‹ Traité élémentaire d'hygiène et de médecine légale, précédé d'une introduction historique et suivi d'une biographie, d'une bibliographie, etcChapitre 23 sur 53 · HYGIÈNE NAVALE. I · texte numérisé non relu

HYGIÈNE NAVALE. I

climats. Si nous connaissions bien l’influence de ces derniers sur l'organisme humain , nous pourrions nous élever à quelques données générales. Jusque là , il faut se résigner à se contenter de quelques vues empiriques.

On sait, sans pouvoir s’en rendre compte, que les habitans des colonies font un plus grand usage d’excitans que les habitans des contrées tempérées , et qu’ils s’en trouvent bien. On sait aussi que les étrangers qui refusent de prendre les habitudes des indigènes paient souvent avec usure leur résistance. Mais , à l’exception du régime, et de quelques modifications dans la manière de se vêtir, qui sont nécessitées par la différence de température, les autres modifications que présente le genre de vie de ces peuples, tiennent plus aux mœurs un peu asiatiques qui régnent dans ces contrées et aux institutions sociales, qu’à toute autre chose. Nous n’avons donc point à revenir sur ce que nous avons dit en traitant des climats , et nous répétons que les îabitudes nationales sont le plus sur guide lue l’on puisse suivre.

JIO HYGIÈNE PUBLIQUE.

Quant aux régimens coloniaux, il en est à peu près de même. Ce qu’on peut redouter pour eux, c’est le développement des maladies épidémiques. Nous avons dit que l’extrême fatigue, une nourriture malsaine, la présence d’un foyer d’infection, et l’agglomération d’un grand nombre d’hommes sur un point trop circonscrit, étaient les causes principales de ces affections. Il sera donc indispensable d’en garantir les troupes dont il s’agit. Sous ce rapport, indiquer le mal, c’est faire connaître le remède.

Du reste, il est une précaution qu’on ne devrait jamaisnégliger, ce serait de graduer avec prudence les exercices du soldat qui est transplanté dans les colonies , et de le faire passer d’une nourriture en général peu excitante «à une alimentation qui l’est plus.

Enfin , il faut dire que sous un climat dévorant, et surtout en temps de guerre, il est impossible de vaincre toutes les causes de destruction. Nulle prudence ou savoir humain ne soustraira l’étranger, pas plus que l’indigène , au typhus, au choléramorbus , ni à la fièvre jaune, lorsque les

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