STRUCTURE DE LA PEAU
Deux couches constituent celle membrane : 1 une superficielle, ou l’épiderme ; l’autre profonde, ou derme.
DERME ou TISSU DERMO-PAPILLAIRE.
Le derme constitue la partie essentielle de la peau , l’épiderme n’est placé au-dessus de lui que pour le protéger à la manière d’une couche de vernis. Le derme est formé d’éléments anatomiques nombreux, dont l’étude rend compte de ses propriétés. C’est au milieu de ces éléments qu’on trouve disséminés les follicules pileux, les glandes sébacées, les glandes sudoripares. De petits prolongements se montrent du côté du derme qui est en contact avec l’épiderme, ce sont les papilles.
Fibres lamineuses et noyaux embryoplasliques, Fibres élastiques,
Fibres musculaires de la vie organique, Substance amorphe ,
Vaisseaux,
Nerfs :
tels sont les éléments anatomiques qui constituent le tissu dermo-papillaire.
Les fibres lamineuses , les plus répandues de ces éléments, forment la charpente du derme; ces fibres forment de gros faisceaux serrés et irrégulièrement entre-croisés. Entre les libres lamineuses on trouve des noyaux embryoplastujues en assez grande quantité et des vésicules adipeuses.
De nombreuses fibres clasliijues accompagnent les libres lamineuses; ce sont des fibres élastiques de la variété dartoïque et des libres élastiques ramifiées et anastomosées entre elles.
Des fibres musculaires de la vie organiques sont disséminées dans l’épaisseur du derme; elle forment à la face profonde une couche très-mince de 0™m,l. Ce plan musculaire représente chez l’homme le rudiment du pcaucier des mammifères. C’est à ces fibres que le derme doit sa contractilité. Ces fibres musculaires sont disposées en faisceaux cylindriques, larges de 0mm,03 à 0mm,04. Ces faisceaux s’anastomosent pour former un réseau. On aperçoit facilement ces fibres chez des fœtus de G à 7 mois, alors que le tissu adipeux n’est pas encore très-développé.
Une substance amorphe, homogène, finement granuleuse, existe dans les couches les plus superficielles des papilles et «à la superficie du derme. C’est dans cette couche amorphe qui existe à la surface du derme que se ramifient des lymphatiques et des capillaires sanguins. On y trouve aussi une grande quantité de noyaux embryoplastiqucs.
Les faisceaux de fibres qui constituent le derme sont très-serrés à la face superficielle, et à mesure qu’on se rapproche de la face profonde, on les voit s’écarter et limiter des espaces en aréoles dans lesquels viennent se loger les lobules graisseux de la couche sous-cutanée. Ces faisceaux se perdent insensiblement dans l’épaisseur de la couche graisseuse sous-cutanée dans certaines régions. Ailleurs, les vaisseaux fibreux se modifient insensiblement et vont former une couche celluleuse. Sur d nulres points, enfin, ces faisceaux fibreux viemienl sim-
planter sur les aponévroses sous-jacentes et divisent la couche graisseuse en une foule de petits paquets séparés en partie les uns des autres. Bichat. qui ne connaissait pas les glandes sudoriparcs, avait décrit au fond de ces aréoles des canaux obliques qui n’existent pas.
Les artères de la peau sont extrêmement nombreuses. Dans certaines régions le tronc artériel est placé immédiatement sous la peau : c’est ce qu’on observe pour les artères du cuir chevelu , pour les collatérales des doigts et des orteils, pour l’artère sous-cutanée abdominale qui rampe sous la peau de la partie inférieure de cette paroi et pour les artères honteuses externes dans la région du scrotum. Les parties de la peau qui recouvrcnl immédiatement les troncs artériels sont extrêmement riches en capillaires. Ex. : le cuir chevelu, la face, les doigts, les orteils. Les vaisseaux sont aussi très-abondants dans les régions de la peau où il existe beaucoup de papilles, comme à la paume des r mains et à la plante des pieds, sur le gland, etc. I 11 est à remarquer aussi que le réseau capillaire >.• de la peau est plus riche sur la ligne médiane de i' la partie antérieure du tronc. Au niveau des articui lations, ce réseau capillaire est beaucoup plus riche i du côté de l’extension.
Tous les capillaires de la peau se terminent on Sj réseau, dans les papilles, à la surface des glandes t et à la surface des follicules pileux. Ils sont excessi- 1 vement nombreux, aussi leurs mailles sont très-
serrées, ordinairement polygonales à angles trèsnets.
Les [veines de la peau cheminent à travers les faisceaux de fibres qui composent le derme, et viennent se jeter dans des troncs situés entre la peau et l’aponévrose. Elles sont remarquables par le nombre considérable de leurs valvules et par leurs fréquentes anastomoses.
Les vaisseaux lymphatiques y sont très-répandus; ils sont surtout abondants dans les régions où la sensibilité est très-vive, où le système glandulaire est très-developpé. Ex. :1a paume des mains, la plante des pieds. Sous ce rapport les téguments des organes génitaux des deux sexes se font remarquer. Les vaisseaux lymphatiques naissent h la surface du derme, dans les papilles, où ils forment un réseau à fines mailles, extrêmement superficiel, et à la surface interne des glandes sébacées. Autour de l'embouchure des glandes sébacées, les lymphatiques forment une maille assez large qui communique avec les mailles voisines. On ne connaît pas ces vaisseaux dans les glandes sudoriparcs. A leur origine les lymphatiques ne présentent aucune ouverture, ils forment un réseau fermé d'où naissent les troncs lymphatiques.
Les nerfs de la peau sont nombreux; ils se terminent de deux manières : les uns dans les papilles au niveau du corpuscule du tact, les autres entre les éléments du derme. Dans ces derniers les tubes nerveux se terminent par la formation d’une cel-
Iule multipolaire, de laquelle se détachent une loule de prolongements ou cylinder axis, allant se terminer en pointe dans la trame du derme, après s’être bifurqué trois ou quatre fois. Ces prolongements 11e s’anastomosent pas entre eux; ils s’entre-croisent en se juxtaposant, et ils forment un réseau tellement serré, qu’il n’est pas possible de trouver un espace de 0mm,2 qui 11c contienne au moins un cylinder axis.
Les follicules pileux , les glandes sébacées , les glandes sudoripares, sont des organes contenus clans l’épaisseur du derme. Les follicules pileux seront étudiés avec les poils; les glandes sébacées et les glandes sudoripares ont été étudiées avec les parenchymes glandulaires. Nous rappellerons ici cependant que les glandes sébacées sont des glandes en grappes situées dans l’épaisseur même du derme; elles existent dans toute l’étendue de la peau, si ce n’est’ à la paume des mains et à la plante des pieds, où l’on ne trouve pas de poils. Ces glandes affectent avec le système pileux des rapports intimes qu’il est impossible de nier. Chaque glande s’ouvre dans un follicule pileux pour fournir à ce follicule et au poil qui s’y implante une substance bienfaisante, la matière sébacée. Si quelques glandes sébacées s’ouvrent isolément à la surface de la peau, elles doivent être bien rares (voir Parenchymes glandulaires , page 176).
Nous rappellerons aussi que les glandes sudoripares sont des follicules enroulés, situées sous le
derme, en I re les pelotons graisseux que l 'on y trouve. Leur canal excréteur vient s’ouvrir à la suriace de la peau entre les papilles. Ces glandes existent partout; elles sont surtout abondantes aux mains et aux pieds, où les glandes sébacées n’existent pas (voir Parenchymes glandulaires, page 176).
Les papilles, dont nous avons déjà parlé (p. 246\ sont fournies par des saillies du derme. Nous avons vu où elles siègent et comment on les divise quand on considère leur volume. On peut encore les diviser en papilles simples et en papilles composées, si Ton a égard à leur conformation. Les premières sont coniques ou renflées à leur extrémité; elles ne sont jamais divisées. Les autres, au contraire, présentent une base plus ou moins large, sur laquelle sc trouvent plusieurs saillies semblables aux papilles simples. Si l’on considère leur structure, on les divise en papilles nerveuses et en papilles vasculaires. Ces saillies, de 0m,n,01 à 0ram,03 de hauteur, sont toutes formées de substance amorphe renfermant quelques fines granulations, et quelquefois des noyaux libres assez rares; elles contiennent aussi quelques libres élastiques et des libres lamincuses. A leur surface sc trouve un réseau très-lin de vaisseaux lymphatiques qui se continue avec celui du derme; les papilles nerveuses contiennent encore l'élément nerveux, les papilles vasculaires ne renferment que des vaisseaux: chaque papille nerveuse reçoit un ou plusieurs tubes nerveux qui arrivent au niveau du corpuscule du lacl, le contournent et se lermi-
lient par une extrémité libre soit à la surface, suit dans l’épaisseur de ce corpuscule (voir Tissu nerveux, corpuscule du taci). Les papilles nerveuses ne contiennent pas ordinairement de vaisseaux; quelquefois cependant on trouve une anse vasculaire qui ne dépasse pas la base de la papille. Chaque papille vasculaire contient de une à trois anses vasculaires ; ces papilles sont dépourvues de nerfs. Souvent une papille nerveuse et une papille vasculaire sont soudées dans une partie de leur longueur ; la pupille paraît alors bifurquée. 11 faut connaître ce détail; car, si l’on n’était pas prévenu, on pourrait croire à la vascularité de la papille nerveuse. Les papilles vasculaires existent sur toutes les parties du corps, même dans les points où régnent les papilles nerveuses. Celles-ci n’existent que dans des régions très-limitées. On les trouve à la paume des mains, à la plante des pieds, à la face antérieure 1 des doigts, au bord libre des lèvres et sur la pointe I de la langue.
Les caractères chimiques du derme sont peu im-
portants. C’est un mélange des caractères particuliers des deux principaux éléments qui constituent ce tissu, c’est-à-dire l’élément élastique et l’élément lamineux. Quand ou met le tissu dermo-papillaire au contact de certains composes chimiques, tannin, alun, bichlorure de mercure, acide tannique; ces composés chimiques se lixent très-solidement sur les libres lamineuses et les rendent imputrescibles; ils eu augmentent tellement la résistance
quelles détruisent l'action de l'élément élastique; aussi perd-il complètement son élasticité dans le tannage.