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CINQUIÈME VARIÉTÉ

Glandes «le üléry ou «le Cooi»cr.

Ce son! deuxpelites glandes en grappes composées, de la grosseur d’un pois; on les trouve dans le périnée entre les deux feuillets qui constituent le ligament de Carcassonne ou aponévrose moyenne du périnée. Elles sont placées en arrière du bulbe ; elles donnent naissance à un mince conduit excréteur qui va s’ouvrir sur la paroi inférieure de l’urèthre, à une distance plus ou moins considérable, presque toujours en avant du verumontanum.

Les acini ont 0mm,Gc!e diamètre, ils sont séparés les uns des autres par une couche de tissu lamineux très-serré. Les culs-de-sac sont un peu écartés les uns des autres; ils ont une paroi propre très-résistante. L’épithélium qui les tapisse est pavimenteux, à très-petites cellules. Le liquide que ces glandes sécrètent est visqueux, incolore, sécrété en grande quantité après les érections prolongées.

SIXIÈME VARIÉTÉ

Glandes vnlvo -va finales.

Ces glandes sont encore connues sous les noms de glandes de Bar tholin, de Duverney. Elles sont de la grosseur d’une noisette, situées dans l’épaisseur de la grande lèvre , à l’orifice antérieur du vagin ; elles sont placées au milieu des fibres du muscle constricteur du vagin. Un canal excréteur s’en détache et vient s’ouvrir de chaque côté de l’orifice vaginal, en avant de la membrane hymen, où il dépose un liquide odorant à réaction acide.

Cel le glande est l’analogue des glandes de Cooper chez l’homme. Les acini qui la constituent oui

0mm,4 à O’""1, 5, ils sont sépares par du tissu lamineux dense trcs-serré. Les culs-de-sac sont un peu écartés les uns des autres, et ils sont formés d’une paroi propre très-résistante tapissée par un épithélium pavimenteux et nucléaire. Les cellules de cet épithélium sont très-petites.

SEPTIÈME VARIÉTÉ

la iules mammaires.

Les mamelles, ordinairement au nombre de 2 , sont placées à la partie antérieure du grand pectoral, dont elles sont séparées par une bourse séreuse, indiquée par M. Chassaignac ; elles sont formées d’une partie essentielle, la glande mammaire, et de parties accessoires, la graisse, la peau, et un petit tubercule plus ou moins volumineux, brun ou rosé selon la femme, c’est le mamelon; la peau est lisse et unie, elle est recouverte par une multitude de petits poils follets. Autour du mamelon elle présente une certaine quantité de pigment, qui augmente considérablement pendant la grossesse; elle constitue là l’auréole du mamelon. Le mamelon, tour à tonr flasque et rigide, varie quant à ses dimensions, quant à sa forme; mais sa texture est toujours la même. 11 est formé de deux couches comme la peau, l’épiderme et le derme. Celui-ci est rempli de fibres musculaires de la vie organique qui, en se contractant sous l’influence des excitations, déterminent l’érection de ce tubercule. Le mamelon est traversé par les canaux galactopborcs.

La glande mammaire est formée d’une inulLilude de lobules réunis par du tissu cellulaire dense, d’où partent les canaux galactophores, canaux qui présentent sur leur tra jet des dilatations et qui s’anastomosent. entre eux avant de s’ouvrir au sommet du mamelon. La glande est enveloppée par une masse ccllulo-adipeusc qui lui adhère Irèsiulimement.

Les aeini,dont la réunion constitue le lobule, sont formés chacun par 40 à 50 culs-de-sac, à paroi propre, amorphe , llncment granuleuse, Irès-résis-

tante, tapissée d’un épithélium nucléaire ovoïde, contenant des nucléoles chez certains sujets. Ces culs-de-sac sont rougeâtres, volumineux; ils ont jusqu’à 1 millimètre de long sur 0ram,06 à 0"'u,,08; ils donnent naissance à un petit canal qui, en se réunissant aux canaux venant des autres lobules, forme des canaux galactophores. Ceux-ci sont formés par un mélange de fibres lamineuses, de fibres élastiques anastomosées et de fibres musculaires de la vie organique, et tapissés par un épithélium pavimenteux. La description que nous avons faite de l’acinus fait voir ce qu’il est pendant la grossesse; mais, hors l’état de grossesse, lesacini sont petits, affaissés, grisâtres, pour ainsi dire atrophiés. Quand la sécrétion du lait est active, les culs-de-sac se dépouillent de leur épithélium. Après la sécrétion, une nouvelle couche épithéliale se produit. Entre les acirii, on trouve de minces cloisons de tissu lami-

! neux très-dense , blanchâtre , peu vasculaire, et quelques fibres musculaires de la vie organique.

UUITIÈMË VARIÉTÉ,

Prostate.

La prostate est une glande en grappe composée, de la grosseur d’une châtaigne, située à l’extrémité vésicale du canal de l’urèthre, au centre de la région du périnée. On ne la trouve que chez l'homme. Elle entoure l'urèthre elle col vésical, mais la portion qui passe devant ce canal est extrêmement mince, ce qui explique l’erreur de certains anatomistes qui la considèrent comme une gouttière dans laquelle sceau reçu l'urèthre; elle est. dure, jaune rougeâtre, allongée transversalement , plus mince an milieu , ce qui a fait dire qu’clle a deux

lobes. Quelquefois, chez les vieillards surtout, elle proémiue dans le centre du canal. C’est dans ce cas qu’on dit que la prostate a un lobe moyen. Cette glande repose sur l’aponévrose moyenne du périnée, elle est en rapport de chaque côté avec l’aponévrose latérale de la prostate que découvrit, en 1837, M. Denonvilliers. Cette aponévrose la sépare du muscle releveur de l’anus. En arrière elle est séparée du rectum par l’aponévrose proslato-péritonéale , découverte, la même année, par le même anatomiste. En avant, cette glande est en rapport avec la symphyse pubienne; en haut, avec les tendons des fibres longitudinales de la vessie, comme l’a démontré M. Sappey, et une lamelle celluleuse placée entre ces deux tendons. Dans cette cage fibreuse cet organe est enveloppé de veines, surtout sur sa partie antérieure; on y trouve aussi en avant le muscle de Wilson. Laprostate est déprimée en arrière pour recevoir l’extrémité antérieure des vésicules séminales ; elle est traversée d’arrière en avant par les canaux éjaculateurs.

La prostate renferme un grand nombre d’éléments dont l’arrangement se prête à une description méthodique.

On y trouve la partie essentielle de la glande, l’acinus, les canaux sécréteurs et excréteurs, des vaisseaux, des nerfs, des libres musculaires, de la vie organique, du tissu lamineux.

Les acini présentent ici des caractères tout particuliers. Ils forment des groupes ou glandes distinctes qui s’ouvrent isolément de chaque côté du verumontanum. La prostate ne serait donc qu’un assemblage de douze ou quinze glandes beaucoup plus petites qu’elle. Les culs-de-sac des acini son! très-larges; ils présentent 0""1,,0G à 0,n"',07, largeur égale à celle du conduit commun. La paroi propre des culs-de-sac est très-mince, elle a 0"1,n,002 a 003 , très-adhérente à la trame environnante, facile à déchirer; ils oui sur cette glande une dis-

position qu’ils n’affectcnt pas ailleurs; ils son! échelonnés de distance en distance le long des conduits sécréteurs et sont séparés les uns des autres par des intervalles de 0mn\01 à 0,nm,09, dans lesquels se trouvent les éléments de la trame. L’épithélium qui les tapisse est en partie à cellules sphériques, en partie à noyaux. On trouve aussi quelquefois dans les culs-de-sac de petites concrétions de substance azotée appelées sympexions.

Les canaux sécréteurs ont une paroi propre qui fait suite au cul-de-sac; ils sont tapissés par un épithélium pavimenteux à cellules un peu irrégulières, granuleuses à l’intérieur, irrégulièrement disposées à la face interne des tubes. Presque constamment les culs-de-sac sont remplis d’une matière jaunâtre, demi-solide, granuleuse ; elle est composée principalement de granulations graisseuses , brunâtres, de 0,nm,001 à 0ram,002; on y trouve aussi des cellules et des noyaux d’épithélium semblables à ceux qui tapissent les culs-de-sac.

Les conduits excréteurs ont une paroi propre composée de fibres lamincuses, de matière amorphe, de fibres-cellules en quantité au moins égale, mais ils ne contiennent pas de fibres élastiques. Lorsque les canaux formés par les tubes sécréteurs présentent 0mm,2 à 0mm,3, l’épithélium qui les tapisse prend peu à peu la forme cylindrique. Dans les tubes un peu plus larges, les cellules épithéliales présentent quelques cils vibratiles. Ces cellules épithéliales contiennent autour du noyau des gra-

nidations graisseuses cl’un jaune foncé, volumineuses. Ces conduits s’ouvrent de chaque côté du vérumontanuin. 11 ne faut pas les confondre avec deux autres orifices placés sur les côtés du verumontanum qui représentent l’ouverture des conduits éjaculateurs.

Les artères proviennent des artères vésicales inférieures, des hémorrhoidales moyennes, et de l’artère honteuse interne, elles se ramifient au milieu de la trame qui sépare les lobules et les acini pour se perdre, en formant un riche réseau capillaire, à la face externe des culs-de-sac. Les veines se réunissent à d’autres veines du voisinage et concourent à former autour de la prostate une enveloppe vasculaire désignée sous le nom de plexus prostatique.

Les vaisseaux lymphatiques de la prostate ont été injectés par M. Sappey. Ils sortent de la prostate en formant quatre troncs; deux inférieurs qui se jettent dans les ganglions lymphatiques pelviens, et deux supérieurs qui vont se jeter dans les ganglions lombaires.

Les nerfs sont nombreux ; ils sont formés de quelques tubes nerveux, minces, et surtout de fibres de Remak.

Les fibres musculaires forment autour de la prostate une couche d’un demi-millimètre d’épaisseur; elles s’cntre-croisent et pénètrent dans la glande entre les lobules et les acini, où elles sont extrêmement abondantes; elles présentent fréquemment les

nodosités que nous avons précédemment étudiées. Ces fibres musculaires se continuent, quelques-unes du moins , avec les fibres musculaires de la vessie et avec celles du muscle de Wilson.

Les fibres lamineuses sont disséminées dans la glande comme les fibres musculaires; elles forment aussi, en dehors de la couche musculaire, une couche à la prostate. C’est cette couche qui la fait adhérer aux parties avec lesquelles elle est en rapport.

NEUVIÈME VARIÉTÉ

Foie.

Le foie est une glande annexée il l’appareil digestif et destiné surtout à sécréter la bile. Cet organe est situé dans l’hypochondre droit; par son extrémité gauche, il se dirige vers l'épigastre, et atteint souvent l’hypochondre gauche, où il recouvre l’extrémité supérieure de la rate.

La face supérieure, lisse, convexe, est en rapport avec le diaphragme , qu’elle refoule dans la partie droite du thorax , en même temps qu’elle diminue le diamètre vertical du poumon droit. La face inférieure présente trois sillons, deux saillies, trois dépressions; l’un des sillons est placé à l’union des deux lobes du foie , et contient , dans toute son étendue, le cordon fibreux qui remplace la veine ombilicale; on l’appelle sillon de la veine ombilicale ou sillon longitudinal ; il se dirige d’avant en arrière. Un second sillon est perpendiculaire au précédent el dirigé transversalement entre les deux saillies; ce sillon, appelé aussi hile du foie , laisse passer l'artère hépatique, la veine porte, les nerfs, les lymphatiques et les conduits biliaires. Le troisième sillon est placé à droite des autres; il contient , dans sa moitié antérieure, la vésicule biliaire, et, dans son quart postérieur, la veine cave inférieure, qui reçoit li\ les veines sushépatiques. Ce sillon est interrompu entre la veine cave inférieure cl la vésicule biliaire par une languette de tissu hépatique provenant du lobe de Spigel. ,

Les deux saillies soûl séparées par le sillon transverse et comme encadrées par les sillons ; on les appelle éminences portes antérieure et postérieure. L’antérieure est dite encore éminence carrée du foie, la postérieure est dite lobe de Spigel.

On y trouve trois dépressions. Elles sont situées à la face inférieur du lobe droit; l’antérieure reçoit l’angle que forment par leur réunion le côlon ascendant et le côlon transverse; la moyenne se moule sur la face antérieure du rein, la postérieure est en rapport avec la capsule surrénale. Sur la face inférieure du lobe gauche, on trouve aussi une très-légère dépression en rapport avec la grosse tubérosité de l’estomac. L’extrémité droite du foie est placée sous les fausses côtes, l’extrémité gauche est amincie et placée au-dessous du diaphragme , le bord antérieur mince correspond à la ligne qui est formée par l’extrémité antérieure des cartilages des fausses côtes; le bord postérieur est très-épais, il est séparé de la colonne vertébrale par les piliers du diaphragme, l’aorte, la veine cave inférieure.

On trouve dans le foie deux enveloppes : l’externe, séreuse, est constituée par le péritoine, qui lui adhère intimement et qui le recouvre partout, excepté au niveau du bord postérieur, où le diaphragme touche immédiatement le foie. Cette membrane séreuse forme autour de ce viscère plusieurs replis : le ligament suspenseur du foie, à la face supérieure; les ligaments triangulaires droit et gauche, aux extrémités ; le ligament coronaire , au bord postérieur ; l 'épiploon gastro-hépatique, à la face inférieure.

La tunique interne est une membrane fibreuse adhérente par sa face externe au péritoine, et envoyant par sa face interne de petits prolongements qui pénètrent dans le parenchyme de l’organe à une petite profondeur, du moins chez l’homme. Cette enveloppe fibreuse entoure toutes les parties du foie. Au niveau du hile, elle entre dans le foie en formant une gaine fibreuse commune aux vaisseaux du foie et aux conduits biliaires. C’est celte gaine seulement et non l'enveloppe commune qu’on appelle capsule de Glisson. Elle adhère au tissu hépatique par de très-minces cloisons qu’elle lui envoie.

Dans le parenchyme, on trouve, avec les cellules hépatiques , les canaux sécréteurs des organes dont il est utile de connaître la disposition. Le foie reçoit l’artère hépatique, qui pénètre par le hile cl qui se ramifie dans les deux lobes jusqu’aux lobules; clic est toujours accompagnée par la capsule de Glisson. 11 reçoit par la veine porte le sang de toute la partie sous-diaphragmatique du tube digestif et des annexes. Celle veine se ramifie exactement , comme l’artère hépatique, jusqu’aux lobules.

Le foie reçoit aussi des nerfs. Les uns pénètrent dans le hile avec

les vaisseaux, ils proviennent du plexus solaire; d'autres nerfs pénètrent aussi dans le hile , et viennent directement du pneumogastrique gauche, qui passe devant le cardia et devant l’estomac ; d’autres enfin pénètrent dans le bord postérieur du foie, ils proviennent du phrénique droit.

Le foie donne les veines sus-hépatiques. Elles naissent des lobules, et forment des troncs qui vont se jeter dans la veine cave inférieure, au niveau du bord postérieur. Ces troncs ne sont pas contenus dans la capsule de Glisson; ils sont adhérents au parenchyme du foie par leur surface externe, de sorte qu’ils se maintiennent béants quand ils sont coupés. Ces vaisseaux sont dépourvus de leurs tuniques externes; ils contiennent quelques fibres musculaires de la vie organique dans l’épaisseur de leur paroi.

Les conduits biliaires prennent aussi naissance au milieu des lobules; de là ils se portent vers le hile du foie en suivant la capsule de Glisson, dans laquelle ils sont contenus. Ils présentent par conséquent les mêmes subdivisions que la veine porte et l’artère hépatique.

Les vaisseaux lymphatiques viennent des lobules, et forment dans le foie un vaste plexus, étudié avec un soin tout particulier par M. Sappey (mémoire adressé à l’Académie des sciences, 1852).

Quel est l’élément glandulaire du foie? Comment les canaux biliaires se terminent-ils dans cet organe?

Quels rapports affectent avec ces canaux les vaisseaux si nombreux du foie ? Qu’est-ce que le lobule ?

Voilà une foule de questions dont on désire connaître la solution lorsqu’on étudie le foie. Et, disons-lc de suite, les auteurs ne se sont guère entendus là-dessus.

Il existe sur le mode d’arrangement du foie presque autant d’opinions que d’auteurs. En présence de toutes ces opinions contradictoires, notre embarras serait grand, si nous ne restions fidèle au principe que nous nous sommes posé, de n’entrer dans aucune discussion. Nous allons indiquer l’opi-

il ion de M. le professeur Ch. Robin, opinion qu’il a fait connaître à son cours d’histologie, fait en 1863 à la Faculté de Médecine de Paris.

Le foie a deux fonctions: celle de sécréter la bile et celle de fabriquer du sucre. Pour ces deux produits, le foie a un appareil particulier. Le foie doit être considéré comme la réunion de deux glandes dont les éléments sont mélangés : 1° une glande en grappe qui sécrète la bile; 2° une glande vasculaire sanguine qui forme le sucre. Ces glandes ont chacune leurs éléments distincts. La glande en grappe a pour éléments les acini situés aux extrémités des canaux biliaires, comme lesacini des glandes salivaires aux extrémités du conduit. Autour de ces acini, contre leur paroi, viennent se diviser les capillaires de l’artère hépatique. La glande vasculaire sanguine a pour élément glandulaire des cellules spéciales formant des masses autour desquelles et dans lesquelles se rendent les ramifications de la veine porte; c’est de là aussi que partent les radicules des veines sus-hépatiques.

1° Appareil .sécréteur de la liile. Ail commencement de ce chapitre, dans les notions anatomiques, nous avons vu la manière dont se comportaient les vaisseaux, les nerfs, les canaux biliaires et la capsule de Glisson; suivons-les dans leur terminaison. D’abord on peut dire que le foie est une grande masse spongieuse et vasculaire, un vaste réseau capillaire dans les mailles duquel sont disséminés les éléments glandulaires. La quantité de

sang qu'il contient est si grande que d’un instant à l’autre le foie peut présenter des variations de plusieurs centimètres. Le foie est un tissu qui est partout le même, et pour le connaître il faut en étudier une très-faible partie, ce que l’on appelle le lobule; or ce lobule n’a que de 1 à 2 millimètres de diamètre. C’est donc dans 1 millimètre cube du foie qu’il faut étudier la disposition de ces éléments, c’est ce millimètre qui a été si diversement étudié, c’est lui qui contient les éléments des deux glandes du foie.

Les ncini de la portion qui sécrète la bile sont en communication directe avec les canaux biliaires. Ils sont fermés de toute part, et se terminent par des culsde-sac sur la paroi externe desquels se ramifie l’artère hépatique. Ces culs-de-sac sont disséminés au milieu des autres vaisseaux qui ne font que les côtoyer, cl de l’élément destiné à la formation du sucre. Les acini sont formés de culs-de-sac qui ne se touchent pas, ils ont une certaine analogie avec les glandes de Meibomius, ils ont la forme de feuilles de fougère. Le fond des culs-de-sac est plus large que le conduit commun, ils sont larges de 0,nm,05 à 0""”,0(>. Les acini varient dans leurs dimensions, ils ont de O"1'", 2 à 0mm, 4.

Chaque cul-de-sac a une paroi propre, transparente, très-mince, plus mince que la couche d’épithélium qui le double. Cette paroi se continue directement avec celle des conduits biliaires sécréteurs. Le cul-de-sac est tapissé par un épithélium pavimenteux à petites cellules polyédriques, transpa-

l'entes, contenant chacune un noyau ovoïde remplissaut presque complètement la cellule. À la surface externe des culs-de-sac se trouve un riche réseau provenant de l'artère hépatique et nullement des autres vaisseaux. Les capillaires qui font suite à l’artcre hépatique vont se jeter clans la veine sushépatique. Des acini partent les canaux sécréteurs qui s’anastomosent plusieurs fois entre eux ; ils sont en contact avec les canaux sécréteurs voisins, formés d’une paroi analogue h celle des culs-de-sac; ils sont tapissés par une couche d’épithélium pavimenteux semblable à celui qui tapisse les culs-desac, couche beaucoup plus épaisse que la paroi propre. Cet épithélium pavimenteux est remplacé par un épithélium à cils vibr ali les au moment où les canaux deviennent canaux sécréteurs. Ce changement a lieu au niveau des canaux biliaires qui présentent plus cleOmni,l. C’est là aussi que cessent les éléments de la capsule de Glisson. Devenus excréteurs, les canaux se dirigent en convergeant vers le hile du foie; ils sont constitués par une couche de libres lamineuscs et élastiques au milieu desquelles on trouve de rares libres musculaires de la vie organique. Ces libres musculaires deviennent abondantes au contraire dans les gros canaux excréteurs de la bile qui sont placés sous le foie. Un trouve dans les canaux sécréteurs de la matière biliaire incolore qui remplit aussi les culs-de-sac. Celle matière devient brunâtre, verdâtre, lorsque le foie a macéré dans les acides étendus.

‘i° Appareil formateur «lu sucre ou portion glycogénique «lu foie. La portion glycogénique lait partie des glandes vasculaires sanguines. Nous allons voir ici, en effet, le sang apporté à des cellules spéciales, être élaboré et rejeté ensuite dans un système spécial, le système des veines sus-hépatiques. Du contact du liquide sanguin avec les cellules, résulte la formation du sucre. Ces cellules ou cellules hépatiques ont chacune 0inm,02 à 0mnl,03 de diamètre, elles se réunissent en se juxtaposant et forment de petites masses de 1 à 2 millimètres de diamètre qui forment les grains glanduleux du foie ou lobules. Ces cellules sont polyédriques, elles renferment un ou deux noyaux, difficiles à constater chez l’homme. Entre les amas de cellules ou grains glanduleux du foie on trouve de minces cloisons plus ou moins visibles selon les espèces animales; très-visibles chez le porc, très-peu chez l’homme. Ces cloisons, qui s’insèrent d’un côté sur les prolongements de la capsule de Glisson, sont formées de matière amorphe et de corps fusiformes fibro-plastiques. Les vaisseaux sanguins se déta- I client de la veine porte cl forment dans ces grains glanduleux des mailles étroites, plus- étroites que les capillaires qui les forment. Lorsque le foie est injecté et qu’on coupe ces lobules, on voit qu’ils ) sont aussi riches en vaisseaux au centre qu’à la j circonférence. Quelques-uns de ces vaisseaux quil- - tent leur lobule pour passer dans un autre à travers i la cloison mince du tissu qui les sépare. Les capil-

laires de chaque lobule se dirigent vers le centre a travers les cellules hépatiques, avec lesquelles ils sont en contact, et vont former l’origine des veines sus-hépatiques.

Les grains glanduleux ou lobules du foie n’ont aucune communication avec les conduits sécréteurs de la bile; seulement, au voisinage des conduits biliaires, on voit les acini s’enfoncer entre les lobules hépatiques.

Les lymphatiques du foie naissent dans les profondeurs de cet organe, autour des grains glanduleux; ils s’anastomosent entre eux et forment des rameaux qui se partagent en superficiels et profonds. Les premiers proviennent de grains glanduleux voisins de la surface de la glande, les antres viennent de la profondeur.

On ne connaît pas le mode de terminaison des nerfs.

D’après l’étude de la disposition des divers éléments anatomiques, on voit que dans le foie il y a deux fonctions bien distinctes : l’une, la sécrétion de la bile, qui ne diffère pas des autres sécrétions: l’autre, la formation de sucre. Le sucre est formé dans l’épaisseur du foie, dans les vaisseaux capillaires intermédiaires à la veine porte et aux veines sus-hépatiques. Cette formation résulte du contact des vaisseaux avec les cellules hépatiques; elle s explique par la présence dans ces cellules d un principe immédiat non azote, que M. Claude Bernard a découvert et qui porte le nom de principe ou ma-

lière glycogène. La transformation de celle matière en sucre n’a pas lieu seulement au contact du plasma du sang, mais encore au contact de tous les liquides animaux. La matière glycogène peut être préparée et recueillie. Pour cela on broie le foie d’un animal, au moment où on vient de le tuer, et on le traite par l’eau bouillante. On passe à travers un linge et on ajoute au liquide quatre à cinq fois son poids d’alcool à 40°, qui forme un précipité de matière glycogène. Pour purifier cette matière de tout principe azoté quelle pourrait contenir, on la fait bouillir dans une solution concentrée dépotasse caustique, qui est sans action sur elle. On filtre, et le liquide filtré est traité par l’alcool comme la première fois. La matière glycogène se dépose, on la lave à plusieurs reprises avec l’alcool et on la fait sécher. Lorsqu’elle est desséchée, elle se présente sous la forme d’une poudre blanche amorphe, neutre, inodore et insipide. Cette substance se dissout dans l’eau, elle est insoluble dans l’alcool. L’iode la colore en violet ou en rouge violacé. Au contact de la levûre, elle ne fermente pas, elle ne réduit pas non plus les liquides cupropotassique. Tous les agents qui transforment l’amidon et la dextrinc en glycose transforment la ma- 1 lière glycogène en glycose. Elle dévie à droite le plan de polarisation de la lumière polarisée.

Quelques auteurs ont dit qu’il n’y avait là rien qui autorisât à dire que le foie est l’organe de formation du sucre, qu’il est le siège de cet acte im-

portant, la (jhjcocjénie , puisque la matière glycogène peut se rencontrer ailleurs. Il est vrai que cette matière se trouve dans beaucoup de régions du corps, surtout chez le fœtus; mais la quantité que l’on y trouve est vraiment trop minime, si on la compare à celle du foie, pour songer un instant à 11e pas faire de celte glande l’organe essentiel de la glycogénie. La formation du sucre dans le foie est liée intimement à l’influence du système nerveux, agissant sur les vaisseaux sanguins du foie qui lui apportent les matériaux nutritifs.

Ainsi, en coupant le pneumogastrique au-dessus du point où naissent les filets du poumon, 011 supprime la formation du sucre dans le foie. Si l'on excite le bout central de ces nerfs par le galvanisme, où si l’on pique la moelle allongée un peu au dessus du nerf peneumogastrique, sur le plancher du quatrième ventricule, la fonction glycogénique du foie est surexitéc, une grande quantité de sucre se forme. Elle s’accumule dans le sang et passe ensuite dans l’urine. On doit remarquer ici que l'action nerveuse qui excite le foie se propage connue à l’état normal, c’est-à-dire du poumon aux centres nerveux, et de ceux-ci vers le foie, par l'intermediaire de la moelle et du grand sympathique. Ou peut ainsi produire un diabète artificiel , connue la montré le savant professeur du Collège de France. Mais aujourd’hui les médecins connaisscntunc autre espèce de diabète, c’est le diabète traumatique, qui s’est montré chez l’homme à la suite de chutes ou

de chocs ayant déterminé une lésion des centres nerveux dans le point (pic l’expérience avait montré être en rapport avec la production du sucre dans le foie.

Altérations. Nous avons déjà vu que le foie gras qu’on observe chez les phthisiques n’est autre chose qu’une augmentation du volume des cellules hépatiques, dans lesquelles il s’accumule quelques gouttelettes d’huile qui les distendent. Cette accumulation de gouttes d’huile se fait aussi dans les cellules des acini et des conduits sécréteurs. Le noyau s’atrophie souvent dans ces cas.

On décrit sous le nom de cancer du foie l’épithélioma de cet organe qui s’y rencontre communément. C’est là une hypergénèse de l’épithélium du foie qui peut porter uniquement sur les noyaux. Dans ces tumeurs les cellules sont ordinairement plus petites qu’à l’état normal, irrégulières, rarement plus volumineuses, granuleuses. Ces cellules sont souvent accompagnées d’une grande proportion de matière amorphe et de granulations moléculaires de nature azotée ou graisseuse. Quelquefois des noyaux seuls composent l’altération. Ces noyaux sont parfois volumineux, ovoïdes, le plus souvent ils sont petits.

La cirrhose est une maladie du foie dont les symptômes sont tous mécaniquement sous la dépendance de l’état anatomique du foie, au moins dans les premiers temps de la maladie. Cet état anatomique morbide est caractérisé par la produc-

tion cl’un tissu nouveau, qui en se rétractant détermine l’atrophie des vaisseaux capillaires. Ce tissu Forme des cloisons qui adhèrent à la capsule fibreuse qui enveloppe le foie et à la capsule de Glisson; elles traversent le tissu du foie en différens sens et s’entre-croisent. Ce tissu morbide est formé par une grande quantité de matière amorphe , granuleuse, fibroïde,parune quantité d’éléments fibro-plastiques plus grande qu’à l’état normal, et par des faisceaux de fibres lamineuses qui n’existent pas normalement. Ce tissu a une composition analogue à celle du tissu cicatriciel ; comme lui, en effet, il se rétracte et détermine dans ce voisinage d’autres lésions. Ainsi, dans les cirrhoses, on voit encore les cellules d’épithélium diminuées de volume, les conduits secréteurs et excréteurs resserrés, certaines cellules épithéliales remplies de petites gouttes d’huile verdâtre bien différentes de celles du foie gras, les vaisseaux capillaires en partie atrophiés. Toutes ces lésions, dont on peut suivre l’évolution dans le foie, font voir où peut conduire le défaut de connaissance de l’état normal quand on veut étudier l’état morbide. Que de volumes on a écrit sur la cirrhose! On voit tous les auteurs admettre une substance rouge et une substance jaune à l’état sain et croire à l’atrophie de la substance rouge et à l'hypertrophie delà substance jaune dansla cirrhose. Y comprenez-vous quelque chose ? Nous ne le croyons pas, et il serait difficile de comprendre que quelque chose qui n’existe pas pùt être altéré. Au-

jourd’hui les progrès du microscope en nous montrant la constitution du foie normal, nous permettent de juger rapidement l’état pathologique. 11 nous fait voir que ce qu’on appelait atrophie de la substance rouge n’est qu’un resserrement, qu’une diminution du volume et du nombre des capillaires sanguins; ce que l’on appelait hypertrophie de la substance jaune n’était autre chose que des plaques jaunâtres, tenant au développement de gouttelettes d’huile, dans quelques cellules épithéliales hépatiques.

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