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PROPRIÉTÉS VITALES ET ORGANIQUES DE LA PEAU

1IJ Sécrétion de la peau. Les nombreuses glandes situées dans l’épaisseur du derme séparent du sang deux substances : la matière sébacée et la sueur. La matière sébacée est sécrétée par les glandes de même nom. Cette sécrétion est continue, et le produit de ces glandes est sans cesse rejeté au dehors, où il forme une couche protectrice à la surface de l’épiderme; il sort du follicule pileux et protège aussi la surface du poil, sur laquelle il s'étale (voir

glande sébacée).

Les glandes sudoriparcs sont le siège de la sécrétion de la sueur et de la perspiration cutanée

insensible*. La sueur est un liquide transparent et limpide, d’une odeur pénétrante caractéristique. Ce

liquide, d’une réaction acide, devient promptement alcalin après la sécrétion. Pendant la sécrétion même, si l’on vient à fragmenter le liquide sécrété, on remarque que le premier tiers est acide, le deuxième neutre, et le troisième alcalin.

La quantité de sueur sécrétée est augmentée par une atmosphère chaude et sèche; l’état électrique de l’atmosphère l’accélère également. Les exercices violents, le travail de la digestion, les émotions

morales fortes, activent aussi la sécrétion de la sueur. On sait qu’un homme qui se livre à un exercice fatigant peut perdre jusqu’à 200 grammes en une heure; cette quantité peut s’élever jusqu’à 1,000 grammes en une heure, si on fait l’expérience dans une étuve chauffée à une haute température.

Quand la sueur ne suinte pas à la surface de la peau, celle-ci est encore le siège d’une perspiration insensible, d’une exhalation qui se fait aussi par les glandes sudoripares ; la partie liquide se répandant dans l’atmosphère sous forme de vapeur, la partie fixe restant sur la peau avec la matière sébacée I nécessite certains soins de propreté. La quantité ! d'eau évaporée ainsi à la surface de la peau est de 1,000 grammes en vingt-quatre heures. Celte quan- I lité n’est pas toujours la même, elle augmente quand la température est sèche; elle diminue au contraire i quand elle est humide, c’est-à-dire quand elle lient

en dissolution une certaine quantité d’eau qui la sature plus ou moins complètement. L’évaporation de l’eau à la surface de la muqueuse pulmonaire est soumise aux mêmes oscillations et pour les mêmes raisons; mais la sécrétion urinaire en est le régulateur et rétablit l’équilibre. C’est ainsi que sous l’inlluence d’une température basse et humide la sécrétion urinaire augmente, tandis que la perspiration cutanée diminue, et que, sous l'influence d’une température élevée et sèche, la première diminue et la seconde augmente.

Berzelius, Thénard, Anselmino, se sont occupés de l’analyse de la sueur, mais c’est à M. Favre I qu’on doit le travail le plus complet sur la composition de ce liquide.

Pour obtenir une certaine quantité de sueur (les expériences ont été faites sur 55 litres), M. Favre faisait prendre au sujet soumis à l’expérience un bain de vapeurs tous les deux jours. Avaut de le placer dans l’appareil, il lui donnait un bain simple et une douche d’eau tiède. On le plaçait ensuite dans une baignoire en tôle étaméc reposant sur une table inclinée et munie à l’extrémité déclive d une rigole conduisant le liquide dans un flacon. Les pieds du sujet en expérience étaient placés du côté déclive.

L’appareil était chauffé dans une étuve par un

(!) Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1652; cl Archives tjènérales de médecine, 1853.

jet de vapeur. Chaque séance durait une heure a une heure et demie, et immédiatement après on soumettait à l’analyse la sueur recueillie.

Pour 10,000 grammes :

Chlorure de sodium 22,30

Chlorure de potassium 2,43

Sulfates alcalins 0,11

Albuminates alcalins. ...... 0,05

Lactates alcalins .3,17

Sudorates alcalins 15,62

Urée 0,42

Matières grasses 0,13

Eau 9955,73

2° Respiration cutanée. La peau, chez l’homme et les animaux-, est Je siège d’une vraie respiration qui, quoique lente, n’est pas moins évidente que la respiration pulmonaire. Cette respiration consiste dans l’exhalation d’acide carbonique et l’absorption d’oxygène à la surface de cette membrane en contact avec l’air. Pour se convaincre de cette vérité on peut faire l’expérience suivante :

Plongez le bras dans une cloche pleine d’oxygène; vous verrez, au bout d’un certain temps, que l’oxygène a diminué, cl, si vous voulez constater dans le gaz de la cloche la présence de l’acide carbonique, vous n’avez qu’à y introduire de l’eau de chaux, qui, par l’agitation, vous donnera du carbonate de chaux insoluble qui troublera le liquide.

Des expériences physiologiques prouvent encore

cette respiration cutanée, et la suppression de l’exhalation de l’acide carbonique amène la mort, au bout d’un certain temps, chez les animaux. Pour faire cette expérience , on met à nu la peau d’un animal, chien, lapin, cheval, et on le recouvre d’un vernis qui empêche l’exhalation d’acide carbonique et l’exhalation de vapeur d’eau : celle-ci ne détermine aucun accident très-probablement, car le liquide de la peau se porte vers la glande rénale et la sécrétion augmente; mais il n’en est pas de même pour l’acide carbonique, qui s’accumule lentement dans le sang et qui détermine la mort des animaux par asphyxie lente.

Il est facile de se rendre compte de ce curieux phénomène. Chez l’homme par exemple la quantité carbonique exhalée par la peau est la 38e partie de celle qui est exhalée par les poumons; elle est beaucoup moindre chez les animaux. Mais, si l’homme était recouvert d’un vernis imperméable, il se serait accumulé dans son sang, après 38 inspirations, une quantité d’acide carbonique équivalente à celle qu’il rend dans chaque inspiration. Or l’acide carbonique, s’accumulant peu à peu dans son sang, il arriverait un moment où il périrait d’asphyxie, comme cela arrive dans la suppression de la respiration. Cette asphyxie serait probablement 38 fois plus lente que l’asphyxie pulmonaire. Donc la respiration cutanée est. indispensable à la vie, car il ne faut pas croire que le poumon peut suppléer à l’exhala lion de la peau. Le poumon en

effet, en vertu d’une loi physique, échange une telle quantité d’acide carbonique pour une telle quantité d’oxygène. Il est donc inévitable que l’acide carbonique, qui ne peut pas s’exhaler par la peau , s’accumule dans le sang; celui-ci devient noir et impropre à la nutrition. Après la mort, on trouve les tissus de l’animal gorgés d’un sang noir comme dans l’asphyxie vraie.

3° Absorption par la peau. La peau est-elle le siège d’une absorption? Oui, elle peut absorber des liquides et des gaz.

La respiration cutanée prouve l’absorption gâ-

Izeuse. Chaussier a placé le corps de lapins et d’oiseaux dans l’hydrogène sulfuré en maintenant la tête au dehors des vessies qui contenaient ce gaz et constaté leur mort au bout de douze minutes.

Les liquides sont absorbés, mais en petite quantité. Il faut distinguer ici l’absorption de l’eau pure de celle de l’eau chargée de substances minérales ou organiques. Personne ne songe aujourd’hui a contester l’absorption de l’eau; il est évident que l’homme augmente de poids dans un bain ; il est bien entendu qu’il s’agit d’un bain tiède; car si la température de l’eau est supérieure tà celle du corps, celui-ci exhale de la sueur et il perd de son poids, et si elle est à peu près la même que celle du corps, il ne perd ni ne gagne en poids.

Malgré les expériences contradictoires de M. tïomolle, on ne peut contester l’absorption des substances médicamenteuses dissoutes dans les bains.

Les expériences de Bonfils, de Nancy, de Séguin, de Westrum, de Bradner Stuart, sont concluantes. Ces physiologistes ont expérimenté sur une solution de sublimé, sur la gomme-gutte, l’émétique, la scammonée, le musc et le cyanure de potassium. El comment pourrait-on nier l’absorption par la peau, quand on voit les effets thérapeutiques des bains de sublimé, des lotions mercurielles, des frictions mercurielles? Comment expliquer autrement que par l’absorption les vomissements qui surviennent après l’application sur la peau de compresses imbibées d’une solution d’émétique? Peut-on aussi nier l’absorption quand on voit une garde-malade, un infirmier, être pris de stomatite mercurielle pour avoir voulu faire une simple friction à un malade ?

Quelle est la voie de cette absorption ? Les physiologistes sont unanimes pour invoquer l’imbibition préalable de l’épiderme et l’absorption parla surface du derme. Il nous paraît difficile de comprendre cette imbibition : nous l’admettrions volontiers, si l’on séjournait plusieurs semaines dans un bain; mais, dans l’espace d’une heure à deux heures, on veut voir I’imbibition de l’épiderme 1 Examinez donc sa structure et jugez. Comment d’ailleurs admettre le ramollissement et l’imbibilion de l’épiderme, quand on emploie un corps gras tel que la pommade mercurielle? Qu’il nous soif permis de donner ici une explication qui nous paraît la seule admissible ef qui n’a jamais été proposée, h notre connaissance du moins.

Considérant : 1° Que l’épiderme ne se laisse traverser qu’après une immersion longtemps prolongée dans l’eau ;

2° Que les corps gras ne peuvent en aucune façon pénétrer l’épaisseur de l’épiderme;

3° Que les substances médicamenteuses dissoutes ou en nature sont rapidement absorbées ;

4° Que les frictions facilitent l’absorption de ces substances, comme on le voit pour les frictions mercurielles et autres;

5° Que cette absorption est plus rapide et plus facile dans les régions où il existe une grande quantité de glandes sudoripares isolées (plante des pieds, paume des mains) :

INous croyons que cette absorption se fait non pas à la surface de la peau, mais dans l’épaisseur du derme, que les substances médicamenteuses, de même que l’eau, pénètrent dans les canaux des glandes sudoripares et que cette pénétration est facilitée par les frictions. Les canaux sont revêtus, en effet, d’une couche d’épithélium beaucoup plus mince que celle de l’épiderme, et à quelque distance de la surface libre de la peau, cet épithélium passe à l’état d’épithélium nucléaire. Là, en effet, on peut admettre sans répugnance une absorption active, si l’on considère le nombre des glandes sudoripares contenues dans la peau. Il est probable que celle absorption a lieu aussi à la surface interne des glandes sébacées, mais en fort petite quantité, à

cause de la matière onctueuse qui se trouve dans la cavité de ces glandes.

Il serait curieux de faire des expériences pour savoir si cette absorption des médicaments est moins énergique quand la température du bain est très-élevée et que les glandes sécrètent de la sueur. Cela nous paraît probable.

Tout le monde sait que le derme dénudé absorbe rapidement les substances que l’on dépose à sa surface, si elles sont solubles.

MEMBRANES MliQUEtiSES

Les membranes muqueuses tapissent les canaux et les cavités qui communiquent au dehors par des ouvertures naturelles où elles se confondent avec la peau. Elles présentent avec la peau quelques caractères communs. Toutes les membranes muqueuses sont composées de deux couches, l’une profonde qu’on appelle derme ou cliorion de la muqueuse, analogue au derme delà peau; l’autre superficielle qu’on appelle épithélium. Celle-ci représente la couche d’épiderme qu’on trouve sur la peau.

Le derme des muqueuses est l’analogue du derme de la peau ; son tissu s'appelle encore tissu mucovilteux. Il est formé par des faisceaux de fibres lamineuses entre-croisées, des libres lamineuscs isolées, de la substance amorphe, homogène, finement

granuleuse, interposée, quelques libres élastiques assez rares, une grande quantité de noyaux embryoplastiques , des libres musculaires de la vie organique, sous forme de libres isolées, sous forme de faisceaux ou de nappes. On y trouve aussi des vaisseaux sanguins et lymphatiques et presque toujours des nerfs. Tous ces éléments sont mélangés. Le premier, très-abondant, constitue l’élément anatomique fondamental; tous les autres sont accessoires dans la trame de la muqueuse.

Le derme ainsi constitué est d’une épaisseur variable. C’est lui qui détermine l’épaisseur de la muqueuse. Il est séparé des parties sous-jacentes par une couche de tissu lamineux (. sous-muqueux ) ; il est immédiatement recouvert par Y épithélium. Celui-ci, comme l’épiderme, ne contient ni vaisseaux ni nerfs, il est formé de cellules juxtaposées sur une ou plusieurs couches. Les cellules qui le composent sont des cellules pavimenteuses ou des cellules cylindriques, recouvertes ou non de cils vibratiles.

L’épithélium peut se présenter sur les membranes muqueuses sous deux formés : 1° sous forme d’épi- I . thélium pavimenteux , 2° sous forme d’épithélium cylindrique.

Les membranes muqueuses à épithélium pavimenteux ont, avec les autres, beaucoup d’analogie. Cependant il existe quelques différences qui méritent d’être signalées :

1° Les muqueuses à épithélium pavimenleux ont

toutes un chorion à peu près aussi riche que la peau en fibres élastiques, minces, ramifiées et anastomosées, formant un réseau à larges mailles.

Les muqueuses à épithélium cylindrique oui toutes un chorion peu riche en fibres élastiques.

2° Dans les muqueuses à épithélium pavimenteux, le reste du chorion est formé par des faisceaux de fibres lamineuses serrés, accompagnés de capillaires, de rares éléments fibro-plastiquesct quelquefois de cyloblastions.

Dans les muqueuses à épithélium cylindrique, les fibres et les faisceaux des fibres lamineuses sont moins serrés. On y trouve aussi quelques éléments (ibro-plastiques et une certaine quantité de matière amorphe.

3° Les muqueuses à épithélium pavimenteux possèdent quelquefois des fibres-cellules disposées en membrane au-dessous du chorion.

Les muqueuses à épithélium cylindrique contiennent bien des fibres-cellules, mais elles sont disséminées entre les éléments du chorion.

4° Les muqueuses à épithélium pavimenteux soûl recouvertes de papilles vasculaires.

Les muqueuses à épithélium cylindrique son! lisses, unies, excepté celle qui s’étend de l’estomac au cæcum; elle est couverte de villosités.

5° L’épithélium pavimenteux des muqueuses comble complètement les espaces qui séparent les papilles; il est plus mince sur les papilles mêmes, de sorle qu’il présente une face superficielle lisse.

uniforme, et une face profonde se moulant sur les saillies du derme.

L’épithélium cylindrique des muqueuses forme une seule couche mince; il est très-rarement stratifié. Cet épithélium tapisse les saillies du derme (intestin grêle) et ne comble pas les intervalles qui séparent les papilles, de sorte que celles-ci sont très-visibles et flottantes à la surface de la muqueuse.

6° Les muqueuses à épithélium pavimenteux sont pourvues d’un réseau lymphatique superficiel analogue à celui de la peau.

Les muqueuses à épithélium cylindrique sont pourvues d’un réseau superficiel de vaisseaux capillaires dont les mailles affectent une forme spéciale pour la muqueuse de chaque organe.

Les glandes des muqueuses à épithélium pavimenteux, quand elles existent, sont placées dans le tissu lamineux sous-muqueux.

Les glandes des muqueuses à épithélium cylindrique sont souvent placées dans l’épaisseur du derme, rarement au-dessous. Lorsque ces membranes muqueuses sont très-épaisses, cette épaisseur est due à la présence des glandes dans la trame du derme.

Nous trouvons, parmi les membranes muqueuses à épithélium pavimenteux, les muqueuses de la bouche, du pharynx, de l’œsophage, de la conjonctive, du vagin, de la surface vaginale du col de l’utérus, du gland, du prépus, tic l’urèthre.

Nous trouvons, parmi les muqueuses à épithélium cylindrique, les muqueuses de l’utérus, des trompes de Fallopc, de l’estomac, de l’intestin grêle, du gros intestin, des voies biliaires, des fosses nasales, de la partie supérieure du pharynx, du larynx, de la trachée et des bronches.

Parmi ces dernières membranes, les unes sont pourvues de cils vibratiles, les autres n’en présentent pas. On trouve les cils sur les muqueuses de l’utérus, des trompes, des voies biliaires, des fosses nasales, de la partie supérieure du pharynx, du larynx, de la trachée et des bronches.

Voici un tableau qui résume d’une manière générale les différences de ces muqueuses :

1° Epithélium pavimenteux.

Riches en fibres élastiques.

Faisceaux, de fibres lamineuses trèsserrés.

Fibres-cellules en membrane sous le chorion.

Papilles nombreuses.

Itéseau lymphatique superficiel.

Glandes sous le derme.

*° Épithélium cylindrique.

Peu riches eu libres élastiques.

Faisceaux de fibres lamineuses peu serrés.

Fibres-cellules dispersées entre les éléments tju derme.

Pas de papilles, l’intestin prêle excepté.

Réseau sanpuin superficiel.

Glandes dans l’épaisseur du derme.

Toutes ces muqueuses forment deux sections :

1° La muqueuse gastro-pulmonaire,

2° La muqueuse génito-urinaire.

Ü une manière générale, les membranes muqueuses isolent et limitent les organes profonds; elles ont, comme la peau, des fonctions d’absorption et desc-

crétion. La première de ces fonctions est pins marquée dans la muqueuse gastro-pulmonaire, tandis que la muqueuse génito-urinaire se fait remarquer par son abondante sécrétion.

Leur couleur varie selon les régions. On peut dire cependant que les muqueuses sont en général grisâtres quand les vaisseaux capillaires sont vides, et quelles se colorent en rouge plus ou moins intense si le sang afflue vers ces vaisseaux. On peut voir ces différences sur la conjonctive oculaire et la conjonctive palpébrale, sur la muqueuse gastrique pendant la digestion et dans l’intervalle des digestions.

Il épaisseur des muqueuses est trés-variable. Trèsépaisse en certains points, voûte palatine, voile du palais, lèvres, elles peuvent supporter des points de suture. Très-minces sur d’autres points, elles se

déchirent à la moindre traction.

IL 'adhérence des muqueuses aux parties profondes varie d’un extrême à l’autre. En certains points, 1 adhérence est très-marquée; la muqueuse se confond intimement avec les parties sous-jacentes, comme cela s’observe pour les fibro - muqueuses , fosses nasales et voûte du pharynx, par exemple, oû le derme se confond si bien au périoste , qu’il est beaucoup plus difficile de séparer ces deux membranes que de séparer le périoste de l’os. Ailleurs, la muqueuse est à peine réunie aux parties profondes par une lamelle de tissu cellulaire , au rectum, par exemple, à la partie supérieure du larynx.

Ceci explique la fréquence de la cliulc de la muqueuse du rectum, la sortie des bourrelets liémorrhoïdaux, et l’infiltration facile du tissu cellulaire sous-muqueux du larynx, connue sous le nom d’œdème de la glotte.

La sensibilité des muqueuses est tout à fait différente sur les divers points que l’on considère. Elle est exquise près des orifices naturels, et devient de plus en plus obtuse à mesure qu’on se rapproche des parties profondes, où les muqueuses sont presque complètement insensibles, comme celles des bronches, de l’intestin, du fond du vagin. On voit tics corps étrangers volumineux séjourner dans ces canaux sans que l’on en ait conscience.

Mode «l'apparition et développement. Primitivement, la peau ne communique pas avec les muqueuses, qui se développent intérieurement. Vers le second mois, elle se recourbe en haut et en bas, 1 pour contribuer à la formation des capuchons céphalique et caudal, et vient plus tard, en se déprimant, former les ouvertures supérieure et inférieure de la muqueuse du tube digestif.

La muqueuse intestinale naît du feuillet interne du blastoderme. Celui-ci forme les fovea cardiaca et foeea inferior dans le ventre de l’embryon. Le fovea cardiaca doit constituer plus tard 1 estomac, et vient s’aboucher avec l’œsophage, qui s est développé sur place et qui s’est ouvert de la môme manière dans la cavité pharyngienne, qu’on peut considérer comme un prolongement de la peau. D’autre

part, le fovea inferior, qui tonnera le rectum, sa* vance vers l’anus pour s’aboucher avec un infundibulum formé par la dépression de la peau dans cette région. Les diverses muqueuses communiquent entre elles de la même manière. La muqueuse de la trachée et des bronches est considérée par quelques anatomistes comme une dépression de la muqueuse pharyngienne; mais la plupart, avec Reichert, admettent que cette muqueuse se développe sur place pour s’aboucher plus tard dans la cavité pharyngienne.

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