‹ Traité élémentaire d'histologieChapitre 62 sur 75 · ML QU EU SE RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

ML QU EU SE RESPIRATOIRE

Celte muqueuse comprend l’étude de la muqueuse des bronches, de la muqueuse de la trachée, de celle du larynx et de celle des fosses nasales.

Depuis le larynx jusqu’aux dernières ramifications bronchiques , cette membrane muqueuse sc rapproche un peu, dans la constitution de sa trame, de celle du tissu dermo-papillaire. Elle est formée en effet de faisceaux lamineux très-rapprochés qui lui donnent une apparence fibreuse. Les fibres élastiques y sont peu abondantes; les glandes ne sont pas placées dans son épaisseur, mais au-dessous.

Cette muqueuse ne possède pas de fibres musculaires de la vie organique. Les capillaires y forment des mailles allongées, étroites; ils sont très-flexueux, et, dans le réseau superficiel sous-épithélial, ils entourent chaque orifice glandulaire. Cette muqueuse est lisse et ne présente aucune villosité ; elle est recouverte par une couche d’épithélium cylindrique muni de cils vibratiles.

Cette muqueuse a été décrite dans les divisions bronchiques avec le poumon. Au niveau de la trachée, elle présente des caractères analogues; mais dans le larynx et dans les fosses nasales elle présente des modifications.

Uiiqucusc dis larynx.

flotte muqueuse a été bien décrite par M. Sappcy dont nous empruntons la description suivante :

«La muqueuse laryngée se continue en haut et en avant avec la muqueuse linguale, sur les côtés et en arrière avec la muqueuse pharyngienne.

« Au niveau de sa continuité avec la muqueuse linguale, on remarque le repli glosso-épiglottique, et de chaque côté, les replis qui vont se perdre sur les parois du pharynx. Son adhérence aux prolongements (pic l’épiglotte envoie dans chacun de ces replis est très-faible, ainsi que celle qu’elle contracte avec la face antérieure de ce fibro-earlilage.

« Au niveau de sa continuité avec la muqueuse

pharyngienne, elle tapisse les gouttières de la l'ace postérieure du larynx, et se distingue dans toute Ictendue de ces gouttières par son extrême laxité, par l’aspect plissé et comme chiffonné qu’elle présente, et aussi par la résistance presque nulle du tissu cellulaire sous-jacent.

« Des parties internes de ces gouttières et des bords de l’épiglotte, elle se réfléchit sur Foriiicc supérieur du larynx pour pénétrer dans sa cavité, et l’on remarque que dans toute l’étendue de la face postérieure de l’cpiglotte, elle adhère d’une manière assez intime à ce fibro-cartilage. Sur les côtés et en arrière, où elle forme par sa réflexion les replis aryténo-épiglottiqucs, elle adhère aussi étroitement au ligament contenu dans l'épaisseur de ces replis, mais seulement après avoir pénétré dans le larynx : ainsi, en dedans de l’orifice supérieur, adhérence intime; en dehors, adhérence presque nulle. 11 suit de cette disposition remarquable que le tissu cellulaire sous-jacent à la partie extérieure de la muqueuse laryngée se trouve prédisposé par sa laxité même aux infiltrations séreuses, et que lorsque ces infiltrations se produisent, comme cela a lieu, par exemple, dans l’œdème de la glotte, les replis aryténo-épiglottiqucs peuvent acquérir une épaisseur assez considérable pour rétrécir notablement l’orifice supérieur du larynx, et exposer le malade aux dangers de la suffocation.

« Parvenue dans le vestibule de la glotte, la nui - (pieuse laryngée adhère, par un tissu cellulaire très-

rieuse, à toute l’étendue des ligaments aryténoépiglottiques, plus bas aux ligaments des cordes vocales supérieures ; puis elle pénètre dans les ventricules et remonte vers le bord supérieur du cartilage thyroïde, au milieu d’une masse celluloadipeuse cpii l’entoure de tous côtés. Du ventricule, elle passe sur les ligaments des cordes vocales inférieures, au niveau desquels elle se distingue par sa minceur, sa transparence et la solidité de son adhésion. Plus bas, elle répond au périchondre de la portion sous-glottique qui lui est uni aussi d’une manière intime. Dans toute l’étendue de la cavité du larynx, elle repose donc sur des parties fibreuses, qui lui sont si étroitement liées, quelle doit être rangée au nombre des membranes fibro-muqueuses, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer.

« Cette membrane est blanche au niveau de l’épiglotte, d’un blanc cendré au niveau du vestibule de la glotte, d’un blanc plus opaque au niveau des cordes vocales, et d’un blanc rosé dans la portion sous-glottique. Dans cette dernière portion, elle offre une certaine épaisseur; mais plus haut, et surtout au niveau des cordes vocales, elle se distingue au contraire par sa mincfcur et sa transparence. Un épithélium vibra ti le la tapisse dans toute son étendue. — Sa sensibilité, au niveau de l’orifice supérieur du larynx et du vestibule de la glotte, est exquise. Sur les cordes vocales, elle est moins développée, et moins aussi dans la portion sousglottique. »

Glandes de la muqueuse du larynx ,

« Des glandes très-nombreuses se trouvent disséminées sous la muqueuse du larynx. Toutes appartiennent à la classe des glandes acineuses. On peu! les distinguer d’après leur situation : en glandes épi glo t tiques, glandes aryténoïdiennes, glandes des ventricules, et glandes de la portion sous-glot tique.

« Les glandes annexées à la muqueuse qui recouvre l’épiglotte- sont logées dans les dépressions et les trous que présente ce fîbro-cartilage. Elles varient dans leurs dimensions du volume d’un grain de millet h celui d’une lentille. Leur conduit excréteur s’ouvre sur la face postérieure de l’opercule du larynx par un orifice qui devient très-visible après une macération de quelques jours.

« Les glandes aryténoïdiennes, ainsi nommées par Morgagni pour rappeler leur situation immédiatement au devant des cartilages aryténoïdes, se composent de deux portions, l’une verticale, l’autre horizontale, que cet auteur a comparées avec raison . aux deux branches d’un L. — La branche verticale est celle qui correspond aux cartilages aryténoïdes qu’elle longe dans toute leur hauteur, et qu’elle déborde même un peu en liant en formant sur le bord libre des replis aryténo-épiglottiqucs une petite saillie située à 2 millimètres au devant de celle des cartilages corniculés. En dedans, elle répond au libro-cartilage de Morgagni, appelé par les auteurs

modernes cartilage de Wrisberg, et au ligament aryténo-épiglottique , auquel elle adhère par un tissu cellulaire assez dense. En dehors, elle est croisée à angle droit par le muscle aryténo-épiglottique, qui la sépare de la muqueuse des gouttières latérales. — La branche horizontale, plus courte e! d’une forme moins bien arrêtée que celle de la précédente est située au devant de la base des cartilages aryténoïdes, en dehors du ligament des cordes vocales supérieures. L’angle qu’elle forme avec la branche verticale est tourné en avant. — L’une ci l’autre de ces branches se compose cl’une série de glandules d’inégal volume, dont les conduits excréteurs s’ouvrent isolément sur la muqueuse. Les orifices des glandules de la branche verticale se voient au devant des fibro-cartilages de Morgagni; quelques glandules s’ouvrent aussi à la partie postérieure de ces fibro-cartilages. Sur les larynx qui ont macéré, on distingue assez bien tous ces orifices, qui sont en général échelonnés, sans être placés cependant exactement sur une même ligne. Les glandes qui forment la branche horizontale ont leur embouchure sur la partie postérieure de l’entrée des ventricules. On remarque constamment dans ce point un petit groupe d’orifices, dont l’un, plus apparent, peut admettre un crin ou l’extrémilé d’un petit stylet.

«Les glandes qui versent le produit de leur sécrétion sur la muqueuse des ventricules sont disséminées sur toute l’étendue de celle-ci. Mais leur vo-

lume est beaucoup moindre que celui des glandes épiglottiques et aryténoïdicnnes.

(( Les glandes de la portion sous-glottique sont petites, nombreuses et plus volumineuses que celles des ventricules, mais comme elles, irrégulièrement disséminées.

« Quelle est la nature du liquide sécrété par les glandes du larynx? Leur structure ne différant pas de celle de la pituitaire, et de celle des glandes que nous retrouverons bientôt dans la trachée et les bronches, on pourrait penser qu’elles remplissent le même usage et quelles sécrètent aussi un mucus plus ou moins consistant. Je dois dire cependant qu’on ne trouve jamais de mucus dans le larynx, même dans les cas de laryngite. Cette absence de tout produit visqueux sur la muqueuse laryngienne semble attester que celui sécrété par scs glandes est entièrement liquide, et que ce liquide suffit pour la maintenir dans un état d’humectation permanente.»

Artères, veines, vaisseaux Ijinplinlhjues et nerfs de la muqueuse du larynx.

« Les artères du larynx sont au nombre de trois de chaque côté : l’artère laryngée supérieure, l’artère laryngée inférieure, et l’artère laryngée postérieure. Les deux premières, destinées aux parties antérieures et latérales de l’organe, viennent de la thyroïdienne supérieure, et la dernière, de la thyroïdienne inférieure.

«L’artère laryngée supérieure traverse la membrane thyro-hyoïdienne, descend sur les parties du larynx, et se termine au niveau du muscle cricoaryténoïdien latéral. Dans ce trajet, elle fournit : 1°une branche ascendante qui longe l’épiglotte, et se ramifie dans toute sa moitié supérieure, ainsi que dans les trois replis situés à sa partie antérieure; 2° des branches descendantes et multiples qui se distribuent aux replis aryténo-épiglottiques, aux ventricules, au.thyro-aryténoïdien, au crico-arylénoïdien latéral, et à la muqueuse du vestibule de la glotte.

« L’artère laryngée inférieure ou crico-thyroïdicnnc, très-petite, passe sur le muscle crico-thyroïdien, auquel elle fournit plusieurs rameaux, puis se place au devant du ligament crico-thyroïdien moyen, où elle s’anastomose avec celle du coté opposé, et se divise alors en plusieurs ramuscules qui traversent ce ligament pour aller se répandre dans les cordes vocales inférieures et la muqueuse cricoïdienne.

« L’artère laryngée postérieure naît de la branche terminale postérieure de la thyroïdienne inférieure. Elle tient le milieu, pour le volume, entre les deux laryngées antérieures. Celle artère chemine obliquement de bas en haut et de dehors en dedans, sous la muqueuse qui revêt la face postérieure du larynx, et; donne, chemin faisant, soit, à celle membrane, soit au muscle erico-aryténoïdien postérieur, soif au muscle aryténoïdien. Elle s’anastomose à sa

terminaison par quelques ramusculcs avec la partie terminale de la laryngée supérieure.

« Les veines, peu développées, suivent le trajet des artères correspondantes. La veine laryngée supérieure est notablement plus volumineuse que les deux autres, et souvent double. La veine crico-thvroïdienne, bien que petite, offre cependant un volume au moins double et même triple de celui de l’artère qu’elle accompagne. Le plus grand des trous que présente le ligament crico-thyroïdien moyen lui est destiné. — Toutes les veines laryngées vont se terminer dans la veine jugulaire interne.

« Les vaisseaux lymphatiques sont remarquables par leur nombre et leur développement. C’est surtout au niveau de l’orifice supérieur du larynx qu’on les voit se multiplier; ils s’étalent avec une prodigieuse richesse sur la muqueuse des replis arvténoépiglottiques. Cette richesse, du reste, ne fait que confirmer la loi qui préside, en quelque sorte, à la répartition de ces vaisseaux sur les membranes légumentaires, loi en vertu de laquelle ils se développent partout en raison directe de la sensibilité. Or aucune autre région, peut-être, ne possède une sensibilité plus vive que celle-ci, et sur aucune autre le système lymphatique n’atteint un plus grand développement.

« On peut dire, d’une manière générale, que des radicules lymphatiques naissent de («us les points de la muqueuse laryngée. Mais la portion sous-gïoftique, les cordes vocales, et l’épiglotte elle-même.

ne nous offrent, lorsqu’elles sont bien injectées, qu’un réseau de vaisseaux très-déliés, à mailles assez larges. Or il n’en est pas ainsi des replis aryténo-épiglottiques; ces vaisseaux s’y montrent en si grand nombre, et atteignent un tel volume, qu’ils s’entassent les uns sur les autres, en sorte que la muqueuse ressemble à un ganglion étalé.

« Les troncs qui partent de ces réseaux sont au nombre de deux ou trois de chaque côté. Ils suivent l’artère et la veine laryngée supérieure, traversent avec ses vaisseaux la membrane thyro-hyoïdienne. et viennent se jeter dans les ganglions situés sur les côtés du larynx, au-dessous du slcrno-masloïdien.

« Les nerfs de la muqueuse du larynx proviennent des laryngés supérieurs. Ils ne fournissent qu’un seul rameau moteur, le nerf laryngé externe, qui se distribue au constricteur inférieur du pharynx et au muscle crico-thyroïdien. Ils traversent ensuite la membrane thyro-hyoïdienne, et devenus purement sensitifs, ils se ramifient dans toutes les parties de la muqueuse. »

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