PHYSIOLOGIE DES MASSES
tïit de mariage;^0 le célibat ; 4° l’état de grossesse. Il est d’autres conditions qui se rattachent à celles-ci, au moins comme effet , et qui, placées sur les limites de la physiologie et de la pathologie, ou appartenant à la physiologie proprement dite, doivent encore être placées dans la même classe, en ce qu’elles sont le résultat immédiat de désordres physiologiques qui ne se lient pas intimement à l’action des modificateurs externes. Nous voulons parler : i° de l’influence de l’état d 'aliénation mentale sur la santé générale; 2° de l’influence de la prostitution sur les sociétés; 3° du somnambulisme magnétique et des pratiques du magnétisme animal.
SECTION PREMIÈRE
De l’ éducation physique des enfans.
Nous n’avons pas à nous occuper ici de l’éducation physique des enfans sous le rapport des soins qu’ils réclament dans leur première enfance. Cette éducation primitive étant toute maternelle, est à peu près abandonnée aux volontés particulières des
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pareils , et conséquemment se renferme dans le cercle de l’individualité. Cependant les fruits qu’elle porte dans un âge plus avancé sont tels qu’elle ne peut échapper complètement à l’hygiène publique, et que la société n’ait, en cette occasion, au moins le droit du conseil. En effet , si dans le cercle étroit de la vie privée on peut dire que l’homme est libre de lui-même, maître de ses actes et de ses pensées , comme partie intégrante du corps social, ses actes portent leurs conséquences, il ne s’appartient plus, et doit subordonner ses volontés à la volonté générale. Dans ce sens , la première éducation , pas plus que les autres, ne doit être livrée aux volontés capricieuses et mobiles des individus , et le père de famille qui comprend toute l’étendue de sa tâche ne peut se refuser à accueillir les préceptes de la science. Or, tout en tenant compte des circonstances particulières dans lesquelles peut se trouver tel ou tel enfant, pour savoir ce que doit être l’éducation physique, il faut bien se pénétrer du problème que cherche à résoudre toute éducation.
Cette dernière doit-elle être la même dans
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toutes les circonstances données; c’est-àdire, tous les peuples, quel que soit le climat sous lequel ils sont appelés à vivre, toutes es classes d’un même peuple, doivent-elles être soumises aux mêmes règles d’éducation , ou l’éducation doit-elle varier selon les temps et selon les lieux? C’est là une question préudicielle que nous ne pouvons éviter si nous voulons être compris.
Depuis que leshommes existent en société, l’éducation a beaucoup varié, et on trouve la raison de toutes ces variations dans la différence du but que se proposaient les législateurs des peuples. Mais quelle que soit la différence de temps et de moyens, l’éducation est constamment l’expression d’une idée qui est la même pour tous, bien qu’elle soit différemment comprise. Cette idée est que les hommes réunis en société ont un but commun à atteindre, et qu’ils ne peuventy parvenir qu’en réunissant leurs efforts individuels de manière à ce que le travail de tous bénéficie à chacun, et le travail de chacun tourne à l’avantage de la masse. Voilà l’idée commune : voici maintenant les différences. Selon que le but humain a été placé dans le
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temps ou hors du temps, selon que l’hommé a été considéré comme un être dont l’existence devait se borner à la recherche des jouissances de ce monde, ou mieux comme un être d’avenir qui devait considérer la vie actuelle comme un moyen d’arriver à un monde meilleur ; le but humain a été différemment conçu et exprimé, et l’éducation a reçu une direction différente. Entre ces deux extrêmes, on peut placer les opinions mixtes qui ont été proposées sur le but de toute organisation sociale. Il résulte de là que l’éducation doit nécessairement varier selon les temps, selon les lieux et les peuples.
Dans l’état de civilisation où nous sommes parvenus , les différences que nous venons de signaler ne sont point effacées. On est encore loin de s’entendre sur le but des sociétés humaines, et même on est assez enclin à laisser ce but dans le vague et l’indéterminé. Cependant on est d’accord sur les faits suivans , et ce sont eux que nous prendrons pour base : i° il importe au bienêtre de la société que ceux qui la composent soient sains et robustes ; 20 qu’ils vivent
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le plus long-temps possible, et que jusqu’à leur dernier jour, ils se conservent avec assez d’énergie vitale pour être utiles à la société.
D’après ce qui précédé, il est clair que, dans notre civilisation actuelle, une bonne éducation physique n’atteindra son objet qu’autant qu’on parviendra à rendre les hommes non-seulement sains , mais encore susceptibles de braver, dans une certaine mesure , l’influence des causes de destruction qui les environnent. A cet effet, les enfans devraient *être soumis aux règles hygiéniques qui suivent, règles qu’il est presqu’impossible de faire observer aux enfans élevés dans lesfamilles, maisquis’appliquent surtout aux établissemens d’instruction publique.
Les moyens quel’éducation possède pour développer et améliorer la constitution native des enfans, sont : 1“ toutes les règles d’hygiène privée, indiquées ailleurs (1); 2° l'observation de certaines coutumes auxquelles il convient de soumettre tous les enfans, et au nombre desquelles se trouvent
(1) V oÿ. le Trailé d’IIioiiiSB PBIVÈB.
tous les genres d’exercice. Nous n’ajouterons rien à ce que nous avons dit sur le premier de ces deux points ; et nous nous bornerons au second.
On a vanté la rigueur de l’éducation donnée aux jeunes Spartiates, et beaucoup ont cité Sparte en modèle aux nations qui sont venues après elle. Pour nous , nous ne pouvons partager cet enthousiasme. Les Spartiates recevaient l’éducation la plus convenable pour des peuples conquérans, mais aujourd’hui elle ne pourrait que faire des barbares qui seraient dans nos sociétés des hommes tout-à-fait en dehors de la civilisation. Il convient donc que l’éducation physique réponde à l’objet de nos autres institutions sociales. Ces dernières tendent évidemment à un résultat qui diffère de celui qu’on se proposait antérieurement. Il ne s’agit plus d’avoir seulement des hommes robustes, capables de repousser l’agression par la force matérielle, ou d’attaquer euxmêmes ; mais bien des hommes capables de comprendre le mouvement social, de s’y intéresser afin de contribuer à son développement. D’où résulte que le développement