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COMPOSITION ET CARACTÈRES CHIMIQUES DE LA PEAU

1° Berne (1).

Le clerme débarrassé du tissu adipeux et du tissu cellulaire sous-cutané, de l’épiderme et de ses pro-

duits épidermiques, et soumis à

l’analyse par

Wienholt, est composé de :

Eau

Matières extractives solubles dans

l’eau

d° dans l’alcool

Albumine

Tissu cutané, vaisseaux et petite

quantité de tissu cellulaire. . .

La lumière agit sur le derme en le colorant eu brun, il suffit pour s’en convaincre de comparer la peau des parties découvertes du corps à celle des autres parties, la peau de la main du laboureur à celle de la main d’un homme de cabinet. Celte action de la lumière est indépendante de celle du calorique.

Le calorique et le froid agissent différemment sur

l) Pclou/.c et Freuiy, t. IV, p. 2 H, 2' édit.

la peau, selon les degrés auxquels ils se trouvent quand ils y sont appliqués. Une chaleur modérée dilate les veinules et les artérioles de la peau, y détermine un afflux du sang, et, par conséquent, la turgescence. Si la chaleur est plus intense, on y * observe la désorganisation de la peau en rapport avec le degré du calorique. Le froid, au contraire, détermine la contraction des mêmes vaisseaux, et, par conséquent, la décoloration de cette membrane. S’il est intense, il détermine la désorganisation de la peau par mortification, et ses effets alors présentent une certaine analogie avec ceux de la brûlure.

Voir agit sur la peau du vivant en enlevant sans j cesse les liquides exhalés par cette membrane; il dessèche la peau détachée du cadavre, la rend ferme, résistante et transparente. Dans cet état de dessiccation, elle n’exhale aucune mauvaise odeur. L’air détermine la putréfaction de la peau sur le cadavre, elle devient terne, puis verdâtre, elle est alors très-fétide, son épiderme se détache.

Veau 11c détermine la putréfaction du derme qu’au bout de trois ou quatre mois, beaucoup plus lard que les membranes fibreuses et les tendons. L’eau bouillante le dissout lentement eu le convertissant en gélatine.

V acide sulfurique dissout le derme à la température ordinaire en le réduisant en une pulpe noirâtre.

L 'acide azotique, même peu étendu, amène plus difficilement cet état pulpeux.

Les alcalis te résolvent en partie, mais leur action

est bien différente sur le vivant et sur le cadavre; jamais on n’obtient sur le cadavre par les alcalis concentrés ces eschares qui se forment sur la peau du vivant en quelques minutes seulement.

Le tannin, le bichlorure de mercure , 1 e sul/ale de peroxyde de fer, forment avec le derme des combinaisons imputrescibles. C’est sur cette propriété qu’est fondé le tannage du cuir.

L 1 alcool, Yetlier, n’ont aucune action sur le derme.

2° Épiderme.

L’épiderme a été analysé par M. John, il ren- I ferme :

Matières coruées 93,00

Substance gélatiniforuic 5,00

Graisse 0,50

Sels, acides, oxydes 1,00

Les sels sont du lactatc, phosphate et sulfate de potasse, du sulfate et du phosphate de chaux.

L'air l’altère à peine, il le durcit un peu et le rend un peu plus cassant; mais il reprend au conlactde l’eau sa souplesse primitive. J1 ne se putréfie pas.

Veau , pendant la vie, blanchit l’épiderme et le ride lorsqu’elle a été longtemps en contact avec lui.

1 Dans cet état la sensibilité est obtuse* On peut, à ' l’exemple de Bichat, s’assurer du fait en plongeant

les doigts dans un cataplasme pendant toute une nuit. Sur le cadavre l'épiderme blanchit au contact de l’eau, [mais lie se ride point, il se ramollit au bout d’un temps très-long. Par l’ébullition il est facile de séparer l’épiderme du derme.

La lumière n’a aucune action sur l’épiderme.

La chaleur n’agit sur lui que si clic est concentrée. Il brûle à la flamme d’une chandelle, sans se raccourcir, il exhale une odeur de corne brûlée.

Vacille azotique le jaunit, et cette coloration lie disparaît que lorsque l’épiderme tombe. Soumis à sou action prolongée, il finit par se ramollir en une pulpe jaunâtre.

Vacille sulfurique concentré le dissout, c’est pour cela qu’au toucher cet acide paraît aussi doux que l’huile.

Les alcalis dissolvent l’épiderme;

Les sels le durcissent;

Les sulfures alcalins, les nitrates d’argent et île mercure, lui donnent une couleur foncée qui passe rapidement au noir.

Le tatouage est fondé sur l’affinité de l'épiderme pour certaines matières colorantes végétales avec lesquelles il se combine.

Le tannin n’a pas d’action sur l'épiderme.

:t" Ongles.

Les ongles possèdent les mêmes caractères chimiques que l’épiderme.

i° CllCTCU^k.

Les cheveux, analyses par Vauquelin, contiennent :

1° Une matière animale qui en l'orme la plus grande partie;

2° Une huile blanche concrète en petite quantité;

3° Une huile gris verdâtre, plus abondante ;

4° Du fer, dont l’état est incertain ;

5° De petites quantités d’oxyde de manganèse ;

6° Du phosphate de chaux;

7° Du carbonate de chaux;

8° De la silice ;

9° Une notable quantité de soufre.

Les cheveux rouges renferment une huile rouge; les cheveux blancs renferment une huile incolore et contiennent du phosphate de magnésie. La quantité de soufre est évaluée par Van Lacr à 5 pour 100. La présence du soufre dans les cheveux explique pourquoi certaines personnes parviennent à colorer leurs cheveux en noir, en se servant de peignes en plomb; il se forme du sulfure de plomb qui est noir.

L'air n’agit pas sur les cheveux.

L’eau les pénètre et les allonge , mais ils 11e se putréfient point.

Le chlore les blanchit et les convertit ensuite en une substance analogue à la térébenthine de Venise.

L'acide sulfurique et X acide chlorhydrique les dissolvent.

L'alcool dissout les huiles des cheveux à chaud; pendant l’opération les cheveux brunissent.

Les alcalis les dissolvent. Cette propriété des alcalis a fait composer les pâtes épilatoires.

L 'azotate d’argent les colore en noir.

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