‹ Traité élémentaire d'histologieChapitre 53 sur 75 · G LANDES VASCULAIRES SANGUINES · texte numérisé non relu

G LANDES VASCULAIRES SANGUINES

Ces glandes ont été étudiées dans ces derniers temps surtout par M. Liégeois, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris (thèse d’agrégation, 8 août 1860). Sa thèse nous a été d’une grande utilité pour la rédaction de ce chapitre.

Les glandes vasculaires sanguines renferment toutes un même élément anatomique, la vésicule close, par laquelle nous commencerons leur étude. Leur volume est moindre pendant l’abstinence chez les animaux amaigris, mal nourris, à une époque très-éloignée du repas. Elles sont ordinairement sphériques; leur consistance est variable; leur couleur est d’un blanc grisâtre ; elles contiennent toutes un liquide clair plus ou moins épais, et des éléments anatomiques dont la nature et la quantité présentent quelques différences selon les régions.

Les vésicules closes sont disposées différemment selon les organes dans lesquels on les examine ;

tantôt elles sont écartées, tantôt réunies en groupe de manière à former de petites masses parfaitement distinctes.

Les glandes vasculaires sanguines n’ont pas de canaux excréteurs.

Elles reçoivent des artères nombreuses : les unes

rampent à la surface des vésicules closes, les autres les pénètrent pour former à l'intérieur un réseau plus ou moins serré; d’autres enfin s’épuisent dans les trabécules de la glande sans arriver jusqu’à la vésicule.

Rate.

La raie est une glande vasculaire sanguine, située dans l'hypoehondre gauche, au-dessous du diaphragme et des fausses côtes, au-dessus du mésocôlon transverse, à gauche de l’estomac, sur lequel elle s’applique lorsqu’il est plein d’aliments. D’une couleur lie de vin, cet organe est peu consistant, il présente la forme d’un croissant dont la face externe touche le diaphragme, et qui présente sur sa face interne une ligne saillante creusée de trous plus ou moins nombreux. Ces trous, dont l’ensemble constitue le hile de la rate, laissent passer les branches de l’artère splénique. Le volume de cet organe varie : pendant la digestion, il augmente de volume, de même qu’après l'ingestion de liquides dans l’estomac ; il augmente aussi de volume dans la fièvre intermittente, dans la leucocytémie, dans la fièvre typhoïde , etc.

La rate est entourée par deux enveloppes, l’une séreuse, l’autre fibreuse. Elle reçoit l’artère splénique ; elle donne naissance il la veine splénique, ainsi qu’à de nombreux vaisseaux lymphatiques. Elle reçoit des nerfs du plexus solaire; enfin on trouve au centre de cet organe une substance molle à laquelle on a donné le nom de boue splénique. Cette substance est composée de vaisseaux capillaires, de vésicules closes, etc.

La membrane séreuse est formée par le péritoine, qui se comporte sur elle comme sur le foie. Il adhère intimement à la membrane fibreuse, et forme plusieurs replis, l’épiploon gastro-splénique, l'épi-

ploon phrénico-splénique , l’épiploon pancrcatico-splénique , qui se rendent, de la raie à l’estomac, au diaphragme, à la queue du pancréas.

La membrane fibreuse ou tunique propre de la raie est l’analogue de celle qui enveloppe le foie; elle est contractile, élastique. Comme celle du foie, elle se réfléchit au niveau du hile, pour pénétrer dans la rate, en accompagnant les vaisseaux. Cette portion réfléchie, qui forme dans le foie la capsule de Glisson, constitue ici la capsule de Malpighi. Des cloisons plus ou moins minces se détachent de la face interne de la tunique propre et de la surface externe de la capsule de Malpighi; elles s’entre - croisent pour former une charpente fibreuse creusée de cavités ou cellules communiquant les unes avec les autres.

L’artère splénique vient du tronc cæliaquc; elle est très-flexueuse, pourvue de parois d’une épaisseur presque égale à celles de l’artère aorte. Elle se creuse un sillon le long du bord supérieur du pancréas, et, après avoir fourni de nombreuses artères pancréatiques, l'artère gastro-épiploïque gauche, et les vaisseaux courts, elle se divise en un certain nombre de branches (de 5 à 8) qui pénètrent par les trous que l’on trouve à la face interne de la rate. Au centre de cet organe, l’artère se subdivise et se continue, avec une veine qui accompagne son tronc, vers le bile. Les vaisseaux de la rate ne communiquent pas tous entre eux ; dans toutes les descriptions des traités d'anatomie on parle de cette indépendance de chaque branche artérielle. En effet, on peut pratiquer des injections diversement colorées dans les diverses branches artérielles du hile de la rate, et voir qu'elles ne se mélangent pas, qu’elles déterminent sur cet organe différentes colorations bien séparées: ceci prouve qu’il existe dans cet organe plusieurs départements vasculaires indépendants les uns des autres. La veine splénique passe derrière le pancréas ; elle reçoit le tronc de la petite veine mésaraïque, puis celui de la grande veine mésaraïque, pour constituer la veine porte.

Les lymphatiques superficiels de la rate paraissent ne pas exister chez l’homme, d’après M. Sappey. Les lymphatiques profonds ont été distingués par cct habile anatomiste au moyen du procédé suivant : il a injecté les vaisseaux, artère ou veine, avec une solution de gomme colorée; ce liquide est passé par transsudalion dans les vaisseaux lymphatiques. Ils naissent probablement des vésicules closes et suivent dans tout leur trajet la veine splénique. 11 en existe ordinairement un pour chaque branche veineuse, de sorte qu'au niveau du hile, il n’existe que 5 à 8 lymphatiques profonds. Ils vont se

jeter dans les ganglions que l’on rencontre autour de la queue du pancréas.

Les nerfs qui viennent du plexus solaire s’appliquent sur l’artère splénique et vont avec elle dans la raie. On ne sait pas comment ils s’y terminent.

La membrane propre de la rate ou tunique fibreuse contient dans son épaisseur des fibres de tissu lamineux et des fibres élastiques. A la surface interne de cette tunique , on en trouve une seconde trcsmince qui la double et qui se prolonge sur les cloisons; elle est pourvue de fibres musculaires de la vie organique très-petites qui se trouvent aussi dans les cloisons. La présence des fibres élastiques et musculaires dans la tunique propre de la rate donne à cet organe deux propriétés : 1° l’élasticité, qui ne peut être révoquée en doute; 2° la contractilité, qu’on démontre facilement en plaçant aux tleux extrémités de la rate les deux conducteurs d’un appareil électro-magnétique énergique sur un animal vivant. On peut ainsi, chez le chien, déterminer un raccourcissement de 2 centimètres : M. Claude Bernard obtient des phénomènes de contraction beaucoup plus prononcés et plus rapides en galvanisant directement les nerfs qui pénètrent dans son épaisseur. C’est en agissant sur les nerfs venus de la moelle que la strychnine exerce son inllucnce sur la rate.

Les fibres musculaires ont une forme spéciale qui les distingue de celles qu’on rencontre dans les autres parties du corps; elles sont petites, incurvées sur elles-mêmes, et contiennent un noyau

allongé faisant généralement saillie à la surface et du côté de la concavité.

Les vaisseaux n’ont pas tout à fait la même constitution que ceux du système circulatoire général. Les artères se divisent en capillaires lins qui se ramifient, les uns sur les cloisons pour aller concourir à la formation des veines, les autres à la surface des vésicules closes, d’où partent d’autres capillaires qui vont se réunir aux précédents. Ces capillaires ne sont nulle part perforés et ne sont le siège d’aucune déchirure, lorsque la rate augmente de volume. Les veines ont ici une texture particulière. Avant de pénétrer dans la rate , la veine splénique contient une tunique adventice très-épaisse et une couche de fibres circulaires. Au moment où la veine pénètre dans les viscères, les deux tuniques se confondent avec les nombreuses cloisons qui y existent, et après un trajet de 2 ccntimètes environ, les branches veineuses se trouvent réduites à leur tunique interne; elles constituent de véritables sinus. Les veines nées des capillaires nombreux de cet organe s’anastomosent fréquemment entre elles par des rameaux volumineux, et donnent à la raie une certaine analogie avec les tissus érectiles. Lorsque la rate se tuméfie, les veines sont gorgées de sang.

Les vésicules closes sont nombreuses dans la raie; elles se rencontrent sur les parois des vacuoles, sur le trajet des petits vaisseaux, au centre de la boue splénique. On peut les voir souvent à l’œil

nu, sous forme de granulations grisâtres, demitransparentes ; elles sont arrondies, larges de O""11,! à 0mm,2, cl composées d’une paroi propre, épaisse de 0mra,04, striée, finement granuleuse, et d’une cavité complètement remplie d’épithéliums nucléaires sphériques, contenant de fines granulations, et de quelques cellules moins nombreuses d’épithéliums pavimenteux à petites cellules. Ces vésicules closes sont, comme on le voit, bien plus des corps solides pleins que des vésicules. On les désigne quelquefois sous le nom d’acini , de granules, granuleux de Malpighi, de glomérules de Malpighi.

La boue splénique ou pulpe splénique forme le parenchyme de la rate; elle remplit les aréoles circonscrites par les prolongements de la tunique fibreuse. Elle est rouge, très-molle; elle s’altère rapidement chez le cadavre. Cette pulpe est essentiellement constituée par un épithélium nucléaire sphérique, sans nucléole, ayant une grande ressemblance avec les leucocytes, mais offrant des réactions chimiques différentes. Cet épithélium n’est pas, comme le leucocyte, dissous par l’acide acétique et gonflé par l’eau. On trouve dans la pulpe splénique, mais en petit nombre, des cellules polyédriques renfermant un noyau central. Chez quelques sujets elles sont plus nombreuses; on y trouve aussi des corps plus ou moins volumineux qu’on a pris pour des cellules contenant des globules sanguins. Ces prétendues cellules sanguines ne sont que les cellules précédentes plus volumineuses et granuleuses. Les

(»i*aiiiila Lions quelles contiennent sont, les unes grisâtres, les autres rouges et formées d’hématosine. C’est la présence de cette hématosinc qui avait fait prendre ces granulations pour des globules sanguins. Au milieu de tous ces éléments se trouvent les vésicules closes.

Pour nous résumer et pour présenter en quelques mots le tissu de la rate, nous comparerons cet organe à une masse remplie de cavités séparées par des cloisons incomplètes et communiquant toutes les unes avec les autres. Dans ces cavités nous trouvons : 1° la terminaison des artères en capillaires, dont les uns se jettent sur les parois des vésicules, tandis que les autres, accolés aux cloisons, se centinuent avec les veines; 2° l’origine des veines par des renflements réduits à leur tunique interne seulement et constituant une sorte de tissu érectile; 3° des cellules d’épithélium nucléaires; 4° des cellules polyédriques; 5° des corps particuliers renfermant des granulations grisâtres et rougeâtres, prises par quelques auteurs pour des globules sanguins ; Ga des vésicules closes ou corpuscules de Malpighi. C’est l’ensemble de toutes ces parties contenues dans les aréoles de la rate qui constitue la boue ou la pulpe splénique.

Thymus.

Le thymus est une glande vasculaire sanguine située à la partie supérieure du mediaslin antérieur, derrière le sternum cl les muscles sterno-hyoïdens et slerno -thyroïdiens.

Il sc rnoulrc sur l’embryon vers le troisième mois; il augmente de volume jusqu’à la fin de la deuxième année, ensuite il s’atrophie peu à peu jusqu’à l’àge de 10 à 12 ans , époque à laquelle on ne trouve à sa place qu’un peu de tissu ccllulo-adipeux.

Lorsqu’il est développé, chez l’enfant naissant par exemple, il a la forme d’un triangle à base inférieure, à sommet supérieur ; il est aplati d’avant en arrière et il présente une surface grenue.

11 recouvre le péricarde, les gros vaisseaux qui parlent des ventricules du cœur, la veine cave supérieure elles troncs brachio-céphaliques, surtout celui du côté gauche.

Il se prolonge supérieurement jusqu’au corps thyroïde avec lequel il est toujours continu. 11 est divisé en deux lobes allongés réunis à la partie inférieure par du tissu lamelleux peu résistant et séparés à la partie supérieure par la trachée.

Les artères de cet organe viennent de la thyroïdienne inférieure et des médiastins antérieurs. Les lymphatiques se jettent dans les ganglions de la partie inférieure du cou, et de là dans la partie supérieure du canal thoracique ou dans la grande veine lymphatique droite. Les nerfs viennent , selon M. Huschke, des nerfs pulmonaires et des nerfs cardiaques.

Le thymus est composé d’une foule cle grains glanduleux ou vésicules closes, ovoïdes, cle O'1"'1, 3 à 1 millimètre de diamètre, une couche de tissu lamineux les sépare les uns des autres; quelquefois on trouve plusieurs grains glanduleux qui se touchent immédiatement, sans cloison lamineusc intermédiaire.

Chaque vésicule close ou grain glanduleux a une paroi propre, sans stries, contenant de lincs granulations, sans noyau, peu résistante. Le contenu du grain glanduleux est formé par un liquide, un épithélium nucléaire, quelques cellules épithéliales arrondies renfermant un ou deux noyaux semblables aux noyaux de l'épithélium nucléaire et quelques cellules épithéliales pavimenteuses.

Les vaisseaux serpentent clans les cloisons de tissu lamineux qui séparent les grains glanduleux, ils vont se répandre à leur surface et pénètrent dans la cavité où ils forment entre les éléments de 1 épithélium un réseau des plus riches.

Deux membranes enveloppent le thymus. L’une, superficielle, est celluleuse et renferme un grand nombre de vaisseaux, elle revêt les deux lobes et n’envoie dans l’épaisseur de la. glande aucun prolongement. L’autre, profonde, est mince, fibroïde; elle envoie des prolongements entre les lobules, elle a une épaisseur de 0n,m,001 à 0nn,,,002.

Existe-t-il une cavité dans les lobes du thymus ? M. le Dr Liégeois, dans sa thèse remarquable sur les glandes musculaires sanguines, s’exprime ainsi (page 26) :

«Il peut sembler étonnant cpie les anatomistes ne «soient pas d’accord sur un fait qu’on peut vérifier «à l’œil nu; mais il faut avoir étudié le thymus par

«soi-même pour juger combien il est difficile de se « faire, à ce sujet, une idée bien arrêtée. Dans mon «dernier concours pour le proscctorat, j'avais à « faire l’anatomie de cet organe. J’en ai examiné 60. «et comme ils sont doubles, je peux dire que j’en «ai examiné 120 : or, sur ce nombre, la cavité «manquait 12 fois, et c’était sur des organes très-

« peu développés

«Dans les cas où la cavité existe, on la trouve gé- «néralcmcnt au centre du thymus, mais je lai vue « quelquefois à la surface; alors elle était limitée

«dans une portion de son étendue par la membrane « d’enveloppe. La partie profonde de cette cavité pré- « sentait le poli quelle offre lorsqu’on la rencontre «dans sa position normale. Dans la cavité du thy- «mus on trouve un liquide ou grisâtre ou laiteux, «dont la réaction est légèrement acide. Ce liquide, «souvent fort abondant , est constitué par une séro- «sité tenant en suspension une foule de noyaux ou «globules blancs, quelques cellules, et, dans cer- « tains cas, des corpuscules à couches concentri-

«ques

«Les précautions que j’ai prises pour voir celte «cavité, le poli de sa surface, ne me permettent pas «de croire quelle résulte de violence extérieure; «son absence, bien constatée chez un certain «nombre de sujets, la position que je lui ai vu «occuper à la surface de la glande, s’accordent dif- «ficilcmcnt avec l’idée quelle existe normalement. «Je suis donc disposé à penser quelle cstlerésul- «lat de la déchirure d’une quantité plus ou moins « considérable des vésicules closes pendant la vie «intra-utérine. »

I Corps (Ityccoïdc.

(oupeosi Sr,;, de Oupeôç, bouclier, et eWo; , ressemblance.) On dit généralement à tort corps thyroïde.

Cet organe est une glande vasculaire sanguine, située au devant de la partie supérieure de la trachée.

La partie moyenne rétrécie, qu’on appelle isthme , réunit les deux parties latérales ou lobes; ceux-ci se prolongent en haut et en bas, et forment, par ces prolongements, les cornes.

D’un rose terne , d’une consistance un peu ferme, cette glande est

recouverte, au niveau de l’isthme, par les deux muscles slerno-thyroidiens eL le feuillet aponévrotique qui les réunit. Elle recouvre à ce niveau les premiers cerceaux (4 ou 5) de la trachée. Les lobes sc portent de chaque côté de la trachée. S’ils sont peu développés, ils se placent devant la carotide primitive et la jugulaire interne; s’ils sont volumineux, ils déplacent ces vaisseaux pour s’interposer à eux et à la trachée. Ils sont recouverts par les muscles slerno-lhvroïdiens et sterno-hyoïdiens ; ils appuient contre la colonne vertébrale, recouverte là par le muscle long du cou.

Cet organe présente au bord supérieur de l’isthme un petit prolongement, pyramide de Lalouetle, qui se porte vers l’os hyoïde, quelquefois plus haut. Ce prolongement, qui manque quelquefois, a été l’objet de nombreuses recherches , car beaucoup d’auteurs s’imaginaient trouver à son centre un canal excréteur qui n’a jamais pu être démontré.

Cet organe, moins volumineux chez l’homme, concourt à arrondir le cou de la femme et à lui donner une forme agréable lorsque le développement n’est pas trop considérable. Alors il s’hypcrtrophic et donne lieu à une maladie endémique dans certaines vallées, le goitre.

Le corps thyroïde est enveloppé par une membrane fibreuse, mince, qui envoie entre les lobules de minces cloisons.

Il reçoit de nombreuses artères : deux artères thyroïdiennes supérieures venant de la carotide externe ; deux artères thyroïdiennes inférieures venant de la sous-clavière. Ces quatre artères arrivent chacune à un lobe du corps thyroïde et sc ramifient le long du bord externe, du bord supérieur et inférieur et de la face profonde de ccl organe. Quelquefois une thyroïdienne moyenne on de Neubauér, qui sc rend au bord inférieur de l’isthme, sur la ligne médiane, est fournie par le tronc brachio-céphaliquc. Les veines sont nombreuses cl volumineuses; les supérieures correspondent aux artères et vont sc jeter soit directement dans la jugulaire interne, soit dans la linguale ou la faciale. La veine inférieure gauche se rend dans le tronc veineux brachio-céphaliquc gauche ; la veine thyroïdienne droite sc jette au point de réunion des deux troncs veineux brachio-céphaliqucs ou à la partie supérieure de la veine cave supérieure.

Les lymphatiques se rendent dans de petits ganglions placés au pourtour de la glande.

Les nerfs viennent des deux nerfs laryngés, du ganglion cervical inférieur et, suivant Rerrcs, du grand hypoglosse.

Le cor[»s thyroïde est formé d’une enveloppe

fibreuse, d’un élément anatomique particulier, la vésicule close, de vaisseaux et de nerfs.

L’enveloppe est composée de nombreux faisceaux de fibres lamineuses entre-croisées , entre lesquels on trouve quelques fibres élastiques très-fines. Cette membrane mince envoie vers le centre du corps thyroïde quelques prolongements peu considérables dans lesquels on trouve aussi des fibres élastiques.

Les vésicules closes sont nombreuses dans celte glande; elles sont contiguës, cependant elles ne sont pas assez serrées les unes contre les autres I pour devenir polyédriques. La plupart de ces cellules sont séparées cependant par une mince couche de tissu lamineux, dense et très-résistant. Ces 1 vésicules ont un diamètre qui varie de 0n,m,l à 1 millimètre ; elles ont une paroi propre, homogène, transparente, très-adhérente au tissu ambiant, épaisse de 0n,m,05; elles renferment un liquide limpide, assez épais, peu visqueux. La surface interne de leur enveloppe est tapissée par une couche d’épithélium nucléaire à noyaux sphériques contenant ou non un nucléole. Parmi ces noyaux d’épithélium on trouve quelques cellules sphériques à un ou deux noyaux. On trouve quelques-unes de ces cellules en suspension dans le liquide. Quelquefois ce liquide tient en suspension des sympexions transparentes, arrondies ou contournées, réfractant la lumière. Ces vésicules se réunissent par groupes de vingt h trente pour constituer un lobule polyédrique séparé des lo-

IjuIcs voisins par des cloisons celluleuses. Les artérioles rampent entre les lobules et viennent à la surface de la vésicule où elles se divisent brusquement en capillaires très-fins qui entourent la vésicule d’un riche réseau. De ce réseau capillaire, naissent brusquement aussi des veinules volumineuses qui cheminent entre les lobules et qui vont constituer les veines thyroïdiennes. Les lymphatiques viennent probablement des vésicules et se jettent dans les ganglions périphériques; ils sont munis d’un très-grand nombre de valvules. Les veines contractent une adhérence intime avec le tissu glandulaire, et quand on les coupe, elles restent béantes, comme les veines sus-hépatiques dans le foie.

Svuipexions. M. le professeur Robin a donné ce nom à des corps solides, incolores, transparents, peu réfringents, qu’on trouve dans les vésicules closes de la glande thyroïde normale et surtout hypertrophiée. On les trouve dans les vésicules closes de la rate et des ganglions lymphatiques malades, dans les petits kystes des glandes du corps et du col de l’utérus. On les trouve presque constamment dans le liquide des vésicules séminales. Ces corps sont arrondis, réguliers, à contours sinueux dans la glande thyroïde et les kystes de l'utérus, plus irréguliers dans les ganglions lymphatiques et dans la rate. Ils sont quelquefois si nombreux dans le liquide des vésicules séminales qu’ils se touchent et les remplissent complètement

Leur composition est azotée, peu connue. Ils se distinguent par leur homogénéité des calculs ou concrétions à lignes concentriques, régulières et élégantes qu’on trouve dans la prostate.

Capsule» surrénales.

On donne ce nom à une glande vasculaire sanguine située à l’ extrémité supérieure du rein auquel elle adhère plus ou moins intimement.

Les capsules surrénales sont aplaties d’avant en arrière et concaves au niveau de leur base qui embrasse l’extrémité rénale. Elles empiètent un peu par leur base sur la face antérieure du rein et non sur la face postérieure; elles sont plus épaisses au niveau de leur bord interne , surtout du côté droit , parce que la capsule surrénale louche la veine cave inférieure qui la déprime légèrement.

Le sommet regarde en haut, en avant et en dedans. La face antérieure est couverte à droite par le foie auquel elle est adhérente, à gauche par la rate et la grosse tubérosité de l’estomac. La face postérieure repose sur la portion lombaire du diaphragme; les bords sont convexes.

Les surfaces des capsules surrénales paraissent plissées, tuberculeuses, ridées ; on remarque sur la face antérieure plusieurs sillons dans lesquels courent des vaisseaux et au niveau de la base une scissure ou hile par laquelle sort la veine capsulaire.

Elles sont d’une couleur brun jaunâtre à l’extérieur, et d’une couleur brun foncé au centre. A l’état normal elles sont assez consistantes.

Une capsule les entoure; au-dessous de la capsule, se trouve leur parenchyme, composé lui-même d’une couche externe, brun jaunâtre,

I c’est la substance corticale, et d’une couche interne brune , c’est la substance médullaire. La substance corticale est beaucoup plus ferme que la substance médullaire ; celle-ci est très-fragile , et elle s’altère avec la plus grande facilité. Aussi est-il commun d’y trouver une cavité centrale que quelques anatomistes considèrent comme normale. Les artères de chaque capsule surrénale viennent de trois sources : la supérieure naît sur la diaphragmatique inférieure; l’inférieure naît sur la rénale, et la moyenne sur le tronc même de l’aorte.

Les veines se réunissent pour former un tronc qui se jette dans la veine cave inférieure pour celle du côté droit , dans la veine rénale pour celle du côté gauche.

Les vaisseaux lymphatiques des capsules surrénales naissent â la surface et dans l’épaisseur de ces organes, ils se joignent à ceux des

reins etsejeUentdansles mêmes ganglions. Les nerfs sont très-nombreux; ils constituent le plexus surrénal. Ce plexus , très-considérable, tire son origine: 1° du plexus solaire, 2° du plexus diaphragmatique inférieur , 3° du plexus rénal , 4° du petit splanchnique, 5° de la partie terminale du phrénique. Ces filets nerveux sont surtout abondants au niveau du bord externe de l’organe.

Les capsules surrénales sont formées d’une enveloppe, de vésicules, de vaisseaux et de nerfs.

L 'enveloppe est constituée par du tissu lamineux qui se prolonge dans l’épaisseur de l’organe sous forme de minces cloisons, remarquables par leur régularité. Ces cloisons, en s’entre-croisant, limitent des cavités cylindriques parallèles et perpendiculaires à la surface de l’organe. Ces cylindres viennent s’ouvrir dans la substance médullaire.

Les vésicules closes des capsules surrénales sont disséminées dans ces organes. Elles présentent une paroi mince, transparente, fragile, un liquide contenant un épithélium nucléaire sphérique en si grande quantité qu’il remplit complètement la vésicule, quelques granulations graisseuses et des granulations moléculaires azotées. On trouve en outre au milieu de la tramé ccllulo-vasculaire de ces organes quelques cellules polyédriques isolées au centre, formant de petits amas vers la superlicie et contenant deux à quatre noyaux. Ces amas de cellules affectent avec les vaisseaux les mêmes rapports qu’affectaient les grains glanduleux de la portion glycogénique du foie avec la veine porte et la veine sus-hépatique.

Entre ces éléments, cellules et vésicules, on

trouve des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des nerfs, des fibres lamineuses et de la matière amorphe transparente.

Les vaisseaux artériels, après avoir cheminé pendant un certain temps dans les cloisons lamineuses, se rendent aux vésicules et aux amas de cellules pour ramifier à leur surface; ils ne pénètrent jamais au centre de la vésicule. De ces capillaires partent des veines dépourvues de valvules ; elles se renflent brusquement après leur origine, surtout vers le centre. Au niveau de la portion corticale les veines ont la structure des sinus de la duremère.

Les cellules centrales se détruisent facilement et très-rapidement après la mort. Il résulte de cette altération la formation d’une cavité au centre des capsules surrénales, cavité que quelques anatomistes ont voulu considérer comme normale. Dans cette cavité on trouve un liquide contenant des cellules, des noyaux , des granulations graisseuses et des globules de sang libre. Ce liquide résulte simplement de la dissolution de quelques cellules et de l’extravasation d’une petite quantité de sang.

Les capsules surrénales naissent d’un blastème qui toucheaux corps de Wolff, mais elles ne sont pas confondues avec eux. Chez l’homme elles sont d’abord plus volumineuses que les reins quelles recouvrent; puis, vers la dixième semaine, ceux-ci les égalent en volume. Chez les mammifères, les capsules surrénales sont toujours plus petites que les

reins, quelle que soit l’époque à laquelle on les examine (Liégeois, loc. cil.).

Meckcl a vu la rate au deuxième mois de la vie intra-utérine; elle est moins volumineuse, proportionnellement au reste du corps, dans les premiers temps de la vie.

La composition chimique des glandes vasculaires sanguines n’est pas très-connue. Cependant, pour ce qui concerne les capsules surrénales, M. Vulpian, professeur agrégé de la Faculté de Médecine de Paris, dans une note lue à l’Académie des sciences, a signalé dans ces organes l’existence d’une matière particulière qui se colore en rose par l’iode et prend une teinte glauque par les sels de fer. 11 signale aussi parmi les substances qui déterminent la coloration rose ou une teinte analogue, les chlorures de manganèse, de cobalt, de nickel, le chlorure de platine, le chlorure d’or, dont l’action est vive et instantanée ; le bichlorure de mercure dissous à l’aide de quelques gouttes d’alcool ; le sesquioxyde de fer, après que l’eau contenant les capsules écrasées a été soumise à l’ébullition. M. Vulpian a remarqué que cette substance est plus abondante pendant la vie extra-utérine que pendant la vie fœtale. Cette substance se rencontre aussi dans le sang des veines capsulaires, et non dans celui des artères (Liégeois'' .

Les capsules surrénales jouissent d'une grande sensibilité. M. Brown-Séquart, en les pinçant, a reconnu qu’elles sont plus sensibles que la peau des membres.

Chez des cochons d’Inde, M. Brown-Séquart a vu que la section latérale des portions dorsale et lombaire de la moelle épinière produisait d’abord de la congestion, et, après plusieurs mois, une sorle d’hypertrophie des capsules surrénales. Il a trouvé aussi une congestion de ces organes dans quelques cas de fracture de la colonne vertébrale.

Il y a quelques années, M. Brown-Séquart a appelé l’attention des physiologistes sur un rôle particulier des capsules surrénales, rôle qui serait en rapport avec la destruction du pigment. 11 arriva à cette conclusion en rapprochant les faits qu’Addison avait recueillis sur des malades atteints de peau bronzée , de ceux qu’il avait observés lui-même en expérimentant sur les animaux. Sur 65 cas de maladie de peau bronzée, Addison avait signalé la coexistence du dépôt de pigment dans la peau avec une altération profonde des deux capsules. Toujours la mort était survenue.

Dans les expériences que M. Brown-Séquart a faites, les animaux mouraient tous dans un temps généralement très-court; dans les dernières heures de la vie, ils étaient pris de convulsions épileptiformes avec tendance à rouler tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Le sang de ces animaux contenait plus de pigment qu’on n’en rencontre ordinairement, et souvent ce pigment était en plaques plus larges que le diamètre des capillaires de l’encéphale.

b’opinion de M. Brown-Séquart fut combattue

d’abord par M. Gratiolet qui, sur des cochons d’Inde, s’était aperçu que l’ablation de la capsule surrénale gauche n’amenait pas toujours la mort, tandis que l’extirpation de celle du côté droit faisait périr l’animal par suite d’une inflammation du foie et du péritoine.

M. Philippeaux, de son côté, vit survivre à l’ablation des capsules surrénales quatre rats albinos, et plus tard des animaux à poils colorés. A la même époque, mon excellent maître, M. Martin-Magron , conserva pendant sept semaines un chat auquel il avait enlevé les deux capsules surrénales. Pendant toute la vie de l’animal, M. Martin-Magron a examiné chaque jour le sang avec M. Ordonnez, et ces deux observateurs n’y ont jamais trouvé de pigment.

Cette question est aujourd’hui encore le sujet de controverses, qui trouveraient leur place dans un mémoire spécial sur les capsules surrénales. Je me contenterai de dire que M. Brown-Séquart base son opinion : 1° sur ce que la mort suit nécessairement l’extirpation des capsules; 2° sur ce qu’on rencontre du pigment dans le sang des animaux qui ont subi cette opération; 3° sur ce que, dans la maladie d’Àddison, les capsules surrénales sont toujours atteintes. Or, 1°M. Philippeaux, M. Harley et beaucoup d’autres, ont conservé en bonne santé des animaux albinos ou non auxquels les capsules avaient été certainement enlevées. 2° Le sang du chat conserve par M. Martin-Magron a été examiné chaque jour,

et l’on n’y a pas trouvé de pigment. 3° Quant à la maladie d’ Addison, d’une part, on l’a rencontrée chez des individus dont les capsules surrénales étaient saines, et de l’autre, une altération profonde de ces organes, et même leur absence congénitale, n’a pas été suivie de cette maladie. (Liégeois, thèse de concours, pages 63-64.)

Glandes lymphatiques ou ganglions.

On appelle glandes lymphatiques de pelils organes, le plus souvent ovales, placés dans le trajet des vaisseaux lymphatiques qui les traversent.

Leur nombre est considérable; ou les trouve en général sur le trajet des vaisseaux , dans les régions les plus riches en tissu cellulaire et à la racine des principaux organes , au creux du jarret , au pli de l’aine, au pli du coude , au creux de l’aisselle, autour des artères carotides, autour de l’artère aorte et des veines caves, autour de la plupart des artères et des veines de la cavité abdominale.

Les uns sont placés sous la peau, ce sont les ganglions superficiels ; les autres sous l’aponévrose, ce sont les ganglions profonds.

Leur volume varie depuis celui d’une petite tète d’épingle jusqu’il celui d’un haricot.

Les ganglions diminuent de volume à mesure qu’on avance en âge , à ce point que Ruysch , Morgagni et Haller, ont pu dire qu'ils disparaissaient chez le vieillard.

Les ganglions sont rougeâtres, mous; leur couleur n’est pas cependant partout la même: ainsi les ganglions mésentériques, placés sur le trajet des vaisseaux chylifères, sont d’un rose pâle dans les intervalles de la digestion , et presque blancs pendant la digestion; les ganglions sous-cutanés sont d’un rouge vif, les ganglions du foie ont un aspect jaunâtre, ceux de la racine des poumons bleuâtres ou complètement noirs.

Bans le cours qu’il a fait à la Faculté de Médecine, en 1863, M. le professeur Robin a donné de la glande lymphatique la composition suivante :

La glande est enveloppée par une membrane celluleuse à libres lamineuses , contenant aussi quelques fibres élastiques fines. Cette membrane envoie vers le centre de minces prolongements. Ces parenchymes glandulaires sans conduit excréteur sont constitués par des cylindres flexueux repliés sur eux-mêmes, comme les circonvolutions du cerveau, de telle façon que l’on ne peut pas déterminer leur longueur.

Le diamètre de ces cylindres est au moins de 0mm,1.

La surface des cylindres est bosselée.

Leur paroi est très-mince; elle est formée d’une substance homogène, pourvue de noyaux d’espace en espace. De la face interne de la paroi se détache un grand nombre de trabécules minces, qui s’anastomosent et qui portent des noyaux semblables à ceux que l’on trouve sur la paroi propre. C’est entre ces trabécules qu’on rencontre une substance pulpeuse qui remplit les cylindres. Cette substance est formée par des épithéliums nucléaires et pavimenteux.

Les capillaires sanguins arrivent à la surface de ces cylindres ; ils traversent leur paroi et forment des mailles entre les trabécules du centre du cylindre.

Les vaisseaux lymphatiques, en arrivant aux ganglions, se subdivisent et forment à leur superficie des sinus lymphatiques qui circonscrivent parfois la totalité d’un de ces cylindres. D’autres fois on ne voit qu’une portion de ces cylindres enveloppée par les sinus lymphatiques. Ces sinus lymphatiques sont

soutenus dans 10111’ trajet par des trabécules de tissu lamineux étendues de la face externe du sinus à la paroi du ganglion.

Glandes de Peyer.

O11 appelle ainsi des groupes plus ou moins considérables de vésicules closes placées dans la muqueuse de l’inlestin grêle; ces glandes, appelées aussi plaques de Peyer, sont en nombre variable , de 35 à 40, selon M. Sappey, qui les a étudiées avec le soin qu’il apporte ordinairement à l’étude de l’anatomie. Elles sont disposées sur le bord convexe de l’intestin grêle , dans le cinquième inférieur de ce tube ; leur grand axe est dirigé dans le sens du grand axe de l’intestin , leur forme est ovale. Elles sont plus ou moins étendues, de 2 centimètres à 10 centimètres; tantôt elles sont recouvertes par des replis muqueux , tantôt la muqueuse est régulièrement étalée à leur surface : de là deux espèces de plaques de Peyer, que M. Sappey distingue avec soin : 1° les plaques plissées, 2" les plaques lisses.

Ces glandes sont constituées par un assemblage de vésicules closes. Celles-ci sont juxtaposées; elles soulèvent légèrement la surface libre de la muqueuse, tandis que la paroi opposée repose sur le tissu cellulaire sous-muqueux; elles ont de 0mm,02 à I millimètre de diamètre. Leur paroi est de 0""",()1 à 0""n,02 ; le contenu est pour ainsi dire privé de liquide; il n’en existe qu’une très-faible quantité qui sépare les éléments qui y sont contenus. Elles sont exactement remplies par un épithélium nucléaire. Les vaisseaux qui s’y rendent traversent la paroi de la vésicule et vont former des mailles fines entre les noyaux d’épithéliums. Entre les diverses vésicules closes, on voit se placer les glandes de Licberkühn; les villosités manquent au niveau des

plaques de Peyer. Ces vésicules sécrètent un liquide qui passe à travers la paroi et non par déchirure de cette paroi , comme quelques auteurs l’ont admis.

O11 range aussi parmi les glandes vasculaires sanguines les vésicules closes solitaires que l’on rencontre dans l’épaisseur de la muqueuse de l’estomac, de l’intestin grêle et du gros intestin.

Amygdales.

Les amygdales sont deux petites masses appartenant aux glandes vasculaires sanguines, situées de chaque côté de l’isthme du gosier, à l’entrée du pharynx. Elles sont logées dans une excavation limitée par les piliers antérieur et postérieur; c’est la fosse amygdaliennc. Elles ont la forme d'une petite noix aplatie latéralement; leur face externe est appliquée sur l’aponévrose du pharynx et sur le muscle amygdalo-glossc ; leur face interne est libre du côté de la cavité du pharynx, elle est plus ou moins proéminente, selon les sujets ; la muqueuse la recouvre , et ne recouvre nullement sa face externe ; leur bord antérieur est placé derrière le pilier antérieur, dont elle est séparée par un espace angulaire qui augmente de haut en bas ; son bord postérieur est appliqué sur le pilier postérieur, qu’il n'abandonne pas; son extrémité inférieure est séparée de la langue par un espace de 5 à 10 millimètres; son extrémité supérieure se cache derrière un repli muqueux étendu du pilier antérieur au pilier postérieur; sous ce repli, on trouve une cavité triangulaire limitée par les deux piliers et l’extrémité supérieure de l’amvgdalc; c’est la fosse sus-amygdalienne.

L’amygdale esl constituée par une membrane muqueuse, des vésicules closes, des vaisseaux et des nerfs. La muqueuse est seulement appliquée contre la face interne de l’amygdale. Sans recouvrir les autres parties de cette glande, elle passe de l'a-

mygdalc sur le pilier antérieur pour se continuel' avec la muqueuse buccale, sur le pilier postérieur pour se continuer avec la muqueuse pharyngienne. A la partie supérieure elle se continue avec la muqueuse clu voile du palais, à la partie inférieure avec la muqueuse de la base de la langue. Au niveau de la glande, cette membrane muqueuse présente une disposition particulière. Elle s’enfonce dans l’amygdale en divers points de la face interne, et forme en se déprimant des culs-de-sac connus sous le nom de lacunes de l’amygdale. Il en existe une plus volumineuse à l’extrémité supérieure de l’amygdale dans la fosse sus-amygdalienne. Ces culs-de-sac ont une profondeur plus ou moins considérable ; quelquesuns sont si profonds qu’ils atteignent presque la surface externe de l’amygdale; ils sont plus larges vers le fond qu’à la surface de la glande; c’est pour cela que leurs orifices paraissent sous forme de points ou de lignes très-courtes.

Les vésicules closes qu’on trouve dans l’amygdale sont situées à la face profonde de la muqueuse, d’autres sont situées plus profondément encore. On

Icn trouve de même espèce sur la base de la langue dans l’espace qui sépare les deux amygdales; ces vésicules closes présentent 0mm,02 à 0mm,05 de diamètre; elles sont sphériques, ovales, ou piriformes; en certains points, elles se réunissent par groupes de 15 à 20; entre les groupes il existe des cloisons 1 de tissu lamineux dans lesquelles rampent les vaisseaux; chaque vésicule a une paroi granuleuse,

grisâtre, sans stries; elle a une épaisseur de 0,u,u,0(j à O'""1, 07; le contenu est grisâtre, demi-liquide ; il est lormc en grande partie par un épithélium nucléaire sphérique dont les noyaux ont 0mm,08de diamètre; l’on y trouve aussi quelques cellules sphéroïdales et un ou deux novaux.

Entre les groupes des vésicules closes et les vési-

cules elles-mêmes se trouvent des cloisons minces de tissu lamineux.

Les artères de l’amygdale sont fournies par la pharyngienne inférieure, par la palatine supérieure, la palatine inférieure et par la linguale. Elles se terminent à la surface des vésicules closes où elles forment de petites mailles arrondies; de chaque vésicule, naissent ordinairement deux veinules qui se dirigent vers la face externe de l’amygdale pour former un petit plexus veineux qui constitue une dépendance du plexus pharyngien.

On ne connaît pas les lymphatiques des amygdales.

Les nerfs émanent du nerf glosso - pharyngien; on ne sait pas comment ils se terminent. Quelques filaments viennent aussi du nerf pneumogastrique. On ne connaît pas l’usage des amygdales.

Gluutlc pituitaire.

La glande pituitaire, ou corps pituitaire, est une glande vasculaire sanguine, située dans la selle lurciquc. Elle est ovoïde, grisâtre, à grand dia-

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