CINQUIEME SECTION
SYSTÈME TÈGUME1NTA1RE
il est composé par des membranes qui recouvrent le corps extérieurement où il constitue la peau, et par les membranes qui recouvrent les cavités du corps communiquant avec l’extérieur, où il constitue les muqueuses. La peau est encore appelée tégument externe; on donne aussi à la muqueuse le nom de tégument interne. Ces deux espèces de téguments présentent de grandes ressemblances et quelques différences. Nous verrons qu’ils sont tous les deux formés à la surface par une couche d’épithélium reposant immédiatement sur une couche particulière, le derme, à peu près identique sur la peau et sur les muqueuses. Nous verrons que les téguments interne et externe ont des fonctions analogues; ils ont le même nombre découches, ou à peu près; ils présentent des vaisseaux qui se comportent de la même manière; ils présentent un dé-
vcloppcment analogue. Non- seulement la peau et les muqueuses proviennent du même feuillet du blastoderme, mais encore, dans le développement ultérieur, il n’y a pas de différence entre celui delà peau et celui des muqueuses. La peau diffère des muqueuses par la couleur, par l’état de sécheresse de sa surface, par la différence du pouvoir absorbant dans ces deux espèces de membranes.
La texture de la peau est liée si iiilimemeut à la description generale de eette membrane, que nous avons cru bien faire en la faisant précéder de quelques notions générales sur sa conformation.
La peau ou tégument externe est une membrane molle, sensible, qui limite de toutes parts la surface du corps et qui se continue au niveau des orifices avec un système de membranes analogues tapissant les cavités du corps qui communiquent avec l’extérieur. Ces membranes sont appelées membranes muqueuses.
La couleur de la peau est rosée ciiez l’enfant au moment de la naissance, d’un rose moins tendre quelque temps après. Chez l’adulte, cette couleur varie selon les individus, selon les races, scion les régions du corps, selon les saisons et les maladies qui affectent l’organisme.
V épaisseur de la peau est assez considérable; clic
est en général de 2 à 3 millimètres, si l’on ne considère que la peau séparée de la couche adipeuse; cette couche est tellement adhérente et surtout tellement confondue avec le derme qu’il n’est pas rationnel de la vouloir séparer. Quand on considère l’épaisseur de la peau on devrait donc y comprendre toutes les couches jusqu’aux aponévroses d’enveloppe. Du reste, les glandes sudoripares s’enfoncent au centre de la couche graisseuse, entre les lobules.
L 'étendue de la peau est plus considérable que la surface du corps. En effet, la peau ne recouvre pas seulement toutes les saillies et toutes les dépressions du corps, mais encore elle forme des replis dans certaines régions, en s’adossant à elle-même. Ex. : à la circonférence du pavillon de l’oreille, aux narines, sur la verge. D’après M. Sappey, cette étendue serait de 12 pieds carrés sur un homme robuste et de taille élevée, de 8 pieds sur une femme de taille et d’embonpoint ordinaires. La peau présente à étudier deux faces, l’une profonde, l’autre superficielle et libre.
La face profonde est toujours humide; elle est en rapport plus ou moins intime avec les parties sous-jacentes. Sur le tronc et sur les membres elle glisse sur les parties profondes au moyen d’une couche de tissu lamincux connue sous le nom de fascia superficialis. À la paume des mains et à la plante des pieds l’adhérence est plus considérable el le déplacement de la peau est presque impossible.
La face superficielle de la peau présente : 1° des productions cornées, normales et accidentelles; 2° des saillies permanentes; 3° des saillies passagères; 4° des orifices; 5" dessillons; 0° des plis.
1° Les productions cornées seront étudiées avec la structure de l’épiderme.
2° Les saillies permanentes , cpii ont reçu le nom de papilles, sont établies à la surface de la peau; leur ensemble forme le corps papillaire. Ces petites élevures, destinées, la plupart du moins, à la sensibilité, ont été vues, pour la première fois, au milieu du xvne siècle, par Malpighi, sur la langue du bœuf, et plus tard sur la peau de l’homme. Elles ont été étudiées par Ruysch, qui a compris , à tort, dans leur description, les saillies que forment à la surface clc la peau les follicules pileux. Elles ont été bien mieux étudiées par Albinusdout la description laisse peu à désirer. Il les a divisées en grandes, moyennes et petites. Les grandes papilles se rencontrent à la main et au pied; c’est au talon qu’elles acquièrent leur plus grand développement. Les papilles moyennes sont placées sous les ongles de la main et du pied; les petites recouvrent le reste de la peau. Les grandes papilles sont coniques, les moyennes cylindriques, les petites hémisphériques.
3° Les saillies passagères se produisent à la surface de la peau, sous l'influence du froid, de la peur, etc.; elles s’accompagnent du redressement des poils. C’est ce phénomène qui a reçu le nom de chair de poule. Les auteurs n'expliquent pas ce
phénomène de la même manière. Tous sont d'accord sur ce fait, que le follicule pileux est soulève et qu’il détermine la saillie. Mais quelle est la cause du soulèvement de ce follicule ? M. Kolliker attribue ce déplacement du follicule à la contraction d’un faisceau musculaire de la vie organique qui partirait de la surface du derme pour s’insérer au fond du follicule. Or ce faisceau musculaire n’existe pas, on a pris pour tel un faisceau de fibres élastiques. Il faut dire cependant que le phénomène delà chair de poule est dû à la contraction de fibres musculaires, mais elles sont situées au-dessous du follicule où elles ont une disposition spéciale: elles décrivent au fond du follicule des spirales qui onl été étudiées avec soin par M. Ordonnez.
\a De nombreux orifices se rencontrent à la surface de la peau. Chaque follicule pileux s’ouvre par un orifice distinct. 11 en est de même de quelques glandes sébacées et de toutes les glandes sndoripares. Remarquons en passant que les orifices de la paume des mains et de la plante des pieds n’apparfiennent qu’à des glandes sudoripares.
5° La peau est couverte de petits sillons bien marqués, surtout à la paume des mains el à la plante des pieds; il sont séparés par des crêtes cou vertes de papilles. Sur la peau qui recouvre la pulpe de la dernière phalange, ils décrivent des courbes concentriques; tandis qu’ils suivent une direction transversale ou oblique sur le reste de la peau du pied et de la main.
Des sillons irréguliers, d’aspect luisant, connus sous le nom de vergetures, se montrent sur la paroi abdominale des femmes qui ont eu des enfants et des sujets qui ont eu la paroi abdominale distendue par le liquide de l’ascite ou par une tumeur considérable. Ces taches indélébiles sont produites par l’éraillure du derme. Ce qu’il faut savoir, c’esl qu’elles peuvent survenir à la racine des cuisses, au pli de l’aine, chez des femmes qui n’ont jamais été placées dans les conditions précédentes.
G0 Les plis que l’on trouve à la surface de la peau sont nombreux : les uns, les rides, sont dus à la contraction des muscles sous-jacents; ils sont passagers au début de la vie et n’existent qu’au moment de la contraction de ces muscles; ils deviennent plus tard permanents. On les observe surtout à la face.
D’autres plis sont dus aux mouvements des articulations, on pourrait les appeler plis de locomotion. Ils sont surtout remarquables aux mains et aux pieds, où ils sont d’une grande utilité au chirurgien qui veut pratiquer des opérations dans ces régions.