TRAITÉ ÉLÉMENT AIRE
sectes la faculté de respirer. On trouve dans l’excel
lent ouvrage de MM. Kirby et Spence (/ntroduction
to Entomology) le tableau suivant, qui peut être.
considéré comme le résumé des idées d’Aristote sur
la distribution des insectes :
Coleoptera = Scarabés.
| Pedetica == Orthoptèressauteurs. Latr.
l : Astomata — Rémiptères et particuliérement la Cigale. \ Pterota Psychæ — Lépidoptères ou Papillon. È (Majora — Névroptères et Orthoptères vel Tetraptera coureurs. Latr.
£ ne "1 gr en À ; à \ Hinora — Mouches, Tipules.
& | Pülota \ Diptera | Opisthocentra=— Culex, Tabanus. # f Pierota simul { Myrmex == Fourmis.
et Aptera À Pygolampis-— Lampyres ou Vers luisants.
Aptera.
Tel est à peu près le résumé rapide des connaissances entomologiques des Grecs; les Romains y ajoutèrent fort peu de chose. Pline nous apprend qu’Apollodore avait écrit une sorte de Monographie des Scorpions, mais ce travail ne nous est pas parvenu. L'immense ouvrage du grand naturaliste romain n’est guère, sous le rapport de l’Entomologie, qu’une vaste compilation des Grecs , et n’ajoute rien d’important à ce qu'Aristote avait écrit sur ce sujet, dontilestaussisouvent question dans les ouvrages de Théophraste, de Dioscoride, de Virgile, d'Ovide, d’'OElien ; mais la brillante imagination de ces poètes” les porte à prendre souvent pour la réalité des fables ingénieuses. :
Lorsque l'empire romain devint la proie des Barbares, toutes les sciences semblèrent oubliées, ct un grand nombre d'années se passèrent dans l'obscurité la plus complète; enfin, vers le milieu du treizième siècle , apparut Albert-le-Grand, homme d’une vaste érudition, qui consacra à l’histoire natu: relle l’un des vingt et un volumes dont se composent ses œuvres, Il s'étend peu sur les insectes , auxquels
B'ENTOMOLOGIE: | 39 il donne le:nom d’Annulosa, ‘en les réunissant aux reptiles Batraciens et aux Crustacés:
Cuba, dans son /J ortus-Sanctatus, publié en 1485, fait FUI à peine mention du sujet qui nous occupe. Ulysse Aldrovande ; mort aveugle en 1605, est le Premier savant qui ait consacré sa vie entière à lé-. tude de l’histoire naturelle; ses ouvrages forment :° volumes, et nousoffrent une immense compilation
de tout ce qui avait été écrit avant: lui sur cette Science. Voici sa distribution des insectes.
f . L favifica
anelytra. , . he non favifica
4 à alata. . { elytrota. é
à E per
fn nm
LA Si apte: paucipeda
= Ë apo da un mere
saine
Gaspard Schivanckfield, médecin à Harichberg, publia en 1603 son 1 “heriotrophium Silesiæ, qui Peut être considéré comme Ja première tentative qui ait été faite d’une faune particulières; les crustacés y SOnL séparés des insectes, et réunis aux mollusques et AUX poissons, | É En 1654 parutà Londtes, et sous le titre de Theatrum Insectorum., an ouvrage remarquable par le Sand nombre d'espèces qui y sont figurées. Cetravail, entrepris dans l’origine par Edward Witton et le célëbre Conrad Gesner, fut acheté par je médecin Tho- Mas Penny, qui mourut en 1989, avant d’avoir pu le Publier, Mouftet , l'ayant alors acquis, y travailla long-temps, en revit le style, et:y ajouta de nomereuses planches. Mais Lientôt la mort vint aussi le a Lpers ce manuscrit tomba alors entre les mains = a Théodore Mayenne, baron d'Aubonne, qui pe à Un au public. Une traduction anglaise
aïte trente-quatre ans après.
18 HRAITÉ ÉLÉMENTAIRE | Malpighi nous-fit le premier connaître, en 1686: anatomie des Vers à soie. | Enfin nous arrivons à l’un des hommes qui ont rendu les plus grands services aux sciences naturelles: François Redi, dans deux ouvrages très-remarquables ‘publiés en 1685 et 1686, prouva, par uné suite de belles expériences, le fait avancé aupara vant par Hervey, que tout être est le produit d’une semence; ce n’est donc que plus de deux mille an“ après Aristote qu’un homme de génie parvint à renverser unc théorie fausse, qui jusque là avail subsisté sur la seule aulorité de son auteur. L'ouvrage de Leuwenkock, publié en 1696 sous le titre d’Arcana Naturæ, est un recueil précieux el rempli d'observations entomologiques d’une grande importance, Swammerdam est aussi un de ces hommes éminents dont l'apparition fait époque dan l'histoire de la science ; il chercha le premier à asseoir une classification des insectes sur l'étude deleurs métamorphoses, inspiration philosophique qui enfin commença à faire sortir l’entomologie du chaos dans lequel cette partie de l’histoire naturelle avait été jusqu’ alors plongée.
Le tableau suivant offre l’ensemble de saméthode.
Classe I. Métamorphose complète —aptères. ns | IT, Métam. semi-complète { rt parure
£ ! \ coléoptères, hyménoptères, E incomplète | parti des névroptères et def ÿ Classe TIT. sétam. | diptères. >
| enveloppée (obtectal)— lépidoptères.
\ Classe IV, Métam. resserrée (contracta)—Ichneumons et muscides!
Ray, dont l’ouvrage posthume parut à Londres en 1718, sous le titre de Leitres Philosophiques entr Le savant M.-Ray et plusieurs de ses ingénieux corres” pondants auxquelles sont ajoutées celles de Willughbyr suivit la même marche que Swammerdam ; voic!
sa division des insectes :
Insecta”
4 Terrestria ( Annelides).
: Apoda, .. Pattes di & N 4 4 = . : ajora (Larves). \ 5 Hexapoda. (amas ie des lits), audata ( SCOrpion }, 5 Octopoda. {non caudata (Araignées ).
& | Podata 44-Poda.
< -( 24-Poda.
30-Poda. 3 ; Cylindrica ( Jules. } (Te { Compressa ( Scolopendres).
Eolypoda: À Corpoteretii.
: Aquatica. —— plano.
Bicaudata.
Orthoptera.
Metamorphosis Lane g | semi-completa. } Tibellulina.
ë Ephemerina.
S \Métamorphosis { Coleoptera, \ & /incompleta vel Alis farinaceis ( Lépidoptères ). © \ obtecta.
El Anelytra. Diptera. É 8 Mellifica (Abeille, Bourdon). ÉTA F Alis membra- | ( Gregaria 8 favifica | Non mellifica ( Guêpes ). = naceis. Tetraptera. Vespi- Apiformia (Andrenes, Halictos ). Metamorphosis { Muscida. 5 ordi Breviora {Crabro }. \eoarctata. { ïchneumones minuti, Solitaria non * (Angustiora (Ichneumons). Gregoria et favifica. Ÿ Papilioniformia (Trichoptères). À Seticaudæ seu
tripilia ( Pimpla).
(el if
Versla même époque parut à Londres un assez grani nombre d'ouvrages sur le sujet qui nous occupe. L? célèbre conchyologiste Lister nous fit connaître let Arachnides et les Scarabés de l'Angleterre, et distri bua méthodiquement l’ouvrage de Gæœdart, de In’ sectis in methodum cum notularum additione: Lon’ dini, 1688.
Cet ouvrage n’est remarquable que par les figures quisont moins imparfaites que toutes celles qui avaien! paru jusqu'alors.
Valisnieri étudia le premier les mœurs d’un asse/ grand nombre d’insectes (1).
Rœsel suivit leurs métamorphoses, et joignit I talent du dessinateur à celui du naturaliste.
pr
{1) Antoine Valisnieri (dit M. de Lamarck, Nouveau Diction naire d'Histoire Naturelle, 2° édit., t. 22, p. 208), ayant fait se beaux travaux sur la génération, n'avait pu les publier (quoiqu* dédiés à l’empereur des Romains et approuvés par lui); il craï! gnait, d’après l’exemple de Galilée, qu’on ne lui permit pas d’# vancer l’idée, alors nouvelle, qu'aucune génération n’était spont tanée, et que les plus vils insectes même étaient créés par Dieni bien que ce sentiment füt très-religieux en lui-même, Il s’adresst à un savant théologien de Pavie, l’un de ses amis, le Père Tonth pour qu’il lui découvrit quelque moyen d'éviter l’inquisition. Cf bon religieux lui dit qu’il trouverait dans les pères de l'Église toul ce qu'il lui faudrait. Én effet, il trouva plusieurs passages de sain Augustin, dans lesquels il semble que cet éloquent évêque d’Hip:
pone ait reconnu la préformation originelle de tous les germes dei
créatures vivantes. Ainsi ce père écrit sur la Genèse : Undé Dei nullam amplius crealuram instituens, sed ea, quæ omnia simul fecil administratorio actu gubernans et monens, sine cessatione operatufs simul requiescens et opcrans. De là le P. Tonti conclut que sain! Augustin a reconnu que tout avait été créé dans l’origine, et qué tout ce que nous voyons depuis ce temps n’est que le résultat dé développement du plan primordial. Etle P. Tonti s'étonne mémû que saint Augustin, par la force de son génie, ait pu prévoir Jef belles découvertes des Leuwenhæk et des autres micrographes# sans avoir l’idée du microscope; car l’évêque d’Hippone s’expli que ensuite en ces termes ; Sicut enim in ipso grano invisibilh crant omnia simul, quæ per tempora , in arborem surgerent, ülà ipse mundus cogitandus est, quum Deus omnia simul creavit,
Pétiver donna le plan synoptique d’un assez
grand nombre d'espèces. Mais il était réservé à une femme de donner l'exemple aux naturalistes voya- SeurSs, Qui parcoururent toutes les contrées du globe POUF nous en faire connaître les productions. Marie- Sibylle de Mérian, entraînée par son ardent désir ‘étendre ses connaissances, surmonta mille dan: Sets pour aller à Surinam étudier les: insectes de cette colonie ; et publia, à son retour, un magnifique ouvrage sur ce sujet, :
Plusieurs peintres, tels que Albin, Aubriet, Blanchard, appliquèrent aussi leurs talents à l’'Entomologie. Le grand ouvrage de Seba nous offre aussi la représentation d’un assez grand nombre d’insecles, la plupart exotiques.
En 1738 parut l’ouvrage de Lesser, intitulé /nsecto-Theologia, avec douze planches. La seconde édition, également en allemand, doit en avoir treize.
Yonnet en a fait paraître une édition en français,
Sous le titre de 7 héologie des Insectes (Paris, 1797).
6s notes sont très-bon nes: mais la traduction, qui est d’une autre main , fourmille de fautes.
Ous allons actuellement parler des trois plus 8rands observateurs dont la science puisse se glorifier : Réaumur, Geoffroy et de Géer.
En 1734 parut l’admirable ouvrage de Réaumur ; ses Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes sont un Monument prodigieux du génie, de la patience et des immenses connaissances de ce grand homme,
L'ouvrage du bon et modeste Geoffroy date de 1764, et a eu deux éditions. Profond observateur, plus méthodique que Réaumur, ce savant estimable ? surtout propagé en France le goût de l’Entomolo- 8te. Le premier il établit une méthode de classifi- “ation fondée sur le nombre des articles des tarses ; et Hoïque le temps ait prouvé combien ce caractère
a peu d'importance , l’on ne peut cependant désavouer qu’en simplifiant l'étude de l’'Entomologie, il n’en ait prodigieusement hâté les progrès,
Charles, baron de Géer, réunit au talent d’observation de Réaumur un esprit beaucoup plus méthodique que celui de son illustre maître. Son magnifique ouvrage parut à Stockholm, en 1752, sous le titre de Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes. Ce travail sera peut-être égalé un jour; mais nous doutons qu’il puisse jamais être surpassé.
Quatre ailes sans étuis ( Lépidoptères, Névroptères, Hyménoptères) Avec :
des ailes { Deux ailes recouvertes de Orthoptères, Copar deux étuis. . . .{ léoptères)
Insectes
Deux ailes découvertes ( Diptères, Coccus }.
Subissant des métamorphoses ( Aphanoptères ).
Aptères. Ne subissant pas de métamorphoses (Termes, Psoques, Arachnides , Crustacés ), F
Nous sommes enfin arrivés à l’un de ces hommes transcendants dont la Providence semble être avare, car dans un espace de près de trente siècles elle n’a produit que deux hommes qui puissent lui être comparés, Aristote et Cuvier ; nous parlons de Linné.
Carl von Linné naquit en 1707. De bonne heure lon put deviner qu’un grand homme de plus était acquis aux sciences naturelles : à l’âge de vingt-sept ans il publia la première édition de ‘son Systema Naturæ, dont la treizième porte la date de 1767. Sa Fauna Suecica est de 1761. Sa méthode entomologique est fondée sur la considération des ailes, éta, par cette raison, reçu le nom de Système alaire : en voici la clé:
f les ; au nombre | AP }coléoptères.
suture droîte . . .
/ de quatre
demi-coriaces, se } Hémiptères.
es avec Ia recouvrant. . .
/couverles d’écailtoutes. . .| lesimbriquées.. . membraneu- {inerme, — Névroptères.
ses anus Ÿ armé d'un ai- { Hyménoptères.
guillon nn bereide are se DNTUDES jh Eu un Pts LRANTÈT ER, :à
} Lépidoptères.
A ayant des ailes