‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 128 sur 134 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

»es professions dans lesquelles on travaille les matières animales.

Les professions dans lesquelles les hommes sont en rapport presque continuel avec des substances animales sont [assez nombreuses. Ce sont, en particulier, les suivantes : les bouchers, les savonniers, les chandeliers, les tanneurs, les corroyeurs, les matelots employés à la pêche de la baleine, les fossoyeurs, les vidangeurs, etc.

Le docteur Warren est un des premiers qui aient rassemblé les faits les plus nombreux, destinés à démontrer que ces professions diverses sont sans résultat fâcheux pour ceux qui les exercent.

Ainsi, les bouchers jouissent, en général , d'une santé meilleure que les individus des autres professions; ils sont plus forts et plus robustes. Dans les épidémies de fièvre jaune de Boston (1798) et de Philadelphie (1795), les bouchers, bien que placés au centre des quartiers infectés, n'eurent qu'un seul cas dans la première de ces villes et trois dans la seconde. Ces deux cités, ainsi qu'on le sait, furent presque dépeuplées par ces épidémies. Warren cite d'autres exemples analogues.

Malgré l'état de putréfaction très-avancée, dans lequel se trouve la graisse dont se servent les chandeliers et les savonniers , ces ouvriers jouissent d'une santé parfaite et ils ne sont sujets ni aux fièvres, ni aux affections épidémiques (Bancroft).

Les tanneurs, corroyeurs , chamoiseurs, ne sont ni plus fréquemment, ni plus gravement malades que les autres hommes. On doit en excepter, toutefois, les maladies charbonneuses qu'ils peuvent très-bien s'inoculer, si les peaux qu'ils travaillent ont appartenu à des animaux atteints de ces maladies. La putréfaction des peaux ne produit pas par elle-même d'affections particulières.

Les vidangeurs sont exposés à deux maladies spéciales. L'une est l'asphyxie, qui est la conséquence de l'inspiration des gaz dégagés par les matières fécales concentrées dans un espace peu étendu. L'autre estl'ophthalmie due aux sels ammoniacaux qui se trouvent parmi les gaz qui remplissent l'atmosphère provenant des fosses d'aisance.

Quant aux matelots qui forment l'équipage de navires baleiniers, c'est une opinion généralement admise parmi les gens de mer, qu'ils sont tous d'une santé plus vigoureuse que les marins des autres bâtiments; or, leurs navires sont toujours, ainsi qu'on le sait, imprégnés d'émanations de matières animales d'une extrême fétidité.

On peut en dire autant des fabricants de colle forte.

M. Parent Duchatelet, qui, comme Warren,a examiné la plupart de ces questions, est arrivé aux mêmes conséquences, c'est-à-dire l'innocuité des matières animales. Ce sujet a été longuement discuté plus haut, et le peu de détails qui précèdent sont uniquement destinés à résumer leur influence.

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