EDUCATION DES ENFANS. 2Q
organique doit être tel que l’intelligence puisse à son tour se développer à l’aise, et que l’homme soit en état de se livrer sans contrainte au double travail d’action et de spéculation qui semble être le caractère de l’époque. L’éducation ne peut donc être presqu’ exclusivement physique, comme chez les peuples que nous avons cités , ni purement monastique , comme aux temps du moyen âge. A cet effet , il convient de rendre l’organisation plutôt forte par sa souplesse que par son extrême énergie , capable de se plier sans danger aux différentes positions dans lesquelles l’homme pourra li se trouver. Aussi ne conseillerons -nous il point de soumettre les enfans à l’austérité de régime auxquels les anciens s’étaient at- (i tachés, non plus que de leur faire supporter des fatigues qui ne sont pas en harmonie avec la délicatesse du jeune âge. Nous
(ne pensons pas davantage qu’on doive, ainsi que le conseillait Locke, pour les ha- ■ bituer à supporter toutes les intempéries , i les mettre aux prises avec les vicissitudes atmosphériques. Ce doit être là le résultat de |f l’éducation physique et non pas son moyen.
3o HYGIÈNE PUBLIQUE.
Ainsi, selon nous, le problème à résoudre consiste à habituer graduellement les enfans à toutes les fatigues de corps et d’esprit , sagement ménagées. A cet effet, les résultats les plus satisfaisans qui aient été obtenus sont dus à la gymnastique, qui consiste dans une suite d’exercices combinés avec prudence, de telle sorte qu’ils soient toujours en rapport avec les âges, les tempéramens et les forces de chacun. Jusqu’à présent, la gymnastique est à peu près la seule institution d’hygiène publique qui ait été adaptée à l’éducation des enfans : on ne sau* rait trop la recommander à la sollicitude des païens et à l’attention des instituteurs; ( car elle est sans contredit le meilleur moyeu de mettre en action tous les appareils organiques et d’en provoquer le développement.
Uutre la gymnastique proprement dite, qui, dans sa généralité, embrasse tous les exercices possibles , il est d’autres pratiques qui doivent exister dans tout système d’éducation ; ce sont: la natation, l’équitation, l’usage habituel des bains, sur les avantages desquels nous nous sommes suffisamment étendus en traitant de l’Hygiène privée,
ÉDUCATION DES ENFANS. 3l
Mais tous les soins des parens et des instituteurs seraient vains, s’ils ne s’attach aient d’une manière spéciale à déraciner une habitude funeste qui fait annuellement de nombreuses victimes, et contre laquelle il semble que vienne échouer la surveillance la plus active. Nous voulons parler de Y onanisme. Ses effets sont trop connus pour que nous nous y arrêtions, et noirs reconnaissons que parmi les moyens indiqués il en
Iest peu qui soient efficaces. Parmi les enfans on en rencontre certains , heureusement en petit nombre, qui obéissent à ce funeste penchant d’une manière presqu’irrésistible. Il importe que ceux-ci soient séparés des autres, momentanément au moins; et quant à ceux chez qui ce penchant est moins impérieux, on pourra le détruire, mais surtout le prévenir, en habituant l’enfant à des exercices qui l’obligent à une activité corporelle soutenue.
Le reste des préceptes relatifs à l’éducation physique des enfans est du domaine de l’Hygiène privée ; ici nous ne pouvons qu’indiquer les mesures générales que la société, ou ceux qui la repx-és entent, seraient
en droit de rendre obligatoires pour les hommes qui se vouent à l’instruction de la jeunesse.
SECTION II
Du mariage.
Nous avons déjà dit qu’il était dans l’intérét delà conservation actuelle delà société, que ses membres fussent sains et vigoureux, parce que la société avait un but à atteindre, et qu’elle ne le pouvait qu’à la condition de se perpétuer. Nous en avons déduit la nécessité, pour les enfans, de recevoir une éducation physique convenable; et nous en déduirons aussi tout ce qui se rapporte au mariage. Il peut être envisagé sous deux points de vue : i° comme l’union de deux êtres, dont le but est de s’aider à supporter les misères de la vie , et à cet égard la question du mariage est toute morale ; a° comme moyen de propagation de l’espèce, et sous ce point de vue seulement nous devons nous en occuper.
Et, d’abord, il ne faut pas oublier qu’outre la sanction religieuse et morale donnée au mariage par nos institutions, il est dans
l'intérêt de la société que la propagation s’effectue par ce moyen. En effet , il ne suffit pas que l’homme se propage, il convient encore qu’il préside au premier développement de son produit, et qu’il le suive et le dirige jusqu’à cette époque où il peut subvenir à ses besoins et devenir maître de ses volontés.
Il convient, en outre, que l’époque où il est permis de contracter mariage ne soit point arbitraire. L’àge fixé par notre législation n’est certainement pas le plus convenable. En effet, à dix-huit ans, l’homme n’a point atteint son complet développement , et si la femme possède à quinze ans tous les attributs extérieurs delà puberté, son organisât ion a encore besoin de quelque temps de repos pour la mettre à même de devenir mère. Tous les physiologistes sont aujourd’hui d’accord sur ce point, que l’àge où l’espèce humaine est le plus propre à se reproduire , est celui de la plus grande vigueur. Or, ce lin’est ni à dix-huit ans, ni à plus forte raison 4 à quinze ans, que notre espèce est dans ces ! conditions ; car elle est encore dans la pé- » riode de croissance. 11 faut le dire, l’époque