TISSU ADIPEUX
Le tissu adipeux ou graisseux est un tissu formé par un élément anatomique fondamental :
La cellule adipeuse,
et par des éléments anatomiques accessoires :
1° Des vaisseaux capillaires,
2° Des fibres lamineuses,
3° Des noyaux embryoplastiqncs.
La cellule adipeuse, appelée encore vésicule, est arrondie, à paroi mince et transparente, laissant voir la couleur jaunâtre de la graisse qui la remplit, Ces cellules ne vivent pas isolées, elles s’agglomèrent et forment des grains ou lobules qui ont de 1 à 6 millimètres de diamètre et qui sont composés de cinquante à soixante cellules adipeuses. Les cellules adipeuses ont de 0mm,03 à 0mm,08; leur paroi a 0mm,001.
Les capillaires de ce tissu ne sont pas très-abondants; ils cheminent entre les lobules qu’ils entourent de leurs anastomoses. De là partent de petits capillaires qui pénètrent jusqu’au centre du lobule pour se ramifier sur les parois des cellules adipeuses.
Entre les lobules du tissu adipeux, on trouve des fibres lumineuses disposées sous formes de minces cloisons.
C’est aussi entre les lobules qu’on rencontre des I noyaux embryoplastiqiies.
Le tissu adipeux est très-répandu dans l’économie. il forme sous la peau une couche uniforme qui constitue le panniculc graisseux. Il accompagne presque toujours le tissu cellulaire qui , pour cette raison, est quelquefois appelé tissu ccllulo-adipeux. Il entoure quelques viscères en plus ou moins grande quantité; autour du rein, par exemple, il forme une couche qui a reçu le nom d’atmosphère graisseuse. Dans certaines régions, il forme des masses considérables, et, dans quelques-unes, il ne se
résorbe jamais complètement, quel que soit le degré d’émaciation. Ex. : la boule graisseuse de Bichat, située dans la joue en dehors du buccinateur, sur le bord antérieur du masséter, et le tissu adipeux du fond de l’orbite. Dans certaines régions il est réduit cà des quantités si peu considérables que des anotomistes ont pu le nier, comme aux paupières cl sous la peau de la verge.
L’eau n’exerce aucune action sur les cellules adipeuses.
L’éther les dissout.
Mode dapparitiou. C’est vers le soixantième jour de la vie intra-utérine que commence à se montrer le tissu adipeux, et alors on en voit des traces au pli de l’aine, au fond de l’orbite et sous le masséter. Il apparaît au centre du tissu lamineux sous forme d’amas de petites gouttes d’huile liquide. Lorsque les amas de gouttelettes huileuses ont atteint de 0mm,03 à0mm,05, ils s’entourent d’une mince membrane azotée qui constitue la paroi de la cellule adipeuse.
Altérations. Chez le cadavre les cellules diminuent de volume, par la solidification de l’oléine, de la margarine et de la stéarine qui en constituent le centre.
Dans l’amaigrissement très-marqué, dans l'émaciation, la partie graisseuse de la cellule est résorbée, l’enveloppe reste isolée, et forme un sac vide, tantôt plissé sur lui-mème. tantôt polyédrique. Parfois on observe, pendant celte résorption, la
formation d’un noyau ovoïde, pâle, régulier, sans nucléole.
Le tissu adipeux est souvent le siège d’hypergénèse. Dans ces cas, il y a souvent hypertrophie des cellules adipeuses, qui peuvent acquérir jusqu a 0mm,t et 0mm, 1 5 (1). Les tumeurs qui résultent de cette hypergénèse portent le nom de lipomes. Dans ces tumeurs on trouve tous les éléments, fondamental et accessoires, du tissu adipeux. C’est la prédominance de tel ou tel élément, fibres lamineuses et cellules adipeuses surtout, qui détermine dans le lipome les bosselures et la consistance. On y trouve aussi de la matière amorphe du tissu lamineux, el des corps fusiformes fibro-plastiques ou fibres lamineuses en voie de développement. On n’observe jamais la transformation du lipome en un autre tissu.
Dans quelques tumeurs et sur les parties enflammées , on observe des cellules adipeuses , qui présentent un autre genre d’altération. Sur un point du contenu de la cellule, on observe de petits cristaux, tandis que le reste de la cellule est liquide. Ce sont des cristaux radiés de stéarine et de margarine, au milieu de l’oléine cpii reste liquide. On trouve quelquefois une couche mince de liquide , qui se développe entre la membrane azotée el le contenu graisseux.
(1) On observe aussi cet accroissement des cellules adipeuses dans les mamelles des femmes obèses et dans les tumeurs de la mamelle, où elles forment un élément accessoire.
On observe encore dans le tissu adipeux des tumeurs que Muller a appelées cliolestéatomes. Ce sont des lipomes formés de couches superposées, presque toujours concentriques, dues à l’adossement de cellules adipeuses, et au développement entre ces cellules d’une substance nacrée composée de cholestérine et de stéarine.