‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 132 sur 134 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Professions dans lesquelles il est nécessaire de mettre en jeu les poumons, le larynx ou les yeux.

\ o Professions dans lesquelles on met en jeu les poumons. — Ces professions comprennent les joueurs d'instruments à vent, les souflleurs de verre et les états analogues. Elles exposent toutes aux conséquences de l'effort, c'est-à-dire aux hernies, aux congestions cérébrales, aux hémoptysiesetà l'emphysème pulmonaire.

Lorsque les efforts auxquels on se livre sont exagérés, on doit redouter les accidents qui sont la conséquence ordinaire de cet acte. Dans le cas de prédisposition spéciale , l'exagération des efforts peut aller plus loin et être la cause occasionnelle de ruptures du cœur, d'apoplexie pulmonaire, de tubercules du poumon, enfin d'hémorrhagies cérébrales.

Les règles hygiéniques les plus positives applicables à ces professions se réduisent à deux propositions : 4° éviter l'excès dans l'exercice; 2° en cas de prédisposition, changer de profession.

Professions dans lesquelles la voix est mise en jeu. — L'exercice de la voix a déjà été l'objet de développements suffisants; il est seulement utile de rappeler que les professions qui s'y rattachent sont les suivantes : les chanteurs, les professeurs, les orateurs, et dans un rang moins élevé, les crieurs publics, les chanteurs de rues, etc.

Les maladies que l'influence de ces professions peut déterminer tiennent soit à l'exagération des efforts de la voix, soit aux prédispositions spéciales des sujets.

Parmi les premières, on dou d'abord placer toutes les conséquences habituelles des efforts violents, et elles sont analogues à celles qu'on peut observer chez les joueurs d'instruments à vent. De plus, on doit y ajouter l'enrouement, l'aphonie symptomatique ou essentielle,, et la laryngite chronique, qui suivent bien plus communément encore tous les efforts exagérés de la voix.

Parmi les maladies que les prédispositions spéciales peuvent

amener chez les individus qui font abus de l'organe vocal, on doit placer l'hémoptysie , la bronchite chronique, les tubercules, les affections du cœur. De telles conséquences ne sont à redouter que lorsqu'on néglige les premiers accidents déterminés parla fatigue de la voix, et qu'on persiste à en faire abus. En pareil cas, du reste, l'affection la plus commune et qui est le plus à redouter, c'est d'abord la phthisie laryngée, et plus tard, dans quelques cas, la phthisie pulmonaire.

3° Professions dans lesquelles on exerce la vue. — Ces professions sont nombreuses, et conduisent presque toutes auxmêmes résultats. On doit y placer les observateurs au microscope , les horlogers, les graveurs, les bijoutiers, les joailliers, les dessinateurs, les peintres, les coloristes, les ouvriers travaillant à fabriquer les pointes d'aiguilles.

Les maladies que l'exercice de leur profession est capable de déterminer chez ces individus présentent entre elles la plus grande analogie ; ce sont les diverses maladies des yeux, les ophthalmies chroniques, les cataractes, l'amaurose, la myopie, la faiblesse de la vue sans paralysie.

Règles hygiéniques. — Elles sont simples à établir, mais non pas toujours à observer; ce sont les suivantes :

1° Régler l'exercice de la vue de telle manière qu'il soitmélangé de temps de repos suffisants. Lorsque la nuit est arrivée, travailler le moins possible, attendu que la lumière artificielle, en raison de sonintensitéjnoindre et de sa nuance qui se rapproche beaucoup du jaune ou du rouge, fatigue beaucoup plus les yeux que la lumière blanche naturelle. 2° Employer les abat-jour, et faire usage de simples conserves de verre légèrement coloré en bleu ou en vert, et à surfaces parallèles. Si le travail est très-fin il ne faut pas craindre d'avoir recours aux grandes loupes grossissantes. 3° Renoncer enfin à l'exercice de la profession, si l'organe de la vue venait à être sérieusement compromis.

fHAP. XIV. — TRAVAIL DANS LES MANUFACTURES. 629

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