CHAPITRE V
Professions] des [mi neurs.
On doit comprendre exclusivement, sous ce titre, les professions exercées par les individus qui travaillent dans le sein de la terre et aux divers minerais qui s'y rencontrent. Il y a dans l'exercice de ces professions des circonstances communes à toutes, et d'au 1res qui sont spéciales et la conséquence du travail de certains minerais.
Les circonstances communes à tous les ouvriers mineurs sont les suivantes : 4° le travail dans un lieu souterrain où la lumière naturelle ne pénétre pas, et dans lequel il faut séjourner dans une demi-obscurité ou bien éclairé par une lumière artificielle peu intense; 2° la température constante et presque invariable des galeries de mines, quelles que soient les vicissitudes atmosphériques extérieures ; 3° l'augmentation légère de la pression de Pair atmosphérique; 4° un certain degré habituel d'humidité; 5° enfin, un renouvellement difficile de l'air altéré par la respiration des travailleurs, les lampes destinées à les éclairer, et les émanations gazeuses des mines elles-mêmes.
L'iniluence de ces causes diverses sur la santé de l'homme qui y est ^exposé est importante à considérer. Cette influence se résume dans le mot étiolement ; la description qu'a faite M. Halle de l'affection des mineurs d'Anzin est le type le plus caractéristique de cet état morbide. La nature de l'étiolementa été éclairée par les travaux modernes. 11 consiste, ainsi que nous avons déjà eu occasion de le dire, dans la diminution simultanée de la proportion des trois principaux éléments du sang, et dans l'augmentation de la quantité d'eau que renferme ce liquide.
Le chiffre des globules s'abaisse le premier, celui de l'albumine du sérum décroît ensuite. Quant à celui de la fibrine, il ne s'abaisse que plus tard, et sa diminution est loin d'être constante. Il est même rare qu'elle soitportée au point de déterminer des hémorrhagies, Un autre état morbide assez fréquent chez les mineurs,