CHÀP. V. — PROFESSIONS DES MINEURS
c'est le rhumatisme, avec toutes ses conséquences. Les ouvriers exposés sans cesse à la même influence qui a déterminé une première fois cette affection la voient se renouveler et passer fréquemment et avec une grande facilité à l'état chronique. Ces deux maladies sont les seules qui soient communes aux diverses classes de mineurs.
L'hygiène peut contribuer à modifier ces influences, et, sous ce rapport, beaucoup de progrés ont déjà été accomplis depuis le commencement de ce siècle; mais il reste encore des améliorations importantes à réaliser. Parmices dernières on doitdésirer voir s'établir, dans la plupart des mines, des appareils de ventilation mus par des machines soufflantes, et destinés à remplacer l'air vicié de l'intérieur des galeries par de l'air pur puisé au dehors. L'épuisement complet des eaux est un résultat que l'on doit toujours chercher à réaliser dans les mines, si on ne veut voir se développer les états morbides qui sont la conséquence habituelle de l'action de l'humidité. Un autre genre d'amélioration qu'on doit encore chercher à obtenir est l'établissement d'escouades d'ouvriers, occupées alternativement dans le travail des galeries et dans les opéralions qui s'accomplissent au dehors. Ce résultat est possible à réaliser dans un certain nombre d'établissements de ce genre, et il est un des meilleurs moyens que l'on puisse conseiller pour s'opposer à l'appauvrissement du sang, ainsi qu'aux conséquences de la privation de la lumière (étiolement).
Quant au régime convenable, aux vêtements suffisamment chauds, ce sont des préceptes hygiéniques communs à tous les hommes, et sur lesquels il est inutile d'insister.
L'exploitation de certaines mines produit quelquefois des accidents particuliers. Les plus communs sont les suivants:
1° Mines dehouille et d'anthracite. — Les accidents qu'on peut avoir à redouter dans ces mines sont ceux qui résultent du dégagement d'une certaine quantité de gaz hydrogène, proto et bi-carboné, unis à une petite quantité d'oxyde de carbone et quelquefois même d'acide carbonique. Les conséquences du dégagement de ce mélange gazeux et de son expansion dans l'atmosphère de la mine ne sont pas toujours les mêmes. Lorsqu'il se trouve en contact avec un corps en ignition, il en résulte une combustion instantanée, accompagnée d'une déflagration. C'est là le cas
le plus commun, et en pareille circonstance on a observé des accidents graves, et quelquefois même la mort d'un ou plusieurs mineurs. Dans d'autres cas, mais cela est beaucoup plus rare, le dégage ment de ces gaz est assez considérable pour produire l'asphyxie. La combustion et la déflagration des mélanges gazeux détonants sont devenues beaucoup plus rares depuis une trentaine d'années. C'est à la lampe de Davy qu'on en est redevable, et cet instrument a sauvé de la mort un grand nombre d'ouvriers mineurs; son usage est maintenant général dans toutes les mines de houille.
Les troubles delà respiration et l'asphyxie, qui peuvent résulter du mélange, à l'atmosphère des mines, de gaz impropres à la respiration, ne peuvent être prévenus que par une ventilation active et bien entendue, ainsi que par une hauteur et une largeur convenables données aux galeries.
Mines de plomb, de galène, etc., etc. —Les ouvriers employés à l'extraction des minerais de plomb ne sont pas exposés aussi fréquemment qu'on pourrait le croire aux affections saturnines. Les auteurs, du moins, ne font pas mention d'intoxications plombiques déterminées par le travail même de l'extraction de la mine du sein de la terre. On ne peut dire la même chose du grillage et des opérations ultérieures, mais ce n'est plus l'affaire des mineurs, et c'est en dehors des galeries qu'elles s'effectuent.
Ce qui vient d'être dit des mines plombifères s'applique à celles de cuivre, de zinc, d'or, d'argent, d'antimoine et de bismuth, et la simple extraction de tous ces métaux ne cause aucun accident spécial et qui leur soit propre.
Mines de mercure. — La plus grande partie du mercure livré au commerce du globe et consacré, soit à l'extraction de l'or et de l'argent, soit aux divers usages industriels, provient des mines d'Almaden en Espagne. On possède peu de renseignements sur la santé des ouvriers mineurs qui y travaillent. Il est donc assez difficile de connaître quelles sont les affections spéciales auxquelles ils sont exposés. On dit cependant qu'ils sont atteints biensouventpar les accidents déterminés habituellement par l'inspiration des vapeurs mercurielles.
CHAP. VII. — PROFESSIONS SÉDENTAIRES DES VILLES. 6lB