TISSU NERVEUX
Ce n’est pas chose aisée que de présenter une description claire et nette du tissu qui compose le système nerveux. Nous ferons nos efforts pour en présenter une étude méthodique, laissant de côte quelques points encore très -controversés. Néanmoins la description peut être considérée comme
complète. Nous diviserons cette étude en plusieurs : chapitres. D’abord nous indiquerons les éléments qui entrent dans la texture de ce tissu, et nous en donnerons la description sans nous occuper de leur siège ni de leurs rapports. Nous étudierons ensuite leur distribution dans ce grand système et les rapports qu’ils affectent entre eux. L’histoire du mode d’apparition et du développement de ces éléments, l’indication de quelques-unes de leurs alté- I rations, termineront cette étude. — On trouve dans : le tissu nerveux :
Les tubes nerveux ,
Le périnèvre ,
Les fibres de Remak ,
Les cellules nerveuses,
Les myélocytes,
De la substance amorphe ,
Du tissu lamineux ,
Des vaisseaux capillaires.
Tubes nerveux. Cet élément anatomique existe ! dans toutes les parties du système nerveux. C’est un tube plein, dont la paroi est homogène, transparente et si mince qu’on ne peut pas la mesurer. On voit cette paroi lorsqu’un tube rompu laisse échapper son contenu sous forme de gouttelette, ou lorsque le contenu est chassé du tube par pression, sous le champ du microscope. Cette paroi est finement piisséc ou finement striée, et renferme cà et là quelques noyaux chez l’embryon.
Le contenu du tube nerveux est formé d’un filament central, le cylinder axis, et d’une substance qui enveloppe ce filament et le sépare de la paroi, la substance médullaire.
Le cylinder axis est forme d’une matière azotée; il est solide, flexible, et se laisse facilement briser. 11 commence dans les cellules nerveuses du système nerveux central pour se terminer dans l’épaisseur des tissus (peau, muqueuses, muscles, etc.).
La substance médullaire, placée entre la paroi du tube et le cylinder axis, est liquide, visqueuse, de nature graisseuse, et réfracte fortement la lumière. Elle forme dans toute la longueur du tube qu’elle remplit exactement une couche homogène, régulière, nulle part interrompue. Mais, lorsque le tube nerveux a été comprimé, lorsqu’il a subi un commencement de putréfaction ou lorsqu’il a été traité par les réactifs, cette couche est dénaturée; elle se réduit en lamelles, en filaments, en gouttelettes; elle devient sinueuse. C’est dans cet état que les tubes nerveux ont été étudiés par quelques auteurs; ils ont vu le centre brillant, parce qu’il correspond au liquide axis, et ils les ont appelés tubes à double contour, parce que, dans cet état d’altération, la substance médullaire du tube est exactement limitée par deux lignes. Ces auteurs, dans l’étude de ces tubes, ne voyaient donc que le contenu altéré et nullement la paroi. Elle est durcie par l’alcool cl l’acide nitrique étendu; elle est dissoute par l’éther et l’essence de térébenthine.
D’après leur diamètre, les tubes ont été divisés en tubes larges ou tubes de la vie animale , et en tubes minces ou tubes de la vie organique. Les premiers ont un diamètre de 0m'“,010 à 0mm,0 1 5 ; les autres ont un diamètre moitié moindre, de 0ra,n,005 à 0mm,008. Ces tubes s’accolent à la manière des fibres musculaires, et forment des faisceaux primitifs.
Chacun de ces genres de tubes comprend deux espèces : l°les tubes moteurs, 2° les tubes sensitifs. Le microscope peut, par l’examen de ces tubes, indiquer si l’on a sous l'es yeux un tube nerveux de la vie animale ou un tube nerveux de la vie organique, puisque celui-ci est moitié plus petit, mais il ne peut pas distinguer les tubes sensitifs des tubes moteurs, si ce n’est au niveau des ganglions nerveux. Là, en effet, on voit chaque tube nerveux sensitif se confondre avec une ou deux cellules nerveuses contenues dans le ganglion. Les tubes moteurs n’ont aucune espèce de rapport avec les cellules nerveuses des ganglions. La présence cl’un ganglion sur le trajet d’un nerf est donc un indice de la sensibilité de ce nerf.
Pcrtnèwe. Le périnôvrc est un élément anatomique tubuleux, propre au système nerveux qui entoure les faisceaux primitifs des nerfs de la môme manière que le myolemme entoure les faisceaux primitifs des muscles.
Il est formé d’une substance homogène, très-résistante, plus résistante même que celle du myolemme. Sa substance jouit d’une grande élasticité.
Les bords de sa déchirure sont nets; le périnèvre contient dans l’épaisseur de sa paroi de très-fines granulations et quelques noyaux allonges, finement granuleux, plus nombreux dans le périnèvre qui entoure des tubes nerveux isoles que dans celui qui entoure des faisceaux primitifs. (Le périnèvre est plus épais sur les tubes nerveux isolés que sur les faisceaux primitifs.)
Le périnèvre se réunit au périnèvre d’un tube nerveux voisin lorsque les tubes se rencontrent pour ne former qu’une seule enveloppe; il se divise aussi quand les filets nerveux se séparent. L’idée d’anastomose et de divisions nerveuses se rattache à lui et non au tube nerveux lui-même, car le tube nerveux ne se divise et ne s’anastomose jamais depuis son origine dans les centres nerveux jusqu’à sa terminaison, à moins qu’il ne rencontre un ganglion sur son trajet.
Le périnèvre commence à se montrer sur les faisceaux primitifs des tubes nerveux dès que ceux-ci sortent du système nerveux central , dès leur ori-
gine apparente. Il les accompagne, cesse au niveau des ganglions pour reparaître aussitôt après que les tubes ont traversé les ganglions. Vers la terminaison des nerfs sensitifs, il est en continuité de substance avec les corpuscules du tact et avec les corpuscules de Pacini. Vers la terminaison des nerfs moteurs, il s’amincit, et cesse d exister avant la terminaison du tube nerveux lui-mcmc.
Le périnèvre a une épaisseur de 0'um,002 a
0"’n\003. Les noyaux contenus clans sa paroi ont 0,n,,,,012 à 0mm,020 de longueur sur 0nim,003 à 0mm,005 de largeur. Sur les tubes nerveux isolés, il atteint une épaisseur de 0nim,01.
L’acide azotique étendu durcit le périnèvre.
L’acicle acétique le rend transparent.
L’acicle sulfurique étendu de moitié d’eau le gonfle, mais ne le dissout pas. Il augmente aussi sa transparence.
L’eau est sans aucune action sur le périnèvre comme sur les tubes nerveux eux-mêmes.
11 est en continuité de substance, vers sa terminaison, avec les corpuscules du tact et avec les corpuscules de Pacini.
Dépendances du périnèvre. — Corpuscules (lit tact. Les corpuscules du tact ou corpuscules de Meissner sont de petits renflements qu’on trouve au sommet de quelques papilles de la peau et de la pointe de la langue. Ces corpuscules sont ovoïdes; ils ont 0nim,006 à 0'11IU,008 de diamètre. Ils sont transparents, un peu jaunâtres, striés en travers, et ne présentent pas de cavité. Les papilles qui contiennent les corpuscules du tact sont dites papilles nerveuses; elles reçoivent par leur base huit à dix tubes nerveux qui s’enroulent autour du corpuscule, et se terminent sur scs côtés, à sa base ou dans son épaisseur, par une extrémité libre. La substance du corpuscule se continue sans ligne de démarcation avec celle du périnèvre.
Corpuscules de Pacini. On appelle ainsi de petits corps durs, de la grosseur d’un grain de millet, que l’on trouve appendus par un pédicule à certains nerfs. On les rencontre sur les nerfs collatéraux des doigts, sur les filets nerveux qui avoisinent le coude, le talon, les malléoles, la plante du pied. O11 les trouve aussi sur les nerfs du grand sympathique voisins du pancréas et du mésentère.
Le pédicule est formé d’un tube nerveux , rarement de deux, entouré d’un névrilème de tissu cellulaire, tube nerveux simple ou bifurqué qui se termine par mie extrémité conique ou un peu renflée, au centre du corpuscule. Celui-ci est composé d’une série de capsules emboîtées les unes dans les autres. La plus centrale de ces capsules est exactement appliquée sur le tube nerveux, et lui forme une gaîne qui se continue avec le périnèvre du pédicule, auquel adhèrent aussi les autres couches plus extérieures. Ces couches sont formées d’une substance homogène fibroïde , parsemée de noyaux; clics adhèrent entre elles par simple contact. A l’extrémité opposée au pédicule, ces couches sont réunies par un point blanchâtre qui indique la continuité de leur substance.
FH>rcs de Hcimik Ce sont des éléments en forme de fibres aplaties, de 0m,,1,003 de largeur, dont les bords sont nets, réguliers et parallèles, pâles et grisâtres. Elles sont rendues plus pâles encore par l’acide acétique, qui les gonfle peu et ne les attaque que lentement. Ces fibres portent de distance en o
distance des noyaux elliptiques allonges, d’une longueur de 0,1,m,0l2, de meme largeur que la libre elle-même, et des granulations nombreuses, fines et grisâtres. Les noyaux contiennent aussi de fines granulations et sont dépourvus de nucléole. Comme les tubes nerveux sensitifs, les fibres présentent sur leur trajet des cellules nerveuses ganglionnaires.
Quelques auteurs considèrent à tort les fibres de Rcmak comme des prolongements de l’enveloppe de la cellule nerveuse ganglionnaire; ce sont des tubes nerveux dont l’évolution n’a pas été complète. En effet on remarque, d’une part, que, jusqu’au cinquième mois de la vie intra-utérine , tous les tubes nerveux ont les caractères indiqués ci-dessus; d’autre part, que, clans la régénération des nerfs cpii ont été coupés, les tubes nerveux passent nécessairement par cet état.
Cellules nerveuses. Ces éléments anatomiques son t répandus en grande partie dans le système nerveux ; ils concourent à former la substance grise de l’axe cérébro-spinal et les ganglions nerveux. Au niveau des ganglions, on les appelle plus particulièrement corpuscules ganglionnaires, cellules nerveuses ganglionnaires. Les cellules nerveuses ganglionnaires sont en rapport avec un ou plusieurs tubes nerveux qui les traversent, et portent le nom de cellules bipolaires ou clc cellules multipolaires, selon qu’elles présentent deux ou plusieurs points de leur surface en continuité avec les tubes nerveux qui sont tou-
jours sensitifs. Ces cellules sont presque semblables sur le trajet des fibres nerveuses larges et sur celui des fibres nerveuses minces. Dans ces dernières seulement la cellule est plus ovoïde que dans les autres, son volume est moindre, de même que l'épaisseur de sa paroi.
Les cellules ganglionnaires des tubes larges sensitifs sont sphériques ou à peu près; elles ont 0™m,05 à 0mm,10. Elles ont une paroi de 0mm,008 à 0in,n,012 d’épaisseur, homogène, finiment granuleuse, fibroïde et non fibreuse, parsemée de petits noyaux dans son épaisseur. Cette paroi est en continuité de substance avec celle du tube nerveux sensitif qui y correspond. La cavité des cellules ganglionnaires est aussi en continuité avec la cavité du tube nerveux, qui se rétrécit un peu au moment où il arrive au contact de la cellule. Le contenu de la cellule est solide, granuleux; il contient à son centre un gros noyau clair, transparent, sphérique, de 0n,m,012 de largeur, avec un nucléole jaunâtre, brillant, de 0mra,002 environ.
Dans le système nerveux central, les cellules nerveuses sont dépourvues, comme les tubes nerveux, de paroi propre. Elles contiennent quelquefois autour du noyau un ou plusieurs amas de granulations graisseuses foncées. On en trouve à deux pôles, à trois pôles, à quatre, cinq et même plus. Chacun de leurs pôles donne naissance à un prolongement qui va se jeter dans une cellule voisine et constituer une anastomose entre les cellules. Ce
prolongement est le cylinder axis cjue nous avons déjà vu au centre du tube nerveux. Tantôt il va directement d’une cellule à l’autre, au sein de la substance grise, sans se ramifier; tantôt il se ramifie, et, ses branches vont s’anastomoser avec plusieurs autres cellules; tantôt il entre dans la substance blanche en se recouvrant d’une gaîne médullaire, ce qui lui donne sa couleur blanche.
Aiyciocytcs. Cet élément anatomique existe dans le système nerveux seulement, et se montre sous deux formes différentes : 1° sous forme de noyau libre, 2° sous forme de cellules.
Les myélocytes à noyau libre sont beaucoup plus nombreux que les autres. Ces noyaux sont sphériques, quelquefois ovoïdes, plus foncés que la matière amorphe qui les contient; ils accompagnent les cellules multipolaires. Tantôt ces noyaux ont un nucléole, tantôt ils en sont dépourvus. Le centre du nucléole est brillant, ses contours sont noirâtres. Il est environné de granulations grisâtres. Le diamètre du noyau est de 0mm,005 à 0mm,007.
L’acide acétique a peu d’action sur ces noyaux ; il les resserre un peu, et il dissout les substances environnantes.
Ces noyaux pourraient être confondus avec les noyaux libres des médullocellcs, mais ceux-ci sont plus gros, plus transparents, et ne se rencontrent pas dans les régions où l’on rencontre les myélocytes.
Les myélocytes à cellules sont rares chez l’homme ;
ils onr, de 0mm,012 à O"1'", 015. Us sont ovoïdes. On trouve dans ces cellules un noyau semblable aux noyaux libres. La cavité n’est pas distincte de la paroi. L’eau n’a aucune action sur ces éléments.
Siiitstaucc amorphe. Cette substance existe dans les parties grises des centres nerveux; elle est homogène, grisâtre, finement granuleuse. Avec les cellules nerveuses elle concourt à donner à la substance grise la coloration quelle présente. Elle est plus abondante dans le cerveau que dans le cervelet ; elle est interposée aux cellules nerveuses et aux cylinder axis.
Tissu ïaminenx. Ce tissu constitue un élément accessoire du tissu nerveux ; il n’existe pas partout. On ne le trouve pas dans le système nerveux cenlral ; mais sur les nerfs il forme une enveloppe peu résistante qui envoie entre les faisceaux primitifs de minces cloisons : c’est le nêvritème. C’est dans ces cloisons que rampent les vaisseaux capillaires sans jamais pénétrer dans le périnèvre. On trouve au centre du vaisseau primitif quelques fibres lamineuses placées entre les tubes nerveux. Le nevrilême accompagne les nerfs jusqu’aux centres nerveux ; arrivé là, il s’étale à la surface de l’encéphale et de la moelle pour constituer la pie-mère crânienne el la pie-mère rachidienne. Le tissu lamineux forme aussi une enveloppe aux ganglions nerveux el de petites cloisons qui séparent les uns des autres les éléments qui les constituent.
Vaisseaux capillaires. LOS VflîSSCaUX dll l i SSII
nerveux présentent quelques particularités remarquables. Au niveau des nerfs ils se jettent sur le névrilème, pénètrent dans les cloisons celluleuses . qui séparent les faisceaux primitifs et rampent cà la surface du périnèvre sans jamais le traverser. Ils sont peu abondants. Dans la substance blanche des
(centres nerveux, ils sont placés entre les faisceaux nerveux, et forment des mailles anguleuses, larges, i tendant à prendre une forme quadrilatère. Dans la substance grise où ils sont beaucoup plus abondants, les mailles formées par ces vaisseaux sont petites, à angles arrondis. Dans la substance blanche et dans la substance grise, les vaisseaux ne sont pas en contact immédiat avec les éléments nerveux. On trouve autour d’eux une tunique spéciale renfermant un liquide au milieu duquel nage le vaisseau. Cette tunique est formée d’une substance transparente qui se subdivise comme les vaisseaux capillaires. Lorsque ceux-ci n’ont plus que 0mm,01, cette tunique disparaît en se confondant avec la paroi des vaisseaux. Le liquide qui remplit la tunique contient des noyaux qui ont beaucoup d’analogie avec les leucocytes. Les capillaires de la substance cérébrale présentent une couche épaisse de fibres musculaires de la vie organique.
Dans certains points des centres nerveux, surtout à la surface des corps striés et des couches optiques, dans le quatrième ventricule, on trouve de petits grains amylacés, sphéroïdaux, réfractant fortement la lumière et présentant des couches
concentriques. Ces petits grains sont de nature azotée.
On trouve aussi dans toute la longueur de la moelle un canal central formé par une couche de tissu lamineux très-mince, tapissé par une couche d’épithélium prismatique : c’est le canal de l'épendyme. De chaque côté de ce canal, on trouve toujours une artère et une veine; autour de lui, la substance grise de la moelle est plus dense et plus vasculaire que dans les autres régions.
Maintenant, que nous connaissons l’étude de chaque élément anatomique du tissu nerveux à l’état d’isolement, nous allons étudier les rapports de ces éléments entre eux dans les différentes parties du système nerveux. Pour cela, nous examinerons successivement le système nerveux central et le système nerveux périphérique.
Le système nerveux central nous présente à étudier, dans toutes ses parties, de la substance grise et de la substance blanche. La substance grise est formée par une grande quantité de cellules nerveuses à un ou plusieurs pôles , par de la matière amorphe, par des cylinder axis, par des vaisseaux capillaires cl par des myélocytes. Les cellules nerveuses sont très- nombreuses ; les prolongements qu’elles fournissent et qui les ont fait appeler unipolaire, bipolaire, multipolaire, constituent les cylinder axis. Ceux-ci vont d’une cellule à l’autre, sans sortir de la substance grise, ou bien ils pénètrent dans la substance blanche, en s’entourant d’un tube
blanchâtre de nature graisseuse , qui constitue la gaîne médullaire du tube nerveux. Plus tard, quand le cylinder axis sort des centres nerveux avec cette gaîne médullaire, il s’entoure d’une nouvelle gaîne, la paroi propre. Les trois portions qui composent le tube nerveux ne naissent donc pas du même point. La plus extérieure, la paroi propre, commence à l’origine apparente du nerf; la deuxième, la gaîne médullaire, commence dans la substance blanche au moment où le cylinder axis s’y engage ; la troisième enfin, le cylinder axis, prend naissance dans les cellules de la substance grise.
Entre les cellules et les cylinder axis, on trouve les vaisseaux capillaires et les myélocytes. Tous ces éléments sont séparés par de la matière amorphe.
Dans la substance grise des circonvolutions, ces éléments se groupent de telle façon qu’ils forment des couches superposées ; elles sont au nombre de six. En procédant de dedans en dehors, on y trouve :
1° Une couche formée de grosses cellules multipolaires, communiquant avec de nombreux faisceaux de tubes venant du corps strié;
2° Une couche amorphe de matière amorphe translucide, sans myélocytes;
3° Une couche semblable à la première;
/<° Une couche semblable cà la deuxième;
5° Une couche formée de petites cellules multipolaires triangulaires ;
fi° Une couche semblable à la deuxième et à la quatrième.
La substance blanche est constituée par des faisceaux de tubes nerveux, de 0ram,l à 0,nm,2, devenus polyédriques par pression réciproque et réunis entre eux par un peu de substance homogène finement granuleuse. C’est entre ces faisceaux que rampent les capillaires enveloppés de leur gaîne spéciale. Dans cette substance, les tubes nerveux sont réduits au cylinder axis, venu de la substance grise, et à la gaîne médullaire qui les entoure et qui donne à cette substance sa couleur. Le périnèvre ne se montrera qu’au moment où les tubes nerveux émergeront de cette substance pour former des nerfs. On n’y trouve pas de cellules nerveuses ni de myélocytes.
Si les mêmes éléments ne constituent pas les deux substances grise et blanche, on voit cependant que les rapports les plus intimes existent entre elles. On voit d’une part les capillaires de l’une passer dans l’autre, et d’autre part chaque tube nerveux de la substance blanche envoyer sa partie centrale, le cylinder axis, vers les cellules de la substance grise. Ce rapport du tube nerveux avec la cellule nerveuse suffit pour expliquer pourquoi la moelle ne grossi! pas de bas en haut proportionnellement aux tubes nerveux qui se jettent sur elle. En effet, une seule cellule peut recevoir autant de tubes nerveux qu’elle a de pôles, moins un, celui-ci servant à la mettre en communication avec les cellules voisines.
Le système nerveux périphérique n est pas identique dans les nerfs de la vie animale et dans ceux
de la vie organique. Dans les premiers, c’est-à-dire dans les nerfs crâniens et rachidiens, nous trouvons une enveloppe ou névrilème formée de tissu lamineux envoyant des prolongements entre les faisceaux. Les vaisseaux capillaires rampent dans ces prolongements. Les tubes nerveux parcourent le nerf d’une extrémité à l’autre sans jamais se diviser ni s’anastomoser, mais ils peuvent se séparer et s’accoler. Ils se réunissent par groupes de 10 ou 15 pour former des faisceaux primitifs entourés de périnèvre. Chaque faisceau a un diamètre qui varie de 0,nm,2 i à 0mm,5. Ils sont polyédriques par pression réciproque. Vers leur terminaison, les faisceaux primitifs en pénétrant dans les tissus se subdivisent en ' cinq ou six petits faisceaux contenant chacun deux ou trois tubes nerveux. Le périnèvre augmente d’épaissseur à mesure que les faisceaux deviennent plus petits.
A ces nerfs sont annexés sur leur trajet des renflements appelés ganglions nerveux. Ces rendements ont une couleur grisâtre, une consistance moindre que celle des nerfs. Ils ont une enveloppe qui se continue avec le névrilème et qui envoie des prolongements vers leur centre. Les vaisseaux se comportent à leur niveau comme sur les nerfs. On ne les rencontre que sur les nerfs sensitifs. Ils sont caractérisés par la présence des corpuscules nerveux ou cellules nerveuses. Dans quelques ganglions, comme le ganglion géniculé du facial, elles sont peu nombreuses, ce qui explique pourquoi cor-
tains auteurs qui ne les ont pas vues ont dit que le nerf de Wrisberg est un nerf moteur. Chaque tube nerveux sensitif au niveau du ganglion se met en rapport avec l’extrémité d’une cellule nerveuse. L’enveloppe du tube se continue avec celle de la cellule en se rétrécissant un peu; le cvlinder axis se continue avec la partie centrale de la cellule. A l’autre extrémité de la cellule, on voit le tube nerveux se continuer. Quelquefois plusieurs tubes nerveux naissent d’une même cellule nerveuse, ce qui explique pourquoi certains ramaux sont plus gros après avoir traversé des ganglions. La forme arrondie, ovale ou triangulaire , de certains ganglions dépend du rapport qu’affectent entre elles les cellules nerveuses à ce niveau.
Dans le système nerveux du grand sympathique ou de la vie organique nous trouvons aussi des nerfs et des ganglions. Les ganglions ne diffèrent pas des ganglions des nerfs de la vie animale; seulement les cellules sont un peu plus petites.
Les nerfs qui appartiennent au système du grand sympathique renferment des tubes nerveux minces et des libres de Rcmak. Les racines du grand sympathique venant des nerfs rachidiens sont au nombre de deux, trois ou quatre pour chaque ganglion. On en observe ordinairement une blanche, composée de tubes blancs minces, avec quelques rares tubes minces épars dans leur épaisseur ou rapprochés du centre. Le cordon nerveux qui réunit les ganglions du grand sympathique de haut en bas est constitue
par un mélange de faisceaux blancs et de faisceaux gris. Les nerfs qui partent des ganglions et qui se rendent aux organes sont formés, les uns de tubes blancs sans fibres de Remak, comme le grand splanchnique et quelques filets cardiaques, les autres de fibres grises surtout, comme les nerfs des viscères de l’abdomen, de la prostate et presque tous ceux du cœur.
Les rameaux du grand sympathique sont enveloppés par une gaine celluleuse qui est loin d’égaler l’épaisseur et la résistance du névrilème.
Les tubes minces n’existent pas exclusivement dans le grand sympathique, on en trouve quelquesuns dans les nerfs de la vie animale et dans la moelle.
Les fibres de Remak n’existent pas seulement dans le grand sympathique, on en trouve aussi quelquesunes entre la moelle et le point d’émergence des racines des nerfs de la vie animale.
mo«ïc <r apparition. Les éléments des centres nerveux apparaissent les premiers. Dans Y area ejermincitiva, au-dessus de la corde dorsale, on voit apparaître de la matière amorphe, puis des myélocytes. Entre les myélocytes, naissent les cellules multipolaires pourvues de cylinder axis dès leur apparition. Vers le deuxième mois de la vie embryonnaire, la substance médullaire se montre autour des cylinder axis.
La cellule, considérée cnclle-mèmc, se développe ainsi : un noyau volumineux transparent apparaît
d’abord avec un nucléole. Peu à pende fines granulations se groupent autour de lui, et, en se réunissant, elles forment la paroi qui est d’abord appliquée sur le noyau. La cellule augmente rapidement de volume, et en môme temps que se développent les prolongements, des granulations se développent autour du noyau.
Dans les nerfs le périnèvre précède les tubes nerveux, il apparaît vers le trente-cinquième ou le quarantième jour de la vie embryonnaire. Ce sont d’abord des corps fusiformes allongés , assez analogues aux noyaux embryoplastiques. Ces corps, placés les uns à côté des autres, ne tardent pas à se souder. De cette soudure, résultent des bandelettes aplaties, pâles, de 0mm,005 à 0mm,006 de largeur, contenant des noyaux de distance en distance. Jusqu’à la fin du quatrième mois les nerfs périphériques sont constitués par des bandelettes. Alors elles se creusent d’une cavité et se remplissent de matière médullaire , au centre de laquelle ne tarde pas à apparaître le cylindcr axis. Ces éléments ne se développent pas par bourgeonnement, mais sur place.
Lorsqu’on coupe un nerf, si les deux bouts ne sont pas trop écartés, il se fait entre eux une cicatrisation. Dans celte régénération l’évolution des éléments nerveux est la même que chez l’embryon. Comme chez lui, à une certaine époque, les tubes ont la forme de bandelettes pleines en tout semblables aux fibres de Remak, et c’est ce qui a fait dire
que les fibres de Rcmak ne sont que des tubes nerveux en voie d’évolution.
O11 ne connaît ni l’hypertrophie ni l’hypergénèsc des éléments nerveux, si ce n’est celle des myélo- ' cytes qui forment quelquefois des tumeurs qu’on a décrites souvent sous le nom de fibro-plastiques.
Les nêvromes sont des tumeurs fibreuses développées dans l’épaisseur des nerfs. C’est une hypergéi nèse du tissu lamineuxqui entre dans la composition i du nerf. Les faisceaux nerveux 11e participent pas à i leur formation, mais ils sont comprimés et peuvent être détruits par la pression qu’exerce sur eux la 1 tumeur.
ÉPITHÉLIUMS
On donne le nom d’épithélium à un élément anatomique, appartenant au groupe des produits et déposé à la superficie des autres tissus.
Cet élément se présente sous deux formes différentes: 1° sous forme de noyaux, T sous forme de cellules.
Les épithéliums sont très-répandus dans l’économie, ils sont le siège d’une rénovation incessante.
Dans les tissus, ils constituent toujours un élément anatomique accessoire, excepté dans le tissu épidermique.
D’après leurs caractères extérieurs on a établi quatre variétés d’épithélium.
1° Épithélium nucléaire;
2° — à CELLEI.ES SPHÉRIQUES,
3° — à CELLULES PRISMATIQUES OU CYLINDRIQUES,
4° — Ù CELLULES PAVIMENTEUSES , POLYÉDRIQUES,
ou eu forme de lamelles.
Ordinairement chacune de ces variétés se trouve dans des régions déterminées; mais, dans certaines régions, on voit deux variétés réunies, quelquefois trois. En certains points on trouve la réunion des 4 variétés d’épithélium. Ex. : sur les muqueuses de la vessie et de l’uretère.
Épithélium nucléaire.
Cet épithélium est constitué par des noyaux libres, sphériques ou ovoïdes. Selon la forme des noyaux on divise cet épithélium en :
1° Épithélium nucléaire ovoïde ,
2° Épithélium nucléaire sphérique.
Les noyaux ovoïdes ont de 0mni,008 à 0IU,U,012; ils présentent un contour net, grisâtre. Ils ne contiennent pas ordinairement de nucléole, ni de cavité distincte de la paroi.
Les noyaux sphériques ont de 0,im,,006 à O'11'11, 008. Ils sont pâles, transparents, granuleux et ne présentent pas de nucléole; dans l’amygdale cependant on en trouve un petit.
L’épithélium nucléaire, qu’il soit ovoïde ou sphérique, est rougi comme d’autres noyaux par la solution ammoniacale de carmin. L’acide acétique les resserre et les rend plus transparents.
On rencontre l’épithélium nucléaire ovoïde en ; grande quantité dans les culs-de-sac glandulaires, les follicules utérins, les glandes sudoriparcs, les 1 1 glandes mammaires.
L’épithélium nucléaire sphérique se rencontre dans les glandes vasculaires sanguines, dans les follicules clos.
Cet élément peut devenir le siège d’hypcrgéuèse, d lorme quelquefois des tumeurs que l’on décrit 1 sous le nom de tumeurs hétéromorphes.
11 peut aussi s’hypertrophier, devenir vésiculcux el se remplir de gouttelettes graisseuses.
normal ou pathologique. Une matière amorphe se forme autour d’eux, elle se segmente, et au lieu d’un noyau, on a une cellule d’épithélium pavimenteux ou prismatique. On trouve quelquefois dans un même cul-de-sac glandulaire des épithéliums à différents degrés de développement. Quelquefois deux ou trois noyaux se trouvent dans une seule cellule.
Ce sont des cellules régulières, sphériques, ayant un diamètre de (Vu'u,02 à 0,D,n,03. Le contour est uct, le centre pâle et granuleux au voisinage du noyau. Elles n’ont pas de cavité distincte de la paroi. Les noyaux quelles contiennent sont sphériques ou ovoïdes, selon les régions.
Cet épithélium est moins abondant chez l’homme (pic chez beaucoup d’animaux.
Chez les oiseaux on trouve des glandes entières composées d’épithcliuni sphérique.
Chez l’homme on le rencontre sur la muqueuse de la vessie, dans les glandes de l’estomac, dans le corps thyroïde, dans les glandes lymphatiques, dans les conduits du testicule.
L’épithélium nucléaire peut devenir le centre de
Épithélium à cellules sphériques.
Épithélium à cellules prismatiques ou cylindriques.
Ces éléments sont très-faciles à distinguer. Ce sont des prismes à cinq ou six pans, plus longs que larges. Ils ont une longueur de 0mm,005 à 0mm,006. Ces cellules prismatiques s’implantent par l’unc de leurs extrémités effilée sur la muqueuse, tandis que l’autre extrémité, en se plaçant à côté des autres, forme la surface de la muqueuse. Elles contiennent un noyau , un ou deux nucléoles. Ces prismes juxtaposés représentent des petits bâtonnets si on les regarde de côté, et des polygones en mosaïque si on les regarde du côté de leur base.
Cette variété d’épithélium est très-répandue dans l’économie : dans les voies aériennes jusqu’aux canalicules respirateurs, dans les canalicules sécréteurs du lait et les canaux galaclophores, dans les conduits sécréteurs et excréteurs de la bile ; dans l’intestin, depuis le cardia jusqu’à l’anus; sur la muqueuse utérine, sur la trompe de Fallopc, sur les canaux éjaculateurs, entre les cellules pavimenteuscs du sillon oculo-palpébral et de la cornée, etc. Cet élément présente quelques variétés. On le trouve quelquefois d’une longueur double : comme dans certains états pathologiques et sur la muqueuse de la trachée à l’état normal.
Quelquefois la cellule se termine en pointe line et allongée du côté adhérent.
Quelquefois le corps de la cellule se rétrécit brusfinement au-dessus du noyau, Elle s’élargit de noin
veau au-dessus du point rétréci dans certains cas. O11 trouve alors aussi des granulations grises, quelquefois graisseuses, disposées autour du noyau. Celte variété s’observe sur la muqueuse de la vessie et sur celle des bronches dans la bronchite chronique.
On trouve des cellules d’épithélium à cellules prismatiques qui contiennent trois, quatre ou cinq noyaux.
On trouve enfin des cellules qui portent sur leur base, c’est-à-dire sur le coté qui regarde la cavité de la muqueuse, de petits prolongements que l’on a p| telle cils vi brailles.
Les cils vibratilcs sont des filaments fins, transparents, homogènes. Ils jouissent de la propriété de se contracter sans le secours des nerfs, et ils se meuvent d’un mouvement vibratile très-vif et continu. Ces mouvements persistent pendant vingtquatre à soixante heures, lorsque les cellules qui les supportent ont été séparées du corps et conservées dans des conditions de liquide et de température convenables. Ces mouvements ne sont pas les mêmes que ceux de la libre musculaire. Tandis que les fibres musculaires en se contractant sc raccourcissent, les cils présentent des inclinaisons cl des courbures alternatives. Ces inclinaisons cl courbures sont ducs tantôt à une torsion de la base du cil, tantôt au raccourcissement de l’un des bords du cil , puis du bord opposé. Lorsque plusieurs cils s’inclinent de la sorte, ils rappellent
assez bien un champ de blé dont les épis sont alternativement inclinés cl redressés par un léger souffle. On trouve quelquefois des cellules prismatiques dépouillées en partie de cils vibratiles. Ceci s’observe dans les inflammations , trachée , fosses nasales, utérus.
On trouve les cellules prismatiques ou cylindri-
Iques munies de cils vibratiles, dans les fosses nasales, la trompe d’Eustache, la cavité du tympan, le larynx, la trachée, les bronches, l’utérus, les trompes deFallope, les conduits biliaires excréteurs et les conduits de la prostate.
Épithélium à cellules paviinciitcuscs.
Ces cellules sont très-répandues dans l’économie. Les unes sont polyédriques, les autres ont la forme de lamelle. Elles ont de 0mm,030 à 0rara,060. Elles contiennent un noyau, quelquefois un nucléole.
Elles résistent aux destructions cadavériques, beaucoup plus que les autres variétés d’épithélium. Elles résistent à l’action de la plupart des agents chimiques. L’acide acétique cependant les rend un peu transparentes, surtout dans les parenchymes. Ea potasse et l’acide sulfurique les gonflent. Ces
deux réactifs les dissolvent lorsqu’elles se Irouvcnl
dans un cul-de-sac glanduleux.
On voit quelquefois une seule couche d’épilhéll,,m pa y i mon leux sur les tissus, mais le plus sou-
vent on en trouve plusieurs superposées. On dit alors cpie le tissu est recouvert d’une couche d’epithêlium pavimenteux stratifié. On trouve l'épithélium pavimenteux à la surface de la peau, où il constitue l’épiderme, aux deux surfaces du cœur, à la face interne des vaisseaux sanguins et lymphatiques. 11 existe aussi sur les muqueuses buccale, pharyngienne, œsophagienne, conjonctivale, vaginale, uréthrale ; sur les membranes séreuses splanchniques et articulaires, dans le foie, les reins, les glandes sébacées, les follicules enroulés du creux de Faisselle, les glandes de Littré, les follicules pileux, les glandes salivaires, les glandes de Brunner, le pancréas. Ces cellules renferment quelquefois deux ou trois noyaux, et ce phénomène dépend du mode de segmentation de la matière amorphe qui leur a donné naissance.
A l’état pathologique elles s’hypertrophient souvent et se déforment. Elles deviennent grisâtres et présentent parfois des prolongements en raquette. Le noyau devient quelquefois vésiculeux; c’est surtout cet élément qu’on a appelé noyau cancéreux , quoiqu’il soit un élément normal.
Quelques cellules se chargent de granulations graisseuses ; alors il se forme soit une masse granuleuse centrale, soit une grosse goutte d’huile dans chaque cellule épithéliale, comme cela s’obsene dans le foie gras des phthisiques.
Quelquefois les cellules d’épithélium se creusent d’une cavité dans laquelle on trouve un liquide
transparent avec ou sans granulations. On donne à cette cavité le nom de cellule fille.
Quand ces cellules sont très-grandes, on voit apparaître des leucocytes entre elles ou dans leur propre cavité.
On trouve quelquefois dans ces cellules des granulations pigmentaires. On les trouve surtout dans la choroïde d’une manière constante si ce n’est chez les albinos, et dans les cellules de l’épiderme, où il n’a qu’une existence temporaire. Les cellules pigmentaires ne diffèrent donc des cellules d’épithélium pavimenteux que par la présence des granulations noires; les cellules' du pigment chez les albinos ont en effet le meme aspect, les mêmes propriétés que les cellules d’épithélium.
Mode d’apparition. Les épithéliums apparaissent à la surface des muqueuses, des tubes glandulaires, etc., au milieu d’une matière amorphe, transparente, granuleuse. Les noyaux se forment d’abord, puis la matière amorphe se segmente. Au moment où se fait cette segmentation, les cellules ont un très-petit volume; elles acquièrent rapidement toutes leurs dimensions.