PROFESSIONS PARTICULIÈRES. III
conditions atmosphériques auxquelles ils sont dus, viendront à se présenter.
SECTION III
Des Professions.
De toutes les conditions dans lesquelles l’homme se trouve placé, il n’en est point qui modifie plus puissamment son organisation que la profession à laquelle son existence est attachée , soit qu’il l’ait adoptée par choix ou par nécessité. 11 est , en effet, des habitudes qui ne reconnaissent d’autre origine que la profession que nous exerçons; et souvent de ces habitudes découlent, comme de leur source naturelle, une foule de maladies ignorées de ceux qui exercent une profession contraire. Cependant le travail est la loi commune à tous es hommes qui , doués d’activité , éprouvent le besoin irrésistible de se développer dans une direction ou dans une autre. Il >uit de là , que si l’activité est un besoin général , le travail en lui-même ne peut être ju'utile , et que la santé de l’homme ne ouffre pas parce qu’il développe son énergie, mais seulement parce que la voie dans
laquelle il se trouve engagé, n’est pas toujours celle qui convient à sa force ou à son tempérament.
Il suit de tout ce qui précède, que l’hygiène relative aux professions varie selon les différentes occcupations de l’homme , et présente même des différences individuelles. Ainsi , autre devra être le genre de vie d’un homme de lettres , autre devra être celui d’un ouvrier. Les préceptes relatifs à chaque profession sont du domaine de l’ hygiène privée , et dans le Résumé relatif à cette science , nous avons fait connaître tout ce qui se rapporte à ce sujet. Ici des questions plus générales doivenf nous occuper.
Parmi les professions évidemment insalubres, et auxquelles l’iîygiène publique doit porter intérêt, se trouvent toutes celles qui se rapportent à l’assainissement des villes. Il est , en effet , remarquable que tous ceux qui sont employés à débarrasser les villes des immondices qui s’y accumulent, sont exposés presque inévitablement à de nombreuses iniirmités , dont aucune précaution ne peut les exempter. Ainsi , les
PROFESSIONS PARTICULIÈRES, Il3 égouttiers , les écarrisseurs , etc. , ne peuvent se soustraire complètement à l’action des miasmes délétères avec lesquels ils sont perpétuellement en contact ; car les précautions dont ils s’environnent ne peuvent qu’alléger le danger : et pourtant la société doit protection aux hommes qu’elle emploie à ces sortes de travaux; elle leur doit même me protection toute spéciale. A cet effet, il ;st de son devoir de mieux rétribuer qu’elle le le fait ceux qui se livrent à de pareils ravaux, afin que, trouvant dans le produit e leurs occupations les moyens de se prourer un peu de bien-être , il soient par ela même en position de mieux se garanr contre les funestes conséquences de leurs rofessions. Il y a plus, il serait d’une ge administration de rendre ces profesons temporaires, c’est-à-dire de n’y emoyer les mêmes hommes que pendant un inps déterminé.
Un autre principe général se présente , est applicable à toutes les professions , is particulièrement à celles qui sont le us fatiguantes. C’est qu’il est dans l’intérêt la santé publique , mais surtout dans ce-
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lui des classes laborieuses, quecliacun puisse vivre du produit de son travail. La majeure partie des inconvéniens attachés aux professions cesseraient, si la plupart de ceux qui les exercent, y trouvaient le bien-être auquel ils ont droit de prétendre. Mais d’un autre côté , on n’aurait encore rien fait pour le.' classes laborieuses, si on se contentait de hausser le prix du travail, sans chercher ; améliorer leurs habitudes morales ; cai chez elles, la dépravation est une sourc malheureusement trop féconde de miser et de maux de tout genre.
Le réglement de police de 1810, doi nous avons parlé à l’art. Police des Manufa tures, classe les diverses professions qt peuvent influer sur la santé publique dai l’ordre qui convient le mieux à son suje qui était d’éloigner des lieux où la popul tion est rassemblée sur un espace étroit , 1 ateliers insalubres. Ici, il s’agit de les ex miner sous un autre rapport, c’est-à-di qu’il convient d’indiquer les professions c peuvent être nuisibles à ceux qui les exe cent , et les moyens de se garantir des dt gers qu’elles présentent.
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La police peut et doit avoir action sur quatre ordres de professions : i° sur celles qui ont pour objet de fondre et affiner les métaux. Le danger de ce genre de travail provenant des vapeurs métalliques qui se dégagent au moment de la fusion , il suffit , pour s’en préserver, d’avoir recours aux fourneaux et aux manteaux de cheminées inventés par M. D’Arcet , à qui les arts doivent tant sous ce rapport, et dont l'objet est d’établir un courant assez fort pour que les vapeurs dont il s’agit, soient aussitôt portées au dehors, sans vicier l’atmosphère qui environne l’artisan.
0 Les fabriques de produits chimiques , et surtout celles où se confectionnent l’acide muriatique , l’acide sulfurique , en un mot , tous les acides concentrés, qui, jouissant d’une force extrême d’expansion au moment de la fabrication, répandent dans l’atmosphère ambiante des vapeurs irritantes ui à la longue pourraient produire des aladies fâcheuses. La construction des ourneaux doit être conçue de telle façon , ue ces vapeurs soient réunies dans un seul leu et portées au dehors; c’est le seul
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moyen de rendre ces professions salubres.
3° IL est moins facile de vaincre les inconvéniens attachés aux professions où l’on emploie des matières végétales. Du moment où ces dernières fermentent, et par conséquent se putréfient, elles vicient l’air environnant et ont une action très-marquée sur la santé de ceux qui les mettent en œuvre. Le seul moyen de se garantir des inconvéuiens attachés à ces professions, est d’obliger ceux qui les exercent à travailler dans un lieu où j l’air atmosphérique soit constamment renouvelé.
4° Il en est de même des professions quiu ont pour objet l’emploi des matières animales. Il suffit, pour se préserver de tout; danger, de renouveler souvent l’eau dam ■ laquelle on les laisse macérer et où on les l lessive, et de travailler au grand air. Sou: i ce rapport, nulle profession ne serait plus ■ malsaine que celle deboyaudier oudegarçoi d'amphithéâtre de dissection : on a observi que la santé de ceux qui sont employés dan: de pareils établissemens n’en souffre qu’au tant qu’ils négligent les précautions indi quées.
HOPITiüX. II 7
On s’est également beaucoup occupé de la police des lieux publics, comme les salles de spectacle, les cafés, etc. Toutes les mesures indiquées se réduisent à trouver le moyen de renouveler l’air avec facilité. A et effet, on a proposé de faire usage de entilatcurs. Ce moyen , suffisant dans les ieux où peu d’hommes sont réunis, serait suffisant dans les salles de spectacles , et cheminée d’appel proposée par M. D’Arcet ur est bien préférable.
SECTIOW IV.
Hygiène des hôpitaux et hospices.
D’après tout ce que nous avons dit des jibitations et des moyens d’en entretenir la |lubrité,des inconvéniens qui résultent de 1 réunion d’un grand nombre d’individus ins un même lieu, et de la facilité avec lakelle les maladies contagieuses et épidé- Iques s’y propagent, il est facile d’en délire l’hygiène des hôpitaux. En effet, ces Iblissemens étant destinés à recevoir un ibre assez considérable de malades, lit par cela même placés dans des con-
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ditions très-défavorables pour la santé de ceux qui les habitent. Cependant les préceptes hygiéniques applicables à la bonne administration des hôpitaux se résolvent tous dans ce fait très-général, qu’il convient d’entretenir les malades dans l’atmosphère la plus pure possible; que chacun d’eux doit; être entretenu avec une extrême propreté; . que leur alimentation doit toujours être en rapport avec la nature de la maladie donti ils sont affectés; et qu’enfin toutes les règles établies dans la section des Maladies contagieuses et épidémiques leur sont rigoureusement applicables. Ces préceptes, ainsique nous l’avons dit, sont communs aux , hôpitaux , et à tous les établissemens où un grand nombre d’hommes se trouvent réunis Il en est d’autres qui leur sont
Les malades des hôpitaux
dans de vastes salles. Il importe beau coup que plusieurs d’entre elles soient éloi gnées des autres, et spécialement affec tées aux maladies susceptibles de se tram mettre soit par imitation , soit par conti 1 gion. Ainsi, les épileptiques, les hystériqui i et les aliénés doivent être assez éloignés c
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ceux qui sont affectés d’autres maladies , pour qu’on n’ait rien à redouter des crises horribles auxquelles ces malades sont sujets. Par des motifs d’un autre ordre, il convient aussi d’affecter certaines salles aux maladies qui réclament de grandes opérations); d’où résulte que le classement et la distribution des malades d’un hôpital ne doivent pas être livrés à l’arbitraire.
Chacun sait que les hôpitaux remontent à une époque assez rapprochée de nous , puisqu’on ne rencontre aucun indice de l’existence de pareils établissemens avant le quatrième siècle de notre ère. L’absence complète d’hôpitaux dans les temps anciens a donné à penser à plusieurs publicistes que ces institutions étaient plus nuisibles qu’utiles aux sociétés civilisées ; et de nos jours , il en est qui soutiennent cette opinion , à laquelle Montesquieu a prêté l’autorité de son génie. Nous n’avons certainement pas la prétention d’épuiser ici une question aussi grave; cependant nous présenterons quelques considérations qui pourraient aider à sa solution.
Il est indubitable que, dans les hôpitaux,
la mortalité est de beaucoup supérieure à la mortalité générale. Le perfectionnement des méthodes thérapeutiques, les nombreuses améliorations que depuis 3o ans on leur a fait subir, surtout à Paris, ont élevé la moyenne d’une manière remarquable, qui cependant est encore bien inférieure à celle que l’on rencontre dans la vie commune. En outre, ceux qui sont assurés de trouver dans ces institutions tous les secours dont ils ont besoin en cas de maladie , s’éloignent insensiblement de ces idées d’économie et de prévoyance, source première de tout bien-être particulier et général. Aussi , a-t-on eu raison de dire que les établissemens de secours publics encourageaient la paresse. Sous ces deux rapports , il est évident qu’il serait préférable que les sociétés pussent se passer de ces établissemens. Il faut convenir toutefois qu’ils devront être conservés aussi long-temps quetous les hommes ne seront pas à même de vivre du produit de leur travail ; et que, dans ce cas même, il serait encore nécessaire de conserver des maisons de refuge où les vieillards et les infirmes seraient assurés de trouver asile.