HISTOIRE DE L'ENTOMOLOGIE, L
Si les grands animaux qui habitent la surface du globe terrestre ont les premiers frappé les regards de l'homme, son attention a dû cependant être bientôt
‘appelée sur ces êtres méprisables aux yeux du vul-
gaire, mais qui, à ceux du philosophe, présentent les plus grandes merveilles de la création; aussi trouverons-nous dès les âges les plus reculés quelques documents sur les insectes. Le plus ancien des livres, nos écritures sacrées, nous en parle souvent, et les Égyptiens, dont l'esprit ardent cherchait dans toute la création à retrouver l’emblème du créateur, crurent que l’humble et laborieux Scarabé, voulant partout devant lui la boule d’où sortira sa progéniture, n’était pas une comparaison indigne de celui dont Ja volonté immuable et le pouvoir infini lance et conduit les mondes au milieu de l’espace.
L'on a beaucoup discuté pour savoir quelles es-
pèces d'insectes furent particulièrement l'objet dé
la vénération des Égyptiens ; l’on a recherché avec
- soin les innombrables amulettes qu’ils ensevelissaient dans leurs momies, et l’on a vainement cherché l'explication des insectes hiéroglyphiques qui cou-
vrent les parois de leurs temples; mais n'est-il pas probable que, peu versés dans la distinction def espèces, les sculpteurs réunissaient comme sembla-
bles un grand nombre d'objets différents? Les in-
sectes que l’on a pu reconnaître d’après ces figures
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. Erossières appartiennent au genre Ateuchus, Abeille , Escarbot, Nécrobie, Dermeste, et quelques Diptères que l'on n’a pu déterminer. Les femmes de la Nubie Portent de nos jours, suspendu à leur cou, une espèce de Brachycère qui est encore pour le peuple un objet sacré, $
. Les Grecs donnaient au Copris sacré le nom de
Cantharos, Hor. Apollon en distingue trois sortes :
1° un véritable Ateuchus , que M. Latreille a cru re-
Connaître dans une espèce rapportée de Nubie par M. Gaillaud (At. Egyptiorum, Latr. ); 2° un grand
Copris, probablement l'Isidis de M. Savigny, mais
Peut-être cependant un Onitis ; 3° un insecte qui,
selon M. Latreille, pourrait être le Copris Paniscus,
mais qui nous semble plutôt se rapporter à l’Oryctès nasicorne (Rhinocéros ). NiSte
Le Coprion d'Hippocrale paraît être aussi un Ateu-
chus. -
Nous allons actuellement passer rapidement en rerue ceux des auteurs anciens qui nous parlent des Insectes, Aristote, ce père des sciences naturelles , N avait que des idées fort confuses sur les animaux qu nous occupent, et les réunissait aux Annelides ; il partage l'erreur de ses contemporains, qui, sur son autorité, s’est si long-temps propagée, que la plupart de ces êtres provenaient d’une génération spontanée, croyant que d'eux-mêmes ils sortaient de la chaleur et de l'humidité.
Le nombre d'insectes qu'il connaissait est peu considérable ; le Phthir est le pou, le Psylle est la Puce; le Croton, le Ricin; le Melolonthè paraît être une Cétoine, peut-être la Fastaeuse, qui est fort com- Mune dans la contrée qu'il habitait. Le V'oupristis, ue les Latins ont appelé Vulprestis ou Buprestis, Passait pour être un poison si violent, que chez ces
eTmiers ane loi condamnait à mort celui qui s’en
14 TRAITÉE ÉLÉMENTAIRE serait servi pour attenter à la vie de son semblable.
Il paraît que cet insecte était du genre Mylabre,
ou plutôt de celui que l’on a appelé Lydus, car le voyageur Bélon nous apprend qu’au mont Afhos les
habitants donnaient encore de son temps le nom de
V'aupristis à des insectes qui ressemblent à la Cantha-
ride, mais de taille plus grande et de couleur jaune :
ce qui nous semble désigner clairement le Lydus , qui
est très-commun dans tout l'Orient.
Le Sylphe est probablement un Orthopière de la famille des Blaties.
Le Cis ou Curculio est la calandre des grains; le Mida est le Bruchus ; l'Orsodacne est, suivant Latreille, le Perce-oreille; le T'ruxalis, lOnos, l'Axy-: racus , sont des Sauterelles ou des Grillons. M. Miot, dans sa traduction d'Hérodote , suppose avec beaucoup de probabilité que c’est aussi à de grandes Sauterelles qu’il faut rapporter les serpents ailés dont
les anciens nous parlent si souvent.
Les Tétrix d’Aristote sont des Cicadaires : les grandes ou les Cigales sont des Achètes, et les petites (Tettigones, Latr.) sont ses 7° ettigonion, que les Latins ont appelés Cicodrastæ. Les nymphes des Cigales étaient pour les anciens un mets exquis. Malgré
lopinion généralementrépandue que la Punaise n’est
pas originaire d'Europe, et qu’elle a été apportée d'Amérique dans Je: xvn° siècle, il paraît certain qu’elle est de toute antiquité un fléau pour les habitants de notre continent, car Gallien et Dioscoride en parlent, et lui attribuent de grandes vertus mé-| dicales, Aristote la compte parmi les trois insectes | parasites de l’espèce humaine, la Puce, le Pou et la Punaise où Coris (voir Histoire des Animaux, livre v, ch. xxx1).
Une larve de Phrygancest décrite dans Aristote sous le nom de Æylopthoron ; mais le naturaliste grec ne
Parle pas de l’insecte parfait (Pictet, Recherches pour servir à l’histoire et à l'anatomie des Phryganés). L’Abeille fut connue de toute antiquité; mais ce que les anciens racontent de l’histoire de ces intelligenis insectes est un amas de fables et d’erreurs. Aristote en distingue neuf espèces, parmi lesquelles les trois sortes d'individus sont énumérées comme autant de races distinctes ; les autres sont des Hyménopières fort différents des Abeilles. Le Tenthredon est une Guêpe. Le Psen est célèbre par l'usage qu’en faisaient les habitants de l’Archipel pour hâter la maturité des figues, opération que l’on a appelée Caprification. Cet insecte était sans aucun doute un Tyménoptère de la famille des Chalcidites. Ce qu'Aris-. tole dit du Muia où Myia est applicable à la plupart des Diptères.
Les OŒstres sont, d’après Latreille, des T'abanus où des Chrysops ; et, suivant Mac-Leay ,; les véritables Estres des entomologistes modernes. Us s’introdui- Salent, au dire Aristote, sous la langue des moutons. Les Psyche, Hepiolus, Penea et Hypera, sont des | Lépidoptères.
æ Ver à soie était connu des anciens; mais tout ce qu’en ont écrit Aristote, Pausanias et Pline est Score loin de nous donner de grands éclaircisse- Ments sur cet insecte. Il est Cependant probable que es anciens en connaissaient plusieurs espèces ; peutêtre avaient-ils naturalisé chez eux quelques-uns des 3rands Bombyx du sud de l'Asie.
es Scolex et les Elelæ étaient des larves. Sous le rapport de l’organisation , Aristote avait observé que <s Insectes étaient composés de trois parties : la tête, le tronc et l’abdomen : qu'ils avaient un canal Itestinal , simple dans les uns, contourné dans les autres, et que les Orthoptères étaient manis d’un Yentricule ou gésier. Il n’accordait pas aux in-