‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 110 sur 134 · CHÀP. III. — ■ DE LA PROSTITUTION · texte numérisé non relu

CHÀP. III. — ■ DE LA PROSTITUTION

Quant au cancer de l'utérus, il n'est pas démontré qu'il soit plus fréquent chez les femmes qui font un usage immodéré des plaisirs vénériens, que chez d'autres.

Un grand nombre de femmes entretenues, d'ouvrières livrées â la prostitution clandestine, et de filles publiques, succombent à la phthisie pulmonaire. C'est cette maladie qui sévit peut-être avec le plus de fréquence sur toutes ces femmes et qui les envoie terminer leurs jours à l'hôpital. En pareille circonstance, la phthisie est due à l'irrégularité de leur vie et de leur conduite ainsi qu'aux excès auxquels elles se livrent sans cesse.

Règles hygiéniques. — La prostitution publique , à Paris, est surveillée avec un soin extrême. L'inscription des filles , à la préfecture de police, est entourée de grandes difficultés. Pour les filles majeures, la demande de l'extrait de naissance et l'avis à la famille. Pour les mineures, les mêmes conditions, et de plus, la séquestration à Saint-Lazare jusqu'à la réponse des familles; enfin, les tentatives du bureau des mœurs pour les ramener dans la bonne voie, voilà les obstacles sérieux qu'on oppose à l'inscription. Mais une fois cette inscription effectuée, la surveillance est aussi exacte que possible. L'inspection des agents de police, l'exigence de la carte qui leur est délivrée; l'examen des filles deux fois par mois, fait par les médecins du dispensaire delà préfecture, afin de constater la syphilis â son apparition; la séquestration, comme moyen de correction ou de guérison dans la prison-hôpital de Saint-Lazare, ce sont là les mesures les meilleures et en même temps les seules qu'on puisse prendre.

Quant à la prostitution clandestine, l'autorité est malheureusement désarmée complètement. Les mille formes qu'elle revêt, l'inviolabilité du domicile, les apparences d'honnêteté, d'aisance ou deluxe dont elle s'entoure quelquefois, en rendent la destruction à peu prés impossible. On surprend bien quelquefois et on inscrit d'office quelques-unes des malheureuses qui s'y livrent, mais le nombre en est bien peu considérable. Cette voie est cependant la seule ouverte à la surveillance, et, dans l'impossibilité de supprimer la prostitution clandestine, il est à désirer qu'on arme l'autorité administrative de pouvoirs suffisants pour la faire rentrer, autant que possible, dans la prostitution publias.

que, et que Ton augmente beaucoup le nombre des agents chargés de ce service.

Quant aux jeunes gens qui peuvent avoir quelque goût pour de pareilles femmes, on ne peut que leur conseiller d'éviter les filles publiques, dont la fréquentation est si souvent la cause du développement de la syphilis, et de fuir les prostituées clandestines, qui ruineront leur santé, leur fortune et leur avenir.

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