou d’un gros poil ou d’un appendice ayant la forme d’un stylet. Les pattes sont ordinairement longues et grêles; leurs tarses ont cinq articles, dont le dernier est muni de deux crochets, et souvent de deux ou trois pelotes vésiculeuses
Les larves des Diptères ont une tête molle et sont privées de paltes; quelques-unes se filént une coque. On partage cet ordre en plusieurs familles : la première est celle des NEMOGEÈRES, quiontle corps allongé, une trompe saillante, deux palpes extérieurs insérés à la base de la trompe, composés de quatre à cinq articles; des antennes filiformes, souvent velues, surtout dans les mâles, beaucoup plus longues que la tête, et composées d’un nombre d’articles variable; les balanciers découverts, sans être accompagnés de cuillerons, et un abdomen allongé composé de neuf segments. Les Mémocères renferment le genre des Cousins, qui ont des aniennes filiformes hérissées de poils, et de qualorze articles, et une longue trompe filiforme contenant un sucçoir piquant, formé par cinq soies; et le genre des T'ipules, qui ont une trompe très-courte, terminée par deux lèvres ou qui est en forme de siphon.
La seconde famille, les TANYSTOMES, se distineue des autres familles par le suçoir, qui est de quatre pièces, et par les antennes, dont le dernier erlicle, sans y comprendre la soie qui le termine, n'offre aucune division transverse. Les principaux genres sont les Asiles, Qui ont la trompe dirigée en avant ; les Empis, qui l'ont perpendiculaire ou dirigée en arrière; les Cyrtes, qui s’en éloignent par leurs
Ls
D'ENTOMOLOGIE. 291 ailes inclinées de chaque côté du corps, et les cuillerons très-grands, de manière à couvrir les balanciers ; les Bombyles, qui ont les ailes étendues horizontalement et les balanciers découverts; les Anthraz, qui diffèrent des Bombyles par leur corps déprimé; les T'hérèves, qui ont une trompe membraneuse, les palpes retirés dans la cavité orale, etles antennes terminées en fuseau, avecun petit stylet articulé à l’extrémité; et les Leptis, qui se distinguent des précédents par leurs palpes, qui sont extérieurs, et par les antennes, ayant leur dernier article presque globuleux.
Après les T'anystomes viennent immédiatement les TABANIENS , qui ont des antennes ayant leur dernier article annelé, une trompe saillante , des palpes avancés et un suçoir de six pièces. Le principal genre de cette famille est celui des T'aons (T'abanus), qui piquent les chevaux et les bœufs pour leur sucer le sang.
La quatrième famille est celle desNOTACHANTES, qui ont un suçoir de quatre pièces seulement; des palpes terminés en massue; des antennes dontrle troisième article est divisé transversalement comme en plusieurs anneaux; un écusson dentelé ou épineux, et des ailes ordinairement croisées. Les Notochantes se divisent en trois sections : la première est celle des Mydasii, Lai. ; ils ont l’écusson dépourvu de dents et d’épines; les antennes tantôt de cinq articles, dont les deux derniers forment une massue ou une tige cylindrique; tantôt de trois articles, dont le dernier, très-grand et divisé en trois anneaux, se termine en pointe. Cette section renferme les genres des Mydas, qui ont des antennes plus longues que la tête, terminées en une massue allongée, avec un ombilic, d’où sort une petite soie; des Chyromyæes, qui ont des antennes de cinq articles, dont les deux derniers plus grêles; et des Pachystomes, qui n’ont que trois articlet aux antennes, avec le dernier di- * visé en trois anneaux.
292 TRAIÎTÉ ÉLÉMENTAIRE
La seconde section, les Décatomes de Lai. + OH des antennes de trois articles, dont le dernier, plus long que les autres, est dépourvu de stylet ou de soie, mais est divisé en huit anneaux. Le seul genre essentiel de celte section est celui des Xylophages.
La troisième section (Stratiomy des, Lat.) présente des antennes de trois articles, dont le dernier n’est divisé qu'en cinq ou six anneaux au plus; il porte presque toujours une soie à son extrémité, mais quand il en manque il a la forme d’un fuseau allongé.
À la suite des Wotachantes vient se placer la famille des ATHÉRICÈRES , qui ont un suçoir renfermé dans une gaîne n’ayant au plus que quatre pièces, et le plus souvent que deux ; une trompe terminée par deux grandes lèvres: des palpes cachés pendant le repos; et des antennes n'ayant que deux ou trois articles, dont le dernier n'offre jamais de divisions annulaires , et porte une sole à son extrémité.
Gette famille se partage en deux grandes sections : ceux qui ont le suçoir composé de quatre pièces, qui forment la tribu des Syrplides, dont le genre principal est celui des Syrphes, et ceux dont le suçoir n’a que deux pièces; ceux-là forment trois grands genres: le premier, celui des OEstres, se distingue des autres Diptères, par la bouche qui est réduite à 1rois tubercules, ou à de simples rudiments de la trompe et des palpes. Le second genre est celui des Conops, qui diffèrent essentiellement des autres Athéricères par la trompe, qui est toujours saillante et en forme de siphon. Les Mouches proprement dites terminent cette famille; leur trompe, irès-apparente, est toujours membraneuse et bilabiée; elle porte ordinairement deux palpes, qui peuvent se retirer dans la cavité buccale. Plusieurs espèces de ce senre fréquentent les maisons, La famille des PUPI- PARES termine l’ordre des Diptères ; ses caractères sont l'absence des balanciers ; la forme de la tête,
D'ENTOMOLOGIE. 299 qui se partage en deux parties distinctes; la première , qui porte la bouche et les antennes, et l’autre les yeux; la cavité buccale, qui est occupée par une membrane d’où sort un suçoir composé de deux filets ; ce dernier est recouvert par deux lames coriaces, allongées et velues, qui lui servent de gaîne, et les antennes, qui ont tantôt la forme d’uu tubercule surmonté de trois soies, ou tantôt celle d’une petite lame velue.
Les Pupipares vivent tous sur des quadrupèdes ou des oiseaux ; ceux qui ont une tête distincte et articulée avec la partie antérieure du prothorax, forment le genre des Æippobosques: ceux dont la têle est très-petite ou presque nulle, formant, près de la partie antérieure du thorax, un petit corps s’élevant verticalement, forment Je genre des Vyctéribies.
Nous terminerons par l’ordre des SUGEURS de De Géer, ou Siphonaptères de Lat., qui manqueni iotalement d’ailes, qui ont un suçoir composé de trois pièces renfermées dans leurs lames articulées, qui forment, étant réunies, une‘trompe recouverte à la base par deux écailles : ces caractères suffisent pour distinguer les Suceurs de tous les autres ordres d'insectes.
Ils subissent des métamorphoses complètes analogues à celles des Dipières.
Cet ordre ne renferme qu’un seul genre, qui est celui des Puces (Pulexz, Lin.), qui ont un corps ovale, comprimé latéralement ct divisé en douze segments, et des antennes insérées près de la base de la trompe, à peine aussi longues que la tête et composées de quatre articles.
Les Puces se nourrissent du sang de divers animaux; on prétend qu’elles nourrissent leurs larves de leurs excréments. Cet ordre termine la série naturelle des différents insectes classés d’après la méthode, généralement adoptée, de Latreille,